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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 20:00

L e c t u r e   o f f i c i n a l e

Le don de rein

n’affecte pas l’espérance de vie

 

 Source :

Titre :      Perioperative Mortality and Long-term Survival Following Live Kidney Donation

Auteurs : Dorry L. Segev; Abimereki D. Muzaale; Brian S. Caffo; Shruti H. Mehta; Andrew L. Singer; Sarah E. Taranto; Maureen A. McBride; Robert A. Montgomery
Revue :    JAMA 2010; 303: 959-966.

Lien :       http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/303/10/959

 

Cet article touche une question qui peut tourmenter beaucoup de citoyens qui sont d’éventuels donneurs de rein en bonne santé :

                        - Peut-on quantifier l’impacte réel du don de rein sur le donneur en bonne santé ?   

La réponse vient d’une étude américaine dirigée par D.L. Segev (professeur de chirurgie à la Johns Hopkins University School of Medicine, , Baltimore, Maryland) et ses collègues, publiée dans Journal of the American Medical Association (JAMA) en ce mois de mars 2010.

 

Méthode :

- Les données enregistrées entre le 1er avril 1994 et le 31 mars 2009 dans un registre national des donneurs de reins.

- Durée de l’étude 15 ans

- 80 347 donneurs en bonne santé ont été comparés à une cohorte appropriée de non donneurs qui leurs sont aussi semblables (age, sexe, race & antécédents pathologiques)   

Résultats :

- 25 sur 80 347 donneur étaient décédés dans les 90 jours suivant le prélèvement du rein

- A partir de ces chiffres, les chercheurs ont calculé que le risque de mortalité due à l'intervention chirurgicale s'élevait à 3,1 décès par 10 000 donneurs (avec un intervalle de confiance à 95%) soit 0.031%.

- Le taux de mortalité, dans cette cohorte de donneurs de rein vivants par rapport à la cohorte de non donneurs sains semblables, n'avait pas significativement augmenté.

 

Chirurgie copie 

 

Réactions & déclarations

Source : Nouvelles de © La Presse Canadienne, 2010.

 

- Michel Pâquet, néphrologue responsable du programme de greffes avec donneurs vivants au pavillon Notre-Dame du CHUM. Montréal, Canada : 

«  Sur ces 15 dernières années les techniques chirurgicales on été profondément améliorées, le prélèvement du rein s'effectue aujourd'hui par laparoscopie*, une technique qui ne nécessite que quelques petites incisions d'un à deux centimètres dans l'abdomen. Ces petites incisions guérissent plus rapidement, occasionnent moins de douleurs et induisent un plus faible taux de complications que la grande incision que l'on pratiquait jadis. Les donneurs ne séjournent à l'hôpital que trois ou quatre jours »

 * Laparoscopie est appelée aussi coelioscopie : est une technique chirurgicale mini-invasive de diagnostic (cœlioscopie proprement dite) et d'intervention (cœliochirurgie). Source Wikipédia 

« La nature a été généreuse pour nous. Avec deux reins, on a une grande réserve et c'est pourquoi on peut très bien vivre le reste de sa vie avec un seul rein. Le rein qui reste arrive peu à peu, au cours des jours et des semaines qui suivent l'intervention, à compenser jusqu'à 70 % de la vitesse de filtration des deux reins. »

 

- Dr D.L. Segev : professeur de chirurgie à la Johns Hopkins University School of Medicine, , Baltimore, Maryland :

« Les risques de mortalité consécutive à une résection de la vésicule biliaire sont six fois plus élevés, que le don de rein, atteignant 18 décès par 10 000 cas ».

« Indépendamment des changements physiologiques qui doivent vraisemblablement survenir chez un adulte sain après un don de rein, le fait que de tels donneurs présentent une survie à long terme similaire à celle de personnes en santé de même âge, sexe et race suggère que ces changements physiologiques n'entraînent pas de mort prématurée. [...] La pratique de don vivant de rein peut continuer d'être considérée comme une intervention raisonnable et sûre »

 

L’avis de l’apothicaire :

- Cette étude est une excellente référence, permettant au corps médical d’encourager avec une bonne marge de sécurité et le don de rein

- Cette étude est basée sur les données d'un registre national des donneurs de rein, or à deux reprise sur ce blog on a noter la carence totale ou partielle de ce genre de registre dans notre pays : cas du Cancer et de la FIV    

Cette étude démontre l’importance de la mise en oeuvre et de la mise à jour régulière de ce genre de registres. L’analyse de ces registres permet de contrôler rigoureusement les programmes de santé mis en place et de planifier les actions futures avec beaucoup d’efficacité. Mais pour se faire, on ne peut plus aujourd’hui faire des déclarations sur papier, il est impératif de développer un système d’information intégré pour le secteur de la santé, rapide, efficient et facilement exploitable     

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