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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 17:50

PREMIERE AU MAROC

MISE EN PLACE DU TIERS PAYANT EN AVRIL 2013

 

Mise-en-place-du-tiers-payant-copie.jpg

 

Source : K Skalli « Le patient ne paiera plus sa facture » Le Soir Echos n° 1266, page 06 du 14/02/2013

Source image : Journal La Mee Châteaubriant

 

Le principe :

Selon le journal Le Soir Echos, le système du tiers payant pour l’achat des médicaments entrera en vigueur en avril prochain.

« Le système du tiers payant dispense le patient de faire l’avance des frais des médicaments aux pharmaciens. Ces derniers délivreront les médicaments aux patients et seront payés par la CNSS. Les assurés n’auront donc plus à payer la totalité des frais de leurs médicaments. Ils paieront uniquement le ticket modérateur. Il pourra être de 5% ou 7% ou rien du tout »,

Une convention sera paraphée entre la CNSS et le Conseil national de l’ordre des pharmaciens

La procédure :  

- L’assuré présentera l’ordonnance à l’agence CNSS de son choix.

- Cette dernière lui délivre une attestation de prise en charge où sont mentionnés le nom du médicament et les parts prises en charge par la caisse et par l’assuré.

- Celui-ci présente cette attestation à la pharmacie qui lui délivre le médicament.

- L’assuré a le libre choix de la pharmacie et de l’agence CNSS

- L’assuré paie sa part et le reste de la facture est réglé par la caisse 

 Les limites :

Cela dit ce système concernera uniquement :

- Que les affiliés à la CNSS

- Et de l’ensemble des affiliés de la CNSS, ce système ne touchera que les patients ayant des affections longues durées (ALD).

- 30 médicaments utilisés dans le traitement des ALD sont concernés et cela bénéficiera à près de 160 000 personnes.

«Cette première liste des médicaments sera élargie progressivement», c’est ce qu’a déclaré Hassan Abdelmalki, directeur du pôle prestations à la CNSS

L’avis du pharmacien :

       Globalement c’est un début timide mais qui va dans le bon sens. Cependant en termes de communication il faut bien préciser d’abord les limites d’un système avant d’en détailler les avantages. Et pour cause le manque de capacité d’écoute de nos concitoyens (du fait de l’analphabétisme de la population en général et de l’analphabétisme fonctionnel des élites) fait qu’ils n’arrivent jamais à percevoir les limites d’un discours donné ce qui crée une demande disproportionnée à la réalité de l’offre de soin proposée, et on se retrouve avec des « revendications » à l’emporte pièce allant jusqu’aux droits de l’Homme … alors que le discours à la base peut être relativement rationnel.

       Ceux qui en souffrent le plus de cette situation, qu’alimentent les politiques, sont ceux qui, au quotidien, font face aux portes de l’enfer des souffrances de notre société à savoir :

- les médecins dans les dispensaires des quartiers périphériques ;

- le personnel soignant de ces structures sanitaires périphériques ;

- certains médecins et infirmiers des CHU ; 

- les officinaux et en particulier leurs collaborateurs dans les officines des quartiers difficiles.

Ces corps de métiers se retrouvent en première ligne pour répondre à une demande de soin qui les dépasse de loin. Et pour cause cette demande devient une exigence (et même un droit) amplifiée grandement dans l’esprit des citoyens qui ne perçoivent pas les limites d’un tel ou tel système. C’est ce qu’on détaillera dans un prochain article consacré à l’effet du RAMED sur l’activité du CHU de Rabat.  

        La logique politique demande de vendre de grandes promesses afin de les mettre par la suite sur le tableau d’honneur de ses réalisations, sauf que le « service après vente » lui est en panne. Et ceux et celles qui étaient sensé réaliser tel ou tel programme se retrouvent les premier accusés en cas d’échec.

Nous réitérons ici que la communication dans ce genre de dossiers doit mettre d’abord en exergue les limites du système avant d’en étaler les avantages, quitte à perdre quelques points en politique. On aura au moins gagné en crédibilité et en efficacité.

L’avis de Dr Mouna Pharmacienne d’officine :

Des questions restes posées :

   - On n a pas parlé des médecins prescripteurs dans cette démarche : sont ils au courant?

   - Quel sont les médicaments concernés, et sur quelle bases ont-ils été choisi ?

   - Le remboursement se fera-t-il sur la base du prix du générique ?

   - Et le délai de paiement du pharmacien?

Si cette expérience représente une manne bienfaisante pour les adhérents à la CNSS, une chose est sûre : elle va générer matière à contestations car insuffisante et frustrante. 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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