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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:07

LE TRAMADOL

Un rapport bénéfice risque fortement remis en question

Notion de « Risque Statistiquement Acceptable »

 12-01-25-Tramadol-copie.jpg

Sources :

1 - N. Richard*, Enquête sur le Tramadol : « Nous avons mis en place une surveillance spécifique » Le Parisien du 25/01/2012

*Chef du département stupéfiants et psychotropes à l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps)

2 - S. Ramnoux « Inquiétudes autour du Tramadol, un antidouleur » Journal LE PARISIEN du 25/01/2012

3 - Sur PHARAMSTER lire : LES ALTERNATIVES DISPONIBLES AU MAROC DU DEXTROPROPOXYPHENE édité le 22/01/2011

 

Dans une interview [1] accordée au journal français Le Parisien, dans son édition du 25/01/2012, la Chef du département stupéfiants et psychotropes à l’Afssaps déclare au sujet du tramadol :

« En 2010, nous avons recensé sept décès par overdose de Tramadol chez des toxicomanes, alors qu’il n’y en avait pas jusqu’à 2007. Et depuis 2007, nous sommes passés de 0,6 % à 5 % d’« ordonnances falsifiées ». Ce sont des ordonnances modifiées par l’utilisateur qui rajoute des médicaments sur l’ordonnance ou en confectionne des fausses »

Elle ajoute :

« Nous avons donc tenu à mettre en place une surveillance spécifique sur le Tramadol dont les premiers résultats devraient être disponibles dans les jours à venir. »

Selon le journal :

            -   Le Tramadol qui remplace le Di-Antalvic fait l’objet d’une surveillance des autorités françaises de contrôle du médicament. Motif : une addiction importante d’une partie des patients. Ce médicament a déjà des effets dévastateurs au Moyen-Orient.

            -  En deux ans, 50% des utilisateurs du Di-Antalvic se sont reportés sur des antalgiques de moindre intensité comme le paracétamol, et 35% sur des traitements plus forts dits de « palier 2 » comme le Tramadol. Celui-ci a vu sa consommation grimper de 30% pour arriver à plus de 12 millions de boîtes distribuées l’année dernière.

A la question « Quel est l’intérêt d’arrêter le Di-Antalvic si les traitements qui le remplacent posent autant de problèmes ? ». La responsable de l’Afssaps a répondu : « L’arrêt du Di-Antalvic était une décision européenne. On a été les premiers à alerter sur le report vers le Tramadol. »

Question pertinente et réponse évasive, autrement dit, la France n’a fait que suivre la réglementation européenne qui s’est basée sur l’usage laxiste du dextropropoxyphène dans les pays anglo-saxons. Le Maroc fait encore mieux puisqu’il a suivi la législation d’un pays qui lui-même copiait celle des autres . A ce rythme on finira par imposer aux habitants de Marrakech de mettre des doudounes à chaque fois qu’il neige à Oslo !      


L’avis du pharmacien :

-          Notion de « Risque Statistiquement Acceptable »

      Il y a plus d’une année nous avons soulevé dans un article intitulé «  Les alternatives disponibles au Maroc du dextropropoxyphène » les problèmes liés à l’usage du tramadol. Les affirmations du chef du département stupéfiants et psychotropes de l’Afssaps confirment nos doutes et étayent notre analyse. 

De façon générale ces décisions en cascades, qui ressemblent à des mouvements de foules, se basent le plus souvent sur le sacro-saint « Principe de précaution » qui se veut être un rempart assurant la sécurité de l’usager. Or si on devait appliquer ce principe au secteur de la pharmacie aucun médicament digne de ce nom ne pourrait être vendu, puisque, par principe, ce sont des produits toxiques, et aucun médicament n’est dénué d’effets secondaires.

Une décision cartésienne et non démagogique, devrait se baser non pas sur l’absence de risque, qui est une pure utopie, mais sur la notion de risque statistiquement acceptable.

C’est un risque incontournable que la collectivité accepte de prendre en connaissance de cause en vue de rendre service à la majorité écrasante de la population. Cette notion de risque statistiquement acceptable est applicable autant en pharmacie que dans d’autres secteurs comme, l’environnement, le transport, les activités sportives et autre nutrition … etc.

-       Les limites des systèmes de pharmacovigilance actuels :

     Le fait qu’il puisse y avoir  une augmentation du nombre d’incidents liés à l’usage d’un médicament donné, aussi choquant que cela puisse paraître, ne constitue pas un signal d’alerte maximal. Car il faut rapporter le nombre d’incidents au nombre de boites consommées. En absence de ce rapport fondamental tout produit faiblement prescrit et hautement toxique passerait facilement entre les mailles de la pharmacovigilance, alors qu’un produit de toxicité moindre se retrouve épinglé du fait même de sa large diffusion !

De facto le nombre d’effets secondaires recensé en valeur absolue, n’est significatif que s’il est rapporté aux nombres d’unités utilisées ce qui permet de réduire significativement l’incidence de la variable « taille du marché ». Encore faut-il être capable de produire ce genre de ratio.

Un tel ratio permettrait de valider le principe du « risque statistiquement acceptable » et d’éviter de vendre à la population des vérités présentées comme telles et qui sont loin d’être absolues, cela pourra aussi rationnaliser les décisions administratives d’octroi et de suppression d’autorisations diverses et variées.        

Au Maroc, ce genre de débat n’est pas d’actualité à cause de la faiblesse du système de pharmacovigilance avec des statistiques peu fiables et un manque d’implication du corps médical au niveau des déclarations d’effets secondaires.

Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de faire ici le parallèle entre le problème posé par le tremadol et le cas du métoclopramide qu’on a déjà traité, lire à ce sujet notre article : Interdiction du métoclopramide et ses alternatives en pédiatrie. De facto, le tremadol n’est pas un cas isolé, le problème est d’ordre structurel touchant la logique décisionnelle. Une logique qui se base sur une pseudo-transparence visant à rassurer la population avec des vérités absolues et qui devient in finé absurde.                           

 

LES SPECIALITÉS Á BASE DE TREMADOL

AU MAROC

 

Présentation

Prix DH

Prix par dose

Tremadol®

50 mg CP

BT 20

46.00

2,30 DH

Tramal®

50 mg CP

BT10

25.00

2,50 DH

100 mg Suppo.

BT 5

27.00

5,40 DH

Tramium®

100 mg Ge LP j

BT 10

48.00

4.80 DH

150 mg Ge LP

BT 10

61.00

6.10 DH

200 mg Ge LP

BT 10

83.00

8.30 DH

Myantalgic® k

27.5 mg CP

BT 20

30.00

1.50 DH

27.5 mg CP EFF.

BT 20

34.00

1.70 DH

jGélules à libération prolongée

k En association fixe avec 325 mg de paracétamol, produits similaires en France Zaldiar® et Ixprim® 

 

Article rédigé avec l'aimable collaboration de ma consœur Dr Mouna

L’écrit soulage la mémoire 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 19:36

CHIFFRES & REPERĖS

ETAT & PERSPECTIVES

DU SECTEUR PHARMACEUTIQUE SELON L’AMIP

Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique

 

 

Source :  Abdelghani El Guermai président de l’AMIP  «Nous voulons un juste prix pour le médicament» Entretien avec Abdelghani El Guermai. Propos recueillis par F.Z. TOHRY in L’Economiste, n° 3706, page 10, du 25/01/2012

Au sujet de l'activité en général :  

    " L’exercice 2011 a été très difficile pour tout le secteur de la pharmacie. Les chiffres d’affaires pour la majorité des produits ont stagné ou même baissé malgré des efforts conséquents fournis dans la promotion. De plus, au niveau du ministère de la Santé, des retards importants dans l’octroi des AMM ou des prix ont été handicapants et ne nous ont pas permis d’évoluer normalement."

Au sujets des diverses affaires (...) :

     " Vous parlez du rapport de la commission parlementaire et vous pourriez y ajouter celui du Bureau international BCG ainsi que d’autres. Effectivement, nous n’avons pas été bousculés mais plutôt déçus et dupés…"

Au sujet des priorités que l'AMIP compte poser sur la table du nouveau ministre de la Santé :

     " (…) Nous nous réjouissons de reprendre avec lui (le nouveau ministre de la santé) les différents chantiers de la profession et trouver les solutions les plus adéquates :

 - une direction de la pharmacie plus réactive et plus efficace,

- la révision et réactivation de certains textes de loi,

- un mode de calcul des prix des médicaments «au juste prix» dans l’intérêt de toutes les parties concernées,

- la politique, toujours attendue, pour développer le générique,

- et une politique du médicament au sens le plus large pour une meilleure visibilité de notre industrie,

D’une manière générale, une plus grande et réelle concertation avec l’Amip au sujet de toutes les questions de notre secteur afin de nous permettre de contribuer efficacement à l’intérêt général et le bien être du malade: accessibilité, taux de remboursement, AMO, Ramed, etc."

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:16

CHIFFRES & REPERES

EFFET DE LA DEGRADATION DE LA NOTE

DE LA FRANCE SUR LE MAROC

A COMME AÏE !

12-01-17-Le-Maroc-et-la-degradatioon-de-la-note-de-la-Fran.jpg

1er Partenaire économique du Maroc toute catégories confondues, la France dont la note de la dette souveraine a été dégradée par une des 3 agences de notations (S&P) ne manquera d’impacter négativement l’économie marocaine. Cet impact sera d’autant plus important que l’économie marocaine est très liée à la zone Euro (import, export, tourisme …)

Source : IL. Boumnade, I Benchekroun, L’ECONOMISTE, n°3700, page 4 à 6 du 17/01/2012

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 11:54

MÉDICAMENT

ANALYSE CRITIQUE DE LA SPÉCIALITE FEBREX®

LE FERVEX®  MAROCAIN

 

FEBREX
 
fervex
 
 

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Rappels déontologiques :         

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

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                    Depuis ce mois de décembre 2011 une nouvelle spécialité contre le rhume a été mise sur le marché marocain du nom de Febrex®.

Description :

       Au niveau de la formulation :

          Pour la forme adulte c’est une association de 500 mg paracétamol et de 25 mg phéniramine, la présence de 200 mg de vitamine C et là plus pour le décore que pour un quelconque effet pharmacologique.

          Pour la forme enfant plus de 6 ans on retrouve du paracétamol à 280 mg et la phéniramine à 10 mg par sachet.     

      Au niveau de la présentation en sachets,

         Elle vise vraisemblablement le marché du Rhumix® et de la Rinomicine®. Il est entendu que Febrex® ne contient ni AINS ni vasoconstricteur, de ce fait il a moins d’effets secondaires et moins de contre-indications.   

Cette spécialité ressemble à se méprendre autant dans la formulation que dans les présentations et même au niveau du nom commercial, à une spécialité commercialisée en France depuis 2008 sous le nom de FERVEX® (on est presque dans la même configuration entre Huile Lesieur® et Huile Lousra®)       

Analyse critique :

Pour situer cette spécialité dans la panoplie des médicaments anti-rhume, on vous propose de revoir les diverses formulations disponibles sur le marché marocain :

Antihistaminique H1 + AINS + Vasoconstricteur + Antalgique antipyrétique + Caféine

Rinomicine, Rhumix

Antihistaminique H1 + Vasoconstricteur + Antalgique antipyrétique

Humex, Actifed, Ephedryl

Antihistaminique H1 + Antalgique antipyrétique + Caféine

Dolamine 

Antihistaminique H1 +Aantalgique antipyrétique

Rhinofebral, Febrex, Fervex 

Vasoconstricteur + Antalgique antipyrétique

Dolirhume, Rhumagrip 

AINS + Vasoconstricteur

Rhufene

          A travers cette classification on remarquera que le Febrex® (Fervex®) se place, en terme de formulation, au même titre que le Rhinofebral, et de fait une petite analyse comparative des deux spécialités s’impose :  

Febrex Adulte Vs Rhinofebral

 

Febrex®

Rhinofebral®

Présentation

Boite 8 Sachets, PPM 21,00 DH

Boite de 20 Gélules, PPM 14,30 DH

Parcétamol

500 mg par dose

240 mg par dose

L’antihistaminique

Phéniramine maléate 25 mg

Chlorpheniramine maléate 3,2 mg

 

           Le Rhinofebral® est deux fois moins dosé en paracétamol que le Febrex®. Au niveau de l’antihistaminique on retrouve deux molécules très proches la phéniramine et la chlorphéniramine.

La phéniramine est un vieil antihistaminique largement utilisé et largement dépassé par les nouveaux antihistaminiques moins sédatifs : cétirizine, loratadine et leurs isomères. Reste à savoir quelle est la différence entre phéniramine et chlorphéniramine ? Et par la même occasion comprendre sa filiation chimique ?

Pour se situer au niveau des antihistaminiques H1 (antiallergiques), on vous propose cette classification issue de la combinaison des aspects pharmacologiques et chimiques :

Les antihistaminiques H1 avec non sédatif (relativement) 

Ce sont les plus récents on y retrouve la loratadine, la cetirizine et leurs stéréo-isoméres 

Les antihistaminiques H1 avec un effet sédatif prononcé (effet sur les récepteurs centraux H3) :

- Les antihistaminiques H1 phénothiaziniques : avec comme chef de file la prométhazine (Phenergan®)

- Les antihistaminiques H1 non phénothiaziniques : On retrouve 3 séries chimiques :

- La série de l’éthylène diamine (R1,R2) N-CH2-CH2-N(R1,R2) : Hydroxyzine (Atarax®) meclozine (Agyrax®)  

- La série de l’éthanol amine R-O-CH2-CH2-N-(R1,R2) : Diphenhydramine (Benadryl®, Dramamine®) chlorphenoxamine (Systral®), carbinoxamine (Humex®) 

- La série propyl amine (R1,R2,R3)C-CH2-CH2-N(R1,R2) : Phéniramine (Febrex®, Fervex®), chlorphéniramine (Haxapneumine®, Rhinofebral®), bromphéniramine (Rupton®), triprolidine (Actifed® …)   

Pheniramine-et-Brompheniramine.jpg

 

La seule différence entre la phéniramine et chlorphéniramine c’est l’atome de chlore (de même pour la bromphéniramine c’est le brome)

Au niveau de l’effet pharmacologique il n’existe pas de différences significatives entre les trois molécules (phéniramine, chlor- et brome-) avec des effets antihistaminiques similaires et des effets sédatifs très marqués.

En conclusion :

      Le Febrex® (Fervex®) présente une formulation qui a comme point positif l’absence de vasoconstricteurs.

Cependant on note les éléments suivants :

     1- La présence et la quantité de paracétamol dans la formulation ne sont pas mises en relief sur le packaging, ce qui induit forcement des risques de surdosage en paracétamol en cas d’usage de plusieurs médicaments. Febrex® n’est pas le seul dans ce cas puisque la majorité des associations à doses fixes contre le rhume, ne mentionnent pas la présence de paracétamol.           

     2- Le choix de l’antihistaminique est discutable, et pour cause choisir un vieil antihistaminique sédatif n’est pas une panacée d’autant plus que le coût des antihistaminiques récents, plus sélectifs, est devenu abordable si on juge par le prix de certaines spécialités genre Zifar® CP BT de 14, une loratadine à 15,00 DH, ou encore Cezin® CP BT de 7, une cétirizine à 11,00 DH.

     3- Plus généralement le choix d’associations de principes actifs à doses fixes est discutable. Pour un budget de moins de 30,00 DH des alternatives présentant moins d’effets secondaires existes, exemple :

- Un antihistaminique non sédatif cétirizine (Cezin® BT de 7 CP à 11,00 DH) + un paracétamol (Nofebril® CP à 7,00 DH)

- Si on a besoin d’un vasoconstricteur on proposera Dolirhum® ou Rhumagrip ou encore Rhufene (avec AINS) + Cezin® quelque soit le produit choisi on restera à moins de 30,00 DH

Cette manière de faire, qui nécessite la maîtrise du médicament, a l’avantage d’adapter parfaitement sa prescription, ou son conseil, au cas par cas et de ne donner que les molécules dont le patient a besoin et d’éviter les prescriptions (ou conseils) réflexes fortement sollicitées par la promotion médicale (délégués), et qui sont source de beaucoup de mésusages de médicament.           

      4- Enfin en  France la spécialité Fervex® est promotionnée au niveau de la télévision par une publicité. C’est précisément l’exemple à ne pas suivre, car autant le paracétamol que la phéniramine restent des produits toxiques, une banalisation implique de facto un fort risque de d’usage abusif.

Faire la part entre une lessive, un yaourt et un médicament c’est le minimum requis. La maladie n’est pas un choix, c’est un état de fait, quand elle nécessite la prise d’un produit toxique, cela doit se faire sous la responsabilité du corps médical. La prise d’un médicament, digne de ce nom, n’est pas un choix non plus c’est une nécessité qui ne peut être justifiée que par l’appréciation du corps médical et non par des slogans publicitaires. 

A lire sur ce même blog :

- Au 31 jan. 2009 : Etude comparative Rinomicine Vs Rhumix

- Au 23 juin 2009 : Rhinofluimucil®, attention à l’usage abusif

- Au 21 oct. 2009 : Rhufene®, Pseudoéphédrine et Ibuprofène

- Au 18 oct. 2011 : Le froid rend-il malade ? idées reçues et physiopathologie 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 14:13

  11 12 16 Escapade Une affaire de barbes

Ce dessin paru dans le Canard Libéré du 16/12/2011, permet une approche originale pour comprendre la logique du « neo-islamisme » à la marocaine.    

Bonne semaine.   

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 17:58

CHIFFRES & REPÈRES

LES MAROCAINES PERFERENT LA PILULE CONTRACEPTIVE

 11-12-28-C-R-Les-marocaines-preferent-la-pilule.jpg

Source image : Steven Digman

 

- 63% des marocaines utilisent la pilule comme moyen de contraception

-   3% seulement préfèrent l’injection contraceptive.

     Selon  Naïma Samouh, Professeur à la Faculté de médecine Hassan II à Casablanca et chef de service de gynécologie-obstétrique à la maternité Lalla Meryem du CHU Ibn Rochd

Source : K.SKALLI « Les marocaines préfèrent la pilule » Les Soir Echos, n°983, page 9, du 28/12/11 

Dans un autre article datant du 04/01/2008 le journal La Vie Eco rapporte des chiffres similaires, de l’ordre de 67% des marocaines qui utilisent la pilule. Le stérilet (DIU) n’est utilisé lui que chez 5% des femmes  

L’avis du pharmacien :

Ces chiffres, qui sont en phase avec notre pratique quotidienne, mettent en évidence l’importance de la maîtrise parfaite de la pharmacologie des oestrogènes et des progestatifs par le corps médical et en particulier par les officinaux, et il nous semble, sauf erreur de notre part, qu’on est loin du compte à ce sujet.

La non maîtrise de cette pharmacologie induit la diffusion, auprès des femmes, d’informations contradictoires, avec des usages fantaisistes amplifiés par l’analphabétisme et la sous éducation de larges couches de notre population.

De part son accessibilité au grand public, l’officine est en réalité une voie primordiale dans la diffusion de proximité d’informations rigoureuses en particulier au sujet de la sphère gynécologique avec deux sujets de base : la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles.

Dans ce cadre nous vous proposons de lire ou de relire sur ce même blog :

- LA BALANCE OESTROPROGETATIVE

- CLASSIFICATION DES PILULES CONTRACEPTIVES

- D R O S P I R É N O N E [JASMINE®, YASMIN®, YAZ®] & RISQUES DE TRHOMBOSE VEINEUSES

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 12:44

PERLES DU COMPTOIR

CALCIBRONAT  MUXOL

 

11-12-27-Perle-Calcibronate.jpg

     Le changement de C en S est classique, par contre pourquoi remplacer le T d’origine par le D ? Là … vraisemblablement car cela rime plus avec limonade. Et justement le Calcibronat est un excellent placebo, largement utilisé. Dans les services d’urgences on l’utilise en injectable dans certains cas d’hystérie.

C’est une association de brome et de calcium « à visée » sédative, il n’en demeure pas moins que dans la pratique c’est un placebo, qui est moins utilisé aujourd’hui au vu de l’avalanche de compléments alimentaires (tout aussi placebo) qui visent la même cible.

Cependant, il y a quelques années on a eu un cas sérieux de bromide, un effet secondaire lié à un usage prolongé de produits à base de brome. Ce cas a nécessité une consultation dermatologique hospitalière qui a permis de poser le diagnostic définitif.

Tant qu’on y est :     

Les bromides sont les manifestations cutanées du bromisme, c'est-à-dire de l'intoxication par le brome ou ses composée (essentiellement le bromure de potassium, utilisé comme sédatif du système nerveux). Les bromides se manifestent la plupart du temps sous forme de prurits et d'érythèmes. C’est une information à prendre même dans le cadre des perles de comptoir.

 

11-12-27-PERLE-MUXOL.jpg

Celle là est magnifique :

         Que le U et le O deviennent un I, la langue française n’en sera que plus facile. Mais ce qui est magnifique, c’est la retranscription arabe où on a remplacé le deuxième I par un extraordinaire A, pour donner MIXAL. Résumons, entre le Muxol, le Mixil et le Mixal, c’est sûr Galien aurait facilement perdu son grec.                          

Plus humblement, on vous propose pour plus d’informations sur le Muxol® de consulter notre article : Eumoxol® ambroxol : Filiation chimique et pharmacologique de l’ambroxol  

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:41

Meilleurs vœux pour 2012

BONNE-ANNEE-2012-01.jpg

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 19:09

CAS D’OFFICINE

ASSOCIATION DE LORATADINE & DE DESLORATADINE

ANALYSE CRITIQUE D’UN EXEMPLE DE PRODUIT COSMETIQUE

 

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Rappels déontologiques :         

- les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. L'image ci-dessous est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquer), Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

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11 12 15 Cas d'off Ordonnance Loratadine et deslor-copie-1

Contexte :

- La patiente : Mme Hnia, 54 ans, mariée 4 enfants

- L’historique rapporté en officine: Suite à la prise d’1 (un) comprimé d’Aspro (aspirine) vendu au détail hors circuit officinal, elle a présenté une allergie généralisée avec prurit et rougeur diffuse.

- Le prescripteur : Dermatologue hospitalier (CHU), Secteur public

L’ordonnance :

LORIX CP   : 1 CP / Jour  (soir)

         DCI : loratadine

AERIUS CP : 1 CP / Jour  (matin)

         DCI : desloratadine         

EXCIPIAL LIPOSOLUTION 4 : 2 fois par jour   

          Crème cosmétique à 4% d'urée 

ANALYSE CRITIQUE :

La 1ère question qui émerge de facto de cette ordonnance est la suivante : Peut-on associer la loratadine et la desloratadine ? Pour y répondre, la première des choses c’est de comparons les deux molécules :

11-12-15-Cas-d-off-Loratadine-et-desloratadine.jpg

Les dénominations scientifiques :

Loratadine : 1-Piperidine carboxylic acide, 4-(8 chloro-5,6 dihydro 11 H benzo (5-6) cyclo hepta [1,2] pyridin-11 ylidiène) éthylester.  

En anglais : 4-(8-Chloro-5,6-dihydro-11H-benzo[5,6]cyclohepta[1,2-b]pyridin-11-ylidene)-1-piperidine carboxylic acid ethyl ester

Desloratadine : 4-(8-Chloro-5,6-dihydro-11H-benzo[5,6]cyclohepta[1,2-b]pyridin-11-ylidene)-1-piperidine

Sources rien de spécial :

- J. Taoufik « Précis de chimie thérapeutique » page 51-52, Collection MEDIKA 2007

- Banque de données Esculape Pro

- Dorvault, L’officine, 23e édition page 1021

    Alors, pour faire simple : la différence entre la loratadine et la desloratadine réside (et vous l’avez certainement remarqué) dans le fait que cette dernière ne dispose pas du radical acide carboxylique éthylester qui n’est rien d’autre qu’un simple acide COOH où on a substitué le dernier H par un sympathique éthyle "C2H5".     

Et alors ? Vous avez raison de vous poser cette question, mais …on aime vous faire languir : la desloratadine est en fait le métabolite de la loratadine. Autrement dit, en prenant la loratadine  par voie orale elle se transformera de toute façon dans l’organisme en desloratadine, se délestant au passage de notre sympathique COO-C2H5 que vous connaissez maintenant.

Et maintenant … vous y êtes, la loratadine et la desloratadine ont en réalité le même effet, les associer, c’est mélanger des macaronis avec des spaghettis … Il ne faut pas être Italien pour comprendre, bien sur, que cela n’a pas de sens, cela revient à prendre globalement 2 CP à 10 mg de loratadine. C’est un surdosage injustifié, qui ne fait qu’augmenter les risques liés aux effets secondaires sans aucune plus-value thérapeutique.      

A ce sujet une question se pose, y a-t-il des risques sérieux, de ce surdosage, sur la santé du patient ? le RCP de la spécialité DESLORATADINE MYLAN PHARMA 5 mg, comprimé pelliculé mise à jour du 04/08/2011 consulté le 25/12/2011, rapporte :

« Lors d’un essai clinique en dose répétée, dans lequel jusqu’à 20 mg par jour de desloratadine ont été administrés pendant 14 jours, aucun effet cardiovasculaire statistiquement ou cliniquement significatif n’a été observé. Dans un essai de pharmacologie clinique, dans lequel la desloratadine était administrée à une dose de 45 mg par jour (neuf fois la dose thérapeutique) pendant dix jours, aucune prolongation de l’espace QT n’a été observée.»

On en conclut, sur la base de ce seul essai clinique (…), que cette association ne constitue pas, dans l’état de nos informations actuelles, un danger pour la santé du patient. Il n’en demeure pas moins qu’elle reste totalement injustifiée.    

La remarque de l’apothicaire du coin :

L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion …  

        La loratadine a été commercialisée pour la 1ère fois par la firme Shering-Plough sous le nom de Clarityne®, il y a plusieurs années le brevet de la molécule princeps est tombé, ce qui eut comme conséquence une avalanche de génériques (Zifar, Loractyne, Histanorm, Lorix, Clartec, Allergine …). Pour défendre intelligemment son pré-carré  Shering-Plough a utilisé une stratégie classique dans l’industrie pharmaceutique qui consiste à mettre sur le marché le métabolite de leur propre molécule en le présentant au corps médical comme « Le » métabolite actif, ce qui est absolument vrai mais cela ne change quasiment rien à l’effet pharmacodynamique final. (D’autres « astuces » sont utilisées en jouant des fois sur la stéreoisomérie, parfois on passe par des prodrogues ou encore le type de sel utilisé)

Et comme cela arrive souvent, ce fameux métabolite de la loratadine a fini par être lui-même copié sous la marque Erlus® à 22,00 DH la boite de 7 CP contre 42,00 DH pour Aerius® (50% de moins) !

       Mis à part quelques noms de marques bien implantées dans l’esprit des prescripteurs, voire même des patients, du genre Voltarène®, Amoxil® ou Doliprane®, il parait plus judicieux, au rythme dont les molécules sont copiées, de revoir ses prétentions à la baisse (sachant que les marges des industriels sont généralement « trèèèès …» confortables) et d’assoir sa marque comme leader du marché que de vouloir booster son chiffre d’affaire de façon conjoncturelle à coup de fausses nouveautés, qui n’apportent rien de nouveau sur la plan pharmacodynamique et qui ajoutent confusion sur confusion dans l’esprit des prescripteurs. Confusions dont le patient paye les frais en terme d’effets secondaires, et qui alourdissent injustement le déficit de la sécurité sociale et tout cela pour une amélioration conjoncturelle du chiffre d’affaire qui finira taux ou tard par s’écrouler par l’introduction de copies !

Cette drôle de façon de faire ressemble à s'y méprendre à celle de l’industrie de la mode et du textile, sauf qu’une chemise Dior impacte uniquement votre compte bancaire, alors qu’un médicament peut avoir de lourdes conséquences sur l’intégrité de votre santé en particulier en cas de mésusage.

       Au vu de la mobilité des hauts cadres entre entreprises, vouloir transposer les méthodes de Procter & Gamble chez Novartis, ou celles d’Hermes chez Roche SA est une aberration monumentale. Plus près de chez nous, les méthodes de la Centrale Laitière ou de Macao ne peuvent être transposées chez Promopharm. Et on finira par des exemples encore plus pointus, les stratégies marketing de Beric (cosmétique) ne peuvent être transposées chez Laprophan, ou encore celles de Cosmétique Médicale chez PHI, alors que ces deux entités (sauf erreur) appartiennent à la même entreprise. Pour la simple raison qu’en cosmétologie on manipule des produits à 95% anodins, alors que plus de 99% des médicaments (les vrais) sont des produits toxiques. De facto les méthodes marketing, les sources de croissance, voire même les business plans ne peuvent être similaires.

Cette ordonnance, aussi simple soit-elle, est en réalité le résultat du mélange des genres en terme de management. Du haut de notre hamster, on a l’impression que les cadres de l’industrie pharmaceutique qu’elle soit nationale ou internationale, cadres qui sont eux-mêmes sous la pression des fameux « objectifs », cherchent à répondre prioritairement aux besoins des actionnaires, quitte à faire « pisser » l’entreprise du cash par tous les moyens (…), alors que le bon sens et la pérennité de l’entreprise impliquent de répondre d’abord aux besoins du patient (qu’on appelle chez les autres … le client), et c’est par cette réponse que se créera la richesse dont une partie sera légitimement distribuée aux actionnaires, cette vision comparée à la réalité du marché parait plus proche du monde des Bisounours, alors qu’elle est la base logique du progrès et d’une croissance pérenne !

          Au fait de quoi je me mêle ?

          Le rôle de l’officinal, avec son bac plus sept, ne peut se limiter à celui de délivreur de médicaments, une tâche que n’importe quel bon technicien est capable d’assurer sans problème. Non, l’officinal a théoriquement toutes les compétences pour pouvoir intégrer un nombre important d’informations, à commencer par la molécule de base, en passant par la pharmacologie pour arriver enfin aux problématiques socio-économiques. Cette intégration de l’information lui permet en tant que corporation d’être, en principe, une force de proposition et un think tank opérationnel, avec comme centre d’intérêt principal les besoins du patient.

Oui, tout autant et encore plus que l’industrie pharmaceutique, le patient reste et restera le cœur de notre métier. Certes il est peut être ingrat, inculte, insensible, immoral et même parfois violent, il n’en demeure pas moins qu’il reste à l’image du reste de la société avec ses élites qui sont aussi incultes, immorales, abjectes et violentes à leurs façons … (ce n’est pas forcement les coups de poings, aussi spectaculaires soient-ils, des petits voyous qui font le plus mal à la société …).

Il ne s’agit pas d’être contre qui que ce soi, loin de là, il s’agit plutôt d’être un partenaire exigeant, intellectuellement courageux, professionnellement honnête et compétent à la hauteur de la complexité des défis de santé qui s’imposent à nous. Malheureusement, le constat est affligeant, l’officinal, autant ici qu’en France, reste ankylosé dans une passivité intellectuelle désastreuse, absent de tout débat. A la moindre question il commence à réciter bêtement le Vidal, alors que, ce qu’on lui demande, c’est d’avoir un avis motivé et scientifiquement bien argumenté. Le véritable capital d’un cadre digne de ce nom, qu’il soit libéral ou salarié, reste la matière grise, forcé est de constater qu’elle est loin d’être mise en exergue dans notre profession (comme dans beaucoup d’autres …).                                      

Question de stratégie thérapeutique:

        Face à une allergie médicamenteuse relativement sérieuse, pouvant parfois être lourde de conséquences, un antihistaminique même à forte dose a-t-il sa place ?

Le réflexe logique dans ce genre de situation reste, sauf erreur de notre part, l’utilisation d’un corticoïde à forte dose sur une très courte période (3 à 5 jours).

Cette stratégie trouve sa raison dans les indications même de la loratadine. En effet selon le RCP de la spécialité Clarityne® 10 mg CP mise à jour du 18/03/2010, consulté le 20/12/11, ces indications se limitent au « traitement symptomatique de la rhinite allergique et de l'urticaire chronique idiopathique ». Sauf incompréhension de notre part, l’allergie médicamenteuse, qui est une situation aigue, ne rentre pas dans ce cadre !

Analyse critique d’un exemple de produit cosmétique "EXCIPIAL® LIPOSOLUTION 4" :

        C’est un produit cosmétique, d’origine suisse, qu’on ne connaissait pas avant. Nous vous proposons, de suite, notre propre démarche pour comprendre un tel produit.

Il faut dire, qu’on peut toujours encaisser le prix de 216,00 DH et baragouiner qu’il s’agit simplement d’une crème cosmétique hydratante. Vous vous doutez bien que ce n’est pas le genre de la maison. On vous propose donc de lire avec nous la liste des ingrédients, qui généralement est écrite en très petits caractères, de quoi y laisser sa vue. Allez courage, on malmènera quelques neurones ankylosés, mais on va y arriver inchallah !

On commence par les données écrites en gros caractères :

Excipial U Lipolotion  36% de matière grasses Urée 4%, émulsion E/H, utilisation pour peaux sèches, contenance 200 ml, PPC 216,00 DH.

Les données en caractères microscopiques

Pour se faciliter la tâche on a juste ajouté un numéro à chaque ingrédient. 

INGREDIENTS:

Aqua, ‚Paraffinum Liquidum, ƒCaprylic/Capric Triglyceride, „Urea, …Myristyl Lactate, †Dimethicone, ‡Methoxy PEG-22/Dodecyl Glycol Copolymer, ˆSodium Lactate, ‰PEG-7 Hydrogenated Castor Qil, €Sorbitan Isostearate, PEG-2 Hydrogenated Castor Oil, ‚Hydrogenated Castor Oil, ƒChlorhexidine Dihydrochloride, „Triclosan, …Lactic Acid, †Benzyl Benzoate, ‡Citronellol, ˆCoumarin, ‰Geraniol, ‚€Hexyl Cinnamal, ‚Hydroxycitronellal, ‚‚Linalool, ‚ƒOzokerite, ‚„Parfum.

Avec 24 ingrédients c’est une véritable Harira inextricable, pourtant quelques éléments permettent d’appréhender cette salade.

- Le n°1 c’est l’eau, le 2 c’est simplement l’huile de paraffine : normal c’est une émulsion E/H càd eau dans huile, autrement dit ce sont des gouttelettes d’eau dispersées dans une phase huileuse, d’où son indication pour les peaux sèches.

- Le 4 c’est l’urée : un produit magique, c’est en fait le produit de dégradation final de certaines protéines, une manière comme une autre pour le corps de débarrasser de l’azote, qui est éliminée dans les urines (comme son nom l’indique). Moralité : les cosmétiques ce n’est pas forcement glamour à l’origine. Ce déchet a d’excellentes propriétés cosmétiques, en effet entre 3 à 10% c’est un facteur hydratant notable des couches supérieures de l’épiderme, entre 15 et 30% c’est un bon kératolytique, comme son concurrent l’acide salicylique. L’urée est souvent prescrite dans les préparations par les dermatologues.

- Le 6 la diméthicone : là on ne dira rien davantage, PHARAMSTER lui ayant consacré tout un article : lire « Dimeticone structure & applications », c’est en gros une molécule qui peut se retrouver comme principe actif dans certains médicaments et qui est utilisée ici comme un bon excipent.

- Le 13 la chlorhexidine : autre vielle connaissance de PHARAMSTER : lire à ce sujet« La chlorhexidine structure & applications » et comme le n°6, c’est une molécule qui se retrouve comme principe actif dans certains médicaments (effet antiseptique) et qui est utilisée ici comme excipient (conservateur).

- Le n°14 le triclosan : C’est le principe actif du Cutisan® 1% talc, qu’on retrouve ici aussi comme conservateur. Bien vu l’apothicaire ! Avec tous ces numéros on se croirait en train de jouer au tiercé.  

- Le n° 16, benzoate de benzyle : cela ne vous dit rien ? Et pourtant c’est un des principes actifs de l’Ascabiol® (antipsorique, médicament contre la gale), ici il se retrouve comme conservateur.

De quoi je me mêle encore ?

Avec cette crème cosmétique toute simple, on se retrouve face une composition d’au moins 4 médicaments ! Et dire que les pharmaciens d’officines, pour garder  ce qui reste de la parapharmacie dans les officines, s’ingénient avec des remises absurdes et stériles, alors que les arguments les plus solides sont sous leurs nez. Oui, il suffit de fournir l’effort de lire simplement et de comprendre la formulation des produits qu’on vend pour démontrer que leur véritable place est absolument sur les rayons des officines.  

Un certain Albert Einstein disait « Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.», l’apothicaire du coin, lui, dirait plus modestement : Quand quelqu’un vend un produit alors qu’il ne sait même pas de quoi il est composé, il est fort à parier que le SMR* du vendeur, quel qu’il soit, ne vaut pas plus que celui d’une caissière de Carrefour. [*Service Médical Rendu].

Revenons à nos moutons (…) :

- Le n°15 est aussi connu l’acide lactique , sans s’étendre sur ses différents usages, il est utilisé dans cette formulation comme agent bactériostatique. Il y a aussi le n°8 le lactate de sodium qui n’est autre que le sel sodique de l’acide lactique, dans les crèmes c'est un humectant, il peut remplacer avantageusement la glycérine sans l'effet "collant" et lourd de cette dernière, avec une hydratation à plus long terme. Il possède, en outre, des propriétés bactériostatiques.

 

A partir de là même si on ne maîtrise pas totalement le reste, ce n’est pas très grave, car à ce stade le principe et les limites de cette formulation deviennent palpables, mais pour vous, et rien que pour vous, on fera la suite. Il nous reste donc :     

- Le n°5 le myristyl lactate c’est un émollient, le n°7 est un stabilisateur d'émulsion et agent de contrôle de la viscosité, le n°3 Assouplit et lisse la peau, il sert aussi à dissoudre d'autres substances,

- Le n°10 Sorbitan Isostearate est un agent de surface (appelé aussi surfactif, surfactant, tensioactif ou encore agent émulsifiant) c’est l’élément capital de la stabilité de l’émulsion, il fait partie d’une célèbre famille chimique, les sorbitanes qui proviennent de la déshydration du sorbitol et qui sont à l’origine de la classe très utilisée des tensioactifs appelés polysorbates. En réalité, derrière ce fameux n°10 (comme au foot) se cache un sujet qui est en lui-même tout un univers extraordinaire, avec des applications monstrueuses, un univers où se mêle allégrement mécanique des fluides, chimie et galénique.        

- Au niveau des numéros 9, 12 et 11, on retrouve un produit dénommé en anglais Castor Oil qui n’est rien d’autre que l’huile de ricin c’est tout bête !

- Les numéros 17, 18, 19, 20, 21 et le 22 (non ce n’est pas le tirage du loto) sont pratiquement tous des substances aromatiques utilisés comme parfum ou agent masquant.

- Enfin le n°23 celui là est assez peu utilisé, l’ozokerite est ce qu’on appelle dans certains cas la paraffine naturelle, c’est une substance minérale qui a la consistance de la cire, elle s’additionne à la phase huileuse de l’émulsion.

Que retenir de ce voyage dans les entrailles de cet EXCIPIAL LIPOSOLUTION 4 :

      C’est une simple émulsion eau dans huile, additionnée de 4% d’urée et un nombre fort important de conservateurs et d’antiseptiques, avec ce que cela implique comme risque d’allergie (…).

Mais ce qui frappe le plus c’est le prix, car avec des ingrédients qui n’ont rien de noble ni d’extraordinaire, on fait payer au patient un prix fort exorbitant : le prix d’une part de notre ignorance et d’autre part de leur savoir-faire.

L'histoire de la crème suisse et du tagine :

      Pour comprendre tout simplement la formulation de ce genre de produit cosmétique, il faux savoir qu’à la base c’est un mélange d’huile et d’eau, comme pour la sauce d’un tagine. L’eau est additionnée ici d’urée et, au lieu du mélange d’huile de tournesol et d’olive que vous utilisez dans votre tagine, on utilise ici un mélange d’huile de paraffine d’origine pétrolière, d’huile de paraffine issue de gisements et d’huile de ricin plus ou moins modifiée.

La question fondamentale pour réussir la sauce de votre tagine c’est l’homogénéité de votre mélange. En effet une sauce tagine avec l’huile d’un côté et l’eau de l’autre est absolument affreuse, une bonne sauce tagine doit être voluptueuse un peu comme une crème. Et effet c’est le même problème qui se pose dans les crèmes cosmétiques.

Pour résoudre ce délicat problème, les cuisiniers utilisent la chaleur et diverses matières grasses, les pommes de terre et autres féculents améliorent aussi la texture …. Cependant malgré tous ces artifices la stabilité de la sauce tagine est limitée. En gastronomie cela ne pose de problèmes, ce sont des préparations extemporanées, alors qu’en cosmétologie c’est un grand problème qu’on résout en ajoutant des molécules qui ont la faculté d’avoir la tête dans l’eau et les pieds dans l’huile, c’est ce qui est appelé par ces vulgaires apothicaires : des tensioactifs, qui pourraient permettre une stabilité de plusieurs années aux sauces des tagines, mais comme ces tensioactifs sont des produits généralement non comestibles, on les utilise en pratique courante dans les crèmes cosmétiques, les laits, les shampooings, les lessives, les dispersants ….

Vous avez mis de l’eau, de l’huile et un tensioactif, bravo ! la base de votre sauce parfaitement stable est faite. Mais il reste la stabilité microbiologique, car un tagine devient un bouillon de culture en une dizaine d’heures. La solution de l’apothicaire à ce problème épineux c’est d’ajouter des antiseptiques, des antimycosiques, des bactériostatiques. Bref toute une salade de ce qu’on appelle communément des conservateurs qui, malheureusement, apportent aussi leurs corollaires d’effets secondaires.

La formulation est presque finie, autant pour le tagine que pour la crème, puisqu’il ne reste que l’aromatisation avec quelques parfums. Finalement, et vous en conviendrez avec moi, que tout devient simple quand on … comprend !                           

Conclusion générale :

        Cette ordonnance qui ne contient au final que trois produits, nous a permis de mettre le doigt sur plusieurs questions. Le seul mérite de ce travail (si,encore, vous le lui trouvez), ce n’est pas d’y répondre mais de poser ces questions de la manière la plus rationnelle possible dans la limite de nos moyens. 

Article relu et corrigé par ma consoeur Mme Mouna               

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Published by Amster - dans CAS D'OFFICINE
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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:05

INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

ENTRE EVASION FISCALE & CONCURRENCE BIAISÉE

 

                 A la base cet article allait être tout un dossier, cependant nous l’avons sciemment réduit quelques informations telles qu’elles ont étaient publiées dans les journaux de la place, on vous les proposes sous forme de quelques points essentiels, et ce afin de se consacrer à ce qui nous intéresse le plus … à savoir l’actualité du médicament proprement dit, un sujet plus important à nos yeux que les malversations éventuelles dans la gestions de certains laboratoires, qui pris à l’échelle nationale, voire même à l’échelle internationale, sont relativement fréquentes, mais avec une différence de taille entre les pays développés et ceux du Tiers-monde en effet dans ces derniers prévaut à grande échelle l’impunité des plus puissants d’une part, et la faiblesse des structures de l’Etat face aux groupes de pressions d’autre part.

Sources :

1- Conseil de la Concurrence : ETUDE SUR LA CONCURRENTIABILITE DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE fichier pdf de 66 pages

2 - K Masmoudi : « Industrie pharmaceutique : des multinationales soupçonnées d’évasion fiscale » L’Economiste, n°3558, page 2, du 23 juin 2011 

3 - K Masmoudi « Industrie pharmaceutique : Des relations plus qu’incestueuses labo-médecins » L’Economiste, n°3558, page 4, du 23 juin 2011

4 - K Masmoudi «  Industrie pharmaceutique : La Concurrence épingle les profits déguisés » L’Economiste, n°3649, page 2, du 01 novembre 2011

5 - « Industrie pharmaceutique : Des filiales de multinationales sur le banc des accusés » Les Echos Quotidien du 02 novembre 2011

6 -  Anne-Sophie Martin « Industrie pharmaceutique : Bataille Effervescente » Les Echos Quotidien du 03 novembre 2011

                Deux remarquables dessins, à consommer sans modération, résument parfaitement les pratiques de certains laboratoires, c’est d’autant plus important que, comme la totalité des informations qu’on vous propose dans cet article, ont été publiés dans des journaux réputés proches des patrons ! 

11-12-13-Industrie-pharmaceutique-Evasion-Fiscale-copie.jpg 

11-11-01-Industrie-pharmaceutique-copie2.jpg

 

Que retenir ?

                A la base il y a une étude commanditée en 2010, publiée courant 2011, par le Conseil de la Concurrence auprès du cabinet dit Sis-Consultants avec comme sujet la concentrabilité du secteur de l’industrie pharmaceutique. [1]  Dans ce document ont été analysé les résultats financiers de 13 des 14 fabricants qui dominent le marché. À noter que Laprophan, premier fabricant national en termes de parts de marché, a été exclu de l’analyse pour «indisponibilité de ses états de synthèse chez l’OMPIC».[5]   

- L’analyse des résultats des exercices 2007-2008 a relevé que seuls les opérateurs marocains et deux filiales de multinationales, GSK et Mapahar, présentaient des résultats et des taux de rentabilité importants. [2]  

 - En revanche durant le même exercice d’autre filiales de multinationales, présentaient des résultats jugés « anormalement bas » [2, 6] :

¤ 1,7 million de DH pour Pfizer avec un taux rentabilité de 1% 

¤ 5,5 millions de DH pour Novartis avec un taux rentabilité de 7%

¤ 5,6 millions de DH pour Sanofi-Aventis avec un taux rentabilité de 3% ce dernier détient pourtant 10,5% des parts de marchés et figure au premier rang. [2]    

¤ Pour Bayer Pharma il a présenté des résultats négatifs de - 39,1 millions en 2007 avec une rentabilité de -200% et - 13,3 en 2008 avec une rentabilité de -5%

- Pour le laboratoire Roche en particulier, le rapport prétend implicitement que la filiale du groupe pharmaceutique Suisse sous déclare ses résultats, voire manipule les prix de transfert au profit de la maison mère. [4]

Toujours à propos de Roche on peut lire ce qui suit « Ce laboratoire dont l’activité est essentiellement centrée sur les anticancéreux et les médicaments de l’hépatite vend ses produits soit à travers les marchés hospitaliers passés avec les cliniques et hôpitaux soit directement aux patients, et échappe donc aux statistiques d’IMS Health » [4]  

En outre, « L’analyse de la situation financière de Roche SA sur la période 2007-2009 est jugée «incompréhensible». Car, d’une part, son chiffre d’affaires est en forte évolution sur la période 2007-2009 (+27% entre 2007 et 2008 et +41% entre 2008 et 2009) et d’autre part, son résultat d’exploitation s’effondre sur la même période (10,4 millions de dirhams en 2006 à 1,9 million en 2007 et un résultat déficitaire de -0,9 million de DH en 2008 et de -21,3 millions en 2009) » [4]

Ces résultats seraient en contraste avec la place de ces entreprises sur le marché et les moyens promotionnels déployés. [2]    

Remarque : Sauf erreur de notre part, il faut savoir que les Laboratoires Roche soutiennent énergiquement des actions caritatives à caractère profondément humanitaire, hautement philanthropiques, et totalement désintéressées via un certain nombre d’associations. Il est entendu qu’ils ne sont pas les seuls sur ce terrain, pratiquement touts les laboratoires font de grandes actions caritatives, profondément humanitaires, hautement philanthropiques et totalement désintéressées via un certains nombres d’associations qui généralement sont présidées par des personnes influentes ou par leurs conjointes ou alors par des leaders d’opinion (Professeurs émérites, chefs de services …).     

- Un expert rapporté par le journal pose la question suivante : Ne s’agit-il ici pas d’une forme de rapatriement illicite des bénéfices des filiales vers les maisons mères, sous jacent à l’existence d’une évasion de l’assiette fiscale locale ? [2]

- L’étude montre une « concentration entre un nombre restreint d’opérateurs » et qualifie le secteur « d’oligopole ouvert ». « Il s’agit d’un marché composé d’un noyau qui comprend un nombre réduit d’entreprises qui dominent fortement le marché et qui coexiste avec une périphérie comportant un nombre importants d’opérateurs ne disposant que d’un faible poids » [2]. Les 4 premiers opérateurs détiennent 44% des parts de marché en 2009, les 8 premiers s’accaparent 64%

11-12-13-Parts-de-marche-des-laboratoires-pharmaceutiques.jpg

Selon les normes antitrust américaines, le seuil de concentration des 4 premiers opérateurs devrait se situé à 35% et pour les 8 premiers à 50% [2].   

- Concernant les pratiques anticoncurrentielles de certains laboratoires les journaux ont rapporté :  

       ¤ Le blocage du lancement de nouveaux génériques : cas du laboratoire Astra-Zenaca, condamné par ailleurs par le tribunal de L’UE pour abus de position dominante, qui a entravé le lancement d’un médicament générique du laboratoire Promopharm [3]

       ¤ Des pratiques d’obstruction à la concurrence surtout au niveau des médicaments onéreux (cancers, hépatites …) [3]

       ¤ Des actions de « relations publiques » visant à bloquer la prescription des génériques par les médecins. Prises en charges, cadeaux coûteux constituent les principales entraves à l’utilisations des génériques [3]. Selon l’étude la majorité des praticiens imposent à leurs patients l’achat des onéreux princeps, y compris aux plus démunis [3] (sic), avec comme argument fallacieux que les génériques sont totalement inefficaces (…).    

La réponse des industriels :

- « L’analyse financière proposée par le rapport du Cabinet S.I.S commandité par le Conseil de la Concurrence s’avère biaisée car elle ne prend en considération que le résultat comptable et non le résultat fiscal. » [6]

- Contacté par le journal L’Economiste, un responsable à Roche affirme «que nous sommes étonnés par la publication de ce rapport contestable tant sur le plan méthodologique que sur le plan du contenu. Concernant la méthodologie, les affirmations sont pour la plupart mentionnées sans faits ni preuves ou sources» [4]

- « Roche ne fait pas de vente directe. En 2010, et en accord avec les acteurs du secteur et notamment les pharmaciens d’officines qui ont accepté de commercialiser ces produits, Roche a arrêté toute vente directe. » [6]

 

L’avis de l’apothicaire du coin :         

L’entreprise est fille de son environnement

Amster l’apothicaire 

Etude Vs Etude :

          De prime abord, il faut noter que depuis quelques années on est abreuvé de plus en plus d’études (comme celles faites par le Boston Consulting Groupe), commanditées par telle ou telle instance, et qui sont réalisées par des entreprises de conseils privées. L’objectivité de ces études est généralement discutable, car leurs conclusions dépendent des objectifs visés par les institutions qui les ont financé et commandité.

Dans le cas l’AMIP ou du Ministère de la Santé qui ont, eux aussi, eut recourt auparavant à ce genre d’étude, on est clairement juge et partie, ce qui n’est pas le cas du Conseil de la Concurrence, néanmoins à travers la commande d’une étude donnée on vise clairement à vérifier des suspicions, qui si elles sont avérées métraient en avant le rôle du donneur d’ordre dans la moralisation de la vie économique.

A ce sujet il est regrettable, et le mot est faible car en fait c’est scandaleux, la marginalisation des universités marocaines dans la réalisation de ce genre d’études qui d’une part les prive de financements d'appoint et qui d’autre prive la communauté d’études sérieuses et vraisemblablement impartiales (quoi que nos fameux universitaires sont eux aussi …), enfin bref … partiale pour partiale mieux vaux faire travailler nos pauvres universités et leurs étudiants.                              

          Peut-on se fier à ce genre de documents ? C’est certainement une source d’information bien présentée, bien organisée, mais qui ne peut être en aucun l’unique base d’une décision politique ou managériale publique responsable.

Nous Vs Eux :

            A la première lecture, on ne peut s’empêcher de penser aux esprits populistes qui trouveraient dans cette étude matière féconde pour la promotion du « Nationalisme Economique » qui n’est autre qu’une absurdité monumentale qui permet d’occulter ses propres défaillances, en faisant endosser majoritairement la responsabilité d’une situation données sur l’Etranger, le méchant par excellence ! (Sous d'autres cieux les Le Pen, père et fille s'en charge ...) 

            Sauf erreur de notre part, nous pensons que le ratio des entreprises, opérant au Maroc, impliquées dans des malversations financières est quasiment le même qu’elles soient nationales ou multinationales, sans parler des entreprises publiques (…).

L’entreprise est en réalité la fille de sont environnement : faites là évoluer dans un biotope probe, elle se comportera de façon citoyenne créant de la richesse pour elle et pour la communauté. Mais si vous mettez face à des entrepreneurs et des hauts cadres aguerris, de niveau international, une administration corrompue, d’une médiocrité intellectuelle affligeante, laxiste à souhait où la gabegie est la norme, ils vont adapter les pratiques de leurs entreprise à ce qu’on appel de façon sournoise « la culture locale » ou encore « les spécifictés culturelles»        

L’adage du vieux statisticien : (âmes sensibles et prudes s'abstenire !)

            Un vieux professeur de statistique disait une phrase grivoise et intelligente à fois, et férocement … on adore à PHARAMSTER, il disait donc : les statistiques sont comme le string, elles vous montrent tout et vous cachent l’essentiel (… tout un programme). Et c’est parfaitement le cas de l’étude commanditée par le Conseil de la Concurrence, en mettant à nu (pas vraiment, mais bon …) la comptabilité de certaines entreprises, on cache le creux du problème (sans mauvais jeux de mots SVP) qui réside d’abord dans les structures administratives de tutelle de ces entreprises qui sont

         - le Ministère de la santé (no comment),

         - le Ministère du Commerce et de l’Industrie (on ne connaît pas, donc on se prononce pas, mais on peut toujours deviner),

         - le Ministère des Finances (idem)

         - et enfin le Ministère de la Justice qui constitue à lui seul, avec la corruption endémique qui y gangrène, un des paramètres fondamentaux qui paralysent le développement économique du pays.

Et après ?

           Tout simplement : rien. Rien ne vaux une étude qu’une contre-étude, et la parole d’un Expert que celle d’un contre-expert, bref on s’acheminera vers un débat stérile qui permet : à une institution publique de justifier son existence, qui occupera les entreprises et les médias pendant un certain temps et qui vraisemblablement n’aboutira, sauf erreur de notre part, à aucune décision ni dans un sens ni dans l’autre. Circulez … il n’y a rien à voir.                             

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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