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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:18

CHIFFRES & REPÈRES

CORRUPTION & CROISSANCE

UNE CORRELATION CHIFFRÉE

 11 12 13 C&R CORRUPTION & CROISSANCE

       La banque Mondiale a rendu publique une étude qui met en exergue la relation entre la croissance et ce qu’ils appellent « l’argent mal acquis » qui englobe la corruption et la fraude fiscale.

Concernant le Maroc : 

Le manque à gagner pour le Maroc en matière de corruption s’inscrit dans une fourchette comprise entre 0,5% et 2% du PIB* soit plus de 779 milliards de DH en 2010.

Les impôts non collectés, eux, tourneraient au tour de 20 milliards de DH, selon certaines sources.

Globalement la Banque Mondiale chiffre l’impact délétère de l’argent mal acquis à prés de 4% du PIB

L’avis de l’apothicaire du coin :

       Comme le fait remarquer l’auteur de l’article du Soir ces chiffres à eux seuls donnent une bonne marge de manœuvre au nouveau gouvernement Benkirane afin de gagner quelques points de croissances.

En toute logique on peut penser qu’il s’agit d’un vivier de croissance pour la nouvelle équipe à condition que cette dernière ait le courage politique de moraliser d’abord et avant tout la vie économique, en imposant l’application de la loi à tous et en particulier aux plus puissants, chose extrêmement compliquée quand on sait le poids des réseaux, des accointances et des protections dans notre pays. En tout état de cause attaquer ce dossier est beaucoup plus compliquer que de s’attaquer à la moralisation de la vie privée des gens avec des décisions populistes et liberticides … qui au final seraient inefficaces voire contre-productives quand on connaît la réalité de la société marocaine qui, que l’on veuille ou non, est festive et épicurienne par certains côtés.                

 * PIB : Produit Intérieur Brut 

- Source : M. Mounjid « Argent mal acquis : un gisement de croissance », Le Soir Echos, n° 972, page 16, du 13/12/11

- Sur ce même blog : A propos de la corruption

- Article conseillé : Omar Saghi « F.A. El Himma entre l’urne & le dahir » Le Soir Echos, n° 973, page 12, du 14 12 2011 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 19:09

 

REFLEXION

TARIQ RAMADAN &

LE PRINTEMPS ARABE

 

         Dans cette vidéo de 35mn qu’on vous propose, Tariq Ramadan expose avec moult détails, une vision originale et une lecture particulière des dernières évolutions sur la scène arabe.

Tariq Ramadan, un personnage avec qui on n’est pas forcement d’accord, tout autant que Bernard Henry-Levy, pour la simple raison que ces éminents penseurs, alors qu’ils admettent volontiers touts les deux l’absence de vérité absolue dans leur théorie, se transforment en théoriciens absolutistes dés qu’il s’agit de leurs propres idées. Distribuant les bons et les mauvais points aux uns et aux autres, se transformant parfois en caution morale des plus puissants … allant jusqu’à prophétiser ce qui est moral et ce qui ne l’est pas.

Peu importe le personnage ..., Tariq Ramadan nous livre ici une lecture intéressante, avec un certain recul qui tranche avec une certaine euphorie populiste ambiante.

Oui les peuples arabes ce sont révoltés, sauf que cette révolte a été prévue, anticipée et accompagnée dés le début et même bien avant par les Etats-Unis, du moins à en croire les données troublantes présentées dans ce document vidéo. Ce qui tend de facto à démontrer la raison du retard de l’Europe et de la France par rapport aux évolutions sur le terrain.    

Cet « accompagnement » n’implique pas que tout était prévu ou que les scénarios avenirs sont déjà écrits. Il y a toujours dans ces stratégies des opportunités et des impondérables, mais dans l’ensemble le cap est bien tenu, du moins jusqu’à présent.

Par ailleurs l’idée de contrecarrer l’hyper-puissance financière chinoise n’est pas forcement dénuée de bon sens, avoir des dirigeants démocrates, musulmans de surcroît, pourrait être en faveur, à long terme, d’une pérennisation de l’influence américaine avec, toute fois, comme énormes impondérables deux éléments : d’une part l’extrémisme religieux et d’autre part une instabilité latente préjudiciable au commerce classique.                                             

 

PS : On vous invite vivement à lire ce texte remarquable : Les 4 saisons du printemps arabe  

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 12:41

A N A L Y S E   C R I T I Q U E

A PROPOS DE L’INTERDICTION DU

METOCLOPRAMIDE EN PÉDIATRIE

& SES ALTERNATIVES EN PRATIQUE QUOTIDIENNE

 

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Rappels déontologiques :         

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

- Ce texte comporte une série de réflexions : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons ». Nous ne nous détenons pas de vérité absolue, Loin de là, toutes les analyses présentées ici sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, PHARAMSTER reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

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 11-12-07-Metoclopramide-2.jpg

 

         Comme on le sait le métoclopramide a été mis sous surveillance depuis plusieurs années. En effet en juin 2009 déjà on vous rapportait une Circulaire de la direction marocaine du médicament et de la pharmacie (datée du 25 mai 2009) qui insistait sur le respect strict des posologies ainsi que de l’intervalle temps d’au moins 6 heures entre les prises.

Le 2 novembre 2011 un communiqué du Ministère de la Santé (Maroc) rapportait la décision de suspendre les autorisations de mise sur le marché (AMM) des spécialités pédiatriques à base de métoclopramide. En réalité cette décision, comme d’habitude, n’est qu’un « copié - collé » de la décision de l’AFSSAPS du 14 octobre 2011 [1].  

Sur quelles bases le métoclopramide a été suspendu en pédiatrie ?

         Pour avoir une idée précise nous vous invitons à télécharger le communiqué de l’AFSSAPS : Métoclopramide (Pdf 62 ko) (cliquer sur le titre). On y apprend que ce qui suit :   

« Le métoclopramide peut être à l’origine d’effets indésirables neurologiques, notamment des troubles extrapyramidaux (tremblements, mouvements anormaux de la tête et du cou, etc.). Ces effets sont connus et mentionnés dans le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) et la notice du médicament. En France, des enquêtes de pharmacovigilance ont montré la prépondérance des effets extrapyramidaux chez les enfants et un mésusage en pédiatrie pouvant conduire à un surdosage apparaissant comme un facteur de risque important dans la survenue d’effets indésirables neurologiques » Sic

Ces données on engendré une série de recommandations tel que rapporté dans la Circulaire de la direction marocaine du médicament et de la pharmacie. Par la suite l’AFSSAPS à engager une réévaluation du rapport bénéfique/risque des spécialités à base de métoclopramide dans son utilisation chez l’enfant et l’adolescent, ils ont en conclu ce qui suit :

« Les données disponibles montrent que le métoclopramide présente un profil de risque défavorable avec un risque augmenté de survenue d’effets neurologiques /extrapyramidaux dans la population pédiatrique, ce risque augmentant pour des doses élevées ou répétées. La démonstration clinique de l’efficacité du métoclopramide reste par ailleurs insuffisante. »

Et comme il existe des alternatives thérapeutiques, la décision d’interdire le métoclopramide chez l’enfant et l’adolescent a été, finalement, prise en ce mois d’octobre 2011.

L’avis du pharmacien : I comme Icare !

           Ce qui est remarquable dans cet enchaînement de décisions est qu’à l’origine de la recrudescence des effets secondaires du métoclopramide on retrouve le mésusage des formes pédiatriques.

A notre avis, ce mésusage trouve son origine dans la banalisation excessive de l’utilisation du médicament par les firmes pharmaceutiques avec une dépréciation manifeste (volontaire ou involontaire) des effets secondaires et un gommage intelligent de la filiation chimique de la molécule du métoclopramide.

Aucun visiteur médical ne commencera la présentation de sa spécialité en disant « cher Docteur notre spécialité Métoclomachin® est un neuroleptique antagoniste de la dopamine qui prévient les vomissements ». Ce discours est d’emblé anxiogène pour le prescripteur non avertis, alors qu’il est parfaitement réaliste. De fait il ne convient pas aux responsables marketing des laboratoires pharmaceutiques. On lui préfère l’utilisation de vérités partielles (cliquer) qui, sans être fausses, ne sont pas totalement vraies, on dira au médecin par exemple que c’est un prokinétique un terme plus savant (souvent incompris …) parfaitement juste et qui permet de masquer au passage une partie importante de la réalité pharmacodynamique de la molécule.

Le cas du métoclopramide, comme celui du dextropropoxyphène nous rappels à juste titre l’histoire d’Icare qui grisé par le vol (les ventes ...), oublie l'interdit et prenant trop d'altitude (le chiffre d’affaire ...), la chaleur du soleil (les effets secondaires ...) fit fondre progressivement la cire. Ses ailes finissent par le trahir et il meurt précipité dans la mer (la décision de l’AFSSAPS ...).

Moralité, la banalisation de tout médicament digne de ce nom est une erreur monumentale, dont les conséquences retombent sur le patient en premier lieu, et à long terme sur la crédibilité scientifique de l’industrie.  

          Par ailleurs, en parlant de « formes pédiatriques du métoclopramide », il faut savoir que la majorité de ces  formes sont des formes liquides, sirops ou solutions buvables, à ce sujet nous vous invitons vivement à lire ou à relire notre analyse critique : « Cuillérée à café, cuillérée à soupe, un héritage désuet de la pharmacie du siècle dernier », cette analyse montre l’une des facettes criardes du mésusage des formes liquides orales.       

La remarque de l’apothicaire du coin :

         En toute logique pourquoi ne pas interdire aussi le bromopride (Mépramide®) une molécule qui ne diffère du métoclopramide que par la substitution d’un atome de chlore par un autre de brome [3] et qui a le même profil en terme d’indications et d’effets secondaire ? La raison, sauf erreur de notre part, réside dans le fait que le bromopride (Mepramide®) n’est plus utilisé depuis très longtemps en Europe (aucune trace dans le BIAM, l’AFSSAPS, le CSM Suisse, le Vidal 1994 déjà ne le mentionne pas), et à part certains pays de l’Est et d’Afrique, il n’est commercialisé nulle part. En toute logique, la décision de l’AFSSAPS ne le touche pas, et comme à chaque fois qu’il pleut à Paris nos décideurs déploient  leurs parapluies (alors qu’il fait beau) on copie des décisions françaises sans connaître ce qui se vend sur le marché marocain !

11-12-07-Metoclopramide-Bromopride.jpg

Autre remarque le bromopride est fabriqué localement sous licence d’un laboratoire Français, alors qu’il n’est pas référencé en France (sauf erreur de notre part) ! On est pratiquement dans la même configuration que la drotavérine          

          Au final au niveau marocain, une démarche logique, sauf erreur de notre part, aurait été d’abord une mise à jour de notre nomenclature par la suppression du bromopride, une plus grande sensibilisation au mésusage du métoclopramide au niveau des médecins et des pharmaciens et enfin une mise en garde de l’industrie contre la banalisation abusive à des fins mercantiles de produits dangereux. 

Conduite à tenir face à des vomissements :

« Le traitement symptomatique des nausées et des vomissements n’est justifié qu’après l’établissement du diagnostique. Les vomissements aigus survenant après excès alimentaire ou éthylique (alcool) ne requièrent que rarement un traitement particulier.

Les nausées et vomissements du début de grossesse régressent souvent spontanément ou par des mesures diététiques banales. Ce n’est que dans une minorité de cas qu’un traitement antiémétique s’avérera nécessaire.» [7]

         A la lecture de cette conclusion, qui est un concentré de bon sens, énoncée par un professeur de chimie thérapeutique marocain, on mesure l’énorme décalage entre les recommandations académiques rationnelles et la pratique quotidienne, qui tombe elle sous l’influence du mercantilisme outrancier des uns et l’analphabétisme fonctionnel flagrant des autres (…).        

 

Les alternatives sur le marché marocain du métoclopramide en usage pédiatrique :

Sauf omission de notre part, il reste au corps médical 3 molécules :

      1- Bromopride  Mepramide® en goutte, PPM 18,05 DH :

La posologie recommandée dans le prospectus (à défaut de monographie sérieuse) est de ½ à 1 mg par kg par 24 h soit 5 à 10 gouttes par kg par 24 h en plusieurs prises.

       L’avis du pharmacien : il s’agit d’un me too du métoclopramide et en toute logique (sauf erreur de notre part) son usage n’a pas lieu d’être.

      2- Metopimazine Vogalène® gouttes buvables à 0,4%, PPM : 17,60DH 

C’est un anti-émétique, qui par sa filiation chimique appartient à la famille des phénothiazines comme la prométhazine (Phenergan®) ainsi que divers neuroleptiques. Lire à ce sujet notre article « La prométhazine et mort subite de l’enfant ». Le métopimazine est décrit par la Revue Prescrire comme un neuroleptique anti-émétique [4]

 11 12 07 Metopimazine

     Dans l’état des connaissances actuelles, la métopimazine reste d’actualité malgré des effets secondaires relativement sérieux comme pour toutes les phénothiazines (somnolence, hypotension orthostatique, sécheresse de la bouche …)

     Les posologies recommandées dans le RCP, consulter le 05/12/2011, de la spécialité  VOGALENE 0,4 POUR CENT, solution buvable en flacon sont :

Sachant que 10 gouttes contiennent 1 mg de métopimazine, la posologie est à adapter en fonction de l'horaire et de l'intensité des troubles:

- Adultes : 15 à 30 mg/jour.

- Enfants de 6 à 12 ans: 7,5 à 15 mg/jour.

- Enfants de moins de 6 ans: 1 mg par kilo et par jour, soit 10 gouttes par kg par jour

      3- Dompéridone Motilium® Nauselium® Péridys® et Bipéridys®

       Selon notre estimation, c’est la molécule vers laquelle va se reporter la majorité des prescriptions, et on ne s’étonnera pas d’avoir une avalanche de copies de drompéridone de la plus utile à la plus  superflue.     

L’effet antiémétique de la drompéridone semble dû à une combinaison d'effets périphériques (motilité gastrique) et à un antagonisme des récepteurs dopaminergiques dans la zone de stimulation des chimiorécepteurs, située hors de la barrière hémato-encéphalique.

         La drompéridone et symptômes extrapyramidaux : 

       La dompéridone est un antagoniste de la dopamine aux propriétés antiémétiques dont le grand intérêt est qu’il ne traverse pas facilement la barrière hémato-encéphalique. Cela implique que les effets secondaires extrapyramidaux, dont l’origine est centrale, sont très rares. Néanmoins la dompéridone entraîne la libération de prolactine par l'hypophyse.

Toutefois, au sujet des symptômes extrapyramidaux, le RCP de la spécialité « MOTILIUM 1 mg/ml, suspension buvable » consulté le06/12/11 donne les précisions suivantes :

« Bien que les effets indésirables neurologiques soient rares, le risque d'effets indésirables neurologiques est plus élevé chez les jeunes enfants, du fait que leurs fonctions métaboliques et leur barrière hémato-encéphalique ne soient pas totalement développées pendant les premiers mois de vie. Il est donc recommandé de déterminer précisément la posologie et que celle-ci soit suivie scrupuleusement chez les nouveau-nés, les nourrissons, les bébés et les jeunes enfants. Un surdosage peut entraîner des symptômes extrapyramidaux chez les enfants »

         Drompéridone et troubles cardiaques :

      Un vieux dicton marocain disait « aucune beauté n’est denuée d’écueil »*, dans un article de juin 2010 la Revue prescrire rapporte une étude française chez 31 nouveau-né  et nourrissons qui recevaient de la drompéridone, comme traitement symptomatique du reflux gastro-oesophagien, et qui a montré un allongement statistiquement significatif de l’intervalle QTc [5].

 * « حتى زين ما خطاتو لولا » 

Le RCP de la spécialité « MOTILIUM 1 mg/ml, suspension buvable » rapporte entre autre comme effets secondaire :

« Troubles cardiaques: Allongement de l'intervalle QTc (fréquence inconnue).

   Très rare: arythmie ventriculaire» sic.

Autrement dit on sait que la drompéridone allonge l’intervalle QTc avec une fréquence que seul le bon Dieu sait. Les arythmies cardiaques elles sont classées très rare c'est-à-dire moins d’1 cas sur 10000.

         Drompéridone une filiation chimique troublante :

 

11 12 07 Domperidone 

La Revue Prescrire qualifie la drompéridone de « neuroleptique caché » [5] et c’est loin d’être faux, en effet chimiquement elle est classée comme un analogue structural des butyrophénones dont le chef de fil est l’haloperidol Haldol® (rien que ça !) qui est un neuroleptique antipsychotique classique.[6]    

Conclusion :

        Supprimer le métclopramide, oui et après ? On se rend compte rapidement que les alternatives ne sont pas non plus aussi sécurisantes … pour la simple raison que tout médicament digne de ce nom est : TOXIQUE, si non il doit aller aux rayons des supermarchés. La sécurité d’un médicament est liée directement à sa bonne utilisation. Toute banalisation, implique de facto un usage abusif et donc une amplification des effets secondaires qui se révèle dans les enquêtes de pharmacovigilance. Cela engendre de la part des autorités sanitaires des décisions vigoureuses, scandale du Mediator oblige, mais qui ne résolvent pas le problème fondamental du mésusage des médicaments, qui implique de reconsidérer et la communication des industriels et la formation du corps médical dans son ensemble.         

Sources :

1- Point d’information sur les dossiers discutés en commission d’AMM Séance du jeudi 13 octobre 2011 

Communiqué du 14/10/11 à télécharger: Métoclopramide (Pdf 62 ko)

2- Circulaire de la direction marocaine du médicament et de la pharmacie [réf. N° 23 DMP/21/CPV], du 25 mai 2009. Rapportée sur PHARAMSTER le 12 juin 2009

3- J. Taoufik « Précis de chimie thérapeutique » page 75, Collection MEDIKA 2007

4- « Métopimazine en pédiatrie : pourquoi prendre des risques injustifiés. » Revue Prescrire, tome 25, n°260, page 271, avril 2005

5- Rev. Prescrire, tome 30, n°320, pages 430-431, juin 2010

6- J. Taoufik « Précis de chimie thérapeutique » page 69-72, Collection MEDIKA 2007

7- J. Taoufik « Précis de chimie thérapeutique » page 94-95, Collection MEDIKA 2007

PS : Comme vous l’avez certainement remarqué, on a mis beaucoup de temps à rédiger ce texte. La raison est toute simple, on ne savait pas par quel bout attaquer ce sujet. En effet, au départ on cherchait à mettre à jour gentiment les alternatives du métoclopramide en pédiatrie, mais au fur et à mesure on s’est rendu compte que ces alternatives ne valaient pas mieux que le métoclopramide lui-même. On avait l’intuition que quelque chose ne collait pas sans savoir exactement ce que c’est.

Si vous croyez qu’à travers ce modeste texte vous avez appris quelque chose, sachez que vous n’êtes pas le seul … nous aussi. En effet, et c’est l’essence même de PHARAMSTER, on ne cherche pas ici à montrer ce qu’on sait, pas du tout. Tout ce qu’on essai de faire c’est de vous faire partager ce qu’on ne sait pas et qu’on tente d’appréhender dans la mesure de nos modestes moyens (linguistiques, scientifiques …). Gageons que cela trouvera gré à vos yeux avertis

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 17:37

ENTRE TÊTES DE LISTES

& TÊTES DE MOUTONS

11-10-28-Escapade-entre-Tetes-de-listes---Tetes-de-mouton.jpg

            Entre fête de l’aïd et élections Boudali signe ici un remarquable dessin, et pour cause c’est pour nous une excellente illustration concrète de notre article « Le monde arabe & la démocratie : les origines d’un clivage annoncé ». Autrement dit la démocratie n’est pas un projet de société en soi, c’est en quelque sorte un logiciel qui permet de désigner de façon civilisée les dirigeants d’une communauté, d’une institution ou d’un pays donné. Le hic avec ce logiciel, est que si les données de base (l’électeur, le candidat et les médias) sont biaisées ou présentent des problèmes intrinsèques, même si la mécanique électorale est parfaite, le résultat risque d’être fort bien à l’image des données de bases ! D’où l’idée de conjuguer la démocratie au pluriel, et d’imaginer divers systèmes représentatifs qui s’adaptent au niveau de développement humain.

En tout état de cause c’est l’occasion pour nous de vous souhaiter de bonnes fêtes, à ce sujet on vous invite à lire ou à relire nos anciens billets :

- Aïd Aladha ou fête du mouton

- Escapade CREDITARNAC      

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Prochainement sur PHARAMSTER :

- Les alternatives du métoclopramide à la suite de son interdiction en pédiatrie

- L’industrie épinglée selon un rapport intitulé « Etude sur la concurentibilité du secteur de l’industrie pharmaceutique »  

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:26

CAS D’OFFICINE

CARBONATE DE CALCIUM (CALCIDIA®)

& SULFATE FERREUX (TARDYFERON®)

 11 10 26 CAS D'off tardyferon & calcidia II

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Rappels déontologiques :

- Les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

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           Encore une fois le hasard des arrivages des ordonnances vient à point nommé comme une application concrète d’un article donné. (sorte de travaux pratiques)  

En effet au 20/10/2011 on a mis en ligne un article intitulé « Administration du calcium par voie orale, pour une utilisation raisonnée », par un heureux hasard on vient de recevoir aujourd’hui même une ordonnance daté 24/10/2011 qui va nous permettre de mettre application le travail théorique effectué. Comme quoi ... les efforts qu’on s’efforce de mettre en œuvre sur PHARAMSTER ne sont pas que pour « l’amour de la science », c’est d’abord et avant tout du vécu au niveau professionnel dont l’objectif est claire : améliorer la qualité du service rendu au patient. Un service qui dépasse de loin la simple délivrance du médicament. La finalité est en fait d’instituer un accompagnement global de proximité du patient.

A tout seigneur tout honneur :

- Le patient : Mohammed M, 55 ans, sous dialyse

- Le prescripteur : Néphrologue, secteur libéral

- L’ordonnance :

- Calcidia®  un sachet par jour

DCI : carbonate de calcium 1540 mg par sachet

Au sujet du Calcidia® on vous invite à lire ou à relire notre article daté du 06/04/2009 : « Calcidia® : analyse critique »    

- Tardyferon B9®  un comprimé par jour  

DCI : sulfate ferreux q.s.p. 50 mg en fer élément par comprimé

        Acide folique 350 µg par comprimé

- Analyse :

             C’est tout simple, le carbonate de calcium réduit l’absorption des sel de fer peros

- Conduite à tenir :

- Primo : Prendre les sels de fer, dans le cas présent Tardyferon® B9, à distance des repas et en l'absence de calcium.

- Secundo : sur la base des études qu’on vous a présenté dans notre article « Administration du calcium par voie orale, pour une utilisation raisonnée », le carbonate de calcium sera pris juste après le repas, de manière à lui assurer une bonne absorption et profiter au même temps de son effet antiacide.

- Conclusion :

             La gestion de cette ordonnance nous donne l’exemple d’attitudes simple à mettre en œuvre, encore faut-il y penser ! Ces « petits conseils», bien argumentés, sont d’autant plus importants que dans le cas présent la diminution de l’absorption du fer impactera la NFS (numération formule sanguine) ce qui obligera le prescripteur de passer au fer en IV (Venofer® complexe d'hydroxyde ferrique-saccharose, PPM 510.00 DH !) et alourdira encore plus la vie du dialysé plus qu’elle ne l’est.             

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 00:00

11-10-13-Medecins-en-greve.jpg

 

Petites vacheries entre amis :

              - Le pharmacien : 

Si les revendications légitimes des médecins étaient rédigées comme certaines ordonnances, le gouvernement aurait engager, à coup sur, des pharmaciens chevronnés pour les déchiffrer.

              - Le médecin :

Et ben, cela aura l’intérêt au moins de les détourner, pour un moment, de leurs tiroirs-caisses !

Bonne fin de semaine

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:51

MISE AU POINT

ADMINISTRATION DU CALCIUM PAR VOIE ORALE

POUR UNE UTILISATION RAISONNÉE

 11-10-20-La-prise-de-calcium.jpg

 

             Les sels de calcium sont prescrits sous diverses formes à des fins de supplémentation en cas de carences liées à des pathologies variées comme l’ostéoporose ou l’insuffisance rénale. Se pose, alors, la question du mode optimal d’administration, c’est d’autant plus important que ce genre de supplémentations s’inscrit dans le cadre de pathologies chroniques.

S o u r c e s   :

1- http://www.mayoclinic.com/health/calcium-supplements/AN01428

2- Heller HJ, Stewart A, Haynes S, Pak CY. Pharmacokinetics of calcium absorption from two commercial calcium supplements. J Clin Pharmacol. 1999 Nov;39(11):1151-4. 

- L’une des formes de sels les plus répandues de calcium est le carbonate de calcium : (Cacit®, Calcidia®, Calcifix®, Rennie® …) ce carbonate de calcium doit être pris pendant ou immédiatement après le repas; l’acide sécrété lors de la digestion augmente l’absorption du calcium pris sous cette forme.

 

- Les autres formes de sel de calcium : pidolate de calcium (Efical®) ascobate de calcium (Tonicalcium®) gluconate de calcium (Calcium Sandoz®) et autre citrate de calcium, ces divers sels sont bien absorbés à tout moment.

A noter qu’une étude américaine [2] de 1999 avait démontré que les femmes ménopausées utilisant du citrate de calcium assimilaient deux fois et demi plus de calcium que celles utilisant du carbonate de calcium. Le choix de l’utilisation du carbonate de calcium dans beaucoup de spécialités se justifie certainement par son prix. 

- Dans un grand nombre de compléments alimentaires, la nature du calcium utilisé n’est pas suffisamment mise en avant.

- Le calcium est mieux absorbé lorsqu’il est pris en doses de 500 mg ou moins de calcium élémentaire. Ainsi, si on doit prendre, par exemple, 1000 ou 1500 mg par jour, il est préférable de fractionner cette dose en deux ou trois, selon le cas, et de prendre celles-ci à différents moments de la journée.

La remarque du pharmacien : il en ressort de ces propos qu’il faudrait réévaluer l’utilité des spécialités fortement dosées en calcium à savoir au Maroc : Cacit 1000® (1g de calcium élément par comprimé effervescent) et Calcidia® (1,54 g de calcium élément par sachet)

- Il est recommandé, en général, d’avaler les comprimés de calcium avec beaucoup d’eau.

Pour être complet on vous propose de se rafraîchir les méninges au sujet des principales interactions médicamenteuses liées aux sels de calcium par voix orale, c’est toujours bon d’activer ou de réactiver quelques synapses. Source : Interactions médicamenteuses AFFSSAPS

 

LES PRINCIPALES INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES DES SELS DE CALCIUM PAR VOIE ORALE 

     - AVEC LES BISPHOSPHONATES : Risédronate (Actonel®), ac aléndronique (Fosavance®), Etc. … ¨

Effet : diminution de l'absorption digestive des bisphosphonates.

Précaution d'emploi : Prendre les se ls de calcium à distance des bisphosphonates (de 30 minutes au minimum à plus de 2 heures, si possible, selon le bisphosphonate).

     - AVEC LE STRONTIUM : Protos® Protelos®

Effet : diminution de l'absorption digestive du strontium

Précaution d'emploi : Prendre le strontium à distance des sels de calcium (plus de deux heures, si possible).

     - AVEC LES CYCLINES : doxycycline (Vibra® ou autre), lymécycline (Tétralysal®)

Effet : diminution de l'absorption digestive des cyclines

Précaution d'emploi : Prendre les sels de calcium à distance des cyclines (plus de deux heures, si possible).

     - AVEC LES DIGITALIQUES : Digoxine Nativelle®

Risque de troubles du rythme graves, voire mortels, avec les sels de calcium administrés par voie intraveineuse et c’est une contre-indication absolue.

Cependant avec les sels de calcium par voie orale cette l’interaction est reclassée en « Précaution d’emploi » avec une surveillance clinique stricte et, s'il y a lieu, contrôle de l'ECG et de la calcémie.

      - AVEC LES DIURÉTIQUES THIAZIDIQUES ET APPARENTÉS : Hydrochlorothiazide (Esidrex®), indapamide (Fludex® ou autre)            

Effet : Risque d'hypercalcémie par diminution de l'élimination urinaire du calcium.

Conduite : A prendre en compte

      - AVEC LE FER : Fumafer®, Tardyferon®, Tothéma® Etc. …

Effet : avec les sels de fer par voie orale il y a diminution de l'absorption digestive des ces derniers.

Précaution d'emploi : Prendre les sels de fer à distance des repas et en l'absence de calcium.

      - AVEC LES HORMONES THYROÏDIENNES : lévothyroxine (Lévothyrox®)

Effet : Diminution de l’absorption des hormones thyroïdiennes, avec des effets sérieux en terme d'echec thérapeutique

Précaution d'emploi : Prendre les sels de calcium à distance des hormones thyroïdiennes (plus de 2 heures, si possible).

      - AVEC LE ZINC

Effet : diminution de l’absorption digestive du zinc par le calcium.

Précaution d'emploi : Prendre les sels de calcium à distance du zinc (plus de 2 heures si possibles).

 

A propos de la surconsommation de calcium lire : Lait & cancer de la prostate, état des lieux

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 12:37

ANALYSE CRITIQUE DE LA SPECIALITE FEBREX "LE FERVEX MAROCAIN" LECTURE OFFICINALE

LE FROID REND-T-IL MALADE ? 

 IDÉES REÇUES & PHYSIOPATHOLOGIE

 11 10 12 le froid rend-t-il malade PHARAMSTER

Source : L. De Saint-Martin Pernot* « Tombe-t-on malade quand on prend froid? », Pour la Science, n°408, pages 22-23, oct. 2011. Affiliation de l’auteur : médecin interniste au Centre hospitalier régional universitaire de Brest.

 

              Remarquable, cet article de deux petites pages, paru dans la revue Pour la Science de ce mois d’octobre 2011. Par sa pertinence et sa rationalité, il démêle de façon simple la réalité physiologique à l’aune des connaissances actuelles et les idées reçues qui, le plus souvent, sont de parfaites vérités partielles.

Le froid ne constitue pas en lui-même un agent infectieux. Pourtant en Europe, comme le précise cet article, la mortalité est minimale vers les 22° C, elle s’accentue de façon nette autant avec les fortes chaleurs (épisode caniculaire) qu’avec des températures froides. Par ailleurs, en hiver on observe une augmentation du nombre de pathologies cardio-vasculaires

En France, durant la vague de froid de 1985, on a comptabilisé une augmentation de 17% d’infarctus et de 54 % d’accidents vasculaires cérébraux par rapport à une période équivalente où la température avait été plus clémente

«Tu vas prendre froid», sous-entendu : « Tu vas tomber malade», cette réflexion est fréquente, mais repose-t-elle sur une quelconque réalité scientifique ? Que se passe-t-il en hiver: sommes-nous plus vulnérables, ou les agents pathogènes sont-ils plus nombreux ?         

On vous propose d’abord quelques extraits percutants de cette analyse puis notre avis de pharmacien.

Lecture :              

       Cet article donne une explication physiologique toute simple montrant la relation entre la survenue du froid et l’émergence des pathologies hivernales :    

           - Le froid et les pathologies cardiovasculaires :

«  Par temps froid, les vaisseaux sanguins de la peau se contractent; cette vasoconstriction crée un gradient de température entre la peau et les organes internes, qui permet de limiter les pertes de chaleur de l’organisme.

Si cet aspect est positif, il est partiellement gommé par le fait que ces modifications vasculaires entraînent un stress physiologique : le sang devient plus visqueux, de sorte que le système cardiaque doit fournir un effort supplémentaire. Une part de la surmortalité par temps froid viendrait de cette contrainte physiologique. Toutefois, la mortalité hivernale est surtout liée aux maladies infectieuses : pneumonie, grippe, bronchite, sinusite, laryngite, etc.» Cela explique surmortalité cardiovasculaire susmentionnée.

           - Le froid et les pathologies infectieuses :

« Plusieurs travaux ont montré que le risque de contracter une maladie respiratoire d’origine infectieuse augmente quand la température extérieure baisse, en particulier chez les personnes âgées de plus de 60 ans »

« Quand il fait froid, on adopte des comportements qui favorisent la transmission des virus. On reste confiné à l’intérieur, ce qui augmente la promiscuité, et les agents infectieux, même les moins résistants, se transmettent plus facilement.
Viennent ensuite les conséquences de l’adaptation physiologique au froid. La vasoconstriction crée un gradient de température entre la peau et les organes qui s’exerce aussi au niveau des bronches. Cela provoque une diminution des défenses immunitaires et mécaniques de l’organisme:       

- d’une part, les cellules immunitaires du sang éliminent moins bien les bactéries

- d’autre part, les cils bronchiques qui nettoient en permanence les bronches ne sont plus aussi efficaces.

En outre, la diminution de l’ensoleillement et de la température modifie plusieurs paramètres physiologiques; par exemple, la concentration en vitamine D, qui participe aux défenses immunitaires et est produite par la peau sous l’effet des rayonnements ultraviolets, diminue en hiver »

 

« D’autres facteurs environnementaux favorisent les infections hivernales. La sécheresse accompagnant le froid et les polluants atmosphériques, dont les concentrations augmentent, car les habitations sont insuffisamment ventilées, provoquent une irritation des voies nasales et bronchiques. On constate alors à la surface des cellules nasales une augmentation du nombre de protéines ICAM1 [2] qui sont des «serrures» par lesquelles les rhinovirus, responsables du rhume, entrent dans les cellules et les infectent. »

             - Le cas de la grippe :

Le froid fragilise ainsi l’organisme, mais pire encore il permet à certains virus de persister plus longtemps dans l’air, c’est le cas du virus de la grippe.  

« Le virus de la grippe se multiplie dans les cellules de la personne infectée. Les particules virales sont recouvertes d’une coque, composée d’éléments lipidiques des membranes cellulaires de l’individu infecté ; cette coque doit être assez résistante pour protéger le virus quand il est dans l’air, mais pas trop pour qu’elle puisse libérer son contenu au contact de la muqueuse nasale d’une future victime. Or la durée de vie de cette coque dans l’air et, par conséquent, celle du virus augmentent quand la température extérieure diminue : son pouvoir contagieux en est renforcé.

En outre, lors d’une épidémie, la majorité de la population est en contact à un moment ou à un autre avec l’agent infectieux, et développe une réaction immunitaire qui permet de lutter contre l’infection. Pendant quelque temps, une nouvelle épidémie avec le même agent est donc peu probable ; puis, après un délai qui dépend du type de micro-organisme, la population redevient sensible, soit par disparition de l’immunité si l’agent était peu «immunogène», soit parce que cet agent a muté, si bien qu’il n’est plus reconnu par le système immunitaire des individus exposés au premier virus. En hiver, plusieurs épidémies de virus proches peuvent apparaître par vagues.

Par ailleurs, une infection détourne une grande partie des ressources immunitaires contre l’agent en cause, si bien que l’individu risque de se retrouver désarmé face à d’autres pathogènes. C’est ce qui explique qu’une personne infectée par la grippe contracte parfois une pneumonie à pneumocoques. »

La remarque du pharmacien : cela explique les surinfections bactériennes lors des grippes hivernales qui engendrent une sur prescription d’antibiotiques à tort ou à raison. Et pour cause la délimitation entre la primo-infection virale et la surinfection bactérienne est très difficile à déterminer, du moins nous semble-t-il.     

«  Enfin, l’état sanitaire général de la population est également un point important. Se défendre contre une infection mobilise des ressources physiologiques qu’il faut être capable de fournir. Certaines personnes risquent plus que d’autres de contracter une infection : les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées ou celles souffrant déjà d’une autre pathologie. Cet état sanitaire dépend bien sûr du statut socioéconomique de la population et de facteurs tels que la malnutrition, voire la dénutrition. »
 « Malgré l’accumulation de données épidémiologiques et une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques, notre capacité à modéliser la surmortalité par temps froid reste limitée. À la fin des années 1960, Ronald Douglas [1], de l’Université du Texas, et ses collègues n’ont pas réussi à relier l’infection par le rhinovirus à une simple exposition à de l’air froid, car le nombre de facteurs pouvant jouer un rôle est trop important. »

La remarque du pharmacien : Ces affirmations sont extrêmement importantes, elles montrent que malgré tout ce qui a été dit, on n’a jamais pu déterminer une relation claire entre l’exposition au froid et l’apparition d’une infection par le rhinovirus. Cette infection est plus en relation avec une multitude de facteurs, comme l’explicite l’auteur par la suite.       

« À l’inverse, d’autres facteurs ont été reliés au risque d’attraper un rhume, alors qu’il n’y a pas de relation de causalité directe : par exemple, un temps de sommeil inférieur à sept heures multiplie par trois ce risque (mais on ignore si le manque de sommeil diminue les défenses immunitaires ou s’il s’agit d’un biais statistique).
De surcroît, le refroidissement de l’organisme au-dessous de 37° C, par exemple, dépend non seulement de la température extérieure, mais aussi de phénomènes d’évaporation, liés à l’humidité et à la présence de vent fort.

Ainsi, une température de -10° C avec un vent soufflant à 30  kilomètres par heure correspond à -18° C sans vent.

De même, certains déterminants, telles la pollution ou la promiscuité, sont difficiles à quantifier. Sans compter le rôle des déplacements, notamment en avion, ou de la mode vestimentaire ou encore des événements naturels, tels qu’une inondation. » 
            La prévention : Peut-on réduire les risques de contamination ? 
 « On « attrape froid» et on tombe malade car en hiver quand les défenses de l’organisme sont affaiblies et les virus plus nombreux qu’en été. Ce sont ces paramètres, conséquences du froid, qui sont responsables de la recrudescence des maladies infectieuses en hiver.
Peut-on l’éviter ? L’écharpe ou le grog permettent-ils de se protéger des pathologies par temps froid ? Probablement pas, car ils n’empêchent pas d’être en contact avec les agents infectieux, et ne suffisent pas à réchauffer l’organisme, ni l’air inspiré.

En revanche, placer l’écharpe sur le nez réchauffe l’air avant son entrée dans les poumons, et évite la vasoconstriction des bronches dont nous avons évoqué les conséquences néfastes.
Enfin, n’oublions pas que la plupart des pathogènes sont transmis par les mains et que le lavage régulier des mains est l’une des meilleures protections possibles contre les infections. Et rappelons qu’en ce début d’automne, la vaccination contre la grippe, l’utilisation de mouchoirs jetables, et le port d’un masque restent les meilleurs moyens de se protéger et de protéger les autres, en particulier les plus fragiles, contre les maladies respiratoires infectieuses.»

La remarque du pharmacien : la vaccination contre la grippe devrait être réservée au personnes fragiles (en cas de diabète, pathologie cardiovasculaire, personnes âgées et autres immunodéprimés) sa généralisation n’a pas de sens. Les autres moyens de prévention nous paraissent tout à fait pertinents : lavage des mains et protection mécanique des bronches.      

L’avis du pharmacien :             

            Le froid et les affections broncho-pulmonaires :   

            Ces propos tout aussi justifiés qu’ils le sont devraient, à notre sens, êtres nuancés. Et pour cause, touts ceux qui pratiquent le sauna dans les règles de l’art, savent qu’après la forte chaleur du sauna, classiquement, on prend immédiatement après une douche froide. A condition de s’être habituer petit à petit, cette pratique ne rend pas pour autant malade, loin de là (les slaves et surtout les scandinaves peuvent en témoigner).

Ce qui contribue à l’émergence des pathologies broncho-pulmonaires ce n’est tant le froid que la variation brutale des la température qui crée, vraisemblablement, un stress physiologique (vasoconstriction brutale …) lui-même engendrant une baisse de l’immunité. Or chez les pratiquants réguliers du sauna, il y a certainement une forme « d’entraînement » et d’adaptation aux variations brutales de température.

Si ce « training » est valable pour les pratiquants du sauna, on peut imaginer pouvoir l’adapter de manière plus douce au reste de la population. Autrement dit, faire passer le message que les variations de températures ne sont pas forcément néfastes à condition de s’y préparer avec une bonne hygiène de vie (sport régulier, alimentation variée, zéro cigarette et sommeil reposant), commencer sa douche avec de l’eau chaude et la terminer avec une eau fraîche, ne pas trop s’emmitoufler sans raison. Tout cela permettrait, à notre sens, une plus grande adaptabilité des organismes aux variations brutales de températures.                                                      

Au Maroc, au niveau populaire, le froid est mis en cause à tort et à raison dans diverses affections.

             « Je me suis lavé les parties intimes par l’eau froide, et depuis j’ai des pertes jaunâtres »

 Non, le froid n’a rein avoir avec le trichomonas, le chlamydia, la blépharite, l’herpes ou une candidose génitale. C’est bien entendu une absurdité, quelle soit chaude ou froide la température ne permet en aucun cas de prévenir ces infections. Le préservatif reste jusqu’à preuve du contraire le meilleur moyen pour la prévention contre les IST.

              « Je me suis douché avec de l’eau froide, et depuis j’ai mal au dos et aux genoux »

Le mal de dos ou des articulations est le plus souvent causé par une inflammation dont l’origine peut être rhumatismale (arthrose, maladie de système …) ou mécanique (surpoids, portage de charge lourdes, position de travail …).

Le froid n’engendre pas d’inflammation au contraire, appliquer une vessie de glace immédiatement après un choc est un geste salvateur, qui permet de bloquer l’inflammation (c’est qu’on fait pour les footballeurs). Certains rhumatologues préconisent parfois, pour certaines inflammations chroniques des membres, d’alterner immédiatement bain froid et bain chaud (sorte de sauna). 

La chaleur a-t-elle un effet bénéfique sur l’inflammation ? Certainement pas. Cependant il faut faire la part des choses. En effet le froid excessif, comme la chaleur excessive, peut causer des brûlures sévères, par contre un froid modéré apporte une agréable sensation de fraîcheur (effet climatiseur) tout comme la chaleur modérée apporte une relaxation musculaire notable (effet hammam). Globalement autant le froid modéré que la chaleur modérée s’ils ont un effet certain sur le bien-être, n’ont pas réellement d’effets thérapeutiques clairement démontrés.

Enfin, et pour être complet, au sujet des pommades révulsives, dans ces topiques la chaleur n’est qu’un moyen pour faire pénétrer le principe actif. Exemple :  BAUME ALGIPAN  
                - Nicotate de méthyl : un vasodilatateur périphérique
                - Capscine et Histamine : des rubéfiants locaux
                - Salicylate de glycol : un analgésique salicylé (comme l’aspirine)
                - Mephénesine : un myorelaxant local (jadis dans le DECONTRACTYL et le RELAXYL)
On retrouve ici le schéma classique des topiques cutanés à visée antalgique où on attaque la peau avec des rubéfiants (voir même des vasodilatateurs comme ici) afin d’augmenter la pénétration de l’antalgique et du myorelaxant.

Notes   

[1] : Malgré tous nos efforts nous n’avons pas pu trouver les références bibliographiques exactes de cette étude.  

[2] : L’ICAM-1 est une protéine apparentée aux immunoglobulines (variété d'anticorps) qui intervient dans l'inflammation en attirant les polynucléaires (variété de globules blancs). Cette molécule intervient dans le processus de migration des éosinophiles (variété de globules blancs).
Le mécanisme est le suivant : pour se rendre sur les lieux où se situe la réaction allergique, les éosinophiles doivent quitter les vaisseaux et pour cela, ils adhèrent à la paroi de ce vaisseau (endothélium vasculaire). La diapédèse (sortie du globule blanc du capillaire, qui est un minuscule vaisseau) nécessite tout d'abord une adhésion à cet endothélium, ce qui est possible grâce à la présence de certaines molécules et tout particulièrement de ICAM-1.
Intérêt : Certains médicaments, et tout particulièrement la cétirizine (antihistaminique), inhibent l'adhésion des éosinophiles et l'expression de ICAM-1 en empêchant ainsi les éosinophiles d'adhérer aux cellules épithéliales de l'œil et du nez, retardant du même coup de l'inflammation d'origine allergique (obstruction nasale et réaction de la muqueuse bronchique associée chez les patients présentant une rhinite allergique).

Autres article sur la même thématique :

- Au 31 janvier 2009 :  Les médicaments anti-rhume, étude comparative Rinomicine® vs Rhumix®

- Au 23 juin 2009 :       Rhinofluimucil®, attention à l’usage abusif

- Au 21 octobre 2009 : Rhufene®, Pseudoéphédrine et Ibuprofène     

- Au 13 janvier 2012 : Analyse critique de la spécialité Febrex (Fervex en France)

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 12:14

11-10-10-Le-Scaner-cerebral-de-Kadhafi.jpg

Remarque : depuis le jeudi 20/10/2011 l'E.E.G de Mr Kadhafi est définitivement plat

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 10:30

PERLE DU COMPTOIR

 11-10-04-Perle-Intetrix-copie.jpg

         Jolie perle, en carton svp, pour terminer cette semaine studieuse. Finalement un x est parfaitement convertible en « cs » à condition de prononcer le « c » « ka », pour le « e » et le « i » c'est relativement classique au niveau de nos perles. Vous l’avez parfaitement deviné, c'est Intetrix, un antiamibien de contacte, largement utilisé dans les diarrhées. Pour plus d’information sur les diarrhées (oui ce n’est pas très glamour comme sujet pour terminer la semaine) en vous conseil de lire ou de relire : « Les diarrhées aiguës entre les recommandations scientifiques & les difficultés de la pratique quotidienne 

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