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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 18:08

LES ALTERNATIVES DISPONIBLES AU MAROC

 DU DEXTROPROPOXYPHENE (DI-ANTALVIC)

 

 

Avant-propos :

Pour indication, nous vous rapportons la décision de la FDA concernant le retrait du dextropropoxyphene (nommé aux USA propoxyphene) : Propoxyphène: Retrait - risque de toxicité cardiaque

Recommandations importantes pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. En outre nous considérons que ne nous détenons absolument pas de vérité absolue (cliquer sur le titre pour plus d’infomations), toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi dans la limite des données scientifiques dont nous disposons.

Concernant les réflexions, bien noter que l’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PharHamster  

 

              Pour ce sujet on s’est basé sur une synthèse remarquable de la revue Prescrire parue en septembre 2009, c’est dire le retard en matière de décision de notre ministère de la santé, en matière d’inertie intellectuelle des officinaux et en matière d’absence de remise en question de notre industrie.

Source principale : «dextropropoxyphène : réussir à s’en passer, et à mieux soigner. Réévaluer la douleur, analyser la dépendance, préparer le relais »  Rev Prescrire 2009; 29 (311) : 683-686

C’est un article qui, en réalité, se suffit à lui-même, nous vous présentons ici une simple lecture adaptée au contexte marocain. Note importante : Les phrases entre guillemets sont littéralement issues de cette synthèse.

Le remplacement du dextropropoxyphène pose deux cas de figure distincts :

  - Soit ce replacement se fait dans le cadre d’un traitement occasionnel (douleur aiguë), ce qui, dans notre pratique quotidienne est le plus fréquent,

  - Soit ce replacement se fait dans le cadre d’un traitement chronique où il faut envisager une substitution graduelle (d’où la décision européenne de supprimer de façon progressive le dextropropoxyphène)    

La suppression et le remplacement du dextropropoxyphène dans l’arsenal des thérapeutiques a été, pour la revue prescrire, l’occasion d’une réévaluation de toute la panoplie des thérapeutiques antalgiques disponibles.

A- Evaluation des thérapeutiques antalgiques :

Le paracétamol :

      C’est un inhibiteur de la cyclo-oxygénase 3. La revue Prescrire le décrit comme un médicament essentiel pour les douleurs légères à modérées, car il diminue la douleur sans grand risque en général.

« Le fait qu’il s’agisse d’un médicament ancien, peu onéreux et disponible sans ordonnance tend parfois à le banaliser, ou à sous-estimer son intérêt ; mais on peut aussi bien reconnaître là les qualités d’un médicament très éprouvé, dont la balance bénéfices- risques, très favorable, mérite d’être exploitée minutieusement. [3] »

La revue préconise : « En pratique, les prises de paracétamol sont à adapter à l’intensité de la douleur et au patient : 500 mg à 1 000 mg pris toutes les 4 heures à 6 heures environ, sans dépasser 4 000 mg par jour chez les adultes [1]. À plus forte dose, le paracétamol n’est pas plus efficace, et on risque d’atteindre une dose toxique pour le foie. »

Au Maroc le paracétamol non associé est disponible dans sa forme basique en CP 500 mg boite de 20 : PANADOL (14.50 DH) DOLIPRANE (10.30 DH) CETAMYL (10.20 DH) PARANTAL (10.10 DH) NOFEBRIL (7.00 DH)  

Dans notre pratique quotidienne, le NOFEBRIL paraît tout aussi efficace que le reste des autres paracétamols avec comme seul blocage le « prix psychologique » de 7.00 DH qui déroute plus d’un patient. Cette petite objection tombe d’elle-même en cas d’association.        

Les A.I.N.S. :

     « Diverses synthèses méthodiques n’ont pas mis en évidence de différences tangibles entre les AINS en termes d’efficacité. L’intérêt d’associer deux AINS n’est pas non plus établi. Le choix de l’AINS est surtout basé sur le profil d’effets indésirables et le coût du traitement [1]. »

     « Dans l’arthrose, en cas d’échec d’une monothérapie bien conduite par paracétamol, le choix le plus cohérent est un AINS ayant le moins d’effets indésirables digestifs, tel que l’ibuprofène à raison de 400 mg 3 fois par jour, pouvant être augmenté si nécessaire à une dose maximale quotidienne de  2400 mg [1]. La posologie est à réviser régulièrement, en cherchant le minimum suffisant à rendre la douleur acceptable.

En cas d’échec d’un AINS, on peut tester l’efficacité d’un autre AINS, naproxène par exemple, la réponse aux divers AINS étant variable d’un patient à l’autre [1]. Après échec de deux monothérapies par AINS, l’association AINS + paracétamol est à envisager mais cette pratique ne repose pas sur des essais comparatifs [1,2,4]. »

L’avis du pharmacien : on note les points suivant

- L’ibuprofène reste l’AINS de choix pour la revue Prescrire

- L’association AINS + paracétamol ne doit pas être admise comme une évidence établie mais comme « une pratique » acceptée mais non formellement démontrée.

- La Revue prescrire déprécie souvent le piroxicam, alors que dans notre pratique quotidienne il apparaît comme l’un des AINS les mieux tolérés (ici c’est simplement un constat sans plus)     

Les opicacés :

      Si on veut rester fidèle au concept du DI-ANTALVIC, le plus logique serait de remplacer le dextropropoxyphène par un autre opiacé. Deux molécules émergent la codéine et le tramadol : nous vous conseillons au sujet des opiacés et de la douleur de lire les articles suivants sur ce même blog :

   La généalogie de l’opium     Fevrier 2009 

   Les traitements de la douleur chronique Mars 2010 

   Explication physiopathologique de la dépendance aux morphiniques Mars 2010

   L'Hypogonadisme induit par les opiacés Septembre 2010 

La codéine : 

- « L'effet antalgique de la codéine ajoutée au paracétamol est modéré, il passe, au moins en partie, par sa transformation en morphine, et certains patients déficitaires en enzyme assurant cette transformation ne sont pas soulagés après la prise de codéine. »

- « Le rapport de doses optimales entre paracétamol et codéine n'est pas connu avec précision sur la base du dossier d'évaluation clinique, qui est ancien. Il semble préférable d'atteindre en 4 prises une dose quotidienne de 4 g de paracétamol et de 120 mg à 240 mg de codéine. À ces doses, la codéine expose à tous les effets indésirables des opioïdes : nausées, somnolence et surtout constipation souvent opiniâtre [6]»

Au Maroc la codéine existe en association dans les produits suivant

 

CODOLIPRANE

BOITE 16 CP

MIGRALGINE

BOITE 18 CP

ORALGAN

BOITE 10 CP

Codéine

20 MG

20 MG

25 MG

Paracétamol

400 MG

400 MG

300 MG

Caféine

-

62,5 MG

-

                  PPM

22.25 DH

21.50 DH

14,05 DH

      Prix par dose

1,3906

1,1944

1,4050

 

                                            Post-scriptum du 27/05/11

 Suite à la mise sur le marché marocain en avril 2011 de la spécialité No-dol (500 mg paracétamol, 30 mg de codéine) une analyse critique datée du 26/05/2011 est à lire : NO-DOL ANALYSE CRITIQUE (cliquer sur le titre pour visualiser)

La codéine existe ussi au Maroc en monothérapie comme antalgique pédiatrique à partir d’1 an : le CODENFAN en sirop dosé à 1mg/ml (PPM 26,60 DH) avec une posologie recommandée de 0,5 à 0,75 mg/kg par prise renouvelable toutes les 6 heurs.

 

Rappelons, et c’est extrêmement important en cas d’association médicamenteuse, que la codéine (comme la pholcodine un  autre opiacé) existe comme antitussif dans plusieurs produits avec des doses assez variables :

NEO-CODION sirop adulte  (5,13 mg/5ml) NEO-CODION sirop enfant (3,3 mg/5ml) NEO-CODION cp (25 mg/cp) CODETUX sirop adulte (5,35 mg/5ml) CODETUX sirop enfant (3,43 mg/5ml) POLERY sirop adulte (3,2 mg/5ml) EUCALYPTINE sirop (6,1 mg/5ml) PULMOFLUIDE sirop adulte (2,40 mg/ml).   

L’avis du pharmacien :

             Selon nous, le véritable problème de la codéine comme pour la majorité des opiacés, et qui n’est pas mentionné dans l’excellente synthèse de la revue Prescrire, reste la dépression respiratoire qui peut avoir de graves conséquences en cas  d’insuffisance respiratoire chronique.

L’une des principales raisons d’être de PHARAMSTER est de ne pas cloisonner l’analyse d’un produit donné : oui la codéine est un antalgique mais c’est d’abord un antitussif dépresseur des centres respiratoires. L’analyse transversale est, pour nous, une donnée capitale pour l’utilisation rationnelle d’une molécule donnée, la classification pharmacologique classique biaise souvent la perception réelle du produit auprès du prescripteur.             

Notre proposition : Sur le packaging de tout produit contenant de la codéine une mention devrait être ajoutée : ANTITUSSIF & ANTALGIQUE. Et même écrire après le nom commercial la mention « à la codéine »

Ce genre de propositions simples, qui montrent notre attachement indéfectible à la sécurité de nos patients, aurait pu être mis en avant par les officinaux à travers leurs instances représentatives, malheureusement on se contente encore et toujours d’être de simples livreurs de médicaments (ou de compléments alimentaires, de pizzas ou autre …) sans aucun avis critique ni proposition constructive, se contentant d’être débilement surpris par des décisions prises par notre administration de tutelle et par l’industrie qui ne trouvent comme partenaires scientifiques face à eux que le néant absolu.

Dés lors, il est normal que la suppression du dextropropoxyphène ait été communiquée aux officinaux par voie de presse et qu’ils se retrouvent entrain d’exécuter des décisions qu’ils ne comprennent même pas.               

 

Le tramadol

              Selon la revue Prescrire « La balance bénéfices-risques de l'association à doses fixes paracétamol + tramadol est encore moins favorable que celle de l'association paracétamol + codéine [8,9]. »

Elle ajoute « Cette association n'est pas plus efficace, son profil d'effets indésirables n'est pas meilleur, avec surtout des effets neuropsychiques (sensations vertigineuses, céphalées, voire convulsions). Des cas d'usage abusif, d'accoutumance et de dépendance ont aussi été décrits. Le tramadol est une cause d'hypoglycémie. Le risque d'interactions avec le tramadol est plus important qu'avec la codéine, en particulier avec un risque de syndrome sérotoninergique parfois grave. »

Rappel déontologique : nous nous contentons ici de transcrire à la lettre l’avis d’une revue médicale reconnue au niveau international qui assume toute la responsabilité de ses articles , toute réclamation au sujet de ces affirmations doit être adressée à : Revue Prescrire, 83, boulevard Voltaire 75011 Paris.      

Sur le plan pharmacocinétique, dans un article [a] de 2003 de la revue Prescrire (encore) consacré à la spécialité Zaldiar (parcétamol + tramadol) on peut lire littéralement le paragraphe suivant : «Demi-vies mal accordées. En cas de prises répétées d’une association à dose fixes, il est souhaitable que les composants aient des demi-vies d’élimination plasmatiques proches, puisque la demi-vie est un déterminant du rythme des prises.

Dans l’association paracétamol + tramadol, les demi-vies respectives sont environ 2 heures et 6,5 heures (compte tenu des métabolites actifs) [b]. C’est moins adapté que dans le cas de l’association paracétamol + codéine (environ 2 heures et 3 heures, compte tenu des métabolites actifs) [c] ; mais c’est plus adapté dans le cas de l’association paracétamol + dextroporopoxyphène (environ 2 h et 13 heures, avec de larges variations entre individus) [d 

En clair, en tenant compte de la demi-vie d’élimination, l’association paracétamol + codéine paraît la plus souhaitable (selon le terme utilisé par la revue Prescrire).    

(a) - Synthèse collective « Stratégies : paracétamol + tramadol, pas de progrès contre la douleur » Revue Prescrire, (23) n° 241, juillet / août 2003, 489-491

(b) - Desmeules J « Tramadol/paracetamol fixed-dose combinaition tablet for use in moderate to severe pain – Expert report on the clinical documentation » 12 March 2002 : 50 pages

(c) - « Efferalgan codéine ». In : « Dictionnaire Vidal » Vidal, Paris 2003 : 615-616 

(d) - «Di-Antalvic » . In : « Dictionnaire Vidal », Vidal Paris 2003 : 535-536  

Demi-vie d’élimination*

Paracétamol

Codéine

Tramadol

Dextropropoxyphène

2 heures

3 heures

6,5 heures

13 heures**

*   Demi-vie d’élimination moyenne, tenant compte des métabolites actifs.

** Avec de larges variations individuelles  

L’avis de la HAS :

La haute autorité de santé en France (en France bien sûr car chez nous eh ben … euh …enfin bref, no comment. Cela vaux mieux ainsi)  

- Dans un avis rendu le 11 Septembre 2002 au sujet de la spécialité Zaldiar : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/ct021226.pdf, on peut lire les conclusions suivantes :

« 4.1. Service médical rendu :

La douleur se caractérise par une dégradation marquée de la qualité de vie.

Cette spécialité entre dans le cadre d’un traitement symptomatique.

Le rapport efficacité/effets indésirables dans cette indication est important.

Cette spécialité est un médicament de deuxième intention en fonction de l’intensité de la douleur. Il existe des alternatives.

Le niveau de service médical rendu pour cette spécialité est important.

  4.2. Amélioration du service médical rendu :

Cette spécialité n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (SMR niveau V) par rapport aux antalgiques utilisés pour les douleurs modérées à intenses. »

- Dans un autre avis daté du 05 décembre 2007 à propos de la même spécialité : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/ct-5204_zaldiar_.pdf

« Réévaluation du Service Médical Rendu :

Le laboratoire a fourni de nouvelles données. Seules ont été prises en compte les données en rapport avec l’indication, et référencées. Ces données ne sont pas susceptibles de modifier les conclusions de l'avis précédent de la Commission de la Transparence »

 

Au Maroc le tramadol est disponible non associé dans les spécialités suivantes : Tremadol 50 mg CP (boite de 20, PPM 2,3 DH /CP) Tramal 50 mg CP (boite 10, PPM 2,5 DH/CP) Tramal 100 mg suppositoires (boite 5, PPM 5,4 DH/ suppositoire)     

Depuis ce mois de janvier 2011 le tramadol  existe au Maroc aussi en association fixe avec le paracétamol sous l’appellation Myantalgic avec le dosage suivant par CP : tramadol 37,5 mg + paracétamol 325 mg, deux présentations existent : boite de 20 CP 30,00 DH, boite de 20 CP effervescent 34,00 DH. Cette association est commercialisée en France depuis 2002, au même dosage sous le nom de Zaldiar et Ixprim.

Post-scriptum du 27/01/11 :

Une nouvelle spécialité à base de tramadol seul vient d’être lancée sur le marché marocain : TRAMIUM en boite de 10 gélules à libération prolongée dosées à 100 mg (48,00 DH) 150 mg (61,00 DH) et 200 mg (83,00 DH). 

L’avis du pharmacien : 

              On n’est absolument pas sensé suivre aveuglément l’avis de la Revue Prescrire (dont les rédacteurs sont qualifiés par certains conférenciers de laboratoires comme des ayatollahs de la pharmacologie pour leur rigueur extrême), cependant, au vu des avis donnés depuis plusieurs années par cette revue et qui ont été confirmés par la suite par de hautes instances nationales et internationales, on est obligé au minimum d’en prendre acte. Les dernières affaires en date (Mediator et Di-Antalvic) montrent que le laxisme en matière de médicament, à l’heure de la rigueur budgétaire et de l’étroitesse du marché, sera de moins en moins bien toléré dans le futur par les autorités de tutelle sous la pression de l’opinion publique.

En disant ici que l’association à dose fixe paracétamol + tramadol est un traitement de deuxième intention, nous ne faisons que reproduire l’avis de la HAS de 2002 confirmé en 2007, auquel nous adhérons.

Il reste à l’appréciation de chacun, en fonction des données scientifiques dont il dispose, de sa capacité d’analyse des données et de son intime conviction, de décider de la stratégie thérapeutique optimale à adopter dans l’intérêt du patient.          

Les autres traitements de la douleur :

Pour certaines douleurs (douleurs neuropathiques), des médicaments tels que certains antidépresseurs imipraminiques (tels que l'imipramine) ou certains antiépileptiques (tels que la carbamazépine) ont une balance bénéfices-risques favorable, à l'intérieur d'étroites limites [1,2,3].

Certaines douleurs évolutives, en particulier les douleurs cancéreuses, font envisager le recours à la morphine.  

 

B- Le remplacement du dextropropoxyphène dans le cadre d’un traitement chronique :

           La question posée dans ce paragraphe est la suivante : comment arrêter progressivement le dextropropoxyphène afin d’éviter le manque ? Implicitement cette question pose le postula de l’existence d’un syndrome de sevrage lié au déxtropropoxyphène.

Or dans notre pratique quotidienne, cette question ne s’est jamais posée (information confirmée par une consoeur). Depuis la suppression du Di-Antalvic et ses copies on n’a pas constaté de demandes particulièrement tenaces sur ce produit. De plus même lorsqu’il était commercialisé, le dextropropoxyphène, n’était pas sujet à des utilisations abusives alors qu’il était largement prescrit mais plutôt à des associations hasardeuses. Contrairement au tramadol où on a eu un cas suspect (un seul, puisque jusqu’à présent le volume des ventes a été pour nous minime) et où un confrère nous a rapporté que l’usage abusif, voire un détournement d’indication, étaient avérés dans son officine. Le témoignage d’une consoeur :

« J’ai eu 2 cas où je suspectais une dépendance : une dame suivie en chimiothérapie arrivant avec une ordonnance tous les 2 mois à peu près et une autre souffrant de polyarthrite rhumatoide ; sinon le volume de ventes de ce principe actif est dérisoire à mon niveau. »  

En tout état de cause, la revue Prescrire préconise la conduite suivante :

- Dans le cas général : une diminution chaque semaine d'une gélule de Di-Antalvic ou copie           

- Pour les patients âgés ou insuffisants rénaux la demi-vie du métabolite actif du dextropropoxyphène étant allongée : un arrêt progressif par paliers de 10 jours semble alors préférable.

- Cas du remplacement du dextropropoxypène par le paracétamol seul : il paraît logique d'ajouter des doses progressives de paracétamol pour assurer une prise proche de sa posologie maximale adaptée au patient. Ce qui donne par exemple, le schéma d'arrêt suivant sur quatre semaines pour un adulte indemne de troubles hépatiques prenant 4 gélules de Di-Antalvic ou copie par jour : première semaine, 3 gélules par jour de dextropropoxyphène + paracétamol (90 mg + 1 200 mg) associés à 4 comprimés ou gélules de paracétamol à 500 mg (2 000 mg).

- Cas du remplacement du dextropropoxyphène par paracétamol + codéine. Quand on opère une substitution du dextropropoxyphène par la codéine, il n'y a pas de symptôme de manque à prévoir. Mais il faut tenir compte du long délai d'élimination du dextropropoxyphène pour choisir le délai entre arrêt du dextropropoxyphène et introduction de la codéine, pour éviter la surdose en opioïde. Utiliser le paracétamol à bonne posologie permet de minimiser la réapparition de la douleur. La phase d'équilibre des concentrations plasmatiques de codéine est atteinte en un jour environ.  

 Rédiger avec l’aimable et précieuse collaboration du Dr Mouna, Pharmacienne d’officine

Bibliographie :

1- National Health Service "The withdrawal of co-proxamol : alternative analgesies for mild to moderate pain" MeRec 2006; 16 (4) : 13-16.

2- Committee on Safety of Medicines "Withdrawal of co-proxamol products and interim updated pre- scribing information" 31" January 2005 : 5 pages.'
3- "Choiœ of analgesie". ln : "Martindale The Complete drug reference" Site www.medicinescomplete.com consulté le 6 juillet 2009 : 5 pages.

4- "Paracetamol". ln : "Martindale The complete drug reference" Site www.medicinescomplete.com consulté le 7 juillet 2009 : 25 pages.

5- Prescrire Rédaction "Patients SOlls AlNS, dont l'aspirine". ln : "Éviter les effets indésirables par interactions médicamenteuses" Rev Prescrire 2008 ; 28 (302 suppl) : 99-10l.

6- Prescrire Rédaction "Les antalgiques opiacés faibles. Un intérêt modéré pour la pratique" Rev Prescrire 2003; 23 (241) : 527-531 + (244) : 11 de couv.
7- Prescrire Rédaction "dihydrocodéine-Dicodin LP" Rev Prescrire 1992; 12 (123) : 528-530.

8- Prescrire Rédaction "paracétamol + tramadol lxprim°, Zaldiar", Pas de progrès contre la douleur" Rev Prescrire 2003; 23 (241) : 489-49l.

9- Prescrire Rédaction "Syndrome de sevrage et dépendance: le tramadol aussi" Rev Prescrire 2003 ; 23 (236) : 112-113.

10- Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé "Di-Antalvic"- Résumé des caractéristiques du produit" Site http://afssaps-prd. afssaps.fr consulté le 9 juillet 2009 : 6 pages.

l l- Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé "Propofan't- Résumé des caractéristiques du produit" Site http://afssaps-prd.afssaps.fr consulté le 9 juillet 2009 : 6 pages.

12- "Dextropropoxyphene". ln : "Martindale The complete drug reference" Site www. medicinescomplete.com consulté le 7 juillet 2009 : 10 pages.

13- Hederunalm K "A case of severe withdrawal syndrome due to dextropropoxyphene" Ann Intern Med 1995 : 123 (6) : 473.

14- Wall R et coll. "Addiction to Distalgesic (dextropropoxyphene)" Site www.bmj.comconsulté le 6 juillet 2009 : 2 pages.

15- "Codeine". ln: "Martindale The complete drug reference" Site www.medicinescomplete.com consulté le 7 juillet 2009 : 15 pages.

16- Prescrire Rédaction "Dextropropoxyphène : retrait bienvenu au centre hospitalc-uruversitaire" Rev Prescrire 2007 ; 27 (289) : 827.

17- "Low back pain". ln: "Martindale The complete drug reference" Site www.medicinescomplete.com consulté le 20 juillet 2009 : 3 pages.

18- "Buprenorphine". ln : "Martindale The complete drug reference" Site www.medicinescomplete.com consulté le 20 juillet 2009 : 12 pages.

 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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commentaires

ROY 06/06/2011 20:10



merci Amster pour votre réponse claire et pleine de bon sens, qui est un bon résumé de ma pensée.



ROY 05/06/2011 23:07



J'adore les recommandations de Prescrire, brulot que j'ai eu entre les mains plusieurs fois, et auquel je ne me suis jamais abonné étant donné leur conduite éditorial: plus de critiques qu'autre
chose ... Bien sûr ils n'ont pas toujours tord, seulement à 90 % !!! Remplacer le dextro-paracétamol par du paracétamol: il fallait y penser !... Diminuer toutes les semaines les prises de une
gélule: il fallait oser !!! Au bout de sept semaines on n'a plus mal ??? Avant d'être en invalidité pour des douleurs très importantes, j'étais pharmacien et en 34 ans je n'ai jamais constaté de
surutilisation de ce produit ... J'avais vu des utilisations "douteuses" de tramadol, par contre, comme ma consoeur citée dans l'article ... J'ai fait un très gros stock, ouf !!!  Par
contre, très surpris par le résultat positif d'une cure thermale, c'est long, très fatigant, mais pour la première fois depuis plus de cinq ans, j'ai pu voyager sans morphine: aussi, peut être
que la cure thermale est une solution ? On verra sur la durée ...



Amster 06/06/2011 11:53



La douleur est l’un des sujets les plus compliqués à traiter, car au final seuls ceux qui en souffrent peuvent en juger, et on
ne le respectera jamais assez. Toutes les stratégies dites « rationnelles » qui se basent sur des statistiques globales froides, ne peuvent répondre aux doléances réelles et légitimes
du patient. Entre pression médiatique sensationnaliste et décisions impulsives prisent dans l’urgence, bon nombre de patients passent par la case perte sans profit.


Au-delà du de repenser les structures décisionnelles des Etats, la question fondamentale c’est l’appréciation du
risque entre le fameux « principe de précaution » souvent utilisé de manière démagogique (cas de la grippe A) et l’acceptation raisonnée par la
population et par les médias d’un certain niveau de risque qui de toute façon est inéluctable. Tant que les politiques vendent des vérités absolues dont la population est malheureusement
demandeuse (par manque de relativité dans les analyses), des décisions plus populistes (donc populaires) que rationnelles seraient toujours prisent.                      



Auda Louis 05/06/2011 16:25



Je prenais du dextropropoxyphène/paracétamol/caféiné,depuis des années et j'arrivais ainsi a vivre sans trop de douleurs à la tête ! depuis sa suppression par ces ignares de l'afssaps,je souffre
le martyre tous les jours ! que faire ? je n'arrive pas à trouver un médicament qui calme mes maux !


Comment est-il possible de faire une telle suppression sans prévoir un remplacement ? laisser les malades avec leurs douleurs,ce n'est pas très intelligent et prouve la nullité des fonctionnares
de l'afssaps,qui eux,ne souffrent pas mais ont de bons salaires pour emmerder le gens !



Roy 16/02/2011 14:14



"le dextropropoxyphène a été vraisemblablement anéanti par sa grande banalisation, et donc une collection d’effets
indésirables statistiquement significative" vous avez entièrement raison ! Le problème est qu'il semble avoir été complètement banalisé surtout dans les pays anglo-saxons (ou surdosage de
paracétamol,  car le paracetamol est en vente libre partout !), d'ailleurs pour interdire cette vente de dextrop. les études semblent toutes anglo-saxonnes ... Donc les pays où la
consommation n'est pas encadrée par des professionnels de santé risquent d'imposer leur loi à la planète pour éviter le surdosage ? Bon, bref ... c'est comme ça !



Roy 15/02/2011 22:56



Je pense que l'association dextropro.+paracetamol n'était dangereuse qu'en cas de surdosage (ce que disent les études TOUTES anglo-saxonnes) ... Je suis utilisateur de cette association, pour des
douleurs importantes sur la colone vertébrale, et Tramadol, je ne supporte pas (comme 20 à 30% de gens semblet-il), et l'association paracetamol-codéine reussit mais la constipation est terrible
!... Le "dextropropo" est un produit qui a fait ses preuves, est tombé dans le domaine public et il n'y a plus personne pour le défendre !!!



Amster 16/02/2011 11:23



Il ne s’agit pas de défendre ou pas un produit donné, le problème réside dans la difficulté à prendre des
décisions rationnelles indépendantes de toute ingérence politique, économique ou autre. Le dextropropoxyphène a été vraisemblablement anéantis par sa grande banalisation, et donc une collection
d’effets indésirables statistiquement significative, il n’est ni plus ni moins toxique que beaucoup d’autres drogues. Cela doit nous faire rappeler que tout médicament est d’abords un produit
toxique, même ceux sans ordonnance, le présenter comme un simple produit de consommation (supermarchés Leclerc …) ou le banaliser est une erreur capitale vis-à-vis de la santé de nos
patients.            



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