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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:38

R E F L E X I O N

Maroc - Espagne

Entre la confrontation des populismes

&

La course géostratégique au progrès

 GIBRALATAR-copie.jpg

          Les récentes déclarations du Premier ministre devant le Parlement (18 & 19/05/2010) au sujet des deux présides occupés par l’Espagne au nord du Maroc ont provoqué des réactions attendues : Les nationalistes et autres extrémistes des deux rives ce sont donné à cœur joie, alors que pour les plus modérés c’est un « non-sens ».      

 La question de Sebta et Mellilia répond à des dogmes nationalo-conservateurs qui sont des classiques de littérature du parti de l’Istiqlal, comme l’arabisation de l’enseignement.

Ce sont des questions soulevées le plus souvent à des fins électoralistes. En effet le populisme permet, avec beaucoup de facilité et un brin d’hypocrisie intellectuelle, d’offrir aux peuples des rêves de gloires éternelles et de victoires sur des ennemis potentiels ou factices. L’important c’est de sublimer l’ego de la masse.      

 

         De puis le moyen âge, entre le Maroc et l’Espagne, c’est une longue histoire jalonnée de moments de violences et longues plages de progrès humain. De nos jours ce sont des soubresauts qu’on enregistre de temps à autre dont le dernier en date est l’épisode de l’île de Leïla  - Perejil en Espagnol - en juillet 2002.

Depuis 2002 on constate un changement discret mais perceptible dans la stratégie adoptée par l’institution monarchique. Cette nouvelle stratégie se base sur une approche « développementaliste » qui a commencée par le projet Tanger-Med et qui se poursuit avec l’autoroute du Nord, les projets de Nador et d’Alhoucima pour finir dans l’oriental avec de grands projets qui viennent d’être lancés ce mois-ci par le Roi.       

Cette approche vise clairement un changement du « repère économique » tenu jusque là par les deux présides vers leurs voisinages immédiat, transformant de facto ces deux présides en bourgades sans intérêt, mis à part leur intérêt militaire intrinsèque équivalent à celui de Gibraltar (GB).

Ce changement ne se faisant plus par « les bottes » mais par une émulation positive à la recherche du progrès économique. Celui-ci fait appel fondamentalement à l’investissement national et surtout international avec ce que cela implique comme mise à niveau de l’infrastructure et surtout des mentalités.           

 

          Et c'est une très sérieuse ONG espagnole qui donne raison à cette stratégie. En effet le rapport élaboré par la «Fondacion Altemativas» estime que les deux présides ne sont pas menacés par un conflit armé, mais par un étouffement économique. C’est un rapport suffisamment sérieux pour que le Département de la défense espagnol le prenne pour argument.

A défaut de constituer un enjeu stratégique, les deux villes seront plutôt un fardeau et deux foyers d'insécurité pour l'Espagne de 2020. Asphyxie économique, donc problèmes sociaux. Un cocktail accentué par une explosion démographique à la faveur de la population non-espagnole, marocaine principalement.

Face à cette situation possible La Fondation, réputée de tendance socialiste, propose un début de remède: le dialogue, entre autres. Mais un dialogue intelligent. Un débat ouvert avec les instances représentant la population musulmane pour commencer. Le Maroc y sera-t-il invité dans une deuxième phase? Ce serait souhaitable pour moult observateurs. Des voix de l'Espagne vont jusqu'à caresser un espoir de statut de co-souveraineté pour les deux villes. Une solution à deux à drapeaux, en somme.

 

           Sans verser dans un royalisme primaire, nous considérons sincèrement que la gestion de la problématique des provinces du nord du Maroc par l’institution monarchique marocaine est un cas d’école et un exemple du management intelligent d’une situation hautement conflictuelle. Cela rejoint en quelque sorte L’OPTION PRAGMATIQUE que nous avons développer dans le cas du Maghreb. Malheureusement derrière l’institution monarchique il y a un vide sidérale au niveau des analyses des partis politiques.    

L’analyse de la «Fondacion Altemativas» omet de dire que cette stratégie va bénéficier  aussi aux entreprises espagnoles, en particulier en cette période de crise qui dure, le Maroc est inéluctablement une base arrière pour la croissance espagnole. Plus la croissances marocaine est forte, plus les entreprises espagnoles, très présentes sur le sol marocain, en tirerons de substantiels dividendes.

Et on retombe finalement dans un rapport win-win classique dont les véritables perdants sont, les marchands d’armes, les extrémistes et les populistes des deux rives, et tout ceux qui s’extasient au moindre bruit de bottes.                   

          Au final, on est en droit de rêver que ce cas d’école pourrait s’adapter à d’autres situations conflictuelles dans le monde, à condition que les analyses cartésiennes puissent l’emporter sur les démagogies populistes électoralement très payantes.     

Rédigé de bonne foi sauf erreur ou omission

Sources :

1 – T. ABOU EL FARAH, LE SOIR ECHOS, n°497, page 1-2 et 3, du 01/02/10

2 – T. ABOU EL FARAH, LE SOIR ECHOS, n°575, page 3, du 20/05/10

 CARTE TANGER MED-2

 

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Published by Amster - dans REFLEXIONS
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