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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 21:21

CAS D’OFFICINE :

A POROPOS D’UN CAS DE TOUX CHEZ UNE FEMME ENCEINTE
L’EAU EN TRAITEMENT DE FOND 


Présentation du cas :

     Il s’agit du cas d’une femme âgée de 30 ans qui se présente en officine et demande un sirop pour la toux, elle est enceinte de 2 mois, on pose les questions habituelles afin de faire une évaluation officinale globale : 

► Toux grasse ou sèche ? :      c’est une toux grasse

► Aiguë ou chronique :             Aiguë 

► Fièvre ? :                              pas de fièvres

► Médicaments pris :                Progestérone, Fer, Vitamines, Métoclopramide.

 

      A propos de ce dernier médicament, le métoclopramide, la patiente explique qu’elle vomie et qu’elle n’arrive à retenir « même pas un verre d’eau », sur cette dernière information on lui explique la nécessité de boire suffisamment de liquide.

Face au manque d’hydratation on s’est posé sérieusement la question : le manque d’eau n’a-t-il pas crée un dessèchement du mucus respiratoire rendant difficile toute expectoration naturelle ?

 

On proposa donc à la patiente de boire, avec ou sans la soif, de l’eau en petites gorgées durant toute la journée (jamais de verre d’eau entier) on lui demanda de revenir dans deux jours.

Après 4 jours elle passa à l’officine pour acheter un bain de bouche, on profita de l’occasion pour lui demander des nouvelles au sujet de sa toux elle nous a répondu qu’effectivement sa toux a disparue et en plaisantant elle continua "qu’au lieu des flacons de sirops on devrait vendre des bouteilles d’eau minérale".

 

En fait, cela a permis de mettre en évidence l’importance primordiale d’un apport hydrique suffisant et régulier en cas de toux grasse et l’inutilité des autres médications voire leur dangerosité notamment chez la femme enceinte et le nourrisson.

 

Analyse & Explication :  

     Cette importance de l’eau est parfaitement mise en évidence dans un article de C. CHRÉTIENNOT et G. LENOIR du service de pédiatrie générales de l’hôpital Necker enfants malade Paris intitulé POUMON ET HYDRATATION [1]

     Dans cet article il est rappelé que le mucus est produit essentiellement par les glandes bronchiques et les cellules muqueuses. Il forme un film, véritable tapis protecteur de l'épithélium, disposé en deux couches :

La première c’est la  phase sol ou couche périciliaire : fluide, profonde, dans laquelle vont battre les cils vibratiles. Elle est faite d'un fluide aqueux dont l'épaisseur est légèrement inférieure à la longueur des cils. L'origine de ce liquide est secondaire aux mouvements ioniques transépithéliaux (sécrétion de Cl- et absorption de Na+). L'épaisseur de la phase sol et donc sa composition ionique sont essentielles pour l'efficacité du transport muco-ciliaire. Une quantité insuffisante de liquide dans la phase sol gène le battement de cils englués dans le mucus.

La deuxième la phase gel ou mucus : plus superficielle, dense, forme le gel dans lequel sont engluées les particules inhalées. Elle est discontinue dans les petites voies aériennes et continue dans les grosses voies aériennes. Cette différence est secondaire à la présence de glandes muqueuses et de l'adhésion plus importante des particules inhalées qui stimulent la sécrétion de mucus au niveau des grosses bronches. Le mucus possède des propriétés rhéologiques et de surface qui conditionnent son épuration dans les voies aériennes. Une bonne élasticité, une filance élevée (propriété du mucus à former des fils), une faible adhésivité et une bonne mouillabilité (capacité à s'étaler sur la muqueuse) vont être corrélées à l'efficacité du transport muco-ciliaire

 

L'eau, liée aux macromolécules ou emprisonnée dans la matrice gel, constitue l'élément essentiel du mucus bronchique. Le degré d'hydratation va influencer les caractéristiques physiques (propriétés d'écoulement) de la sécrétion

 

       Ils concluent leurs article sur l’importance de recommander à ses patients de bien boire ; une bonne hydratation est le garant d'un mucus de bonne qualité, ainsi que d'un transport muco-ciliaire efficace et protecteur. A fortiori lors d'infections et d'inflammation de l'appareil broncho-pulmonaire, une augmentation de l'hydratation est indispensable et doit faire partie intégrante du traitement : elle permet en effet de diminuer l'hyperviscosité du mucus qui résulte de ces affections.

 

Bibliographie :

1 - Dr C. CHRÉTIENNOT - Pr G. LENOIR POUMON ET HYDRATATION Service de Pédiatrie Générale Hôpital Necker enfants malades Paris http://www.centre-evian.com/fondDoc/index.html?contenu-scientifique.html?http://www.centre-evian.com/fondDoc/dos-science/12810.html

2- Dr. Serge Carillo HISTOLOGIE de l’appareil Respiratoire Voies aériennes profondes L’appareil broncho-pulmonaire Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes Novembre 2004.

 

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Published by Amster - dans CAS D'OFFICINE
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