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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 13:19

GYNOPHILUS Gélules intra vaginales

Utilisation & limites  

Nouvel emballage au Maroc :

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Dernièrement on a découvert fortuitement à la suite d’une prescription qu’une "nouvelle" spécialité a été lancée sur le marché marocain le GYNOPHILUS, il s’agit de gélules à utilisation intra vaginale (comme un simple ovule) à base Latobacillus casei variété rhamnosus Döderlein en culture lyophilisée plus connu sous le nom simple de Bacille de Döderlein.  

Présentation :
Gynophilus, Boite de 14 gélules vaginales, non-inscrit à aucun tableau, classer avec la parapharmacie, PPM 69.00 DH

 

    Avant de donner l’avis du pharmacien, il fallait trouvé des informations fiables, ce n’était pas chose facile vu le nombre impressionnant de sites commerciaux qui pullulent sur la toile qui noient l’information pertinente.
Le GYNOPHILUS, pour faire en quelque sorte une extrapolation horizontale, c’est de l’ULTRA-LEVURE (saccharomyces boulardii) avec comme site d’action la paroi vaginale. L’objectif cette fois-ci c’est de restaurer l’équilibre de la flore vaginale, dont l’un des éléments les plus important est le bacille de Döderlein.
   
Globalement l’idée est séduisante, comme touts les concepts basés sur une lutte biologique, espérons que l’efficacité clinique suivra.
Mais avant cela un petit rappel (comme quoi même un produit tout simple nous permet de repréciser des informations fort utiles)        

Rappel : Bacille de Döderlein

Lexique à toute fin utile :

- Bacillo, bacille : du latin bacillus [bacille, bacillus], petit bâton. Nom donné à toutes les bactéries en bâtonnet.
- Döderlein : du Professeur chirurgien gynécologue allemand Albert Sigmund Gustav DÖDERLEIN (1860 - 1941) qui a découvert ces bacilles en 1892. 

 
Le vagin est un organe ouvert sur le milieu extérieur, mais aussi protégé des germes dangereux (pathogènes) par une flore commensale*. Ce sont des bacilles qui appartiennent au genre Lactobacillus et que l'on appelle les bacilles de Döderlein ou Lactobacillus casei variété rhamnosus de Döderlein, ou Lactobacillus acidophilus vaginalis. En temps normal, ces bacilles forment un véritable film protecteur à la surface de la muqueuse vaginale. Ils métabolisent le glycogène en produisant de l'acide lactique et du peroxyde d'hydrogène qui acidifient le milieu, empêchant ainsi le développement de nombreux autres germes indésirables. On a constaté que leur nombre devient beaucoup plus important quand le cycle est modifié, notamment pendant la puberté, la grossesse et la ménopause. Le développement des bacilles de Döderlein est sous la dépendance des œstrogènes.   
Source : http://georges.dolisi.free.fr/Terminologie/B/bacillo.htm

* Se dit d'une espèce qui vit au contact d'une autre en profitant des résidus de sa nourriture, mais sans la parasiter.

Les causes du déséquilibre de la flore vaginale

- prise récente d'antibiotiques,
- règles trop importantes,
- pratique de toilette trop agressive,
- utilisation répétée d'antimycosiques.
- utilisation de tampons périodiques (les tampons sont très peut utilisés dans notre région)
- déséquilibre idiopathique ou de cause inconnue


Les symptômes d’un déséquilibre de la flore vaginale

Ces signes ne sont pas du tout spécifiques au déséquilibre de la flore vaginale, ces signes peuvent faire parti aussi du tableau clinique d’une pathologie infectieuse (candidose vaginale, infection à chlamydia, vaginite à trichomonas vaginalis) à savoir :  Démangeaisons, mauvaises odeurs, écoulements plus importants, brûlures, inconfort périnéal, irritations.

L’avis du pharmacien à ce sujet : il est capital d’écarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant un médecin avant de se dire qu’il s’agit d’un déséquilibre de la flore vaginale. Cette information qui pour nous est fondamentale (sauf erreur ou omission) n’est absolument pas précisée dans le prospectus du produit, et c’est d’autant plus grave que le GYNOPHILUS est un produit d’automédication et de conseil !

 

Etude d’efficacité du traitement "biologique" par le Bacille de Döderlein        
      
         Nous n’avons pas trouvé une pléthore d’études sérieuses à ce sujet, et pour cause ce traitement n’est pas catalogué par l’AFSSAPS et on ne le retrouve nulle part dans la revue prescrire ni dans les banques de données sérieuses.
         Toutefois on a fini par trouver une étude publiée dans le BJOG (An International Journal of Obstetrics and Gynaecology) intitulée : Rôle de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 dans la restitution d’une flore vaginale normale après traitement d’une vaginose. Source bibliographique : Petricevic L, Witt A. BJOG, 2008 ; 115 : 1 369-74.
          Cette étude conclue que l’utilisation de Lactobacillus casei rhamnosus Lcr35 semble améliorer le pronostic des traitements de vaginose et diminuer le risque de récidives. En effet, les vaginites récidivantes sont parmi les plus fréquents motifs de consultation en gynécologie. Les agents responsables sont bactériens (vaginose à Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum, Prevotella spp, Peptostreptococcus spp, Mobiluncus spp), candidoses et trichomonases. Les traitements reconnus efficaces sont classiquement le métronidazole et la clindamycine. Cependant, leur efficacité à long terme tend à diminuer, du fait d’un déséquilibre de la flore vaginale normale.

L’avis du pharmacien à ce sujet : la lecture de cette étude tend à montrer l’efficacité de l’administration du Bacille de Döderlein comme traitement adjuvent dans les infections vaginales récidivantes, à notre avis cela apparaît fort logique.


L’avis du pharmacien au sujet du Gynophilus :

Globalement c’est un avis positif, avec quelques réserves :
    - Le prix de 69,00 DH (15 Euro en France) est trop cher pour une grande partie de notre population
    - Le déséquilibre de la flore vaginale n’est pas une pathologie en soit comme c’est suggérer dans le prospectus du produit, c’est en fait la conséquence d’autres situations (toilette intra vaginale et abus d’antibiotiques). On doit insister d’abord sur les causes avant d’entamer un quelconque traitement aussi bénin soit-il    
     - Ecarter l’éventualité d’une pathologie infectieuse ou hormonale en consultant d’abord un médecin. Cette information importante à notre avis, n’est pas mentionnée sur le prospectus.
     - C’est quand même un produit utile comme adjuvent des antibiothérapies agressives et prolongées dans la limite des moyens des patientes.
     - C’est un produit de conseil officinal intelligent si on est sûr de l’absence de pathologie infectieuse ou hormonale       

Par Amster - Publié dans : MEDICAMENT
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