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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 19:36

ESCAPADE OU PRESQUE

BLOUSES BLANCHES VS BLOUSES BLANCHES

10 05 11 BLOUSE BLANCHE VS BLOUSE BLANCHE copie

La pancarte d’origine levée par le vendeur d’escargot mentionnait : « Blouses blanches quelles justice ? »     

           Rien ne ressemble à une blouse blanche qu’une blouse blanche, cela devient presque une réalité au vu la dégradation de plus en plus visible des conditions de travail d’une grande partie du corps médical.

Face aux revendications légitimes de la population, le politique prend souvent le raccourci le plus facile et s’attaque en  premier à la partie la plus visible de l’iceberg : le personnel médical qui est directement en contact avec les patients, le rendant responsable de tous les maux de la santé, le dénigrant en passant sur le plan moral et matériel, de façon insidieuse. Oublier que la situation lamentable actuelle des services de la santé* est la résultante de décisions prises par des cols blancs dans des bureaux feutrés et non pas uniquement le résultat de certains comportements de blouses blanches dans des hôpitaux calamiteux (voir simplement miteux), c’est se tromper lourdement de diagnostic

Certes on ne peut pas dédouaner les comportements répréhensibles émanant du corps médical (pharmaciens compris et oh comment !…), ni passer sous silence les comportements des patients eux-mêmes, qui oscillent entre au minimum l’incivisme et au pire la violence caractérisée à l’égard des médecins et des infirmiers, obligeant une bonne partie des structures médicales publiques à avoir recours aux services de vigiles ! (Cela montre le niveau de tension et d’exaspération de toute part)

Doit-on incriminer le patient, non. Doit-on incriminer le médecin, bien sur que non. Oui la responsabilité est partagée, sauf que, quand on se dit « haut responsable » il faut être à la hauteur de sa responsabilité et d’en assumer les résultats qui en découlent qu’ils soient positifs (c’est ce qu’on souhaite) ou catastrophiques.  

Sauf erreur fort possible de notre part, il ne peut y avoir d’assainissement basé uniquement sur la pression sur ceux qui sont en bas d’échelle, les exécutants. Si on met de côté, par manque de courage politique ou pour tout autre raison, les maux qui gangrènent la majorité des hautes sphères de nos administrations on fini par embrasser une politique populiste stérile, contre productive, voir dangereuse car génératrice de tensions sociales (…) elles-mêmes autodestructrices. Notre pays n’a ni le temps ni les moyens de supporter trop longtemps les conséquences de ces tensions. La plasticité de notre système politique ne supporte plus des décisions hasardeuses (…).             

* Lire à ce sujet par exemple : « L’état de la santé révolte Amnesty » Source : K. Skalli LE SOIR, n°1432, page 07, du 05/05/11  

Post-Scriptum du 18/05/11

Un article paru aujourd’hui même relate les revendications des médecins. Source : K. SKALLI, « Une marche pour les blouses blanches » (cliquer pour visualiser), Le Soir, n°828, page 6, du 18/05/11   

 

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            Sans transition, à la page 3 du même journal d’où est tirée la caricature susmentionnée, on retrouve une phrase « regrettable » du ministre de la santé marocain, a propos des réseaux familiaux (…) :  

« Quand Bush père passe le flambeau à Bush fils, quand Clinton passe le flambeau à sa femme, quand Jean-Marie Le Pen passe le flambeau à sa fille, personne ne trouve rien à y redire. C’est ça la démocratie » Yasmina Baddou, ministre de la santé. Source : Le Soir Echos, n°822, page 3, du 10/05/2011

Note importante : ce genre de phrases qui sont misent en une par les journaux présentent des limites à leur analyse : primo est-ce que la totalité de la citation a été rapportée, ou alors l’a-t-on tronqué ? Secundo, le contexte où cette phrase a été dite (phrase dite de manière solennelle ou simplement juste exprimée de manière officieuse)      

En prenant d’abord acte des limites précitées, cette phrase est, diplomatiquement dit, « regrettable » (…). Et pour cause, prendre comme exemple de démocrate Mrs Bush et Jean-Marie Le Pen, c’est méconnaître complètement l’essence de la démocratie qui ne peut être réduite à une simple mécanique électorale. Rappelons qu’un certain Führer a été élu démocratiquement en 1932, cela ne fait pas de lui un démocrate, loin de là c’est même l’un des pires exécrables fascistes que l’humanité a pu engendré. L’essence de la démocratie c’est d’admettre que l’autre (quel qu’il soit) a une part de vérité ou simplement de justesse, ce qui en interdit de facto toute discrimination et impose le dialogue citoyen comme seule arme de lutte pour le pouvoir.

 Par ailleurs quand un ministre maghrébin prend comme référence un leader d’extrême droite français xénophobe, on est en droit de se poser la question s’il n’est pas entrain de se tirer une balle dans les pieds ?     

Honnêtement, notre ministre aurait pu se défendre autrement avec un discours du genre :

« Chers concitoyens, mon plus grand héritage est celui que mon parti l’ISTIQLAL m’a inculqué en terme de valeurs humaines et de sacrifice pour le pays. Et alors que j’ai toujours lutté pour l’égalité des chances entre tous, on m’attaque aujourd’hui, sur ce qui fait la matrice même de mon action politique, en insinuant qu’il existerait un réseau familial qui se coopte pour des postes étatiques. C’est scandaleux d’autant plus que j’ai sacrifié le bien-être de ma famille pour la gloire de mon pays, pire encore mes propres enfants sont lynchés par des sites calamiteux à des fins exécrables, mais cela ne changera en rien mes convictions, mes valeurs et mon attachement indéfectible au progrès de mon pays ».

Le citoyen avertis comprendra facilement ce qu’il a à comprendre, bien sur, mais au moins c’est politiquement cohérent et c’est touchant, les communicateurs parlent eux d’«humaniser une situation » en ajoutant une bonne dose d’affect.

Justement, dans un pays comme le Maroc où il devient de plus en plus difficile d’investir dans les menottes de Mme Michelle Alliot-Marie, (à part si on est fan d’« Attache-moi ! » d’Almodovar …) nos politiques devraient peut être se tourner vers de bons conseillés en communication afin d’éviter des « maladresses » qui témoigneraient de la qualité intrinsèque de leurs analyses.  

PS : Les avis exprimés ci-dessus sont strictement indépendants, mais cette indépendance n’implique pas forcement qu’ils soient justes, cela vaux ce que ça vaux, mais sans plus. En l’occurrence le sens critique du lecteur est absolument requis, afin qu’il se forge lui-même sa propre opinion en toute liberté.         

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Published by Amster - dans ESCAPADE
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