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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 19:02

 LECTURE OFFICINALE :

Médicaments & troubles du goût

 

       Les troubles du goût d’origine médicamenteux sont souvent considérés comme une question subsidiaire pour le corps médical, pourtant cela revêt une importance non négligeable dans l’observance des traitements et en particulier ceux qui sont prescrits pour de longues durées.

           Savoir prévenir le patient avant le début du traitement, et savoir répondre à ses questions après l’avoir commencé, est une donnée fort importante pour une bonne observance du traitement.

Un article de la revue PRSCRIRE [1] de mars 2008 relate de manière succincte les différentes corrélations entre la prise des médicaments et les troubles du goût.        

 

Rappel de quelques généralités sur le goût :

►   La physiologie du goût est complexe. Plusieurs éléments interviennent dans la constitution du goût

  -       Les récepteurs spécialisés au niveau de la cavité buccale

  -       L’odorat

  -       La texture des aliments

    Les troubles du goût peuvent être 

  -       Quantitatifs : hypogousie ou agueusie

  -       Qualitatifs :   dysgueusie

    Les anomalies du goût sont des troubles subjectifs difficiles à apprécier, d’autant plus que de nombreuses causes sont à l’origine de ces troubles :

  -       Infections respiratoires hautes

  -       Affections buccales

  -       Perturbations métaboliques

  -       Irradiations

  -       Affections du système nerveux central

  -       Les pathologies rénales

  -       Cancers … Etc.

  -       Les médicaments

 

      Concernant les médicaments : 

Il est difficile de distinguer les médicaments qui ont, eux même, un mauvais goût résurgent dans la bouche, de ceux qui perturbent réellement le goût.
Cependant dans la majorité des cas, l’arrêt du médicament permet un retour à la normale


Une étude de 2001 [2], sur la base de 305 observations, rapporte que les médicaments les plus souvent impliqués dans les troubles du goût sont :

   Dans 15 % des cas : les Inhibiteurs de l’enzyme de conversion  IEC, exemple captopril  (LOPRIL®)

   Dans 10 % des cas : la terbinafine (LAMISIL®, TEGUMA® …) à noter que l’arrêt du traitement permet le retour à la normale.

   Dans 6 % des cas c’était la zopiclone (IMOVANE®) qui donne une dysgueusie a type d’amertume buccale

   Dans 6 % des cas la penicillamine qui donne une agueusie, à noter que 25 % des patients traités par le penicillamine présentent cette altération

   Dans 4 % des cas les imidazolés antifongiques type fluconazol (CANAFLUCAN®, NOMYC®, SUPRIMASE® …) et miconazol (DAKTARIN®) qui donnent une sensation de goût métallique dans la bouche.

   Dans 4 % des cas les quinolones

   Dans 4 % des cas les macrolides avec Azithromycine (ZITHROMAX®, AZ®, AZIMYCINE® …)  Clarithromycine (RULID®)

   Dans 3 % des cas le carbimazol (NEOMERCAZOL®) donnant des agueusies transitoires

   Dans 3 % des cas les inhibiteurs calciques avec Amolidipine (AMLOR®, AMCARD®, AMEP® …), diltiazem (TILDIEM®, ALTIAZEM® …) et nifedipine (ADALATE®)

 

L’article rapporte aussi d’autres médicaments dont la griséofulvine, les antiviraux. Les médicaments du système nerveux central, autre la zopiclone, on a la lévodopa qui provoque une agueusie ou dysgueusie a type goût de métal ou de plastique

La sulfasalzine (SALAZOPYRINE®) elle donne aussi un goût métallique. Les biphosphonates comme l’acide étidronique (DIDRONEL®) qui donne des sensations anormales de la langue.

Enfin les anticancéreux, eux, sont très souvent impliqués dans ce genre d’effets secondaires 

Références :

1-       « Troubles du goût d’origine médicamenteuse » Rev Prescrire 2008 ;28(293) : 191-193

2-       « Troubles du goût d’origine médicamenteuse » Rev Prescrire 2002 ;22(233) : 752

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