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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:34

PRIX DES MEDICAMENTS

DE NOUVELLES PRESSIONS SUR L’OFFICINAL SE PRECISENT

 

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Source images : Galerie de photos de Paul Alsop in Flickr, Photocomposition : PHARHAMSTER

 

       Une lettre d’information, datée du 24/11/2010, de la FNSM (la fédération nationale des syndicats de pharmaciens du Maroc) diffusée auprès des officinaux, rapporte qu’une réunion au sein du ministère de la santé s’est tenue avec comme objectif la présentation d’un plan d’action pour améliorer l’accès du médicament au citoyen.

Selon la dite lettre, ce plan a été présenté par le BCG (Boston Consulting Group), il s’agit d’une étude qui été commandée conjointement par le Ministère de la santé et l’ANAM (l’agence nationale de l’assurance maladie).

L’avis du pharmacien de base :

Rappel : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Nous ne  détenons en aucun cas  de vérité absolue

        Comme nous avons déjà rapporté sur ce blog, le BCG n’est autre que le bureau d’étude chargé par les industriels de publier une étude qui avait pour objectifs de contrecarrer les conclusions de la Mission Parlementaire d’enquête sur les médicaments[2; 3]. Choisir précisément ce même bureau d’étude pour développer un plan d’action au sujet du prix des médicaments, c’est choisir implicitement l’option des industriels [5 ; 6]qui visent à se décharger de leur responsabilité citoyenne sur le compte de celui qui est en bas d’échelle : le pharmacien d’officine et sa pauvre marge nette de 10%.

        Droit de substitution ou pas, toute forme de discussion sur la reformulation de la marge du pharmacien, nommée marge dégressive, marge dégressive lissée ou autre (quelque soit la formule mathématique choisie) sera un atteinte à la maigre rémunération de l’officinal (10% environ de marge nette).

Il est clair que le devenir de notre profession paraît sombre, comme mentionné dans cette lettre d’information à juste titre. Et pour cause, les décisions futures au sujet du médicament, seront la résultante des actions des divers lobbys [11], et sur  ce terrain les officinaux partent largement défavorisés sauf une éventuelle et hypothétique mobilisation autours, d’une part des syndicats, et d’autre part autour d’un projet officinal mettant le patient au cœur de nos préoccupations[1]. 

Sauf erreur de notre part, (car l'erreur est possible) nous considérons que le fait de ne pas appuyer le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le médicament [3] par les officinaux, constitue une erreur stratégique fondamentale. Cela a privé les officinaux de structurer un lobby efficient autour des rédacteurs de la dite enquête, d’autant plus qu’un certain nombre de ses rapporteurs sont du même parti politique que la Ministre de la santé. Pire encore cela nous a privé de l’appui inespéré de la société civile, cas de Transparency Maroc [7], et d’une grande partie de l’opinion public qui classiquement ne voient dans l’officinal « qu’un médiocre rentier » de la santé, sans valeur ajoutée notable. L’enquête parlementaire a été pour nous une occasion historique pour redorer le blason d’une profession meurtrie de toute part, mettant sous le feu des projecteurs l’industrie qui a touts les moyens pour se défendre, une occasion qu’on a raté et sacrifié sur l’autel de petits calcules d’apothicaire.

Résultat, le politique face au rouleau compresseur des industriels et à la faiblesse de position de l’officinal tant au niveau parlementaire qu’au niveau de l’opinion public, se retrouve acculer à accepter les arguments du lobby du plus puissants. Et quelle meilleure façon de faire passer une pilule amère, pour l’avenir de milliers d’officinaux, que de se baser sur les « conseils » d’un bureau d’étude acquis à la cause des plus puissants. 

      

Articles antérieurs sur la même thématique dans ce même blog :     

 1- 24/03/2008 : LE ROLE DU PHARMACIEN

 2- 09/11/2009 : PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
 3- 09/11/2009 : PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
 4- 11/11/2009 : PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS 
 5- 26/11/2009 : LE PRIX DU MEDICAMENT AU MAROC : L'ARGUMENTAIRE DES INDUSTRIELS  

 6- 08/02/2010 : PRIX DES MEDICAMENTS : LES GRANDES MANOEUVRES

 7- 14/05/2010 : TABLE RONDE DE TRANSPARENCY MAROC SUR LE PRIX DU MEDICAMENT

 8- 26/05/2010 : 8EME CONGRES INTERNATIONAL DE LA PHARMACIE

 9- 01/06/2010 : DELESTAGE EN DOUCEUR DES PPM

10- 18/06/2010 : LES DÉPENSES DE MÉDICAMENTS PAR HABITANT : comparatif entre 7 pays

11- 06/09/2010 : LA COMPLEXITE DE LA PRISE DE DECISION DANS LA POLITIQUE DU MEDICAMENT

 

A toute fin utile, contracter un crédit à long terme est une décision qui paraît fort hasardeuse par les temps qui courent. Notre pensée va à touts nos confrères et consoeurs qui actuellement n’arrivent pas à joindre les deux  bouts, comment peuvent-ils s’en sortir avec les « recommandations » du Boston Consulting Group ? Comment peut-on demander à un officinal appauvri d’améliorer sa qualité de service ou encore de faire de la formation continue une nécessité vitale ? S’attaquer à la maigre marge de l’officinal c’est le premier pas d’un cercle vicieux, où le grand gagnant est l’industriel, le grand perdant c’est le patient, l’officinal sera lui tout simplement laminé. 

 

Au vu de la faible consommation de médicaments au Maroc [10], personne ne peut être contre le principe d’une réduction du prix, seulement, si économie il y a, il faut la cherchée chez ceux qui ont les plus grandes marges dans la chaîne du médicament, l’officinal n’est en fait que le dernier maillon qui est financièrement et structurellement le plus fragile de toute cette chaîne.

 

Chiffres et repères : le prix de 94 spécialités revues à la baisse

En plus des 167 médicaments dont les prix ont été réduits dans le cadre de la stratégie 2008-2012 du ministère de la Santé, d'autres ont été ajoutés à la liste totalisant 261 produits (148 princeps et 113 génériques) dont les prix ont baissé de 57% à 87% durant les cinq deniers mois. Cette liste comprend essentiellement des vaccins et des antirétroviraux, raison pour laquelle ces baisses ne sont pas perceptibles dans une bonne partie des officines.    

Selon le ministère de la Santé, plus de 70 % des médicaments concernés par cette baisse affichaient un prix se situant entre 100 et 11 243 DH pour le traitement anticancéreux, par exemple. Notons qu'une autre vague baissière est prévue avant la fin de l'année.

Source : DOCTINEWS, n° 27, page 6, novembre 2010

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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