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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:04

C H I F F R E S   &   R E P È R E S

 

CONSOMMATION DES DROGUES AU MAROC

 12 02 16 Les jeunes et la drogue Association Nassim

Source principale : « Un fléau meurtrier » Association Nassim, Revue Actuel  Maroc, n° 124, page 03, du 14 au 20 jan. 2012

 Autre source : « Drogues, alcool : Lycées en addiction », Revue L’observateur du Maroc, n°158, pages 21-25, du 17 au 23 février 2012.

        A défaut de chiffres officiels, la Revue Actuel Maroc rapporte les chiffres donnés par l’ONG marocaine Nassim : Association de prévention et de lutte contre les addictions (cliquer sur le lien, un site à recommander absolument.) :     

- 2,8% de la population âgée de plus de quinze ans est dépendante de substances psycho-actives. Ce taux atteint

- 15,4% entre 20 et 29 ans

- 11,5% entre 30 et 44 ans

              D'autre part selon un rapport rendu public en Algérie, le Diazépam, commercialisé par Saïdal sous le nom de Valzépam, très prisé des jeunes, occupe la troisième place après le cannabis et la cocaïne dans le top ten des drogues consommées au Maroc !.

  L’avis du pharmacien :

12 02 16 Les jeunes et la drogue le soir n°543 du 06 avril      

        15,4% de la population dans la force de l’âge est addicte à des substances psycho-actives, c’est énorme … . Ces chiffres catastrophiques, non officiels, sont en adéquation avec le constat qu’on fait au quotidien, ils traduisent une réalité indéniable.

Sans vouloir marginaliser ni la souffrance de nos jeunes et de leurs familles, ni l’importance des causes socio-économiques à la base de cette catastrophe, cette situation nous amène à soulever, d’un point de vue officinal, deux éléments :

        1- Ces 15,4% d’addictes entre 20 et 29 ans, impliquent une demande énorme et une pression qui s’exerce au quotidien sur les officinaux. L’officinal, et encore moins ses collaborateurs, n’étant absolument pas formés pour gérer des situations conflictuelles avec des patients psychiquement instables, sont exposés à de sérieux risques concernant leur sécurité. Des risques quasi quotidiens ignorés par la majorité des intervenants de la santé, pour la simple raison que d’une part on continue de dénigrer l’apport de l’officinal et d’autre part ce dernier persiste de "s’auto-dénigrer" par des pratiques contreproductives voir abjectes.

« Allez convaincre un patient en manque que son ordonnance ne respecte pas les règles, dans un pays où tout le monde sait que le respect des lois est accessoire !!! »        

Inutile de rappeler ici les dizaines et dizaines de cas d’officine dramatiques, lire sur ce même blog : Pharmacien de garde : les risques du métier                         

         2- La classification des médicaments en tableau C, A et B est désuète et totalement anachronique, elle ne répond ni à l’évolution de la pharmacologie ni aux exigences des défis sanitaires et socio-économiques d’aujourd’hui.

L’idéal (…) serait de repenser de façon globale la classification des produits destinés à l'usage humain. Lire à ce sujet notre réflexion : « Pour une classification globale des produits destinés à la consommation humaine ».

Mais en attendant l’ébauche d’un tel chantier, le minimum serait d’introduire un 4ème tableau, appelons le « D », qui englobera des produits du tableau A générant de risques sérieux de dépendance. Cela ira du bromazépam (Lexomil®) au tramadol en passant par le sulpiride (Dogmatil® ou autre).

Ce nouveau tableau (...) sera régi par des règles spécifiques, qui tout en étant moins contraignantes que celles du tableau B des stupéfiants, rappellent autant aux prescripteurs qu’à l’officinal qu’il s’agit de produits à haut risque avec un impact psycho-social fort important au vue des chiffres précités. La responsabilité de chaque intervenant est lourdement engagée y compris celle des industriels qui, à travers la promotion médicale agressive, banalisent auprès des médecins des médicaments hautement dangereux.

Il est entendu que nos problèmes deviennent « petits » face à la souffrance des patients et au calvaire de leurs familles.

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