Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Le problème posé par l’hypertension artérielle nocturne
LE RÔLE DU PHARMACIEN
 

La pression artérielle systolique et diastolique présente des variations, des fluctuations, au cours de la  journée de 24 heures. Ces variations que l'on a constatées depuis bien longtemps sont maintenant assez faciles à quantifier grâce à de petits appareils qui mesurent automatiquement, à intervalles réguliers, la pression artérielle systolique et diastolique ainsi que la fréquence des pulsations cardiaques (appareil de MAPA ou Holter tensionnel). MAPA= mesure ambulatoire de la pression artérielle

 

Si l'on  considère les chiffres obtenus pendant la journée (tension diurne) et pendant la nuit (tension nocturne) on constate que chez les sujets normaux ces chiffres sont en moyenne légèrement plus élevés, de 10 à 20 %, le jour que la nuit. Il y a donc un abaissement de la pression artérielle pendant la nuit, cet abaissement est appelé « dipping » dans les publications anglaises.

 

Les hypertendus peuvent être classés en 3 groupes en fonction de leur tension nocturne :

       -   ceux chez lesquels elle baisse (dippers), sujet « normaux »

       -   ceux chez lesquels elle reste inchangée (non-dippers)

       -    ceux chez lesquels elle monte (risers).

Dans ce dernier groupe notamment, la tension, juste après l'éveil matinal, en position couchée, est plus élevée que la tension diurne. Ainsi une tension artérielle dans les limites supérieures de la normalité pendant la journée peut être anormalement élevée la nuit ou le matin au réveil, ce qui peut modifier le diagnostic et le traitement.

 

Un travail publié dans American Journal of Hypertension [1] montre que le risque d'accidents cardiovasculaires est beaucoup plus élevé chez les « risers » que chez les « dippers » et les « non-dippers ».  

En fait, ce qui compte, c'est le degré de l'hypertension artérielle nocturne plus que son changement par rapport à la tension diurne, comme le suggère cette étude [1]. Un travail belge [2], particulièrement intéressant, confirme la « nocivité » de l'hypertension artérielle nocturne.  

 

Le traitement de l'hypertension artérielle à prédominance nocturne repose sur les mêmes moyens que celui de l'hypertension artérielle commune. On utilise les mêmes médicaments. Mais au lieu de les prendre le matin, il est sans doute préférable de les prendre le soir au coucher (chronothérapie & chronopharmachologie) pour que leur concentration plasmatique soit élevée durant la nuit et lors de l'éveil [3].

 

Les données précédentes montrent que le diagnostic de l'hypertension artérielle, paramètre fluctuant, variable d'un moment à l’autre et d'un jour à l'autre, doit, dans les formes limites entre le normal et le pathologique et où on hésite à mettre en place un traitement, reposer sur les résultats du Holter tensionnel, résultats éventuellement répétées.

 

L'appréciation de l'efficacité du traitement, qui souvent nécessite des associations médicamenteuses prises indéfiniment, doit aussi reposer sur les résultats du Holter tensionnel.[4]

 

Rôle du pharmacien :

La prise matinale systématique des cardiotropes comme cela ce fait d’habitude, doit être, au vu de ces données, nuancée. Il va falloir prendre en considération autant de la part du médecin traitant que de l’officinal le cas de ces patients RISERS chez qui la tension est élevée à la fin de la nuit, par conséquent l’antihypertenseur doit être pris, dans ce cas, au moment du coucher.

Pour la mesure de la pression artérielle on trouve dans le commerce des appareils d'automesure à des prix assez modestes (souvent utilisés dans nos officines) mais dont la précision est relative leurs données ne doivent être prises qu’a titre indicatif ; quant aux appareils de MAPA (Holter tensionnel), ils sont considérés comme de type professionnel et sont très coûteux

13/01/09

Références :

1- http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18292756?ordinalpos=3&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_RVDocSum

2- http://hyper.ahajournals.org/cgi/content/abstract/51/1/55

3- http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17635851?ordinalpos=72&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_RVDocSum

4- http://revue.medhyg.ch/article.php3?sid=32537  (excellent article en français

Partager cette page

Repost 0
Published by

Recherche