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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:38

LECTURE OFFICINALE

PLACE DU MIEL EN PANSEMENT

DANS LE TRAITEMENT DES PLAIES

 

PLACE DU MIEL EN PANSEMENT DANS LE TRAITEMENT DES PLAIES

           En septembre 2012, nous avons évoqué le miel dans un article intitulé « l’intérêt du miel dans les épisodes de toux nocturne chez l’enfant de moins de 5 ans » selon une étude sérieuse de Haim Efrat and coll. ainsi qu'à travers les recommandations de l’OMS de 2008.      

Cette fois-ci, à travers cette lecture officinale, le miel est proposé comme traitement des plaies. Plusieurs reportages dans des journaux télévisés français ont été consacrés à ce sujet notamment dans des hôpitaux britanniques.

L’étude néozélandaise ci-après, dont on vous propose une lecture officinale, essaye de préciser la pharmacodynamie du miel dans le cadre de son utilisation sur des plaies infectées.

Notons de prime abord, que nous n’avons pas eu accès aux modalités opératoires, et que les sources de financement de cette étude ne sont pas précisées ainsi que les conflits d’intérêts éventuels entre les auteurs et l’industrie du miel de manuka par exemple.

Source principale : Molan P et Rhodes T* “Honey: a biological wound dressing”. Wounds 2015 ; 27(6) : 141-151. * University of Waikato, Hamilton, New Zealand.

Lecture officinale :

Les  auteurs néozélandais rapportent les données suivantes :                     

- Les propriétés physiques du miel sont favorables à son action sur les plaies, du fait de son pH acide (~ 4), ce qui aide la libération d’oxygène par l’hémoglobine et entrave l’activité des protéases.

- De plus, l’osmolarité élevée du sucre assèche le lit de la plaie en assurant l’exsudation de la lymphe. En asséchant de même les bactéries, le miel inhibe leur prolifération jusqu’à ce que les « humeurs » le diluent, c’est alors que son activité chimique qui entre en jeu.

- L’activité antibactérienne du miel in vitro  a en effet été prouvée contre de multiples souches de microbes et de champignons, surtout dans certaines variétés de miel actives contre la plupart des staphylocoques, streptocoques, entérocoques, Pseudomonas, anaérobies, etc. Pour toutes ces souches, la concentration minimale inhibitrice*  a été trouvée < 11 %, ce qui signifie que, même dilué par les exsudats, le miel reste un puissant agent antimicrobien, y compris sur les staphylocoques méthicilline-résistants ou les entérocoques vancomycine-résistants.

- De plus, on ne connaît pas de mutations de germes devenant résistants au miel.

Note officinale : *On définit la CMI comme la concentration minimale d'antibiotique permettant d'inhiber (bactériostase) totalement la multiplication bactérienne, après 18 à 24 heures de contact à 37 °C. Ceci se décline en plusieurs variantes :

- la CMI50 est la plus faible concentration inhibant, en 18 à 24 heures, la multiplication de 50 % des bactéries ;

- la CMI90 est la plus faible concentration inhibant, en 18 à 24 heures, la multiplication de 90 % des bactéries.

- Dans la plupart des variétés de miel, l’activité biologique s’explique par la richesse en H2O2, celle-ci provenant de la glucose-oxydase, enzyme ajouté par les abeilles au nectar stocké dans les rayons de la ruche, et qui ne devient actif qu’après dilution du miel par les secrétions de la plaie, encore que les catalases secrétées inhibent l’H2O2.

Note officinale : L’H2O2 n’est autre que le peroxyde d’hydrogène, communément appelé « eau oxygénée », qui en fonction de sa concentration (10V, 15V … 130V) est capable de libérer un certain volume d’oxygène.

Son usage thérapeutique est décrit comme suit dans le vénérable DORVAULT (23ème édition, page 1241) : « L’eau oxygénée est une source d’oxygène naissant ; à ce titre il agit comme décolorant et aussi comme désinfectant désodorisant et antiseptique. Comme il a été dit plus haut, il se décompose au contacte de la fibrine ; mais lorsque cette décomposition se produit dans le sang vivant, il en provoque la coagulation : l’eau oxygénée est donc hémostatique ».

Ainsi le peroxyde d’hydrogène H2O2 , eau oxygénée pour les intimes, trouve des applications entre autre en chirurgie dentaire comme produit de blanchiment dentaire ou comme hémostatique. Il est (ou il a été) utilisé en coiffure pour décolorer les cheveux (d’où la célèbre expression : des cheveux peroxydés à la Marilyne Monroe).                

 Au niveau du miel ; la formation du peroxyde d’hydrogène par la glucose-oxydase est donc activée par les secrétions de la plaie. Mais … elle est désactivée par les catalases qui sont les antagonistes des glucose-oxydases. La présence naturelle de catalase réduit de facto l’effet antiseptique escompté du miel.       

- Certains miels, comme celui des abeilles pollinisant l’arbre à thé (Leptospermum scoparium) appelé miel de manuka, agissent autrement que par l’H202, et, en conséquence, sont indifférents à la catalase. Leur activité antibactérienne repose alors sur le pyruvaldéhyde, dont le précurseur chimique se trouve dans le nectar de l’arbre à thé et qui paraît particulièrement efficace dans les ulcères de jambe des diabétiques.

PLACE DU MIEL EN PANSEMENT DANS LE TRAITEMENT DES PLAIES

Note officinale :

1- Sur Internet on trouve un grand nombre de producteurs de Miel de Manuka qui revendiquent pour leurs produits des propriétés plus ou moins sérieuses. Un conflit d'intérêt éventuel peut exister entre les auteurs de notre étude et les producteurs de ce type de miel largement produit en Nouvelle Zélande.   

2- Au sujet de pyruvaldéhyde ; souvent appelé méthylglyoxal, de son nom chimique 2-oxopropanal (CH3–CO–CHO) [Il s'agit de l'aldéhyde de l'acide pyruvique (CH3-CO-COOH) qui, entre autres, est le produit final des voies de dégradation du glucose (la glycolyse)].

Le méthylglyoxal apparaît comme sous-produit de diverses voies métaboliques. La principale source de cette molécule reste la glycolyse, où elle se forme par clivage d'un groupe phosphate du glycéraldéhyde-3-phosphate et de la dihydroxyacétone phosphate. Le pyruvaldéhyde est présent dans de nombreux produits naturels, tels que le café.

Source J. Wang et T. Chang, « Methylglyoxal Content in Drinking Coffee as a Cytotoxic Factor », Journal of Food Science, vol. 75, no 6,‎ août 2010, H167-H171 (lire en ligne [archive]) DOI:10.1111/j.1750-3841.2010.01658.x

Le méthylglyoxal du miel (et autres aliments) étant fortement cytotoxique, l'organisme a développé pour le contrer plusieurs mécanismes de détoxication. L'un d'entre eux est le système glyoxalase. C’est vraisemblablement cette activité cytotoxique qui serait utile dans les ulcères de jambe des diabétiques.

Un autre effet rapporté du méthylglyoxal est le fait d'accroître la sensation de douleur en se liant directement aux nerfs, ce qui provoque une hyperalgésie dans le cas d'une neuropathie diabétique.

Source : M Humpert et al., « Methylglyoxal modification of Nav1.8 facilitates nociceptive neuron firing and causes hyperalgesia in diabetic neuropathy », nature medicine, vol. 18,‎ 2012, p. 926-933 (lire en ligne [archive]) DOI:10.1038/nm.2750

Par ailleurs, nous avons trouvé une curiosité ; un document italien des années 1930-1940 rédigé par un certain Emilio Martini [5] qui traite de l’action physiologique du méthylglyoxal, surtout sur le système neurovégétatif.

A la lecture de ce qui précède, on note que l’action antiseptique autant du peroxyde d’hydrogène que du pyruvaldéhyde se trouve à chaque fois contrecarrée(catalse et glyoxalase). Cela montre d’une certaine manière les limites intrinsèques du miel.

Selon les auteurs néozélandais , le miel a en plus des :

- propriétés immunostimulantes, ce qui a été démontré par l’accélération de la cicatrisation qu’il provoque même dans les plaies stériles chez l’animal,

- propriétés anti-inflammatoires, révélées par la réduction de l’œdème,

- un effet apaisant sur les brûlures et, expérimentalement, une diminution des adhérences postopératoires.

Les auteurs en concluent que le miel est un produit très complet. Il réunit selon eux les bienfaits de plusieurs substances et chacune a un effet synergique. Ansi, il existe un certain nombre de pansements tout préparés avec notamment du tulle imbibé de miel de manuka (arbre à thé).

Discussion et avis :

Nous avons trouvé un document remarquable de 35 pages de l’Université Ibn Khaldoun de Tiaret (Algérie) [4] ; il s’agit d’une étude bibliographique tout à fait intéressante. Au sujet de l’utilisation du miel comme cicatrisant sur les plaies, cette étude rapporte cet argumentaire fort utile :

« I.I1.1. Cicatrisation des plaies

- Les pansements humides ou toute forme d'irrigation humidifient les tissus et donc retardent la cicatrisation.

- Les pansements secs adhèrent à la surface, causant de la douleur et des dommages au tissu de granulation, chaque fois qu'ils sont changés.

- Les pansements huileux empêchent les secrétions de s'écouler librement et pouvant ainsi se répandre dans les surfaces de peau voisines en causant des réactions indésirables ou des effets toxiques.

- A l'inverse, le miel est un traitement de choix des plaies, car il est non irritable, non toxique, stérile, bactéricide, nutritif, aisément appliqué et plus confortable que les autres pansements (AMY et al. 1996). Aujourd'hui, une quantité importante de publications scientifiques sur la capacité du miel dans la cicatrisation des plaies confirment sa valeur, comme agent antibactérien et cicatrisant (NATIONAL HONEY BOARD, 2002)»

Dans cet argumentaire, nos confrères algériens n’ont pas mentionné les pansements hydrocolloides qui ont aussi leur indication dans les plaies, escarres … ils sont très bien tolérés. Ils ne contiennent pas généralement d’antiseptique, leur efficacité est démontrée comme le montre cet excellent fichier PDF que nous vous recommandons (4 pages) de la Haute autorité de santé en France HAS de 2011 : «Les pansements Indications et utilisations recommandées ». Les pansements hydrocolloïdes ont comme inconvénient le coût.

Le Document de l’Université Ibn Khaldoun de Tiaret rapporte aussi au sujet de la composition du miel

« I.I.4.Composition du miel :

C'est un produit qui n’est pas stable et ne peut donner lieu à aucune constante parfaitement précise. Il évolue d'une façon continue au cours du temps [(GOUT, 1998) (HUCHET et al. 1996)]. Cette composition varie d’une variété à l’autre, elle est influencée par de nombreux facteurs : La nature du sol et du végétal, les conditions pratiques, le moment et le mode de la récolte, le mode d’extraction et de conservation, la race d’abeille, l’état physiologique de la colonie et surtout le type de nourrissement, mais les principaux composants sont les mêmes dans tous les miels (JEFFREY et ECHAZARETTA, 1996). »

Etant un produit instable, le miel ne peut être considéré comme médicament, mais plutôt comme un bon remède dans la mesure où

- son application sur les plaies n'occasionne pas d'effets délétères.

- ses conditions de production et de conservation sont excellentes. Ces conditions nécessaires à une qualité médicale renchérissent automatiquement et de manière substantielle le coût du traitement par le miel.

Conclusion :

        L’utilisation du miel sur des plaies ne parait pas provoquer des effets secondaires notables. Il peut améliorer l’évolution d’une plaie, cet effet bénéfique est lié entre autres, à la présence de peroxyde d’hydrogène (H2O2) et de pyruvaldéhyde. Cependant, son instabilité et sa composition inconstante ne peuvent en faire un médicament, il reste néanmoins un bon remède pour les plaies comme pour d’autres affections comme la toux nocturne de l’enfant de moins de 5 ans, à condition qu’il soit de bonne qualité. C'est en quelque sorte un alicament à usage local.  

Rédigé avec l'aimable collaboration de Dr L. Mouna Pharmacienne d'officne

 

Références

1- Molan P et Rhodes T* “Honey: a biological wound dressing”. Wounds 2015 ; 27(6) : 141-151. * University of Waikato, Hamilton, New Zealand.

2- Cooper, R. A. PhD*; Halas, E. BSc*; Molan P “The Efficacy of Honey in Inhibiting Strains of Pseudomonas Aeruginosa From Infected Burns” , Journal of Burn Care & Rehabilitation: November/December 2002 - Volume 23 - Issue 6 - pp 366-370

3- O.A. Okhiria, A.F.M. Henriques, N.F. Burton, A. Peters, R.A. Cooper* “Honey modulates biofilms of Pseudomonas aeruginosa in a time and dose dependent manner” (5 pages pdf) Journal of ApiProduct and ApiMedical Science 1 (1): 6 - 10 (2009)

4- « Le Miel : Étude bibliographique » document de 35 pages Word de la bibliothèque de Université IBN Khaldoun Tiaret

5- Emilio Martini « Action physiologique du méthylgyoxal » Archives Biologiques Italiennes

6- Sabrina Radjei « Détoxification des composés dicarbonylés glyoxal et méthylglyoxal par le système glyoxalase et implications dans la protection des protéines au cours du vieillissement cutané » Thèse Ecole Centrale Paris

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ANNEXES

Annexe 1 : Composition du miel

Comme nous l’avons vu, le miel est un produit très complexe dont la fabrication demande plusieurs étapes qui toutes ont une influence sur sa composition chimique finale. En effet, la composition qualitative du miel est soumise à de nombreux facteurs très variables qu’il est impossible de maîtriser tels que : la nature de la flore visitée et celle du sol, les conditions météorologiques lors de la miellée, la race des abeilles, l’état physiologique de la colonie, etc.... En schématisant, la composition moyenne du miel est la suivante:

Hydrates de carbones (sous formes de sucres divers) : 79,5%   Eau : 17%    Divers : 3,5%

Principaux composants du miel en pourcentage

Source Document de l’Université Ibn Khaldoun de Tiaret [4] 

1- Eau 17,2 %

2- Sucres : 79.59 %

- Lévulose (d-fructose) ……………………………..... 38,19 %

- Dextrose (d-glucose) ……………………………..... 31,28 %

- Sucre (saccharose) ……………………………........   1,31 %

- Maltose et autres disaccharides réducteurs .......…   7,31 %

- Sucres supérieurs ……………………………..........    1,50 %

3- Acides : 0.57%

Acide glucoronique, citrique, malique, succinique, formique, etc. ici ce sont les acides totaux calculés en acide glutamique

4- Protéines 0.26%

Acides aminés: alanine, arginine, glycine, leucine, isoleucine, acide aspartique, valine, histidine et lysine 

5- Cendres : 0.17%

Minéraux: potassium, sodium, magnésium, calcium, phosphore, fer, manganèse, cuivre, etc.

6- Composants mineurs : 2.21%

Comprenant principalement des pigments, des substances aromatiques, des alcools de sucre, des tanins, des enzymes et diastases dont l’amylase, la glucose-oxydase, la peroxydase, la succin-deshydrogènase, la phosphatase et les invertases. En plus des vitamines dont la thiamine, la riboflavine, l’acide nicotinique, la vitamine K, l’acide folique, la biotine, la pyridoxine et l’acide pantothénique

Annexe 2 : Stabilité du miel

Le miel est un produit périssable qui subit au cours du temps un certain nombre de modifications aboutissant à la perte de ses qualités essentielles. La rapidité de la dégradation dépend de la composition du produit ainsi que des conditions de sa conservation.

- L’humidité : Ainsi, étant très hygroscopique, le miel confiné en atmosphère humide absorbe l'eau rapidement. Ce phénomène gagne rapidement en profondeur et le miel hydraté acquiert une structure très fragile. Les locaux de conservation et de mises en conditionnement du miel seront secs et aérés.

- La chaleur : Si le produit s'échauffe, on observe alors une dégradation plus ou moins rapide des sucres, dégradation qui s'effectue essentiellement aux dépend du fructose et s'accompagne de la formation d'hydroxyméthylfurfural (HMF). A cette formation d'HMF s'ajoutent une augmentation du taux de l'acidité et une disparition rapide des enzymes.

- Certains miels sont plus fragiles que d'autres en fonction de leur acidité naturelle. En effet, tous les miels dont le pH est inférieur à 4 se dégradent plus vite que ceux dont le PH est supérieur à 4. Il convient donc de garder le miel dans des locaux frais où la température ne dépasse pas 20°C. Si le miel à stocker présente un risque de fermentation, il faudra impérativement le pasteuriser ou le conserver à une température de 4 à 5°C.

Annexe 3 : Les propriétés physiques du miel

- Densité : 1,410 à 1,435 à 20°C

- Viscosité : diminue quand la température s'élève à 30°C (point d'inflexion vers35°C).

- Hygroscopicité : un miel à 18% d'eau se trouve en équilibre dans une atmosphère dont l'humidité relative est de 60% et dont la température est de 14°C. S’il contient plus de 20% d’eau, le miel dégagera du CO2 et fermentera).

- Cristallisation : se produit d'autant plus rapidement que le rapport glucose/eau est élevé. Généralement ce rapport oscille entre 1,6 et 2,5 (colza 2,25 ; acacia 1,63). La cristallisation dépend aussi du rapport fructose / glucose (colza = 0,90 contient plus de glucose que de fructose, cristallisation très rapide ; acacia(1,43), c’est l’inverse. S’il est pur il reste liquide), ainsi que de la présence d’impuretés (pollen, autres)le fait cristalliser.

- Conductibilité thermique : 540x10-3 W.m-1.K-1. Le miel est 14 fois moins bon conducteur que l'eau.

- Conductibilité électrique : entre 1 et 2,5 x 10-4 S/cm (colza, acacia). - Chaleur spécifique : 0,54 fois celle de l'eau à 20°C (pour un miel à 17% d'eau). - Indice de réfraction : de 13 à 26%, selon la teneur en eau (lorsqu’il est liquide).

- Coloration : très variable, du presque incolore au presque noire. Elle s'apprécie au moyen de colorimètres ou de comparateurs visuels. Elle varie selon l'espèce butinée (teneur en différents sucres) et la rapidité de la sécrétion (miel clair si sécrétion rapide).

- Le pH du miel varie entre 3,2 et 5,5. Il est généralement inférieur à 4 dans les miels de nectar, supérieur à 5 dans ceux de miellat (sapin = max 5,3). Les miels à pH bas (type lavande min 3,3) se dégradent plus facilement : il faudra alors prendre un soin particulier à leur conservation.

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