10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 20:28

LES HEPATITES LIEES AU MESUSAGE DU PARACÉTAMOL

ENTRE LA RESPONSABILITE DES UNS ET DES AUTRES

LES HEPATITES LIEES AU MESUSAGE DU PARACETAMOL

      Ce texte a été initié par la parution d’un article du Dr R. Benkirane* paru dans la revue marocaine Doctinews (à distribution gratuite) du mois de février 2014, intitulé «SURDOSAGES ACCIDENTELS AU PARACÉTAMOL LE RÔLE DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ DANS LA PREVENTION »

Référence : Dr Raja Benkirane* « SURDOSAGES ACCIDENTELS AU PARACÉTAMOL LE RÔLE DES PROFESSIONNELS DE la SANTÉ DANS LA PRĖVENTION » Doctinews, N°63, page 30 Février 2014. * Responsable du Centre marocain de Pharmacovigilance.

      Nous vous proposons ci-après les idées clefs de ce texte fort important pour notre pratique quotidienne, suivi du classique « avis du pharmacien ».   

Le paracétamol depuis sa découverte il y a plus d’un siècle a connu un succès mondial indescriptible en raison de 3 éléments essentiels à notre avis :

- Sa bonne tolérance gastrique

- Son efficacité éprouvée

- Et son faible coût

Dr Benkirane ajoute que : « Parallèlement à cette forte consommation, plusieurs pays ont observé un nombre croissant de surdosages accidentels avec des hépatites sévères pouvant aboutir au décès du patient. Les pays anglo-saxons ont été les premiers à tirer la sonnette d'alarme [1].» Et rapporte les données suivantes :

       -  Aux USA, 48 % des hépatites fulminantes résultent de surdosage accidentel au paracétamol.

      - En 2007, les estimations du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) font état de 1 600 cas annuels d'insuffisances hépatiques aiguës liées à un surdosage accidentel au paracétamol.

      - Entre 1990 et 1998, les surdosages au paracétamol ont été à l'origine de 56 000 consultations aux urgences, 26 000 hospitalisations et 458 décès [2].

- Selon l'analyse des données du CAPM (Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc) entre 2005 et 2014, parmi les 19 atteintes hépatiques liées au paracétamol, deux sont des hépatites fulminantes. Ces cas ont été observés indifféremment avec le paracétamol combiné et non combiné. »

L’auteure décrit par la suite les circonstances de toxicité

La toxicité hépatique du paracétamol est observée dans 2 types de circonstances,

   - soit après une prise aiguë excessive (10 g chez l'adulte et 150 mg /kg chez enfant),

   - soit lors de prises aux doses thérapeutiques durant plusieurs jours consécutifs sur un terrain alcoolique ou en présence d'une autre pathologie favorisant la déplétion hépatique en glutathion (4 g pendant 10 jours).

Les facteurs de risque :

Plusieurs facteurs de risques contribuent à ces surdosages accidentels, parmi lesquels nous retrouvons l'association du paracétamol à de nombreux produits : antirhumes, antitussifs et autres antalgiques, les erreurs médicamenteuses de dosage, sachant qu'il s'agit d'un produit en vente libre, et le manque de communication des professionnels de santé avec le patient sur la nécessité de ne pas dépasser les doses prescrites pour éviter une atteinte hépatique sévère.

L’auteure ajoute au sujet des mesures préventives :

Afin de limiter ce risque potentiel, plusieurs mesures préventives ont été mises en place dès les années quatre-vingt-dix, dont la restriction des doses de paracétamol dans les conditionnements des présentations destinées à l'adulte à 8 g.

A ce sujet Selon une étude réalisée en Angleterre et au Pays de Galles, le fait d'avoir réduit le packaging des médicaments au paracétamol en 1998 a permis de réduire de 43 % le nombre d'événements graves liés au paracétamol et de 61 % les transplantations hépatiques[3]. En 2011, la FDA (U.S. Food and Drug Administration) a demandé aux fabricants de combinaisons de médicaments de prescription contenant du paracétamol (ndlr : ce sont les associations de paracétamol et d’autre principes actifs) de limiter la quantité de paracétamol à un maximum de 325 mg par unité de prise et avait fixé comme date limite le 14 janvier 2014 pour se conformer à cette demande [4]

L’auteure termine son texte en insistant sur les massages à véhiculer auprès du grand-public :

« Malgré toutes ces mesures préventives, la sensibilisation du public à ce risque potentiel est indispensable et ne peut se concevoir sans l'intervention des professionnels de santé. Parmi les mesures de prévention à adopter ou à communiquer au consommateur, il est essentiel de :

- Adapter les doses en fonction de l'âge et du poids

- Espacer les prises d'au moins 4 heures ;

Respecter la dose recommandée :

Dose nourrisson/enfant :

60 mg/kg/jour (sans dépasser la dose maximale de 80 mg/ kg/jour) répartis de la façon suivante:

- soit 15 mg/kg toutes les 6 heures;

- soit 10 mg/kg toutes les 4 heures.

- Dose Adulte : il n'est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g/jour.

- En cas de douleurs plus intenses, la dose totale peut être augmentée jusqu'à 4 g/ jour.

- En cas de poids < 50 kg, d'insuffisance hépatique légère à modérée, d'insuffisance rénale sévère, d'alcoolisme chronique, de malnutrition chronique ou déshydratation, ne pas dépasser 3 g/jour. »

 

L’avis du pharmacien :

    C’est un texte remarquable, car il traite d’un risque auquel on est confronté quotidiennement : le mésusage de paracétamol. Notre discussion va s’articuler sur 3 points

1- Au sujet du nombre de cas d’hépatites liées au mésusage de paracétamol au Maroc :

- L’auteure rapporte qu’entre 2005 à 2014 (soit 9 ans) le CAPM - Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc - a enregistré 19 atteintes hépatiques liées au paracétamol, ce chiffre nous paraît vraisemblablement très loin de la réalité vu le peu de déclarations effectuées par le corps médical, qui ignore parfois l’existence-même du CAPM et de son rôle ! De là à prendre le temps de remplir correctement le « Formulaire de déclaration d'un effet indésirable » c’est toute une culture qui n’est pas encore inscrite dans les gènes du corps médical marocain.

A notre avis ces 19 cas ne reflètent absolument pas la réalité d’un grand nombre d’hépatites déclarées « officiellement » de cause non iatrogène, par manque d’éléments tangibles incriminant une molécule donnée et par manque de suivi rigoureux des médicaments pris par le patient.

Remarque : aux USA en 8 ans (de 1990 à 1998), on a enregistrée 56 000 consultations aux urgences liées à des surdosages au paracétamol qui ont été à l'origine de 26 000 hospitalisations et 458 décès [2]. Même en rapportant le nombre de cas à la population générale et à la consommation en médicament par tête d’habitant, les 19 cas enregistrés au Maroc paraissent largement sous-estimés.

2- Au sujet des facteurs de risques et de circonstances aggravantes : L’auteure rapporte deux facteurs de risque :

Primo, l'association du paracétamol à de nombreux produits.

En effet on retrouve le paracétamol dans de nombreuses spécialités comprenant 2 ou plusieurs principes actifs :

dans les antirhumes (Actifed® et autres, Rinomicine® et autres, Rhinofebral® …)

dans les antalgiques (Codoliprane® ou autres, Myantagic® ou autres …)  

dans les antitussifs type Tussiphan®

dans les myorelaxants (Relaxol®, Duoxol® ou autre)

Il est clair que le fait de ne pas mentionner de façon visible la présence et la quantité de paracétamol dans une spécialité donnée est un facteur crucial dans la survenue de mésusage lors de la prise de ces spécialités. Ce mésusage est lui-même impliqué dans  la survenue d’hépatites sévères.

Dr Benkirane nous rapporte que la FDA a demandé aux fabricants de spécialités contenant du paracétamol associé à d’autres principe actifs « de limiter la quantité de paracétamol à un maximum de 325 mg par unité de prise et avait fixé comme date limite le 14 janvier 2014 pour se conformer à cette demande [4] ».

C’est globalement une bonne mesure, même si à notre avis elle reste insuffisante. Pour notre part, nous pensons que l’une des sources de surdosage de paracétamol ce sont les formes contenant 1g par prise. En effet à la moindre association de ces spécialités on arrive rapidement à des doses toxiques. Dans notre pratique quotidienne, les formes à 1g de paracétamol sont largement prescrits et surtout largement demandés, elles sont utilisées dans les maux de tête et la fièvre, cela nous parais excessif et dangereux.

A notre avis, et sauf erreur de notre part, les spécialités à base de paracétamol 1g devraient être réservées aux douleurs sévères type sciatalgie. Alors que pour les maux de tête et fièvres bénignes les formes à 500mg par dose sont largement suffisantes.

Nos propositions donc :

- Appliquer la directive de la FDA en limitant la quantité de paracétamol, quand il est associé, à 325mg par dose.

- Renommer les spécialités à base de paracétamol à 1g par dose, afin de faire le distinguo, autant chez le patient que chez le praticien, entre douleurs sévères et celles bénignes

- Obliger les fabricants à marquer la présence et la quantité de paracétamol dans leurs spécialités de façon claire sur le packaging.                     

Secundo : « le manque de communication des professionnels de santé avec le patient … »

c’est un problème récurent vu : d’une part les conditions rocambolesques dans lesquelles exerces les médecins de santé publique en particulier dans les structures périphériques, et d’autre part vu le manque d’implication effective des officinaux dans la lutte contre le mésusage des médicaments en général et des produits OTC (produits de conseil) en particulier.          

3- Au sujet du message à véhiculer au aux patients :    

- Le premier message à notre avis est que le paracétamol n’est pas un bonbon ! C’est un véritable médicament pharmacologiquement actif et qui, comme tout médicament digne de ce nom, est un toxique. Son utilisation s’impose par la nécessité clinique et non par la recherche d’un quelconque confort !

- L’auteure dans ses recommandations utilise les mentions classiques de « nourrisson/enfant », sauf erreur de notre part, ces deux mentions n’ont pas de signification pharmacologique claire, car seul importe le poids (à quel âge en passe de nourrisson à enfant ???  le poids des nourrissons d’un même âge varie tellement, que l’âge lui-même n’est qu’indicatif …). Encore une fois les dénominations  forme nourrisson/ forme enfant sont purement marketing, seul le poids est déterminant.                  

- La répartition des doses en pédiatrie telle rapportée par l’auteure nous paraît extrêmement intéressante. En effet on a l’habitude dans notre pratique quotidienne d’utiliser les fameux 60 mg/kg/jour (utilisable aussi pour l’aspirine,  ça rappel la vitesse des 60km/h …), l’auteure a exprimé les posologies de la façon suivante :

soit 15 mg/kg toutes les 6 heures

soit 10 mg/kg toutes les 4 heures

De cette façon la quantité de paracétamol obtenue nous ramène directement à la forme qui elle-même est fonction de la répartition des doses, ce qui à notre avis est extrêmement intéressant.    

Conclusion :

La responsabilité de la survenue des hépatites iatrogènes liées au paracétamol est partagée :

   Le pharmacien d’officine : il est le premier responsable, en effet il a la responsabilité de transmettre au patient les données pertinente pour un usage sécurisé du médicament. Mais plus important encore l’officinal a le devoir d’émettre un avis critique par rapport au médicament et d’être une force de proposition scientifique et technique via ses instances représentatives. Malheureusement l’officinal se comporte comme un simple délivreur de médicament récitant au meilleurs des cas les données du VIDAL !  

   L’industrie pharmaceutique : la recherche effrénée du profit impose aux mangers des méthodes marketing qui minorent les effets délétères et banalisent l’usage de molécules qui malgré leur succès en terme de part de marché restent des molécules toxiques. Ce mode de fonctionnement de l’industrie pharmaceutique aurai put être mieux circonscrit si les laboratoires avaient en face des officinaux à la hauteur, des médecins honnêtes et une administration compétente ; bref un environnement entrepreneurial qui favorise l’excellence au lieu de la médiocrité actuelle.

   Les médecins : à notre avis leur responsabilité est limitée dans les surdosages de paracétamol, cependant on peut critiquer leur « passivité intellectuelle»  par rapport aux données rapportées par les délégués médicaux, une passivité qui parfois est prémédité (échantillons gratuits, prise en charge des formations et congrès …) au détriment de l’intérêt du patient.  

  L’administration de tutelle : elle reste très en retard par rapport aux évolutions pharmacologiques et scientifiques, ce retard influence sur l’actualisation de la législation pharmaceutique dans son volée pharmacologique, accentuant notre aliénation absurde aux directives des agences de médicament étrangères.                     

RÉFÉRENCES

1- JaniceTanne. Paracetamol causes most liver faillure in UK and US. BMJ. 2006 March 18;332(7542):678.

2- AnneM. Larson and al.  Acetaminophen-Induced Acute Liver failure: Results of a United States Multicenter, Prospective Study. Hepatology, Vol.42, N° 6, 2005.

 3- Keith Hawton. Long term effect of reduced pack sizes of paracetamol  on poisoning death and liver transplant activity in England and Wales : interrupted time series analyses. BMJ 2013; 346:f403 do:10.1136/bmj.f403 (Published 7 February 2013)

4-  http://www.fda.gov/safety/medwatch/safetyinformation/safetyalertsforhumanmedicalproducts/ucm381650.htm

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 21:51

CHIFFRES & REPERES

Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

UN JEUNE SUR CINQ AU MAROC SOUFFRE DE TROUBLES MENTAUX

Sources :

1 - Ahmed Salaheddine  « Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux »,  Aujourd'hui le Maroc, n°3138, pages 1 et 16, du 28/03/2014

2 - « Psychiatrie, des chiffres alarmants » TELQUEL, N°614, page 22, rubrique Laser Science, du 4 au 10 avril 2014.

3 - PHARAMSTER 12/03/2011 :  LECTURE OFFICINALE : RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

« Au Maroc, un jeune sur cinq souffre de troubles mentaux, et dans la moitié des cas les troubles ont débuté à l’âge de 14 ans», cette affirmation, rapportée par plusieurs médias marocains, est une déclaration  du Ministre de la santé M. Lhoussaine Louardi  dans son discours inaugural de la 2ème rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire du 26/03/2014 à Rabat.

Par ailleurs, des études de l’OMS corroborés par des études internes du ministère montrent que :

     - 48,9% des plus de 15 ans sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, et que cela est dû à un mode de vie malsain.

     - «Le tiers des décès et les deux tiers de la charge de morbidité à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements malsains du jeune âge».

     - Le mode de vie malsain est corroboré par les faits suivants :

> 16% des élèves âgés de 13 à 15 ans fument

>   6% consomment de l’alcool

>   4% consomment de la drogue.

> 15% sont en situation de surpoids,

> 82% n’ont quasiment pas d’activité physique

> 30% ont été victimes de violences

> 14% ont tenté de se suicider

 

L’avis du pharmacien :

         Ces chiffres sont une terrible réalité montrant une société, à majorité jeunes, qui souffre atrocement. Cette réalité, les officinaux, comme le reste du corps médical, dans les quartiers périphériques la vivent au quotidien.

L’exacerbation des troubles mentaux chez les jeunes va engendrer une augmentation vertigineuse de la consommation de psychotropes. Parallèlement le manque de suivi psychologique et psychiatrique de ces patients va être lui-même la cause de mésusage et d’abus de consommation de psychotropes. Cette situation crée un cercle vicieux :

Mode de vie malsain >> Troubles mentaux >> Mauvais suivi médical >> abus de psychotrope

Face à cette état de fait, l’officinal se retrouve en la première ligne à supporter et à gérer une demande de psychotrope faramineuse. Pire encore, cette demande exagérée met en péril la sécurité même du pharmacien et de ses collaborateurs car elle engendre une violence exacerbée par le sentiment d’impunité et de non droit où on vit au quotidien.

Des solutions :

Le ministre propose :

 «… de promouvoir les prestations préventives et éducatives, le dépistage et la prise en charge précoce ; de contribuer à la mise en place d’un environnement générateur de comportements sains et de faire participer les jeunes aux actions engagées»

 Une phrase politique trop généraliste pour quelle soit suivie d’effets tangibles.

« Le ministre veut aussi aller plus loin sur la voie qui a déjà permis de réaliser 22 centres de référence en santé scolaire et universitaire, 30 centres médicaux universitaires et 32 espaces de santé pour jeunes. Et, qui a également débouché sur la mise en place de structures et de services spécialisés en santé mentale et en lutte contre les addictions. »

Honnêtement, nous pensons que la solution est ailleurs. En effet quand on a 20% de la population juvénile en état de souffrance psychique, ce n’est pas une trentaine de centres qui va suffire mais des centaines et des centaines, ce qui concrètement est irréalisable. Désolé, mais la solution ne peut être qu’étiologique, à savoir lutter contre ce qu’appel Mr le Ministre le « mode de vie malsain ». Et là c’est beaucoup plus compliqué, car il s’agit de promouvoir le progrès social dans son ensemble. Et pour cause cela nécessite un projet de société cohérant et réaliste alors que nous vivons dans une société schizophrène mi-traditionnaliste mi-moderne sans vision à long terme. Une société dont les repères sont un amalgame d’anachronismes absurdes et d’une modernité de façade imposée par les nécessités économiques et les évolutions technologiques. Cette situation est exacerbée par l’état désastreux de l’Ecole marocaine, qui aurait put être une bouée de sauvetage à cette société et qui se retrouve, du fait de décisions politiques quasi criminelles, elle-même dans un gouffre de médiocrité.

Les solutions proposées par Mr le Ministre auraient put être efficaces si elles accompagnaient un projet de société viable. Prisent toutes seules, ces dispositions resterons, comme d’autres …, des vœux pieux.                           

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 12:54

ESCAPADE ENTRE PETITS CALCULS D'APOTHICAIRE

Détermination de la quantité d’un ingrédient formulée en % dans une quantité totale indéterminée

       On a reçu dernièrement l’ordonnance ci-dessus, c’est une préparation magistrale toute simple :

- Vaseline    ..............................................500 g

- Dermoval® crème (DCI Clobétasol) ...... 5 tubes de 10 g

- Acide salicylique à ................................ 5%    

Simple question d’apothicaire que j’ai posée à mes collaborateurs : Comment calculer la quantité en mg de d’acide salicylique pour que cette dernière puisse correspondre à 5% de la quantité totale préparée.

A la volée, on m’a répondu :

- on a 500 g de vaseline et 5 tubes de 10 g de DERMOVAL®, soit au total 550 g.    

- 5% des 550 g est égale 27.5 g

- Soit une quantité totale préparée de 550+27.5 = 577.5 g

Oui, sauf que 27.5 / 577.5 = 0,0476, soit 4.76% or le prescripteur demande 5 %. Comment faire ?  

Cela revient en fait à résoudre l’équation à deux inconnues suivante :  A + X = Y où :

- A       : la quantité en gramme des ingrédients connue

- X       : la quantité en gramme de l’ingrédient à chercher

- Y       : la quantité totale en gramme préparée

- 5%    : le pourcentage de X dans la préparation (Variable en fonction de la prescription)

Démonstration, juste pour s’amuser et savoir d’où vient la formule finale qui sera utilisée, retour à vos cours de 1ère année de lycée : 

- A + X = Y    ;    X étant = 5% de Y ;     X = Y x 0.05 ; remplaçant ce  X par  [ Y x 0.05 ]

- L’équation devient    :   A + (Y x 0.05) = Y

- Cela veut dire que    :   A = Y - (Y x 0.05)  

- Et donc                     :   A = Y (1-0.05)   

- Sachant que X n’est rien d’autre que la différence entre la quantité totale préparée "Y" et la la quantité d'ingrédient connue "A". Soit X = Y - A, remplaçons alors "Y" par sa valeur ; cela donne la formule suivante :

X = A / (1-0.05) - A

Cette démonstration vous permet de retrouver facilement cette formule même si vous  l’avez oubliée.  

Application : cas de notre préparation d’aujourd’hui

La quantité d’ac salicylique est obtenue par cette formule est la suivante :

- [550/(1-0.05)] - 550 = 28.95 g.

- La quantité totale préparée est alors (550+28.94) = 578.95 g

- Ainsi 28.95 d’acide salicylique correspond en effet à 5,0004% (28.95/578.95)

Ce genre de calcul n’est pas forcement pratique pour des préparations unitaires classiques vu que la marge d’erreur est supportable, mais il devient absolument nécessaire dans deux cas :

- Lorsque la quantité préparée est importante, comme dans le cas présent.

- Ou bien lorsque la concentration demandée est importante, comme pour les préparations pour onychomycoses type : Mycospor® 1 tube + Urée 30%   

Cette formule est directement utilisable par des officinaux, mais aussi par les dermatologues ou des généralistes afin d’optimiser leurs prescriptions.    

ESCAPADE : NOTION DE SOURIMACIEN

      On devrait appeler cette formule : La formule d’HAMSTER LEPHAR, car ça sonne comme LECOMPTE ou LAVOISIER (souvenez-vous de Équation de Schrödinger en 1ère année). Mais attention à l’appellation d’Hamster LEPHAR ! Car PHAR en arabe veut dire une souris, imaginez, alors, qu’on traite l’élégant hamster de …. souris ! le scandale est tel que l’hamster se suiciderai en ingurgitant un raticide qu’il achèterait chez un phar … macien.

Vous l’avez compris là … certains officinaux devraient être appelés  « souri-macien », en effet quand on met sa déontologie au placard, quand l’intérêt du patient devient marginal, quand sa seule source d’information devient les laboratoires, quand sa formation est assurée par des délégués médicaux, quand on a perdu tout sens critique par rapport au médicament, quand on vous fait vendre des compléments alimentaires onéreux et stupides sans que cela vous écœure, quand vous participer à la vie publique uniquement en vous comportant comme un voyou face à un ministre en fonction (fut-il désastreux …), quand … et quand … et quand vous devenez con. A ce moment là un constat s’impose, la matière grise du dit phar-macien s’étant rétractée, le rapport entre la masse de la boite crânienne et celui du corps devient similaire à celui d’un primate : vous êtes en face de l’espèce « Souri-macien marroky ».

     Face à de telles inepties un modeste hamster pourrait aller jusqu’à renier son métier face à un sourimacien, c’est pour cela qu’il n’y aura jamais de formule d’Hamster LEPHAR.                          

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 19:29

ANALYSE CRITIQUE

GYNOFLOR® EN QUESTION

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Rappels déontologiques :        

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne détenons pas de vérité absolue, loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. - Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

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ANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTION

         Dernièrement, nous avons reçu une ordonnance d’un produit dont on ne suspectait pas l’existence jusqu’à présent : GYNOFLOR® comprimés vaginaux.

Ceci, nous a d’autant plus intrigué que la composition de cette spécialité débute par le Lactobacillus acidophilus, une bactérie commensale, largement utilisée comme probiotique. Or il y a quelques années nous avions traité le cas du GYNOPHILUS [Cf. : GYNOPHILUS UTILISATION & LIMITES octobre 2009 cliquer sur le titre] capsules vaginales à base de ce même probiotique, vous conviendrez que la tentation est grande d’en savoir plus et de comparer afin de mettre de l’ordre dans nos idées.

L’administration d’œstradiol par voie vaginale va nous amener forcement à faire le parallèle avec une autre spécialité OVESTIN® ovule.    

Pour ce faire, nous avons consulté  l’ANSM (Ex Affssaps ) mais n’avons pu trouvé trace de la monographie du GYNOFLOR® : vraisemblablement cette spécialité n’est pas commercialisée en France.Cependant, une monographie intéressante, sérieuse et de bonne qualité est disponible au niveau du  Compendium Suisse et c’est ce document qui sera notre principale référence dans le cas présent.

Présentation et composition :

Gynoflor®, boite de 6 comprimés vaginaux, PPM (Prix au Maroc) 69.00 DH.

Chaque CP vaginal contient :

  • Lactobacillus acidophilus -------- 100      Millions
  • Estriol                               ---------    0.03 mg (3 µg si vous voulez)

Le Lactobacillus acidophilus

  Concernant le Lactobacillus acidophilus, rappelons que ce bacille n’est autre que le fameux bacille de Döderlein (pour les puristes c’est le Lactobacillus casei variété rhamnosus de Döderlein, appelé encore Lactobacillus acidophilus vaginalis) qui fait partie intégrante de la flore vaginale.

Le Lactobacillus acidophilus participe à ce titre à l’équilibre de cette flore qui  en temps normal, forme un véritable film protecteur à la surface de la muqueuse vaginale. Il métabolise le glycogène en produisant de l'acide lactique et du peroxyde d'hydrogène qui acidifient* le milieu, empêchant ainsi le développement de nombreux autres germes indésirables.

* NB : Oui le PH vaginal est acide, et ce fameux acide lactique permet de maintenir l'acidité naturelle du vagin entre 3,8 et 4,5. Cela a son importance dans le choix des produits d’hygiène intime qui doivent respecter ce PH. Exp Biosept 5.5 ou 7.5 ...  

L’estriol :

L’œstradiol et l’œstriol sont les hormones féminines par excellence, à consulter sur notre page : LA BALANCE OESTROPROGETATIVE (cliquer sur le titre). L’œstriol fait partie intégrante des œstrogènes qui, au niveau utérin, vont entraîner une multiplication cellulaire intense de l'endomètre [d’où une augmentation du risque éventuel de cancer de l'utérus si utilisés seul], ainsi qu'une prolifération des cellules du myomètre avec augmentation de leur contractilité. Le mot clef à retenir au sujet de l’estriol et de la muqueuse utérine est : PROLIFERATION : effet dont découlera la principale indication du GYNOFLOR® (pas de problème, on ne l’a pas oublié celui là !)

L’utilisation du GYNOFLOR®

NB : la différence entre Estradiol et estriol

Au niveau chimique l’estriol possède un groupe hydroxy (OH) en plus, au niveau pharmacologique L'estriol et le promestriène (COLOPOTROPHINE®) ont un pouvoir estrogénique plus faible que celui de l'estradiol mais une spécificité d'action vaginale prédominante, en particulier lorsqu'ils sont appliqués localement. Ils sont utilisés pour leur effet trophique vaginal   

Le Compendium Suisse rapporte comme indication pour cette spécialité (Mise à jour : avril 2012, consulter le 29/01/2014) :  

- Leucorrhée vaginale.

- Rétablissement de la flore physiologique du vagin après traitement local/systémique par des anti-infectieux.

- Infections vaginales par flore mixte.

- Infections vaginales par Gardnerella vaginalis ou Candida albicans lorsqu’il n’y a pas une indication impérieuse de traitement antibactérien/antimycosique.

-  Vaginite atrophique, leucorrhée au cours de la post-ménopause, par ex. comme médication d’appoint lors d’une substitution estrogénique.          

                      

En tant qu’officinal, ce listing académique (scientifico-technique comme dirait l’autre) nécessite une certaine relecture, alors :

La « leucorrhée vaginale » : oui, mais en absence d’étiologie infectieuse. En clair, en cas d’un déséquilibre de la flore vaginale.

- « Rétablissement de la flore physiologique du vagin après traitement local/systémique par des anti-infectieux » a-t-on besoin d’’oestriol pour rétablir  la flore physiologique du vagin, à notre sens la réponse est non. Dans cette indication préférer plutôt le GYNOPHILUS®  qui ne contient que le Lactobacillus.

- « Infections vaginales par flore mixte » oui, mais en association avec un anti-infectieux spécifique tout de même.

-  « Infections vaginales par Gardnerella vaginalis ou Candida albicans lorsqu’il n’y a pas une indication impérieuse de traitement antibactérien/antimycosique » ; là, on a du mal à comprendre le concept d’indication impérieuse de traitement antimycosique ? Autrement dit, il existerait des cas où il y a une infection vaginale avec du Candida albicans et que cela n’impose pas un traitement spécifique !

ANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTIONANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTION

En comparant avec les indications d’OVESTIN® ovules, oestriol à 0.5 mg par ovule,  tel que rapportées dans le Compendium Suisse (Mise à jour : avril 2012, consulté le 29/01/2014) :  

- Traitement des symptômes de carence en estrogènes par suite de la ménopause naturelle ou artificielle.

- Symptômes urogénitaux provoqués par une carence en estrogènes, tels qu’atrophie du tractus urogénital avec des symptômes tels que dyspareunie ou incontinence urinaire.

- Altérations pathologiques dans la région du vagin ou du col utérin qui sont dues à une carence en estrogènes.

- Préparation aux opérations vaginales et éclaircissement des frottis cytologiques, traitement d’appoint des infections vaginales.

- Chez les femmes à utérus intact, il faut toujours compléter l’apport substitutif d’estrogène par un traitement progestatif séquentiel :

> lorsque plus d’un ovule/un applicateur rempli est administré par jour,

> lorsque la quantité journalière appliquée est administrée en plusieurs doses individuelles

En principe, les indications du GYNOFLOR® devraient être un amalgame entre celles du GYNOPHILUS® et celles de l’OVESTIN® ovule sauf que ce dernier contient 0.5 mg d’œstradiol par ovule soit plus de 16 fois la quantité présente dans le GYNOFLOR®.

Cette dernière constatation nous laisse perplexe, car cela revient à dire que la quantité d’œstrogène dans le GYNOFLOR® est quasi homéopathique. On comprend qu’avec 0.03 mg d’œstradiol les indications liées à la carence oestrogénique soient absentes de la monographie du GYNOFLOR®. Si la présence d’œstrogène ne vise pas cette carence, que vise-t-elle alors ?  

Par ailleurs comparons la quantité de propbiotique (en faisant fi des nuances liées aux variétés). Dans GYNOFLOR®, 100 Millions de germes par CP contre 341 Millions par capsule dans le GYNOPHILUS®.

Au final, GYNOFLOR® contient 16 fois moins d’œstrogène que lOVESTIN® ovule et 3 fois moins de probiotiques que GYNOPHILUS®. Cela augure d’un effet oestrogénique très faible et d’un effet sur la flore vaginale tout aussi relatif.    

          Cela dit, dans le chapitre « Propriétés/Effets », le Compendium Suisse nous apporte les précisions suivantes : "Lors de troubles hormonaux, en particulier à un âge avancé, les cellules de l’épithélium vaginal stockant le glycogène diminuent. L’estriol stimule spécifiquement l’épithélium du vagin, du col de l’utérus et de la vulve et entraîne la reconstitution de l’épithélium vaginal même au très faible dosage de 0,03 mg contenu dans Gynoflor®. Comparé à d’autres estrogènes (par exemple l’estradiol), l’estriol  … est rapidement métabolisé et éliminé. L’application de Gynoflor® pendant une semaine en cas de vaginite atrophique a déjà mis en évidence une reconstitution nette de l’épithélium. L’offre nutritive pour les lactobacilles est ainsi assurée à long terme. L’estriol, contrairement à d’autres estrogènes, possède une faible activité endométriotrope. En conséquence, une prolifération de l’endomètre n’est pas à craindre à ce dosage."

           Ce paragraphe nous apporte 3 éléments clefs, primo : l’estriol agit même à très faible dose sur l’épithélium vaginal. Secundo : l’indication principale est la vaginite atrophique en particulier chez la femme âgée. Tertio : à ces doses l’effet prolifératif n’est pas à craindre. En clair, selon cette monographie, il n’y a pas de risque de cancer à craindre. Pourtant, comment admettre une reconstitution de l’épithélium vaginal sans un effet prolifératif ?

La conservation et la bêtise du commerce :

Un ami médecin, nous a montré un échantillon gratuit de GYNOFLOR®qu’un délégué médical lui a offert. Rien de spécial, sauf que la conservation de cette spécialité doit se faire entre +2 et +8 °C (au réfrigérateur) … Espérons que les délégués médicaux de cette spécialité soient équipés convenablement pour respecter la chaîne du froid d’une part, et d’autre part ne pas omettre de préciser au prescripteur que c’est une spécialité thermolabile, ne pouvant être trimbalée dans les sacoches au risque d’administrer aux patientes tout sauf un médicament.         

Conclusion, avis du pharmacien :

          Sauf erreur de notre part, la spécialité GYNOFLOR® a son utilité dans les vaginites atrophiques en particulier chez la femme âgée. Le GYNOFLOR® ne peut remplacer en aucun cas l’OVESTIN®, par contre dans les déséquilibres de la flore vaginale on lui préférera le GYNOPHILUS®.

Dans les troubles trophiques vulvo-vaginaux une autre spécialité paraît plus adaptée et beaucoup moins chère : COLPOTROPHINE® ovule (DCI promestriène un estrogénomimétique local sans effet hormonal systémique). 

Peut être qu’une spécialité associant promestriène - Bacille de Döderlein pourrait être plus à même de répondre aux indications visées par le GYNOFLOR®

ANALYSE CRITIQUE, GYNOFLOR EN QUESTION

Dans le cas de notre ordonnance, il s’agit d’une dame de 29 ans, unipare, se plaignant de prurit récurent avec par moments des pertes plus ou moins verdâtres, sur un psychisme fragile. Il est vraisemblable qu’à défaut d’un traitement spécifique, le prescripteur a essayé d’y répondre avec une spécialité aux indications plus ou moins bien cernées.

Merci à Dr Mouna pour sa collaboration     

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 18:16

La bêtise du jour 

Agression verbale du ministre de la Santé

Dans l'enceinte du Parlement par un groupe de six pharmaciens

 

Agression verbale du Ministre de la santé

Source le journal gratuit AUFAIT :  «  Agression du ministre de la Santé. Les pharmaciens ayant attaqué El Ouardi interpellés ». Dernière mise à jour : 08/01/2014 à 17:07

Le journal AUFAIT rapporte les faits suivants :  

« Les services de sécurité à la Chambre des représentants ont procédé, mercredi, à l'interpellation d'un groupe de pharmaciens ayant attaqué le ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, lors d'une réunion de la Commission des secteurs sociaux.

Le ministre présentait le projet de loi du gouvernement portant dissolution des Conseils régionaux des pharmaciens du Nord et du Sud.

Selon des sources sur place, un groupe de six pharmaciens a réussi à s'introduire dans l'enceinte du Parlement, aidé en cela par une députée du groupe parlementaire du Parti Authenticité et Modernité, selon des sources concordantes.

Ce groupe attendait le ministre devant la porte de la salle de réunion, avant de s'en prendre à lui en proférant des insultes et des menaces, notamment de la part d'un membre du Conseil du Sud.

Le principal mis en cause, Abdelrazaq Manfalouti, président du Conseil régional des pharmaciens du Sud, a violemment insulté le ministre, allant jusqu'à proférer des menaces.

Aussitôt informés, les éléments de sécurité de la Chambre basse ont interpellé et remis les six pharmaciens à la police judiciaire arrivée sur les lieux.

Le ministre de la Santé aurait, pour sa part, contacté le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur, affirmant qu'il compte poursuivre en justice les six pharmaciens interpellés. »

L’avis du simple pharmacien de base :

          Cela sent la récupération politique grossière, une récupération qui ne sert absolument pas les intérêts des officinaux. Notons par la même occasion que la violence qu’elle soit verbale ou physique constitue un échec de l’intelligence humaine lire à ce sujet notre article :  DE LA VIOLENCE EN GENERAL ET DE CELLE A L'EGARD DES FEMMES EN PARTICULIER      

Notre profession n’est pas à une bêtise près, la médiocrité intellectuelle est notre lot quotidien, cet acte inqualifiable ne fera que compliquer la tache de ceux rares qui veulent construire un projet digne pour notre profession, c’est tout.    

Les suites 1 

Source : Aufait  « Agression du ministre de la Santé. Le PAM expulse ses deux pharmaciens » du 09/01/2014

Selon le journal :

Une réunion urgente du bureau politique du parti Authenticité et modernité (PAM) s'est réunie mercredi à Kénitra, à l'issue de l'agression dont a fait l'objet Houceine El Ouardi, ministre de la Santé, sous la Coupole.

Suite à ce meeting, le parti a annoncé l'expulsion de deux de ses membres, pharmaciens, impliqués dans cette agression, de tous les organes du parti.

Le parti du tracteur a dit vivement dénoncer ces agissements, en exprimant sa solidarité avec le ministre agressé.

De son côté, le ministre de la Santé a indiqué, lors d'un passage dans le JT de 2M, que ces “agresseurs ne représentent qu'eux-mêmes”, rassurant ainsi la profession des pharmaciens et des médecins.

Les agresseurs, rappellent-on, devraient comparaître jeudi 16/01/2014devant le tribunal de première instance de Rabat

Les suites 2

Source le site : lemag.ma « Le gouvernement marocain dit sa “solidarité” avec le ministre de la santé agressé au parlement » MAP - Lemag  Jeudi 9 Janvier 2014

Selon le site :

Le Chef de gouvernement a affirmé que cette agression constitue “une offense faite non seulement au ministre et sa personne, mais aussi à l’encontre du gouvernement et du Parlement”, a-t-il dit.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:39
Perle de comptoire : les antibiotiques

Qui a dit que l’antibiotique n’était pas automatique ? Aussi pour le rhume bénin que pour les maux de dents que pour n’importe quoi ?

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 18:51

LECTURE OFFICINALE

Les risques liés à l’utilisation des anti-inflammatoires avant un marathon

 

LES RISQUES LIES A L'UTILISATION  ANTI-INFLAMMATOIRES AVANT UN MARATHON

Source : Etude allemande publiée avril 2013

Ref : M Küster et coll. : Consumption of analgesicsbefore a marathon and the incidence of cardiovascular, gastrointestinal and renalproblems: a cohortstudy. BMJ Open 2013; 3:e002090. doi:10.1136/ http://bmjopen.bmj.com/content/3/4/e002090.full.pdf+html

  

Objectifs de l'étude :

       Suite aux révélations d’une enquête allemande qui a montré que les 2/3 des participants à un marathon prenaient avant le départ des antalgiques sans ordonnance et que la plus part d’entre eux les utilisent avec doses supra-thérapeutiques, les auteurs de la dites enquête ont voulu savoir si la prise d’antalgique avait un intérêt pendant le déroulement de la course ou si au contraire elle exposait à des effets secondaires. 

Méthode :

- Un questionnaire a été envoyé aux 7048 participants du marathon de Bonn 2010

- Près de la moitié des sportifs 3913 ont répondu

Résultats :

  - 47% ont pris du diclofénac [Voltarène® ou autre], dont 11 % des athlètes avouent prendre des doses supérieures aux doses recommandées (> 100 mg),

 - 43% ont pris de l’ibuprofène [Brufen® ou autre] avec des doses de plus de 800 mg…

 - Les 10% restant prenaient de l’aspirine à des doses plus raisonnables et une minorité de coureurs prenaient d’autres AINS, célécoxib [Celebrex®], naproxène [Naprosyne®], etc.

 - 54 % des répondants ont pris ces médicaments sans ordonnance et la presque totalité se disent non informés des risques que comporte la prise d’antalgiques pendant le sport.

 

L’analyse des données révèle que chez les coureurs ayant pris des antalgiques, l’incidence d’effets indésirables est 5 fois plus élevée que pour ceux qui ne prennent rien.

Les effets indésirables surviennent

- pendant la course, notamment sous forme de crampes abdominales (14 % dans cette cohorte), entraînant un nombre non négligeable d’abandons,

- mais aussi après la course, où les athlètes ayant pris des antalgiques sont plus susceptibles de souffrir de manifestations cardiovasculaires telles qu’arythmie ou palpitations (9 % vs 3 %).

Ces incidents sont d’autant plus fréquents que les doses absorbées sont plus importantes. Et parallèlement à ces risques accrus d’effets indésirables, le bénéfice des antalgiques est loin d’être évident puisque les douleurs musculaires et articulaires après la course sont plus fréquentes chez ceux qui en avaient consommé.

Au total 9 coureurs ont été hospitalisés après la course, tous avaient pris des antalgiques avant le départ. Trois ont été hospitalisés pour une insuffisance rénale après l’absorption d’ibuprofène, 4 pour des saignements (après prise d’aspirine) et 2 pour des infarctus (après prise d’aspirine).

Il n'y avait pas de différence significative entre le taux de retrait de la course prématurée dans la cohorte des analgésiques et la cohorte qui n'ont pas pris des analgésiques («témoins»).

Discussion :

     Ce travail confirme les conclusions de précédents travaux qui montraient que l’incidence et la sévérité des perturbations électrolytiques, des problèmes intestinaux ou cardiovasculaires, pendant et après les courses, augmentent avec la prise d’antalgiques anti-inflammatoires, réduisant d’autant les bénéfices de l’activité sportive.

L'utilisation d'analgésiques et d’AINS avant de participer à des sports d'endurance peut causer un nombre important d’effets indésirables potentiellement graves. Ces effets secondaires augmentent avec l'augmentation des doses.

L'utilisation d'analgésiques avant les sports d'endurance pose un véritable problème médical largement sous-estimé par les sportifs   

L’avis du pharmacien :

     Les études basées sur des questionnaires complétés par les patients eux-mêmes nous laissent parfois perplexe quand à la fiabilité des réponses. Il n’en demeure pas moins qu’au vu de la revue ou cette étude a été publiée (BMJ), le sérieux de ce travail ne devrait pas être remis en cause.

     Les effets secondaires constatés par cette équipe allemande peuvent théoriquement s’expliquer par le fait qu’une activité physique d’endurance crée une déplétion hydrique, de facto la concentration de toute molécule absorbée avant le début le début de l’activité se trouve largement augmentée. Ceci nous rappel les effets secondaires de certains médicaments (en particulier les quinolones) au cours du mois de Ramadan.

Toute perte hydrique importante influence logiquement la pharmacocinétique des molécules absorbées ce qui implique des effets secondaires plus ou moins accentués.  

    L’utilisation de tout médicament avant toute activité physique (en particulier quand c’est intensif) doit être évaluée sérieusement, d’autant plus que le risque est important et le bénéfice escompté n’est pas au rendez-vous.

Une question se pose logiquement : si avant l’activité physique la prise de médicament est à proscrire, qu'en est-il de la prise d’AINS après l’activité physique ?

     Pour essayer de répondre à cette question il faut rappeler que « Dans le domaine sportif, le bain de glace est régulièrement utilisé par les athlètes dans le but d’optimiser la récupération suite à des entraînements physiques exigeants » [Source, un remarquable site canadien parfaitement documenté avec une bibliographie de bonne facture PERFORMANCES SPORTS ]. Le froid, en fait,  va agir comme un anti-inflammatoire.

    Au cours d’un exercice d’endurance le muscle est sollicité en premier mais aussi les articulations qui subissent des microtraumatismes pouvant être à l’origine de blessures survenant bien après la course. Le froid après un exercice intense améliorerait certainement la récupération musculaire mais aussi, à notre sens, pourrait bloquer aussi l’inflammation liée aux microtraumatismes.     

  Les bains de glace exigeant une structure qui n’est pas disponible pour le grand nombre, l’idée d’utiliser un AINS de façon ponctuelle après un effort intensif est, à notre sens, recevable (l’erreur est possible). Particulièrement chez des sportifs amateurs sujets à des blessures à répétition. Il est évident que l’AINS ne remplacera jamais les techniques classiques de récupération :

  • Repos
  • Hydratation correcte avant, au cours, et après l’effort
  • Durant les 24h après l’effort, une alimentation peu protéique et peu grasse, afin de ne pas trop solliciter le tube digestif qui est un gros consommateur d’énergie.       

A notre avis un marathon réussi est un marathon

  • qui a été bien préparé entre à 1 à deux mois, sur la base d’un potentiel de fond qui doit être préparé des années durant.
  • avec un chrono qui correspond aux capacités du moment du sportif
  • et surtout une récupération dans de brefs délais  

La véritable performance sportive pour un amateur ne se mesure pas par un chrono, c’est absurde voir suicidaire, l’objectif premier est un objectif santé. Autrement dit une bonne préparation sur un foncier - en termes de santé - correcte, un chrono adéquat, et surtout une récupération rapide et sans blessures ultérieures. Cette bonne récupération devrait être le véritable baromètre d’un marathon réussi. Le chrono devient un simple élément factuel, l’objectif santé reste la priorité des priorités est c’est l’essence même du sport.

PS : Cet article est dédié particulièrement aux au participants marocains du MARATHON DE SEVILLE qui se déroulera le 24 février 2014. Bonne préparation, bonne course & très bonne récupération dans la continuité.

Bonne année 2014                  

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 19:16

ESCAPADE

THELMA &amp; LOUISE EN ARABIE SAOUDITE

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 12:14

J’AI LES REGLES HACHAK*!

*SAUF VOTRE RESPECT

        Combien de fois a-t-on entendu sur notre comptoir et ailleurs cette phrase absurde répétée automatiquement « j’ai les règles hachak* » ? A croire que les menstruations sont une impureté rendant la femme ou la jeune fille  malpropre et infréquentable, châtiée par dame-nature par des douleurs qu’elle n’a que méritées.  Qu’en est-il en réalité ? Nous proposons ci-après, des éléments de réponse qu’on utilise régulièrement dans notre officine afin de contrecarrer autant que faire se peut,  des vérités partielles, voire des contrevérités, érigées en dogme.   

De prime abord,  qu’est- ce que les menstruations ?    

Sans entrer dans des considérations académiques complexes, on les expliquera ainsi (à la volée, façon PHARAMSTER bien sûr) :

Le cycle menstruel, dont le premier jour n’est autre que le premier jour des règles (et non quand elles s’arrêtent), est sous contrôle direct de deux hormones l’œstrogène [en bleu sur le schéma] et la progestérone [en rouge ] elles-mêmes sous contrôle des hormones hypophysaire FSH et LH.

Le schéma publié ici est exactement celui qu’on utilise dans notre officine pour expliquer non seulement la question des menstruations mais tout ce qui concerne la contraception ; c’est un excellent outil didactique à consommer sans modération.     

J'AI LES REGLES HACHAK !

La variation de ces deux hormones au cours du cycle va déterminer deux événements importants :

1- L’ovulation : qui se situe entre le 12ème et le 17ème jour , elle correspond à la période de fécondité maximale, pour ceux qui cherchent à avoir des enfants, c’est la période propice pour les rapports sexuels.

2- Les menstruations : c’est l’écoulement périodique par le vagin de la muqueuse utérine et de sang (comme dit Larousse) survenant chez la femme non enceinte. Cet écoulement s’explique par la chute du taux de progestérone.

En plus simple, jusqu'au milieu du cycle (la phase lutéale pour les initiés), l’appareil génital se prépare à « accueillir» comme il se doit le fruit de l’éventuel heureux événement issu de la rencontre (la fécondation) entre le prétendant spermatozoïde et l’ovule. Le fruit de cette rencontre charnelle est appelé simplement l’œuf.

L’accueil chaleureux réservé à l’œuf ainsi formé, se fait au niveau de la paroi utérine ; celle-ci s’épaissit prenant des formes en dentelle, se gorge en sang riche en micronutriments afin d’accompagner les besoins du développement de l’embryon à venir.

A défaut de fécondation, tous les préparatifs qui ont duré une quinzaine de jours partent en vrille, c’est une véritable perte non pas sèche mais plutôt mouillée. La femme ou la jeune fille perd ainsi non seulement du sang mais aussi une partie non négligeable de cette muqueuse utérine sensée servir, si fécondation, au développement de l’œuf en morula , un des premiers stades de l’évolution du futur bébé. Par ailleurs, dans le bilan des pertes, on notera la présence de l’ovule non fécondé.

J'AI LES REGLES HACHAK !

C’est quoi les règles finalement ?

Vous en conviendrez, le sang des règles, qualifié par certains religieux comme une saleté, n’est rien d’autre que le véhicule des premiers micronutriments nécessaires au développement de l’embryon. Sans ce sang, aucun Imam, aucun curé ni Rabin n’aurait pu voir le jour, comme n’importe quel autre humain.

Autrement dit, ce sang a une valeur nutritionnelle capitale pour la survie de l’être humain, c’est même plus important que le lait maternel, puisque ce dernier peut être substitué alors que le sang des menstruations et la muqueuse dentelée qui l’accompagne sont irremplaçables. Si on qualifie les menstruations de saleté, le lait maternel serait alors une immondice répugnante !

 L’ignorance dans laquelle a baigné l’humanité durant des millénaires nous berce encore de ses effluves. On a stigmatisé, et on stigmatise encore …,  les femmes sur des bases d’une absurdité monumentale.

 

J'AI LES REGLES HACHAK !

Et la douleur alors ?

       La douleur qui accompagne souvent les menstruations n’est pas un châtiment divin pour fustiger « le diable qui habite le corps des femmes », loin de là … Explication :

 « Les douleurs ressenties au bas-ventre ou au bas du dos sont liées aux contractions de l’utérus. En l’absence de grossesse, l’ovule n’ayant donc pas été fécondé, les ovaires cessent subitement de produire des œstrogènes et de la progestérone. Cela déclenche les contractions utérines, grâce auxquelles l’endomètre (revêtement muqueux de l'utérus) et le sang sont expulsés. Chez certaines femmes, l’utérus se contracte plus intensément. Il s’agirait de la principale cause des douleurs menstruelles. Ce phénomène s’explique par une surproduction de prostaglandines, des substances sécrétées entre autres, par l’endomètre et qui déclenchent les contractions.

Les prostaglandines agissent aussi sur d’autres muscles que l’utérus, ce qui explique les malaises qui peuvent accompagner la dysménorrhée : nausées, vomissements, maux de tête.

A ce sujet, nous vous recommandons  pour plus de détails, notre article :  ARTOTEC® : UN ABORTIF CACHÉ 

Par ailleurs, la perception des contractions est très variable d’une femme à l’autre. Certaines vont sentir leur ventre un peu plus sensible, d’autres auront très mal. Habituellement, les douleurs sont plus importantes dans les moments où les règles sont abondantes car l’utérus doit se contracter plus intensément pour évacuer l’endomètre »

Passons sur ces considérations assez techniques, ces douleurs représentent quoi en quelque sorte ? C’est d’une certaine façon un avortement à blanc, sans fœtus, ni œuf, rien que l’ovule non fécondé (il n’a pas eu accès aux faveurs pénétrantes du spermatozoïde). Cette douleur pourrait être mieux admise par la femme (et la jeune fille) si on lui expliquait que tout le processus des menstruations n’est qu’un rappel périodique qu’elle est maman potentielle, statut  impliquant une responsabilisation par rapport à la vie. Le choix est clair, soit l’abstinence soit le préservatif, dont l’usage devient alors un acte hautement responsable. On peut faire de son corps ce qu’on veut tant que cela n’engage pas la vie d’autrui, autant celle de l’enfant que du partenaire éventuel.

       Si, au lieu de stigmatiser les femmes, on leur expliquait que ce processus naturel est tout à leur honneur, les désagréments qui l’accompagnent seraient mieux tolérés.

Finissons avec la question qui tue : la mauvaise odeur des règles ?

     Absurde ! La richesse astronomique en micronutriments des menstruations fait quelles deviennent rapidement sujettes à une altération microbiologique importante, tout autant, et bien plus encore, que le lait maternel ! Une hygiène simple, sans lavage vaginal, respectueuse de la flore saprophyte génitale est une réponse tout à fait cohérente à cette question.

Quid de la religion ?

    Le problème n’est pas dans les textes, c’est la compréhension phallocratique et machiste de ceux qui sont sensés les expliquer qui en est responsable.

Si l’Islam demande au moment des menstruations à la femme de ne pas faire les 5 prières, qui sont des moments - pour ceux qui croient – d’une intense rencontre avec le divin, c’est pour ne pas briser la solennité de cette rencontre par des faits biologiques incontrôlables.

Si l’Islam pendant la même période, demande à la femme de ne pas jeûner pendant le ramadan, c’est que ces pertes occasionnent une fatigue et une déperdition parfois importante de fer, qui hypothèque sérieusement la poursuite du jeûne dans des conditions optimales.

Il paraît que Dieu est clément miséricordieux mais pas ceux qui sont sensés défendre ses préceptes.

En guise de conclusion, que dire si non la célèbre citation d’Albert Einstein :

« Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Merci A Dr Mouna Pharmacienne d’officine pour sa relecture éclairée.                             

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:14

RÉFLEXION

ENTRE MEDICAMENT & MOUTON

UN CHOIX CORNÉLIEN

ENTRE MEDICAMENT &amp; MOUTON

          A la base de cette réflexion, l’insertion suivante parue dans la revue marocaine TELQUEL, n°589, page 33, du 11 au 17 octobre 2013 

« 8,c'est en milliards de dirhams, le montant qui sera déboursé par les Marocains pour l'achat de moutons et autres caprins à l'occasion de Aïd Al Adha. Ce chiffre énorme, qui avoisine la dépense annuelle en médicaments, correspond à une demande estimée à 5,4 millions de moutons. Une demande couverte largement par l'offre, qui dépasse les 8 millions de têtes, rassure le département de l'Agriculture. »

 

L’avis de l’apothicaire :

     Sur la forme : La revue ne cite pas explicitement les sources sur lesquelles elle se base, mais on comprend en filigrane qu’il s’agit du ministère de l’agriculture.

Cela dit, le fait que les marocains dépensent autant en médicaments pour toute une année que pour l’achat du mouton de l’Aid paraît vraisemblable. En effet, avec une consommation annuelle en médicaments oscillant entre 340.00 à 400.00 DH par an par personne (soit pour une famille de 5 personnes 1700.00 à 2000.00 par an) et un prix du mouton variant entre 1500.00 à 3000.00 DH, la corrélation de la revue TELQUEL paraît tout à fait plausible.

     Sur le fond : Nous vous invitons vivement à lire ou à relire notre article : AÏD AL ADHA OU FÊTE DU MOUTON

Ce parallélisme pourrait paraître moins choquant si les marocains pouvaient pratiquer le rite religieux en le délestant des traditions anachroniques (à la limite de l’absurde) et ce, simplement en imitant, pour une fois, ce qui se passe en Arabie Saoudite (plus musulman que ça … tu meurs).

En effet, si la place de l’AID AL ADHA est grande dans nos cœurs, celle du mouton devrait être soit dans la bergerie,  soit dans l’abattoir (désolé pour les « âmes sensibles » voire, hypocrites qui ne supportent pas qu’on égorge des moutons. Franchement, entre la guillotine et la chaise électrique, le pauvre mouton n’en a que faire).

En outre, le fait de sacrifier les moutons dans des abattoirs agrées permet de sécuriser sur le plan hygiénique la chaîne alimentaire (chaîne du froid et contrôle vétérinaire). A ce sujet, la recrudescence des maladies diarrhéiques après l’AÏD est tout à fait palpable dans notre officine, sans parler des hydatidoses et autres parasitoses qui surviennent bien après.                       

Mieux encore, grâce aux équipements frigorifiques des abattoirs, un des actes fondamentaux  du rituel religieux de l’AÏD peut être mis en pratique. En effet, « il » est dit qu’il faut offrir aux nécessiteux au minimum 1/3 et au maximum les 2/3 du mouton sacrifié. Ce pan de l’AÏD est tout à fait appliqué en Arabie Saoudite (plus musulman que ça …) alors que les familles marocaines le négligent complètement pour moult raisons (on ne trouve aucune personne à qui donner, absence de structures adéquates, et vraisemblablement sans oser le dire par manque de solidarité !).

Faire le sacrifice du mouton dans les abattoirs a donc l’avantage rationnel de l’hygiène et l’avantage citoyen et religieux de la solidarité, sans oublier qu’ainsi, la collecte des peaux se fera de manière saine et hygiénique, au grand plaisir des tanneurs et autres maroquiniers !   Imaginez … le rêve :(faire vivre les âmes qui s’accrochent au progrès), que les deux tiers des moutons sacrifiés puissent être servis durant toute l’année dans les cantines scolaires déshéritées, les foyers des étudiants, et autres centres d’accueil de personnes nécessiteuses, imaginez… que l’Aïd devienne une immense fête de la solidarité (là je rêve …) et non pas une gabegie anachronique associée à une orgie alimentaire collective alors que les préceptes religieux islamiques exigent la modération, en particulier dans le comportement alimentaire. De la sorte, même si cela coûte un an de consommation de médicament pour un ménage, l’AÏD restera une très belle fête. Quand on voit notre réalité, on ne peut s’empêcher de dire : Mon Dieu ! Qu’a bien pu faire mon pays pour mériter ce qu’on vit aujourd’hui ?

Dans un célèbre verset coranique, il est dit à peu près ce qui suit : lorsqu’on veut anéantir une communauté, on demande à ses élites de devenir malfaisantes, et ainsi elle est détruite.

En clair, la faute ne revient pas à nos pauvres ni à nos analphabètes (et ils sont nombreux), la responsabilité incombe en premier à nos élites : religieux, intellectuels, hauts cadres et autres médecins, pharmaciens, ingénieurs, avec des bacs plus 7 (et plus …) et incapables de se départir de traditions anachroniques, qui n’ont rien à voir avec la religion. Incapables de penser la religion en termes de progrès et développement humain. Incapables de développer des analyses rationnelles voire au minimum penser notre société avec simplement du bon sens.

Des intellectuels apathiques face à l’hécatombe du sous-développement humain et à l’arriération affligeante de notre société, des hommes de religion au regard phallocratique absurde, obnubilés par l’entrejambe des gens, promotionnant des rites pseudo-religieux obsolètes, tellement absurdes qu’ils contredisent les préceptes mêmes de la religion. Mon Dieu ! Qu’a-t-on fait pour mériter nos élites ?

 

A la mémoire  de SAADIA : SAADIA, cette belle femme citée dans  AÏD AL ADHA OU FÊTE DU MOUTON, décédée  l’année dernière  suite à une insuffisance respiratoire, laissant Abdellah et toute la famille dans un désarroi incommensurable.

A lire dans la même revue une remarquable chronique de Reda Allali, qui décortique de façon remarquable une bonne partie de nos contradictions : Zakaria Boualem et l'affaire des adolescents de Nador                                                             

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Published by Amster - dans REFLEXIONS
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