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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 22:59

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LA PRISE EN CHARGE DU DIABETE AU MAROC

Enquête de la Société Marocaine d’endocrinologie diabétologie & nutrition - SMEDIAN -

 11 04 18 C&R DIABETE une pluie de sucre

 

- Source : Enquête de la Société Marocaine d’endocrinologie diabétologie & nutrition, in LE SOIR ECHOS, n°806, page 08 du 18/04/2011

- Source Image : Sugar Rain Galerie de photos de NEOFLO, sur Flickr.com    

Méthode :   

- L'enquête réalisée au Maroc par la SMEDIAN (Société Marocaine d’endocrinologie diabétologie & nutrition), au cours du premier trimestre de 2011

- Effectuée auprès de 53 médecins généralistes, dont 23 dans le privé

- Incluant 493 patients en majorité de Casablanca, Fès et Rabat,

- Le diagnostic est estimé sans  aucune équivoque lorsque le taux de glycémie se situe entre 2 et 3 grammes

Résultats : 

    Diagnostic et contexte :

- Dans 43 % des cas la découverte du diabète est fortuite et souvent tardive

- Sur l'ensemble des patients enquêtés, 260 d'entre eux, soit 45,7 %, présentent des antécédents familiaux.

- Le manque de couverture médicale : l'enquête montre que 67,5 % des diabétiques n'en disposent pas,

- Niveau de formation : plus de la moitié avaient ont un niveau scolaire primaire tandis que 4 % sont analphabètes. Ce très faible niveau d'éducation rend encore plus difficile la prise en charge et augmente les risques de complications.
- Plusieurs pathologies associées au diabète ont été constatées : A titre d'exemple, 74 % des diabétiques souffrent d'hypertension artérielle et 10 % des malades ont dû être hospitalisés pour une complication au cours des douze derniers mois

   Traitement

- Au tout début de la maladie, les patients prennent dans 38,4 % des cas de la métformine

- 27,2 % des diabétiques ont suivi un traitement initial avec un sulfamide

- Le traitement initié à l'insuline se limite à 6,5% des patients. Au fur et à mesure de la maladie, le traitement à l'insuline s'élargi à d'autres patients pour arriver à 12,7 %.

- L'étude explique que 71 % des diabétiques se font deux injections d'insuline par jour et que dans 64 % des cas se font traiter par l'insuline intermédiaire

  Impact de l’éducation : 

- Côté éducation, l'enquête révèle que la moitié des patients n'ont jamais suivi de séance de sensibilisation.

- Ceux qui en ont suivi expliquent, dans leur grande majorité, avoir reçu des messages sur l'importance de la nutrition et de l'activité physique. Mais les malades semblent oublier l'importance du contrôle de la glycémie.

- Même lorsqu'ils disposent d'un lecteur de glycémie, 14 % d'entre eux ne l'utilisent jamais

Rôle du médecin généraliste : 

- La plus part des généralistes reçoivent jusqu’à 10 diabétiques par semaine, mais 58% de ces professionnels n’ont jamais suivi de formation dans ce sens.

- Près de la moitié des généralistes prescrivent de l’insuline et 70% des généralistes avouent une grande difficulté à surveiller le taux d’hémoglobine glyquée. Et pour cause 64% évoquent le prix trop élevé des analyses tandis que d’autres évoquent le manque de temps ou l’insuffisance de matériel.

Recommandations :

Les auteurs recommandent l’organisation de programmes de formation et d’évaluation permettant aux généralistes une meilleure efficacité.  

 

L’ a v i s   d u   p h a r m a c i e n  :

       Certes, l’apport du médecin généraliste reste largement sous-estimé dans plusieurs pathologies au Maroc et particulièrement dans les pathologies chroniques (en cardiologie, endocrinologie, rhumatologie …) où un suivi régulier est une nécessité absolue. Ce suivi auprès des spécialistes privés devient problématique dés lors que le pouvoir d’achat de la population faible, d’ailleurs le ministère de la santé ne se prive pas de charger les médecins du secteur public de nouvelles responsabilités en pédiatrie ou en endocrinologie, espérons que l’amélioration des conditions de travail puisse suivre le même train des responsabilités.

      Et le pharmacien dans tout cela ? Le rôle de l’officinal doit être redéfinie à travers des « conduites à tenir » ou plutôt un consensus interprofessionnel diligenté par les organisations représentatives des officinaux.

Au lieu de cela, on nous sert des congrès amorphes, complètement à la merci des services marketing - des laboratoires, banques et autres vendeurs de voitures - avec comme comble de la médiocrité intellectuelle des thématiques sur le marchandising, comme si le pauvre patient marocain n’avait besoin que de cela pour acheter son médicament. Vous avez dit absurde …

Concrètement, (et là on aurait tant et tant voulu que ça soit une réflexion collective …) l’officinal va jouer un rôle, particulièrement intéressant dans le contexte marocain, et ce à trois niveaux :            

   1- La détection (et non le diagnostic bien sur) des cas éventuels de diabètes, qui vont être par la suite dirigés vers le médecin, c’est une opération de triage à très large échelle avec comme moyens simples :

- Les tests de glycémie ambulatoire (par bandelettes, la chimie sèche qui est largement diffusée avec des coûts tout à fait acceptables).

- L’existence de facteurs de risques (encore faut-il les connaître parfaitement) type âge, obésité, sédentarité, prédispositions génétiques …. C’est un ensemble de facteurs qui sont connus par tout le monde (y compris par les infirmiers), et que l’officinal a - théoriquement - les compétences requises pour les utiliser parfaitement à bon escient.

   2- La disponibilité des thérapeutiques adéquates et l’observance : le concept de «disponibilité des thérapeutiques adéquates» dépasse de loin la simple délivrance du médicament. En effet au-delà de la délivrance dans les règles de l’art, il s’agit de réfléchir collectivement (oui on rêve là, mais bon …) à touts les moyens susceptibles d’améliorer l’accessibilité au produit et sa sécurité d’emploi voir de repenser objectivement son utilité réelle (…)

   3- La prévention : on ne va pas détailler encore ici cet aspect de notre profession, le point sur lequel il faut insister c’est l’implication sans réserve de l’officinal dans cette action hautement fondamentale. Franchement un officinal, pour rendre service à sa société, n’a pas besoin d'aller chercher une quelconque caution morale dans les associations de charité ou de bienfaisance, notre comptoir est le lieu naturel où notre générosité dans le travail doit s’exprimer. Le reste n’est que mièvrerie mondaine pour « petites » gens en mal de bonne conscience.                                                 

Articles dans la même thématique sur PHAHAMSTER :

- Novembre 2010 : Impact des boissons sucrées sur l’apparition du diabète

- Mai 2010 :            Hygiène de vie et diabète

- Juin 2009 :           La corticothérapie chez le diabétique    

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commentaires

Bocquet Alain 29/04/2011 15:43



Bonjour à toute l'équipe ,


 


Un grand bravo pour cette synthèse concernant les résultats de cette étude concernant la prise en charge du patient diabétique via MG...


Mais aussi une réaction du côté des pharmaciens...j'ai le plaisir de vous annoncer un programme de formations indépendantes et de niveau ( Casablanca ) sur le dépistage, la prévention,
l'information, le conseil et le suivi des pathologies chroniques et le rôle du pharmacien. ( les pathologies cardiovasculaires avec HTA, cholestérol, glycémie/diabète, surcharge pondérale et MHD,
arrêt tabac et gestion du stress mais aussi le rôle du pharmacien dans le trouble dépressif majeur, le rôle du pharmacien dans les troubles anxieux....).


Il est évident qu'au Maroc, le pharmacien occupe une position unique et centrale dans les soins et les conseils...puisque chaque jour, entre 1 million et 1,5 million de personnes franchissent le
seuil des 10.000 officines....


 


Si vous souhaitez de plus amples renseignements je suis à votre disposition.


A noter, dans la prise en charge du diabète de type 2 ( traitements ADO ), les nouvelles recommandations suggèrent en première intention la
metformine : efficacité, sécurité, tolérance, prix. Puis éventuellement une association type sulfamides ou glinides voire inhibiteur DPP4.....avec comme objectif HBA1C < 7%


 


Sincères salutations


Alain Bocquet



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