23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 15:51

Chiffres & Repères

Hausse de 123% des assurés diabétiques de la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Social CNOPS : entre 2008 et 2013

HAUSSE DU NOMBRE DE DIABETIQUES AU MAROC

Sources :

1-  Etude CNOPS*  sur ses assurés diabétiques et leurs dépenses entre 2008 et 2013

*Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale

2- TELQUEL 22/07/2014 : Près de 30 000 cas de diabète recensés par la CNOPS en 5 ans

3- L'ECONOMISTE, N°4325 du 23/07/2014  "Assurance maladie: La facture salée du diabète"

Le nombre d’assurés diabétiques de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) a progressé de 123 % entre 2008 et 2013 (soit en 6ans), passant de 22.079 à 49.169, avec une évolution annuelle moyenne de 17%, relève l’étude réalisée par la Caisse

- Durant la période 2008-2013, en moyenne, 6000 personnes assurées déclarent annuellement un diabète pour la première fois, soit un taux annuel moyen de 18% de nouveaux cas parmi les personnes diabétiques de la CNOPS.

- Le taux de prévalence annuelle des diabétiques parmi la population assurée par la CNOPS a plus que doublé durant la même période, en passant de 0,82% à 1.65%. 

- Selon l'étude, les principales pathologies associées au diabète en 2013 sont :

> l'hypertension artérielle sévère qui représente la pathologie de longue durée la plus associée au diabète avec plus de 33% de personnes diabétiques atteintes,

> suivie des maladies coronaires avec 3,3%

> du glaucome chronique avec plus de 2%

> et de l'insuffisance rénale chronique terminale avec 0,9% desdites personnes.

- A l'instar de l'évolution constatée à l'échelle nationale et internationale, le nombre de personnes atteintes de diabète de type 2 représentaient 27% du total des personnes atteintes du diabète en 2008 et 58% en 2013. Notons que le diabète type 2 est évitable selon l'OMS puisqu'il est la conséquence directe d'une surcharge pondérale et de la sédentarité.

 - Le pourcentage des femmes et hommes diabétiques bénéficiaires de l'AMO-CNOPS est similaire, ce qui indique que le sexe n'est pas un facteur très explicatif quant à la prévalence de la maladie

- 94% des diabétiques ont dépassé l'âge de 40 ans. Généralement, la prévalence du diabète augmente fortement avec l'âge pour atteindre un maximum de 7,6% chez les personnes âgées de 65-70 ans

- La dépense de soins des personnes diabétiques est passée de 183 MDH en 2008 à 379 MDH en 2013, soit une augmentation globale de 107% sur la période 2008‐2013 et un taux d’évolution annuel moyen de 16%. Cette dépense représente ainsi 8% des dépenses de soins de la CNOPS en 2013 contre 5% en 2008.

L’avis du pharmacien :

- Le panel de cette étude se rapporte exclusivement aux assurés de la CNOPS, cela dit cette étude donne une tendance de fond alarmante de l’état de santé de notre population.   

- L’étude rapporte que la 3ème pathologie associée au diabète après l’HTA et les maladies coronaires est le glaucome, or classiquement on pense d’abord aux rétinopathies diabétiques ! Cela dit, ce fait correspond vraisemblablement aux seules données dont dispose la CNOPS    

 - Il est juste de dire que le diabète type 2 est une pathologie évitable puisqu'il est la conséquence directe d'une surcharge pondérale et de la sédentarité, à ce sujet le rôle de l’officinal est capital dans la promotion du sport et d’un comportement alimentaire rationnel. L’activité physique ne peut plus être considérée comme un élément subsidiaire dans la prévention et le traitement du diabète type II

Lire à ce sujet cet excellent article de la Revue Médicale Suisse :  La prévention du diabète de type 2 : activité physique ou médicaments ?

Cependant, nous pensons (sans preuve tangible ... ici c’est un simple constat émanant de la réalité de notre exercice professionnel) qu’un autre facteur serait impliqué de plus en plus dans l’augmentation vertigineuse  du nombre de diabétiques : le mésusage de corticoïdes. En effet, avec l’augmentation des maladies à caractère allergique (type asthme) et de certaines maladies inflammatoires chroniques, l’utilisation de corticoïdes se banalise devenant dans certains cas quasi systématique, à défaut d’autres solutions éfficientes. A cela s’ajoute l’usage anarchique et scandaleux des corticoïdes vendu hors officine (et en officine!) à des fins «esthétiques » lire à ce sujet  notre article du 30/08/2012 : cas d’officine, dexaméthasone en contrebande .

Nous observons (simple constat d’officinal) un nombre de cas, de plus en plus important, de survenue de diabète II chez les moins de 40 ans (voir les moins de 30ans !). Est-ce une situation isolée ou c’est une tendance générale ? Les données du CNOPS rassurent à ce sujet plus ou moins, car la population assurée par le CNOPS ne représente pas forcément l’ensemble de la population marocaine en particulier celle des plus démunies.                      

        Autres articles sur le même sujet :

La corticothérapie chez le diabétique : 08/06/2009

Hygiène de vie et diabète : 09/06/2010

Impact des boissons sucrées sur le diabète : 23/09/2010

Prise en charge du diabète au Maroc : 27/04/2011

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 18:22

Lecture Officinale

RAMADAN & GROSSESSE QUEL IMPACT ?

RAMADAN & GROSSESSE

Source : Chraibi C*, Harizi H**, HANAFI Y*** « Ramadan et grossesse, quel impact ? », Doctinews, n°67, page 29-32, juin 2014.

*Chef de service gynécologie obstétrique, Maternité des Orangers, CHU Rabat - ** Gynécologue, obstétricienne, Maternité des Orangers, CHU Rabat - *** Médecin résident, Hôpital des spécialités, CHU Rabat.

        Le sujet de cet article nous a apparu fort important, car il donne des éléments de réponse à la question de la poursuite du jeûne pour une femme enceinte.  D’autant plus que les études traitant de l'impact du jeûne du Ramadan sur la grossesse sont rares   

Objectif :

Etudier, d’une part, les répercussions du jeûne sur la femme enceinte et les pathologies gestationnelles pouvant apparaître durant la grossesse, et d’autre part, l’impact du jeûne sur le nouveau-né.

Méthode :

- Etude rétrospective à partir des dossiers de la Maternité des Orangers, CHU Rabat.

- Période analysée : les 12 mois de l’année 2005, de janvier à décembre.

- Panel : Les 6023 femmes enceintes qui s’étaient présentées au cours de cette année pour une prise en charge de leur grossesse et de leur accouchement on été classées en 2 groupes

Groupe 1 :   1455 femmes qui  ont jeûné durant leur grossesse.

Groupe 2 :   3028 femmes qui n’ont pas jeûné durant leur grossesse

Le reste, soit 1545, leurs grossesses n’ont pas coïncidé avec le Ramadan   

- Les dossiers sélectionnés comprenaient en outre, précision importante, le nombre de jours et le trimestre de jeûne.

Résultats :

Présentés ici de façon de façon succincte  

 

Groupe 1

Ramadan

jeûné

Groupe 2

Ramadan non jeûné

Déroulement normal de la grossesse.

82.6%

84%

Menace d’accouchement prématuré

3.1%

3%

Menace d’avortement qui a compliqué la grossesse

2.%

2.5%

Rupture prématurée des membranes avant terme

1.75%

0.8%

Complication maternelle au cours de l’accouchement

8.3%

10.26%

Souffrance néonatale du nouveau-né  

5.07%

7.16%

Détresse respiratoire du nouveau-né

3.7%

7.16%

Score d’Apgar  sup à 7 (normal)

92.63%

96.05%

Poids à la naissance inf 2500g

11.2%

5.58%

Conclusion des auteurs :

« Dans notre étude, le Ramadan n'a eu aucun impact sur les risques de fausse-couche spontanée ou de mort fœtale in utero, de malformations, de prématurité, de détresse respiratoire.

L'impact du jeûne sur l'hypotrophie fœtale est le seul paramètre ayant été révélé par cette étude. Cette hypotrophie est d'autant plus fréquente chez les patientes ayant jeûné le 1er trimestre et lorsque le nombre de jours de jeûne est important. »

Les auteurs conseillent : « La qualité de la relation médecin-malade est essentielle pour une prise en charge la mieux adaptée. Or, sous-estimer l'importance du Ramadan pour la patiente musulmane, en méconnaître les modalités, ou préjuger de ses effets sur le fœtus conduisent à des situations où l'existence même de cette particularité religieuse est niée, voire même source de situations conflictuelles. Ce travail a apporté des réponses qui pourront rendre cette relation plus sereine. En effet, le soignant doit  aborder ce sujet avec sa patiente, afin de lui montrer qu'il respecte ses choix et qu'il est prêt à l'accompagner quelle que soit sa décision. »

L’avis du pharmacien :

      Comme l'affirme les auteurs ce travail apporte en effet une certaine sérénité à ce sujet, loin des partis pris.Au niveau officinal, face à une question de cet ordre il serait irresponsable de dire à la femme enceinte de jeûner ou non, c’est du ressort du médecin traitant. Une attitude officinale logique serait, qu’à l’approche du mois de Ramadan, de conseiller à la femme enceinte de faire une visite médicale d’évaluation des risques liés au jeûne. Sachant que, selon cette étude qui devrait être confirmée ou infirmée par d’autres études prospectives, le jeûne a un impact limité sur la femme enceinte.    

Petite réflexion de l’apothicaire :

      La pratique d’une diète restrictive (jeûn) est largement diffusée dans plusieurs cultures (les Hounzas du Karakoram, les Abkhases du Caucase russe, ou en Équateur  …). Dans les trois grandes religions monothéistes on retrouve bien entendu la pratique du jeûne, le taanit chez les juifs, le carême chez les chrétiens et le ramadan chez les musulmans, avec comme objectif global, indépendamment des rites, la pénitence et la recherche du pardon.

   Cette pratique (avec les rites afférents) peut être comprise à l’heure actuelle comme une contre-réaction vis-à-vis de la société de surconsommation dans laquelle on beigne aujourd’hui. En cela, le jeûne devient un concept réellement moderne à condition qu’il s’accompagne d’une baisse globale de la consommation autant alimentaire qu’énergétique. Cette baisse est en parfaite adéquation avec les préceptes religieux d’humilité et de modération … d’une part et d’autre part, avec le concept écologique de décroissance contrôlée  (certes discutable …) qui implique des économies d’énergie, d’eau et une baisse draconienne des déchets.

A travers la pratique du jeûne les objectifs escomptés, en term de comportement humain et de consommation raisonnée, sont-ils atteints dans notre société? En observant les comportements de nos concitoyens la réponse est désespérément NON, tant l’incivisme est monnaie courante* et la consommation des ménages en alimentation frôle l’absurde, on assiste non pas à une rupture de jeûne mais à des orgies alimentaires, on est à mille lieux de l’esprit d’humilité prôné par les préceptes religieux !    

Lire à ce sujet : A. Bennani « Le mois de tous les forfaits » Le Soir Echos, n°894, page 16 du 18/08/2011 

Et c’est donc tout le contraire qui se passe au Maroc en ce mois sacré où la consommation des ménages frôle l’hystérie. En effet, dans un article du journal L’Economiste*, cette augmentation de la consommation est chiffrée à 1500,00 DH par ménage. Ce qui est énorme par rapport au niveau moyen de la population.

*  Btissam ZEJLY « Ramadan propice à la hausse des dépenses » L’Economiste n°3842 p14 du 07/08/12

Cette augmentation n’a aucun justificatif religieux, c’est plutôt lié au fait que le marocain festoie pendant 30 nuits avec des orgies alimentaires nocturnes qui dépassent de loin le cadre de la compensation de la privation diurne !

Par ailleurs, cette augmentation de la consommation s’accompagne, comme le montrait un article du défunt journal Le Soir Echos*, d’une baisse de la productivité industrielle. Autrement dit, on consomme plus et on produit moins. La baisse de la productivité industrielle, logique au vu du stress métabolique que subit le corps qui jeûne (en particulier au cours la première moitié du mois de ramadan), aurait put être sans conséquence si elle était corrélée à une baisse de la consommation. Sur le plan macroéconomique, cela va plus ou moins s’équilibrer, avec un bénéfice environnemental et sanitaire indéniable.  Malheureusement on est très loin de cette pratique vertueuse du Ramadan.    

* Source : Le Soir Echos, n°917, page 2, du 23/09/2011

Autres articles à ce sujet :

Bon Ramadan 25/08/2010

La pratique du jeûne & la santé 15/08/2011  

Jeûner un moyen de lutter contre le cancer ! 16/08/2012

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 18:31

L’huile d’olive entre allégations et intérêt réel

L'HUILE D'OLIVE ENTRE ALLEGATIONS ET INTERET REEL

 

 

              L’huile d’olive fait partie intégrante de notre alimentation méditerranéenne, elle constitue une des principales sources de matières grasses. Utilisée en cuisine depuis l'Antiquité, elle est aussi utilisée en pharmacie comme excipient dans la célèbre huile camphrée ainsi que d’autres médicaments (comme solvant du cholécalciférol vitamine D3) mais aussi dans plusieurs crèmes et pommades, elle fait partie des produits cosmétiques. C’est un exemple parfait d’Alicament. (Cliquer sur  lien pour visualiser notre article)  

Cette multiplicité d’usages fait qu’on lui attribue divers bienfaits, Qu'en est-il de en réalité ?    

L’huile d’olive est-elle riche en  l'huile oméga-3 ?

          Non. L’huile d’olive n’est pas la meilleure huile pour un apport significatif en oméga-3, un acide gras insaturé. Par exemple, selon Santé Canada [1],

            - 15 ml d’huile d’olive contiennent 0,1 g d’oméga-3

             - Alors que 2 ml d'huile de lin contiennent 1,3 g

Comme la quantité d'oméga-3 contenue dans l'huile d'olive est négligeable, il ne faut pas miser sur cette matière grasse pour en tirer des bienfaits tels que la diminution des risques de maladies cardiovasculaires, une régulation de la tension artérielle, la prévention de certains cancers ou encore l’amélioration du fonctionnement des reins. Au sujet des ACIDES GRAS POLYINSATURES OMEGAS-3 lire notre article : LES OMEGAS-3 UN EXEMPLE D’ALICAMENT

L’huile d’olive est-elle la moins grasse de toutes les huiles ?

Non. Contrairement aux idées reçues, l’huile d’olive n’est pas moins grasse que les autres types, qu’il s’agisse de l'huile de colza, de l'huile de lin ou de l'huile de soja.

Toutes les huiles sont composées à près de 99  % de lipides, c’est-à-dire de matières grasses. L’huile d’olive ne fait pas exception. Toutefois, c’est une huile riche en acides gras mono-insaturés (= bon gras), ce qui contribue à rétablir l’équilibre entre les gras saturés et insaturés.

 En fait, il s’agit du principal composant avec 10,1 g d'acides gras mono-insaturés pour 14 g d’huile d’olive. Le reste est constitué de différents composés mineurs (squalènes, alcools triterpéniques, stérols (β-sitostérol), phénols et autres dérivés du tocophérol).

Par ailleurs, la mention « légère » que certains fabricants apposent sur les bouteilles ne change en rien la composition de l’huile d’olive. En terme calorique l’huile n’a rien à « envier » aux autres huiles. Dans le cadre d’un régime pauvre en calories l’huile d’olive fait partie des aliments hypercaloriques.   

L’huile d’olive de première pression à froid représente un choix logique ?

            L’huile d’olive de première pression à froid représente le choix le plus censé, après trituration (écrasement) des olives on les soumet à une pression, cette technique permet de recueillir seulement 40 % de l’huile contenue dans les olives. Pour obtenir la totalité, les producteurs ajoutent de l’eau chaude et effectuent une seconde pression, c’est la pression à chaud. La qualité de l’huile s’en trouve alors diminuée, puisqu'elle perd ainsi bon nombre de ses nutriments.

Cela dit depuis un certains temps les procédés [4] on été nettement améliorés, les producteurs n’ont pratiquement plus recours à l’ajout d’eau on obtient théoriquement une huile d’olive de bonne qualité.  Les divers types de procédés : Extraction par pression (classique), Extraction par centrifugation et Extraction en Sinolea. Lire à ce sujet :  Extraction de l'huile d'olive

Selon l’organisation UFC-Que choisir :  « La mention « Première pression à froid » fait partie des mentions facultatives pouvant figurer sur l’étiquetage des huiles d’olive vierges ou vierges extra, obtenues à moins de 27° C lors d’un premier pressage mécanique de la pâte d’olive par système d’extraction de type traditionnel avec presses hydrauliques. La mention « Première pression à froid » ne signifie finalement plus grand-chose aujourd’hui. » SIC (ndlr valable en France)

L’huile d’olive dite extra vierge est de meilleure qualité

          Vrai. Selon le Conseil Oléicole International, les huiles d’olive vierges sont obtenues par « des procédés mécaniques ou d'autres procédés physiques dans des conditions, thermiques notamment, qui n'entraînent pas d'altération de l'huile, et n'ayant subi aucun traitement autre que le lavage, la décantation, la centrifugation et la filtration. »

La qualité d’une huile d’olive se remarque principalement par son taux d’acidité. Plus celui-ci est bas, meilleure sera l’huile. Ses qualités gustatives ressortiront davantage. Cette appellation est soumise aux normes du Conseil Oléicole International qui stipule notamment que le taux d’acidité ne doit pas excéder 0,8 %. De plus, différents critères organoleptiques, c’est-à-dire tout ce qui peut être perçu par les organes sensoriels, doivent être respectés afin de porter la mention « extra vierge ». [5,7]

Selon : International Olive Oil [5]

l'huile d'olive vierge extra: huile d'olive vierge dont l'acidité libre exprimée en acide oléique est au maximum de 0,8 gramme pour 100 grammes

- l'huile d'olive vierge: huile d'olive vierge dont l'acidité libre exprimée en acide oléique est au maximum de 2 grammes pour 100 grammes

- l'huile d'olive vierge courante: huile d'olive vierge dont l'acidité libre exprimée en acide oléique est au maximum de 3,3 grammes pour 100 grammes

L’huile d’olive permet de réduire les risques de maladies cardiovasculaires

          Vrai. De nombreuses études ont permis d’établir un lien entre l’alimentation et les maladies cardiovasculaires, qui représentent d’ailleurs aujourd'hui l’une des principales causes de mortalité dans le monde, d'après l'OMS. Des études ont permis de démontrer l’effet antithrombotique et antiagrégant plaquettaire de l’huile d’olive. Ces propriétés permettent notamment de prévenir l’athérosclérose, c’est-à-dire la formation de plaques riches en cholestérol sur les parois des artères qui rend plus difficile la circulation sanguine. Une alimentation riche en huile d’olive permettrait de limiter la coagulation sanguine excessive. Le taux de décès suite à des maladies cardiovasculaires est d’ailleurs inférieur dans les pays où la consommation d’huile d’olive fait partie intégrante du régime alimentaire, c'est-à-dire sur le pourtour de la méditerranée. 

L’huile d’olive possède des propriétés antioxydantes

         Vrai. L’huile d’olive tire ses propriétés antioxydantes, entre autres, des composés phénoliques qu’elle contient, dont les principaux sont l’hydroxytyrosol et l’oleuropéine. Des études ont montré qu’une consommation régulière d’huile d’olive pourrait réduire le stress oxydatif dans l’organisme, soit les dommages causés par les radicaux libres [2]. Il s’agit d’un moyen préventif agissant sur plusieurs maladies, notamment les cancers. L’huile d’olive renferme également de la vitamine E, un autre agent fortement antioxydant. Cette vitamine offre une protection supplémentaire au système immunitaire puisqu’elle agit sur les globules rouges et blancs.

Mais l'huile d'olive n’a pas que des vertus… Contrairement aux huiles de canola, de soja ou de noix, l'huile d'olive ne contient pratiquement pas d'acides gras essentiels. Elle contient également moins de vitamine E que l'huile de tournesol ou de maïs. [9,10,11]

Ref :

1- Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005

2- Marrugat J, Covas MI, et al. « Effects of differing phenolic content in dietary olive oils on lipids and LDL oxidation--a randomized controlled trial. » Eur J Nutr 2004 June;43(3):140-7..

Lien : http://link.springer.com/article/10.1007/s00394-004-0452-8

3- Site : Passeportsanté  

4- Extraction de l'huile d'olive

5- international olive oil : Dénominations et définitions des huiles d'olive

6- Caractéristiques de l’huile d’olive

7-  NORME CODEX POUR LES HUILES D’OLIVE ET LES HUILES DE GRIGNONS D’OLIVE CODEX STAN 33-1981 c’est un ficher pdf remarquable.

8-  UFC-Que Choisir : Huiles d'olive Glossaire

9- Hu FB, Manson JE and Willet WC. Types of dietary fat and risk of coronary heart disease: a critical review. J Am Coll Nutr 2001; 20(1): 5-19.

10- Schrauwen P and Westerterp KR. The role of high-fat diets and physical activity in the regulation of body weight. Br J Nutr 2000; 84(4): 417-27.

11- U.S. Department of Agriculture. Agricultural Research Service. USDA Nutrient Database for Standard Reference, Release 14. [En ligne]. http://www.nal.usda.gov/fnic/cgi-bin/nut_search.pl. (Page consultée le 12 mai 2003).

15- TELQUEL 27 juillet 2014Graphique : l’huile d’olive en manque de compétitivité

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 17:49

CHIFFRES & REPÈRES

La baisse inexorable des ventes de médicaments au Maroc

LA BAISSE INEXORABLE DES VENTES DE MEDICAMENTS AU MAROC

Source : Hassan El Arif « Marché du médicament, pourquoi l’industrie va mal », L’économiste, page 3, n°4318, du 14/07/2014

L’avis du pharmacien :

        Cette baisse vient après la baisse du 1er trimestre de 2013 que nous avons relaté dans notre article du 06 mai 2013 : Chute de l’activité du secteur pharmaceutique au 1er trimestre 2013

On notera qu’en janvier 2013 le chiffre d’affaire était de 847.8 M de Dirhams et qu’il était descendu à 676.4 M en mars de la même année. Le diagramme publié par L’Economiste montre qu’on janvier on est en deçà des  800 M de Dirhams et que cette baisse tend vers les 660 M de Dirhams.

        Les causes de cette baisse sont indépendantes de la baisse des prix et trouvent leurs raisons dans la situation économique du pays comme on l’a montré dans notre article du 06/05/2013. Toute fois la dernière baisse des prix, aussi légitime soit-elle, risque d’aggraver la situation du secteur.

Face à cette baisse inexorable des ventes de médicaments, la marge de manœuvre des industriels reste à notre avis suffisamment importante pour qu’ils puissent être suffisamment rentables. Elle l’est moins chez les grossistes, alors qu’au niveau des officines cette marge de manœuvre est quasi nulle, vu le rapport entre les charges et les recettes qui est à la limite de l’acceptable pour un cadre ayant un bac + 7.

Dans ces condition le réaménagement des marges* en partie en faveur des officinaux devient une nécessité vitale pour une grande majorité des pharmaciens. Lire à ce sujet : Baisse de 1578 médicaments  

LA BAISSE INEXORABLE DES VENTES DE MEDICAMENTS AU MAROC

Source :   Source : Hassan El Arif « Marché du médicament, un écosystème pour relancer le secteur », L’économiste, page 4, n°4318, du 14/07/2014

La remarque de l’auteur, concernant le manque d’implication de l’industrie pharmaceutique marocaine dans la R&D recherche et développement, est tout à fait pertinente                   

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 19:06

CHIFFRES & REPERES

IMPACT DE LA REFORME DE

LA CAISSE DE COMPENSATION

 

Source : A.G. « Compensation: La cagnotte surprise du Trésor » L’ECONOMISTE, N°4306, page 12, du 26/06/2014

La réforme de la caisse de compensation a permis de dégager :

- 4 milliards d’économies réalisées à fin mai sur les dépenses, réduisant ainsi l’écart entre les charges et les recettes fiscales.  

- Sur l’année, les économies devraient se chiffrer à 7 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 80% de la paie mensuelle des agents de l’Etat.
- Les économies sur les charges de compensation proviennent essentiellement de la réduction du soutien accordé aux produits pétroliers hors gaz de butane

Globalement, la charge de la compensation est répartie à raison de 40% pour le gasoil (16 milliards de DH), à 33% pour le gaz butane (13 milliards) et 16% pour les fuels toutes catégories confondues (9%). Le reste concerne le sucre et le concours aux provinces du Sud.
L’avis du pharmacien :

        C’était inespéré, et il faut Rendre à César ce qui appartient à César, c’est finalement une bonne mesure, douloureuse pour la majorité des citoyens, mais qui a été bien vendue par le gouvernement dirigé en partie par le PJD. Certes le populisme met souvent à nu le côté profond et malsain de certains dirigeants, il a l’avantage néanmoins de faire passer aux couches populaires des mesures rationnelles fortement impopulaires ! C’est tout l’art du Politique.  C’est peut être aussi l’un des rôles impartit aux « islamistes » gouvernementaux marocains ?            

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:06

MESUSAGE DE PSYCHOTROPES CAS DU BROMAZEPAM

     Dans une insertion la revue à distribution gratuite DOCTINEWS* a rapporté l’information suivante :  

« CONTRÔLE DES STUPÉFIANTS 

Le Maroc siège désormais à l’OICS : Le Pr Jallal Toufik, psychiatre et directeur de l'hôpital Arrazi de Salé, a été élu par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) en tant que membre de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS). Cet organisme a pour mandat la mise en œuvre de la Convention unique sur les stupéfiants signée en 1961 et compte 13 membres d'experts indépendants qui ont pour mission d'examiner les moyens à même de limiter la fabrication et de réglementer la distribution des stupéfiants dans le monde. Il est également chargé d'élaborer un rapport annuel sur la situation des drogues dans le monde. L'élection de l'expert marocain est une reconnaissance de la contribution du Royaume aux efforts internationaux dans la lutte contre les stupéfiants, la criminalité transnationale organisée, ainsi que les substances psychotropes, qui constituent, aujourd'hui, un défi majeur pour la santé de la jeunesse mondiale. »

*Source : DOCTINEWS, n°66, page 6, mai 2014

L’avis du pharmacien :

         Cette reconnaissance est vraisemblablement plus en rapport avec la personnalité même de l’élu, Pr Jallal Toufik, qu’au mérite de nos autorités dans la lutte contre le mésusage des psychotropes dans notre pays.

Cas d’officine

A ce propos nous avons reçu dernièrement l’ordonnance suivante :

MESUSAGE DE PSYCHOTROPES CAS BROMAZEPAM

Rappels déontologiques :        

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

  - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.      

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue, loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. - Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

 

Prescripteur : Médecin généraliste secteur public

Patient :         Jeune mère de famille de 36 ans

Ordonnance :

           - Anxiol® 6mg Boite de 30 CP :

                        DCI bromazepam (ici c'est une copie du célèbre Lexomil®)

                        Prix PPV : 36.70 DH

Le bromazepam appartient à la classe des 1-4 benzodiazépines et il a une activité pharmacodynamique qualitativement semblable à celle des autres composés de cette classe, à savoir : myorelaxante, anxiolytique, sédative, hypnotique, anticonvulsivante et amnésiante.

            - Magmine® boite 30 CP : un complément alimentaire à base de magnésium 300 mg par CP sous forme d’oxyde de magnésium. Prix PPC : 99.00

Analyse critique :

    Au niveau du fond : l’intérêt du magnésium dans les troubles d’anxiété nécessitant une benzodiazépine est quasi nul. C’est au mieux un placébo, mais ici c’est un placébo de luxe, et pour cause payer 99,00 DH pour un produit non remboursable, pour une population où la consommation moyenne annuelle en médicament ne dépasse pas les 400,00 DH par habitant est tout simplement un non sens thérapeutique (et civique). D’autant plus que le patient se trouve ici dans une fragilité psychologique et qu’il n’a pas les moyens de faire la part des vérités et des demie-vérités qui, dans la pratique quotidiènne, deviennent de vrais mensonges.

   Au niveau de la forme :

Ça saute aux yeux … c’est une ordonnance :

- Rédigée sur un simple bout de papier ordinaire, lui-même « offert » par un distributeur de compléments alimentaires (Marque DietAZ)

- Rédigée sans mentionner le nom du patient

- La durée du traitement du bromazepam (Anxiol®) n’est pas mentionnée.

- Un simple tampon, plus ou moins lisible, est utilisé en guise d’entête.

Conclusion :

      Un terme résume ce cas d’officine : la banalisation. Sous les effets conjugués de la pression du marketing pharmaceutique et du manque de moyens dans les structures (en particuliers ceux périphériques) de la santé publique, on constate une banalisation accrue auprès du corps médical de l’usage de certains psychotropes, allant jusqu’à négliger les règles de base de leurs prescription.

L’élection d’un cadre marocain de haut niveau en tant que membre de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) qui a pour mission entre autre d'examiner les moyens à même de limiter la fabrication et de réglementer la distribution des stupéfiants dans le monde ne correspond pas à une quelconque consécration de la politique nationale.

La réalité est loin de là … lire à ce sujet notre article du 04 avril 2014 : UN JEUNE SUR CINQ AU MAROC SOUFFRE DE TROUBLES MENTAUX (cliquer pour visualiser), trafique et mésusage de psychotropes est monnaie courante dans notre pays avec des effets catastrophiques sur une frange importante de notre population.

La majeure partie de ce trafique (du moins on l’estime) se situe vraisemblablement hors du circuit formel et réglementé du médicament. Néanmoins une partie de ce mésusage est initialisée par des prescriptions « males ficelées » dues certainement à une banalisation importante auprès du corps médical et un manque de moyens humains et materiels à même de répondre en toute sécurité à la fragilité psychologique de bon nombre de nos patients.                   

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:08
NOS PATIENTS ONT DU TALENT

Il s’agit en fait du BUCOCINE® des laboratoires GALENICA, ce sont des pastilles à base de 

- Lysozyme un polypeptide qui selon le fabricant a des propriétés antivirales, une action anti-inflammatoire et une action antihémorragique

- La Pyridoxine (Vitamine B6) selon le fabricant « La pyridoxine est indiquée dans l’aphtose.Il ajoute qu'on n’a constaté que l’administration d’un antagoniste de la vitamine B6 –La Désoxypyridoxine – provoquait chez les sujets dont le régime est pauvre en vitamines du groupe B, des lésions buccales. Celles-ci ne régressaient que par l’administration de la pyridoxine. »

Au prix de 10,90 DH et au vu des effets secondaires presque inexistants, ces affirmations peuvent passer sans encombre, ce n’est pas très grave.

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NOS PATIENTS ONT DU TALENT

Anisi écrite la spécialité CLARADOL® (paracétamol) est plus proche de l'arabe que de la langue de Molière.

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NOS PATIENTS ONT DU TALENT

Ce n’est pas évident, c’est le CANSTENE® crème, un antimycosique efficace à base de clomitrazole. Là on a eu du mal à choisir entre le « c » et le « k » et à la fin le « n » s’est transformé en « elle ».   

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NOS PATIENTS ONT DU TALENT

Vous ne reconnaissez pas … mais c’est du STERDEX° une pommade ophtalmique à base de dexaméthasone (corticoïde) et d’oxytétracycline (antibiotique). Il me semble que changer « STER » par « FRED » est plus sympa !   

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 21:28

CHIFFRES & REPÈRES

IMPACT DE LA BAISSE DES PRIX DE 1578 MEDICAMENTS SUR L’ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE AU MAROC

IMPACT DE LA BAISSE DES PRIX DE 1578 SPECIALITES AU MAROC SUR L'ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE (AMO)

Source : K.M & IL.B « Santé: Louardi poursuit son offensive », L’Economiste, page 2, n° 4276, du 15/05/2014

192 millions de dirhams d’économies

C’est l’impact de la baisse du prix des médicaments sur l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Selon El Houssaine Louardi, ministre de la Santé «Ces économies permettront d’intégrer le remboursement d’autres médicaments»,

Pour le ministre, la baisse du prix des 1578 médicaments n’est pas une opération isolée. Tous les produits qui seront introduits sur le marché s’aligneront désormais sur le prix le plus bas du benchmark. Cette  mesure figure dans le décret et une vingtaine de nouveaux médicaments sont déjà concernés.

A noter cette phrase importante du ministre : «J’étais en faveur d’un alignement sur le prix des médicaments les plus bas du benchmark mais finalement nous avons opté pour la moyenne des prix» Cela explique le fait, que pour certains, cette baisse n’est pas si importante que cela.

ANALYSE DES CHIFFRES :

En scrutant la liste publiée au bulletin officiel on remarque que sur 1578 médicaments

  - 480 spécialités est concernée par une baisse de plus 50.00 DH (seuil significatif et intéressant à notre avis) soit près de 27% seulement du panel.

  - 613 spécialités ont vu leurs prix baisser de plus de 20% (seuil significatif et intéressant à notre avis) soit 38.88% du panel.

  - 516 spécialités ont vu leurs prix baisser de moins de 5% (seuil peu significatif et peu intéressant à notre avis) soit 29.35% du panel.

  - 430 spécialités ont vu leurs prix baisser de moins de 3,00 DH (seuil considéré par nos patients comme insignifiant !) soit 27.24%

L’avis du pharmacien :

        Tous ces chiffres montrent que cette baisse est le fruit d’un compromis assez large, et au final chacun pourra les interpréter à sa façon. C’est globalement mi-figue mi-raisin 

Cela dit, si cette démarche qui vise la clarté des prix pratiqués se poursuit, elle pourrait dans le futur être réellement bénéfique à l’économie du système santé qui pâtit actuellement d’un nombre important de dérapages.

        A noter que cette baisse s’accompagne d’un réaménagement des marges des divers intervenants du circuit du médicament. Globalement, cette nouvelle grille des marges des officinaux s’articule autour de 3 points :  

  • Elle plafonne la marge de l’officinal pour les produits au-delà des 900.00DH*
  • Elle réduit sa marge de 0.25% pour les produits entre 260,00 et 950.00*
  • Elle augmente la marge 3.93% pour les produits au-dessous de 260.00 DH*

*Environ car la grille exacte est plus complexe que cela, voir incompréhensible par certains aspect !

A priori cela favoriserai l’officinal de base, qui travail avec les génériques et les produits à faible coût. Cela dit si on suit la logique du Ministre de la santé, à savoir la baisse actuelle n’est qu’une première étape et que de nouvelles séries de médicaments vont aussi baisser, cette nouvelle grille des marges compensera la chute inexorable du chiffre d’affaire des officines qui est une réalité tangible lire à ce sujet notre article du 06 mai 2013 CHUTE DE L'ACTIVITE DU SECTEUR PHARMACEUTIQUE MAROCAIN AU 1ER TRIMESTRE 2013      

En pratique, dans un premier temps les officinaux serons favorisé, à long terme la rentabilité (en valeur absolue) des officines restera pratiquement la même à condition que le ministère poursuit sa politique. Le grand bénéficiaire de cette baisse des prix ne sont d’autres que les organismes d’assurance maladie, sans oublié la frange importante de la population non couverte.

Quid des industriels :

          A priori ce sont les plus « lésés » … en réalité il ne s’agit pas d’un cadeau fait par les industriels à la communauté, car cette baisse n’est en fait qu’une correction de certains prix excessifs pratiqués depuis une trentaine d’années. Ce sujet  a été traité à plusieurs reprises sur ce blog au fil des années et des informations révélées :        

PRIX DU MEDICAMENT ENTRE MARGE ET MARGE !

PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE

PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS

CALCIDIA UN PRIX EXCESSIF - PHARAMSTER Un regard ...     

Non ! les laboratoires ne seront pas lésés. Certes à court terme il faut revoir, pour certains, la politique managériale afin de s’adapter aux nouvelles donnes. A long terme, si la logique de la politique ministérielle est poursuivie elle aura pour conséquence :

          - Une amélioration des finances des organismes de prévoyance sociale, ce qui augure d’un élargissement de la base des assurés sociaux au Maroc (actuellement de l’ordre de 15 à 20% !), et donc une croissance de la consommation des produits de la santé.

          - L’établissement d’un management financier rigoureux au sein des Laboratoires

In finé si la vision de Mr LOUARDI se réalise, la rentabilité en pourcentage des laboratoires pourrait diminuer relativement alors que la rentabilité en valeur absolue verrait logiquement son chiffre augmenté, … après tout c’est ce qui compte.

Un bémol :

La mise en place de cette baisse et du réaménagement des marges s’est faite de manière précipitée et mal organisée. Cela a engendré un cafouillage énorme, avec des ruptures de stock considérables, des mises à jours à la hâte des logiciels des uns et des autres et un flou important dans les comptabilités ! Lire à ce sujet :

Aujourd'hui le Maroc : Baisse des prix des médicaments : L’arbre qui cache la forêt…

Medias24 : Pénurie de médicaments au Maroc la semaine sera très perturbée

Rappelons que ce n’est pas la 1ère fois que les prix de certains médicaments baissent.  Cette manière de faire répond en fait à une logique politique : « L’effet d’annonce », « réorganisation complète », et des « délais courts » afin de suivre un rythme médiatique et non logique.              

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 20:28

LES HEPATITES LIEES AU MESUSAGE DU PARACÉTAMOL

ENTRE LA RESPONSABILITE DES UNS ET DES AUTRES

LES HEPATITES LIEES AU MESUSAGE DU PARACETAMOL

      Ce texte a été initié par la parution d’un article du Dr R. Benkirane* paru dans la revue marocaine Doctinews (à distribution gratuite) du mois de février 2014, intitulé «SURDOSAGES ACCIDENTELS AU PARACÉTAMOL LE RÔLE DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ DANS LA PREVENTION »

Référence : Dr Raja Benkirane* « SURDOSAGES ACCIDENTELS AU PARACÉTAMOL LE RÔLE DES PROFESSIONNELS DE la SANTÉ DANS LA PRĖVENTION » Doctinews, N°63, page 30 Février 2014. * Responsable du Centre marocain de Pharmacovigilance.

      Nous vous proposons ci-après les idées clefs de ce texte fort important pour notre pratique quotidienne, suivi du classique « avis du pharmacien ».   

Le paracétamol depuis sa découverte il y a plus d’un siècle a connu un succès mondial indescriptible en raison de 3 éléments essentiels à notre avis :

- Sa bonne tolérance gastrique

- Son efficacité éprouvée

- Et son faible coût

Dr Benkirane ajoute que : « Parallèlement à cette forte consommation, plusieurs pays ont observé un nombre croissant de surdosages accidentels avec des hépatites sévères pouvant aboutir au décès du patient. Les pays anglo-saxons ont été les premiers à tirer la sonnette d'alarme [1].» Et rapporte les données suivantes :

       -  Aux USA, 48 % des hépatites fulminantes résultent de surdosage accidentel au paracétamol.

      - En 2007, les estimations du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) font état de 1 600 cas annuels d'insuffisances hépatiques aiguës liées à un surdosage accidentel au paracétamol.

      - Entre 1990 et 1998, les surdosages au paracétamol ont été à l'origine de 56 000 consultations aux urgences, 26 000 hospitalisations et 458 décès [2].

- Selon l'analyse des données du CAPM (Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc) entre 2005 et 2014, parmi les 19 atteintes hépatiques liées au paracétamol, deux sont des hépatites fulminantes. Ces cas ont été observés indifféremment avec le paracétamol combiné et non combiné. »

L’auteure décrit par la suite les circonstances de toxicité

La toxicité hépatique du paracétamol est observée dans 2 types de circonstances,

   - soit après une prise aiguë excessive (10 g chez l'adulte et 150 mg /kg chez enfant),

   - soit lors de prises aux doses thérapeutiques durant plusieurs jours consécutifs sur un terrain alcoolique ou en présence d'une autre pathologie favorisant la déplétion hépatique en glutathion (4 g pendant 10 jours).

Les facteurs de risque :

Plusieurs facteurs de risques contribuent à ces surdosages accidentels, parmi lesquels nous retrouvons l'association du paracétamol à de nombreux produits : antirhumes, antitussifs et autres antalgiques, les erreurs médicamenteuses de dosage, sachant qu'il s'agit d'un produit en vente libre, et le manque de communication des professionnels de santé avec le patient sur la nécessité de ne pas dépasser les doses prescrites pour éviter une atteinte hépatique sévère.

L’auteure ajoute au sujet des mesures préventives :

Afin de limiter ce risque potentiel, plusieurs mesures préventives ont été mises en place dès les années quatre-vingt-dix, dont la restriction des doses de paracétamol dans les conditionnements des présentations destinées à l'adulte à 8 g.

A ce sujet Selon une étude réalisée en Angleterre et au Pays de Galles, le fait d'avoir réduit le packaging des médicaments au paracétamol en 1998 a permis de réduire de 43 % le nombre d'événements graves liés au paracétamol et de 61 % les transplantations hépatiques[3]. En 2011, la FDA (U.S. Food and Drug Administration) a demandé aux fabricants de combinaisons de médicaments de prescription contenant du paracétamol (ndlr : ce sont les associations de paracétamol et d’autre principes actifs) de limiter la quantité de paracétamol à un maximum de 325 mg par unité de prise et avait fixé comme date limite le 14 janvier 2014 pour se conformer à cette demande [4]

L’auteure termine son texte en insistant sur les massages à véhiculer auprès du grand-public :

« Malgré toutes ces mesures préventives, la sensibilisation du public à ce risque potentiel est indispensable et ne peut se concevoir sans l'intervention des professionnels de santé. Parmi les mesures de prévention à adopter ou à communiquer au consommateur, il est essentiel de :

- Adapter les doses en fonction de l'âge et du poids

- Espacer les prises d'au moins 4 heures ;

Respecter la dose recommandée :

Dose nourrisson/enfant :

60 mg/kg/jour (sans dépasser la dose maximale de 80 mg/ kg/jour) répartis de la façon suivante:

- soit 15 mg/kg toutes les 6 heures;

- soit 10 mg/kg toutes les 4 heures.

- Dose Adulte : il n'est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g/jour.

- En cas de douleurs plus intenses, la dose totale peut être augmentée jusqu'à 4 g/ jour.

- En cas de poids < 50 kg, d'insuffisance hépatique légère à modérée, d'insuffisance rénale sévère, d'alcoolisme chronique, de malnutrition chronique ou déshydratation, ne pas dépasser 3 g/jour. »

 

L’avis du pharmacien :

    C’est un texte remarquable, car il traite d’un risque auquel on est confronté quotidiennement : le mésusage de paracétamol. Notre discussion va s’articuler sur 3 points

1- Au sujet du nombre de cas d’hépatites liées au mésusage de paracétamol au Maroc :

- L’auteure rapporte qu’entre 2005 à 2014 (soit 9 ans) le CAPM - Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc - a enregistré 19 atteintes hépatiques liées au paracétamol, ce chiffre nous paraît vraisemblablement très loin de la réalité vu le peu de déclarations effectuées par le corps médical, qui ignore parfois l’existence-même du CAPM et de son rôle ! De là à prendre le temps de remplir correctement le « Formulaire de déclaration d'un effet indésirable » c’est toute une culture qui n’est pas encore inscrite dans les gènes du corps médical marocain.

A notre avis ces 19 cas ne reflètent absolument pas la réalité d’un grand nombre d’hépatites déclarées « officiellement » de cause non iatrogène, par manque d’éléments tangibles incriminant une molécule donnée et par manque de suivi rigoureux des médicaments pris par le patient.

Remarque : aux USA en 8 ans (de 1990 à 1998), on a enregistrée 56 000 consultations aux urgences liées à des surdosages au paracétamol qui ont été à l'origine de 26 000 hospitalisations et 458 décès [2]. Même en rapportant le nombre de cas à la population générale et à la consommation en médicament par tête d’habitant, les 19 cas enregistrés au Maroc paraissent largement sous-estimés.

2- Au sujet des facteurs de risques et de circonstances aggravantes : L’auteure rapporte deux facteurs de risque :

Primo, l'association du paracétamol à de nombreux produits.

En effet on retrouve le paracétamol dans de nombreuses spécialités comprenant 2 ou plusieurs principes actifs :

dans les antirhumes (Actifed® et autres, Rinomicine® et autres, Rhinofebral® …)

dans les antalgiques (Codoliprane® ou autres, Myantagic® ou autres …)  

dans les antitussifs type Tussiphan®

dans les myorelaxants (Relaxol®, Duoxol® ou autre)

Il est clair que le fait de ne pas mentionner de façon visible la présence et la quantité de paracétamol dans une spécialité donnée est un facteur crucial dans la survenue de mésusage lors de la prise de ces spécialités. Ce mésusage est lui-même impliqué dans  la survenue d’hépatites sévères.

Dr Benkirane nous rapporte que la FDA a demandé aux fabricants de spécialités contenant du paracétamol associé à d’autres principe actifs « de limiter la quantité de paracétamol à un maximum de 325 mg par unité de prise et avait fixé comme date limite le 14 janvier 2014 pour se conformer à cette demande [4] ».

C’est globalement une bonne mesure, même si à notre avis elle reste insuffisante. Pour notre part, nous pensons que l’une des sources de surdosage de paracétamol ce sont les formes contenant 1g par prise. En effet à la moindre association de ces spécialités on arrive rapidement à des doses toxiques. Dans notre pratique quotidienne, les formes à 1g de paracétamol sont largement prescrits et surtout largement demandés, elles sont utilisées dans les maux de tête et la fièvre, cela nous parais excessif et dangereux.

A notre avis, et sauf erreur de notre part, les spécialités à base de paracétamol 1g devraient être réservées aux douleurs sévères type sciatalgie. Alors que pour les maux de tête et fièvres bénignes les formes à 500mg par dose sont largement suffisantes.

Nos propositions donc :

- Appliquer la directive de la FDA en limitant la quantité de paracétamol, quand il est associé, à 325mg par dose.

- Renommer les spécialités à base de paracétamol à 1g par dose, afin de faire le distinguo, autant chez le patient que chez le praticien, entre douleurs sévères et celles bénignes

- Obliger les fabricants à marquer la présence et la quantité de paracétamol dans leurs spécialités de façon claire sur le packaging.                     

Secundo : « le manque de communication des professionnels de santé avec le patient … »

c’est un problème récurent vu : d’une part les conditions rocambolesques dans lesquelles exerces les médecins de santé publique en particulier dans les structures périphériques, et d’autre part vu le manque d’implication effective des officinaux dans la lutte contre le mésusage des médicaments en général et des produits OTC (produits de conseil) en particulier.          

3- Au sujet du message à véhiculer au aux patients :    

- Le premier message à notre avis est que le paracétamol n’est pas un bonbon ! C’est un véritable médicament pharmacologiquement actif et qui, comme tout médicament digne de ce nom, est un toxique. Son utilisation s’impose par la nécessité clinique et non par la recherche d’un quelconque confort !

- L’auteure dans ses recommandations utilise les mentions classiques de « nourrisson/enfant », sauf erreur de notre part, ces deux mentions n’ont pas de signification pharmacologique claire, car seul importe le poids (à quel âge en passe de nourrisson à enfant ???  le poids des nourrissons d’un même âge varie tellement, que l’âge lui-même n’est qu’indicatif …). Encore une fois les dénominations  forme nourrisson/ forme enfant sont purement marketing, seul le poids est déterminant.                  

- La répartition des doses en pédiatrie telle rapportée par l’auteure nous paraît extrêmement intéressante. En effet on a l’habitude dans notre pratique quotidienne d’utiliser les fameux 60 mg/kg/jour (utilisable aussi pour l’aspirine,  ça rappel la vitesse des 60km/h …), l’auteure a exprimé les posologies de la façon suivante :

soit 15 mg/kg toutes les 6 heures

soit 10 mg/kg toutes les 4 heures

De cette façon la quantité de paracétamol obtenue nous ramène directement à la forme qui elle-même est fonction de la répartition des doses, ce qui à notre avis est extrêmement intéressant.    

Conclusion :

La responsabilité de la survenue des hépatites iatrogènes liées au paracétamol est partagée :

   Le pharmacien d’officine : il est le premier responsable, en effet il a la responsabilité de transmettre au patient les données pertinente pour un usage sécurisé du médicament. Mais plus important encore l’officinal a le devoir d’émettre un avis critique par rapport au médicament et d’être une force de proposition scientifique et technique via ses instances représentatives. Malheureusement l’officinal se comporte comme un simple délivreur de médicament récitant au meilleurs des cas les données du VIDAL !  

   L’industrie pharmaceutique : la recherche effrénée du profit impose aux mangers des méthodes marketing qui minorent les effets délétères et banalisent l’usage de molécules qui malgré leur succès en terme de part de marché restent des molécules toxiques. Ce mode de fonctionnement de l’industrie pharmaceutique aurai put être mieux circonscrit si les laboratoires avaient en face des officinaux à la hauteur, des médecins honnêtes et une administration compétente ; bref un environnement entrepreneurial qui favorise l’excellence au lieu de la médiocrité actuelle.

   Les médecins : à notre avis leur responsabilité est limitée dans les surdosages de paracétamol, cependant on peut critiquer leur « passivité intellectuelle»  par rapport aux données rapportées par les délégués médicaux, une passivité qui parfois est prémédité (échantillons gratuits, prise en charge des formations et congrès …) au détriment de l’intérêt du patient.  

  L’administration de tutelle : elle reste très en retard par rapport aux évolutions pharmacologiques et scientifiques, ce retard influence sur l’actualisation de la législation pharmaceutique dans son volée pharmacologique, accentuant notre aliénation absurde aux directives des agences de médicament étrangères.                     

RÉFÉRENCES

1- JaniceTanne. Paracetamol causes most liver faillure in UK and US. BMJ. 2006 March 18;332(7542):678.

2- AnneM. Larson and al.  Acetaminophen-Induced Acute Liver failure: Results of a United States Multicenter, Prospective Study. Hepatology, Vol.42, N° 6, 2005.

 3- Keith Hawton. Long term effect of reduced pack sizes of paracetamol  on poisoning death and liver transplant activity in England and Wales : interrupted time series analyses. BMJ 2013; 346:f403 do:10.1136/bmj.f403 (Published 7 February 2013)

4-  http://www.fda.gov/safety/medwatch/safetyinformation/safetyalertsforhumanmedicalproducts/ucm381650.htm

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 21:51

CHIFFRES & REPERES

Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

UN JEUNE SUR CINQ AU MAROC SOUFFRE DE TROUBLES MENTAUX

Sources :

1 - Ahmed Salaheddine  « Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux »,  Aujourd'hui le Maroc, n°3138, pages 1 et 16, du 28/03/2014

2 - « Psychiatrie, des chiffres alarmants » TELQUEL, N°614, page 22, rubrique Laser Science, du 4 au 10 avril 2014.

3 - PHARAMSTER 12/03/2011 :  LECTURE OFFICINALE : RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

« Au Maroc, un jeune sur cinq souffre de troubles mentaux, et dans la moitié des cas les troubles ont débuté à l’âge de 14 ans», cette affirmation, rapportée par plusieurs médias marocains, est une déclaration  du Ministre de la santé M. Lhoussaine Louardi  dans son discours inaugural de la 2ème rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire du 26/03/2014 à Rabat.

Par ailleurs, des études de l’OMS corroborés par des études internes du ministère montrent que :

     - 48,9% des plus de 15 ans sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, et que cela est dû à un mode de vie malsain.

     - «Le tiers des décès et les deux tiers de la charge de morbidité à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements malsains du jeune âge».

     - Le mode de vie malsain est corroboré par les faits suivants :

> 16% des élèves âgés de 13 à 15 ans fument

>   6% consomment de l’alcool

>   4% consomment de la drogue.

> 15% sont en situation de surpoids,

> 82% n’ont quasiment pas d’activité physique

> 30% ont été victimes de violences

> 14% ont tenté de se suicider

 

L’avis du pharmacien :

         Ces chiffres sont une terrible réalité montrant une société, à majorité jeunes, qui souffre atrocement. Cette réalité, les officinaux, comme le reste du corps médical, dans les quartiers périphériques la vivent au quotidien.

L’exacerbation des troubles mentaux chez les jeunes va engendrer une augmentation vertigineuse de la consommation de psychotropes. Parallèlement le manque de suivi psychologique et psychiatrique de ces patients va être lui-même la cause de mésusage et d’abus de consommation de psychotropes. Cette situation crée un cercle vicieux :

Mode de vie malsain >> Troubles mentaux >> Mauvais suivi médical >> abus de psychotrope

Face à cette état de fait, l’officinal se retrouve en la première ligne à supporter et à gérer une demande de psychotrope faramineuse. Pire encore, cette demande exagérée met en péril la sécurité même du pharmacien et de ses collaborateurs car elle engendre une violence exacerbée par le sentiment d’impunité et de non droit où on vit au quotidien.

Des solutions :

Le ministre propose :

 «… de promouvoir les prestations préventives et éducatives, le dépistage et la prise en charge précoce ; de contribuer à la mise en place d’un environnement générateur de comportements sains et de faire participer les jeunes aux actions engagées»

 Une phrase politique trop généraliste pour quelle soit suivie d’effets tangibles.

« Le ministre veut aussi aller plus loin sur la voie qui a déjà permis de réaliser 22 centres de référence en santé scolaire et universitaire, 30 centres médicaux universitaires et 32 espaces de santé pour jeunes. Et, qui a également débouché sur la mise en place de structures et de services spécialisés en santé mentale et en lutte contre les addictions. »

Honnêtement, nous pensons que la solution est ailleurs. En effet quand on a 20% de la population juvénile en état de souffrance psychique, ce n’est pas une trentaine de centres qui va suffire mais des centaines et des centaines, ce qui concrètement est irréalisable. Désolé, mais la solution ne peut être qu’étiologique, à savoir lutter contre ce qu’appel Mr le Ministre le « mode de vie malsain ». Et là c’est beaucoup plus compliqué, car il s’agit de promouvoir le progrès social dans son ensemble. Et pour cause cela nécessite un projet de société cohérant et réaliste alors que nous vivons dans une société schizophrène mi-traditionnaliste mi-moderne sans vision à long terme. Une société dont les repères sont un amalgame d’anachronismes absurdes et d’une modernité de façade imposée par les nécessités économiques et les évolutions technologiques. Cette situation est exacerbée par l’état désastreux de l’Ecole marocaine, qui aurait put être une bouée de sauvetage à cette société et qui se retrouve, du fait de décisions politiques quasi criminelles, elle-même dans un gouffre de médiocrité.

Les solutions proposées par Mr le Ministre auraient put être efficaces si elles accompagnaient un projet de société viable. Prisent toutes seules, ces dispositions resterons, comme d’autres …, des vœux pieux.                           

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