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NOTIONS DE SYNDROME DU BEBE SECOUE

shaken baby syndrome  ou  S.B.S.

NOVEMBRE 2003  Lire aussi une mise à jour du 10/11/2008 : http://pharamster.over-blog.com/article-27534972.html

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1) Introduction :

         Le syndrome du bébé secoué ( S.B.S. ) est considéré comme une forme de maltraitance, volontaire ou involontaire, commise sur des enfants en bas age. Il s’agit de bébés, saisis par les épaules et secoués à un point tel qu’ils peuvent en décéder des suites d’une hémorragie cérébrale.

Peu ou pas connu le S.B.S. passe souvent inaperçu. Ce problème a été soulevé en 1er par une étude canadienne menée par le Dr James King, chef du service pédiatrique à l'hôpital pour enfants d'Ottawa, qui s'est penché sur les dossiers de bébés de 11 hôpitaux canadiens, entre 1988 et 1998. Selon ses constatations, 364 enfants ont été admis avec le syndrome du bébé secoué au cours de cette période [14].

Entre janvier 1997 et décembre 1998, l'équipe du PR Didier Gosset, service de médecine légale du CHU de Lille a colligé 24 cas d'enfants concernés, soit un par mois en moyenne [ 13].   

 

2) Qu'est-ce que le syndrome du bébé secoué ?
Le syndrome du bébé secoué est un ensemble d’observations dont l’une au moins est  présente :

                - une hémorragie intracrânienne,

                - une hémorragie rétinienne,

                - des fractures des côtes et de l’extrémité des os longs ou d’autres fractures,

                - des ecchymoses et des lacérations  souvent dues à des traumatismes par impact                

Ces différentes lésions s’expliquent par la taille relative de la tête du bébé, du poids de son cerveau et de son stade de développement, et enfin par la faiblesse des muscles de son cou. Sa  tête étant encore mal maintenue par les muscles cervicaux.

3) Les symptômes du syndrome du bébé secoué

Un enfant victime de SBS peut présenter :

- Des troubles de comportement à type d’irritabilité, de léthargie et des troubles du sommeil et de l’appétit

- Des d’hypertensions intracrâniennes peuvent survenir causant des vomissements, convulsions, trouble de la conscience allant de l’obnubilation au comas et au décès

- Des symptômes semblables à ceux d’une maladie virale, telle la grippe, peuvent survenir chez des nourrissons légèrement secoués.

Le syndrome du bébé secoué peut survenir à n’importe quel âge, mais on le remarque surtout chez les enfants de moins d’un an avec un pic aux environs du 6ème mois [14]. Les besoins spécifiques des bébés à cet âge là, leurs cris et pleurs, peuvent irriter les parents ou les personnes qui en prennent soin au point qu’ils en arrivent à les secouer violemment.

Les conséquences de ces actes s’observent surtout au niveau de la tête du bébé, qui effectue des mouvements en coup de fouet et est soumise aux forces de rotation pendant les secousses. Ces mouvements provoquent une rupture vasculaire cérébrale, contribuant à l’apparition d’un hématome sous-dural

 

4) Les conséquences à long terme sur la santé du nourrisson
Les conséquences peuvent varier. Certains ne présenteront aucun trouble apparent, tandis que d’autres souffriront d’une invalidité permanente, y compris un retard du développement, des convulsions ou une paralysie, la cécité et parfois même la mort.

Les effets des lésions neurologiques chez les survivants peuvent beaucoup tarder à se manifester et entraîner un éventail de déficits tout au long de la vie, tels des troubles de comportement et un déficit cognitif.

Des données canadiennes récentes [11] sur les enfants hospitalisés par suite du syndrome du bébé secoué démontrent que :

          - 19 % d’entre eux sont morts,

          -  59 % accusaient un déficit neurologique, visuel ou autres 

          -  22 % seulement semblaient bien guéris mais peuvent toutefois     

        présenter des troubles comportementaux ou cognitifs plus tard, peut-être à l’âge scolaire.

 

5) Pourquoi secoue-t-on les bébés?
           Il semble que c’est une réaction causée, en partie, par le stress ressenti par la personne qui s’occupe du nourrisson. Les pleurs d’un bébé peuvent en exaspérer ou en épuiser certains, qui réagissent alors violemment et secouent l’enfant. D’autres situations déclenchent aussi cette réaction, telles que des difficultés à nourrir ou à nettoyer le bébé.

Certains parents pensent, en toute bonne foi, que secouer un enfant est moins dangereux que le frapper.
Selon le Professeur Didier Gosset, du service de médecine légale du CHU de Lille [13], certains jeux, malheureusement répandus, tels que lancer un enfant en l'air ou le faire tourner autour de soi violemment, peuvent générer aussi des lésions semblables à celles rencontrées dans le S.B.S.

Des études canadiennes [11] indiquent que les personnes les plus susceptibles de secouer un enfant sont les pères, les beaux-pères. Mais, les enfants peuvent également être secoués par leurs nourrices ou leurs mères.

 

6) Quel rôle le pharmacien d’officine peut-il jouer dans la guidance parentale ?
Il est claire que le dépistage, l’évaluation, l’étude, la prise en charge et la prévention du syndrome du bébé secoué exigent une démarche multidisciplinaire.

Vu l’absence de prise de conscience et le manque de communication concernant ce problème au niveau national, l’officinal marocain est amené à avoir énormément de vigilance devant les cas suivants :

-   Une demande insistante d’un produit « pour faire dormire le bébé »

-   Une demande d’un produit « qui donne l’appétit au bébé  »

-   Une blessure d’un bébé

-   Une situation familiale difficile : père alcoolique ou consommateur de cannabis, promiscuité exacerbée, violence conjugale, divers difficultés psychologiques, enfant en bas age confié à une nourrice ou à une crèche.  

Ce sont là des informations que l’officinal de part sa disponibilité reçoit soit en bloc soit au fur et à mesure des divers achats et autres conseils qu’il prodigue.

Il est important de ne jamais banaliser une demande de parents pour un enfant qui pleure sans arrêt. Cette demande peut cacher un appel à l'aide ou refléter une situation sur le point d'exploser.

En cas suspicion d’un cas maltraitance d’un bébé il est impératif  de l’orienter vers des structures spécialisées, l’officinal, lui, ne devrait épargner aucune information sur ce sujet, il devrait insister sur les risques à court, moyen et long terme sur la santé physique et  mentale du bébé avec tout ce que cela représente comme souffrance pour le bébé et comme responsabilité morale, voir juridique pour les parents.

 

La prévention au niveau de la pharmacie passe par l’implication active de l’officinal dans la diffusion de l’information notamment lors de l’achat d’un Kenta, d’un lait, ou à l’occasion des petits bobos survenant lors d’une nouvelle naissance. La plus grande prudence s’impose avant de décider de laisser le bébé sous la garde d’une personne inexpérimentée même pendant une courte période.

Les parents doivent apprendre qu’il existe d’autres moyens de composer avec l’épuisement et les sentiments de frustration face à un bébé. Le cas échéant on insistera alors sur l’importance d’aller chercher de l’aide si les besoins de l’enfant créent un sentiment de colère et de frustration tel qu’il devient difficile de garder le contrôle de soit. Rappelons enfin à titre d’exemple qu’au Canada  une campagne de sensibilisation a été menée avec comme message :
               « Ne secouez jamais un bébé! »

 

 

Conseil officinal type
Si votre enfant pleure,
voici quelques suggestions

       ± Vérifiez d’abords si les pleurs de votre bébé ne signalent pas un besoin précis, sachant qu’un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour différentes raisons, comme changer sa couche, le nourrir, l'éloigner d'une source de chaleur ou de froid ou lui prodiguer des soins contre la fièvre ou contre des coliques.

       ± Il peut aussi pleurer car il s’ennuie et a besoin de stimulations ou au contraire est fatigué et a besoin de dormir. Parfois, il souhaite simplement un peu de tendresse : frotter lui doucement le ventre, balader le, parler lui
      
± Si votre bébé continue à pleurer après que vous vous êtes assuré qu'il n'a aucun problème particulier, tentez de garder votre calme et vérifiez votre propre état. Êtes-vous contrarié? Êtes-vous frustré?
      
± Si vous pensez perdre les pédales, arrêtez-vous! Placez votre enfant en sécurité dans sa couchette et quittez la chambre pendant quelques minutes. Parlez à un ami, à un membre de votre famille, à un voisin ou à une autre personne en qui vous avez confiance et obtenez du soutien, dans l’attente d’une consultation éventuelle.
      
±  Souvenez-vous de ne jamais secouer votre bébé, quelle que soit votre irritation.

 

 

Bibliographie

1)American Academy of Pediatrics. Committee on Child Abuse and Neglect. "Shaken baby syndrome: Rotational cranial injuries – technical report." Pediatr 2001;108:206-10.

2) American Academy of Pediatrics. Committee on Child Abuse and Neglect. "Distinguishing Sudden Infant Death Syndrome from child abuse fatalities." Pediatr 1994;94:124-6.

3) American Academy of Pediatrics. Committee on Child Abuse and Neglect. "Shaken Baby Syndrome: Inflicted cerebral trauma (RE9227)." Pediatr 1993;92:872-5.

3) Bonnier C, Nassogne MC, Evrard P. "Outcome and prognosis of whiplash shaken infant syndrome; late consequences after a symptom-free interval." Dev Med Child Neurol 1995;37:943-56.

4) Bruce DA, Zimmerman RA. "Shaken impact syndrome." Pediatr Ann 1989;18:482-94.

5) Butler GL. "Shaken baby syndrome." J Psychosoc Nurs 1995;33:47-50.

6) Association médicale canadienne. "Infants dead on arrival." Guides de pratique, Infobanque AMC, http://www.cma.ca/cpgs, 1999.

7) Chabrol B, Fortin G, Bernard-Bonnin AC, et coll. « Prise en charge et prévention de la maltraitance au Québec : programme de pédiatrie sociojuridique de l’hôpital Sainte-Justine à Montréal ». Arch Pediatr 1998;5:1366-70.

8) Chadwick DL, Kirschner RH, Reese RM, et coll. "Shaken baby syndrome – A forensic pediatric response." Pediatr 1998;101:321-3.

9) Chiocca EM. "Shaken baby syndrome: A nursing perspective." Pediatr Nurs 1995;21:33-8.

10) Committee on Child Abuse and Neglect, 1993-–1994. "Shaken baby syndrome: Inflicted cerebral trauma." Del Med J 1997;69:365-70.

11) Déclaration conjointe sur le syndrome du bébé secoué. Paediatrics & Child Health 2001;6(9) 673-677 No de référence : CPS01-01,également publié par Santé Canada en novembre 2001

12) Duhaime AC, Christian CW, Rorke LB, Zimmerman RA. Nonaccidental head injury in infants – The "shaken baby syndrome." N Engl J Med 1998;338;1822-9.

13) Gosset D. Le syndrome de l'enfant secoué - Un problème négligé en France. Quotidien du Médecin 1999 ; 6556:28

14) King J, MacKay M. "A 10-year retrospective review of shaken baby syndrome in Canada." Pediatr Res 2000;47:202A.

15) Kivlin JD. "A 12-year ophthalmologic experience with the shaken baby syndrome at a regional children’s hospital." Tr Am Ophth Soc 1999;XCVII:545-81.

16) Lancon JA, Haines DE, Parent AD. "Anatomy of the shaken baby syndrome." Anat Rec 1998;253:13-8.

17)  Mills M. "Funduscopic lesions associated with mortality in shaken baby syndrome." J AAPOS 1998;2:67-71.

18) Nashelsky MB, Dix JD. "The time interval between lethal infant shaking and onset of symptoms. A review of the shaken baby syndrome literature." Am J Forensic Med Pathol 1995;16:154-7.

19) Plunkett J. "Shaken baby syndrome and the death of Matthew Eappen: A forensic pathologist’s response." Am J Forensic Med Pathol 1999;20:17-21.

20)  Reese RM, Kirschner RH. "Shaken baby syndrome/shaken impact syndrome." National Information, Support and Referral Service on Shaken Baby Syndrome 1998;Summer:4-5.

21) Spaide RF, Swengel RM, Scharre DW, Mein CE. "Shaken baby syndrome." Am Fam Physician 1990;41:1145-52.

22)  Swenson MS, Levitt C. "Shaken baby syndrome: Diagnosis and prevention." Minnesota Med 1997;80:41-4.

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