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Pour une classification globale

Des produits destinés à la consommation humaine

Qu’ils soient des produits de santé ou des produits alimentaires

R é f l e x i o n      D é b a t 

Alicament-01-copie.jpg 


Cette réflexion est la suite logique du travail consacré  au ACIDES GRAS POLYINSATURES OMEGAS-3 : LES ACIDES GRAS POLYINSATURES OMEGAS-3  

         S’il est vrai que certains alicaments, comme certains médicaments, n’apportent pas plus à la santé qu’un placebo. D’autres peuvent être très utiles comme apport supplémentaire de calcium de fer …etc. En outre il y a un vide réglementaire patent sur ce sujet, pour le combler il apparaît nécessaire de repenser de manière radicale notre façon de classer les produits destinés à la consommation humaine (qu’ils soit de santé ou alimentaire).

Pour appréhender cette nouvelle façon de voir, quelques constatations s’imposent :

 

        - La caféine est-elle un aliments ou un médicament ? Dans votre tasse de café elle considérée comme aliment alors que associée au paracétamol dans un comprimé elle devient un médicament (Dolamine, Panalgique, Migralgine).
        - La vitamine c (acide ascorbique) est-elle un médicament, un aliment ou un conservateur (un excipient) ? Elle est certainement les 3 à la fois.
        - Le bicarbonate de sodium que vous retrouvé dans les biscuits de vos enfants passe pour un additif alimentaire se retrouve en médicament dans

- des antiacides (Normogastryl, Rennie, Servetinal, Gaviscon)
- des suppléants de calcium (Cacit, Calcidia, Calcifix) 

         - Le magnésium, comme beaucoup d’oligo-éléments, est-il réellement un médicament ou un aliment ? Tout dépend de la dose, mais c’est vraisemblablement un alicament
          - Les alginates retrouvés à la base de certains  médicaments antiacides (Gaviscon, Algicon) mais aussi dans les yaourts  comme certaines levure qui sont utilisée dans des pathologies digestives bénignes.
          - L’aspartam qui à la base est un médicament se trouve (et malgré la polémique) dans des boissons gazeuses, des gâteaux, et des yaourt sans sucre. Doit-on le considérer encore comme médicament ?      
          - Le menthol, l’essence d’eucalyptus de thym …etc. retrouvés en en confiserie dans plusieurs pastilles pour les maux de gorge en vente libre. Sont-ils des médicaments ou des aliments  
          - Le sorbitol, utilisé comme médicament (Sorbalca, Sorbhepatic), comme excipient (Phosphalugel) et on le retrouve comme édulcorant dans un grand nombre de confiseries !    

 

A n a l y s e   :

          Au vu du développement phénoménal des connaissances en nutrition, en chimie, en bactériologie voir en génie génétique et leurs applications dans l’industrie agroalimentaire, une  lecture horizontale des produits destinés  à la consommation humaine fait apparaître de plus en plus de produits communs à l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. Ce qui nécessitera très probablement dans un future très proche une révision radicale de la réglementation de ces produits qu’ils soient matière 1ère ou produits finis.

Dans cette vision, futuriste pour certains mais qui pourrait s’imposer à nous, les alicaments vont constituer une classe de produits intermédiaire dose dépendante entre : 

- L’aliment qui aura un rôle presque exclusivement nutritionnel
- Et le médicament qui aura un rôle fonctionnel et qui se démarquera, lui, des autres classes par ses effets secondaires et c’est probablement cette dernière notion qui sera une des principales caractéristiques au niveau légal du médicament.

          Un vénérable professeur de pharmacie disait « le médicament c’est la dose », c’est certainement une condition nécessaire mais pas suffisante à l’heur actuelle. A notre avis on devrait dire « le médicament c’est l’effet secondaire » et plus exactement c'est « la balance bénéfice - risque ».  
Autrement dit, si on poursuit cette logique, un produit qui n’a strictement aucun effet secondaire se retrouvera immanquablement un jour ou l’autre dans un alicament, en association avec d’autres produits, sous forme d’un biscuit, d’une boisson gazeuse, d’un yaourt ou une confiserie qui en plus de son goût et de sa valeur nutritive propre apportera un « bien fait » à l’organisme.
Par conséquent beaucoup des produits dits, actuellement, médicaments (on pense aux innombrables ampoules buvables et aux vitamines) se retrouveraient dans la classe des alicaments.
Inversement certains produits alimentaires devraient passer de la classe des aliments à celle des alicaments car il peuvent avoir des effets fonctionnels (au sens pharmacologique) comme : café, thé, sel, ferments lactiques, bicarbonates …etc.

Note à part : Dans cette optique la notion de « produit naturel » ne constitue en fait qu’un argument marketing et non scientifique (les extraits de belladone ou d’opium ou d’absinthe sont des produits naturels tout autant que le café ou le thé). En fait seul importera les effets pharmacologiques d’un produit donné qu’ils soient bénéfiques ou toxiques. Le cas de l’absinthe – en arabe shiba -(produit 100% naturel utilisé depuis toujours) et qui s’est révélé un produit neurotoxique et qui a été retiré du marché français, est édifiant de la nécessité de reconsidérer la classification des produits destines à la consommation humaine.

Globalement on propose de définir
Quatre grandes classes

- Les aliments : 
             Leurs rôle est strictement nutritionnel.


- Les alicaments :
             Ce sont des aliments mais avec des effets pharmacologiques reconnus, sans effets secondaires notables (là il faut départager entre les produits), utilisables sous la responsabilité du consommateur mais en accord avec le corps médical et à des doses bien définies.


- Les produits toxiques sans application thérapeutique : 
             C’est le cas du tabac, d’alcool, voir du cannabis considérés culturellement comme produits d’agrément.    


- Les produits toxiques avec une application thérapeutique : 
             Ce sont les médicaments, classés ainsi on reconnaît intuitivement leurs effets secondaires et leurs usages thérapeutiques, c’est la fameuse balance bénéfice – risque qui détermine leur caractéristique fondamentale. Présenté un médicament comme étant sans danger devient une aberration. Ils sont utilisables mais sous la responsabilité stricte du corps médicale      

 

 

          En réalité ces va-et-vient entre aliments et médicaments ne sont pas du tout une nouveauté, quelques informations pour étayer cela :

      - En 1769, année de famine, le pharmacien Parmentier parvint à imposer la pomme de terre, originaire du Pérou, à la Cour du roi Louis XVI      
      - A environ cette même époque, le chocolat était considéré comme un remède.     
      - Au début du vingtième siècle, la formule d’une célèbre boisson gazeuse à base de cola a été formulée par un pharmacien français (il l’a cédé par la suite, le pauvre !  aux américains)   
      - Au début du vingtième siècle, toujours, les yaourts étaient vendus en pharmacie.
      - Le cas de l’opium est encore plus édifiant, durant l’antiquité il était considéré comme un remède, il était devenu à la fin du dix-neuvième siècle un produit d’agrément dans les salons chics, avant de redevenir un médicament d'abords à prescription facultative puis obligatoire à la fin.
        - Chez nous, il n’y a pas si longtemps, on avait « La Régie du Kif et du Tabac », le kif était considéré par les colons français (les vieux Marocains) comme simple produit d’agrément, taxable à souhait. L’usage du cannabis reste de nos jours un sujet de débat houleux dans plusieurs pays.

Dans cette évolution, qui suit le progrès des connaissances, il y a toujours un décalage entre le développement économique (et technique) et les réglementations qui restent souvent à la traîne.

Cette classification tel qu’on vous l'a proposé, de grandes multinationales l’adoptent intuitivement déjà. Exemple édifiant la firme Procter & Gamble (connue pour être une référence dans la marketing grand public) qui est présente dans :

- Les lessives et cosmétiques (qui ont des bases technologiques commune) : Ariel, Tide, Head & shoulders, Prêt plus ...  
- L’alimentaire : Café, chips (Pringles), … etc  
- Les médicaments : à travers divers laboratoires (Norwich Eaton, Richardson-Vicks, Noxell, Shulto, ...) et on retrouve concrètement dans votre pharmacie des produits ciglés P&G : entre autre Cacit (carbonate de calcium) et Actonel (un biphosphonate)    

Il est évident qu’avec l’efficience du management à l’américaine, des synergies s’opèrent naturellement entre les médicaments et les produits alimentaires.                

           

            A l’orée de ces possibles développements  on peut considérer que le domaine d’intervention du pharmacien s’élargira de façon colossale car la pharmacien de part sa formation multidisciplinaire est l’un des rares techniciens (avec les ingénieurs agronomes) à pouvoir intégrer toutes ces informations et à pouvoir avoir une lecture horizontale des données. Il serait aussi utile d’emblé de reconsidérer la formation du pharmacien sur de nouvelles bases intégrant ces nouveaux développements.   
Cet élargissement se fera à condition que l’officinal ne se recroqueville pas sur de maigres revendications  commerciales, délaissant d'une part le champs technique et scientifique, et laissant d'autre part aux autres corporations et institutions étatiques ou privées, le soin de décider à sa place, souvent en méconnaissance totale de la réalité du terrain. 

           In fine, le sujet des alicaments, avec son corollaire de questions scientifiques, impose de reconsidérer de façon globale la classification des produits destinés à l’usage humain, cette nouvelle classification  aura comme avantages :  

- Une lisibilité accrue des produits de consommation
- Une flexibilité, rigoureusement contrôlée, des applications des produits et intrants utilisés qu’ils soient de synthèses ou non.     

Aux pharmaciens, et au corps médical de façon générale, de saisir ces nouvelles opportunités,
              - En devenant un véritable contrepoids constructif 
              - En participant à ce genre de challenges intellectuels.
Cela qui nécessitera obligatoirement, de la part chacun, un important effort de mise à niveau scientifique et technique.                            

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