Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 19:43

CONSEIL OFFICINAL

LA PRÉVENTION DES INFECTIONS URINAIRES RÉCIDIVANTES

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Préambule :

              L’image présentée ci-dessus est une partie du tableau d’Eugène Delacroix « Femmes d’Alger dans leur appartement » (1834, Domaine public). Une œuvre qui nous a marqué par l’attitude entre ces deux femmes qui suggère le partage entre elles de confidences et de « petits conseils », la chicha, n’appartient pas à Marouan Chamakh, non c’est en fait une marque de la présence des Ottomans en Algérie pendant une longue période. Petits conseils : le parallèle est tout trouvé avec ceux qu’on délivre, souvent à voix basse, sur le comptoir des officines (admirer svp la transition …). Mais le parallèle s’arrête là, car les conseils en officine contrairement aux recettes de grand-mères, doivent se baser sur des analyses rationnelles, des statistiques éprouvées et des études approuvées et publiées par des revues sérieuses et d’envergure internationale. C’est ce qu’on tente de respecter dans le texte qui suit.        

  

           Suite à notre article au sujet du la spécialité Gynophilus® intitulé « Gynophylus utilisation et limites » qui a été très lu (même au niveau international) si on juge par vos commentaires.  

Durant les 30 derniers jours,  cet article a été lu plus 550 fois. Merci, en passant, entre autre à Google qui met notre article en première proposition, sans contrepartie,  à chaque fois que l’on tape le mot « Gynophilus ».  Une petite consécration pour PHARAMSTER  

On vous propose une série de conseils pratiques pour éviter les infections urinaires à répétition. Ces conseils s’inspirent directement de ceux diffusés dans la presse spécialisée canadienne, qu’on a corrélés avec les données d’une fiche « Info-Patients Prescrire » de la revue du même nom, datée du mois de septembre 2011.      

            Sur 10 femmes qui ont eu une cystite simple, 2 en auront au moins une autre au cours de leur vie. Gênantes, ces infections urinaires concernent essentiellement les femmes et peuvent rapidement devenir insupportables. Pourtant, des conseils simples suffisent pour se protéger contre ces désagréments. C’est un travail d’information et de communication typiquement officinal qui doit être basé sur des données rigoureusement établies et vérifiables.    

 

    1. Uriner régulièrement

     Si on souffre d’infections urinaires à répétition, il est important de penser à uriner fréquemment pour les éviter (environ 1 fois toutes les 3 à 4h). Il est fortement déconseillé de se retenir.

Pensez également à se décontracter au maximum afin de bien vider la vessie et de permettre ainsi une meilleure élimination des bactéries. C’est pour la même raison qu’il est recommandé d’uriner systématiquement avant et après chaque rapport sexuel.

     2. Avoir une bonne hygiène intime

     Avoir une bonne hygiène intime est primordial pour éviter le développement des bactéries. Il faut cependant être vigilant(e) et ne pas se laver plus d’une fois par jour avec un produit spécifique au PH acide (5 à 7), au risque d’abîmer la flore intime et de créer un terrain propice à la formation de bactéries. Les toilettes vaginales sont bien entendu à proscrire. Pendant les règles, veillez aussi à changer régulièrement de tampon ou de serviette.

     3. Boire beaucoup d’eau pour éliminer

     Boire beaucoup d’eau permet de prévenir les cystites à répétition et d’enrayer une infection urinaire déjà contractée.

L’avis du pharmacien : à ce sujet on ne peut que conseiller vivement une activité physique régulière. L’hydratation associée au sport permet une forme de « drainage hydrique » améliorant les performances globales du système rénal. Ne pas oublier de boire avant, pendant et après l’activité physique.     

      4. Eviter la constipation

     Pour prévenir les infections urinaires, il est important de veiller à ne pas être constipée. La stagnation des selles a tendance à favoriser le développement des bactéries qui peuvent migrer chez la femme vers les parois urinaires et créent des infections.

      5. Le jus de cranberry :

     Il s’agit du  canneberge à gros fruits un arbrisseau qui croît dans les tourbières des régions froides d’Amérique du Nord et d’Europe. Au Maroc on trouve des fois son jus dans certaines  grandes surfaces huppées.

Le cranberry diminue un peu le risque de récidive, selon la Revue Prescrire cette diminution est obtenue en prenant chaque jour 750 ml de jus ou de concentré de fruit. Faire attention au fait que le cranberry peut favoriser les saignements chez les personnes prenant des médicaments antivitamine K (interaction médicamenteuse)

La presse canadienne conseille de prendre 80 à 160 ml de jus de canneberge pur ou 300 à 400 mg d’extrait solide à raison de 2 fois par jour.

L’avis du pharmacien : on est en présence ici d’un complément alimentaire, qui pour une fois, a un intérêt démontré. Cela dit, cette utilité ne devient intéressante réellement pour le patient marocain que si le prix reste raisonnable.     

 

  

Tel que présenté ci-dessus, la question des cystites récidivantes peut paraître simple. En réalité c’est loin d’être le cas. Dans une logique déontologique, nous estimons que ces conseils doivent être appréhendés à l’aulne des divers écueils.

 

Mise au point : Infections urinaires et pyélonéphrites  

      Les infections urinaires « basses » ou cystites, sont limitées à la vessie. Les infections urinaires dites « hautes », ou pyélonéphrite, atteignent le rein. Ces infections, généralement dues à des bactéries, peuvent être récentes (aiguës) ou prolongées (chroniques).

On reconnait une cystite aiguë simple lorsque :

- depuis moins de 3 jours, les urines sont anormalement fréquentes, et uriner est difficile ou douloureux ;

- chez une femme de plus de 15 ans (jamais un enfant ou un homme), qui n’est pas enceinte, qui n’a pas eu d’autre infection urinaire depuis 3 mois, et qui n’est pas atteinte d’une autre maladie augmentant les risques (diabète, insuffisance rénale, immunosuppression …)

- il n’y a pas de démangeaisons de la vulve ou du vagin, ni de signe faisant craindre une infection du rein (fièvre, frissons, nausées, vomissements, mal de ventre ou de dos).

 

Selon la Revue Prescrire, lorsque tous ces critères sont réunis, le diagnostic est certain à 95%, et aucun examen corporel ou autre (analyse …) ne permet d’avoir une meilleure certitude.

La revue préconise un traitement essentiellement court :

Sans traitement, les cystites aiguës simples guérissent dans 50 % à 70 % des cas, mais seulement au bout de plusieurs semaines ou mois.

Un traitement antibiotique de un à trois jours suffit en général à accélérer la guérison. A condition qu’il s’agisse vraiment d’une cystite simple, datant de moins de trois jours.

 

Attention à la pyélonéphrite :

La pyélonéphrite est une infection des reins, elle est à craindre quand certains symptômes s’ajoutent aux troubles urinaires : fièvre élevée avec frissons, nausées ou vomissements, mal au ventre ou aux reins.     

Une infection du rein peut évoluer vers un abcès du renal, une infection grave généralisée (septicémie) ou une atteinte sévère du fonctionnement du rein. Pour diminuer ces risques, un traitement antibiotique relativement prolongé, répondant aux résultats d’une analyse des urines (ECBU), est justifié.

 La revue conclue à ce sujet « En cas d’infection urinaire, mieux vaut donc consulter rapidement. Soit pour mettre en route un traitement de courte durée en cas d’infection aiguë simple, soit pour diminuer le risque d’aggravation en cas d’infection urinaire plus sérieuse. »

  

 Conclusion :

       Au Maroc, face à aux signes d’une infection urinaire, le reflexe classique des officinaux est de proposer d’emblée, et de manière souvent abusive,  de la nitroxoline (Nibiol®, devenu au Maroc Nabyol®). Le terme « antiseptique urinaire » utilisé par le marketing pharmaceutique est un non sens pharmacologique. La nitroxoline est bel et bien un antibiotique dérivé des oxyquinoléines, son usage doit répondre à des critères rationnels.

      Faire la distinction entre cystite et pyélonéphrite est fondamental. Mais encore, si en Europe et au Canada la conduite à tenir officinale est claire, la réalité marocaine exige, elle, une démarche adaptée basée sur un consensus pluridisciplinaire permettant au mieux de prendre en charge la patiente marocaine dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité possibles. Encore faut-il avoir des congrès indépendants de la pression des laboratoires où la parole est libre, où la difficulté et les paradoxes de notre pratique quotidienne s’expriment clairement, sans détour, ni contrainte, ni langue de bois. Un seul leitmotiv notre apport réel au patient : rigoureux, efficace et  intègre. C’est ce qui objective devant le reste de la société notre rémunération qui être sans remise, ni ristourne, ni toute autre concession stupide.       

Sources :

- « Patients ayant une infection urinaire » Rev Prescrire 2011 ; 31 (338 suppl. interactions médicamenteuses).

- « Cystite aiguë simple de la femme jeune »   Rev Prescrire 2003 ; 23(241) pages 532-534

- « Histoire naturelles des infections urinaires bactériennes simples » Rev Prescrire 2007 ; 27(280) pages 118-122

- « Cranberry et infections urinaires » Rev Prescrire 2007 ; 27(286) pages 595-597

- « Infections urinaires simples : un traitement court même chez les femmes âgées » Rev Prescrire 2009 ; 29(311) page 691

Par Amster - Publié dans : MEDECINE & SANTE
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 17:14

CAS D’OFFICINE

NÉFOPAM & LE PAIN BÉNI*

NÉFOPAM [ACUPAN®] UTILISATION HORS AMM

D’UNE FORME INJECTABLE EN SUBLINGUAL

 

*Amen dirait l’autre ! 

 12 05 26 ACUPAN ET LE PAIN BENI copie

Source image de fond Flikr, ania♥ in Morocco for a while. Photocomposition Pharamster © mai 2012

 

Rappels déontologiques :          

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas.

Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.   

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous

Préambule :

      Ce cas d’officine, que nous avons le plaisir de vous présenter, émane de ma consœur Dr Mouna qui l’a rédigé et qui nous offre ici un travail bien recherché et un exemple de démarche officinale rationnelle qui est la base d’une formation continue solide, rigoureuse, indépendante et intègre.

 

Il y a quelque jours, nous avons reçu l’ordonnance suivante :

 

Acupan inj :         1amp / j

Sirdalud :             1cps / j 

Vitanevril :            1cps 3 x / j

Dr Flana Bentflane 

 

- Acupan® inj,  DCI : néfopam, analgésique central non opioîde

- Sirdalud® , DCI : tinazidine, c’est un  Myorelaxant

- Vitanevril® , DCI : benfotiamine, dérivé thiaminique(vit B1) il est indiqué dans les douleurs d’origine nerveuse.

 

Prescripteur : rhumatologue exerçant dans le secteur privé.

Contexte : Patiente âgée d’une soixantaine d’années se plaignant de douleurs musculaires.

Analyse critique :

       Jusque là, tout est normal sauf que, au moment de délivrer les médicaments , la patiente précise qu’elle a reçu l’Acupan® en échantillon de la part du médecin et que celui-ci lui aurait demandé de vider l’ampoule sur un morceau de pain et de le laisser fondre dans la bouche. Pensant que la malade avait mal compris les directives du prescripteur, nous avons contacté ce dernier pour en avoir le cœur net.

En effet, le médecin persiste et signe, ajoutant même qu’il recommande souvent d’utiliser cette voie d’administration ; la patiente avait donc bien compris le message, nous l’avons alors exhortée à appliquer ce qu’on lui avait demandé de faire et nous nous sommes promis d’entamer les « investigations » qui s’imposent.

Présentation du néfopam [Acupan®] :

        Médicament déjà relaté sur PHARAMSTER dans un article daté du 23 février 2009, intitulé :

Place du nefopam injectable Acupan® dans l’arsenal des thérapeutiques antidouleur  (cliquer sur le titre)

- Analgésique non morphinique, le néfopam possède une structure chimique non apparentée à celle des antalgiques actuellement connus.

- Il n'a aucune action anti-inflammatoire ou antipyrétique. Il n'entraîne pas de dépression respiratoire et ne ralentit pas le transit intestinal.
Il possède une faible activité anticholinergique.(RCP)

- Contrairement à ce qu’on a écrit en 2009, le néfopam doit être considéré comme un antalgique de palier I selon l’OMS en raison de son absence d’action sur les récepteurs morphiniques mais il a une puissance analgésique comparable aux antalgiques de niveau II.

Ce qui nous intéresse à présent c’est cette voie d’administration  peros hors AMM d’un produit destiné a priori, à l’usage injectable.

     La littérature qu’on a trouvé n’abonde pas sur ce sujet, en février 2008, le comité de transparence de la HAS (Haute Autorité de Santé) a émis un avis favorable sur le renouvellement de l’inscription de ce produit sur la liste des médicaments remboursables au vu du SMR (service médical rendu) en jugeant seulement le mode d’administration usuel de Néfopam : voie IM  et IV.

     Bien qu’hors AMM, la  voie d’administration peros de l’Acupan®, a été validée notamment par le CLUD (comité de lutte contre la douleur) du CHU de Toulouse en 2009 [2]. Le protocole préconise de verser 20 à 40 mg (soit 2 à 4ml ou encore une à deux ampoules) de Nefopam sur un sucre.
Par contre le début de l’effet antalgique du produit per os n’est constatée qu’après environ 30 mn et l’efficactité maximale au bout d’une heure seulement contre respectivement 15 et 30 mn pour la voie IV.

     Dans une thèse de médecine générale[1], une enquête  a été réalisée pour comparer l’efficacité, le délai d’action et la survenue d’effets indésirables entre les voies d’administration de l’Acupan®. Il en ressort qu’à efficacité  sensiblement égale, la voie sublinguale présenterait moins d’effets secondaires mais avec un délai d’action plus lent. Mais comme le précise l’auteur, cette enquête n’a pas la prétention d’être un essai clinique randomisé, loin de là.

A noter que les effets secondaires de néfopam classés par ordre de fréquence décroissante sont entre autres : somnolence, nausées, vomissements, sueurs,  vertiges, tachycardie, bouche sèche, rétention d’urine. 

Cette voie est, parait-il, de pratique courante bien que hors AMM ; toujours d’après l’auteur, les 2 seules études s’étant intéressées à la voie sublinguale concernent la pharmacologie expérimentale et  n’apportent pas d’éléments sur ses bénéfices cliniques.

Alors au final, les avantages de cette voie seraient de contourner la douleur au point d’injection (40% des cas dans la littérature), moins d’effets secondaires, et une efficacité bien que tardive, presque similaire à la voie injectable .

Discussion :

         La première interrogation qui vient à l’esprit des simples officinaux que nous sommes est : est-ce que le principe actif et les excipients de l’Acupan® sont compatibles avec la voie entérale ? autrement dit qu’en est-il de la pharmacocinétique du produit par voie orale ? La liste des excipients est simple : eau ppi, phosphate mono et disodique.

( J’ai trouvé un site d’infirmiers qui émettait la règle suivante, tenez-vous bien ! : tout ce qui est injectable peut être pris par voie orale !! alors pourquoi ne pas commencer par boire les fameuses insulines, ça nous évitera plein de tracas ! ).

Bien évidemment, nous n’avons pas la prétention de développer la cinétique de néfopam par voie orale, mais nous sommes en droit de nous poser des questions quant à la biodisponibilité, l’efficacité du médicament pris par cette voie, puisque sans AMM et donc sans contrôles. En d’autres termes, ce produit vaut-il la peine d’obtenir une AMM pour cette voie d’administration ? A quand des essais cliniques en double aveugle comparant ces 2 voies versus placebo et versus paracétamol par ex ?

L’avis de PHARAMSTER :

         Si l’usage du pain (aussi béni soit-il !) nous parait hasardeux, pour cause d’interaction avec le principe actif, la pierre jetée par le Comité de Lutte contre la Douleur (CLUD) du CHU de Toulouse, en proposant un antidouleur initialement injectable, en sublingual par simple imbibition d’un morceau de sucre, inaugure vraisemblablement toute une réflexion.

         Noter le fait qu’imbiber un morceau de sucre par une solution rappelle fortement la technique de fabrication des granules homéopathiques. Il est sérieusement imaginable d’avoir dans le futur une présentation sublinguale originale composée :

- d’une solution contenant le principe actif

- et d’une sorte de pate inerte, qui sera imbibée extemporanément de la solution précitée, et qui sera destinée à être mise sous la langue.

Les avantages d’une telle présentation : meilleure stabilité de la forme galénique, meilleure adaptabilité des doses, puisque le principe actif mis en solution sera utilisé en ml, la quantité utilisée sur la pate inerte sera donc variable.

Cette idée pourrait être intéressante pour certaines molécules à l’exemple du piroxicam (Felden Fast®) qui en sublingual apporte un plus indéniable.      

 

Sources :

1) T. HEISSAT « Traitement par néfopam des douleurs abdominales de l’adulte en médecine ambulatoire d’urgence par les praticiens de SOS Médecins 54 : Enquête de pratiques sur l’utilisation des voies injectable et sub-linguale. » Thèse de doctorat en médecine, FACULTÉ DE MÉDECINE DE NANCY, UNIVERSITÉ HENRI POINCARÉ, NANCY 1, soutenue le 06 novembre 2009.  

2)http://www.chu-toulouse.fr/-clud-prise-en-charge-douleurs-et-

3) http://www.esculape.com/medicament/Nefopam-Acupan.html

4) HAS, Commission de transparence. Avis  du 06 février 2008

Par Amster - Publié dans : CAS D'OFFICINE
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 19:28

REFLEXION

NOUS* & LE PARADOXE ALGERIEN

 

* Les marocains

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Sources :

1 - FMI « Les plus grosses réserves de devises »  Le Soir Echos, N°1070, Page 11, du 30/04/2012

2 - M.A. Hafidi : « La facture pétrolière aggrave le déficit » Le Soir Echos, n°1082, page 10, du 17/05/12

3 - M.A.B. « 8% du PIB en déficit commercial ! » L’ECONOMISTE, n°3785, page 2, du 17/05/12    

 

           Frappant, c’est le moins qu’on puisse dire, ce classement des plus grosses réserves en devises,  même si c’est prévisible vu les énormes potentialités géologiques de l’Algérie.   

Le FMI a classé l’Algérie comme le pays le moins endetté des 20 pays de la région MENA (Moyen orient et Afrique du  Nord) pour l'année en cours, et le deuxième plus gros détenteur de réserves officielles de change après l'Arabie Saoudite, avec des prévisions de clôture de l'année 2012 de 205,2 milliards de dollars.

Le paradoxe algérien :

           Si l’Arabie Saoudite domine largement la région en termes de réserves de devises, elle reste néanmoins lourdement handicapée par le sous-développement du facteur humain pour des raisons historiques, géographique (enclavement …), et culturelles. Et c’est ces mêmes raisons (présence française, ouverture ancestrale vers la méditerranée depuis les romains, diversité culturelle) qui font que le potentiel humain de l’Algérie est largement favorable à un progrès socioéconomique soutenu par rapport à la majorité des pays du Golf.

L’Algérie est l’un des rares, si non le seul, pays de la région qui se caractérise par la concomitance d’une aisance financière manifeste et d’un potentiel humain indéniable. Malheureusement  cette spécificité n’est pas corrélée par les indicateurs classiques du développement économique humain. Ce qui laisse l’Algérie dans le peloton des pays sous-développés.

L’Algérie aurait due être, au moins, un leader régional incontesté et incontestable. Elle aurait due être la locomotive du progrès dans la région or c’est loin d’être le cas. Sur plusieurs indicateurs elle se retrouve soit au même niveau soit en deçà des autre pays maghrébins en particulier de la Tunisie d’avant révolution.

Les raisons du paradoxe :

            La culture politique algérienne de l’après colonisation est particulièrement dominée par l’esprit militaire avec une connotation mi-nationaliste, mi-religieuse, vaguement socialiste. Ainsi, en parlant de concurrence, on pense d’abord concurrence sur l’armement, là où le « civile » penserait commerce, industrie … On parlant de conquêtes extérieure, on pense espace vital et zone de sécurité, là où le « civile »pense exportations et marchés extérieurs.

Certes, cette culture politique est à la base une culture de révolution (pas forcement révolutionnaire) qui, indéniablement, fait  l’honneur de l’Algérie. Sauf que … pour que cette révolution deviennent créatrice de richesse et de progrès social il est nécessaire qu’elle se mue en une révolution citoyenne. Sauf erreur de notre part, cette mutation ne s’est jamais faite, et même les tentatives de transformation ont échoué du fait de l’extrémisme religieux des uns et le manque de flexibilité intellectuelle des autres. C’est ce qu’on a appelé ailleurs la plasticité dans la gestion de la chose politique qui est un élément managérial essentiel dans une société apaisée, dominée un esprit « civile ».

La gestion militaire, ou sous domination militaire, de la chose publique est clairement contre productive au niveau intérieur et elle implique au niveau extérieur des tensions maintenues même artificiellement, qui permettent de soutenir et de renforcer l’esprit de conquête et de révolution permanente d’un  point de vu militaire.

Et nous alors ?

12-04-30-le-deficit-commercial-marocain.jpg

             Le hasard des publications a fait que, l’Office des changes marocains a publié presque au même temps que ces données du FMI, les chiffres du déficit commercial marocain. On apprend ce qui suit [2,3] :

- Au terme des quatre premiers mois de l’année, le déficit atteint 64 milliards de DH.

- C’est 15 milliards de plus qu’en mars et 4 milliards de plus par rapport à la même période de 2011. Désormais, la facture du déficit commercial représente plus de 7,8% du PIB.                                                         

- « Même si la progression des importations ne représente plus le double de celle des exportations, elle reste tout de même plus importante que celle des nos ventes à l’étranger. En effet, lorsque les exportations progressent de 4,3%, les importations, elles, augmentent de 5,2%. Le même rapport est valable en valeur absolue. »

- Plus précisément : « A fin avril, l’import culmine à plus de 123 milliards de DH tandis que les exportations ne se sont élevées qu’à 60 milliards de DH. Résultat: un déficit commercial qui se creuse de 6%. »

- « La progression des importations reste en grande partie imputable à la flambée de la charge des produits énergétiques. »

L'avis de l'apothicaire du coin : Ce qui fait la richesse du voisin de l’Est, creuse dangereusement la balance commercial du côté de l’atlantique : l’énergie fossile. 

L’évolution de l’offre exportable du Maroc à fin avril fait ressortir les éléments suivants :

-  la poursuite de la diminution de 1,6% des expéditions de dérivés de phosphates à 10,4 milliards de DH. Les exportations de phosphate, elles, se maintiennent (+15,7%) à 4,3 milliards de DH. 
- Les produits alimentaires suivent un  trend baissier.

- La commercialisation de véhicules industriels à l’étranger a bondi de 62%, celle des voitures de tourisme a plus que doublé en raison probablement de l’effet Renault.

- Même tendance pour les expéditions d’huile de pétrole, lubrifiants, gas-oils et fuel-oils.

- Les exportations d’articles d’habillement, pour leur part, baissent pour ce qui est de la confection de vêtements à 6,5 milliards de DH. Les articles de bonneterie, eux,  progressent de 5,8%.

 12-04-30-le-deficit-commercial-marocain-detail.jpg

 

            Le paradoxe du côté marocain, c’est qu’avec ses difficultés financières de plus en plus sérieuses, la Maroc conserve globalement le même trend  des indicateurs de développement et des indices macroéconomiques ce qui laisse le pays presque au même niveau développement que son riche voisin de l’Est.

La question qui s’impose : Et si le Maroc avait eu la même aisance financière que l’Algérie aurait-il fait mieux que ce qu’elle fait ?

Certes c’est de la politique-fiction, cependant répondre à une telle question permuterait de mieux cibler le model de développement qu’on désire. En effet si le Maroc avait la même aisance financière, ce n’est pas sûr que cela révolutionnerait complètement son développement. Le scénario le plus probable serait, dit trivialement, que ceux qui volent quelques milliards aujourd’hui, voleraient quelques dizaines de milliards demain. Cependant la gestion « civile » de la chose publique au Maroc apporterait vraisemblablement un certain plus, par rapport au voisin de l’Est.

Comme concrétisation de ce « plus » on vous propose de lire ou de relire notre article daté du 22 mai 2010 intitulé « Maroc – Espagne : entre la confrontation des populismes et la course géostratégique au progrès » (cliquer sur le titre). On comprend facilement qu’actuellement, le choix de la violence et du militarisme est une option qui fait perdre de précieux points de PIB. Avec comme seul bénéfice la démagogie qui est le socle des analyses populistes.

L’usine Renault à Tanger vient corroborer encore plus cette réflexion. S’additionnant aux autres infrastructures de bases, le port de Tanger-med et la rocade autoroutière du Nord, ce tissu constitue en soi une arme redoutable

    - au niveau intérieur : désenclavement de larges régions, réduction de le la dépendance économique de la région vis-à-vis du cannabis, diversification des exportations.

    - au niveau extérieur : ancrage de la région sur la scène internationale, réduction de l’importance économique et géostratégique de Cebta et Melillia, ouvrant par là avec l’Espagne des rapports de forces basés plus sur l’économie et le progrès que sur l’unique puissance militaire. On sait ce que la guerre des Malouines a engendré.

 L’approche militariste en politique, apporte tout au plus une gloire éphémère à ceux qui la génèrent, elle reste néanmoins toujours néfaste pour la population qui en paye le prix fort en terme souffrance humaine et de régression économique.              

Sur le même thème lire : Maghreb : l’option pragmatique                        

Par Amster - Publié dans : REFLEXIONS
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 17:55

CAS D’OFFICINE

ALPRAZOLAM [XANAX®] À VOLONTÉ !

 

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Rappels déontologiques :          

- les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. L'image ci-dessous est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.        

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas.

Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.  

 

Contexte :

   - Le médecin prescripteur : gynécologue secteur libéral

   - La patiente : femme mariée, 30 ans, sans enfant.

   - Motif de la consultation déclaré : désire de procréation sur fond d’une éventuelle stérilité.     

 

L’ordonnance : 

    01- Zanocin®  400 mg cp 1cp/j 20 jours; DCI : ofloxacine,  PPM  111.60 DH (c’est une copie d’Oflocet®)

L'ofloxacine est un antibiotique de synthèse appartenant à la famille des quinolones, du groupe des fluoroquinolones

    02- Farmadoxi® 200 cp 1cp/j 1 mois (utilisé après les 20 j du Zanocin). DCI : doxycycline monhydrate   PPM 39.80 DH (C’est une des copies du Vibra®)

La doxycycline est un antibiotique de la famille des tétracyclines

    03- Polygynax® ovule  1 Ovule / j 10 jours. DCI : néomycine, polymyxine B et nystatine, PPM : 39.60 DH

Associations d'antibactériens et d'antifongiques. La néomycine et polymyxine B ayant une activité sur la plupart des germes Gram + et Gram -. Streptocoques et bactéries anaréobies résistants aux deux antibiotiques. Nystatine étant un antifongique à actif sur le candida

    04- Lactacyd® une app/j 3 mois. Emulsion lavante pour hygiène intime, PPC : 45.00 DH

    05- Fenac® suppo 1supp/j 15 puis 1 supp 1j/3 pendant 1mois. DCI : diclofénac, PPM 30.10 DH  (une des copies du Voltarène®A)

Le diclofénac est un anti-inflammatoire classique non stéroïdien dérivé de l'acide phénylacétique du groupe des acides aryl carboxyliques

    06- Additiva Mg® 1sts/j 3 mois. Complément alimentaire à base de magnésium (carbonate) 300 mg, PPM 85.00 DH

    07- Kalmagaz® Cp, 2 cp/j 4j/semaine  2 mois. Complément alimentaire à base de charbon et d’huiles essentielles, PPM : 79.90 DH

    08- Beviran® cp 2 cp/j 4j/ semaine 2 mois, DCI : mébéverine, PPM 35.60 DH, antispasmodique musculotrope 

    09- Xanax® cp  un-demi cp 2x/j à la demande, DCI : alprazolam, PPM : 40.60

Selon le RCP de la spécialité Xanax 0.50 Cp (consulté le 11/05/12 ; mise à jour du 10/10/2007) « L'alprazolam appartient à la classe des 1-4 benzodiazépines et a une activité pharmacodynamique qualitativement semblable à celle des autres composés de cette classe : myorelaxante, anxiolytique, sédative, hypnotique, anticonvulsivante,  amnésiante. »

    10- Duphaston® 10 mg : 1 Cp par jour de J5 à J25, 3 cycles. DCI dydrogestérone PPM : 47.75 DH  

Progestatif indiqué entre autre dans les  stérilités par insuffisance lutéale

 

Analyse critique : 

De prime abord, il faut noter que cette ordonnance avec ces dix médicaments reste un cas relativement peu fréquent (heureusement pour nos patients et tant pis pour nos caisses).

Nous n’allons pas nous attardé ici sur le protocole antibiotique inusuel ou encore sur l’inutilité pharmacologique des compléments alimentaires. Le fond de notre pensée se trouve magistralement résumé par la citation d’un éminent pharmacologue belge :      

 « Prescrivez un médicament, prescrivez-en deux, et même trois, mais au-delà ce n’est plus la peine de faire appel à ce que je vous apprends car vous ne savez plus du tout ce que vous administrez réellement ». 

 Pr. Carle Harvengt (1934-1994) professeur émérite en pharmacologie clinique à l’université de Louvain (Belgique). Source : ESCAPADE AVEC LES ASSOCIATIONS MEDICAMENTEUSES

Ce qui a, en fait, attiré le plus notre attention c’est la posologie du l’alprazolam (Xanax®)  « un-demi cp 2x/j à la demande »

Pour comprendre notre perplexité, on rappel ici quelques éléments du RCP de la spécialité Xanax® 0.50 Cp (consulté le 11/05/12 ; mise à jour du 10/10/2007). Au chapitre « mise en garde » on peut lire ce qui suit :

«  - TOLERANCE PHARMACOLOGIQUE :

L'effet anxiolytique des benzodiazépines et apparentés peut diminuer progressivement malgré l'utilisation de la même dose en cas d'administration durant plusieurs semaines.

   - DEPENDANCE :

Tout traitement par les benzodiazépines et apparentés, et plus particulièrement en cas d'utilisation prolongée, peut entraîner un état de pharmacodépendance physique et psychique.

Divers facteurs semblent favoriser la survenue de la dépendance : durée du traitement, dose, antécédents d'autres dépendances médicamenteuses ou non, y compris alcoolique.

Une pharmacodépendance peut survenir à doses thérapeutiques et/ou chez des patients sans facteur de risque individualisé. »

       Sauf erreur de notre part, proposé un tel produit avec comme recommandation « à la demande » c’est faire preuve au minimum d’un laxisme pharmacologique aux conséquences sérieuses. Laisser à l’appréciation du patient l’utilisation d’une molécule qui est responsable d’une part d’échappement thérapeutique et d’autre de dépendance, c’est se rendre responsable d’un cas d’accoutumance, avec son lot de souffrance qui l’accompagne.    

Echappement thérapeutique : Ralentissement de l'effet thérapeutique après une période d'utilisation de médicaments entre autres. Le terme de tachyphylaxie est utilisé quelquefois comme synonyme (pro parte) et désigne la diminution rapide de l'action d'un médicament après quelques prises de celui-ci. Il s'agit en quelque sorte d'une accoutumance à la molécule contenue dans ce médicament. Source Vulgaris-Médical

  12 04 10 Cas d'off alprazolam à volonté La molécule copi

Source image de fond : Association d’Aide et de Prévention Alcoolisme et Toxicomanies 

Source molécule : J. Taoufik « Précis de Chimie thérapeutique » page 116, Collection Medika 2007

Photocomposition : PHARAMSTER © mai 2012

 De quoi je me mêle ?

      Quand on y pense un instant, on se rend compte que cette facilité déconcertante à utiliser et à prescrire des psychotropes, provient vraisemblablement de la manière dont ils sont présentés par les laboratoires au prescripteur. En effet afin de doper les ventes, on a tendance (parfois de manière involontaire de la part des délègues médicaux) à banaliser l’usage d’une spécialité donnée par la minimisation des effets secondaires et la mise en exergue de façon presque exclusive des indications, c’est le principe même du marketing pharmaceutique. Ce qui pose un sérieux problème avec la majorité des médicaments, devient, sauf erreur de notre part, un problème déontologique sérieux lorsque le produit promotionné est un psychotrope.

Se pose ici le problème, classiquement soulevé à pharamster, celui de la formation continue du corps médical (médecins et pharmaciens) qui, comme vous le savez, est sous la domination quasi exclusive des laboratoires. Et encore une fois, on ne peut pas laisser entendre qu’ils sont les seuls responsables de cette situation. Car face aux laboratoires il n’existe aucun contrepoids positif ni force de proposition (en particulier de la part des officinaux « les spécialistes du médicament » … ?).

Il n’existe au Maroc aucune source d’information indépendante sur le médicament. A part certaines formations du ministère de la santé publique qui sont financées généralement par des programmes onusiens, touts nos congrès, nos revues, sont financés presque en totalité par les laboratoires.

Trouver l’information juste et indépendante est un sacerdoce auquel on s’attèle avec de très modestes moyens  (scientifiques, techniques et linguistiques) et avec le plaisir intellectuel de servir honnêtement nos patients et de gagner notre pain quotidien à la sueur de nos neurones. (il faut la chercher celle là, je parle de la sueur !)

 

Conduite à tenir (... ou pas) :

       Cet article aurait pu se terminer ainsi, si un problème ne s’était posé à nous … En effet, Mme Fatna dans l’incapacité de régler la totalité du prix de l’ordonnance nous a demander de ne lui délivrer que les produits absolument indispensables.

Là, c’est le genre de question qui n’est jamais posée dans les congrès sponsorisés, agrémentés de petits-fours dans les hôtels 5 étoiles. Non c’est la réalité douloureuse de notre quotidien qui n’intéresse personne (…) car cela implique de faire des choix draconiens et rationnels.  

Vis-à-vis d’une telle demande deux attitudes sont possibles :

- Soit on se comporte comme une caissière de superette remplissant le panier au pif jusqu'à ce qu’à épuisement des ressources disponibles du client.                   

- Soit on se comporte comme un pharmacien digne de ce nom, mais franchement c’est compliqué car cela implique la mise en route d’un processus qui intègre des données aussi bien pharmacologiques, sociaux-économiques, qu’humaines.

Alors (courrage ... on y arrivera !), globalement on est face ici à une demande de procréation sur fond d’une éventuelle stérilité. Pour tenter de comprendre ce cocktail médicamenteux, il parait utile de classer les produits en catégories :

   1- La sphère infectieuse : on y retrouve l’ofloxacine (Zanocin®) et la doxycycline (Farmadoxi®) auxquels on ajoutera le Polygynax®. Dans cette sphère il n’y a rien à sauter, même si le protocole proposé est inusuel. Il se peut, et même c’est fort possible, que le prescripteur puisse se baser sur des éléments qui nous échappent.

À ces 3 produits on adjoindra d’une part la base lavante (Lacatcyde®) qui peut être substituée éventuellement par un autre produit d’hygiène moins couteux. Et d’autre part le diclofénac (Fenac®) qui  avec un prix honnête de 30.00 DH conserve toute son utilité comme AINS.  

   2- La sphère hormonale : le Duphaston® (écrit au stylo) constitue vraisemblablement le cœur du traitement (avec le clomifène Clomid® barré sur l’ordonnance qui est un inducteur de l’ovulation), on comprendra aisément qu’on ne peut pas s’en passer sans décapiter tout le traitement.

   3- La sphère digestive : on retrouve ici Kalmagaz® et Beviran®, c’est des produits qui visent généralement les colopathies fonctionnelles. La base du traitement de ce genre de dysfonctionnements bénins (pathologie c’est trop dire) c’est la correction des erreurs alimentaires (et on ne parle surtout pas de régimes svp).

Autrement dit, il faut bannir de notre alimentation tout type de sodas (les CocaCola et compagnies) boire d’abord de l’eau, faire en sorte que les fruits et les légumes, qui sont largement disponibles dans notre pays à des prix correctes, deviennent le cœur de notre alimentation, réduire la quantité de gras et de sucre toute sources confondues, manger lentement en prenant soin de bien mastiquer le bol alimentaire. 

Avec ces changements on peut arriver à bout de la plus part des dysfonctionnements digestifs bénins. Le médicament est strictement facultatif et en absence d’une correction rigoureuse des erreurs alimentaires, il devient sans grande utilité. Cependant il arrive que même en adoptant strictement les mesures alimentaires précitées, les dysfonctionnements persistent, objectivant un terrain psychologique fragilisé.

Dans le cas présent de Mme Fatna ce psychique fragile est compréhensible, vu la pression énorme qu’exerce la société sur les couples afin qu’ils soient conformes à la « normalité » : qui veut qu’une famille soit synonyme à une femme, un homme et 2 enfants. Cela crée une souffrance psychique réelle, traduite souvent par des dysfonctionnements gastro-intestinaux récurrents, entre autre.

Dans ces cas les compléments alimentaires type magnésium ou autre non aucun intérêt, lire à ce sujet notre article « Pardon, vous avez dit naturel ! ». Il faut rappeler qu’une alimentation équilibrée apporte tous les nutriments dont on a besoin, insistons d’abord sur cette aspect du traitement (qui n’intéresse absolument pas les laboratoires, vu qu'il n'apporte aucune vente).

Sauf erreur de notre part, dans une ordonnance, les compléments alimentaires constituent une charge injustifiée au profit des laboratoires, supportée uniquement par le patient puisqu’ils ne sont pas remboursés.

Par conséquent, la délivrance d’Additiva®, de Kalmagaz® et du Béviran® a été différée (…) officiellement pour manque de moyens. (Le Beviran étant lui bien entendu un médicament)

   4- La sphère psychologique : on retrouve ici notre l’alprazolam (Xanax®). Sauf erreur de notre part, la souffrance psychique liée au désire de procréation (un problème de stérilité) et aux problèmes socioculturels sous-jacents, ne peut pas être prise à la légère. Elle nécessite au minimum une écoute et au mieux un accompagnement psychologique sérieux dont l’objectif est la maintient de la cohésion du couple et son bien-être mental face à la pression socioculturelle et au désire inné et légitime de procréation.

Par ailleurs, l’utilisation d’une benzodiazépine sans durée précise avec une posologie laissée à l’appréciation du patient, nous parait, sauf erreur possible de notre part, hasardeuse.

Par conséquent, la délivrance de l’alprazolam (Xanax®) a été différée (…), officiellement pour manque de moyens.

Conclusion :

     Cette ordonnance nous laisse un gout d’inachevé, et on n’est pas certain que notre conduite ai été la meilleure. Fallait-il se conformer strictement avec nos convictions ? a-t-on réelement bien fait ?

L’élément clef de toute démarche thérapeutique est « la relation de confiance entre le patient et le médecin » c’est fondamental, et il faut user de beaucoup de dextérité pour préserver cette confiance tout en s’approchant au mieux d’une démarche pharmacologique rationnelle.         

Après quelques jours Fatna s’est présentée elle voulait acheter le reste des produits, son mari s’est en effet démêlé pour assurer le reste de la somme, on a dû s’exécuter. 

Sur le même thème à lire aussi daté du 09/02/2009 :  CAS D’OFFICINE : UNE CARDIOLOGIE DU PAUVRE

Par Amster - Publié dans : CAS D'OFFICINE
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 09:00

CHIFFRES & REPERES

LE MEDICAMENT

ENTRE LA MARGE DES UNS   &  LA MAAARGE DES AUTRES

  12 04 11 Chiffres et repère médicament entre marge et maa  

Dans son édition du 11/04/12 le journal Le Soir rapporte au sujet des marchés publics de l’insuline la déclaration suivante, du conseil de la concurrence, qui a attiré notre attention : 

« Les prix de l’insuline chez les pharmaciens (85 à 196 dirhams) dépassant de loin ceux du marché hospitalier public. Même en intégrant les marges du grossiste (10 %), de l’officine (30 %) et les frais de marketing qui peuvent aller jusqu’à 40 %, le prix en pharmacie représenterait 3 à 5 fois le prix offert au ministère de la Santé, ce qui constitue une atteinte forte aux droits des consommateurs », a déclaré le Conseil de la concurrence

Source : M A Hafidi « Sothema et Laprophan dans la seringue », Le Soir Echos n°1057, page14, du 11/04/12

L’avis de l’apothicaire du coin :

      Combien de fois a-t-on incriminé les 30% de marge brute des officinaux, leurs imputant par là la cherté du médicament et la faillite des mutuelles ?

      Si nos petits calculs d’apothicaire miséreux sont bons, chez les « autres » on arrive à marger à plus de 500% du prix de revient du médicament (!!!). Le calcul est facile puisque les laboratoires sont capables de faire des bénéfices avec des prix 5 fois moins que ceux qu’ ils facturent aux officines ! 

 Face à cela, quelqu'un peut-il croire encore que les « énormes » 30% brute de l’officinal, desquelles il ne lui reste en net que 10% dans le meilleur des cas, seraient à l’origine de la cherté du médicament ? Il y a clairement marge et maaaaarge.

Même en admettant que l’apport de l’officinal  à la société n’est pas important et qu’il n’est qu’une sangsue sans cœur profitant de la misère des autres, rien que pour la responsabilité qu’il endosse par rapport aux produits tableaux (Valium et compagnie …) n’a-t-il pas droit à une vie digne de ce nom ?

Certes on ne peut pas généraliser la pratique de ce genre de maaarges par tous les laboratoires et à tous les produits, néanmoins la déclaration du conseil de la concurrence donne un ordre d’idées vraisemblablement proche de la vérité. En tout état de cause, à chacun sa logique, et ce qui sûr c’est qu’au sujet du prix des médicaments est qu'il y a de quoi perdre son latin.    

Par Amster - Publié dans : CHIFFRES & REPERES
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