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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:05

INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

ENTRE EVASION FISCALE & CONCURRENCE BIAISÉE

 

                 A la base cet article allait être tout un dossier, cependant nous l’avons sciemment réduit quelques informations telles qu’elles ont étaient publiées dans les journaux de la place, on vous les proposes sous forme de quelques points essentiels, et ce afin de se consacrer à ce qui nous intéresse le plus … à savoir l’actualité du médicament proprement dit, un sujet plus important à nos yeux que les malversations éventuelles dans la gestions de certains laboratoires, qui pris à l’échelle nationale, voire même à l’échelle internationale, sont relativement fréquentes, mais avec une différence de taille entre les pays développés et ceux du Tiers-monde en effet dans ces derniers prévaut à grande échelle l’impunité des plus puissants d’une part, et la faiblesse des structures de l’Etat face aux groupes de pressions d’autre part.

Sources :

1- Conseil de la Concurrence : ETUDE SUR LA CONCURRENTIABILITE DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE fichier pdf de 66 pages

2 - K Masmoudi : « Industrie pharmaceutique : des multinationales soupçonnées d’évasion fiscale » L’Economiste, n°3558, page 2, du 23 juin 2011 

3 - K Masmoudi « Industrie pharmaceutique : Des relations plus qu’incestueuses labo-médecins » L’Economiste, n°3558, page 4, du 23 juin 2011

4 - K Masmoudi «  Industrie pharmaceutique : La Concurrence épingle les profits déguisés » L’Economiste, n°3649, page 2, du 01 novembre 2011

5 - « Industrie pharmaceutique : Des filiales de multinationales sur le banc des accusés » Les Echos Quotidien du 02 novembre 2011

6 -  Anne-Sophie Martin « Industrie pharmaceutique : Bataille Effervescente » Les Echos Quotidien du 03 novembre 2011

                Deux remarquables dessins, à consommer sans modération, résument parfaitement les pratiques de certains laboratoires, c’est d’autant plus important que, comme la totalité des informations qu’on vous propose dans cet article, ont été publiés dans des journaux réputés proches des patrons ! 

11-12-13-Industrie-pharmaceutique-Evasion-Fiscale-copie.jpg 

11-11-01-Industrie-pharmaceutique-copie2.jpg

 

Que retenir ?

                A la base il y a une étude commanditée en 2010, publiée courant 2011, par le Conseil de la Concurrence auprès du cabinet dit Sis-Consultants avec comme sujet la concentrabilité du secteur de l’industrie pharmaceutique. [1]  Dans ce document ont été analysé les résultats financiers de 13 des 14 fabricants qui dominent le marché. À noter que Laprophan, premier fabricant national en termes de parts de marché, a été exclu de l’analyse pour «indisponibilité de ses états de synthèse chez l’OMPIC».[5]   

- L’analyse des résultats des exercices 2007-2008 a relevé que seuls les opérateurs marocains et deux filiales de multinationales, GSK et Mapahar, présentaient des résultats et des taux de rentabilité importants. [2]  

 - En revanche durant le même exercice d’autre filiales de multinationales, présentaient des résultats jugés « anormalement bas » [2, 6] :

¤ 1,7 million de DH pour Pfizer avec un taux rentabilité de 1% 

¤ 5,5 millions de DH pour Novartis avec un taux rentabilité de 7%

¤ 5,6 millions de DH pour Sanofi-Aventis avec un taux rentabilité de 3% ce dernier détient pourtant 10,5% des parts de marchés et figure au premier rang. [2]    

¤ Pour Bayer Pharma il a présenté des résultats négatifs de - 39,1 millions en 2007 avec une rentabilité de -200% et - 13,3 en 2008 avec une rentabilité de -5%

- Pour le laboratoire Roche en particulier, le rapport prétend implicitement que la filiale du groupe pharmaceutique Suisse sous déclare ses résultats, voire manipule les prix de transfert au profit de la maison mère. [4]

Toujours à propos de Roche on peut lire ce qui suit « Ce laboratoire dont l’activité est essentiellement centrée sur les anticancéreux et les médicaments de l’hépatite vend ses produits soit à travers les marchés hospitaliers passés avec les cliniques et hôpitaux soit directement aux patients, et échappe donc aux statistiques d’IMS Health » [4]  

En outre, « L’analyse de la situation financière de Roche SA sur la période 2007-2009 est jugée «incompréhensible». Car, d’une part, son chiffre d’affaires est en forte évolution sur la période 2007-2009 (+27% entre 2007 et 2008 et +41% entre 2008 et 2009) et d’autre part, son résultat d’exploitation s’effondre sur la même période (10,4 millions de dirhams en 2006 à 1,9 million en 2007 et un résultat déficitaire de -0,9 million de DH en 2008 et de -21,3 millions en 2009) » [4]

Ces résultats seraient en contraste avec la place de ces entreprises sur le marché et les moyens promotionnels déployés. [2]    

Remarque : Sauf erreur de notre part, il faut savoir que les Laboratoires Roche soutiennent énergiquement des actions caritatives à caractère profondément humanitaire, hautement philanthropiques, et totalement désintéressées via un certain nombre d’associations. Il est entendu qu’ils ne sont pas les seuls sur ce terrain, pratiquement touts les laboratoires font de grandes actions caritatives, profondément humanitaires, hautement philanthropiques et totalement désintéressées via un certains nombres d’associations qui généralement sont présidées par des personnes influentes ou par leurs conjointes ou alors par des leaders d’opinion (Professeurs émérites, chefs de services …).     

- Un expert rapporté par le journal pose la question suivante : Ne s’agit-il ici pas d’une forme de rapatriement illicite des bénéfices des filiales vers les maisons mères, sous jacent à l’existence d’une évasion de l’assiette fiscale locale ? [2]

- L’étude montre une « concentration entre un nombre restreint d’opérateurs » et qualifie le secteur « d’oligopole ouvert ». « Il s’agit d’un marché composé d’un noyau qui comprend un nombre réduit d’entreprises qui dominent fortement le marché et qui coexiste avec une périphérie comportant un nombre importants d’opérateurs ne disposant que d’un faible poids » [2]. Les 4 premiers opérateurs détiennent 44% des parts de marché en 2009, les 8 premiers s’accaparent 64%

11-12-13-Parts-de-marche-des-laboratoires-pharmaceutiques.jpg

Selon les normes antitrust américaines, le seuil de concentration des 4 premiers opérateurs devrait se situé à 35% et pour les 8 premiers à 50% [2].   

- Concernant les pratiques anticoncurrentielles de certains laboratoires les journaux ont rapporté :  

       ¤ Le blocage du lancement de nouveaux génériques : cas du laboratoire Astra-Zenaca, condamné par ailleurs par le tribunal de L’UE pour abus de position dominante, qui a entravé le lancement d’un médicament générique du laboratoire Promopharm [3]

       ¤ Des pratiques d’obstruction à la concurrence surtout au niveau des médicaments onéreux (cancers, hépatites …) [3]

       ¤ Des actions de « relations publiques » visant à bloquer la prescription des génériques par les médecins. Prises en charges, cadeaux coûteux constituent les principales entraves à l’utilisations des génériques [3]. Selon l’étude la majorité des praticiens imposent à leurs patients l’achat des onéreux princeps, y compris aux plus démunis [3] (sic), avec comme argument fallacieux que les génériques sont totalement inefficaces (…).    

La réponse des industriels :

- « L’analyse financière proposée par le rapport du Cabinet S.I.S commandité par le Conseil de la Concurrence s’avère biaisée car elle ne prend en considération que le résultat comptable et non le résultat fiscal. » [6]

- Contacté par le journal L’Economiste, un responsable à Roche affirme «que nous sommes étonnés par la publication de ce rapport contestable tant sur le plan méthodologique que sur le plan du contenu. Concernant la méthodologie, les affirmations sont pour la plupart mentionnées sans faits ni preuves ou sources» [4]

- « Roche ne fait pas de vente directe. En 2010, et en accord avec les acteurs du secteur et notamment les pharmaciens d’officines qui ont accepté de commercialiser ces produits, Roche a arrêté toute vente directe. » [6]

 

L’avis de l’apothicaire du coin :         

L’entreprise est fille de son environnement

Amster l’apothicaire 

Etude Vs Etude :

          De prime abord, il faut noter que depuis quelques années on est abreuvé de plus en plus d’études (comme celles faites par le Boston Consulting Groupe), commanditées par telle ou telle instance, et qui sont réalisées par des entreprises de conseils privées. L’objectivité de ces études est généralement discutable, car leurs conclusions dépendent des objectifs visés par les institutions qui les ont financé et commandité.

Dans le cas l’AMIP ou du Ministère de la Santé qui ont, eux aussi, eut recourt auparavant à ce genre d’étude, on est clairement juge et partie, ce qui n’est pas le cas du Conseil de la Concurrence, néanmoins à travers la commande d’une étude donnée on vise clairement à vérifier des suspicions, qui si elles sont avérées métraient en avant le rôle du donneur d’ordre dans la moralisation de la vie économique.

A ce sujet il est regrettable, et le mot est faible car en fait c’est scandaleux, la marginalisation des universités marocaines dans la réalisation de ce genre d’études qui d’une part les prive de financements d'appoint et qui d’autre prive la communauté d’études sérieuses et vraisemblablement impartiales (quoi que nos fameux universitaires sont eux aussi …), enfin bref … partiale pour partiale mieux vaux faire travailler nos pauvres universités et leurs étudiants.                              

          Peut-on se fier à ce genre de documents ? C’est certainement une source d’information bien présentée, bien organisée, mais qui ne peut être en aucun l’unique base d’une décision politique ou managériale publique responsable.

Nous Vs Eux :

            A la première lecture, on ne peut s’empêcher de penser aux esprits populistes qui trouveraient dans cette étude matière féconde pour la promotion du « Nationalisme Economique » qui n’est autre qu’une absurdité monumentale qui permet d’occulter ses propres défaillances, en faisant endosser majoritairement la responsabilité d’une situation données sur l’Etranger, le méchant par excellence ! (Sous d'autres cieux les Le Pen, père et fille s'en charge ...) 

            Sauf erreur de notre part, nous pensons que le ratio des entreprises, opérant au Maroc, impliquées dans des malversations financières est quasiment le même qu’elles soient nationales ou multinationales, sans parler des entreprises publiques (…).

L’entreprise est en réalité la fille de sont environnement : faites là évoluer dans un biotope probe, elle se comportera de façon citoyenne créant de la richesse pour elle et pour la communauté. Mais si vous mettez face à des entrepreneurs et des hauts cadres aguerris, de niveau international, une administration corrompue, d’une médiocrité intellectuelle affligeante, laxiste à souhait où la gabegie est la norme, ils vont adapter les pratiques de leurs entreprise à ce qu’on appel de façon sournoise « la culture locale » ou encore « les spécifictés culturelles»        

L’adage du vieux statisticien : (âmes sensibles et prudes s'abstenire !)

            Un vieux professeur de statistique disait une phrase grivoise et intelligente à fois, et férocement … on adore à PHARAMSTER, il disait donc : les statistiques sont comme le string, elles vous montrent tout et vous cachent l’essentiel (… tout un programme). Et c’est parfaitement le cas de l’étude commanditée par le Conseil de la Concurrence, en mettant à nu (pas vraiment, mais bon …) la comptabilité de certaines entreprises, on cache le creux du problème (sans mauvais jeux de mots SVP) qui réside d’abord dans les structures administratives de tutelle de ces entreprises qui sont

         - le Ministère de la santé (no comment),

         - le Ministère du Commerce et de l’Industrie (on ne connaît pas, donc on se prononce pas, mais on peut toujours deviner),

         - le Ministère des Finances (idem)

         - et enfin le Ministère de la Justice qui constitue à lui seul, avec la corruption endémique qui y gangrène, un des paramètres fondamentaux qui paralysent le développement économique du pays.

Et après ?

           Tout simplement : rien. Rien ne vaux une étude qu’une contre-étude, et la parole d’un Expert que celle d’un contre-expert, bref on s’acheminera vers un débat stérile qui permet : à une institution publique de justifier son existence, qui occupera les entreprises et les médias pendant un certain temps et qui vraisemblablement n’aboutira, sauf erreur de notre part, à aucune décision ni dans un sens ni dans l’autre. Circulez … il n’y a rien à voir.                             

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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