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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 12:56

LES PHARMACIENS

FACE AU RAPPORT DU BOSTON CONSULTING GROUP

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Les responsables des différentes composantes du secteur pharmaceutique, Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (FNSPM), l’Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique (AMIP), l’Association Marocaine du Médicament Générique (AMMG), l’Association Marocaine des Distributeurs Pharmaceutiques (AMDP) et Maroc Innovation Santé (MIS), se sont réunis à Casablanca le 25 janvier 2011.

Après avoir pris connaissance incidemment des conclusions du rapport BCG qui a été élaboré sans réelle concertation. Les conclusions tirées de ce rapport ont été jugées à l’unanimité inadaptée aux réalités socioéconomiques nationales.

Préoccupé, profondément inquiet et soucieux, non seulement  d’améliorer l’accès aux médicaments mais d’en garantir la pérennité, la sécurité et l’indépendance en approvisionnement, le comité formé séance tenante, demande à Madame la Ministre de la Santé de surseoir à la mise en application de toute reforme qui découle du dit rapport et d’ouvrir d’urgence un débat avec tous les responsables du secteur pour trouver une solution objective et pérenne.

 

L’avis du pharmacien de base :

L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PHARHAMSTER

              Le premier élément marquant de ce communiqué n’est autre la qualité des signataires, ce ne sont pas ici des syndicalistes exaltés, mais toutes les composantes du secteur du médicament impliquant divers intérêts.

S’il n’y  avait que des officinaux (FNSPM), on serait tenté de dire que c’est du corporatisme. S’il n’y avait que les grands laboratoires internationaux (MIS), on serait tenté de dire que c’est dirigé contre le générique, et contre les laboratoires de moindre taille.

En fait la signature la plus marquante de ce communiqué est celle de l’AMMG l’Association Marocaine du Médicament Générique, qui représente majoritairement les industriels du générique. Ceux là mêmes à qui le plan du ministère de la santé – BCG devait être théoriquement profitable. Avec celle de l’AMIP (le reste des industriels), cette signature vaut se pesant d’or, car elle implique que la lecture, qui a été faite par ces responsables du dit plan, est tout simplement négative.      

La convergence d’avis émanant d’organisations aux intérêts contradictoires, montre que la stratégie prônée par le BCG, nous mènera vers un fiasco social (les officinaux) et industriel avec un impact conjoncturel sur les équilibres financiers. Autrement dit le plan du BCG, qui selon nous est un recyclage de mesures qui ont montrées leurs limites ailleurs, mettra à genou toute la filière du médicament.

Note à part :

Le rapport du Boston Consulting Group a été facturé au ministère de santé : 8 millions de DH. Source : Le Canard Libéré, n°188, page10, du 28/01/2011

L’une des qualités marquantes des signataires de ce communiqué c’est qu’ils ne sont pas nés des dernières élections et qui n’ont pas d’agenda politique

Oui on est pour l’amélioration de l’accès du médicament à travers :  

      - Une politique de prix des médicaments transparente.

      - La suppression de la TVA sur les médicaments (une absurdité marocaine) 

      - Une réévaluation des AMM qu’on délivre à tort et à travers, transformant les rayons de nos officines en dépotoirs.

      - Une gestion de l’information sur le médicament au niveau national, rigoureuse,  indépendante et accessible : sans cela toute les formations continues sont biaisées. Une telle gestion amènera de facto une concurrence loyale qui d'une part est créatrice de richesse (à long terme) pour les laboratoires et d'autre part est bénéfique pour le patient.             

       - Le respect strict de la déontologie par touts les acteurs de la santé (médecins, officinaux & industriels) 

       - Et enfin une remise à niveau du management du ministère de la santé à savoir : la mise à nue de touts les réseaux, les accointances et les protections y compris (et avant tout) dans l’entourage même du ministre de la santé. Faisant, sauf erreur fort possible de notre part, des passe-droits et du clientélisme une forme de culture de l’entreprise MSP (du moins c’est la perception de l’apothicaire de base, qui on espère vivement qu’elle soit fausse), ce n’est pas dans le bakchich que perçoit l’infirmer de l’hôpital Ibn Rochd à Casablanca où réside le mal*.

Il ne s’agit pas ici de faire une énième chasse aux sorcières en remplaçant flane par foulane, mais de développer une nouvelle culture managériale, avec juste les compétences disponibles, basée sur le courage des décisions politiques, l’honnêteté intellectuelle et l’efficience des services de l’Etat.            

* Lire : Rida Addam « Des vidéos choquantes le confirment : il ne fait pas bon d’accoucher au CHU Ibn Rochd », journal marocain Libération, n°6169, page 01 et 03, du 28/01/2011

 

Post-Scriptum : C’est sur ce genre de problématiques qu’on attend un cabinet de conseil, sauf que là c’est plus complexe avec des paramètres beaucoup plus importants en nombre et fortement hétérogènes en spécialités (économiques, politiques, pharmacologiques et culturels).

Il faut rappeler aussi que c’est ce même cabinet d’étude, le Boston Consulting Group, qui a été mandaté auparavant par l’AMIP (les industriels) pour contrecarrer l’enquête parlementaire sur le médicament qui attaquait les industriels, cette fois-ci c’est le ministère de la santé qui paye le même bureau d’étude pour s’attaquer aux industriels et aux officinaux. Et si ces derniers pouvaient se payer les « services » du BCG il aurait certainement conclu son étude en disant que « les officinaux sont de gentils moineaux inoffensifs et paisibles » sauf qu’il aurait fallu pour cela payer plus de 8 millions de DH, comme nos syndicats sont fauchés de manière chronique, il faut pas rêver, il n’y a pas de chance pour que cela arrive un jour.

Plus sérieusement, l’une des clefs essentielles de la mise à niveau du secteur de la santé reste la maîtrise de l’information sur le médicament, une information rigoureuse et indépendante. C’est un vrai débat de fond à l’heure actuelle en France (on y reviendra dans le cadre d’un petit article intitulé : la commissionite à la française). Chez nous, n’ayant ni AFFSSAPS ni HAS c’est un vide scientifique sidéral ahurissant avec lequel on vit au quotidien, alors que le corps médical est demandeur il ne trouve comme référence que des formations, des congrès et revues toutes sponsorisées, biaisant de facto toute analyse impartiale du fait pharmacologique 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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commentaires

samir 31/01/2011 19:43



il n est pas question de chamaillerie mais de respect de la profession tj sous cosiderée par certains,quand on sait que les mdecins refuse ce droit narturel au pharmacien surement pas pour
proteger leur patients.Oui il doit y avoir debat sur le projet du bcg,et sur bcp d'autre aspect sur comment nous nous  respectons nous meme,une remise en question s'impose,mais ne jamais
nous sous estimer tel doit etre notre credo,et surtout aquerir ce droit,parce que ainsi nous ne serons plus ces commerçants!!!



samir 31/01/2011 16:20



En vérité la mobilisation des instances est certes notable,mais qu 'en est des pharmaciens eux même,comme vous le dite très bien,les pseudo apothicaire, a qui manque, non seulement ,le courage
d'exercer leur métier comme il se doit,leur manque aussi le courage de manifester , d'objecter et de rejeter toutes ces propositions populiste et politiques qui tentent de caricaturer le
pharmacien comme un "paria" qui ne cherche que le profit, quant en vérité,nos officines font office de bureau d'assistance social,en plus de leur rôle naturel.


Cher ami, (si je puis vous appeler ainsi) je trouve carrement grave ,voir scandaleux ,que  dans presque tous les journaux de la ,nation la "corporation des médecins" pour justifier son refus
a que les pharmaciens,obtiennent le droit de substitution,avance que ,et je cite" les pharmaciens n'ont pas toutes les compétences requises pour
assumer ce droit”, quand le pharmacien est le spécialiste du médicament et que normalement c'est eux qui n'ont aucune compétence concernant celui ci!!et personne pour contester ou
s'offusquer.http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2011/1/26/les-pharmaciens-sinsurgent.



Amster 31/01/2011 19:12



Le débat ne devrait
surtout pas devenir une chamaillerie entre médecin et pharmacien, c’est absolument contre-productif. On respecte bien sur votre indignation qui est la notre, mais le débat est beaucoup plus
important que la question de la substitution elle-même. A propos il n’y a pas que « la corporation des médecins », comme vous dite, qui attaque directement les officinaux, rappelez vous
des propos de Rachid Filali Meknassi Secrétaire général de Transparency Maroc (rien que ça) ... à lire à ce sujet sur ce même blog : Débat sur le prix des médicaments au Maroc,
Transparency Maroc s’y invite.  



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