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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:11

ESCAPADE

ENTRE ASSOCIATIONS MEDICAMENTEUSES

 

Une citation :

      Signée Pr. Carle Harvengt (1934-1994) professeur émérite en pharmacologie clinique à l’université de Louvain (Belgique) :

« Prescrivez un médicament, prescrivez-en deux, et même trois, mais au-delà ce n’est plus la peine de faire appel à ce que je vous apprends car vous ne savez plus du tout ce que vous administrez réellement »

 

   Un dessin : 

      Signé Alain Savino (Equipe de la Revue Prescrire)

 11-02-11-Escapade-association-medicamenteuses.jpg

 

     La citation du Pr. Carle Harvengt (cliquer sur le nom pour les références) a été rapportée dans une contribution remarquable par un médecin généraliste belge au n°323 de la Revue Prescrire septembre 2010 (page 714).

Et dire que les caisses d’assurance maladie, mutuelles et autres s’évertuent depuis un bon bout de temps, sans effets tangibles, à demander aux médecins de limiter leurs prescriptions aux produits absolument utiles.

Sans effets tangibles ... pour la simple raison que ces caisses se basent sur des arguments financiers (déficit budgétaire, équilibre financier …). Or le médecin comme tout citoyen sait intuitivement  que la trésorerie de l’Etat, quelque soit sa nature, est en réalité un puits sans fin, creusé par la dilapidation permanente des deniers publics (le cas de la CNSS au Maroc où des sommes inimaginables ont été « gaspillées » est édifiant) . Dés lors, cette argumentation est intuitivement rejetée.

Si chacun des intervenants de la santé pouvait recentrer son analyse en mettant le patient au cœur de son discours, au lieu des intérêts sectoriels des un et des autres (industriels pour les laboratoires, corporatistes pour les officinaux et les médecins, financiers pour les caisses d’assurance, politiques pour le ministère de la santé) on avancera certainement dans bon sens.

Le dessin d’Alain Savino et la citation exceptionnelle du  Pr. Carle Harvengt sont un exemple remarquable, rationnel où on admet de façon claire que la multiplicité des médications est pharmacologiquement  hasardeuse avec des effets imprévisibles mettant en jeu la sécurité du patient. Cet argument est, à notre sens, beaucoup plus percutant aux yeux des prescripteurs que touts les arguments financiers réunis.

Encore faut-il que les organismes d’assurance maladie (tout autant que les autres intervenants dans le secteur de la santé) puissent opérer un changement de repère radical d’un discours basé sur la défense d’intérêts sectoriels vers des analyses qui se basent fondamentalement, d’abords et avant tout, sur l’intérêt du patient (notre véritable donneur d’ordre à tous).       

Encore un fois nous disons (du haut de notre hamster) : mépriser le patient c’est se mépriser soi-même, ignorer ses doléances c’est ignorer notre raison d’être.                              

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Published by Amster - dans ESCAPADE
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