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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 20:00

R é f l e x i o n 

Maghreb  :  l ’ o p t i o n  p r a g m a t i q u e

  Le-Maghreb.jpg

              D’habitude les déclarations des ministres des affaires étrangères sont, règles de bienséances diplomatiques oblige, lissées, policées et à la fin elles n’apportent que rarement de véritables informations.

Pourtant cette déclaration du ministre des AE marocain Taib Fassi Fihri, au sujet des relations maroco-algérienne, est à notre sens suffisamment remarquable pour qu’on s’y attarde.

 

« Comment, en l’an 2010, peut-on réfléchir avec une mentalité datant des années 70 dominées par l’idéologie, au lieu de penser à l’avenir et tenir compte de l’avenir des générations futures et des aspirations des peuples de la région? ».

Source : Le Soir Echos du 19/4/2010 n°552.  Lien : 5+5 Rabat appelle à la normalisation des relations avec l’Algérie

 

             Cette déclaration montre qu’au-delà des rivalités géopolitiques entre les deux pays, il y a une distinction nette entre les stratégies de développement adoptées par chacun

D’une part en Algérie, on a une politique basée sur des idéologies qui mettent en premier lieu le sentiment national, les valeurs patriotiques et l’exaltation des dogmes guerriers, souvent au détriment de la recherche du progrès économique.

Côté marocain c’est plus nuancé et on a le sentiment que la recherche  du progrès économique et social prime sur les idéologies. Pour preuve l’absence manifeste de lutte idéologique dans le champ politique marocain, on se bat plus pour des positions en rapport avec un référentiel religieux (PJD) moderniste (PAM) conservateur (Istiqlal) socio démocrate (USFP) que pour des dogmes politiques.

Face aux impératifs de développement économique, on a l’impression qu’autant les partis politiques que l’institution royale ne se sentent plus liés à aucune idéologie.

De manière excessivement expressive, on peut dire trivialement "si les institutions marocaines avaient la certitude que le communisme apporterait le progrès économique, le Maroc serait devenu le premier royaume marxiste léniniste !"                              

 

L’option pragmatique :

         C’est une option tout à fait recevable, car aujourd’hui on ne peut plus se permettre le luxe de l’utopie intellectuelle de la révolution de 1917, vu les impératifs socio-économiques et les urgences environnementales. On ne peut plus se hasarder à faire un pas en arrière pour espérer faire deux pas demain, la primauté est d’aller de l’avant, pour la simple raison qu’aujourd’hui on vit dans un monde globalisé où tout retard accusé par un pays donné est immédiatement exploité géostratégiquement et économiquement par d’autres pays.

         Certes on ne plus se permettre le « luxe des guerres patriotiques », mais on ne peut pas  non plus se permettre une autre crise du jeudi 24 octobre 1929. Cela implique impérativement l’institution d'une bonne gouvernance mondiale de la chose économique (la régulation) qui est plus ou moins la résultante des politiques économiques de chaque Etat.   

Le libéralisme autant dans sa version philosophique qu’économique n’est plus vraiment un choix mais une nécessité (que l’on soit pour ou contre) pour permettre la création de la richesse dans les sociétés d’aujourd’hui. Cependant la pérennité de la création de richesses ne peut être assurer qu’à condition de ne pas mettre en danger les intérêts collectifs majeurs d’où le rôle de la régulation.   

       L’option pragmatique peut être considérée comme un espoir pour l’Algérie et donc un espoir pour le Maghreb. Encore faut-il attendre une mutation dans les réflexions des centres de décision en Algérie.

L’émulation entre le Maroc et l’Algérie devrait ressembler à celle qui existe actuellement entre le Maroc et la Tunisie où « la guerre », la compétition, fait rage sur plusieurs dossiers : le tourisme, les investissements directs étrangers, les indices macroéconomiques ; mais aussi sur les libertés individuelles, la situations de la femme, la santé ...etc.

C’est une guerre pour le progrès, créatrice de richesse pour les deux pays. Une « guerre » qui est de loin préférable aux guerres démagogiques qui ne font qu’enrichir les marchands d’armes et appauvrir la population pour des générations      

L’émulation avec la Tunisie, qui devance le Maroc dans un bon nombre d’indices, est même plus intéressante qu’avec la France. Les écarts de niveau de développement avec la France sont tellement flagrants que toute compétition ou comparaison paraît à priori vaine. Alors qu’entre pays maghrébins, tout résultat probant (économique, social ou politique) enregistré par l’un des pays, permet aux autres état de se dire yes we can also !  

          L’option pragmatique permet de repréciser les enjeux réels y compris pour ceux qui se réclames indépendantistes qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs. Qu’a-t-on gagné au niveau des Balkans aujourd’hui ? Des guerriers valeureux au nationalisme exalté et des micros Etats fragiles sans aucun poids politique. Piètre résultat !

L’option pragmatique, c’est de mettre le progrès économique et social au cœur de ses objectifs sans tenir compte des démagogies même celles qui sont présentée comme humanitaires.           

Et on termine cette réflexion par le titre d’un article de Ricardo René Larémont, professeur de science politique à l'Université de Binghamton de l'Etat de New York, un des spécialistes des questions africaines, un titre qui synthétise en lui-même parfaitement l’option pragmatique :

"Non à un autre Etat défaillant : vers une solution réaliste au Sahara".

 Lien : LE TEMPS

 

 

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Published by Amster - dans REFLEXIONS
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