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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 20:16

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LE TAUX DE MORTALITE NEONATALE

EN 2009 AU MAROC

 

Le taux de mortalité néonatale en 2009 au Maroc a été de :

23 pour mille

Le taux de mortalité infantile, qui englobe le taux de mortalité néonatale, en 2009 au Maroc a été de :

32 pour mille

 

Source :

- L’ECONOMISTE, N° 3397 du 03/11/10. Mortalité néonatale : Trop de décès dus à des négligences

- UNICEF : Statistiques du Maroc  (Une excellente référence) 

 

          Dans son édito, Nadia SALAH écrit : « Le Maroc affiche une mortalité néonatale digne du Yémen et de la Somalie... les pays les plus arriérés de la planète. Et pourtant le niveau économique est celui d’un pays moyen. ». La responsabilité incombe, selon elle, à «un noyau bruyant d’employés qui au lieu de s’attaquer aux mauvaises pratiques, s’en était pris à la ministre! »

L’article signé K.M. affirme, quant à lui, que les bébés meurent en raison de « négligences des équipes soignantes dans les hôpitaux » 

Par ailleurs un haut cadre au ministère enfonce le clou en disant « L’absentéisme et le déficit en ressources humaines sont des limites qui empêchent le secteur de la santé de prendre de l’élan ».

 

L’avis du pharmacien :

Rappel : 

L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

         Juste pour information, avant la désastreuse campagne de départs volontaires, des grèves étaient menées par le corps médical, non pas pour des revendications salariales, mais juste pour avoir les outils pour travailler dans des conditions dignes.

         En tant qu’officinal (certes hors circuit hospitalier) par recoupement de diverses informations émanant des médecins, des patients et des médias, on constate que ces chiffres sont probablement le résultat des conditions de travail désastreuses dans nos hôpitaux.

Les médecins et les infirmiers ne font que « s’adapter » à la misère de leur environnement de travail, caractérisé par le manque d’hygiène et le manque d’équipements, nous dit-on, associés une gestion des ressources humaines « approximative », pour ne pas dire autre chose, car chacun sait ce qui se passe dans les faits, comme dans toutes nos administrations (…), sauf peut être Mme Nadia SALAH.

        Face à un problème donné, il est intellectuellement plus facile de taper sur les gens situés en bout de chaîne que de déterminer les responsabilités en haut d’échelle. Sauf erreur possible de notre part, les « mauvaises pratiques » sont partout, du moins nous semble-t-il.

Mme Nadia SALAH, que nous respectons et dont les analyses sont souvent de très grande qualité, aurait pu gagner en crédibilité sur cet édito si elle avait pris en considération l’ensemble des paramètres de ce problème au lieu de prendre comme unique responsable les « mauvaises pratiques » des seules équipes soignantes des hôpitaux, qui ne sont probablement pas dénuées de critiques (comme pour les officinaux et autres intervenants de la santé) mais qui ne sont certainement pas les seules.    

Afin de laisser le lecteur se forger son propre opinion en toute transparence nous vous rapportons de suite l’édito en question :

Bébés morts

Quand Yasmina Baddou avait dit que les «mamans marocaines accouchent comme des bêtes», bien peu de sages-femmes et de médecins s’étaient préoccupés de changer la donne… Pis, un noyau bruyant d’employés de la Santé publique, au lieu de s’attaquer aux mauvaises pratiques, s’en était pris à la ministre!
Le Maroc affiche une mortalité néonatale digne du Yémen et de la Somalie... les pays les plus arriérés de la planète. Et pourtant le niveau économique est celui d’un pays moyen. Quel est donc ce paradoxe?
Un travail universitaire, relayé par l’association Insaf (dont on connaît les succès sur le front du travail des enfants), identifie les raisons de cette mortalité des bébés: les mauvaises pratiques, tout simplement! Baddou avait raison.
Trois bébés sur quatre peuvent être sauvés, soit de la mort, soit d’un handicap à vie, si les pratiques autour de leur naissance sont changées. Or les règles dont il est question ici sont simplissimes, au point qu’il est proprement scandaleux qu’elles ne soient pas l’ordinaire du personnel de la santé. Il s’agit de se laver les mains, de mettre le bébé au chaud sur le ventre de sa maman, de stériliser les instruments… Rien, absolument rien, qui ne soit facilement disponible dans n’importe quelle circonstance, a fortiori dans les établissements de santé.
Or, qu’entend-on sur cette affaire? «Il faut du matériel, des budgets, des formations…», disent les âmes charitables. Soyons sérieux: qui oserait dire qu’il ne sait pas qu’il faut mettre les bébés au chaud, qu’il faut se laver les mains… Même les mères analphabètes le savent, alors que dire du personnel soignant qui ne le fait pas?
A force de charger le contexte social, de chercher des excuses à tout et à n’importe quoi, on finit par laisser le champ libre à tous ceux qui, par négligence et par mépris de leur prochain, nourrissent l’injustice et le sous-développement.
Nadia SALAH

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