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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 20:02

                   AÏD MOUBARAK SAÏD

 

A l’occasion de AÏD ALADHA, je voudrais vous présenter mes meilleurs vœux mais ces dernières années,
              vu que cette fête est proche de Noël et des fêtes de fin d’année et
              vu la diversité des avis à ce sujet je me suis permis de les présenter de manière plurielle, de façon à répondre à chaque avis.

Mais avant tout de quoi parle-t-on ? Pour vous offrir une séance de rattrapage  je n’ai trouvé de mieux, pour vous, qu’un joli texte sans parti pris et qui résume parfaitement les faits
(c’est un texte destiné aux élèves canadiens du primaire) :     

         « Abraham, Ibrahim, était un grand prophète qui vivait au milieu d'un peuple qui adorait des idoles, c'est-à-dire des statues qu'ils fabriquaient.  Il décida alors de quitter son village pour un autre pays.  Il eut deux fils, d'abord Ismaïl et plus tard Ishaq, Isaac, qui furent l'un et l'autre des prophètes.  Dieu lui ordonna par un rêve de sacrifier son fils.  Ibrahim devint triste, mais il savait que c'était un ordre d'Allah et qu'il devait obéir.  Malgré sa tristesse Ibrahim se prépara à sacrifier son fils.  Avant qu'il le fasse, Dieu l'en empêcha.  Ibrahim et Ismaïl remercièrent Dieu et sacrifièrent un mouton.  Plus tard, Ibrahim et son fils Ismaïl bâtirent la Ka'ba, la première mosquée pour adorer Dieu l’Eternel. »

Texte rédigé par Monsieur FAROUK BAROUDI http://www.emr-tic.qc.ca/emrp/competence2/4-Islam/1er_cycle/aideladha.htm  
Le site de base est le suivant
http://www.emr-tic.qc.ca/


Sur cette base théologique j’ai trouvé trois manières de vous souhaiter une bonne fête. Trois manières basées sur la signification perçue de cette fête :

        1- La première :

C’est de considérer que cette fête signifie la soumission sans faille de sidna Ibrahim à l’injonction divine fût elle de tuer son propre fils. C’est donc la fête de la soumission totale, et la question de savoir le pourquoi de cette injonction ne doit même pas être posée.
Ainsi soit-il et donc je vous souhaite AÏD MOUBARAK SAÏD et que votre soumission à Dieu soit récompensée à sa juste valeur par le tout puissant.    

      2- La deuxième :

Elle est à l’opposée de la première (vous l’avez deviné), elle se base sur le fait que le rite sacrificiel est en fait un rite païen, qui existe dans divers cultures des Incas du Pérou aux Hindous en Inde en passant par les rites sacrificiels en usage dans nos contrées sur les marabouts et autres lieux de cultes.
L’histoire de sidna Ibrahim et de Aïd ALADHA, dans cette version, ne serait finalement qu’un recyclage à la manière islamo-orientale de rites qui ont existé depuis la nuit des temps ; et paradoxalement là aussi la question de savoir pourquoi Dieu a demandé à sidna Ibrahim de tuer son fils ne se pose même pas (non pas « ainsi soit-il » mais « on s’en fou »).
Je vous souhaite donc un Méchoui MOUBARAK SAÏD avec toutes bonnes choses qui vont avec, ou mieux encore un voyage MOUBARAK SAÏD avec de bonnes grasses matinées et des mets les moins gras possible (il faut bien penser à la rentrée) 

       3- La troisième : oui jamais deux sans trois

Cette troisième option, elle, ose poser la question quelle signification l’injonction divine à sidna Ibrahim a-t-elle ? En outre la dénomination « aladha » de cette fête est intrigante elle est certainement en rapport avec « attadhia », sacrifice oui, mais sacrifice pour qui ?
Mais bien sur pour le bon Dieu.

Sachant que Dieu est porteur de grandes valeurs :

      Il est le bon : il porte comme valeur la bonté

      Il est le vivant (al hay) : il porte comme valeur la vie

      Il est le généreux (al karim) : il porte comme valeur la générosité 

      Il est le juste (al aadil) : il porte comme valeur la justice 

      IL est le vrai (al haq’) : il porte comme valeur la vérité

      Il est le clément : il porte comme valeur la clémence et l’amour …

       Etc …

Finalement se sacrifier pour Dieu ne veut-il pas dire se sacrifier pour les valeurs que Dieu représente ; des valeurs de justice, d’égalité, de vérité ...

L’histoire de sidna Ibrahim et de l’injonction divine n’est-elle pas en fait une métaphore à la gloire de ceux qui se sacrifient pour ces valeurs.

Mieux encore, au moment de tuer son fils au nom de valeurs, aussi fortes soient-elles, la clémence divine vient pour rappeler que ce sacrifice ne doit pas être utiliser pour donner ou se donner la mort, cette clémence est là pour rappeler la primauté de la vie.

Et donc naturellement ce jour de fête est dédié à ceux et à celles qui se sacrifient par un geste petit ou grand pour les autres

       
     Une pensée 


         Ma pensée va à ce Saïd qui au moment ou un chauffard ivre allait percuter sa fiancée avec sa voiture poussa cette dernière, alors que lui il fût percuter de plein fouet par le véhicule perdant la vie sur le champs.

         Ma pensée va à ce petit lycéen casablancais qui perdit la vie en voulant libérer une fille de son lycée des mains de quatre énergumènes.

         Ma pensée va à ces 2 sœurs, de mère française et de père marocain, qui se démenaient comme des lionnes pour trouver des médicaments pour un  voisin qui était (ou qui est encore je ne sais plus) sous dialyse et dans le besoin.     

         Ma pensée va à ce père de famille qui sacrifia sa vie pour élever sa nombreuse progéniture en dépit des nombreuses tentations

         Ma pensée va à cette belle femme qui ayant perdu très tôt son mari sacrifia toute sa vie pour élever et bien élever ses deux bambins

         Ma pensée va à cette équipe de médecins qui part sans caméra sans couverture médiatique dans des douars et des villages perdus pour soulager des populations.

          Ma pensée va à ces anonymes qui apportent de temps en temps des victuailles à l’hôpital d’enfant pour aider des familles souvent en grande détresse.

          Ma pensée va à ce père de famille qui plusieurs fois par semaine emmenait le matin une vieille femme à l’hôpital d’oncologie au dépend de ses propres enfants.

          Ma pensée va à ce pneumologue, qui ayant eu connaissance de la misère d’une digne femme asthmatique, la pris en charge allant jusqu'à quémander pour elle les médicaments dont elle a besoin.

          Ma pensée va à SAADIA une femme et quelle femme ; elle a le teint de ceux qui cultivaient les champs de coton au sud des USA, mais surtout elle a un sourire qui ne la quitte jamais, un sourire qui prend toute sa valeur quand on sait qu’elle a un enfant gravement handicapé à la naissance, Abdellah a aujourd’hui a 22 ans, avec dignité avec courage elle lutte pour lui, pour qu’il puisse vivre avec dignité, le trimballant tant bien que mal de taxi en taxi et de service en service, et quand surviennent ses crises de convulsions je sais qu’elle soufre pour lui, un instant un instant seulement, car elle se reprend rapidement avec un «AL HAMDOU LI LLAH ».
Ce foutu sourire ne me quitte pas moi non plus depuis 7 ans que je la connais, quand je pense à elle j’ai honte de penser à mes problèmes. AID MOUBARAK SAID Saadia toi qui ne lira jamais ces mots, toi qui ne sait même pas qu’ils pourraient exister, toi à qui on a inculqué que la grande fête c’était le mouton et qu’on a omis de dire que cette fête était dédiée à toi et à tes sacrifices quotidiens depuis 22 ans.

          Ma pensée va, et je fini avec une petite histoire heureuse, à ce modeste moul al hannout, ce hmad, ce jeune soussi qui tomba amoureux d’une belle aaroubia, ils se marièrent mais ils ne pouvaient consommer leur amour et ce pendant plus d’une année …, on me demanda conseil et donc je les ai orienté naturellement vers le médecin, c’était un hymen rigide, une petite incision et les voilà comblés.

Mais où est le sacrifice dans cette dernière histoire ? Dans un environnement ou la norme est d’être misogyne, où le qu'en-dira-t-on pèse énormément sur les gens et surtout où l’ignorance fait des ravages, délaissé pendant plus d’une année le plaisir de la chaire, alors qu’on est en plus épris l’un de l’autre, c’est faire preuve de beaucoup de sacrifices et d'amour, par bonheur cette fois-ci ces sacrifices ont été payants.                        

           

          Ce sont là des milliers de gestes petits ou grands, intimes ou publiques, le plus souvent non médiatisés dont on prend connaissance et surtout qu’on oubli. AID MOUBARAK SAID à tous ceux qui dans le passé ou dans le future se sacrifient ou se sacrifieront pour la vie.

Ce ne sont pas là des mesquineries pour des moralisateurs occasionnels mais plutôt des actes de cohésion sociale

          Enfin très bonne fête et AÏD MOUBARAK SAÏD à tout ceux qui osent poser les questions, qui osent penser que les rites deviennent lamentablement ridicules lorsqu’on les soustrait aux sens des métaphores dont ils sont issus.        

C’était là trois versions pour vous souhaiter AID MOUBARAK SAID, trois versions qui n’ont en commun que la sincérité de mes souhaits.

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Published by amster - dans REFLEXIONS
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