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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:11

La diversification alimentaire du nourrisson

Mise à jour de la Société européenne de gastroentérologie,

d’hépatologie et de nutrition pédiatriques (ESPGHAN)

 

Source Image : Sylvie ...

 

            Dans nos officines la question de la diversification alimentaire des nourrissons se pose de manière récurrente. Cette mise à jour de 2017 de la Société européenne de gastroentérologie, d’hépatologie et de nutrition pédiatriques vient à point nommé nous apporter un éclaircissement bienvenu. En particulier au vu des nombreuses erreurs nutritionnelles dans l’alimentation des nourrissons que nous constatons au quotidien.

Source :

Fewtrell M et coll.: Complementary feeding. A position paper by the ESPGHAN Committee on Nutrition. JPGN 2017 ; 64: 119-132. Doi: 10.1097/MPG.0000000000001454.

 

             La diversification alimentaire est l’introduction d’aliments solides ou liquides, autres que le lait, dans l’alimentation du nourrisson. Le régime « diversifié » doit couvrir les besoins nutritionnels d’un organisme de nourrisson en croissance et en développement rapides.

Basées sur des études postérieures à 2008, les nouvelles recommandations de l’ESPGHAN, la Société européenne de gastroentérologie, d’hépatologie et de nutrition pédiatriques, ont pour but d’aider les professionnels de santé et en particulier les officinaux qui sont en 1ère ligne à conseiller une nutrition adéquate et à inculquer de saines habitudes alimentaires aux nourrissons, tout en tenant compte des pratiques culturelles, des préférences maternelles et des aliments disponibles.

Ces recommandations s’adressent à des nourrissons nés à terme, bien portants, qu’ils soient allaités ou nourris avec un lait 1er ou 2ème âge. Certes ces recommandations visent les nourrissons européens, néanmoins elles permettent aux officinaux marocains d’avoir en mains les grandes orientations à suivre.

 

        Quand commencer la diversification ?

- La diversification alimentaire doit débuter entre 4 et 6 mois, pas plus tôt ni plus tard, les apports de fer et de calories par le lait de mère pouvant s’avérer insuffisants au-delà de 6 mois.

- L’allaitement doit continuer pendant la diversification, bien qu’il ne semble pas protéger des allergies alimentaires, de la maladie coeliaque ou de l’obésité.

- En tout cas, le lait de vache entier, trop riche en protides et en calories, est déconseillé comme boisson principale avant 12 mois.

 

        Quels aliments introduire ?

- Il faut proposer un régime varié aux nourrissons, comprenant des aliments de saveurs et de textures diverses. Les légumes verts à goût amer y ont aussi leur place.

- Aucun aliment n’est interdit, à 2 exceptions près :

  • le miel avant 1 an, à cause du risque de botulisme, (voir l’avis du pharmacien ci-après à ce sujet) &
  • le fenouil (النافع Fœniculum dulcis )  en infusion ou en solution huileuse jusqu’à 4 ans, parce qu’il contient de l’estragole, un cancérogène génotoxique (EMA, 2008).

Selon ces recommandations, on ne gagne rien à repousser l’introduction des aliments potentiellement allergisants et du gluten, cela reste à notre avis c’est discutable …  :

  • chez les nourrissons à haut risque d’allergie à l’arachide (eczéma sévère et/ou allergie à l’œuf), l’arachide doit être introduite entre 4 et 11 mois (étude LEAP), par ex. sous forme de beurre doux de cacahuète, après une évaluation par un spécialiste.
  • le gluten peut être introduit entre 4 et 12 mois sans que le risque de maladie coeliaque soit accru, mais en petites quantités.

Pour plus d’information au sujet du gluten nous vous recommandons la page suivante : Santé digestive, la maladie cœliaque.

 

- L’apport de fer doit être suffisant. Il peut être assuré par des aliments naturellement riches en fer, tels que la viande, des aliments enrichis en fer, ou un supplément de fer.

- On s’abstiendra de rajouter du sucre et du sel dans les aliments et de donner à boire des jus de fruits et des boissons sucrées.

 

       L’avis du pharmacien :

       Le risque de botulisme infantile lié au miel est parfaitement expliqué dans un article simple mais bien référencé du site canadien Extenso : LE BOTULISME INFANTILE MAI 2016

Selon le site ce botulisme infantile lié à l’ingestion du miel est une affection qui reste rare. Le miel est-il alors strictement contre-indiqué chez le nourrisson de moins d’un an ?

Nous ne le pensons pas, cela dit son utilisation comme aliment quotidien ne se justifie pas, non pas par risque de botulisme, mais par sa nature qui est à plus de 90% glucidique.

En effet la dernière recommandation préconise de ne pas ajouter de sucre dans l’alimentation du nourrisson. C'est à notre avis est fort important. Car, outre les effets métaboliques néfastes du sucre raffiné sur l’Homme, l’introduction du goût sucré prématurément perturbe fortement l’apprentissage et l’appréciation de goûts plus complexes.

En effet autant le goût salé que le goût sucré s’apprécie rapidement par les enfants, c’est pour cela que l’agro-industrie en use et abuse. Alors que des goûts plus complexes, comme ceux des légumes (peu salés et très peu sucrés) et de certains fruits, nécessitent un apprentissage et un apprivoisement du système gustatif.

Lire à ce sujet cette thèse de pharmacie de 2013 : Melanie Dumoulin « Développement du goût et des préférences gustatives : du fœtus à l’enfance » Université de Nante 15 mars 2013

L’introduction de produits sucrés chez le nourrisson conditionne rapidement son goût pour la suite. Il devient alors réfractaire aux variations de goûts complexes des légumes, des féculents et autres fruits secs. Cela impacte irrémédiablement son régime alimentaire, avec une accoutumance aux produits industriels très gras très salés et fortement sucrés et avec des arômes chimiques qui éloignent l’enfant d’une alimentation saine.

A notre avis, chez le nourrisson, on doit non seulement bannir le miel mais aussi touts les produits sucrés sauf les fruits pris non transformés c'est-à-dire nature

       Comment procéder ?

Les nouveaux aliments sont d’abord présentés sous forme de purée et donnés « à la cuillère ».

Il faut passer ensuite à la consistance grumeleuse et aux morceaux, et à la prise des aliments avec les doigts et à l’auto-alimentation.

Les purées ne doivent pas être continuées au-delà de 8-10 mois. A partir de 12 mois un nourrisson doit boire au verre plutôt qu’au biberon.

L’alimentation doit être réglée sur la faim du nourrisson et ne pas être utilisée par les parents pour calmer l’enfant ou le récompenser.

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