Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 20:44

NO-DOL

UNE NOUVELLE ASSOCIATION PARCETAMOL CODEINE

A N A L Y S E   C R I T I Q U E

 

Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

Rappels déontologiques : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons », sur PHARAMSTER on considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

  11-05-26-NODOL-PHARAMSTER.jpg

                Suite à la mise sur le marché marocain en ce mois d’avril 2011 de la spécialité NO-DOL, et surtout après notre article, daté du 22/01/2011, intitulé LES ALTERNATIVES DISPONIBLES AU MAROC DU DEXTROPROPOXYPHENE (DI-ANTALVIC) (vous êtes très nombreux à l’avoir déjà lu), une analyse critique, à la manière PHARAMSTER, de cette nouvelle spécialité s’impose. D’autant plus que c’est le laboratoire SANOFI-AVENTIS qui commercialisait feu Di-antalvic qui la mis sur le marché. A propos, selon le site Pharmanalyses, SANOFI-AVENTIS dorénavant s’appellera « Sanofi » tout court.         

Au niveau pharmacologique :

NO-DOL est une association de paracétamol 500 mg et de codéine 30 mg, au Maroc c’est la spécialité la plus dosée autant en paracétamol qu’en codéine. Au sujet de cette forte concentration, il faut bien noter qu’en France il existe une spécialité, KLIPAL CODEINE, dosée à 600 mg de paracétamol et 50 mg de codéine 

On ne va pas revenir ici sur la discussion des bases pharmacologiques de l’association paracétamol codéine, cela a été déjà traité dans notre article LES ALTERNATIVES DISPONIBLES DU DEXTROPROPOXYPHENE, d’autant plus que la revue Prescrire dans son dernier numéro de mai 2011, page 340, nous promet une nouvelle analyse sur les associations de codéine avec le paracétamol ou l’ibuprofène. S’il y a du changement on vous en fera part à notre façon.

Pour le moment on en restera à cette conclusion « Le rapport de doses optimales entre paracétamol et codéine n'est pas connu avec précision sur la base du dossier d'évaluation clinique, qui est ancien. Il semble préférable d'atteindre en 4 prises une dose quotidienne de 4 g de paracétamol et de 120 mg à 240 mg de codéine. À ces doses, la codéine expose à tous les effets indésirables des opioïdes : nausées, somnolence et surtout constipation souvent opiniâtre» Source : Prescrire Rédaction "Les antalgiques opiacés faibles. Un intérêt modéré pour la pratique" Rev Prescrire 2003; 23 (241) : 527-531 + (244) : 11 de couv.

 

Codéine base, codéine camphosulfonate et codéine phosphate hémihydraté : la confusion des genres :

        La spécialité Neo-codion, l’antitussif classique de référence, ne contient que 14,93 mg de codéine base par comprimé. En fait la codéine ici est présentée sous forme de sel de camphosulfonate (appelé aussi camsilate) un analeptique cardiaque de poids moléculaire 254,3*. La codéine base a un poids moléculaire de 299,36. Ceci explique pourquoi sur la boite du Neo-codion on retrouve cette mention « camphosulfonate de codéine 25 mg, quantité correspondant à 14,93 mg de codéine base » c’est tout à fait logique puisque près de la moitié des 25 mg est occupée par le camphosulfonate. Pour information le poids moléculaire de la codéine phosphate hémihydraté est de 406,44. La différence de PM se justifie bien entendu par la présence du groupement phosphate sous forme hémihydraté (H2PO4-, ½ H2O).  

* Source : Dorvault, 23ème édition, page 326

On peut utiliser directement la codéine base mais son absorption est plus lente. On lui préfère logiquement ses différents sels (phosphate et camphosulfonate). Sauf que le poids des sels peut engendrer une confusion quant à la quantité réelle de codéine qu'ils contiennent. Ainsi, 25 mg de codéine camphosulfonate correspondent à près de 19,5 mg de codéine phosphate et 15 mg de codéine base.

L’idée frappante qui vient d’elle-même, vous en conviendrez avec moi, est la suivante : à quoi bon présenter au corps médical des dosages basés sur la quantité de sel de codéine, alors que la posologie s’appuie sur la quantité de codéine base ? Les présentations actuelles favorisent-elles la clarté des posologies ?

Après le cas de la trimébutine on retrouve encore ici un autre exemple de couscoussologie 

qui se différencie de la pharmacologie par son côté largement approximatif

C’est d’autant plus important qu’en cas d’utilisation chez la personne âgée ou en cas d’insuffisance rénale le médecin se trouve dans l’obligation d’adapter la posologie en fonction de la clearance rénale et de l’état général du patient !             

A ce propos, une spécialité se démarque sur ce sujet c’est le sirop Codenfan dont la composition est présentée ainsi : [Codéine base anhydre : 1 mg (sous forme de phosphate de codéine hémihydraté) pour 1 ml de sirop]. Là c’est la logique et le bon sens, car en plus de la présentation en terme de codéine base, il y a la concentration volumétrique (mg/ml) qui permet de savoir directement la quantité de codéine base administrée au patient. Dans le cas du No-dol, si nos calcules d’apothicaire sont bons, la quantité de codéine base par comprimé est de 23,43 mg (sauf erreur). C’est ce chiffre qui devrait être mis en avant. Que la codéine soit présentée sous forme de sel phosphate, de camphosulfonate, ou même de lysinate, l’important c’est la quantité de codéine active sur le plan pharmacodynamique disponible par comprimé.    

   

Au niveau de la forme :

Le nom commercial No-dol, sonne comme  suite logique du concept marketing du No-spa (du même laboratoire).

Contrairement à l’Oralgan et au Migralgine, la présence de codéine et du paracétamol sont bien mis en en avant sur packaging avec leurs concentrations unitaires.     

Au niveau du prix :

Au vu de la multiplicité des dosages, comparer les prix devient d’une complexité magistrale. Pour avoir une idée approximative, on vous propose de ramener le prix au mg de principe actif. Noter sur le tableau « Prix par mg C » pour la codéine et « Prix par mg P » pour le paracétamol.

 

 

CODOLIPRANE

BOITE 16 CP

MIGRALGINE

BOITE 18 CP

ORALGAN

BOITE 10 CP

NO-DOL

BOITE 20 CP

Codéine

20 MG

20 MG

25 MG

30 MG

Paracétamol

400 MG

400 MG

300 MG

500 MG

Caféine

-

62,5 MG

-

-

PPM

22.25 DH

21.50 DH

14,05 DH

28,00

Prix par dose

1,3906

1,1944

1,4050

1,4000

Prix par mg C

0,0695

0,0597

0,0562

0,0466

Prix par mg P

0,0034

0,0029

0,0468

0,0028

 

         Le prix par dose du No-dol se situ globalement dans la moyenne, mais si on ramène le prix au mg de principe actif, il devient le moins chère. Sauf qu’à défaut, à notre connaissance, d’études randomisée en double aveugle contre placebo justifiant l’usage de tel dosage à la place de l’autre on peut se demander de l’utilité d’augmenter les dosages, sachant que cela fait augmenter logiquement les risques d’effets secondaires à type de dépression respiratoire ou de constipation.         

Conclusion :

Au final, dans l’attente de la prochaine analyse de la revue Prescrire, la spécialité No-dol paraît relativement cohérente tant au niveau de la présentation qu’au niveau du prix. Ceci étant dit les risques d’effets secondaires pourraient être, en toute logique, plus importants qu’avec les autres spécialités.    

Partager cet article

Repost 0
Published by Amster - dans MEDICAMENT
commenter cet article

commentaires

Boubker 16/08/2014 22:57

Ça reste raisonnable et abordable au niveau de prix ,ici en France pratiquement les mêmes prix par exemple codolipranne est à 2,64 € la boîte de 18 comprimés,cordialement

Recherche