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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 18:23

LES RAISONS OBJECTIVES

POUR ABANDONNER LA CONSOMMATION DES SODAS

LES RAISONS OBJECTIVES POUR ABANDONNER LA CONSOMMATION DES SODAS

          Dans un billet mis en ligne en ce mois de juillet sur le site Canadien Passeport  Santé, Le site relate une liste d’arguments objectifs et référencés pour abandonner la consommation des sodas (Coca-Cola® ou autres).

L’intérêt de cet article, est qu’il relate pour chaque affirmation les références bibliographiques s’y attachant   

Nous avons  déjà traité, sous d’autres angles, ce sujet dans divers articles :

- février 2010 : IMPACT SUR LA SANTE DES BOISSONS GAZEUSES : OSTEOPOROSE & CANCER DU PANCREAS

- juillet 2010 : BOISSONS ENERGISANTES : PRENDRE DU RECULE

- novembre 2010 : IMPACTE DES BOISSONS SUCREES SUR LE DIABETE & LE SYNDROME METABOLIQUE 

Les sodas favorisent la prise de poids

        C’est prévisible, les sodas contiennent en moyenne 100 g de sucre par litre, soit 20 g par verre (l’équivalent de 4 morceaux de sucre), ce qui est beaucoup trop par rapport aux recommandations de l’OMS qui préconise de ne pas dépasser 50 g de sucre par jour.

Après saturation du stockage du sucre sous forme de glycogène, les graisses prennent le relais et constituent alors une seconde forme de mise en réserve :

    - les sucres sont transformés en triglycérides et sont stockés principalement dans les cellules adipeuses, surtout dans la zone abdominale [2].

    - Ainsi, il est avéré que le sucre des sodas est fortement impliqué dans les phénomènes de surpoids et d’obésité [1],

    - En outre, la consommation de soda ralentirait le métabolisme [3], ce qui signifie que le corps brûle moins de graisses et dépense moins d’énergie, un autre facteur qui favorise la prise de poids

Sources :
1. Babey SH, Jones M, Yu H, et al., Bubbling over: soda consumption and its link to obesity in California, Policy Brief UCLA Cent Health Policy Res, 2009
2. Ma J, Sloan M, Fox CS, et al., Sugar-sweetened beverage consumption is associated with abdominal at partitioning in healthy adults, J Nutr, 2014
4. Meena Hart Duerson, Step away from the soda, says biologist: Fizzy drinks can cause permanent weight gain, www.nydailynews.com, 2012

Les sodas incriminés dans la suralimentation

      Le pic d’insuline consécutif à l’ingestion d’une quantité excessive de sucre réveille la sensation de faim. En effet, l’insuline induit une résistance à la leptine [1], l’hormone qui régule l’appétit.

Ainsi, lorsqu’on consomme des sodas, la sensation de satiété ne se fait jamais sentir. Par ailleurs, les sodas entraînant une dépendance au sucre, il y a plus de risque que la sensation de faim soit compensée par des aliments riches en glucides (biscuits, viennoiseries, pâtes, pain, pommes de terre…).

L’addiction au sucre a effectivement tendance à transformer notre sens du goût, ce qui fait qu’on a plus de mal à apprécier un aliment brut sans sucre ajouté, comme un fruit. Le consommateur de soda entre donc dans une spirale où le sucre appelle le sucre, entraînant bien souvent une surconsommation calorique.

De plus, composés principalement d’eau gazéifiée et de sucre, les sodas sont démunis de fibres, de vitamines, de minéraux et d’autres nutriments essentiels. Ils représentent donc des calories vides pour l’organisme.

Sources
1. M. Hyman, Why Calories Don’t Matter, www.huffingtonpost.com, 2014
2. Shapiro A, Tümer N, Gao Y, et al., Prevention and reversal of diet-induced leptin resistance with a sugar-free diet despite high fat content, Br J Nutr, 2011

Les sodas augmentent le risque de diabète de type 2

      Les sodas, par leur forte teneur en sucres, leur pouvoir à faire monter la glycémie et donc à causer des pics d’insuline, peuvent entraîner à terme une résistance à l’insuline. C’est-à-dire que le sucre est moins bien utilisé par l’organisme, ce qui se traduit par un taux de sucre sanguin plus important. Or, l’insulinorésistance précède souvent le diabète de type 2.

  - Dans une étude réalisée en 2014 [1], 2 037 employés japonais ont été suivis pendant 7 ans. 170 d’entre eux ont contracté le diabète 2 au cours de l’étude. Les chercheurs ont trouvé une corrélation entre la consommation de sodas, qu’ils soient classiques ou light, et l’augmentation du risque de diabète.

  - Dans une autre étude réalisée en 2009 [2], ce sont les effets du soda light exclusivement qui ont été étudiés sur les risques de diabète. Là encore, la consommation d’au moins 1 soda par jour a été associée à un risque accru de 67 % de contracter le diabète 2 par rapport à une absence de consommation.

Le lien de cause à effet entre les sodas et le diabète 2 n’est pas avéré par ces études, car les participants peuvent parallèlement avoir une mauvaise hygiène de vie, mais ils constituent très probablement un facteur aggravant.

Sources
1. Sakurai M, Nakamura K, Miura K, et al., Sugar-sweetened beverage and diet consumption and the 7-year risk for type 2 diabetes mellitus in middle-aged Japanese men, Eur J Nutr, 2014
2. Nettleton JA, Lutsey PL, Wang Y, et al., Diet soda intake and risk of incident metabolic syndrome and type 2 diabetes in the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA), Diabetes Care, 2009

Sources
1. Mallikarjun S, Sieburth RM, Aspartame and risk of cancer: A meta-analytic review, Arch Environ Occup Health, 2013
2. Marinovic M, Galli CL, Bosetti C, et al., Aspartame, low-calorie sweeteners and disease: regulatory safety and epidemiological issues, Food Chem Toxicol, 2013
3. Soffritti M, Padovani M, Tibaldi E, et al., The carcinogenic effects of aspartame: The urgent need for regulatory re-evaluation, Am J Ind Med, 2014
4. Jacobson MF, Carcinogenity and regulation of caramel colorings, Int J Occup Environ Health, 2012
5. Risques alimentaires, la réglementation sur les sodas, www.alimentation.gouv.fr/sodas, 2012

Les sodas contiendraient des substances potentiellement cancérigènes

   Les sodas contiennent un certain nombre d’additifs et d’édulcorants :

- L’aspartame(Canderel® ou autre), qui compose la majorité des boissons light fait l’objet de nombreuses controverses, car il aurait notamment des effets cancérigènes. Si plusieurs études ne démontrent aucun lien entre l’ingestion d’aspartame et les risques de cancer [1,2], une étude réalisée en 2014 sur des rats et des souris a montré le potentiel cancérigène de l’aspartame [3]. Après ingestion, l’aspartame se transformerait en méthanol et libèrerait des substances potentiellement cancérigènes comme le formaldéhyde et l’acide formique.

- Le colorant caramel (E150d sur l’étiquette) utilisé dans les boissons au cola est également suspecté d’être cancérigène. En effet, sous l’effet de la chaleur, le colorant peut former un composé chimique, le 4-méthylimidazole (abrégé 4-MEI) qui serait toxique pour le corps à fortes doses (360 mg par kilo de masse corporelle). Une étude réalisée en 2012 sur des rats a confirmé ce risque [4]. Le colorant est d’ailleurs interdit en Californie [5], mais une fois encore toutes les études ne sont pas d’accord sur son pouvoir cancérigène.

Sources
1. Mallikarjun S, Sieburth RM, Aspartame and risk of cancer: A meta-analytic review, Arch Environ Occup Health, 2013
2. Marinovic M, Galli CL, Bosetti C, et al., Aspartame, low-calorie sweeteners and disease: regulatory safety and epidemiological issues, Food Chem Toxicol, 2013
3. Soffritti M, Padovani M, Tibaldi E, et al., The carcinogenic effects of aspartame: The urgent need for regulatory re-evaluation, Am J Ind Med, 2014
4. Jacobson MF, Carcinogenity and regulation of caramel colorings, Int J Occup Environ Health, 2012
5. Risques alimentaires, la réglementation sur les sodas, www.alimentation.gouv.fr/sodas, 2012

 

Les sodas favorisent la déminéralisation

    De manière générale, il est important de maintenir un équilibre entre le calcium et le phosphore dans l’organisme. Ces deux minéraux jouent un rôle important dans le métabolisme osseux : le rapport entre le phosphore et le calcium doit être compris entre 0,8 et 1 pour une bonne calcification. Si un excès de phosphore est bien supporté par l’organisme, il peut à long terme provoquer une décalcification, car il réduit dans ce cas l’absorption du calcium.

Or, l’acide phosphorique est employé dans les boissons non alcoolisées comme régulateur de pH, et principalement dans les sodas au cola. Ainsi, une étude réalisée sur des adolescentes et jeunes femmes âgées entre 10 et 22 ans a montré une corrélation entre la consommation de soda et un niveau plus faible de calcium dans le sang, ainsi qu’une concentration plus importante de calcium et de phosphore dans les urines [1]. Ce déficit en calcium augmenterait, à terme, le risque d’ostéoporose.

Sources
1. Mahmood M, Saleh A, Al-Alawi F, et al., Health effects of soda drinking in adolescent girls in the United Arab Emirates, J Crit Care, 2008

Les sodas provoquent des caries

     Comme cela a déjà été mentionné, les sodas sont riches en sucres ajoutés, or il est largement reconnu que ces derniers sont fortement impliqués dans l’apparition de caries dentaires [1]. La déminéralisation que peut entraîner le soda touche également la dentition en provoquant une érosion de l’émail [2].

Une étude réalisée aux Etats-Unis [3] a d’ailleurs montré que la consommation de soda est responsable du développement de caries chez les jeunes enfants. Ce sont les acides (phosphorique, citrique…) présents dans les sodas qui causent l’érosion de l’émail. A titre d’exemple, l’eau a un pH neutre de 7 quand le Coca-Cola normal a un pH acide de 2,44.

Sources
1. Freeman R, Moderate evidence support a relationship between sugar intake and dental caries, Evid Based Dent, 2014
2. Kaplowitz GJ, An update on the dangers of soda pop, Dent Assist, 2011
3. Lim S, Tellez M, Ismail Al, Dental caries development among African American children: results from a 4-year longitudinal study, Community Dent Oral Epidemiol, 2015
4. D M. Buyer, Are you drinking your teeth away? How soda and sports drinks dissolve enamel, 2009

Les sodas entraîneraient des troubles du comportement

    Le fait de boire régulièrement des sodas serait associé à une augmentation des comportements violents, notamment chez les enfants et les adolescents.

  - Une étude a été réalisée en 2013 sur 2 929 enfants de 5 ans, dont 43% consommaient au moins 1 soda par jour [1] (la fréquence pouvant aller jusqu’à plus de 4 par jour). Les résultats ont montré que les enfants consommant au moins 1 soda par jour avaient un comportement plus agressif et destructeur que ceux qui n’en consommaient pas du tout. En outre, ceux qui consommaient au moins 4 sodas par jour présentaient davantage de problèmes d’attention que les autres.

  - Les mêmes chercheurs ont réalisé en 2014 une autre étude cette fois-ci sur des lycéens américains [2]. Ils sont arrivés à des conclusions semblables : une plus grande propension à la bagarre, mais aussi un plus grand risque de souffrir de tristesse, de dépression, et même d’avoir des pensées et comportements suicidaires, ceux-ci augmentant proportionnellement à la quantité journalière de sodas.

Même si le lien de cause à effet n’a pas été prouvé dans ces études, on suppose que ces résultats sont dus à la teneur en caféine des sodas, qui peut causer entre autres de l’impulsivité et de la dépression. 

Sources
1. Suglia SF, Solnick S, Hemenway D, Soft drinks consumption is associated with behavior problems in 5-year-olds, J Pediatr, 2013
2. Solnick SJ, Hemenway D, Soft drinks, aggression and suicidal behaviour in US high school students, Int J Contr Saf Promot, 2014

 

L’avis du pharmacien :

   Les sodas et autres boissons gazeuses sucrées sont présentés comme des boissons rafraichissantes, en réalité la boisson rafraichissante par excellence est l’eau.

Par ailleurs, au vu de leur composition chimique complexe (plus compliquée que certaines spécialités pharmaceutiques !) peut-on les considérés comme des aliments, alors qu’ils n’ont aucun intérêt nutritif, ou comme produit d’agrément au même titre que les boissons alcoolisées ?         

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Published by Amster
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