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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 15:25

                                                          UN COXIB EN QUESTION


Le site
Pharmacie.ma a récemment mis en ligne une analyse officinale critique française d’une ordonnance, analyse intitulée :  

Rôle potentiel du pharmacien, de conseil et d’information, sur la prescription d’un coxib en continu chez une patiente de 73 ans

 

  -  Il s’agit d’un cas extrême, mais c’est un bon début. En effet les officinaux commencent enfin et après tant d’années de mutisme absurde à s’exprimer timidement sur les ordonnances qu’ils délivrent.


 
 -
 Dommage, cette analyse est présentée de manière trop compliquée, comme si l’auteur avait peur d’oublier le moindre petit un détail, comme s’il fallait réciter le VIDAL pour montrer sa compétence. En fait trop d’informations nuit à l’information.    
Il me semble qu’il y a un complexe typique de l’officinal caractérisé par un manque de confiance effarant dans ses propres capacités d’analyse et de jugement. 

   - L’auteur se limite strictement aux subtilités de l’ordonnance sans s’attaquer à la critique du médicament lui-même. Dommage car l’officinal, même en France, reste timoré et a du mal à donner clairement son avis sur des produits avec lesquels il est en contact quotidiennement. On se contorsionne pour dire sans vraiment le dire que les COXIB apportent plus d’effets secondaires que de bénéfice aux patients               

   Le cas des COXIB est fort intéressant car à la base l’inhibition spécifique de la cyclo-oxygénase 2 est une idée brillantissime, elle permet théoriquement d’attaquer l’inflammation sans effets gastriques, théoriquement seulement, car au fur et à mesure des études les COXIB ont montré leur limites : avec des effets gastriques loin d’être négligeables, des effets cardio-vasculaires importants et un prix excessif.
    


Être un entrepreneur, c’est d’abord investir, prendre des risques et donc par conséquent admettre la possibilité de perdre de l’argent. L’idée des COXIB est techniquement géniale, elle a engloutie de grandes sommes d’argent en recherche et développement, sauf que le résultat final post commercialisation n’a pas été à la hauteur  des espoirs en terme d’effets bénéfique pour les patients. L’acharnement à poursuivre la commercialisation des COXIB répond, à mon avis, au besoin de récupérer un maximum des sommes investies, c’est ne pas admettre pour un entrepreneur la possibilité de perdre de l’argent, quitte à mettre en péril la vie des centaines de milliers de patients.

Si à ne pas douter le model libéral permet l’émulation des Hommes, il n’en demeure pas moins qu’il nécessite la mise en place de contrepoids efficients à travers la société civile qu’elle soit à caractère associatif pure ou à caractère professionnelle. Et ce afin d’éviter les dérives qu’on vit actuellement, dérivent menant inéluctablement à l’autodafé du model libéral lui même et à l’émergence des totalitarismes à caractère populistes ou religieux.

Les COXIB ne sont en fait qu’un exemple très édulcoré, subtile et silencieux de ces dérives.  
On a publié un cas similaire sur ce blog au sujet de l’ARCOXIA un autre coxib          

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Published by Amster - dans CAS D'OFFICINE
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