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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:08

                         ANALYSE COMPARATIVE

SUPRADYN® BOOST  Vs  SUPRADYNE®

                                              L'UTILISATION DU GUARANA EN QUESTION

 

12-12-05-SUPRADYNE-VS-SUPRADYN-BOOST.jpg 

 Rappels déontologiques à lire absolument :           

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Avertissement : Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences. En matière de santé, l’accès à l’information est un droit mais la décision revient au médecin.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation de l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuelles, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Ce texte est susceptible d’être  supprimé 

 

              Comparer  deux produits similaires est un exercice classique sur PHARAMSTER. Cela permet d’affiner les connaissances et d’apprécier les concepts à la base de tel ou tel produit.

1- Au niveau de la forme :  

Les deux produits se présentent sous forme de CP effervescents, en boite de 10 CP.

Le prix de vente au Maroc  

            - SUPRADYN® BOOST : PPC*   55.00 DH  (*Prix Public Conseillé)

            - SUPRADYNE             : PPM   36.50 DH   (Prix Public Marocain : réglementé)

L’élément de différenciation le plus important à ce niveau est la mention suivante retrouvée uniquement sur le SUPRADYN® BOOST : « Complément alimentaire, n’est pas un médicament ». Conséquences :

      . Au niveau du prix :

            - sur le SUPRADYNE® on a un PPM avec une TVA supportée par le patient de 7%,

            - sur le SUPRADYN® BOOST on a un PPC  avec une TVA supportée par le patient de 20%

     . Cette mention de complément alimentaire augure, comme on le verra par la suite, d’une différence importante

au niveau de la composition entre les deux produits.

    . SUPRADYN ou SUPRADYNE, avec ou sans «E», ce nom constitue vraisemblablement un exemple de ce que la  Revue Prescrire appelle  « une marque ombrelle ». C’est une gamme de produits assez différenciés avec un nom commun très identifiable, non pas par le patient, mais par le consommateur. Car là, on est plus dans les sciences médicales au sens strict, mais dans un amalgame entre les techniques de vente de l’agro-alimentaire et les connaissances pharmacologiques. De facto, la rigueur médicale escomptée de la part d’un produit vendu en pharmacie devient aléatoire. Ce mélange de genres est en soi, un point négatif qui met entre parenthèses, l’intérêt du patient. (Oui c’est du patient dont on parle cette fois-ici).

2- Au niveau de la composition  

Pour faciliter la comparaison, la formulation de ces deux produits sera subdivisée  en 3 groupes de molécules

      a- Groupe des  vitamines     

VITAMINE

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Différence

[1]-[2]

 

En %

Vitamine B1

1,40 mg

4,20 mg

-2.8 mg

-66.6 %

Vitamine B2 

1,60 mg

4,80 mg

-3.2 mg

-66.6 %

Vitamine B3/PP

18,00 mg

54,00 mg

-36,0 mg

-66.6 %

Vitamine B5

6,00 mg          

18,00 mg

-12,0 mg

-66,6 %

VitamineB6            

2 mg          

6, mg

-4,0 mg

-66,6%

Vitamine B8 

0,15 mg

0,45 mg

-0,3 mg

-66,6 %

Vitamine B9

200 µg

600 µg

-400 µg

-66,6 %

Vitamine B12

1 µg

3 µg

-2 µg

-66,6 %

Vitamine C

60 mg

180 mg

120 mg

-66,6 %

REMARQUE :

Par rapport au SUPRADYNE®, le SUPRADYN BOOST® ne contient pas les vitamines suivantes : vitamine A, vitamine D3, vitamine E, vitamine K. 

 

De ce 1er tableau 2 éléments se dégagent :

     - Au niveau de sa formulation en vitamines, la quantité de vitamines dans le SUPRADYN BOOST® est équivalente au 1/3 de celle du SUPRADYNE.

    - Les vitamines qui ont un effet pharmacodynamique marqué on été, tout simplement, écartées de la formulation du  SUPRADYN BOOST®, l’objectif étant d’éviter d’éventuels effets secondaires et de transformer le produit en un simple complément alimentaire avec tout ce que cela implique comme               

                 * simplification des procédures d’autorisations de mise sur le marché

                 * « flexibilité » dans la fabrication et les contrôles …

                 * « flexibilité » des prix pratiqués.    

       b- Groupe des minéraux :  

 

SUPRADYN

BOOST [1]

SUPRADYNE

[2]

Calcium

S/F carbonate  100 mg

S/F d’hydrogénophosphate anhydre : 44,60 mg

 S/F de glycérophosphate : 44,60 mg                     

S/F de carbonate de calcium : 29,15 mg

S/F de pantothénate de calcium : 1,65 mg

Magnésium

S/F carbonate  100mg

S/F d’hydrogénophosphate : 45,00 mg

Zinc(citrate)            

9,5 mg

8,00 mg

REMARQUE

Au niveau du SUPRADYN BOOST® (par rapport au SUPRADYNE®) on note l’absence des minéraux suivants : chrome hexahydraté, gluconate de cuivre, fluorure de sodium, l’iodure de sodium, lactate ferreux, manganèse, molybdate de sodium, phosphore, sélénate de sodium.  

 De ce 2ème tableau, on comprend qu’en termes de minéraux et d’oligo-élément SUPRADYN BOOST® constitue une version très allégée du SUPRADYNE®.

Noter aussi que les sels à base de carbonate (calcium, magnésium) qui composent le SUPRADYN BOOST®  coûtent beaucoup moins chers que des sels plus élaborés type  pantothénate ou glycérophosphate. A ce niveau le SUPRADYN BOOST® présente une formulation qu’on peut qualifier de « low Cost »    

      c- Les autres substances :

La substance la plus active pharmacologiquement dans la formulation du SUPRADYN BOOST® (à notre avis) reste : extrait sec de guarana à 222,22 mg par CP (dont un apport en caféine de 40 mg)

3- Question logique : C’est quoi le guarana ?

12-12-05-Cafeine---Guarana.jpg

     En combinant les informations de divers sites, essentiellement canadiens, on peut mettre en avant les idées clefs suivantes :  

Le guarana (Paullinia cupana) est un arbuste de la famille des Sapindacées originaire d’Amérique du Sud dont les grains contiennent plus de caféine que ceux du café   

 L’extrait de guarana entre dans la préparation de diverses boissons gazeuses et de « boissons énergisantes ». Un instant, rappelez-vous qu’on avait déjà traité ici sur PHARAMSTER cette question de  « boissons énergisantes » dans un article de juillet 2010 intitulé (cliquer sur le titre pour visualiser) :

« LES BIOSSONS ENERGISANTES PRENDRE D'ABORD DU ... RECULE! »

Le guarana entre, donc, dans la composition des boissons dites énergisantes (destinées à stimuler la vigilance) et de produits pour maigrir. Selon des sites canadiens (Passeport Santé, Extenso …) la teneur en caféine de ces produits peut atteindre jusqu’à 250 mg par contenant. En comparaison, 1 tasse de café (250 ml, soit ¼ de l) en fournit de 75 mg à 180 mg.  

L’apport de caféine dans le SUPRADYN BOOST® est de 40 mg, soit l’équivalent d’une bonne tasse de café tel qu’elle se consomme au Maroc ou dans certains pays Européens.

        a- Effets indésirables du guarana :

     - La caféine que contient le guarana peut irriter l’estomac et causer de l'insomnie, de la nervosité et de l'agitation.

      - Prise en grande quantité, la caféine peut provoquer des nausées, des vomissements, de l'hypertension artérielle, des palpitations cardiaques, de l'arythmie, une accélération de la respiration, des crampes musculaires et des maux de tête. De rares cas d’épilepsie passagère ont été rapportés à la suite d’une surconsommation de boissons énergisantes.

    - La consommation prolongée de caféine provoque une dépendance. Le sevrage peut être assez pénible.

         b- Précautions :

       - En 2003, les experts de la Direction des aliments de Santé Canada ont conclu que la consommation de 400 mg à 450 mg de caféine par jour - consommation répartie au long de la journée - ne présente pas de danger notable pour la santé d’une personne adulte. Pour les femmes enceintes, la dose maximale recommandée est de 300 mg. Pour les enfants, elle est de 2,5 mg par kilo de poids corporel (environ 45 mg pour les 4 ans à 6 ans). 

      - Pour les sportifs et les personnes qui cherchent à perdre du poids avec des suppléments contenant beaucoup de caféine : une intoxication à la caféine peut causer des lésions musculaires graves et irréversibles.

      - Personnes âgées ou à risque d’ostéoporose. À cause de l’effet de la caféine sur les os, on recommande habituellement aux personnes âgées ou à risque d’ostéoporose de limiter leur consommation de produits qui en contiennent.

      - La caféine est généralement déconseillée aux personnes qui souffrent de cardiopathies, d’insomnie, de troubles anxieux, d’ulcères gastriques ou duodénaux ou d’hypertension artérielle.

      - On déconseille aussi le guarana aux enfants et aux femmes enceintes ou qui allaitent.

       c- Caféine et médicaments :

    La caféine contenue dans le guarana peut :
      - augmenter les effets d'analgésiques comme le paracétamol et l'acide acétylsalicylique, mais aussi en augmenter sensiblement l'absorption (de l'ordre de 40 %), ce qui peut être dangereux dans le cas d’une prise d’une forte dose de paracétamol (risque de toxicité hépatique) en particulier avec des CP dosés à 1 g. Au Maroc, la caféine est retrouvée associée au paracétamol, entre autre, dans les spécialités suivantes : Dolamine®, Panalgic®, Migralgine®, Panadol Extra®, Cefaline®, Algik®, Rhumix® et Rinomicine® …
      - diminuer les effets des sédatifs et des calmants comme les benzodiazépines;
      - augmenter les effets indésirables de la théophylline, des bronchodilatateurs et des stimulants du système nerveux central comme l'éphédrine;
      - faire varier la glycémie et interférer avec les traitements du diabète;
      - augmenter l’effet des diurétiques;
      - diminuer la concentration sanguine en lithium.

      - Avec la cimétidine (Tagamet®, Antagon® ou autre) Ce médicament peut augmenter les effets indésirables de la caféine.

       - Avec les antiacides : la caféine peut contrer l'effet des antiacides.

       - Avec l’alendronate (Fosavance®) : La caféine peut contrer l'absorption de ce médicament prescrit pour prévenir et traiter l'ostéoporose. Éviter de prendre de la caféine 2 h avant et après la prise du médicament.

     - Avec les Anticoagulants/antiplaquettaires : la caféine peut augmenter le risque d’hémorragie chez les personnes traitées avec des anticoagulants.

     - Nicotine (contenue dans le tabac) : la caféine peut augmenter le risque de dépendance à la nicotine.

4- Analyse critique du SUPRADYN® BOOST

     Les idées maitresses à la base de la formulation du SUPRADYN BOOST®, à notre avis, sont les suivantes : 

          a- Créer une variante du SUPRADYNE classique (étiqueté médicament) qui puisse répondre aux critères des compléments alimentaires. Objectif une plus grande diffusion.

          b- Se démarquer d’une part des autres compléments alimentaires, et d’autre part des autres préparations vitaminées médicamenteuses, par l’ajout d’une substance dite énergisante (le guarana) qui en réalité devrait être décrite comme substance neurostimulante.

          c- Utilisé l’image de marque « SUPRADYNE » afin d’assurer une notoriété immédiate du nouveau produit, lui assurant « un pedigree » déjà construit. La Revue Prescrire utilise pour décrire ce genre de médicaments l’expression « gamme ombrelle ».

          L’avis du pharmacien :

   Au sujet de la caféine

     La caféine est l’exemple type du parfait alicament, puisqu’on la retrouve aussi bien comme aliment (plus exactement un condiment) que comme médicament. Cela pose sérieusement le problème des limites entre aliment et médicament. Ce problème a été discuté sur ce même blog dans une page passionnante intitulée (cliquer sur le titre pour visualiser) : « Pour une classification globale des produits destinés à la consommation humaine »

   Au sujet du SUPRADYN BOOST®

      Le SUPRADYN BOOST® constitue un amalgame entre les boissons dite énergisantes type Red Bull et les préparations vitaminées. A notre modeste avis (qui peut ne pas être juste) cela ne présente en aucun cas un progrès même pour un produit dit de conseil.

Déjà que les boissons dites énergisantes n’ont d’énergisant que le nom. La véritable source d’énergie pour le corps elle est hydrocarbonée (les sucres tout simplement) et lipidique, accessoirement certaines vitamines vont apporter un peu d’énergie. Dans des situations spécifiques (en cas de jeûne prolongé) les protéines vont elles-mêmes être mises à contribution à travers la néoglucogenèse (aussi appelée gluconéogenèse) pour assurer la production d’énergie calorique.

La notion d'énergie d'un produit donné se réfère à sa teneur en calories. La caféine, elle, est clairement un neurostimulant et les produits à base de cette molécule devraient être étiquetés « produits surexcitants » ou « surstimulants ». Cette appellation est plus cohérente avec la nature de leur composition, qui en réalité masque au niveau du système nerveux central la perception de la fatigue,  signal de la souffrance du corps. Masquer cette fatigue c’est exposer le corps à des dégâts parfois irréversibles. 12-12-05-Boisson-energisante.jpg

NB : Les boissons dites énergisantes type Red Bull (ou autres) sont utilisées dans les boites de nuit pour masquer d’une part , l’effet de la fatigue liée au manque de sommeil et d’autre part, l’effet de l’ébriété liée à l’éthanol. Objectif : maintenir momentanément et artificiellement la vigilance du client afin d’augmenter sa consommation d’alcool : bienvenue dans le royaume des dégâts. C’est tout simplement irresponsable.           

Le véritable traitement de la fatigue est le repos et une alimentation adaptée. Par exemple, après un effort physique intense type marathon, on préconisera, dans les 24 heures qui suivent, des repas légers (peu protéinés et peu gras) afin de ne pas trop solliciter la digestion qui utilise une grande quantité d’énergie pour digérer les protéines et certains lipides.

 En matière de fatigue (non liée à une pathologie) on en sait quelque chose puisqu’on a participé à une quinzaine de semi-marathons au Maroc (Marrakech, Casa, Rabat), à quelques marathons à l’étranger (France, Portugal) à deux montées au sommet du Toubkal (via le refuge de Tazarhart) … Etc.        

En gros le traitement d’une fatigue (non liée à une pathologie donnée) se base sur : le repos, de l’eau, des fruits et des légumes. Il est évident que ces conseils de bon sens, ne rapportent rien aux entreprises, et donc elles sont marginalisées au profit de compléments alimentaires au minimum inutiles et dans certains cas dangereux.

Il est regrettable que l’industrie pharmaceutique s’inspire des produits favorisant l’éthylisme dans les boites de nuits, au lieu de penser à répondre aux besoins réels du patient. Et le fabriquant du SUPRADYN BOOST®, n’est pas le seul dans ce cas, d’autres laboratoires lui ont emboité le pas en particulier Sanofi avec sa « gamme ombrelle » Omnivit®  et sa spécialité Omnivit® Energy Tonic (appelée en Belgique Omnivit® Boost)  avec 30mg de caféine par dose.  A ne pas douter qu’une avalanche de produits, étiquetés compléments alimentaires, avec le même principe va envahir nos étalages (Type Elusane® …).

 12 12 05 OMNIVIT  12 12 05 Elusanes Guarana 

Cliquer sur les images pour visualiser

5- Cas d’officine : La bêtise du pharmacien

      Un patient, connu pour être psychiquement fragile ou instable éventuellement sous psychotrope, arrive en officine et se plaint d’une grosse fatigue. Lui proposer comme remède un produit à base de guarana ou de taurine peut s’avérer catastrophique et pour cause :

     - La fatigue qui accompagne souvent un traitement avec des psychotropes est inhérente à l’effet sédatif de certains de ces produits, en particulier les benzodiazépines. Proposer un surexcitant neurologique à base de guarana, même enrobé de vitamines, revient à contrecarrer l’effet des benzodiazépines. Le risque, avec ces produits, est une augmentation de l’irritabilité du patient qui peut se traduire parfois en violence soit envers lui-même, soit envers son entourage. Non, complément alimentaire ne rime pas toujours avec sécurité.

 

    - Même sans prise de psychotropes, le fait de proposer un excitant à quelqu'un qui est psychiquement fragile est une attitude condamnable, car elle est susceptible de générer des comportements à risque par le patient.

6- Question : Dans quels cas peut-on utiliser ce genre de produits ?

     En toute honnêteté, avec toute la bonne volonté, on a cherché des indications à ce genre de produits. Selon nous (l’erreur est donc possible), ces produits trouvent leur utilité dans les cas suivants

    - une fatigue momentanée, avec un risque vital pour soi-même ou pour son entourage. Exemple : sur une route, la nuit, très loin de toute aire de repos, avec des enfants dans la voiture, et une grosse fatigue du conducteur. Une dose unique de ce genre de produits peut être utile pour arriver à bon port et éviter un accident éventuel. En conséquence ce genre de produits peut être placé à côté de la roue de secours (en vérifiant la pression de cette dernière, contrôler par la même occasion  la date de péremption du produit).

  - chez certains patients, qui ne présentent pas de risques par rapport aux excitants, ce genre de produits peut   être utile pour améliorer l’observance d’un traitement donné. Le « coup de fouet », quasi immédiat, que procurent ces produits, peut permettre une meilleure adhésion du patient au protocole thérapeutique proposé. Il s’agit ici d’une astuce pharmaco-alimentaire.

   - Attention l’utilisation comme placébo est à bannir, car la caféine est tout sauf un placébo, elle a des effets pharmacologiques marqués.                                      

 Conclusion :

      Sauf erreur de notre part, l’introduction dans la thérapeutique de substances neurostimulantes, via la porte des compléments alimentaires, ne constitue pas une avancée thérapeutique. Loin de là, l’amalgame entre vitamines et excitants peut être considéré comme dangereux dans certains cas. En tout état de cause, il introduit une confusion manifeste entre la notion « d’énergie » et la notion « d’excitation » et ce, au détriment de la sécurité des patients.

 Annexes :            

     1- Les apports journaliers recommandés (AJR, en anglais RDA) : entre utilisation marketing simpliste et réalité scientifique complexe :

Les AJR que vous trouvez sur le packaging des compléments alimentaires sont présentés de façon tellement simpliste qu’ils perdent toute crédibilité. Pour preuve, ce travail remarquable de santé Canada (comme d’habitude eux, travaillent et nous, nous consommons bêtement) : TABLEAU DES APPORTS NUTRITIONNELS DE REFERENCE. A travers divers tableaux explicatifs, on comprend rapidement que ces AJR dépendent du sexe, de l’âge, du poids, de la grossesse … Etc. Au final ces AJR que vous trouverez sur les compléments alimentaires ne peuvent être pris comme base pour des décisions médicales sérieuses.     

     2- Compléments alimentaires multivitaminés et préventions des maladies cardiovasculaires chez l’homme : 

Dans une étude récente, près de 15 000 médecins américains, âgés de plus de 50 ans, ont été répartis en deux groupes, l'un prenant quotidiennement une supplémentation en multivitamines et l'autre un placebo. Ils ont été suivis pendant plus de 10 ans. La prise régulière de multivitamines n'a pas modifié le risque d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral, ni la mortalité d'origine cardio-vasculaire ni la mortalité globale.

Source : JAMA du 7 novembre 2012. Réf. : H. D. Sesso, W.G. Christen, V. Bubes, J. P. Smith, J. MacFadyen, M. Schvartz, J. E. Manson, R. J. Glynn, J. E. Buring, J. Michael Gaziano : «Multivitamins in the Prevention of Cardiovascular Disease in Men:  The Physicians' Health Study II Randomized Controlled Trial » JAMA. 2012;308(17):1751-1760. doi:10.1001/jama.2012.14805

    3- Allégations santé validées par l'EFSA pour les vitamines (cliquer sur le titre) mise à jour du 24 novembre 2011

    4- « Distinguer les médicaments des autres produits d’apparence médicamenteuse : Méfiance ! les compléments alimentaires sont peu contrôlés » Revue Prescrire, pages 572-576, tome 31, n°334, Août 2011.

    5- « Retrait d’un complément alimentaire illicite : un dérivé du sildénafil dans un complément alimentaire » Revue Prescrire, page 827, tome 32, n°349, novembre 2012   

   6- Témoignage par Dr Mouna :

 Sur les conseils  éclairés d’un herboriste en bonne et due forme, une dame a acheté pour sa fillette de 12 ans, une préparation coupe-faim, à base de produits naturels s’il vous plait ! Le but étant, vous l’aurez deviné, l’inciter à perdre du poids. Quelques jours plus tard, l’adolescente présente des troubles digestifs à type de nausées, vomissements, douleurs abdominales. La mère alarmée, l’emmène chez un médecin qui n’y voit que du feu en pensant à une banale indigestion, sauf que les signes de malaise digestif ont duré. En désespoir de cause, la femme a appelé le centre anti-poisons , qui , à grand renfort de questions réponses (bon interrogatoire),a pu faire le lien entre le produit délivré par l’herboriste et les symptômes décrits. En effet, un responsable du centre a contactée la dame plus tard pour lui demander de ne plus utiliser le produit car il contient de l’extrait de guarana fortement dosé en caféine et responsable des troubles cités. De plus, ce responsable voulait avoir les coordonnées du dit herboriste, histoire de le mettre au courant.

 Sur ce, nous ne le répéterons jamais assez, arrêtons de jouer avec la crédulité de nos concitoyens en balançant des mots comme naturel donc inoffensif : l’amanite tue-mouche, la mandragore et autre belladone sont des produits naturels et pourtant toxiques ; alors naturel  peut malheureusement rimer avec mortel. lire à ce sujet sur ce même blog LECTURE OFFICINALE : VOUS AVEZ DIT NATUREL ?

 

Mes sincéres remerciement pour Dr Mouna (pharmacienne d'officine) pour sa relecture éclairée 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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