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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 19:57

 

LECTURE OFFICINALE

du 03/11/08

 

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Titre
                              :
« Placebo sur ordonnance»
Auteurs                       :   Dr Georges Dubois

Réf Internet                : http://www.jim.fr/pharmacien/91_pharma/e-docs/00/01/95/2E/document_actu_med.phtml

Réf bibliographique : Tilburt J et coll. : Prescribing "placebo treatments": results of national survey of US internists and rheumatologists. BMJ 2008;337:a1938, doi: 10.1136/bmj.a1938 ; publié le 23 octobre 2008.

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Du placebo sur ordonnance

 

Dans la plupart des pays développés, la prescription de placebo, semble assez répandue. Or, à l’inverse de ce qu’il en est en recherche clinique, l’utilisation du placebo en pratique courante peut poser certains problèmes éthiques.

Pour juger de l’attitude des médecins sur ce point particulier, une équipe du service de bioéthique du National Institutes of Health de Bethesda a interrogé par voie postale, 1 200 internistes et rhumatologues américains.

 

Sur 1 200 internistes et rhumatologues américains interrogés.

679

57 %

Ont répondu à l’enquête

 

Résultat

En %

AU NIVEAU DE  LA PRESCRITION ELLE MÊME

Sur ces 679

50 %

Ont déclaré prescrire des placebos d’une façon régulière

399

62 %

Estiment que cette pratique ne contrevient pas à l’éthique

18

3 %

Ont utilisé des gélules à base de sel

12

2 %

Ont utilisé des gélules à base de sucre

267

41 %

Avaient utilisé des antalgiques en vente libre

243

38 %

Avaient utilisé des vitamines

86

13 %

Avaient utilisé des antibiotiques

86

13 %

Avaient utilisé Des sédatifs

 

Résultat

En %

AU NIVEAU DE L’EXPLICATION DONNEE AU PATIENT  

241

68 %

Le placebo était décrit au patient comme un médicament pouvant avoir un effet thérapeutique potentiel ou comme un traitement non communément utilisé dans l’indication présente

18

5 %

Expliquent à leurs patients qu’il s’agit d’un placebo, ce qui est plutôt surprenant !

 



Ainsi, d’après les résultats de cette enquête, la moitié des internistes et rhumatologues américains prescrivent des placebos de manière habituelle et considèrent cela comme correct sur le plan éthique. Les produits utilisés peuvent être inertes ou peu actifs pharmacologiquement (sel, sucre ou vitamines), mais parfois, il s’agit de molécules actives, telles que des antibiotiques, ce qui devient beaucoup moins défendable.


L'AVIS DU PHARMACIEN


                1° - Le placebo est « médicament » comme un autre, autrement dit il s’agit d’un outil thérapeutique qui peut être très efficace, pour s’en convaincre il n’y a qu’a lire attentivement les différentes études mettant en avance l’efficacité de la plus part de nos médicaments et qui sont faites souvent contre placebo et vous remarquerais facilement les scores plus qu’honorables réalisés par les placebos, personnellement  je reste sidéré par rapport à ces scores qui sont souvent minimisés par le marketing pharmaceutiques.

Par ailleurs dans un article de P. Lemoine (Laboratoire de Pharmacologie Expérimentale et Clinique Université de médecine de Rennes) Réf  http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pharmaco/placebo.htm#I%20-%20DEFINITIONS, il explicite l’efficacité du placebo comme suit dans un article intitulé : la pharmacologie du placebo  

« L'efficacité moyenne du placebo est difficile à évaluer globalement, tant sont nombreuses les variables. Pour la plupart des auteurs, elle se situerait en moyenne autour de 30 %. Cette donnée statistique n'a en fait guère de signification puisqu'elle varie en fonction d'énormément de facteurs et notamment en fonction du symptôme cible. De plus, 35 à 40 % des prescriptions en médecine concernent en fait des placebos impurs. C'est dans la douleur non provoquée expérimentalement que les chiffres sont le mieux établis. »

               2° - L’utilisation du placebo pose un problème éthique en rapport avec l’honnêteté intellectuelle du prescripteur. Cependant ce problème tombe de lui-même face l’intérêt du patient.

               3° - Beaucoup de produits qui jonchent nos rayons sont en fait des « placebos impurs », généralement leur efficacité pharmacologique n’est pas clairement établie, ce sont souvent des produits ou retrouve la mention « produit à visée … » ou encore « produit habituellement utilisé dans … » et beaucoup d’autres expressions de ce genre qui masquent en fait la faiblesse de l’argumentation pharmacologique proprement dite.

 La prescription ou le conseil de ce genre de produits n’est pas forcement à proscrire mais elle doit répondre à deux exigences fondamentales à mon avis :

-          Primo : l’innocuité, un placebo impur ne doit pas générer des effets secondaires graves, car il y va de la sécurité du patient ou du « malade imaginaire » comme dirait Molière   

-          Secondo : le prix, en effet il est inacceptable d’avoir des placebos impurs à des prix exorbitants car cela deviendrait l’équivalent d’une arnaque. Le prix des placebos impurs est justifié par la notion de « prix psychologique » tel que défini par les économistes.

 PS : J’ai trouvé cette citation magnifique de JEAN COCTEAU à déguster sans modération et qui défini à merveille un placebo  "Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité"

 

Par AMSTER

Le 03/11/08

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