Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 19:15

MISE  AU POINT

 A PROPOS DE L’USAGE

DES DERMOCORTICOÏDES EN PÉDIATRIE

 

 

                  Au sujet de l’utilisation des dermocorticoïdes en pédiatrie et suite à notre article intitulé « DERMOCRTICOÏDE CHEZ UN NOURRISSON DE 20 JOURS » Dr Amine, médecin généraliste secteur libéral, nous a adressé un  excellent article paru sur Medscape France. Vu l’intérêt et la pertinence du sujet, on a décidé de le reproduire avec notre propre mise en page, permettant ainsi la mise en exergue des idées qui nous paraissent les plus marquantes.      

Source : Aude Lecrubier « Dermocorticoïdes chez l'enfant : stop à la corticophobie ! » publié en ligne le 04 octobre 2011

                 «  Lors d'une intervention consacrée à l'usage des dermocorticoïdes en pédiatrie présentée aux Entretiens de Bichat 2011, le Dr Antoine Toulon  a exposé les modalités de prescription et de surveillance des dermocorticoïdes chez l'enfant *. Il a rappelé que les dermocorticoïdes étaient le traitement de référence dans la dermatite atopique chez l'enfant et que bien utilisés, leurs effets secondaires étaient rares.

*Source : Antoine Toulon,Service de dermatologie, Hôpital Necker Enfants Malades, Paris. " Dermocorticoïdes en pédiatrie ? Quels risques ? ". Entretiens de Bichat. Paris, 29 septembre 2011.             

Les dermocorticoïdes ont transformé la prise en charge et la qualité de vie des enfants atteints de dermatite atopique, mais ils sont parfois associés à d'effets secondaires lorsqu'ils sont utilisés sur de longues périodes et à des doses trop fortes. Certains parents et médecins restent donc frileux quant à leur utilisation.

« Une enquête a montré que 73% des patients s'inquiètent de l'usage des dermocorticoïdes chez leur enfant et que 24% admettent une non observance du traitement », a souligné Antoine Toulon.

Il ne faut pas avoir peur

               ..  Les enfants sont plus sujets à développer des effets secondaires systémiques car le ratio entre leur surface corporelle et leur poids est plus important que chez l'adulte. Chez l'enfant atopique, la pénétration des dermocorticoïdes et le potentiel retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire sont augmentés.

Point important : les effets secondaires systémiques varient en fonction de la forme galénique, des zones sur lesquelles le traitement est effectué et de la nature du dermocorticoïde utilisé. « Ellison et coll. (Université de Manchester, Royaume Uni) rapportent que le retentissement sur l'axe hypothalamo-hypophysaire chez les enfants traités pour une dermatite atopique modérée à sévère par dermocorticoïde d'activité faible ou modérée était rarement présent alors qu'il était fréquent chez ceux traités par des dermocorticoïdes d'activité forte », a indiqué Antoine Toulon.

Les autres effets secondaires systémiques comme le diabète, l'intolérance au glucose, le retard de croissance ou les troubles électrolytiques sont également rares.

              Les effets systémiques locaux sont plus fréquents et sont également liés à la quantité appliquée et à la durée du traitement. Ont été observés, des troubles trophiques (atrophie, télangiectasie, vergeture), des surinfections cutanées, des complications oculaires (en cas d'application péri-oculaire), des tachyphylaxies, phénomènes de rebond, des hirsutismes, des troubles de la pigmentation, des acnés et des dermites péri-orale.

              Pour le dermatologue pédiatrique, si de rares effets secondaires existent bien, l'expérience acquise depuis 50 ans et les données de la littérature indiquent qu'il ne faut pas avoir peur de traiter les enfants. « A moins d'un tube par mois de dermocorticoïde d'activité forte, le risque est très limité », a remarqué Antoine Toulon. 

Corticoïdes : bonne conduite et pièges à éviter

               Les indications des dermocorticoïdes dermocorticoïdes sont les mêmes chez l'adulte et chez les enfants : dermatite atopique, lichénification, vitiligo, pelade, prurigo… « Ils sont utilisés parfois sur le long cours et de ce fait, il est important de savoir les employer au risque d'erreurs responsables de sur ou sous-utilisation », a noté Antoine Toulon.

Les dermocorticoïdes sont classés en fonction de leur niveau d'activité. Les dermocorticoïdes d'activité faible ne sont que rarement utilisés car peu efficaces, les dermocorticoïdes d'activités modérée et forte sont les plus couramment utilisés et les dermocorticoïdes d'activité très forte ne doivent être utilisés que sur des petites surfaces et de manière très contrôlée chez l'enfant ; ils sont contre-indiqués chez le nourrisson. Dans chaque classe, il existe différentes formes et galéniques qui permettent de s'adapter à la zone et au type de lésion.

 En outre, excipient, galénique et liposolubilité influencent la pénétration des dermocorticoïdes. Parallèlement, l'absortion est plus importante chez les nourrissons, sur les zones de peau fines et lorsque la température cutanée est élevée.

« Ainsi, on utilisera un dermocorticoïdes en pommade en cas de lésion chronique du fait de sa meilleure pénétration, de son caractère occlusif et du plus faible risque de sensibilisation chez l'enfant car il contient moins d'excipient », a indiqué l'orateur qui précise que l'attitude actuelle dans la dermatite atopique consiste à traiter la poussée le plus tôt possible, avec des quantités plus importantes de dermocorticoïdes qu'auparavant mais sur une période courte et si besoin, de réaliser un traitement d'entretien sur plusieurs semaines.

Antoine Toulon a rappelé que les dermocorticoïdes ne doivent pas être utilisés sous la couche, que les dermocorticoïdes de très forte activité doivent être évités au maximum et qu'ils ne doivent pas être appliqués sur le visage en particulier autour des yeux et sur les paupières.

Afin de contrôler les applications, Antoine Toulon a recommandé de compter les tubes utilisés, voire de rapporter les tubes vides.

 Le dermatologue a aussi mis l'assistance en garde sur l'erreur qui consiste à prescrire une corticothérapie orale pour augmenter l'efficacité du traitement. « Cette pratique est source d'aggravation ultérieure de la pathologie de fond, en particulier dans le cas de la dermatite atopique », a-t-il expliqué.

Comment améliorer l'observance ?

              La crainte de voir apparaître des complications, peut entraîner une insuffisance de traitement et par conséquent une pérennisation de la maladie au détriment de la qualité de vie de l'enfant.

 Pour diminuer la mauvaise observance, il faut informer et éduquer les parents. Il est important de préciser aux parents que lesdermocorticoïdes sont un traitement de première intention, qu'ils sont utilisés depuis plus de 50 ans et qu'employés de manière adaptée les complications sont rares.

Il convient de bien leur expliquer les modalités d'application et de faire une ordonnance détaillée mentionnant la classe, la galénique, le rythme d'application et le nombre de tubes par mois.

La quantité de dermocorticoïdes à utiliser est parfois difficile à évaluer et source d'erreurs ou de mauvaise observance. Pour éviter ces erreurs et rassurer les parents, les médecins préconisent le FTU « Finger Tip Unit », la quantité de crème appliquée sur la dernière phalange d'un doigt permet de couvrir une surface corporelle équivalente à deux paumes de mains adultes.

En ce qui concerne le rythme d'application, le dermatologue précise qu'il est inutile et source de complications d'appliquer les dermocorticoïdes plus de 2 fois par jour."

Partager cet article

Repost 0
Published by Amster - dans CAS D'OFFICINE
commenter cet article

commentaires

Recherche