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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:47

La leçon tunisienne

1ère Partie : Une valse à deux temps à Paris

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11 01 27 Tunisie canard

 

       Ce sous-titre a été emprunté à un encadré de Maroc-Hebdo, au sujet de l’attitude de l’intelligentsia politique française, on ne pouvait pas ne pas se remémorer les paroles du grand Jacques (Jacques Brel) :

« Au premier … temps … de la valse, il avait la France, Ben Ali et le ciel bleu »  

En effet jusqu'au soir du vendredi 14 janvier 2011 :  

- Qualifier le maître de Tunis de dictateur était « tout à fait exagéré»  par Frédéric Mitterrand.

- Mr Ben Ali « développait sur bien des points l'ouverture et la tolérance » par Nicolas Sarkozy

- Mr Ben Ali menait une «  politique saine. En Tunisie les choses fonctionnent correctement» par Dominique Strauss-Kahn

- Mieux  encore, le jeudi 13 janvier 2011, Michelle Alliot-Marie ministre des affaires étrangères proposait la coopération policière de la France « La France dispose d’un savoir-faire reconnu en matière de maintien de l’ordre dans le respect de l’usage proportionné de la force afin d’éviter des victimes »

Sources :

- Le Canard enchaîné, n°4708, page 1, du 19/01/2011

- Maroc Hebdo International, n°916, page 20, du 21 au 27 janvier 11

       C’était le premier temps de la valse, s’en suit un cafouillage inédit dans la région. Ce n’était plus une valse mais un tango écorché vif typiquement latin avec une thématique du genre « je t’aime, moi non plus » et un Ben Ali entre ciel et terre et la France qui lui refuse, à la dernière minute, l’hospitalité (…).

       Après ce cafouillage, vint le deuxième temps de la valse avec, non pas avec Frida la blonde mais juste Mme Michelle Alliot-Marie qui retourna sa veste avec un peu de retard.

« Au deuxième temps de la valse, il y avait la France, le peuple tunisien et les fleurs de jasmin.»

Cette valse des valeurs, montre une évidence toute simple : la politique n’obéit pas à la morale, elle est diligentée par deux types d’intérêts :

  - L’intérêt du pays : en terme économique et de sphère d’influence

  - L’intérêt personnel de l’homme politique : lui oscille entre l’ambition personnelle, dans le meilleur des cas, et l’enrichissement personnel dans le pire des cas.

Il est entendu qu’il existe un gradient du nord de l’Europe vers l’Afrique, plus l’Etat est développé plus l’intérêt du pays prime sur l’intérêt personnel, plus l’Etat est sous-développé plus l’intérêt personnel du politique prime.

En tout état de cause, l’acte politique en réalité n’obéit jamais ni à la morale ni aux droits de l’Homme, ce ne sont là que des artifices de communication qui permettent de justifier, aux yeux des analphabètes fonctionnels que nous sommes, les actes politiques proprement dit.

A l’aune de l’affaire de la révolution tunisienne, on peut se demander comment peut-on justifier encore le fameux « droit d’ingérence » promu par Bernard Kouchner entre autres.       

Un homme politique qui parle de morale ne peut être qu’un hypocrite, cela ne veut pas dire qu’on doit admettre que l’action politique doit être immorale, absolument pas. La politique devrait être amorale (une sorte de laïcité par rapport aux valeurs), la morale étant fluctuante en fonction du temps et de l’espace n’est plus, de facto, un argument sérieux dans l’analyse et le discours politique. Un homme politique rationnel, à défaut d’être honnête, devrait s’inscrire publiquement dans une logique d’intérêts et laisser le champ de la morale aux philosophes et aux religieux.

 

Light, âmes délicates s’abstenir (...)

On connaît tous la célèbre phrase du regretté  Pierre Desproges (1939-1988) :

« Il y a plus d'humanité dans l'oeil d'un chien quand il remue sa queue, que dans la queue de LE PEN quand il remue son oeil»

On serait tenté de dire aujourd’hui :

« Il y a plus de moralité dans l'oeil d'un chien quand il remue sa queue, que dans la queue d’un politicien quand il remue son esprit»

Et là … on ne pouvait pas s’en empêcher, le postula de la nouvelle phallocratie (cliquer sur le mot pour plus d’informations) est posé, et comme phallocrate typique il n’y a pas mieux que Mr Berlusconi qui honora de ses faveurs divines notre concitoyenne Ruby, Karima El Mahroug de son vrai nom, qui était mineure au moment des faits. Oui mais il ne s’agit là que de l’application du principe de « l’émigration choisie » et qui, selon le Cavalieri, nécessite absolument des formes avantageuses et de la chair fraîche.    

On ne pouvait pas passer, ici, sous silence un autre phallocrate émérite, car si Mr Berlusconi appartient à la phallocratie-chrétienne, Mr Dominique Strauss-Kahn lui est un socio-phallocrate, président actuel du FMI et qui potentiellement pourrait gagner les futures présidentielles françaises de 2012, dans ce cas de figure de deux choses l’une : soit toutes les jolies secrétaires du palais de l’Élysée se mettent au niqab, soit ce palais deviendra une sorte d’auberge espagnole.

On pourrait prétendre qu’on est excessif vis-à-vis des politiciens français et qu’on devrait balayer devant notre porte, sauf qu’à propos de nos politiciens marocains, on trouve qu’il est inutile de tirer sur des cadavres qui ont perdu leur conscience depuis très longtemps, si toutefois ils ont en eu, chose qui n’est pas du tout sûre.

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Published by Amster - dans REFLEXIONS
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