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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:39

MEDECINE

MINISTERE DE  LA SANTE

DES NOMINATIONS CONTROVERSEES

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            A plusieurs reprises nous avons relaté le malaise qui prévaut dans le secteur de la santé, lire entre autres un article daté du 06/11/2010 : « Mortalité néonatale : Trop de décès dus à des négligences », et un autre daté du 16/05/2011 : « BLOUSES BLANCHES vs BLOUSES BLANCHES »

Dans un récent article, publié dans l’Economiste, un journal qui n’est ni populiste ni réellement contestataire, au sujet de la gestion des ressources humaines dans le secteur de la santé, rapporté aussi dans la newsletter n° 97 du site pharmacies.ma, les auteurs mettent le doigt sur les critères peu orthodoxe des nominations à des postes décisionnels au sein du Ministère de la santé publique. Cela étaye de façon remarquable les doutes dont on vous a fait part dans nos articles antérieurs.        

Afin de vous forger votre propre opinion, nous vous rapportons ci-après, et en totalité, l’article du journal l’Economiste.     

Source : M. Ali MRABI « Santé: Nominations controversées » L’Economiste Édition N° 3599 du 19/08/2011 page 15.

«            Santé : Nominations controversées

              Des syndicats dénoncent des campagnes électorales avant l’heure !

              Menaces de grèves pour septembre

Yasmina Baddou fait encore parler d’elle. Avec ces nouvelles nominations de directeurs régionaux, le ministère de la Santé provoque de vives réactions auprès des syndicalistes du secteur. Ils se disent «surpris par ces décisions annoncées dans un timing très sensible, à deux mois du départ du gouvernement El Fassi», affirme Addi Bouarfa, SG de l’Organisation démocratique de la santé (ODS). Pour ce dernier, ce redéploiement est motivé par des considérations politiques, voire électorales, car «ce genre de postes est considéré comme une ressource politique pouvant être mise à profit pendant la période électorale», souligne Lhoucine Aabouchi, professeur de droit constitutionnel à l’université Qadi Ayyad à Marrakech. D’ailleurs, comme l’explique Bouarfa, «près de 40 délégués du ministère sont membres du PI (ndlr : Parti de l’Istiqlal). S’y ajoutent de hauts responsables comme le secrétaire général du ministère et le directeur des ressources humaines». Pour le syndicaliste, il ne s’agit pas moins «d’une stratégie qui consiste à placer des membres du PI dans des postes de responsabilité au sein du ministère».
L’autre grande contestation concerne la légalité même de ces décisions puisqu’elles ont eu lieu, pendant une période transitoire durant laquelle le gouvernement «devrait faire preuve de responsabilité en s’abstenant de procéder à de nouvelles nominations», martèle le SG de l’ODS. En effet, les institutions issues du nouveau texte constitutionnel ne sont pas encore effectives.
Le gouvernement actuel est donc «transitoire et sa mission devrait se limiter à la gestion des dossiers quotidiens, et la préparation juridique et technique des prochaines élections», explique Aabouchi. En tout cas «ces nominations, sont en opposition avec l’esprit de la Constitution», précise-t-il. Les médecins du Public n’avancent pas de position officielle par rapport à cette affaire. Le Dr Abdelmalek Lahnaoui, SG du Syndicat indépendant des médecins du secteur public, estime juste qu’un «certain flottement caractérise ces décisions, dans la mesure où ces responsables ont démarré leurs nouvelles fonctions, alors qu’ils n’ont toujours pas reçu de notes de service».
Ce redéploiement a également conduit à une hémorragie des compétences qui dénote, selon les deux syndicats d’un déficit de bonne gouvernance. La solution réside, selon eux, dans un traitement des problèmes du secteur de la santé dans sa dimension globale.
Les principaux syndicats du secteur devraient se réunir pour coordonner leur position sur les démarches à prendre pour «dénoncer les récentes décisions de la ministre», fait savoir Bouarfa. Une chose est sûre pour l’instant: ils ne comptent pas observer de grève avant la fin du mois de ramadan. Cependant, septembre s’annonce dur pour Yasmina Badou, avec une série de débrayages.

Mohamed Ali MRABI »

L’avis de l’apothicaire :

Rappels déontologiques :      

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous

- L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

       Ce genre de gabegie, si elle est avérée, n’est pas spécifique au ministre de la santé actuelle, en réalité c’est quelque chose de classique à chaque changement de gouvernement. En effet chaque ministre sortant « place » ses « amis » à des postes clefs en faisant fi de tout bon sens et surtout en faisant fi de l’intérêt général. Le ministre entrant à son arrivée, lui, fera quasiment la même chose en « plaçant » cette fois-ci ses propres « amis ». Lorsqu’on sait qu’il s’agit ici de postes technocratiques, parfois stratégiques, qui nécessitent entre 6 à 12 mois d’adaptation pour que le postulant soit réellement opérationnel, on comprend facilement l’état de léthargie, de flottement décisionnel voire parfois d’incompétence récurrente où baignent une bonnes partie de nos structures étatiques.

       En réalité, ce qui rend ces nominations particulièrement inopportunes, si elles sont avérées litigieuses, ce sont deux éléments :

- Primo : la nature même du secteur de la santé, dont les indices sont suffisamment importants pour faire partie des grands indices révélant le niveau de développement d’un pays donné. Ce qui peut être gobé plus ou moins ailleurs, s’avère difficilement acceptable dans un secteur comme la santé.     

- Secundo : le timing de ces nominations qui est très mal placé au vu du bouillonnement relatif de la rue marocaine. On peut se demander alors si on a réellement besoin de surajouter des tensions aux conflits sociaux préexistants. A ce titre ces nominations pourraient être assimilées une maladresse politique et qui pourraient grever encore plus le budget de l’Etat. Lire à ce sujet : LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE MAROCAIN : LES DÉPENSES EXPLOSENT

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Published by Amster - dans MEDECINE & SANTE
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