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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:24

CHIFFRES & REPERES

MENOPAUSE & OSTEOPOROSE AU MAROC

 

 

L'espérance de vie des femmes

est actuellement au Maroc

de près de 75 ans

L’âge médian de la ménopause

au Maroc se situerait

vers 51,9 ans

Le nombre de femmes ménopausée au Maroc est estimé à environ

3 Millions

Près de 50 % des femmes âgées de plus de 50 ans présenteront à un certain moment une fracture due à l’ostéoporose

L’OMS estime qu’en 2030, les femmes âgées de 50 ans ou plus

seront 1,2 Milliard

Source : « 18 octobre Journée mondiale de la ménopause : Offrir une place primordiale à la santé après la ménopause » AUFAIT, page 07, n°834, du 19/10/10

 

L’avis du pharmacien :

Rappel : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. AA-abkamster.jpg

 

          Nous avons déjà consacré un article à l’ostéoporose lire : ETAT DE L'OSTEOPOROSE AU MAROC . L’ostéoporose constitue, en fait, le centre d’intérêt de plusieurs puissants groupes de pressions (Lobby) dont les deux plus importants sont les industriels du lait et un certains nombres de laboratoires pharmaceutiques  

          - Les industriels du lait leurs objectif naturel est de pousser à la surconsommation des produits lactés par tous les moyens, le problème de l’ostéoporose constitue pour eux une aubaine et cheval de Troie. C’est une occasion en or pour transformer la perception d’un yaourt, d’un « produit plaisir » en un « alicament absolument indispensable pour la vie », et le mieux bien sur c’est d’allier les deux perceptions. C’est tout l’art de la communication de ces entreprises qui s’articulera sur deux pivots (2) : d’une part la publicité directe pour vanter le côté « plaisir », et d’autre part une communication insinuante, plus pointue, basée sur une argumentation plus ou moins scientifique et qui aura comme support, non pas une exposition directe dans les medias, mais  un positionnement médiatique s’appuyant sur le « sponsoring » d’associations à caractère médical ou de manifestations dites « scientifiques » qui vont apporté, et la caution morale (association à but non lucratif, dont le seul but est de soulager la détresse de l’humanité) et la caution scientifique avec un argumentaire parfaitement rôdé qui, tout en n’étant absolument pas faux, n’est pas forcément juste

Nous vous conseillons vivement de lire sur ce même blog : 

- A propos des produits lactés, l’article : Le lait & cancer de la prostate

- A propos des vérités partielles, l’article : LES AMBIGUÏTES RATIONNELES DANS LE DISCOURS et aussi STATISTIQUES LES AMBIGUÏTES RATIONNELLES

 

           - Les industriels du médicament : là aussi l’ostéoporose est une aubaine, car elle implique la consommation,  pratiquement à vie, d’un certain nombre de médicaments :

    * Le calcium : sur ce terrain s’affrontent les laboratoires pharmaceutiques classiques proposant des produits généralement sérieux avec AMM à l’appui, et des fabricants de compléments alimentaires sans AMM, très peu évalués, souvent fantaisistes voir dangereux, car n’obéissant pas des contrôles sérieux.                                    

    * Les biphosphonates : là l’objectif n’est plus une suppléance de calcium mais l’arrêt ou la réduction  de la destruction naturelle de l’os (la résorption osseuses) par inhibition des ostéoclastes. L’idée et le concept sont séduisants, sous réserve d’effets secondaires sérieux, et de coût de traitement exorbitant.         

    * Le traitement hormonal substitutif (THS) : l’idée est simple à la base, restaurer et pérenniser le cycle hormonale de la femme. Le concept est en soi une révolution socioculturelle, impactant de façon profonde la qualité de vie des femmes. Encore une fois, avec quel coût sur le long court, en terme d’effets secondaires. A ce sujet la dernière position, datée de 2009, de la revue prescrire est claire : la balance bénéfice - risque des THS est défavorable. Pour passer outre, certains laboratoires vont utiliser des techniques classiques de communication en s’appuyant sur l’aura et la force de persuasion des certains leaders d’opinion (Généralement des professeurs) en finançant par exemple leurs associations caritatives et humanitaires et leurs activités scientifiques (Recherches, publications, études sur le terrain, congrès …). Ce genre d’investissement est généralement très convaincant et le retour sur investissement est tout à fait conséquent pour le laboratoire.                       

 

Au final, entre industriel du lait, industriel du médicament, fabricant de compléments alimentaires, associations sponsorisées, un Etat sous influence, et un corps médical atone, la patiente ménopausée aiguise beaucoup d’appétits.

 

De quoi je me mêle ?  
          Les dernières recommandations d’ostéoporose canada [dont l’avis doit être soumis aussi à notre sens critique et à notre vigilance, nul n’est au dessus de l’analyse rationnelle : www.osteoporosecanada.ca] datées du  12/10/2010 (il y a une semaine) stipulent, outre une prise raisonnable et raisonnée de vitamine D et de calcium (à 1,2 g par jour)  que : « la meilleure façon de prévenir les fractures, que vous soyez une personne à risque ou non, est de pratiquer régulièrement une activité physique, surtout celles de résistance et de mise en charge, comme marcher ou monter un escalier »
Le problème c’est que cette « meilleure façon » n’implique pas une surconsommation d’aucun produit, donc négligée, car contre-productive pour les divers sponsors ( à part les vendeurs de sportswear). Elle implique par contre une prise de conscience collective concernant l’obligation et la nécessité stricte d’une activité physique modérée et régulière pour toutes les femmes.

Dans le cadre des « spécificités » de la société marocaine, il s’agit de libérer, et le corps et la mentalité de la femme (… et des hommes), qui de fait deviennent des impératifs pour la santé publique. C’est une tâche beaucoup plus ardue que de consommer un yaourt, un biphosphonate ou des hormones.

La prévention de l’ostéoporose devrait s’intégrer, sauf erreur de notre part, dans le cadre global d’une hygiène de vie impliquant :

  - Une alimentation équilibrée (glucides, lipides et protides) variée et agréable      

  - Une activité physique régulière adaptée à chaque cas       

  - Eviter le plus possible les conduites à risques : alcool, tabac, surmédicalisation, surexposition aux additifs alimentaires, stress et rythme du sommeil.         

 

          Mais, de quoi je me mêle en fait ? L’ostéoporose aurait put être vrai cheval de bataille pour les officinaux, car qui est à même d’analyser et d’intégrer, au mieux, des données complexes en rapport avec l’industrie, la chimie, les biotechnologies, la pharmacologie, la pathologie, la diététique, l'économie et les problèmes sociaux ? Oui, et sans corporatisme absurde, c’est le pharmacien d’officine.    

Malheureusement … les officinaux se contentent, et même en France, d’être de simples délivreurs de médicaments, financièrement corvéable à souhait par tout un chacun (Assurances, Etat ...). S’impliquer activement dans ce genre de débats de manière courageuse, honnête et indépendante c’est mettre le patient au cœur de notre métier, au lieu du médicament qui au final n’est qu’un outil de travail, ou alors « la caisse » qui n’est que la résultante financière logique et légitime des objectifs atteints.(1)

Encore faut-il avoir suffisamment de liberté et de courage intellectuels, associés à une rigueur scientifique basée sur une argumentation pertinente et rationnelle à même de positionner l’officinal, à travers ses instances représentatives (oh ! combien absentes de tout débat scientifique), comme un think tank indépendant et un interlocuteur solide justifiant pleinement et de manière irréfutable son rôle d’acteur incontournable de la santé autant à titre individuel qu’à titre collectif. C’est, sauf erreur de notre part, la meilleur façon de défendre un métier exigeant par les connaissances requises, noble par son engagement immuable et inconditionnel au côté du patient, qui est, et qui restera, le cœur de notre métier. 

Malheureusement, sauf erreur de notre part, la faiblesse affligeante du discours actuel des officinaux (même en France), crée un climat délétère et déliquescent.

Le véritable donneur d’ordre en officine c’est le patient, le mépriser c’est se méprisé soi-même, ignorer ses doléances, c’est ignorer notre raison d’être qui est liée, non pas au médicament, mais à notre capacité à répondre efficacement, de façon globale, indépendante et honnête à ses attentes.

 

Notes à part :

1) Mettre le patient au cœur de notre métier, permet paradoxalement de transformer le droit à un niveau de vie digne du pharmacien (et médecin libéral) en un acquis non négociable, pas de marge dégressive ni d’une quelconque remise en question des émoluments des libéraux, à condition qu’ils mettent le patient au centre de leurs priorités. Toute atteinte à leur niveau de vie se répercutera d’une manière ou d’une autre sur le service rendu au patient.                                             

2)  Nous avons évité sciemment de parler des autres techniques type : Marketing viral, Gestion de l’opinion au niveau des réseaux sociaux et autres veille Internet. Ce sont généralement des actions le plus souvent sous-traitées en externe (outsourcing) par diverses structures dont certaines entreprises de pointes spécialisées dans l’intelligence économique et le traitement de l’information qu’on a pris l’habitude de leurs visites sur PHARAMSTER. Ce genre de visites de très haut calibre nous a poussé, au fur et à mesure, à affiner le plus possible nos argumentaires, à respecter le plus possible des règles déontologiques qu’on s’est fixé, et à améliorer le plus possible la qualité rédactionnelle dans la limite de nos moyens quitte à être élitiste malgré nous.               

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