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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:42

Remise sur le marché marocain des spécialités

NOVALGINE & BARALGIN

 

On avait annoncé avec grande satisfaction sur pharamster dans un article  (à lire absolument) daté du 27 avril 2009 la décision de la direction du médicament de supprimer les spécialités NOVALGINE & BARALGIN.

Le 22 juin 2009 un courrier du laboratoire fabriquant adressé aux pharmaciens annonce la décision du ministère de la santé de remettre sur le marché marocain ces deux spécialités à partir de la mi-juillet 2009 moyennant 2 conditions : 

Le rajout au niveau du conditionnement secondaire de la notice la mention suivante en rouge "produit soumis à prescription médicale". 

  Le rajout au niveau de la notice des mises en garde concernant les accidents immuno-allergiques (agranulocytose et choc) sic


L’avis du pharmacien :
              La noramydompyrine (DCI de ces deux spécialités) est une molécule dont le bénéfice / risque est largement défavorable (lire en particulier la deuxième partie de notre article du 27 avril 09). Elle a été tout simplement mise à l’écart voire supprimée dans plusieurs pays en Europe.
              Le fait de rajouter, au niveau du prospectus, la mention « produit soumis à prescription médicale » ne changera certainement en rien les pratiques de délivrance de ces spécialités au Maroc où on vend facilement des produits tableau C ou A sans prescription (pour différentes raisons notamment économiques)  d’autant plus que le NOVALGINE et le BARALGIN constituent  des spécialités largement utilisées en automédication, elles sont de facto très peu prescrites par les médecins.
              Le fait de rajouter sur la notice la possibilité de survenue d’accidents immuno-allergiques sans préciser qu’il s’agit d’agranulocytoses mortelles dans 10 % des cas n’aura non plus aucun impact sur l’utilisation de ces produits.

              Il est clair que le marché de ces deux spécialités est suffisamment gros pour que le laboratoire fabriquant  mette autant de pression pour leurs remise sur le marché marocain malgré les risques encourus par les patients.
Par ailleurs il y a eu une succession d’événements assez troublante, dont on vous laisse juge, à savoir

    - Au mois d’avril 2009 la direction du médicament annonce le retrait des spécialités précitées

    - Un mois plus tard, Pr. Agoumi, qui était jusquà là à la tête de cette direction, est limogé.

    - Un mois encore plus tard, on annonce la remise sur le marché marocain des spécialités susmentionnées


Pr. Aziz Agoumi
 : pharmacien de formation et il est  enseignant chercheur à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat
Mr Omar Bouazza son remplaçant, est pharmacien de formation avec un master de gestion d’entreprise de l’ISCAE, ex pharmacien chef à la délégation de Sidi Kacem et de l’hôpital semi-publique Cheikh Zaid
En claire on a remplacé un homme de la recherche par un homme de l’entreprise, on peut facilement prévoir l’orientation des décisions futures en matière de médicament au Maroc                 

 
In fine :
 

               Les décisions concernant les médicaments sont souvent complexes, et largement obscures pour le commun des citoyens, car elles impliquent :

     - d’une part la maîtrise de connaissances pharmacologiques trés poussées
     - elles impliquent d’autre part de faire des compromis avec de gros intérêts financiers, économiques et industriels qui constituent de véritables groupes de pressions fort puissants aux effets spectaculaires sur les appréciations et les décisions des fonctionnaires de l’Etat.

Malgré cet état de fait lourd et pesant, le corps médical peut encore réagir à 2 niveaux :  
     - Au niveau individuel : en mettant en avant son éthique et sa conscience professionnelle, cette conscience doit être appuyée par une formation continue pertinente et indépendante
     - Au niveau collectif : là c’est le rôle des institutions représentatives (Ordre et syndicats), qui ne peuvent se recroqueviller uniquement sur des considérations corporatistes. Elles doivent investir impérativement le champ scientifique et technique et donner leurs avis en mettant le patient au cœur de leurs préoccupations        

  
                 

 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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commentaires

Martine Pottier 17/07/2014 17:57

Bonjour, mon médecin (je vis en Belgique)vient de me prescrire de la novalgine,il ne m,a pas informée des risques. Je souffre entre autres d,emphysème. Quid?

Amster 18/07/2014 00:01

Parfait

Martine Pottier 17/07/2014 20:18

Bonsoir et merci pour votre réponse. J'apprécie beaucoup mon médecin mais il est parfois distrait. Mon pharmacien qui me connait m'a conseillé de revoir le médecin et ce bien avant que je ne vous contacte...Bien à vous

Amster 17/07/2014 18:26

Mme, il faut respecter en premier l'avis de votre médecin qui connaît votre cas mieux que n'importe qui. S'il a décidé de vous le prescrire c'est, qu'en son âme et conscience, il considère que le rapport bénéfice risque de la noramidopyrine est positif dans votre cas.
Il n'en demeure pas moins qu'il existe, certes, d'autres antalgiques plus sécurisé mais l'avis de votre médecin prime.

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