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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 17:54

LA LUTTE CONTRE LE SIDA

ENTRE PRIORITE MEDIATIQUE & PRIORITE EPIDEMIOLOGIQUE

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            Hakima Himmich, présidente de l’Association de lutte contre le sida (ALCS) et égérie de la lutte contre le sida au Maroc, inspire comme toute personnalité scientifico-médiatique l’admiration des anonymes et les critiques les plus dures des initiés. Deux articles ont attiré notre attention à ce sujet illustrant la complexité de ce dossier.

Le premier article :

Source : Younes ADAM « La face cachée de Hakima Himmich. Vocation : charité-business » Revue PUCE, page 22-23, n°08 du 17 au 23/12/2010

        Cet article est paru dans la revue PUCE, une publication de Rachid Niny chantre d’un certain nationalisme populiste néo-religieux à la marocaine qui ne manque pas de justesse des fois. Dans cet article l’auteur critique le monopole de fait de Hakima Himmich dans la lutte contre le sida au Maroc marginalisant de facto le travail des autres ONG et s’imposant comme seule interlocutrice vis-à-vis du ministère de la santé et des organismes internationaux.

        Autre grief, celui là est très dangereux quasi diffamatoire s’il n’est pas étayé par des preuves tangibles, c’est d’insinuer que les médicaments délivrés aux malades du sida par l’ALCS sont donnés dans le cadre des essais thérapeutiques non déclarés au profit des laboratoires pharmaceutiques (GlaxoSmithkline). Autrement dit les patients marocains atteints de sida sont utilisés comme des cobayes !!!

        Un troisième grief, c’est d’accès la prévention sur l’éducation sexuelle au lieu de la prédication de la morale (lutter contre les rapports sexuels « illicites »). Ce troisième reproche est plus proche du populisme que de l’argumentation médicale et ce pour deux raisons : la première, est que cette stratégie implique implicitement la stigmatisation du patient. C’est une attitude qui est contraire à la déontologie médicale, d’une part, et contre-productive sur le plan sanitaire d’autre part. La deuxième raison est que la « lutte contre les rapports sexuels illicites » est une des plus vieilles obsessions des religieux qui n’a jamais été suivie à 100% par les populations, particulièrement dans un pays comme le Maroc aux traditions festives ancestrales (…). Cela fait plus de 10 siècles environ que les marocains se sont convertis à l’islam, dix siècles au cours desquels d’innombrables zaouïas, de cheikhs, de prédicateurs de Berkane à Laguira n’ont cessé d’inciter les marocains, alors que la société marocaine était jadis ultra traditionnelle, à renouer avec les « sources pures de la religion », rien n’y fait les fameuses « relations illicites » ont toujours existées, à priori à l’heur actuelle de l’Internet et des tentations faciles. Disons le trivialement, au Maroc les mosquées sont pleines, les lieux de débauche aussi, ainsi soit-il. 

Cela dit, on peut se poser légitimement des questions sur les objectifs réels de certaines grandes ONG internationales qui financent la lutte contre le sida dans les pays du tiers-monde. S’agit-il de donations totalement désintéressées ou plutôt « d’aides » visant la promotion d’une forme de « modernisation forcée » de la société marocaine, le patient n’étant qu’un cheval de Troie pour la réalisation de ce genre de desseins. On peut être pour ou contre, mais on ne doit en aucun cas prendre le patient comme alibi, d’autant plus que ce genre de stratégies promues par des ONG internationales ne permettent pas l’évolution harmonieuse et progressive des sociétés provoquant de facto des tensions sociales, sur des bases extrémistes et populistes, qui sont complètement contre-productives.

 

La réflexion de l’apothicaire du coin : les ONG en question

Toute ONG, quelque soit son fond de commerce, possède une ligne politique. Une ONG n’est pas une structure d’enfants de cœur, c’est d’abord un lobby (un groupe de pression) se pressentant avec des étiquettes diverses et variées : droit de l’Homme, protection des minorités, protection des patients, protection des animaux ou de l’environnement etc.

Le problème réel des ONG c’est qu’elles se présentent comme apolitiques, voir au-dessus des « basses » considérations politiques, ce qui est une arnaque intellectuelle manifeste, leurs permettant d’assoire leur crédibilité auprès de la population, échappant ainsi de facto à toute critique puisqu’elles ne sont là que pour le « bonheur de l’humanité ». Il ne s’agit pas là de jeter l’opprobre sur toutes les ONG, mais de développer chez tout un chacun suffisamment de sens critique pour jauger et juger à leur juste valeur les bases idéologiques et les actions des ONG, et de ne pas se limiter à des niaiserie humanistes médiatiquement très rentables.

Les ONG gagneraient certainement en crédibilité s’ils communiquaient aussi sur leurs bases idéologiques. L’un des attrapes nigaud le plus remarquable à l’époque actuelle est « les droits de l’homme » une notion qui, en réalité, n’a rien d’universel puisqu’elle se conjugue en fonction des circonstances : ce qui est choquant au Soudan devient soudain plus acceptable en Chine, les droits de l’homme version marocaine diffère totalement de la version algérienne ! Et les exemples de tout bord ne manquent pas, mais le plus frappant reste celui des extrémistes islamistes qui, dés qu’ils sont derrière les barreaux crient comme des enfants de cœur au droit de l’homme, relayés par hasard par la chaîne AL JAZEERA, et dés qu’ils sont dehors sont capables des pires atrocités envers les autres ! Oui « les droits de l’homme » constituent le cheval de Troie le plus remarquable de l’époque actuelle, un cheval sur lequel galope autant des démocrates intègres que des politiciens véreux que des extrémistes sanguinaires, de facto il n’a plus valeur intrinsèque réelle, c’est une utopie qu’en vend à la bonne conscience des analphabètes fonctionnels que nous sommes !                                                            

   

Le deuxième article :

Source : Ahmed Zoubeïr « Santé publique : Le SIDA est-il une priorité », Le Canard Libéré n°184, page 7, du 24/12/2010   

           C’est un article qui est paru dans un journal qui ne paye pas de mine, le Canard Libéré, un journal satirique, une forme de sosie à la marocaine, et avec de maigres moyens, du journal français Le Canard Enchaîné.       

Et pourtant l’analyse présentée est tout simplement remarquable de justesse sans injure ni diffamation, elle rejoint sur le fond l’avis que nous a apporté à titre personnel,  un remarquable dermatologue de renom, il y a déjà une dizaine d’années, Pr. A. Sekkat un des membres fondateurs de la Ligue Marocaine de lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissibles (la LMLMST un cigle pas très vendeur que personne ne connaît, et pourtant …) lors d’une réunion où était présente aussi Pr. Hakima Himmich : une lutte rationnelle contre le SIDA ne peut être envisagée que dans le cadre de la lutte contre l’ensemble des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) qui gangrènent dans notre population. Marginaliser syphilis,  blennorragie, herpès génital etc. et focaliser touts les efforts sur le seul problème du SIDA, malgré sa gravité manifeste, c’est ne voire qu’un arbre et ignorer la forêt. C’est une erreur stratégique manifeste.

Pour étayer ses dires, l’article du Canard Libéré s’appui à sa manière (…) sur des arguments qui nous semblent tout à fait recevables. Nous vous rapportons ci-après cet article remarquable sur lequel nous n’avons fait que souligner ses arguments :                 

 

« Cela fait plus de deux décennies que Hakima Himmich a épousé la cause du Sida au Maroc. Mais cette maladie est-elle vraiment une priorité sur le plan épidémiologique ? Là c’est toute la question …

HAKIMA HIMMICH n'a rien perdu de sa verve séductrice, elle est restée fidèle à sa méthode consistant à semer la confusion dans les esprits et attendrir les cœurs pour récolter davantage de fonds pour le Sida. Pour le Sidaction 2010, la présidente de l'ALCS (Association de lutte contre le Sida) s'est débrouillée Gad El Maleh qui n'a pas lésiné sur son talent tout au long de la soirée organisée et retransmise en direct par la chaîne 2M. Mot d'ordre, battre le record de l'édition 2008 qui avait rapporté la bagatelle de 9 millions de DH.

          Nouveaux cas
Normal, Hakima Himmich veut toujours plus pour ses malades. Vœu exaucé, le compteur des donations promises a affiché, ce vendredi 17 décembre, 13,3 millions de DH.

Mais combien sont-ils au Maroc à vivre réellement avec le VIH ? Belle question : quelque 5360 cas cumulés depuis 1986 (le cumul ne se pratique pas pour les autres maladies). Ce n'est pas l'hécatombe. Mais Lalla Hakima met sciemment l'accent sur une estimation faisant état de 26.000 porteurs de VIH non dépistés qu'elle dégaine à tout bout de champ. Certainement pour grossir les chiffres, entretenir la confusion et mobiliser finalement plus de ressources financières pour la maladie qui se propage particulièrement chez les professionnels du sexe, selon l'expression de la patronne de l'association. Il s'agit évidemment d'estimations basées sur des études de séroprévalence sur différents groupes cibles en vue de dégager une tendance.

Mais cette dernière évite soigneusement de nous dire le rythme de la progression du virus et surtout le nombre de nouveaux cas par an. Ces derniers sont d'à peine 200. Pas de quoi faire réellement pleurer dans les chaumières ... En vérité, le nombre de nouveaux cas du Sida est très faible comparativement à ceux relatifs aux autres maladies tout aussi graves comme le cancer, ou l'hépatite virale B et C. Pourquoi tant de tapage médiatique autour du Sida seulement alors qu'il existe des maladies qui tuent plus dans l'indifférence générale ?

- La tuberculose c'est autour de 26.000 cas chaque année. Mais personne n'en parle.

- Maladie chronique grave engendrant un coût social considérable, le diabète, lui, touche près de 3 millions de Marocains. Mais la maladie ne bénéficie pas bizarrement d'autant d'intérêt.

- Idem pour l'insuffisance rénale dont 3.000 sujets sont annuellement en attente de soins (onéreux) dans les centres d'hémodialyse.

- Le cancer, quant à lui, frappe bon an mal an quelque 40.000 personnes avec un taux de létalité très élevé. Heureusement que l'association de Lalla Salma a pris le dossier à bras-le corps en prenant en charge les patients. Savez-vous que 1,4 million d'enfants de moins de 5 ans souffrent d'infections respiratoires aigues dont 14.441 sont très graves avec un taux de mortalité de 30% ?

             Prévention

Les infections sexuellement transmissibles (IST) enregistrent, eux, près de 420.000 cas par an avec des estimations aux alentours de 600.000 cas. Soit beaucoup plus de victimes que le Sida qui se transmet essentiellement par voie sexuelle. L'infection à VIH qui est une IST au même titre que l'hépatite virale B (responsable de cancer du foie) ou l'infection à papillomavirus (responsable de cancer du col utérin) qui doivent être prioritaire aussi en termes de prévention et d'éducation pour la santé. Ce qui nous amène naturellement à s'interroger sur le caractère prioritaire du Sida. Celui-ci est-il une priorité de santé publique d'un point de vue épidémiologique?

Pour le professeur Jaâfar Heikel, épidémiologiste spécialiste en maladies infectieuses et expert international, il faut encourager les efforts du ministère de tutelle et de toutes les ONG pour faire émerger une médecine de prévention. «Il ne s'agit pas, ajoute-t-il, de sur dimensionner ou de sous-estimer la gravité de tel ou tel problème de santé. Mais il est grand temps pour nous d'identifier de façon objective et scientifique les critères de priorisation et les adapter aux moyens de prévention et de lutte en tenant compte bien évidemment de notre environnement au sens large».

Or, force est de constater que tout est organisé pour se concentrer, autant sur le plan médiatique que matériel, sur le seul Sida au détriment des autres MST et diverses maladies dont la prévalence dans la société est autrement plus importante. Des maladies, très coûteuses pour la société, qui causent des drames poignants. A quand un véritable recentrage sur les préoccupations de santé prioritaires de la population? »

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Published by Amster - dans MEDECINE & SANTE
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