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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 21:51

CHIFFRES & REPERES

Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

UN JEUNE SUR CINQ AU MAROC SOUFFRE DE TROUBLES MENTAUX

Sources :

1 - Ahmed Salaheddine  « Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux »,  Aujourd'hui le Maroc, n°3138, pages 1 et 16, du 28/03/2014

2 - « Psychiatrie, des chiffres alarmants » TELQUEL, N°614, page 22, rubrique Laser Science, du 4 au 10 avril 2014.

3 - PHARAMSTER 12/03/2011 :  LECTURE OFFICINALE : RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

« Au Maroc, un jeune sur cinq souffre de troubles mentaux, et dans la moitié des cas les troubles ont débuté à l’âge de 14 ans», cette affirmation, rapportée par plusieurs médias marocains, est une déclaration  du Ministre de la santé M. Lhoussaine Louardi  dans son discours inaugural de la 2ème rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire du 26/03/2014 à Rabat.

Par ailleurs, des études de l’OMS corroborés par des études internes du ministère montrent que :

     - 48,9% des plus de 15 ans sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, et que cela est dû à un mode de vie malsain.

     - «Le tiers des décès et les deux tiers de la charge de morbidité à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements malsains du jeune âge».

     - Le mode de vie malsain est corroboré par les faits suivants :

> 16% des élèves âgés de 13 à 15 ans fument

>   6% consomment de l’alcool

>   4% consomment de la drogue.

> 15% sont en situation de surpoids,

> 82% n’ont quasiment pas d’activité physique

> 30% ont été victimes de violences

> 14% ont tenté de se suicider

 

L’avis du pharmacien :

         Ces chiffres sont une terrible réalité montrant une société, à majorité jeunes, qui souffre atrocement. Cette réalité, les officinaux, comme le reste du corps médical, dans les quartiers périphériques la vivent au quotidien.

L’exacerbation des troubles mentaux chez les jeunes va engendrer une augmentation vertigineuse de la consommation de psychotropes. Parallèlement le manque de suivi psychologique et psychiatrique de ces patients va être lui-même la cause de mésusage et d’abus de consommation de psychotropes. Cette situation crée un cercle vicieux :

Mode de vie malsain >> Troubles mentaux >> Mauvais suivi médical >> abus de psychotrope

Face à cette état de fait, l’officinal se retrouve en la première ligne à supporter et à gérer une demande de psychotrope faramineuse. Pire encore, cette demande exagérée met en péril la sécurité même du pharmacien et de ses collaborateurs car elle engendre une violence exacerbée par le sentiment d’impunité et de non droit où on vit au quotidien.

Des solutions :

Le ministre propose :

 «… de promouvoir les prestations préventives et éducatives, le dépistage et la prise en charge précoce ; de contribuer à la mise en place d’un environnement générateur de comportements sains et de faire participer les jeunes aux actions engagées»

 Une phrase politique trop généraliste pour quelle soit suivie d’effets tangibles.

« Le ministre veut aussi aller plus loin sur la voie qui a déjà permis de réaliser 22 centres de référence en santé scolaire et universitaire, 30 centres médicaux universitaires et 32 espaces de santé pour jeunes. Et, qui a également débouché sur la mise en place de structures et de services spécialisés en santé mentale et en lutte contre les addictions. »

Honnêtement, nous pensons que la solution est ailleurs. En effet quand on a 20% de la population juvénile en état de souffrance psychique, ce n’est pas une trentaine de centres qui va suffire mais des centaines et des centaines, ce qui concrètement est irréalisable. Désolé, mais la solution ne peut être qu’étiologique, à savoir lutter contre ce qu’appel Mr le Ministre le « mode de vie malsain ». Et là c’est beaucoup plus compliqué, car il s’agit de promouvoir le progrès social dans son ensemble. Et pour cause cela nécessite un projet de société cohérant et réaliste alors que nous vivons dans une société schizophrène mi-traditionnaliste mi-moderne sans vision à long terme. Une société dont les repères sont un amalgame d’anachronismes absurdes et d’une modernité de façade imposée par les nécessités économiques et les évolutions technologiques. Cette situation est exacerbée par l’état désastreux de l’Ecole marocaine, qui aurait put être une bouée de sauvetage à cette société et qui se retrouve, du fait de décisions politiques quasi criminelles, elle-même dans un gouffre de médiocrité.

Les solutions proposées par Mr le Ministre auraient put être efficaces si elles accompagnaient un projet de société viable. Prisent toutes seules, ces dispositions resterons, comme d’autres …, des vœux pieux.                           

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