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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 12:33

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

Accointances journalistiques peu recommandables en France

&

Fébrilité décisionnelle au Maroc

 

     A titre de repères nous vous proposons deux billets remarquables illustrant la difficulté de la période actuelle avec ses contradictions et ses incertitudes.

   

     Le premier est une démonstration d’un exemple d’accointance entre un support médiatique et un régime despotique rétrograde, certes ce n’est pas la règle générale néanmoins cette affaire illustre la facilité avec laquelle on manipule l’information pour des raisons strictement pécuniaires. Cette manipulation complique lourdement l’appréciation des faits par le citoyen de base accentuant par là son analphabétisme fonctionnel. Une situation qui dans le cas du Maroc devient catastrophique, car à l’analphabétisme fonctionnel des élites se greffe l’analphabétisme de niveau 1 des plus démunis qui forment une grande partie de notre population. Les médias qui au lieu d’êtres des supports pour la diffusion des analyses rationnelles deviennent parfois un facteur aggravant l’analphabétisme fonctionnel de la population. Sans parler ici de morale, car autant en politique que dans les médias la morale n’est qu’un cheval de Troie utilisé par tout un chacun, l’important pour les citoyens de base que nous sommes reste de démêler dans le capharnaüm des informations quotidiennes les intérêts et objectifs des uns et des autres afin d’accéder à un semblant d’objectivité dans nos opinions, Dieu seul sait si c’est compliqué au vu des réseaux et des accointances abracadabrantes dans lesquelles on évolue.                        

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Un journalisme très à tyran

Source : Journal français « Le Canard Enchaîné », n°4715, du 09/03/2011, page 01

        Pour lancer sa nouvelle formule, « Le Journal du dimanche » a frappé fort : une longue interview du colonel Kadhafi avec gros titres et photo en une. La petite histoire de « cette exclusivité » aurait dû rester secrète sans le zèle des douaniers français.

Samedi 5 mars, les gabelous de l'aéroport du Bourget s'intéressent à un avion privé qui vient d'effectuer un aller-retour Paris-Tripoli. A son bord, Laurent Valdiguié, un journaliste du « JDD », accompagné par un photographe et l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine. Un intermédiaire qui s'est illustré dans l'affaite dite de Karachi et qui est un des affidés du régime de Tripoli.

Première surprise des douaniers : l'avion a bel et bien été affrété par les autorités libyennes.
Deuxième surprise : Ziad Takieddine est porteur de 1,5 million d'euros en liquide et a oublié, comme le prévoit la législation, de déclarer ces liasses de biffetons à la douane. Pendant que Valdiguié va rédiger son interview du colonel Kadhafi, Ziad Takieddine passe vingt-quatre heures en garde à vue avant d'être remis en liberté. Une enquête préliminaire est alors ouverte par le parquet de Paris pour soupçon de blanchiment, et son interpellation rendue publique par les sites Internet du « Nouvel Observateur» et de« L'Express ».

Interrogé, le lundi 7 mars sur Europe 1 (propriété, comme le «JDD », du groupe Lagardère ... ), Laurent Valdiguié assure qu'il a appris seulement la veille que « l'autre passager de l'avion avait été inquiété par la police », mais il se garde de citer son nom.

Comme s'il était honteux pour un journaliste de voyager en jet privé, aux frais d'un régime dictatorial, en compagnie d'un intermédiaire en vente d'armes. C'est même le meilleur moyen pour obtenir les confidences exclusives d'un tyran sanguinaire.

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         Le deuxième billet est tiré du journal marocain « Le Canard Libéré », remarquable par sa pertinence et son côté rationnel et qui montre la fébrilité actuelle des décisions du gouvernement marocain, ce manque de sérénité risquant de coûter très cher au contribuable final, est lui-même anxiogène vis-à-vis du futur du pays.

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Gabegie, mode d'emploi

Source : Journal marocain « Le Canard Libéré », n°194, du 11/03/2011, page 2

        La décision du gouvernement d'intégrer les diplômés-chômeurs sans concours dans la fonction publique a créé un .gigantesque appel d'air chez ces derniers qui ont pris d'assaut les préfectures et wilayas aux quatre coins du pays. Pour freiner ces flux impétueux dont personne ne tient le décompte exact, le cabinet Abbas, tout à sa clairvoyance habituelle, s'est empressé de rendre public un communiqué limitant l'accès à l'emploi aux seuls titulaires d'un doctorat et d'un master. Exit les autres, les licenciés et autres bac et bac+Z qui, eux, doivent passer par le filtre du concours. Sous la pression, le gouvernement a ouvert la boîte de Pandore en se résignant à ouvrir les vannes d'une administration déjà pléthorique et peu efficace aux diplômés-chômeurs dont il a toujours rejeté la revendication au nom de la nécessaire maîtrise de la masse salariale. Or, celle-ci risque désormais de battre tous les records par rapport au PIB, ce qui ne peut que compromettre sérieusement les chances d'une réforme pourtant urgente et compliquer la tâche du prochain exécutif. Celui-ci aura en effet à gérer l'ingérable, le droit de milliers nouveaux diplômés chômeurs qui arriveront entre-temps sur le marché du travail à intégrer l'administration. À ce rythme, il serait urgent de voter une loi autorisant les emplois fictifs ...

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