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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 20:43

CHIFFRES & REPÉRES

DÉPENSES EN MÉDICAMENTS PAR HABITANT

NOUVELLES DONNÉES

 

11 07 14 consommation de médicaments

      En juin 2010 on vous a rapporté les chiffres concernant les dépenses en médicament avec un comparatif de 7 pays. Lires : LES DÉPENSES DE MÉDICAMENTS PAR HABITANT : comparatif entre 7 pays. Ce document rapportait pour le Maroc le chiffre de 21 Dollars par an par habitant.

Dans une insertion (1) le journal LES ECHOS QUOTIDIEN du 30 juin 2011 rapporte les données suivantes : 

Source : LES ECHOS QUOTIDIEN, n°412, page 3, du 30 juin 11

 

En 2010, le chiffre d’affaires réalisé par le secteur des industries pharmaceutiques est de 7,9 milliards de DH (avec une croissance de 2,6 % par rapport à 2009).

Quant aux dépenses annuelles relatives à l’achat des médicaments, elles sont estimées à 12,6 milliards de DH.

S’agissant des dépenses annuelles par personne (per capita) consacrées à l’achat des médicaments, elles sont estimées à 376 DH.

Ce qui représente moins de 46 dollars par an pour un marocain par,

A titre comparatif :

- Un européen consomme  380 dollars par an

- Un japonais consomme   506 dollars par an

- Un américain consomme 770 dollars par an 

L’avis du pharmacien

1- Le chiffre de 46 dollars rapporté paraît plus crédible que les 21 dollars anciennement mentionnés, même si le journal n’apporte pas la source qui a produit ce chiffre (…)

2- Au-delà de ces considérations, la faiblesse des dépenses en médicaments au Maroc par rapport à divers panels de pays reste bien établie.

La remarque de l’apothicaire du coin :

Combien de fois vous avez entendu « Ah! vous, les pharmaciens, au vu de la recrudescence de tout type de maladies vous gagnez bieeeeeeen votre vie »

C’est d’une absurdité monumentale, que même des cadres avec leurs bac plus sept répètent bêtement, et pour cause :

       Si les dépenses en médicaments étaient liées à la recrudescence des maladies, entre nos 46 dollars et  leurs 380 dollars, les européens devraient avoir 8 fois plus de maladies (380/46), sans parler des américains qui devraient tous passer l’arme à gauche vu qu’ils auraient près de 17 fois plus de maladies que les marocains !

       Le niveau des dépenses en médicaments sur une année, ne dépend pas linéairement du nombre de malades ou de maladies. Le budget allouer à la santé dépend d’une part du niveau de vie, et d’autre part de la qualité du système de sécurité sociale. La croissance des dépenses en médicaments, particulièrement dans les pays du tiers monde, dépend directement de la croissance économique et de la généralisation des systèmes d’assurance maladie.

En clair le chiffre d’affaire du pharmacien, oui de l’apothicaire du coin, dépend plus de la création de la richesse et de sa bonne redistribution que de la recrudescence des maladies, car au final sur une longue période le budget santé des familles n’est pas extensible. La seule façon de le voir augmenté de manière objective et pérenne c’est une croissance économique durable adossée à une redistribution cohérente de la richesse ainsi crée. Le nombre de malades ou l’augmentation de la prévalence d’une maladie n’ont qu’un impact conjoncturel sur l’activité (un simple artefact).

Si la lutte contre la maladie, qui n’épargne ni l’éthiopien ni le nippon, reste l’objectif primaire de tout acteur de la santé, notre chiffre d’affaire (la fameuse caisse) dépend lui directement de la situation socio-économique du pays.                           

La demande globale en produits de santé répond en premier lieu à des besoins de santé de base, puis à des besoins de prévention, pour arriver in finé à des besoins tout aussi légitime de bien-être (selon l'OMS la santé est un état de bien-être ...). Mais tous ces besoins dépendent étroitement de la croissance économique, de la création de richesse et du niveau d’équité sociale.         

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commentaires

yassir 06/11/2011 02:23



Merci pour les éclaircissements. En fait, mon commentaire - si vous le permettez - n'était qu'une simple taquinerie en réplique à "...que même
des cadres avec leurs bac plus sept répètent bêtement".


je ne sais pas combien vous gagner, je ne cherche pas à évaluer le chiffre d'affaire d'un pharmacien et je ne m'occupe meme pas du mien (il est encore vierge pour tout vous dire) je suis encore
étudiant (7ème année médecine) et je suis encore dépendant de mes parents.


Je suis tombé sur votre blog il y a quelques jours. Je le consulte dès que je le peux. J'ai découvert un esprit critique, une rigueur scientifique et un travail remarquable. j'ai surtout aimé les
"cas d'officine".


Merci monsieur pour tout le travail que vous faites.



Amster 06/11/2011 12:23



Vos remarques (mis à part les publicités qu'on rejette systèmatiquement) sont toujours les bienvenues, d'autant plus que dans le cas présent même mes propres amis me les font, c'est dire que pour
moi c'était l'occasion d'aller jusqu'au bout de la refélxion. Merci Sidi et bonne fête.    



yassir 05/11/2011 19:24



Vue de cet angle (plus de maladies..plus de bénéfices) votre analyse semble raisonnable, mais moi j'aurais dit "Ah! vous, les pharmaciens, au vu de l'importante marge de bénéfice sur chaque
médicament vendu, vous gagnez bieeeeeeen votre vie"...Sans parler des produits cosmétiques dont la marge ne correspond pas aux 30% fixée par l'état pour les médicaments.




Amster 05/11/2011 23:47



Ah deux petits points, primo la fameuse marge de 30% sur les médicaments elle est malheuresement brute, car en net il ne reste pour l'apothicaire qu'entre 10 à 12% du PPM (après impots type
IGR patente TVA et charges), secundo la PARAPHARMACIE : oh! la bonne affaire avec 33% de marge brute (mon Dieu c'est énnnnnorme), oui entre un médicament et un cosmétique c'est 3%,
par ailleurs vous le savez parfaitement que ce segment va disparaitre de l'officine au vu de la multiplication des chaînes de magasins spécialisés et de l'agréssivité des grandes surfaces. Au
final et les statistiques le montrent bien autant en France qu'au Maroc (lire à ce sujet notre article sur les faillites de pharmacies) une bonne partie des pharmaciens ne gagnent pas
bieeeeeeeen leurs vie.


NB Après les salariés, les officinaux comptent parmis les plus gros contribuables au budget de l'Etat, alors que leur marges n'est pas trés élévées, allez voir du côté des restaurateurs et
des diverses franchises (là on compte entre 40 et 50% de marge si non plus. Franchement avec des soldes à 50% pensez-vous qu'ils n'y gagne rien ...)
                



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