Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 12:37

ANALYSE CRITIQUE DE LA SPECIALITE FEBREX "LE FERVEX MAROCAIN" LECTURE OFFICINALE

LE FROID REND-T-IL MALADE ? 

 IDÉES REÇUES & PHYSIOPATHOLOGIE

 11 10 12 le froid rend-t-il malade PHARAMSTER

Source : L. De Saint-Martin Pernot* « Tombe-t-on malade quand on prend froid? », Pour la Science, n°408, pages 22-23, oct. 2011. Affiliation de l’auteur : médecin interniste au Centre hospitalier régional universitaire de Brest.

 

              Remarquable, cet article de deux petites pages, paru dans la revue Pour la Science de ce mois d’octobre 2011. Par sa pertinence et sa rationalité, il démêle de façon simple la réalité physiologique à l’aune des connaissances actuelles et les idées reçues qui, le plus souvent, sont de parfaites vérités partielles.

Le froid ne constitue pas en lui-même un agent infectieux. Pourtant en Europe, comme le précise cet article, la mortalité est minimale vers les 22° C, elle s’accentue de façon nette autant avec les fortes chaleurs (épisode caniculaire) qu’avec des températures froides. Par ailleurs, en hiver on observe une augmentation du nombre de pathologies cardio-vasculaires

En France, durant la vague de froid de 1985, on a comptabilisé une augmentation de 17% d’infarctus et de 54 % d’accidents vasculaires cérébraux par rapport à une période équivalente où la température avait été plus clémente

«Tu vas prendre froid», sous-entendu : « Tu vas tomber malade», cette réflexion est fréquente, mais repose-t-elle sur une quelconque réalité scientifique ? Que se passe-t-il en hiver: sommes-nous plus vulnérables, ou les agents pathogènes sont-ils plus nombreux ?         

On vous propose d’abord quelques extraits percutants de cette analyse puis notre avis de pharmacien.

Lecture :              

       Cet article donne une explication physiologique toute simple montrant la relation entre la survenue du froid et l’émergence des pathologies hivernales :    

           - Le froid et les pathologies cardiovasculaires :

«  Par temps froid, les vaisseaux sanguins de la peau se contractent; cette vasoconstriction crée un gradient de température entre la peau et les organes internes, qui permet de limiter les pertes de chaleur de l’organisme.

Si cet aspect est positif, il est partiellement gommé par le fait que ces modifications vasculaires entraînent un stress physiologique : le sang devient plus visqueux, de sorte que le système cardiaque doit fournir un effort supplémentaire. Une part de la surmortalité par temps froid viendrait de cette contrainte physiologique. Toutefois, la mortalité hivernale est surtout liée aux maladies infectieuses : pneumonie, grippe, bronchite, sinusite, laryngite, etc.» Cela explique surmortalité cardiovasculaire susmentionnée.

           - Le froid et les pathologies infectieuses :

« Plusieurs travaux ont montré que le risque de contracter une maladie respiratoire d’origine infectieuse augmente quand la température extérieure baisse, en particulier chez les personnes âgées de plus de 60 ans »

« Quand il fait froid, on adopte des comportements qui favorisent la transmission des virus. On reste confiné à l’intérieur, ce qui augmente la promiscuité, et les agents infectieux, même les moins résistants, se transmettent plus facilement.
Viennent ensuite les conséquences de l’adaptation physiologique au froid. La vasoconstriction crée un gradient de température entre la peau et les organes qui s’exerce aussi au niveau des bronches. Cela provoque une diminution des défenses immunitaires et mécaniques de l’organisme:       

- d’une part, les cellules immunitaires du sang éliminent moins bien les bactéries

- d’autre part, les cils bronchiques qui nettoient en permanence les bronches ne sont plus aussi efficaces.

En outre, la diminution de l’ensoleillement et de la température modifie plusieurs paramètres physiologiques; par exemple, la concentration en vitamine D, qui participe aux défenses immunitaires et est produite par la peau sous l’effet des rayonnements ultraviolets, diminue en hiver »

 

« D’autres facteurs environnementaux favorisent les infections hivernales. La sécheresse accompagnant le froid et les polluants atmosphériques, dont les concentrations augmentent, car les habitations sont insuffisamment ventilées, provoquent une irritation des voies nasales et bronchiques. On constate alors à la surface des cellules nasales une augmentation du nombre de protéines ICAM1 [2] qui sont des «serrures» par lesquelles les rhinovirus, responsables du rhume, entrent dans les cellules et les infectent. »

             - Le cas de la grippe :

Le froid fragilise ainsi l’organisme, mais pire encore il permet à certains virus de persister plus longtemps dans l’air, c’est le cas du virus de la grippe.  

« Le virus de la grippe se multiplie dans les cellules de la personne infectée. Les particules virales sont recouvertes d’une coque, composée d’éléments lipidiques des membranes cellulaires de l’individu infecté ; cette coque doit être assez résistante pour protéger le virus quand il est dans l’air, mais pas trop pour qu’elle puisse libérer son contenu au contact de la muqueuse nasale d’une future victime. Or la durée de vie de cette coque dans l’air et, par conséquent, celle du virus augmentent quand la température extérieure diminue : son pouvoir contagieux en est renforcé.

En outre, lors d’une épidémie, la majorité de la population est en contact à un moment ou à un autre avec l’agent infectieux, et développe une réaction immunitaire qui permet de lutter contre l’infection. Pendant quelque temps, une nouvelle épidémie avec le même agent est donc peu probable ; puis, après un délai qui dépend du type de micro-organisme, la population redevient sensible, soit par disparition de l’immunité si l’agent était peu «immunogène», soit parce que cet agent a muté, si bien qu’il n’est plus reconnu par le système immunitaire des individus exposés au premier virus. En hiver, plusieurs épidémies de virus proches peuvent apparaître par vagues.

Par ailleurs, une infection détourne une grande partie des ressources immunitaires contre l’agent en cause, si bien que l’individu risque de se retrouver désarmé face à d’autres pathogènes. C’est ce qui explique qu’une personne infectée par la grippe contracte parfois une pneumonie à pneumocoques. »

La remarque du pharmacien : cela explique les surinfections bactériennes lors des grippes hivernales qui engendrent une sur prescription d’antibiotiques à tort ou à raison. Et pour cause la délimitation entre la primo-infection virale et la surinfection bactérienne est très difficile à déterminer, du moins nous semble-t-il.     

«  Enfin, l’état sanitaire général de la population est également un point important. Se défendre contre une infection mobilise des ressources physiologiques qu’il faut être capable de fournir. Certaines personnes risquent plus que d’autres de contracter une infection : les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées ou celles souffrant déjà d’une autre pathologie. Cet état sanitaire dépend bien sûr du statut socioéconomique de la population et de facteurs tels que la malnutrition, voire la dénutrition. »
 « Malgré l’accumulation de données épidémiologiques et une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques, notre capacité à modéliser la surmortalité par temps froid reste limitée. À la fin des années 1960, Ronald Douglas [1], de l’Université du Texas, et ses collègues n’ont pas réussi à relier l’infection par le rhinovirus à une simple exposition à de l’air froid, car le nombre de facteurs pouvant jouer un rôle est trop important. »

La remarque du pharmacien : Ces affirmations sont extrêmement importantes, elles montrent que malgré tout ce qui a été dit, on n’a jamais pu déterminer une relation claire entre l’exposition au froid et l’apparition d’une infection par le rhinovirus. Cette infection est plus en relation avec une multitude de facteurs, comme l’explicite l’auteur par la suite.       

« À l’inverse, d’autres facteurs ont été reliés au risque d’attraper un rhume, alors qu’il n’y a pas de relation de causalité directe : par exemple, un temps de sommeil inférieur à sept heures multiplie par trois ce risque (mais on ignore si le manque de sommeil diminue les défenses immunitaires ou s’il s’agit d’un biais statistique).
De surcroît, le refroidissement de l’organisme au-dessous de 37° C, par exemple, dépend non seulement de la température extérieure, mais aussi de phénomènes d’évaporation, liés à l’humidité et à la présence de vent fort.

Ainsi, une température de -10° C avec un vent soufflant à 30  kilomètres par heure correspond à -18° C sans vent.

De même, certains déterminants, telles la pollution ou la promiscuité, sont difficiles à quantifier. Sans compter le rôle des déplacements, notamment en avion, ou de la mode vestimentaire ou encore des événements naturels, tels qu’une inondation. » 
            La prévention : Peut-on réduire les risques de contamination ? 
 « On « attrape froid» et on tombe malade car en hiver quand les défenses de l’organisme sont affaiblies et les virus plus nombreux qu’en été. Ce sont ces paramètres, conséquences du froid, qui sont responsables de la recrudescence des maladies infectieuses en hiver.
Peut-on l’éviter ? L’écharpe ou le grog permettent-ils de se protéger des pathologies par temps froid ? Probablement pas, car ils n’empêchent pas d’être en contact avec les agents infectieux, et ne suffisent pas à réchauffer l’organisme, ni l’air inspiré.

En revanche, placer l’écharpe sur le nez réchauffe l’air avant son entrée dans les poumons, et évite la vasoconstriction des bronches dont nous avons évoqué les conséquences néfastes.
Enfin, n’oublions pas que la plupart des pathogènes sont transmis par les mains et que le lavage régulier des mains est l’une des meilleures protections possibles contre les infections. Et rappelons qu’en ce début d’automne, la vaccination contre la grippe, l’utilisation de mouchoirs jetables, et le port d’un masque restent les meilleurs moyens de se protéger et de protéger les autres, en particulier les plus fragiles, contre les maladies respiratoires infectieuses.»

La remarque du pharmacien : la vaccination contre la grippe devrait être réservée au personnes fragiles (en cas de diabète, pathologie cardiovasculaire, personnes âgées et autres immunodéprimés) sa généralisation n’a pas de sens. Les autres moyens de prévention nous paraissent tout à fait pertinents : lavage des mains et protection mécanique des bronches.      

L’avis du pharmacien :             

            Le froid et les affections broncho-pulmonaires :   

            Ces propos tout aussi justifiés qu’ils le sont devraient, à notre sens, êtres nuancés. Et pour cause, touts ceux qui pratiquent le sauna dans les règles de l’art, savent qu’après la forte chaleur du sauna, classiquement, on prend immédiatement après une douche froide. A condition de s’être habituer petit à petit, cette pratique ne rend pas pour autant malade, loin de là (les slaves et surtout les scandinaves peuvent en témoigner).

Ce qui contribue à l’émergence des pathologies broncho-pulmonaires ce n’est tant le froid que la variation brutale des la température qui crée, vraisemblablement, un stress physiologique (vasoconstriction brutale …) lui-même engendrant une baisse de l’immunité. Or chez les pratiquants réguliers du sauna, il y a certainement une forme « d’entraînement » et d’adaptation aux variations brutales de température.

Si ce « training » est valable pour les pratiquants du sauna, on peut imaginer pouvoir l’adapter de manière plus douce au reste de la population. Autrement dit, faire passer le message que les variations de températures ne sont pas forcément néfastes à condition de s’y préparer avec une bonne hygiène de vie (sport régulier, alimentation variée, zéro cigarette et sommeil reposant), commencer sa douche avec de l’eau chaude et la terminer avec une eau fraîche, ne pas trop s’emmitoufler sans raison. Tout cela permettrait, à notre sens, une plus grande adaptabilité des organismes aux variations brutales de températures.                                                      

Au Maroc, au niveau populaire, le froid est mis en cause à tort et à raison dans diverses affections.

             « Je me suis lavé les parties intimes par l’eau froide, et depuis j’ai des pertes jaunâtres »

 Non, le froid n’a rein avoir avec le trichomonas, le chlamydia, la blépharite, l’herpes ou une candidose génitale. C’est bien entendu une absurdité, quelle soit chaude ou froide la température ne permet en aucun cas de prévenir ces infections. Le préservatif reste jusqu’à preuve du contraire le meilleur moyen pour la prévention contre les IST.

              « Je me suis douché avec de l’eau froide, et depuis j’ai mal au dos et aux genoux »

Le mal de dos ou des articulations est le plus souvent causé par une inflammation dont l’origine peut être rhumatismale (arthrose, maladie de système …) ou mécanique (surpoids, portage de charge lourdes, position de travail …).

Le froid n’engendre pas d’inflammation au contraire, appliquer une vessie de glace immédiatement après un choc est un geste salvateur, qui permet de bloquer l’inflammation (c’est qu’on fait pour les footballeurs). Certains rhumatologues préconisent parfois, pour certaines inflammations chroniques des membres, d’alterner immédiatement bain froid et bain chaud (sorte de sauna). 

La chaleur a-t-elle un effet bénéfique sur l’inflammation ? Certainement pas. Cependant il faut faire la part des choses. En effet le froid excessif, comme la chaleur excessive, peut causer des brûlures sévères, par contre un froid modéré apporte une agréable sensation de fraîcheur (effet climatiseur) tout comme la chaleur modérée apporte une relaxation musculaire notable (effet hammam). Globalement autant le froid modéré que la chaleur modérée s’ils ont un effet certain sur le bien-être, n’ont pas réellement d’effets thérapeutiques clairement démontrés.

Enfin, et pour être complet, au sujet des pommades révulsives, dans ces topiques la chaleur n’est qu’un moyen pour faire pénétrer le principe actif. Exemple :  BAUME ALGIPAN  
                - Nicotate de méthyl : un vasodilatateur périphérique
                - Capscine et Histamine : des rubéfiants locaux
                - Salicylate de glycol : un analgésique salicylé (comme l’aspirine)
                - Mephénesine : un myorelaxant local (jadis dans le DECONTRACTYL et le RELAXYL)
On retrouve ici le schéma classique des topiques cutanés à visée antalgique où on attaque la peau avec des rubéfiants (voir même des vasodilatateurs comme ici) afin d’augmenter la pénétration de l’antalgique et du myorelaxant.

Notes   

[1] : Malgré tous nos efforts nous n’avons pas pu trouver les références bibliographiques exactes de cette étude.  

[2] : L’ICAM-1 est une protéine apparentée aux immunoglobulines (variété d'anticorps) qui intervient dans l'inflammation en attirant les polynucléaires (variété de globules blancs). Cette molécule intervient dans le processus de migration des éosinophiles (variété de globules blancs).
Le mécanisme est le suivant : pour se rendre sur les lieux où se situe la réaction allergique, les éosinophiles doivent quitter les vaisseaux et pour cela, ils adhèrent à la paroi de ce vaisseau (endothélium vasculaire). La diapédèse (sortie du globule blanc du capillaire, qui est un minuscule vaisseau) nécessite tout d'abord une adhésion à cet endothélium, ce qui est possible grâce à la présence de certaines molécules et tout particulièrement de ICAM-1.
Intérêt : Certains médicaments, et tout particulièrement la cétirizine (antihistaminique), inhibent l'adhésion des éosinophiles et l'expression de ICAM-1 en empêchant ainsi les éosinophiles d'adhérer aux cellules épithéliales de l'œil et du nez, retardant du même coup de l'inflammation d'origine allergique (obstruction nasale et réaction de la muqueuse bronchique associée chez les patients présentant une rhinite allergique).

Autres article sur la même thématique :

- Au 31 janvier 2009 :  Les médicaments anti-rhume, étude comparative Rinomicine® vs Rhumix®

- Au 23 juin 2009 :       Rhinofluimucil®, attention à l’usage abusif

- Au 21 octobre 2009 : Rhufene®, Pseudoéphédrine et Ibuprofène     

- Au 13 janvier 2012 : Analyse critique de la spécialité Febrex (Fervex en France)

Partager cet article

Repost 1

commentaires

Bios 08/11/2015 08:05

Merci pour les informations

Fabien 21/02/2015 17:38

Et ne pas parler de vitamine D... Mensonge par omission ?

Flantier 10/02/2015 11:13

Mal écrit et bourré de fautes d'orthographe. Vraiment pas sérieux.

Bios 08/11/2015 08:05

Faute d'orthographe ou pas, le plus important c'est les informations

Recherche