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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:54

CHIFFRES & REPÈRES

Inquiétude sur l’équilibre financier futur de l’AMO*

*Assurance maladie obligatoire au Maroc

Source Image de base Samuel MAZIERES (Qu'il en soit remercié) photocomposition PHARAMSTER

Source Image de base Samuel MAZIERES (Qu'il en soit remercié) photocomposition PHARAMSTER

Source :

«La Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS, caisse qui gère l’AMO pour les fonctionnaires) devrait dès l’année prochaine s’insérer dans un cycle de dégradation tendancielle de ses finances», prévient son directeur général, Abdelaziz Adnane. La CNOPS affichait, jusqu’en 2013, une santé financière jugée saine : l’excédent dégagé s’élevait à 6 milliards de DH.

Remarque de l’officinal : est-t-il normal qu’une caisse à vocation sociale dégage un tel excédent placé dans le circuit financier, alors qu’une bonne partie de la population n’est pas correctement couverte ?  

Pour expliquer la future dégradation des comptes de la CNOPS, Abdelaziz Adnane avance les éléments suivants :

   1- Avec l’introduction de spécialités très coûteuses dans le cas de maladies longue durée: 7% des assurés consomment 46% des recettes. Par exemple : 170 personnes atteintes de l’hépatite C s’accaparent le tiers des cotisations. «Le Maroc doit-il prendre en compte toutes les innovations ou stabiliser le panier des soins?» s’interroge le directeur de la CNOPS. Toujours est-il que la marge de manœuvre à ces deux niveaux reste réduite.

Remarque de l'officinal : Cette question est particulièrement d’actualité avec l’apparition du sofosbuvir [SOVALDI®]  un traitement efficace mais extrêmement onéreux de l’hépatite C 

  2- Les gains sont à rechercher dans l’utilisation des génériques mais cela reste mitigé.  A titre d’exemple, le taux d’utilisation de ces produits s’élève à 70% aux Etats-Unis. Chez nous le poids des corporatistes impose le statu quo selon directeur général de la CNOPS.

  3- L’effet de la limitation de recrutements dans la fonction publique qui progresse selon une moyenne annuelle de 8,3%, conjugué à l’importance du nombre de départs à la retraite qui évolue annuellement de +2%. Cet écart risque de s’élargir davantage sur les années à venir, voire même dès 2015.

  4- Le Directeur général invoque enfin la disparition de la pharmacie de la CNOPS (qui n’avait aucun texte la légitimant) il donne à titre d’exemple, les PPV pour les spécialités d’oncologie sont plus chers de 340% et 2.150% par rapport aux prix d’achat de la CNOPS et du ministère de la Santé.  
Il ajoute que la baisse des prix qui a été constatée au niveau de certaines spécialités remboursées par la CNOPS à ses assurés en ambulatoire (810 spécialités) va se traduire par une économie de 66 millions de DH pour la Caisse. Mais, dans l’ensemble, l’impact négatif de la baisse des prix des médicaments se chiffre à 47 millions de DH.

Ce constat contraste apparemment avec les prévisions du Ministre de la santé comme on les a rapportées dans notre article « Impact de la baisse des prix sur l’AMO »

     L’avis de l’Officinal :

      Les déclarations de directeur général de la CNOPS montrent, en filigrane, son attachement à l’ex Pharmacie du CNOPS, cette structure qui a opérée durant des années en toute illégalité a été en effet supprimée lors de la dernière reconfiguration des prix des médicaments au Maroc. Cette structure en plus de son illégitimité était sujette à plusieurs abus (comme dans le reste de la fonction publique).

A notre niveau (en tant que simple officinal de base et de proximité) la suppression ou non de cette structure n’affecte en rien notre activité. Pour nous le gros de l’activité est assuré par des produits peu onéreux (moins de 200.00DH) par rapport aux produits qui grèvent les finances de la CNOPS.

D’où l’idée de réserver une liste spécifique de médicaments (comme pour les produits à usage hospitaliers) délivrés non pas au niveau de la CNOPS mais au niveau des structures hospitalières sous contrôle direct du corps médical. Cette idée  constituerait une approche acceptable par une majorité de praticiens (du moins on le pense …).                    

La liste en question devrait être le fruit d’un consensus entre Ministère, CNOPS et Officinaux. Cela aura pour avantage la pérennisation des équilibres financiers de la CNOPS sans que l’écrasante majorité des officinaux ne soit affectée. 

D’autre part dans le même article on apparent que la couverture médicale gérée par la CNSS (La Caisse nationale de sécurité sociale qui gère pour le compte de  l’Etat l’AMO dans le secteur privé) intégrera les soins dentaires dès le 1er janvier 2015. Conséquence :

   1-L’élargissement du panier de soins  AMO aux soins dentaires nécessitera un réajustement des taux de cotisation puisque ce poste est connu pour être budgétivor. L’application de cette augmentation sera différée d’une année.

   2- Dans le détail, la cotisation de solidarité passera de 1,5 à 1,85% en 2016. Elle sera  prise en charge par les employeurs seuls. Le reste de l’effort soit  4,52%,  sera partagé entre salariés et employeurs.

Le paradoxe est que l’officinal (comme les médecins libéraux) n’a toujours pas de couverture médicale !!! Et au même temps en tant qu’employeur il va subir encore une fois une augmentation des charges sociales participant ainsi la couverture médicale des ses concitoyens sans qu’il n’en bénéficie lui-même d’aucune manière !!! 

 

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commentaires

Aude 29/10/2014 14:14

A vous lire,je constate amèrement, que votre situation au point de vue couverture santé et soins 'sont similaires
A la France.
Je m'interroge ,comment se fait il que ce manque de finances soit presque mondial,sur ce point,ici, en France,le malade
Est presque pénalisé, à chaque délivrance d'une boite de médicament,il paye une taxe dessus en surplus de la TVA...
On se demande si nos gouvernants ou autres,ne s'enrichissent pas sur nous.
A croire...
Bien a vous
Aude

Amster 29/10/2014 17:00

Non malheureusement on est loin du niveau de couverture santé de la France. Cela dit pendant de longues années notre système générait des excédents, en clair des bénéfices, qui sont placés chez des institutions financières (???) alors que la couverture n'excédait pas les 15% de la population. Là ... dés qu'on a commencer à généraliser cette couverture, nos managers commencent à claironner au déficit, au déficit, il y a le feu !!!
Ce qui est commun à nos deux systèmes c'est la financiarisation de la gestion des actifs sociaux qui a été toujours chose courante, ce qui a changé la donne actuellement c'est la crise du système financier dont les intérêts sont à contrecourant de la solidarité et de la cohésion sociale. L'assurance maladie est un point névralgique où s'exacerbe toutes les contradictions de nos sociétés.
Merci à vous

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