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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:42

CHIFFRES & REPÈRES

L’INFERTILITÉ AU MAROC

Chiffres & repères : l’infertilité au Maroc

L’infertilité touche un couple marocain sur huit

Sources :

1- Rédaction du HuffPost Maroc  « Infertilité: Un Marocain sur trois pense qu'il n'existe pas de traitement » Publication: 25/06/2015 19h44 CEST Mis à jour: 25/06/2015 19h44 CEST

2- Ouardigh Rahmouna « Un couple sur huit souffre d'infertilité au Maroc » le 360.ma mis en ligne 30/06/2015 à 07h45

     Ce chiffre provient d’une enquête réalisée par la Société marocaine de médecine de reproduction (SMMR) présentée jeudi 25 juin à Casablanca à l’occasion de la première édition de la Semaine nationale de l’infertilité lancée au Maroc.

     Le sondage, effectué du 6 au 18 juin par l’institut Averty, a été réalisé auprès de 1.034 couples de 25 à 45 ans et dans 40 villes couvrant les 16 régions administratives du Maroc.

Selon l’enquête

     - 11,8% des couples sondés souffrent d’un problème d’infertilité.

        Parmi ces derniers, ils sont plus d’un tiers (34%) à attendre un enfant depuis plus de 3 ans.     

      - Par ailleurs, un quart des couples infertiles n’ont pas consulté de médecin spécialisé ou ont utilisé un autre biais, comme la médecine parallèle, indique la SMMR dans un communiqué.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 18:06

ANALYSE CRITIQUE

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®)

EN QUESTION

 

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®) EN QUESTION

                Suite à la mise sur le marché marocain de la spécialité Tasectan® (en gélules et en sachets) proposé dans le traitement de la diarrhée, il nous a paru utile de proposer une analyse critique de cette spécialité, d’autant plus que nous avions traité sur ce même blog le problème des diarrhées aigues dans un article intitulé LES DIARRHEES AIGUËS ENTRE LA PRATIQUE ET LES RECOMMANDATIONS . Cette nouvelle analyse sera un complément utile à l’article susmentionné.

Fiche produit :

- Nom commercial : Tasectan®

- DCI : Tannate de gélatine

- Présentations :  Tasectan® 15 gélules  PPV 69.00 DH Pour l’adulte

                            Tasectan® 20 sachets PPV 69.00 DH Usage pédiatrique

- Posologie

      * adulte : 1 è 2 gélules toutes les 48 heures jusqu'à disparition des symptômes.

      * enfants de moins de 3 ans : 1 sachet toutes les 6 heures jusqu'à disparition des symptômes

      * enfants de 3 à 14 ans : 1 à 2 sachets toutes les 6 heures jusqu'à disparition des symptômes.

- Laboratoire exploitant au Maroc : SYNTHEMEDIC CASA sous licence NOVINTETHICAL SUISSE 

Mécanisme d’action

    Selon la notice du  Tasectan Therabel® : http://www.tasectan.be/ ou plus exactement dans le ficher pdf suivant http://www.tasectan.be/download/Tasectan-PIL-fr.pdf

« Tasectan® est un dispositif médical destiné à rétablir les fonctions physiologiques de la paroi intestinale, spécialement développé pour contrôler et réduire les symptômes liés aux diarrhées d'étiologies diverses, tels qu’une tension abdominale et des selles fréquentes. Efficace dans les 12 heures.

Le tannate de gélatine, dont se compose le produit, ne se modifie pas dans l'estomac et agit en formant un film qui protège la muqueuse intestinale, réduisant ainsi la fréquence et la durée des manifestations diarrhéiques. »

L’avis du pharmacien :

      1- D’emblée on doit noter que le Tasectan® n’est pas un médicament au sens strict et réglementaire du terme, il est classé comme complément alimentaire avec une TVA à 20% (subie par l’utilisateur). Cela est d’une importance capitale et implique que :

* Le produit est non remboursable

* Le dossier technique et scientifique, permettant sa mise sur le marché, est très limité et ne comporte pas de garanties pharmacologiques parfaitement établies de son efficacité. Néanmoins, comme tout complément alimentaire, sa toxicité est estimée par  le Ministère de la santé comme acceptable.            

     2- Le terme « dispositif médical » est assez évasif voir prétentieux, se rapportant plus à un appareillage qu’à  un produit chimique.

     3- la phrase suivante « Le tannate de gélatine ne se modifie pas dans l'estomac et agit en formant un film qui protège la muqueuse intestinale » nous fait penser à une action type pansement gastro-intestinal.

Eclairage :     

      Un premier éclairage fort important est apporté par la Swiss Society of Paediatrics à travers une question posée  en 2013 à D. Herzog* :  Questions au spécialiste Vol. 24 No. 2 2013 * Dr méd. spéc. Médecin adjoint Clinique de pédiatrie Consultation gastroentérologie pédiatrique. HFR Fribourg - Hôpital cantonal 1700 Fribourg. Correspondance Dr D. Herzog Gastropadiatrie Kantonsspital 1700 Fribourg Denise.Herzog@h-fr.ch

On y apprend que : 

- Le tannate de gélatine est composé d’acide tannique, un polyphénol  d’origine végétale et de gélatine, une protéine extraite de collagène d’origine porcine ou bovine.

- L’acide tannique possède de nombreux sites de liaison aux protéines, incluant les entérotoxines, qui une fois liés à l’acide tannique ne pourront plus activer la sécrétion de liquide via des récepteurs entérocytaires.

L’avis du pharmacien : là l’explication devient un peu plus claire et l’idée du gentil « film qui protège la muqueuse intestinale » est nuancée.

L’auteur rapporte dans la suite les quelques études qui se sont intéressées aux effets du tannate de gélatine (TAN) :  

- Dans les pays européens et américains ce produit est autorisé comme anti-diarrhéique chez l’enfant.

- En 2009 une étude espagnole (1), la seule à tester ce produit chez des enfants, a comparé la fréquence des selles de 97 enfants (âge moyen: 2.5 ans) avec diarrhée aigue traites par sel de réhydratation oral SRO + acide tannique avec celle de 114 enfants traites par SRO seulement. Douze heures après le début du traitement la fréquence des selles avait diminué d’une moyenne de 7.26 à 2.06 (soit -5.2) dans le groupe traité et de 6.19 à 5.86 (soit -0.33) dans le groupe contrôle. Malheureusement, selon l'auteur, il est impossible de comprendre le calcul de la fréquence des selles selon l’auteur.  

- Une seule étude auprès de personnes adultes présentant des diarrhées du voyageur traitées par l'acide tannique TAN (2), et une étude plus ancienne auprès d’enfants avec diarrhée aigue traitée par la caroube riche en acide tannique, ont démontré une diminution significative de la fréquence des selles (3).

- Cependant, l'acide tannique n’est mentionne ni dans les recommandations de l’ESPGHAN de 2008 (The European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition), concernant le traitement de la diarrhée aigue chez l’enfant (4), ni dans la revue publiée en 2013 par les mêmes auteurs (5).

 Références

1) Esteban Carretero J, Durban Reguera F, Lopez-Argueta Alvarez S, Lopez Montes J. A comparative

analysis of response to ORS (oral rehydration solution) vs. ORS + gelatin tannate pediatric patients

with acute diarrhea. Rev Esp Enferm Dig. 2009; 101: 41–8.

2) Allegrini A, Costantini, J Gelatine Tannate for the Treatment of Acute Diarrhoea in Adults. Gastroint Dig Syst 2012, 2: 3.

3) Loeb H, Vandenplas Y, Wursch P, Guesry P. Tanninrich carob pod for the treatment of acute-onset diarrhea. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 1989; 8: 480–5.

 4) Guarino A, Albano F, Ashkenazi S, Gendrel D, Hoekstra JH, Shamir R, Szajewska H. European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition/European Society for Paediatric Infectious Diseases Evidence-based Guidelines for the Management of Acute Gastroenteritis in Children in Europe. J Pediatr Gastroenterol Nutr, 2008; 46: S81–S122.

5) Piesścik-Lech M, Shamir R, Guarino A, Szajewska H. Review article: the management of acute gastroenteritis in children. Aliment Pharmacol Ther. 2013; 37: 289–303.

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®) EN QUESTION

Le tannate de gélatine en question :

Le tannate de gélatine est décrit selon le brevet  WO2007146331A1 comme suit

« Résumé : La présente invention concerne une composition comprenant un mélange de polypeptides sous la forme d'un sel de tannate dans laquelle chaque polypeptide est un copolymère des acides aminés acide L-glutamique, L-alanine, L-tyrosine et L-lysine »

Il s’agit donc du sel de l’acide tannique associé à un polypeptide, qu’est ce qu’alors l’acide tannique ?  
« L'acide tannique est une substance présente dans diverses plantes telles que le chêne (son écorce) ou le séquoia. Cette molécule qui appartient à la famille des tanins a un rôle antioxydant et a donc une action anticancéreuse. L'acide tannique lutte également contre les pathologies neurodégénératives et inflammatoires. Classiquement, l'acide tannique s'emploie en agroalimentaire pour clarifier (filtrer afin de purifier) le vin et la bière et pour éviter la corrosion du fer. Toutefois, en médecine, il est également employé en tant que traitement contre la diarrhée ». Source : Acide tannique – Définition

On arrive alors aux tannins : Chimiquement les tannins sont des oligomères flavonoliques appartenant à la grande famille des polyphénols, ayant comme caractéristique, entre autre autres, d’être :

Astringents : capable de se fixer sur des protéines salivaires riches en proline

Tannants : capacité de fixation et dénaturation des protéines comme le collagène

source : http://www.lecomprime.com/cours/files/2013/09/Pharmacognosie-chap-4-polyphenols.pdf Autre source http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/selossetannins2008.pdf

 L'astringence est une propriété de certaines substances de produire une crispation des muqueuses (wikipedia)

Par ailleurs l’effet astringent est retrouvé dans la classification des anti-diarrhéiques selon le Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique (CBIP)

Les antidiarrhéiques ont été regroupés ici en quatre classes:

- les adsorbants et astringents

- les probiotiques

- les freinateurs du transit intestinal

- les antisécrétoires.

Le tannate de gélatine est lui classé dans la rubrique adsorbants et astringents, à son sujet le CBIP apporte les précisions suivantes :

« Le tanin, sous forme de tannate d'albumine, a des propriétés astringentes mais peut être toxique pour le foie. Le tannate de gélatine (Tasectan®), un tanin non enregistré comme médicament mais bien comme complément alimentaire, est proposé sans preuve dans le traitement de la diarrhée. »

L’avis du pharmacien :

Sauf erreur, le mécanisme d’action probable du tannate de gélatine nous parait plus lié à son effet astringent et tannant qu’à une quelconque formation de film protecteur. Quand on ingère une substance astringente, la bouche se dessèche. Les traitements contre l'acné sont composés de produits astringents afin de resserrer les pores de la peau. Source (Astringence – Définition)

Plusieurs produits sont dans ce cas : l'alun, le nitrate d'argent, l'oxyde de zinc (Kenta® ou autre), le sulfate de zinc (eau et pommade Dalibour), les préparations à base d'avoine, l'achillée millefeuille, les tanins, notamment présents dans le vin, la prunelle, le thé (acide gallique), la baie de myrtille, les fleurs de lilas, D'autres végétaux astringents incluent la nèfle, , la chicorée, l'eucalyptus, le peuplier, la grenade (fruit), l'ail cultivé, la pomme, la framboise, le coing, l'écorce du frêne, la canneberge (cranberry), le caroube

L'astringence désigne donc la capacité d’une substance à contracter les muqueuses, si cet effet s’avère réel au niveau intestinal, pour le tannate de gélatine, cela impliquerait probablement une plus grande densité des villosités intestinales et donc une plus grande absorption de l’eau … tout cela reste hypothétique au vu du manque d’études à ce sujet.      

Conclusion :

Le Tasectan® nous parait un produit théoriquement intéressant, il est néanmoins handicapé  

- Par le manque d’études sérieuses prouvant son efficacité le reléguant à un simple complément alimentaire

- Par un mécanisme d’action loin d’être clair

- Un prix élevé     

A notre échelle et à l’heure actuelle nous n’avons pas eu de retour probant significatif au sujet du Tasectan®  

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 19:57

CAS D’OFFICINE

EFFET SECONDAIRE SYSTEMIQUE

D’UN ANTIGLAUCOMATEUX

Dr L. Mouna

          Ce sujet longtemps remis à plus tard, est apparu  sur la sellette depuis peu, grâce à un cas observé en officine :

Une fillette de 5 ans, souffrant de glaucome congénital est sous traitement depuis sa naissance, par  Cosopt® et Travatan®. Au hasard d’une conversation, nous apprenons que  son père l’a à 2 reprises admise aux urgences pour bronchospasme et ce, en l’espace de 18mois. Ce qui nous a interloqué c’est le lien, si lien il y a, entre les collyres qu’elle prend et la crise respiratoire dont elle a souffert. Ceci nous a amené à faire une récapitulation des classes pharmacologiques des antiglaucomateux qui existent avec  mise au point de leurs effets secondaires.

Rappel :

          Le glaucome chronique à angle iridocornéen ouvert est une atteinte du nerf optique entrainant des altérations du champ visuel, susceptibles de conduire à la cécité. Le principal facteur de risque du glaucome chronique est l’augmentation de la pression oculaire. C’est un facteur fréquent mais inconstant, autrement dit, il ne suffit pas à définir un glaucome chronique.

Le traitement du glaucome chronique à angle ouvert est médicamenteux sous forme de collyre dont le chef de fil est le timolol.

Les antiglaucomateux disponibles sur le marché marocain :

Le tableau suivant récapitule ces classes pharmacologiques , les associations ainsi que les spécialités concernées existant sur le marché marocain.

Classe pharmacologique

DCI

Spécialités

Bétabloquants

 

 

Betaxolol

Carteolol

timolol

Betoptic®

Carteol®

Timoptol®

Analogues de Prostaglandine F2 alpha « APG »

Latanoprost

Travoprost

Bimatoprost

Xalatan®

Travatan®

Lumigan®

Inhibiteur de l’anhydrase carbonique « IAC »

Dorzolamide

Brinzolamide

Trusopt®  Xola®

Azopt®

Agoniste alpha adrénergique

Brimonidine

Alphagan®

Association de classes

Bétabloquant +APG

Timolol+ latanoprost

Timolol+ travoprost

Xalacom®

Duotrav®

Bétabloquant +IAC

Timolol+ Dorzolamide

Timolol+ Brinzolamide

Cosopt®  Xolamol®

Azarga®

 

        Selon plusieurs  numéros de la revue Prescrire que nous avons consultés,le traitement de référence est d’abord le timolol. Ce n’est qu’en cas de contre-indication ou d’effet insuffisant qu’il est logique de recourir au latanoprost ou au travoprost qui présente l’avantage de pouvoir être conservé à température ambiante contrairement au premier. Selon les cas, le médecin est habilité à ajouter une autre classe ou suggérer une association.

Sources :  Rev Prescrire 2015;35(376):123-125
                 Rev Prescrire 2009,29(306):259
                 Rev Prescrire 2003;23(240):450-454
                 Rev Prescrire 2001;(222):732-733
                 Guide interactions médicamenteuses-décembre 2014

 

Effets secondaires :

    - Bétabloquants

           Administrés en collyre, les bétabloquants exposent aux mêmes effets indésirables et interactions médicamenteuses que par voie orale notamment : Troubles cardiaques (insuffisance cardiaque, bradycardie, hypotension artérielle..) ; phénomènes de Raynaud ; troubles neuropsychiques et digestifs. Le risque de bronchospasme lié aux bétabloquants expose les patients  asthmatiques ou souffrants d’un syndrome obstructif à une dyspnée sévère voire mortelle.

    - Analogues de Prostaglandine F2 alpha APG :

         Ils sont plus actifs que les bétabloquants mais ont plus d’effets secondaires : Assombrissement de l’iris ( sous nos cieux, tous les iris sont sombres !!) et des paupières,hyperhémie conjonctivale, allongement des cils ( ça c’est bien !!), kératites superficielles. De plus, il y a risque d’aggravation d’asthme sous latanoprost.

    - Inhibiteur de l’anhydrase carbonique « IAC »

         Pas de risques bronchiques connus mais effets neuropsychiques et troubles électrolytiques, de plus, ces 2 composés sont des dérivés sulfamides, donc gare à la sensibilité qu’ils peuvent occasionner.

    - Sympathomimétiques :

        La brimonidine est un alpha2 stimulant proche de la clonidine, anti hypertenseur d’action centrale, dénué d’effets indésirables bronchiques connus mais expose à une constipation, des troubles neuropsychiques et bouche sèche.

      Il en ressort de manière générale, que même instillés en collyre, ces principes actifs ne sont pas dénués d’effets secondaires par passage systémique. Une modalité pratique de traitement à bien respecter consiste à exercer une pression avec le doigt sur le coin interne de l’œil pour réduire le passage systémique des substances administrées en collyre et pour en limiter les effets indésirables.

Conclusion :

      Pour notre cas cité auparavant, il apparait qu’il existe bien un lien de cause à effet entre Cosopt®, (bétabloquants + inhibiteur de l’anhydrase carbonique)  et bronchospasme survenu.

      Est-ce que la fillette était asthmatique et le bétabloquant a aggravé son cas ou bien est-ce le résultat d’un effet pharmacodynamique pur du bétabloquant à savoir bronchoconstriction sans antécédents bronchiques connus ? D’après les informations rapportées par le père de la fillette, la 2ème hypothèse semble être plus plausible. En tout cas, aux dernières nouvelles, l’ophtalmologiste a banni le bétabloquant de son traitement, le remplaçant par un inhibiteur de l’anhydrase carbonique  la dorzolamide (XOLA®)

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 18:53
1600  INTOXICATION ALIMENTAIRE PAR AN AU MAROC

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 13:06

LECTURE OFFICINALE

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

Source: David B. Allison et coll. : Myths, presumptions, and facts about obesity. N Engl J Med. 2013., 31; 368. NB : En cliquant sur le lien vous avez accès à l’article dans son intégralité 

Source Image : Sculpture : Margot Pitra (Détail), photocomposition : Pharamster     

       Une équipe internationale de vingt chercheurs dirigée par David B. Allison de l’University of Alabama at Birmingham s’est attaquée à un certain nombre d’idées reçues au sujet de l’obésité et les a mises à l’épreuve de l’argumentation scientifique. Le résultat, comme on le verra par la suite, est surprenant.   

Au sujet de l’obésité, de nombreuses affirmations sont émises comme des vérités absolues par le corps médical, les enseignants et les média. Ces affirmations sont généralement issues d’articles parus dans des journaux scientifiques, elles sont même parfois à la base de décisions politiques pour lutter contre l’obésité.

 Cette équipe, à travers cette étude, démontre que ces « connaissances » sont souvent

- soit des mythes : affirmations qui sont contredites par les travaux scientifiques

- soit des présomptions : hypothèses non démontrées par les données scientifiques disponibles.

Au chapitre des mythes

Les auteurs refutent :

       - « la règle des 3 500 kcals » : celle-ci précise qu’une simple diminution de 100 kcal/jour des apports caloriques (ou d’une augmentation équivalente de la dépense énergétique) pendant cinq ans aboutit à une perte pondérale de 22,7 kg. Ce calcul selon ces chercheurs est faux. Si l’on tient compte de l’adaptation métabolique qui accompagne la perte pondérale, la perte de poids finale théorique n’est en fait que de 4,5 kg !

       - Toujours selon les auteurs de cette revue, l’idée qu’une perte de poids rapide entraîne une reprise de poids plus importante qu’un régime moins sévère est un véritable mythe infondé.

De même, bien qu’il soit recommandé de fixer des objectifs pondéraux « raisonnables », cette attitude pleine de bon sens n’est pas plus efficace que celle qui consiste à viser une perte pondérale très (voire trop) ambitieuse !

       - En ce qui concerne la prévention de l’obésité chez l’enfant, la promotion de l’activité physique à l’école semble inefficace pour réduire l’incidence de l’obésité, si l’on en croit les conclusions de deux méta-analyses qui ont regroupé les résultats d’études d’intervention en milieu scolaire.

        - De même, contrairement à ce qui est souvent répandu, l’allaitement n’est pas un facteur protecteur majeur de l’obésité de l’enfant.

         - Enfin, l’idée qu’un rapport sexuel d’une durée moyenne de six minutes conduit à dépenser 100 à 300 kcals est infondée. Les auteurs estiment cette dépense à 21 kcals. À titre comparatif, un homme dépense 7 kcals (soit 14 kcal de moins) en regardant la télévision pendant la même durée.

Au chapitre des présomptions

En ce qui concerne les présomptions, les auteurs mentionnent celles de l’importance du petit déjeuner, des fruits et légumes, de l’intérêt d’un environnement riche en équipement sportif et de l’importance d’un apprentissage précoce des bonnes habitudes alimentaires pour prévenir ou traiter l’obésité.

Bien que souvent présentées comme des vérités, il ne s’agit là que de présomptions pour lesquelles le niveau de preuve est faible voire nul. De même, il n’est pas démontré que la lutte contre les prises alimentaires inter-prandiales réduit la prise de poids ni même que le phénomène yoyo réduit l’espérance de vie.

Quelques messages scientifiquement fondés

A côté de ces incertitudes, les auteurs mentionnent quand même quelques messages qui leur semblent scientifiquement fondés. Parmi ces derniers ils rappellent les vérités suivantes :

     - La chirurgie bariatrique est efficace pour obtenir une réduction pondérale à long terme et diminuer la mortalité des personnes ayant une obésité massive. Remarque de l’officinal : oui mai à quel coût ?
    - En pédiatrie, les programmes nutritionnels impliquant l’environnement familial permettent d’obtenir une perte pondérale plus marquée.
    - L’exercice physique apporte un bénéfice quel que soit le poids et aide à maintenir un poids stable à long terme.

    - Malgré l’importance des déterminants génétiques dans la prise de poids chez une personne prédisposée, l’obésité n’est pas une fatalité et elle peut être combattue par des changements réalistes des habitudes de vie.

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

L’avis du pharmacien :

    Cet article, qui remet en cause un certain nombre de concepts, illustre parfaitement ce qu’on a appelé dans un article de juillet 2010: Les ambiguïtés rationnelles

En effet, il arrive souvent qu’avec des demi-vérités, issues à l’origine de publications scientifiques, on construit des concepts qui à force de simplification et de banalisation deviennent des vérités absolues incontestables et évidentes.

Les résultats présentés ici peuvent êtres eux-mêmes discutés. Cela dit un constat s’impose : en nutrition, comme dans les autres domaines de la médecine, ce qui relève du « bon sens » ne relève pas forcément de la « vérité scientifique ». Le « bon sens » doit se soumettre aussi l’épreuve de l’argumentation scientifique, à défaut il doit être présenté comme une présomption.    

Afin de lever l’ambiguïté dans les messages nutritionnels qui sont communiqués au grand public : une distinction devrait être clairement exprimée entre ce qui est établi, ce qui est supposé, et ce qui n’est que du domaine du mythe…

Un exemple édifiant à ce sujet : La consommation du lait & la santé, à ce sujet on vous propose de lire 2 articles :

1.  Un récent article du 31/10/14 publié dans le Huffington post intitulé : Le lait présenterait un danger pour les adultes? Une étude suédoise jette le trouble.

2. Un article du 02/01/2010 mis en ligne sur PHARAMSTER intitulé :   LAIT & CANCER DE LA PROSTATE ETAT DES LIEUX

3. Le Nouvel Observateur publié le 31/10/2014 « Les laitages ne sont pas le poison absolu, mais ils ne sont pas indispensables »

Au sujet des régimes lire : Existe-t-il un régime idéal ?

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:54

CHIFFRES & REPÈRES

Inquiétude sur l’équilibre financier futur de l’AMO*

*Assurance maladie obligatoire au Maroc

Inquiétude sur l’équilibre financier futur de l’AMO

Source :

«La Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS, caisse qui gère l’AMO pour les fonctionnaires) devrait dès l’année prochaine s’insérer dans un cycle de dégradation tendancielle de ses finances», prévient son directeur général, Abdelaziz Adnane. La CNOPS affichait, jusqu’en 2013, une santé financière jugée saine : l’excédent dégagé s’élevait à 6 milliards de DH.

Remarque de l’officinal : est-t-il normal qu’une caisse à vocation sociale dégage un tel excédent placé dans le circuit financier, alors qu’une bonne partie de la population n’est pas correctement couverte ?  

Pour expliquer la future dégradation des comptes de la CNOPS, Abdelaziz Adnane avance les éléments suivants :

   1- Avec l’introduction de spécialités très coûteuses dans le cas de maladies longue durée: 7% des assurés consomment 46% des recettes. Par exemple : 170 personnes atteintes de l’hépatite C s’accaparent le tiers des cotisations. «Le Maroc doit-il prendre en compte toutes les innovations ou stabiliser le panier des soins?» s’interroge le directeur de la CNOPS. Toujours est-il que la marge de manœuvre à ces deux niveaux reste réduite.

Remarque de l'officinal : Cette question est particulièrement d’actualité avec l’apparition du sofosbuvir [SOVALDI®]  un traitement efficace mais extrêmement onéreux de l’hépatite C 

  2- Les gains sont à rechercher dans l’utilisation des génériques mais cela reste mitigé.  A titre d’exemple, le taux d’utilisation de ces produits s’élève à 70% aux Etats-Unis. Chez nous le poids des corporatistes impose le statu quo selon directeur général de la CNOPS.

  3- L’effet de la limitation de recrutements dans la fonction publique qui progresse selon une moyenne annuelle de 8,3%, conjugué à l’importance du nombre de départs à la retraite qui évolue annuellement de +2%. Cet écart risque de s’élargir davantage sur les années à venir, voire même dès 2015.

  4- Le Directeur général invoque enfin la disparition de la pharmacie de la CNOPS (qui n’avait aucun texte la légitimant) il donne à titre d’exemple, les PPV pour les spécialités d’oncologie sont plus chers de 340% et 2.150% par rapport aux prix d’achat de la CNOPS et du ministère de la Santé.  
Il ajoute que la baisse des prix qui a été constatée au niveau de certaines spécialités remboursées par la CNOPS à ses assurés en ambulatoire (810 spécialités) va se traduire par une économie de 66 millions de DH pour la Caisse. Mais, dans l’ensemble, l’impact négatif de la baisse des prix des médicaments se chiffre à 47 millions de DH.

Ce constat contraste apparemment avec les prévisions du Ministre de la santé comme on les a rapportées dans notre article « Impact de la baisse des prix sur l’AMO »

     L’avis de l’Officinal :

      Les déclarations de directeur général de la CNOPS montrent, en filigrane, son attachement à l’ex Pharmacie du CNOPS, cette structure qui a opérée durant des années en toute illégalité a été en effet supprimée lors de la dernière reconfiguration des prix des médicaments au Maroc. Cette structure en plus de son illégitimité était sujette à plusieurs abus (comme dans le reste de la fonction publique).

A notre niveau (en tant que simple officinal de base et de proximité) la suppression ou non de cette structure n’affecte en rien notre activité. Pour nous le gros de l’activité est assuré par des produits peu onéreux (moins de 200.00DH) par rapport aux produits qui grèvent les finances de la CNOPS.

D’où l’idée de réserver une liste spécifique de médicaments (comme pour les produits à usage hospitaliers) délivrés non pas au niveau de la CNOPS mais au niveau des structures hospitalières sous contrôle direct du corps médical. Cette idée  constituerait une approche acceptable par une majorité de praticiens (du moins on le pense …).                    

La liste en question devrait être le fruit d’un consensus entre Ministère, CNOPS et Officinaux. Cela aura pour avantage la pérennisation des équilibres financiers de la CNOPS sans que l’écrasante majorité des officinaux ne soit affectée. 

D’autre part dans le même article on apparent que la couverture médicale gérée par la CNSS (La Caisse nationale de sécurité sociale qui gère pour le compte de  l’Etat l’AMO dans le secteur privé) intégrera les soins dentaires dès le 1er janvier 2015. Conséquence :

   1-L’élargissement du panier de soins  AMO aux soins dentaires nécessitera un réajustement des taux de cotisation puisque ce poste est connu pour être budgétivor. L’application de cette augmentation sera différée d’une année.

   2- Dans le détail, la cotisation de solidarité passera de 1,5 à 1,85% en 2016. Elle sera  prise en charge par les employeurs seuls. Le reste de l’effort soit  4,52%,  sera partagé entre salariés et employeurs.

Le paradoxe est que l’officinal (comme les médecins libéraux) n’a toujours pas de couverture médicale !!! Et au même temps en tant qu’employeur il va subir encore une fois une augmentation des charges sociales participant ainsi la couverture médicale des ses concitoyens sans qu’il n’en bénéficie lui-même d’aucune manière !!! 

 

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 19:42
PROCEDURE DE DETECTION ET DE NOTIFICATION D'UN CAS SUSPECT D'EBOLA AU MAROC

Un numéro vert a été mis en place pour informer les citoyens au Maroc : 0801 004 747

Autres dispositions : Le ministère de la Santé vient de solliciter une fatwa au Conseil des Oulémas pour permettre l'inhumation des musulmans décèdes des suites d'Ebola sans recourir au rite, notamment le nettoiement de la dépouille. Car, le contact avec une personne contaminée par le virus d'Ebola comporte un très haut risque de contagion.
Source : L'ECONOMISTE DU LUN 20 OCT 2014, n° 4382 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 20:58

LECTURE OFFICINALE

Existe-t-il un régime idéal ?

LECTURE OFFICINALE : EXISTE-T-IL U? REGIME IDEAL ?

Source:

Johnston BC et coll. : Comparison of Weight Loss Among Named Diet Programs in Overweight and Obese AdultsA Meta-analysis. JAMA. 2014; 312: 923-933. doi:10.1001/jama.2014.10397

 

            Je veux réduire mon poids, mais que dois-je faire ? Quel régime dois-je suivre pour avoir de bons résultats ? Des questions récurrentes auxquelles nous sommes couramment confrontés dans l’exercice de notre métier.

            Une récente étude d’une équipe canadienne, dirigée par Bradley C. Johnston, (Hospital for Sick Children Research Institute, Toronto) publiée dans la revue Journal of the American Medical Association (la célèbre JAMA) de ce mois de septembre 2014 (c’est tout frais) vient nous apporter un éclairage particulièrement intéressant à ce sujet.  

Objectif :

Il s’agit de déterminer la perte de poids résultant de divers régimes à large diffusion  sur la base de publications crédibles

Méthode :

- Les auteurs ont réalisé une méta-analyse* en réseau, qui consiste à comparer l’effet des régimes testés dans 48 essais randomisés

- Les 48 essais ont concerné  7 286 sujets [- âge moyen : 46 ans - IMC moyen : 33,7  - poids moyen : 94 kg]

- Ces études ont été sélectionnées via 59 publications scientifiques jugées éligibles par les auteurs.

- La durée médiane des interventions nutritionnelles était de 24 semaines avec d’importantes variations (de 16 semaines à 52 semaines). [43 études rapportaient des résultats à 6 mois de suivi, 25 fournissaient des données à 12 mois]

- Les régimes équilibrés et pauvres en glucides étaient les plus fréquemment testés, en particulier le régime « Atkins », le régime « Weight-Watchers » et le régime « Zone ».

*Qu’est-ce la méta-analyse, quels sont ses objectifs ? C’est un document de l’Université de Lyon

Résultats :

    - Tous les régimes ont des résultats sur la perte de poids meilleurs que dans les groupes qui n’avaient pas suivi de diète. (logique ...)  

    - A 6 mois, les régimes pauvres en glucides ont entraîné une réduction pondérale moyenne de 8,7 kg (intervalle de confiance [IC] : 7,2-10,2). L’effet des diètes hypolipidiques était similaire : -8,0 kg (IC : 6,0-9,9). NB : Ces deux régimes ont eu une efficacité supérieure à celle des autres catégories de régimes que les auteurs qualifiaient d’équilibrés.

    - A 12 mois, on note une reprise de poids de l’ordre de 1 à 2 kg ; les effets pondéraux des régimes hypolipidiques et hypoglucidiques restent semblables.

      - L’analyse des méthodes amaigrissantes commerciales montre une efficacité décroissante des régimes « Atkins », « volumétrique » et « Ornish ».

      - A 12 mois, la perte de poids maximale est obtenue avec les régimes « Ornish », « Rosemary Conley », « Jenny Craig » et « Atkins ». Toutefois la reprise de poids partielle reste la règle entre 6 et 12 mois puisque la perte pondérale est de l’ordre de 6,5 kg avec ces régimes.

      - Les effets secondaires cliniques des régimes sont rapportés dans cinq essais cliniques concernant le régime Atkins et seuls des effets indésirables mineurs (constipation, céphalées, crampes, diarrhée, fatigue, mauvaise haleine) étaient attribuables à ce régime pauvre en glucides (avec un recul qui ne dépasse pas un an).

Conclusions des auteurs :

- Parmi les limites les auteurs reconnaissent une forte hétérogénéité des études incluses.

- En outre, 19 des 48 études sont considérées comme à fort risque de biais (risque d’erreur important).

- Enfin, les régimes comparés sont ceux qui sont proposés dans les groupes de volontaires mais pas forcément ceux qui sont appliqués, les scores d’adhésion aux régimes prescrits n’étant pas utilisés dans l’analyse.

- En résumé, une baisse significative de poids a été observée n’importe quel régime pauvre en glucide ou en lipide. La différence entre les régimes a été  faible.

La perte de poids ne dépend pas de la part relative de tel ou de tel  macronutriment dans l’alimentation.

Tous les régimes se valent à l’échelle d’une population ! Au niveau individuel, c’est finalement celui qui a le plus de chance d’être accepté à long terme qui est le plus efficace sur la perte pondérale.

L’avis du pharmacien :  

           D’abord on note avec plaisir que les auteurs marquent parfaitement les limites et les biais éventuels de leur étude. En soi, et au-delà du prestige de la revue qui a publié cette étude, c’est un gage de sérieux.

L’activité physique apporte une baisse significative de -2,13 Kg sur 12 mois. Cette donnée est compliquée à quantifier vu les disparités entre les diverses méthodes d’entrainement entre l’entrainement fractionné qui a tendance à faire augmenter le poids ! Et l’entrainement d’endurance qui par contre, peut engendrer une perte de poids (un article relativement intéressant à consulter : S. Cascua « Quelle endurance pour mincir ? »)

             Mais l’idée absolument capitale qui ressort de cette étude est, qu’au final, le meilleur régime est celui qui dure dans le temps. Cependant, « un régime » bien accepté à long terme ne doit pas être considéré comme une diète restrictive, une sorte d’épreuve à endurer, mais plutôt comme un changement de comportement global visant à améliorer l’hygiène de vie. Cela implique tout simplement un apport énergétique adapté à la dépense énergétique (comme la loi de l’offre et de la demande en quelque sorte) donc moins de sucre, de gras, et de sel et plus d’exercice physique d’endurance d’intensité modérée.  A cela s’ajoute un bien-être psychique nécessaire pour accompagner voire amorcer cette démarche.

A notre avis l’objectif perte de poids comme élément esthétique est une absurdité dangereuse qui mène à des dérives (anoréxie …) et surtout à une accumulation d’échecs. L’idée est d’avoir un but de poids santé  et surtout un poids bien-être qui passe par l’acceptation de son corps. Cette acceptation ne sous-entend pas forcément résignation, au contraire, c’est positiver une situation où on culpabilise souvent, ce qui a pour conséquence d’entraver sérieusement toute démarche constructive.

Pour nous, régime ou pas, l’important est de faire évoluer son attitude alimentaire et son mode de vie au-delà des modes, en réduisant les comportements à risque (tabac, alcool, stress …) avec un objectif affiché de bien-être physique et psychique : c’est tout simplement la définition de la santé.         

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 19:19

                C’est une reprise par Nabyla Maan (http://www.nabylamaan.ma/) d’un énorme classique du patrimoine MELHOUN marocain Laghzal Fatma. Avec une distribution remarquable, cette version montre la possibilité de faire évoluer une production artistique présentée classiquement de manière traditionnelle (voir folklorique ou naïf) vers un travail qui a une grande profondeur et de grande qualité.

                C’est, en quelque sorte, ce qu’on souhaite de mieux pour notre société. Une société qui, aujourd’hui, au lieu de faire évoluer  les mentalités traditionnelles vers plus de civisme et de progrès, les juxtaposent à une modernité de pacotille déterminant une situation schizophrénique invraisemblable.

 Bonne fête

Lire aussi AID ALADHA OU FÊTE DU MOUTON     

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 21:16

ANALYSE CRITIQUE

VERMOGAL®

UN PRODUIT D’USAGE COURANT ET POURTANT LARGEMENT MECONNU  

 

             Depuis bien longtemps nous cherchons à traiter sur ce blog cette spécialité largement diffusée dans nos officines marocaines. Grâce à cet article c'est désormais chose faite. La difficulté résidait dans l’absence de documentation sérieuse au sujet du Vermogal® dans les principales bases de données. Cette difficulté a été accentuée par l’utilisation sur le packaging d’une dénomination ancienne (utilisée essentiellement dans les pays anglo-saxons) de la  DCI, dénomination qui n’est plus usitée selon les normes AFNOR dans les bases de données type ANSM. Cela a transformé la recherche d’information sur le Vermogal® en « un chemin de croix » ! Par ailleurs, via ce modeste effort on tentera de comprendre la véracité de certaines allégations en particulier « LE VERMOGAL® EST BON CONTRE LA CHUTE DES CHEVEUX »

 

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Avant d’entamer notre analyse critique, et pour illustrer la « popularité » de cette spécialité nous vous proposons cette perle de comptoir

VERMOGAL® UN PRODUIT COURANT ET POURTANT LARGEMENT MECONNU

Nos patients ont du talent ! Oui le Clavulin® (Amoxicilline + acide clavulanique) devient vilain quand on le prend sans consulter son médecin

Le Clavulin® est ici mixé au Muxol® (ambroxol un expectorant) : remarquez que le sirop est pris de travers avec un S qui devient un « 2 » et un « p »qui devient un « q ». C’est le principe de la chiralité en chimie appliqué ici aux lettres alphabétiques !   

Terminons cette « auto-prescription » par le vIrmogal de son vrai nom  Vermogal® (objet de notre curiosité aujourd’hui). Et, précision de taille, en pommade ce qui est en réalité approximatif puisqu’il s’agit en fait d’un gel dermique.

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Vermogal®

ANALYSE CRITIQUE 

La composition marquée sur la boite est la suivante

- Bioallethrin   ………………………………….. 0.5 g

- Méprobutyl   ………………………………….. 2.5 g

- Bromure de benzododecinium ……..........… 0.1 g

La 1ère molécule la bioalléthrin : Q'est ce-que la biopalléthrin ?   

            La bioallethrine n’est en fait que l’ancienne dénomination de la dépalléthrine (cela nous a causé tellement de problèmes pffff) qui n’est autre que le principe actif de la gamme PARA SPECIAL POUX® (shampooing et solution pour application locale). Une spécialité qui a un RCP en France valide en bonne et due forme. Et ainsi la lumière fut … du moins elle a commencé !    

Un autre texte plus important encore qui a illuminé notre lanterne : c’est celui du RCP belge de la spécialité PARA®SPRAY publié par l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS) en Belgique. Ce dernier est beaucoup plus riche que celui de l’ANSM française. Cliquer sur ce lien pour le télécharger : RCP DE PARA SPRAY® (fichier pdf de 7 pages)

La dépalléthrine est classée comme antiparasitaire, plus exactement ectoparasiticide (contre les ectoparsites), insecticide:

- c’est un pediculicide : contre la pédiculose, en clair il tue les poux des cheveux et du pubis, on parle aussi et plus exactement de  phtiriase inguinale au sujet des poux du pubis

- c’est un lenticide : agit aussi contre les lentes qui sont simplement les œufs du pou 

Chimiquement un  pyrèthrinoïde de synthèse, la depalléthrine est en fait un mélange de deux stéréo-isomère (énantiomères) R et S, cette remarque est capitale comme on le verra par la suite. C’est à la base le concept chimique fondamental de la chiralité qui est mis en évidence ici. (C’est peut être compliqué pour certains, mais c’est d’une importance capitale pour comprendre les nuances des choix thérapeutiques)      

VERMOGAL® UN PRODUIT COURANT ET POURTANT LARGEMENT MECONNU

> Pour plus d’informations sur les pyrèthrinoïdes de synthèse consulter

- Une étude remarquable de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique : Estimation des expositions de la population générale aux insecticides un ficher pdf de 78 pages, aller directement à la page 31

- Lire aussi PYRETHRINES – PYRETHRINOÏDES Molécules et présentation  

- Centre de Référence sur les Agents Tératogènes : Pyréthrines et grossesse

- Lire aussi Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec Répertoire toxicologique

Au sujet de la gale

- A lire  l’Institut Scientifique de la santé Publique ISP WIV

- La prise en charge de la gale

Au sujet de poux, nous vous conseillons de consulter : Pr Abdelaziz AGOUMI et coll. « Précis de parasitologie médicale », page 287, Ed Horizons, Collection Medika® 2003  

Mécanisme d’action de la dépalléthrine : source principale AFMPS 

        Dépalléthrine est notamment active contre les poux adultes (Pediculus humanus, capitis et corporis; Phtirus inguinalis), leurs nymphes et leurs larves (lentes) aux différents stades de maturation, quelle que soit la localisation de l’infestation : tête, corps, pubis. Très toxique pour les parasites du corps de la famille des arthropodes, mais très faiblement toxique pour l’homme et les mammifères. Elle agit par pénétration au travers de la cuticule cirolipidique des arthropodes et de leurs lentes. L’activité se manifeste par une paralysie ascendante de l’insecte, débutant par le contact des zones sensibles aux extrémités des pattes avec le produit. Pour des arthropodes, les pyréthrinoïdes sont des poisons neurotoxiques.

Question : dans toute la littérature qu’on a consultée la dépalléthrine n’a jamais été citée comme traitement de la gale !

Contre l’agent de la gale le sarcopte scabiei hominis le traitement préconisé est l’Esdépalléthrine (DCI de la spécialité Spregal®) ce dernier est l’isomère S de la dépalléthrine

Source d'origine de l'image NCBI PUBCHEM Substance       

VERMOGAL® UN PRODUIT COURANT ET POURTANT LARGEMENT MECONNU

Selon l’étude précitée de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique : Estimation des expositions de la population générale aux insecticides page 32 de ce document pdf « A l’exception de la delatméthrine que l’on est capable de synthétiser pure, les autres pyrèthrinoïdes de synthèse sont des mélanges d’isomères, il a été démontré que les différents isomères d’un même pyrèthrinoïde (présence d’un centre chiral) peuvent avoir des propriétés toxicologiques tout à fait différentes » .

Sur cette base et à défaut d’information officielle et précise on peut douter de l’efficacité de la dépalléthrine sur l’agent de la gale (le sarcopte scabiei). En clair si l’utilisation du Vermogal® contre les poux et les lentes est parfaitement justifiée, son usage contre la gale par contre est discutable !              

La 2ème molécule : Butoxyde de Piéronyl appelé aussi méprobutyl 
    Cette molécule n’a pas de propriétés insecticides par elle-même, elle potentialise en réalité l’effet du  pyrèthrinoïde (dans le Vermogal® c’est la dépalléthrine)

« L’action synergiste du Pipéronyl butoxyde est due à l’inhibition des enzymes oxydatives chez l’insecte capables de détoxiquer l’insecticide. L’inhibition ou le blocage de la détoxification enzymatique améliore ainsi significativement la mortalité » source Envirochem Europe

Le butoxyde agit ici en synergie, en empêchant l’élimination du pyréthrinoïde des insectes attaqués, par une inhibition des enzymes de défense. Source AFMPS. Cela rappelle en quelque sorte l’effet de l’acide clavulanique avec l’amoxicilline, ce parallèle permet de mieux appréhender cette formulation pour le commun des officinaux que nous sommes !   

La 3ème molécule : bromure de benzododecinium

Fiche descriptive sur le plan chimique du bromure de benzododecinium

C’est un antiseptique local de très faible activité, (source ANSM) de la classe des ammoniums quaternaires (un cationique ne pas mélanger avec les savons !).

Dans cette formulation son utilisation paraît a priori logique si on admet l’utilisation du Vermogal® dans la gale, en effet un antiseptique même faible pourrait faire éviter les surinfections bactériennes liées au prurit.

Dans le cas de la lutte contre les poux et les lentes l’effet antibactérien du bromure de benzododecinium, à notre avis, n’a aucun intérêt. Etant donné que l’indication du Vermogal® dans la gale est discutable sa place dans cette formulation est alors tout aussi mitigée (sauf erreur de notre part).

Au final, sauf élément qui nous échappe, le Vermogal® est un bon produit pour lutter contre les poux et les lentes moyennant les précautions d’usage. Son utilisation dans la gale n'est pas étayée par des arguments solides contrairement à ce qui est marqué sur le prospectus (Sauf erreur de notre part).    

LE VERMOGAL® EST-IL BON CONTRE LA CHUTE DES CHEVEUX ?

     Au Maroc, Vermogal® est aussi uitilisé en tant que fortifiant capillaire. Notre curiosité nous pousse à nous pencher sur cette "indication" inventée chez nous puisque non trouvée sur les documents consultés. Serions-nous des génies de cosmétique capillaire à l'insu des grands laboratoires spécialisés et surtout à moindre frais ? (19,00 DH le tube de 60g ). Il est de notoriété publique que la chute de cheveux est un gagne pain (et quel gagne pain !) pour de nombreux dermatologues et autres industries pharmaceutiques (nonobstant des charlatans). Voyons voit :     

Comment peut-on stimuler physiologiquement la repousse des cheveux ?  Il y a deux grandes démarches :

VERMOGAL® UN PRODUIT COURANT ET POURTANT LARGEMENT MECONNU

Démarche 1 :  Par action sur le système endocrinien via le blocage des androgènes. A l’heure actuelle il n’existe pas de produit à notre connaissance qui est basé sur cette pharmacodynamie. On le comprend rapidement ... car stimuler la repousse de cheveux et se retrouver avec une gynécomastie n’est pas très pratique (!!!)   

Démarche 2 : Par une action vasculaire locale, c’est le cas du minoxidil (et de ses dérivés) qui va créer une vasodilatation locale permettant une meilleure irrigation du bulbe du cheveu et donc un meilleur apport local en micronutriments.  

Cet effet peut être obtenu aussi par des substances qui ont un effet rubéfiant c'est-à-dire qui produisent une rougeur sur la peau, en dilatant les capillaires sanguins et causant un surplus de circulation sanguine dans la zone d’application ( à titre d’exemple le cosmétique Gel Rubéfiant Ducray®). Cet effet a été discuté en long et en large dans notre article : Association d’un emplâtre révulsif et d’un dermocorticoïde (juin 2012)

Notons aussi que cet effet de vasodilatation locale au niveau de la peau peut être obtenu tout simplement par le sport : affin de dégager l’excédent de chaleur provoquée par l’effort physique, le corps crée une vasodilatation périphérique afin de faciliter le transfert de chaleur, cela a pour effet collatéral de favoriser une meilleure irrigation des phanères dans l’ensemble.

Quel rapport avec le Vermogal® ?

A la page 33 de l’étude précitée de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique : Estimation des expositions de la population générale aux insecticides, on peut lire ce qui suit

« Exposition par voie orale : Les effets rapportés sur le système gastro-intestinal de personnes consommant des quantités jugées élevées de pyréthrinoîdes sont des nausées, des vomissements et des diarrhées (Gotoh et al, 1998 ; He et al, 1989). Des effets rénaux, hépatiques ou sur le système endocrinien ne sont pas rapportés, l’ingestion de quantité importante peut provoquer des tremblements, des convulsons et des céphalées importantes.
Exposition par voie cutanée : L’exposition par contact aux pyréthrinoïdes entraîne directement une irritation de la zone de contact (Schoenig 1995). Des sensations anormales (brûlure, fourmis...) au niveau de la zone de contact peuvent être observées  (leQuesne and Maxwell, 1980 ; Tucker and Flannigan, 1983).» sic  

Pas d’effet endocrinien prévisible  du Vermogal® (en particulier pas d’effet antiandrogénique), la démarche 1 est donc non valide pour expliquer l’effet sur les cheveux de cette spécialité.

Au niveau cutané par contre, l’étude rapporte une irritation de la zone de contact : c’est le fameux effet rubéfiant qui agresse le cuir chevelu et qui peut causer de grands dégâts sur les muqueuses en particulier ophtalmiques. Cet effet sur la chute est limité dans le temps et se fait moyennant des effets secondaires sérieux. Par ailleurs l’irritation (effet rubéfiant)  provoquée par ce  pyréthrinoïde n’est pas constante chez tous les patients. Elle dépend paradoxalement de la sensibilité du cuir chevelu.     

Conclusion générale :

       Non nos patients ne racontent pas forcément que des sornettes en disant que ce pellucide leur a fait du bien sur les cheveux. A nous, officinaux, d’expliquer les dangers et les limites de ce genre de produits avec des arguments sérieux.

Ce modeste travail nous a permis d’appréhender en toute indépendance  un produit largement utilisé ici au Maroc tant sur la base de sa formulation que sur ses effets collatéraux.

Merci à Dr Mouna pour sa relecture éclairée   

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