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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 17:21

L’enquête parlementaire sur le prix des médicaments

Le scandale des marges pratiquées par les laboratoires pharmaceutiques au Maroc   

 

Sources :

- M. BENABID, L’ECONOMISTE n°3144, pages 2, 4 & 7,  du 05 au 08/11/2009
- K. SKALLI, Le Soir Echos, page15, n°430, du 27/10/09
- K. SKALLI, Le Soir Echos, page 08, n°437, du 05/11/09

- J. HAFSI, Revue LE REPORTER, Pages 22-23, N°528, du 05/11/09 
- S. LAMAIZI, F.Z. JDILY, Revue L’OBSERVATEUR DU MAROC, Pages 20-25, N°52, du 06 au 12/11/09
- H. LOIZEAU, Revue ACTUEL, Pages 15-22, N°21, du 07 au 13/11/09

             

Avant d’entamer ce travail très sensible, et dans un but d’objectivité, nous avons, à pharamster, tenu
- à consulter un maximum de publications
- à prendre en considération la réponse des industriels dans les médias, qui manifestement est peu convaincante, y compris lors d’une confrontation sur une radio privée à l’occasion de  l’émission de T. GHORFI ce samedi 07/11/2009 à la mi-journée, entre le président l’AMIP (les industriels) et le rapporteur de la commission parlementaire.      

Il s’agit réellement d’un événement sans précèdent dans l’histoire de la pharmacie au Maroc. L’éditorialiste de l’économiste titre avec justesse : « Pour la première fois une commission parlementaire se penche sur les prix » et il ajoute « Un marché surprotégé où le patient subit le diktat des labos ». La revue Actuel titrait sur sa première page « Médicaments : la vérité sur ces milliards qu’on nous vole ».

En effet,  dans les annales de l’enceinte du parlement, le seul exercice notable de ce type aura concerné ces dernières années la mission d’investigation sur les grosses malversations à la CNSS.
Là, c'est une enquête menée par les membres de la mission d’information parlementaire sur le prix du médicament qui a présenté ses conclusions le mardi 03/11/09 à la commission parlementaire des finances et du développement économique.

On aurait pu croire, vu les conclusions qu’elle donne, que cette mission est politisée or, la bonne surprise, c’est qu’elle est présidée par le député istiqlalien Abdallah Bourkadi qui est du même bord que la ministre de la santé Yasmina Baddou.
Cette enquête constitue, donc, une véritable référence dont une synthèse est disponible dans la rubrique texte intégral. PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

Elle rejoint dans le fond un grand nombre de points soulevés sur notre blog :

NOVALGINE / BARALGIN REINTRODUCTION SUR LE MARCHE MAROCAIN 
DEXTRAMOL DEXTROPROPOXYHENE PARACETAMOL 
CAS D'OFFICINE : UN COXIB EN QUESTION 
ALFACEFAL & CLOROTIR DEUX AUTRES COPIES DE CEFACLOR 
CALCIDIA UN PRIX EXCESSIF 
IBEFLOX LA 8EME COPIE D’OFLOXACINE 
CAS D'OFFICINE Ass. amoxicilline ac. Clavulanique la confusion 
THALAMAG & CELEBREX GM : 2 Nouveaux produits inutiles 
Etc...

On ne pouvait pas présenter cette enquête sans parler d’une autre étude sur la même thématique, parue comme par hasard, une semaine avant le rapport parlementaire et qui comme par hasard encore a fait le tour de certaines rédactions, c’est l’étude du Boston Consulting Group commanditée (voir télécommandée) par l’Amip (Association marocaine de l’industrie pharmaceutique).
Elle constitue comme, le note l’éditorialiste de l’ECONOMISTE, une opération de com, officieuse (voir anti-citoyenne), sans fait générateur si ce n’est de montrer, de façon insidieuse, que si le médicament est cher c’est dû à la marge de l’officinal. Cet adage a été complètement réfuté par le rapport de la commission parlementaire. Justement, à propos de l’officinal, on va aborder ce thème à travers le problème des Laboratoires Roche

 



Les Laboratoires Roche vs Les Pharmaciens d’officines :

Les faits :

               - Roche vend directement les médicaments anticancéreux aux malades sans passer par les grossistes et les officinaux. C’est en passant complètement illégal au Maroc      
               - Un groupe d’officinaux manifestent face au siège de Roche, en blouse blanche, devant les caméras des télévisions.   
               -  La direction de Roche promet des discussions avec les officinaux     
               - Quelques jours plus tard, les Laboratoires Roche signent un accord avec l’association LALLA SALMA (l’épouse du souverain) de lutte contre le concert, selon lequel, Roche va apporter son aide à cette association.
Et après :
Il s’agit de la part des officinaux d’une erreur monumentale de communication, malgré que la loi soit de leur côté. Quand on veut s’attaquer à un mastodonte il vaut mieux s’armer de solides arguments. Or tout ce que les pharmaciens ont pu mettre en avant ce sont les textes de loi et leur tiroir caisse et c’est complètement ridicule comme argumentaire dans un sujet à forte connotation humanitaire.
Lors de cette malheureuse manifestation, mes confrères ont mis la caisse au cœur de leur métier, ce qui a donné du grain à moudre facile et populiste à beaucoup de journalistes. Par ailleurs lors d’un entretien sur une radio privée de la place un des manifestants, a donné en plus comme argument « les officinaux donnent des crédits aux patients » Ah ! il faut bien noter que même l’épicier du coin le fait aussi. C’est dommage d’en être là avec un bac plus 7 !
Par la suite, Roche s’est allié avec l’association LALLA SALMA, association dont les contributions humanitaires sont indéniables, par contre le caractère philanthropique des laboratoires Roche n’est pas si sûr que cela. (Les fameuses larmes de crocodile)
Résultat des courses les officinaux ont été relégué aux yeux de l’opinion et auprès des hautes sphères, par leur faute et par les flibustiers de Roche, à de pauvres commerçant cupides et radins.             

Non, messieurs, c’est le patient qui est au cœur de notre métier, et non pas les tiroirs caisses, il est urgent de prendre des positions claires pour sa défense, car c’est lui notre patron et c’est lui notre véritable allier en s’attaquant de manière courageuse à tous les produits inutiles, voir dangereux, pour sa santé. En prônant un regard critique et indépendant vis-à-vis de toutes les thérapeutiques et de tous les produits mis en vente dans nos officines, on n’est pas là pour vendre n’importe quoi. Et c’est l’essence même de ce modeste blog qui rejoint et cautionne totalement des résultats de l’enquête parlementaire dont une synthèse est présentée ici


PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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commentaires

passant 05/05/2011 18:34



4.Le patient adore faire la queue dans les centres de santé et entendre les humiliations de la part du personnel y travaillant,etc ..,au lieu d'aller en pharmacie ou on prendra soin de lui !


5.Le patient est la premiere cause de faillite des officines,par sa éscroquerie,devant la mauvaise gestio,le mauvais emplacement,etc ...


6.Le patient,devant le grand choix des pharmacies qui l'entourent, se permet de dicter ses exigences sous peine de boycot !


J'aimerais encore dire,que le patient trouve toujours le moyen de se procurer ses traitements,meme les onereux,et c'est le pharmacien et ses enfants qui paient a sa place,quand il prefere trahir
la confiance du pharmacien,qui l'a mis au coeur de son métier,et ca arrive tres souvent !



passant 04/05/2011 21:05


Eh oui,on donne des crédits aux patients,malheureusement!,on les met au coeur de notre métier comme vous dites cher Amster,on souffre avec leurs souffrances,on paie a leur place les grossistes au
détriment de nos familles,en attendant leurs réglements,etc ..... La récompence: 1.Le patient se rend dans d'autres pharmacies quand il a l'argent pour payer cash,celui du quartier le laisse pour
des crédits long terme,et a la premiere demande de réglement,(d'ailleurs qu'il attend impassiemment) fait semblant d'etre insulté pour échapper diffinitivement et aller chercher une autre
proie,pour ne pas dire et accusera "le pauvre" pharmacien de voleur,etc... 2.Le patient n'a rien a faire avec la présence du pharmacien ou ses connaissances:il s'interesse aux credits et a la
remise. 3.le patient considere le médecin comme étant "un dieu":il sait tout et ne peut pas commettre de fautes;"Tu prétends savoir plus que le médecin?"dit-il!c'est a dire il ne veut pas entendre
parler des connaissances,le pharmacien est devant une ordonnance,il doit d'abord avoir tous ses produits,(sinon on va chercher ailleurs),il l'execute telle qu'elle est,pas d'interrogatoires,pas
de...,surtout pas de substitution,qui est un "crime contre l'humanité"!


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