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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 19:33

Etoricoxib
(ARCOXIA) 

Un Coxib et encore des dégâts

 

Il y a une semaine on a reçu l’ordonnance suivante prescrite pour un patient de 50 ans avec les produits suivants :

 

-         ARCOXIA     Etoricoxib 120  mg cp   

-         COVERSYL   Périndopril   5  mg cp   

 

C’est, encore, une ordonnance avec un inhibiteur de la cyclo-oxygénase 2 (un coxib) associé cette fois-ci à un inhibiteur de l’enzyme de conversion.

Au bout de 2 jours le patient, Si Hassan, revient pour m’informer qu’il a des douleurs thoraciques, réorientation directe et en urgence vers le médecin prescripteur qui pris la décision immédiate d’arrêter l’ARCOXIA
(d’après les dires de si Hassan, à l’annonce de ses douleurs thoraciques, le médecin s’est pris la tête entre les deux mains) .

En effet les argumentaires "scientifico-marketing" s’évaporent immédiatement face à la réalité des dégâts causés.

Et pour cause, dans le n°287 de septembre 2007 la revue PRESCRIRE titrait un article en 5 pages comme suit :

Aucune douleur ne justifie un COXIB

 

Argumentaire :         

1-     Pour soulager les douleurs articulaires, l'antalgique de référence est le paracétamol. En deuxième ligne, on utilise les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), en particulier l'ibuprofène qui expose à des risques digestifs plutôt moindres. Les "coxibs" apparus à la fin des années 1990 ne sont pas plus efficaces, n'ont pas d'avantages digestifs tangibles démontrés, mais ont plutôt un surcroît d'effets indésirables cardiovasculaires.

2-     Des essais cliniques nombreux ont testé l'étoricoxib dans ces indications, et dans la spondylarthrite ankylosante, les lombalgies, diverses douleurs aiguës. Dans aucune de ces situations, il n'a été démontré que l'étoricoxib soit plus efficace que d'autres AINS tels que l'ibuprofène, le naproxène ou le diclofénac

3-     L'analyse des essais comparatifs montre une mortalité totale avec l'étoricoxib supérieure à celle avec le naproxène. Une analyse combinée des essais comparatifs au long cours sur 5 441 patients, essentiellement versus naproxène, montre que l'étoricoxib ne diminue pas le risque de perforations, ulcères ou hémorragies digestives graves. Il ne diminue pas non plus le risque d'incidents digestifs bénins chez les patients à risque (antécédents digestifs, prise d'aspirine).

4-     Trois essais sur un total de 34 701 patients, ont comparé les troubles cardiovasculaires thrombotiques avec l'étoricoxib versus diclofénac (programme Medal [5]). Globalement, les risques cardiovasculaires n'ont pas paru différents, mais les risques thrombotiques pourraient être un peu plus élevés avec le diclofénac qu'avec d'autres AINS classiques

5-     L'étoricoxib, lors des essais cliniques, a provoqué des hypertensions artérielles, des œdèmes, des insuffisances cardiaques. Des troubles cutanés graves ont été notifiés lors des essais et après commercialisation ; on n'en connaît pas l'incidence précise.

 

En conclusion : 
           l'étoricoxib n'est pas plus efficace que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) classiques. Comme les autres "coxibs", il n'apporte pas de progrès en termes d'effets indésirables digestifs graves ; mais il entraîne un surcroît de risques, cardiovasculaires ou cutanés, notamment par rapport à des AINS tels que le naproxène. Autant en rester aux AINS traditionnels tels que l'ibuprofène ou le naproxène, à la posologie minimale acceptable.

 

L’avis du pharmacien :

-      Cet argumentaire implacable démontre qu’il est absurde d’associer un coxib avec un cardiotrope.

-       Le rapport entre le bénéfice escompté, les risques encourues pour les patients et le prix (trop chère pour par rapport aux autres anti-inflammatoires) est complètement en défaveur à l’utilisation de ce genre de produits. Et dans un pays ou la consommation en médicaments par habitant avoisine les 240.00 DH par an : prescrire un coxib sur des arguments basés sur le marketing et le relationnel est tout simplement malheureux     

-      Ce même argumentaire peu tout à fait être étendu aux autres coxibs et en particulier le celecoxib (CELEBREX)    

 

Bibliographie non exhaustive car trop nombreuse :

1-     Acher J et coll. « Acomparison of th therapeutic efficacy antolerability or etericoxib and diclofenac in patients with osteoarthritis” Curr Med Res Opin 2003 ; 19(8) : 725-736

2-     Curtis SP et coll. “ Etoricoxib in the treatment of  osteoarthritis over 52-weeks : a double-blind, active-comparator controlled trial” BMC Musculoskklet Disord 2005 ; 5 : 58

3-     Matsumoto AK et coll. “ A randomized, controlled, clinical trial of etericoxib in the treatment of rheumatoid arthritis” J Rhumatolo 2002 ; 29 (8) : 1623-1630

4-     Rasmussen Gl et coll. “ Etoricoxib provides analgesic efficacity to patients after knee or hip rempalcement surgery : a randomized, double blind, placebo-controlled study” Anesth Anal 2005 ; 101 (4) : 1104-1111

5-     Laine L et coll. “ Assessment of upper gastrointestinal safety of Etoricoxib and diclofenac in patients with  osteoarthritis and rheumatoid arthritis in the multinational etoricoxib and diclofenac arthritis long-term (Medal) programme : a randomised comparison” Lancet 2007 ; 369 : 465-473.

6-     Rev Prescrire 2007 ; 27 (287) : 645-650

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Published by amster - dans MEDICAMENT
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