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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 19:52

CHIFFRES & REPÉRES

LA CORRUPTION DANS LES HÔPITAUX MAROCAINS

 

- Selon une étude du ministère de la Santé, le taux de corruption au niveau des admissions dans les hôpitaux : Dépasse les 50%.

 - Les pots-de-vin vont de 20 à 200 DH et dépassent les 5 000 DH en cas de problème de santé grave ou nécessitant une intervention urgente.

 - 23% des sondés reconnaissent avoir été à l’origine d’un acte de corruption.

Source : l’hebdomadaire TELQUEL, n°490, page 8, du 01/10/2011 

 

Ces chiffres lugubres on été intelligemment remis dans leurs contexte par un dessin paru dans le journal Marocain Le Canard Libéré : 

11 10 07 Corruption dans les Hôpitaux marocains copie

Ce dessin se suffit à lui-même, à ce sujet lire sur ce même blog un article mis en ligne le 14/01/2011 « À propos de la corruption »   

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 20:13

LECTURE OFFICINALE

IMPACT DE L’UTILISATION D’INTERNET

SUR LA MÉMOIRE HUMAINE

 

  11-09-30-Memoire---Internet-Pharamster-copie.jpg

           Préambule : en toute honnêteté, jamais une étude ne nous a touché directement autant que celle que nous avons le plaisir de vous présenter ci-après à travers cette lecture officinale. Elle concerne globalement la relation entre notre capacité de mémorisation et l’utilisation d’Internet. Cette relation, comme on le verra par la suite dans « l’avis du pharmacien », remet en cause de façon  substantielle nos méthodes d’apprentissage (didactique et formation continue).           

La lecture officinale

Il s’agit d’une étude américaine publiée au cours de ce mois d’août 2011 dans la revue Science [1] par une équipe de psychologues de 3 universités (Université de Columbia, Université de Wisconsin–Madison et enfin l’Université de Harvard). 

       Méthode :

- Les psychologues ont mené une série d’expériences avec des étudiants de l’université Harvard.

- Ils ont d’abord voulu savoir si ces derniers pensaient à Internet lorsqu’ils cherchaient une information. Pour cela, ils ont utilisé une méthode classique en psychologie appelée « tâche de Stroop ». Elle consiste à montrer aux sujets des mots écrits avec une couleur donnée sur un écran, puis à leur demander de quelle couleur est le mot en mesurant leurs temps de réponse.

Il existe un effet d'interférence sémantique (en rapport avec le sens), ou effet Stroop, provoqué par la lecture automatique du mot.

En principe : lorsqu'un mot est lié à des idées que la personne avait déjà entête, elle répond plus lentement, à cause d’interférences entre les deux traitements de la même information.

- B. Sparrow et ses collègues ont donc posé à 46 étudiants des questions difficiles. Immédiatement après, ils leur ont fait passer une tâche de Stroop. Parmi les mots présentés, certains avaient un rapport avec Internet, comme « Google » ou « navigateur », d’autres n’en avaient pas.

      Résultats :

      Les étudiants ont mis plus de temps à donner la couleur des mots liés à Internet que celle des autres mots [fig.1]. La preuve qu’ils pensaient déjà y chercher les réponses aux questions.

11-09-30-Comment-Google-transforme-notre-memoire-copie.jpgNike : est une marque de sportswear. Target : est une très grande chaîne de supermarchés en Amérique du Nord

Autrement dit : ce graphique montre que lorsque la question posée est en rapport avec l’informatique la réponse est plus lente qu’avec des questions sans rapport directe avec Internet.

Autre expérience :

- Dans une seconde série d’expériences, les psychologues ont voulu savoir de quelle manière les étudiants mémorisaient une information en fonction de sa disponibilité ultérieure.

- Les résultats démontrent que les étudiants se souviennent moins bien quand ils savent que l’information sera stockée sur un ordinateur que quand ils savent qu’elle n’y sera plus disponible.

Par ailleurs, ils mémorisent plus facilement le lieu où est stockée l’information sur l’ordinateur - l’emplacement du fichier sur le disque dur - que l’information elle-même. 
        Discussion :

        En clair, quand l’étudiant sait qu’une information est disponible sur son terminal Internet (Ordinateur, PC, Smartphone et autres Tablettes) il s’en déleste, réservant sa capacité de mémorisation d’une part à la méthode de son obtention et d’autre part à des informations d’ordre pratiques (supermarchés, habillement …).           

        Selon Francis Eustache éminent neuropsychologue à l’université de Caen [3] «L’homme se sert depuis toujours de mémoires externes, Certaines sont naturelles, comme les personnes de notre entourage; d’autres sont artificielles, par exemple les bibliothèques (Post-it …). Cette étude montre qu’en très peu de temps Internet est devenu une mémoire externe de première importance, du moins pour des jeunes possédant un niveau élevé d’éducation. Sa spécificité est qu’elle est accessible à tout moment et que la quantité d’informations y est presque infinie.»

A la question de savoir si cette évolution pourrait réduire nos capacités de mémorisation ? Il ajoute : « Le risque serait de se reposer presque exclusivement sur Internet et de n’utiliser que très peu notre propre mémoire. C’est pourquoi l’usage d’Internet devrait faire l’objet d’un apprentissage dès l’enfance »

L’avis du pharmacien :

        « Mémoire externe », le mot est lâché. Cela implique tout simplement que les terminaux Internet dont nous disposons deviennent par la force des choses une extension de notre mémoire.

Cas concret : rares sont ceux capables de mémoriser aujourd’hui touts les numéros de téléphones qu’ils utilisent, pour la simple raison qu’ils sont devenus disponibles sur nos appareils ; de facto, le téléphone portable devient une extension de notre mémoire et plus il contient d’applications (calendrier, agenda, bloc note, recherche Internet …) plus cet « appendice»  prend de l’importance. Internet pour le cerveau est alors assimiler à un disque dur externe aux capacités illimitées, votre connexion au réseau devenant une sorte de cordons ombilical pour votre mémoire.

         Par ailleurs au vu de l’augmentation vertigineuse de nombre d’informations qu’on doit gérer, le cas de la pratique officinale est à ce sujet édifiant, il paraît humainement impossible à tout un chacun de mémoriser toutes les données qu’il utilise. Par contre, il devient primordial de savoir parfaitement chercher l’information utile et pertinente dans des délais très courts. Cette mémoire externe qu’est devenu Internet, devient incontournable dans toute pratique professionnelle efficiente et évolutive. Se « déconnecter » du réseau, c’est se « déconnecter » de la marche du progrès. Et en un temps plus bref qu’on ne le croit, cette déconnection impactera lourdement sa pratique professionnelle, on est tout simplement « largué ».                     

A quoi sert d’apprendre par cœur ?

         Jadis l’apprentissage classique était basé essentiellement sur la mémorisation des textes et le mimétisme des anciens. Il y a une dizaine d’années en France, et ailleurs, un mouvement pédagogique moderniste voulait bannir la mémorisation par cœur de l’école, et basé toute la didactique sur la méthode. Mais les résultats n’étaient pas au rendez-vous …

Les résultats de cette nouvelle étude américaine nous permettent de nuancer tout ce débat. En effet apprendre à rechercher l’information pertinente, autant sur votre ordinateur que sur Internet, avec célérité et efficience est devenu un enjeu pédagogique capital. Il n’en demeure pas moins que la mémorisation (naturelle) d’un certain nombre de données de base reste atout irremplaçable pour accentuer la vitesse d’obtention de l’information.

La réflexion de l’apothicaire :

          Entre un analphabète et un érudit, le décalage réside essentiellement dans la vitesse !

         Cette affirmation, aussi choquante soit-elle, n’est pas dénouée de bon sens. En effet, en posant la même question à un érudit et à un analphabète, avec les technologies de l’information actuelles, les deux peuvent obtenir la bonne réponse, à la différence près que le premier va l’obtenir en quelques minutes et le second en quelques années (…).

Plus concrètement, par rapport à une discipline donnée, entre un « spécialiste » et un « non spécialiste » la différence sera de quelques heures à quelques jours. Autrement dit en tant qu’officinal la différence entre « moi » et « mon patient » ne réside plus uniquement dans le nombre d’années passées à la faculté de pharmacie, mais dans ma capacité à lui fournir une réponse pertinente, rapide et indépendante. Mémorisé, dans notre cas, certaines données de base usuelles nous permet d’avoir une avance de plus sur « Dr Google », par ailleurs l’usage régulier d’Internet permet d’affiner les adresses utiles, et en cas d’utilisation d’un moteur de recherche, de mieux cibler les mots clefs pertinents. Tout cela contribue à une plus grande célérité dans les réponses.

          Trouver l’information idoine, c’est bien mais, encore une fois, ce n’est pas suffisant !

          Dans un article qu’on avait rédigé le 15/01/2010, intitulé « Analphabétisme, démocratie & religion » on avait explicité la notion d’analphabétisme fonctionnel. Et en effet, trouvé la bonne information c’est bien, encore faut-il savoir l’analyser et l’exploiter correctement. Un processus d’apprentissage abouti devrait inclure, à notre sens, 3 paliers essentiels :

- L’acquisition (la mémorisation) des données de bases essentielles

- La maîtrise des méthodologies de prospection et de recherche de l’information utile, tel que mis en exergue par cette étude américaine 

- Et enfin la maîtrise de l’exploitation et de l’intégration des informations trouvées, permettant l’émergence d’analyses rationnelles.

Ce dernier palier constitue la quintessence des objectifs escomptés d’un système d’enseignement donné, car il abouti à un citoyen armé de suffisamment de capacités d’analyse qui lui seront utiles non seulement dans sa vie professionnelle mais aussi pour exercer pleinement ses prérogatives citoyennes à savoir le droit de vote, en ayant les outils nécessaires pour comprendre la complexité de son environnement politique économique et social.

Au vu des défis économiques et écologiques qui s’imposent à nous tous, le vote (ou comme disent les Suisses la votation) ne peut plus se faire sur des bases émotionnelles ou impulsives. C’est éminemment dangereux car ce genre d’attitude favorise au mieux les courants populistes et au pire les partis extrémistes. L’école a une responsabilité centrale dans l’évolution de nos sociétés vers le meilleur comme vers le pire.                                                            

Sources :

[1] Sparrow, B., Liu, J., and Wegner, D.M. (2011) Google effects on memory: Cognitive consequences of having information at our fingertips. Science, 333: 776-778.

Affiliation des auteurs :

- Betsy Sparrow: Department of Psychology, Columbia University, 1190 Amsterdam Avenue, New York, NY 10027, USA.

- Jenny Liu: Department of Psychology, University of Wisconsin–Madison, 1202 West Johnson Street, Madison, WI 53706, USA.

- Daniel M. Wegner: Department of Psychology, Harvard University, 33 Kirkland Street, Cambridge, MA 02138, USA.

[2] Le commentaire de : Genius across Cultures and the “Google Brain”

[3] Jaques Abadie « Comment Google transforme notre mémoire » La Recherche, n°455, page 26-27, Sept. 2011 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:45

R E F L E X I ON

LE MONDE ARABE & LA DÉMOCRATIE

LES ORGINES D’UN CLIVAGE ANNONCÉ

 

11 09 28 Démocratie & Démocratisme pharamster 

Rappel : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

 

Source principale : Omar Saghi « 1811-2011, bicentenaire oublié … » Le Soir Echos n°918, page 12, du 26/09/11. Omar Saghi, politologue et écrivain, enseignant chercheur à Science Po Paris. Autres articles du même auteur dans le même journal : 

21 septembre 2011 : La revanche d’Enver Pacha sur Mustapha Kemal ? 19 septembre 2011 : Sarkozy parle aux Arabes.16 septembre 2011 : Adonis, la mosquée et la révolution. 14 septembre 2011 : La troisième vie de la question palestinienne. 10 juin 2011 : Le Golfe et l’Atlantique, mariage d’amour  

 

              Omar Saghi, nous livre ici un article riche en terme de données historiques pertinentes, néanmoins il le conclu par la phrase suivante que nous avons trouvé fort optimiste, dictée plus par l’enthousiasme que par la réalité des sociétés arabes : « Les développements en cours dans le monde arabe, malgré des apparences trompeuses, laissent penser que c’est plutôt aux institutions civiles qu’on demandera désormais, plutôt qu’à la caserne ou à la mosquée, le fondement du vivre-ensemble ». Pourtant, dans le corps de cet écrit on retrouve suffisamment de signes pour présager le contraire. Ci-après on vous propose un extrait du dit article suivit d'une discussion.  

Note à part :  

« Le Monde Arabe » : c’est une terminologie qui, au singulier, ne veut rien dire puisqu’elle regroupe au moins 3 entités, culturellement historiquement et sociologiquement largement distinctes, sauf pour certains analystes simplificateurs et certains nationalistes qui réduisent cette diversité en une unité qui n’a aucun sens socioculturel et qui trouve sa raison dans les calcules politiques des uns et des autres. Les 3 trois grandes entités de ce « Monde Arabe » tournent autour du Maghreb et du  Moyen Orient qui lui-même est constitué de deux entités d’une part les Pays du Golfe  et d’autre part le groupe Egypte - Bilad el-cham (ce dernier nom désigne selon Wikipedia : Syrie, Jordanie, Liban et les Territoires palestiniens auxquelles ou peut légitimement ajouté le Liban). Réduire toute cette diversité en une seule entité est tout simplement réducteur.                        

E x t r a i t  :

              « Les esclaves de l’État : Très tôt dans son histoire, l’État musulman eut à se confronter à un problème central : gouvernant des populations massivement tribales, il ne pouvait fidéliser une caste de fonctionnaires et de militaires à la seule raison d’État. Derrière chaque soldat, chaque conseiller, chaque fonctionnaire, étaient tapis la famille, le clan, la communauté régionale ou religieuse. Le prince se savait à la merci de ces fidélités parasites. Le calife abbasside Al-Mu‘tassim (833-847) inventa une solution, ou, plutôt, il améliora et fit systématiser une pratique qui émergea avant lui et qu’on retrouvait également chez les Byzantins : il établit une armée d’esclaves, des jeunes Turcs importés d’Asie centrale et formés à la guerre et au pouvoir. Arraché aux siens, le Mamelouk vouait à son maître et à la raison d’État qu’il incarne la fidélité du chien à son maître. Le problème public central sembla résolu. L’efficacité, la rationalité, la fidélité des Mamelouks à la chose publique étaient indéniables.

Cette «solution» se répandit dans tout le monde musulman. L’Iran eut ses Ghilman géorgiens ; l’Empire ottoman, ses Janissaires balkaniques ; le Maroc, ses ‘Abid el-Bokhari. On aboutit à ce suprême paradoxe : une communauté de croyants libres gérée par des États de serfs, à l’inverse des sociétés européennes, composées de serfs gérés par des aristocrates libres. »

L ’ a v i s   de   l ’ a p o t h i c a i r e  :

              Cet extrait met en exergue de façon indéniable l’origine du clivage entre le Monde Arabe dans sa diversité et les pratiques démocratiques.  

En claire, les diverses dictatures dans le monde arabe ont, durant des décennies, masqué les structures sociologiques profondément tribales. Ces structures se révèlent en particulier au moment des changements de régimes comme en Iraq, qui constitue à lui seul un cas d’école en la matière. À ce sujet on vous invite vivement à lire cette excellente interview de l’anthropologue irakien Hosham Dawod publiée dans le journal du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique en France) : Tribus et pouvoir en terre d’islam                

Au vu de l’extrême diversité des sociétés arabes, on comprend facilement que l’importance des tribus dans la société arabe diffère énormément d’un pays à un autre et d’une entité à une autre. Si dans des pays comme la Libye, l’Irak, le Yémen ou les pays du Golfe la société est fortement dominée par la culture tribale, ce n’est pas le cas dans d’autre pays comme le Maroc, l’Algérie, l’Egypte et encore plus la Tunisie où la société s’est structurée autour de valeurs nationales et même dans certains cas citoyennes, avec des nuances plus ou moins marquées entre ces divers pays (cas des tribus du sahara au Maroc).

A noter qu’on ne devrait surtout pas confondre entre région et tribu. Si une région est déterminée par une zone géographique donnée, la tribu a comme référence de base la race. Alors que la région et son développement est un atout pour un pays donné, la tribu constitue en soi une régression des valeurs citoyennes qui sont par essence supraraciales. La tribu, quand elle constitue la structure de base d’une société donnée, devient un indice important de la faiblesse du niveau de développement humain.

A notre sens, le clivage entre les pratiques démocratiques et les sociétés arabe trouve son origine non seulement dans des régimes dictatoriaux anachroniques mais aussi dans la faiblesse du niveau développement humain.

La question qui se pose actuellement est la suivante : la démocratie à la scandinave, par exemple, est-elle soluble dans un environnement marqué par le sous-développement humain ? 

En toute honnêteté,  certainement pas, par contre on est en droit d’imaginer des systèmes qui sans être totalement transparents, permettent une transition graduelle des mentalités et des meurs, basés d’une part sur l’école comme moyen structurant le citoyen du futur, et d'autre part sur la refonte des pratiques religieuses qui constituent, qu’on le veuille ou non, un référentiel incontournable pour les valeurs morales.

Contrairement à ce qu’a conclu Omar Saghi, le changement de régime en Tunisie et en Egypte n’a été permis que grâce à la non obstruction, voir la facilitation des institutions militaires. Institutions qui demeurent encore l’ossature inamovible assurant la pérennité et la non dislocation de l’Etat, déterminant ainsi, au fur et à mesure, un système semi démocratique, qui s’il est bien exploité aujourd’hui pourrait déboucher dans les 50 prochaines années à des régimes démocratiques. Quand on parle de systèmes semi démocratiques, le Maroc paraît, malgré toutes les critiques bien-fondés, comme un cas intéressant à suivre de près.                                 

 

Démocratie & démocratisme :

               Imposer des mécanismes démocratiques (élections, scrutins …) à une société dominée par des structures tribales ou par un niveau de développement humain très bas (cas de l’Afrique et du Monde Arabe) c’est ce qu’on appellera faire du démocratisme. Lire à ce sujet une interview fort intéressante de Mohammed Chahid : Le démocratisme n’est pas une foi, un autre texte à lire aussi ce lui de P. E. Thomann paru sur le site de l’Institut Européen des Relations Internationales IERI : « Démocratisme », « Realpolitik » et « Multiculturalisme » : Approche Géopolitique des crises méditerranéennes et européennes.

De tout cela on en déduit de manière toute simple (Pharamster oblige …) que le démocratisme n’est autre qu’une approche démagogique de la démocratie. Approche qui voudrait nier ou gommer autant les réalités socioculturelles que les héritages historiques, au profit d’un système théoriquement séduisant qui, dans la pratique, s’avère contreproductif, hypothéquant sérieusement l’émergence et le développement de systèmes où le savoir vivre-ensemble, comme dit Saghi, émane non pas de considérations théologiques ou de dictat militaire, mais de valeurs citoyennes.               

L’idéal de beaucoup des systèmes politiques est à la base tout à fait recevable. Chez les communistes c’est un cas d’école : si le principe d’égalité stricte entre touts les citoyens est humainement valable, le problème se pose lorsqu’on commence à l’appliquer de façon démagogique, le communisme devient alors contreproductif voir dangereux avec l’émergence de la dictature prolétariat. La même logique, avec certaines nuances, peut être appliquée entre l’idéal démocratique et le démocratisme comme dogme.                

Beaucoup de ceux qui se considèrent de fervents démocrates honnêtes et rationnels, tombent, souvent par excès de zèle, dans le démocratisme, ces « démocratistes » ont souvent du mal à admettre que la démocratie, comme système politique, se conjugue elle-même au pluriel.       

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Published by Amster - dans REFLEXIONS
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 19:21

LA DÉPENDANCE DU MAROC

Á LA MANNE FISCALE DU MARCHÉ DU TABAC

 

 

Sources principales :

1- Hassan EL ARIF « Marché du tabac: Les nouveaux entrants se positionnent BAT, JTI, Altadis… la bataille du marketing enclenchée Intéressement, marges, accompagnement, merchandising… des armes redoutables » L’economiste, n°3614, pages 4-6, du 13/09/2011

2- Le Soir Echos, rubrique Panorama, page 2, n°915, du 15/09/2011

Les articles antérieurs à propos du tabac sur ce même blog : 

1- au  31/01/2009 : La cigarette une pharmacologie de la mort

2- au  12/05/2009 : La campagne nationale anti-tabac

3- au  09/04/2010 : Les statistiques du cancer au Maroc

4- au  05/06/2010 : Les chiffres catastrophiques du tabagisme au Maroc

5- au  09/01/2011 : La distribution du tabac libéralisée depuis le 1er janvier 2011

6- au  09/03/2011 : Le Maroc s'apprête à autoriser les paquets de 10 cigarettes 

       Comme on le constate la problématique du tabac est un sujet qu’on suit avec attention depuis un certain temps, et malheureusement, pour notre population, nos analyses sont étayées de plus en plus par les données actuelles.

En effet dans un article paru dans le journal marocain L’économiste du 13/09/2011 [1] au sujet de la bataille que se livre les entreprises du tabac sur le marché marocain, pour un acteur de la santé, le constat est affligeant et l’avenir paraît sombre.

 11-09-13-Recettes-fiscales-du-Tabac-au-Maroc-copie.jpg

A- La dépendance des finances de l’Etat vis-à-vis du tabac :

           Pire que la dépendance des uns et des autres à la nicotine, il y a celle des finances de l’état qui se retrouve en partie dépendant de la manne du marché du tabac. Et pour cause, les recettes fiscales du tabac ne cessent d’augmenter atteignant en 2010 le chiffre de 10,4 milliards de DH.

Ce chiffre ne peut être apprécié à sa juste valeur que s’il est ramené aux dépenses de l’Etat. Pour ce faire nous vous rapportons ici un excellent document officiel du ministère des finances (cliquer c’est un simple fichier Excel) : Répartition du budget général (2010) par département et par type de dépenses, qu’on a trouvé simplement sur le site du Ministère des finances rubrique "Répartition des dépenses du Budget Général par Administration"

           Si nos petits calculs d’apothicaire sont bons, on constate que les 10,4 milliards de DH du tabac peuvent couvrir (à 1 milliards prés) : Le budget du ministère de la justice qui est de 2.214.709.000,00 DH  (en gros 2 milliards), le budget du ministère de la santé qui est de 5.768.052.000,00 (en gros 5 milliards et demi), et enfin celui de l'interieur qui est de 3.938.980.600,00 (en gros 4 milliards).  

Ou alors, avec cette somme on peut couvrir prés de 30% du budget du Ministère de l’éducation nationale qui est de 36.344.422.000,00 (soit un peu plus de 36 milliards).

Par ailleurs on peut avoir une autre approche, en rapportant cette fois ci le chiffre de 10,4 milliards de DH à la somme globale des recettes de l'Etat. Quand on sait que la balance recettes - dépense est largement déficitaire, c'est à dire que les dépenses sont plus élevées que les recettes, la conclusion qu’on en tirera restera valable dans les deux cas.    

Si cette analyse est correcte, ce qui n’est pas forcément sur, en particulier quand on sait que les statistiques (comme un certain célèbre maillot de bain féminin…) montrent tout et cachent souvent l’essentiel. Enfin bref … que disait-je déjà ? Ah oui, si cette analyse est juste, parler dans ces conditions de lutte contre le tabagisme et son corollaire le cancer, devient illusoire et schizophrène. Et on ne peut s’empêcher de penser, même si le mot est fort, à une forme d’hypocrisie dans l’action des structures de l’Etat. Que cette hypocrisie soit volontaire, involontaire ou de fait, le résultat reste malheureusement le même.

Sauf erreur possible de notre part (encore une fois…), cet état de fait est la conséquence d’un manque de cohérence interministériel,  d’un laxisme managérial et d’une faiblesse du politique face aux groupes de pressions (syndicats et groupement professionnels).  

B- Autres chiffres et repères :       

- En 2010 le nombre de cigarettes consommées au Maroc est de : 15,09 milliards. Ce marché est dominé par l’entreprise Atladis (Imperial Tobacco) [2].          

- Impact de la contrebande : 35% des cigarettes vendues en 2005 provenaient la contrebande contre 10% en 2010. [1] 

L’avis de l’apothicaire : ce résultat est à mettre à l’actif des services de douane et de leurs efficience.  

- Le tabac représente 1.500 emplois directs et fait vivre 1 600 tabaculteurs. Le nombre de points de vente s’élève actuellement à quelque 24 000 [1] 

L’avis de l’apothicaire : le tabac représente non seulement une catastrophe de santé publique mais aussi un problème social monstrueux sur lequel pourrait surfer allégrement les industriels du tabac.       

- Le chiffre d’affaire générer par la cigarette en 2010 : 13 milliards de DH [1] 

L’avis de l’apothicaire : si on retranche les 10,4 milliards d’impôts, il resterait aux entreprises environ 2,6 milliards de DH. Avec près de 80% du prix de la cigarette qui passe dans ses caisses, l’Etat reste un des grands bénéficiaires du commerce du tabac. 

Cependant cet état de fait doit être nuancer. En effet si on prend à titre d'exemple le laboratoire SOTHEMA, société pharmaceutique côté en bourse (SVP), qui en 2010 a réalisé en tout et pour tout un chiffre d’affaire de 821 millions de DH (source L’ECONOMISTE du 08/04/2011), on comprend facilement  que même après la ponction de Etat, il reste à l'industrie du tabac de quoi faire de grandes plus-values et remplir de gros portefeuilles sur le dos de la souffrance de milliers de citoyens

- Selon l’Economiste [1] la taille du marché du tabac est jugée stable depuis une dizaine d’années. Le nombre de fumeurs qui décrochent suite aux campagnes de sensibilisation est compensé par l’évolution démographique.

L’avis de l’apothicaire : sans vouloir jeter l’opprobre sur qui que ce soit, ces affirmations nous paraissent peu crédibles si on tient compte de l’évolution des recettes fiscales depuis 2006 comme rapporté dans l’Economiste [1]. Il est entendu que cette évolution pourrait résulter aussi, en partie, d’éventuelles augmentations de la pression fiscale sur la cigarette. Par ailleurs si on corrèle ces données avec les statistiques du cancer au Maroc, il devient tangible que ces affirmations sont largement douteuses.

Dans notre pratique quotidienne, on constate que l’impacte des campagnes de sensibilisation est limité, si non inexistant, en particulier au niveau des jeunes. Sauf erreur possible de notre part, on constate que ces campagnes sont perçues plus comme des rendez-vous mondains occasionnels, que comme des événements faisant partie d’une stratégie globale sérieuse de lutte contre le tabagisme. Dans l’intérêt de nos patients, espérons que dans le futur des statistiques sérieuses viennent infirmer ce qu’on vient de dire ici (…)              

- Depuis la fin du monopole en janvier 2011, deux nouveaux entrants ont investi le secteur. Il s’agit respectivement des numéros 2 et 3 mondiaux, en l’occurrence British Américain Tobacco (BAT) et Japan Tobacco International (JTI). [1] 

L’avis de l’apothicaire : si ces grandes entreprises se positionnent sur le marché marocain, ce n’est pas uniquement pour se partager le marché existant actuellement. En toute logique, elles tableraient sur la croissance interne de ce marché. A ne pas douter que cette croissance sera corrélée inévitablement par une augmentation des cas de cancer, c’est une simple question de bon sens ici, ni plus ni moins.     

- Mode de communication et de promotion des nouveaux opérateurs [1] : "Outre la communication directe, BAT a opté pour le teasing*. L’opérateur a procédé au placement de nouveaux présentoirs au niveau des bureaux de tabac. Des meubles illuminés, attractifs et fonctionnels. Si BAT a décidé de marquer son arrivée via l’introduction de nouveaux meubles en fonction de la taille des points de vente, JTI opte apparemment pour la discrétion"

* La communication teasing consiste à taquiner le consommateur en lui proposant une campagne en 2 temps. Premier temps : l'intrigue. Le message est évasif voir inexistant. L'accroche est visuelle, on ne sait pas qui communique ni pourquoi. Deuxième temps : la phase dite de révélation. Quelques jours plus tard, le même visuel ou presque est repris sur le même support et donne cette fois toutes les réponses. Le consommateur découvre enfin la réponse à l’énigme et découvre qui se cachait derrière ce message.

L’avis de l’apothicaire : on comprend aisément que ces entreprises visent la croissance du marché, ce qui implique logiquement une croissance du nombre de cancers.

C- Conclusion :

             Que dire ? Si non qu'au sujet du tabac, notre pays s’est empêtré petit à petit dans un imbroglio inextricable, d’abords en privatisant la Régis des Tabacs, puis en libéralisant le marché des cigarettes l’ouvrant de facto à de grands groupes internationaux, avec ce que cela implique comme puissance de lobbying. Et pour clôturer le tout, l’Etat marocain se retrouve face à une double dépendance :

      - d’une part vis-à-vis d’une rentrée fiscale colossale

      - et d’autre part en terme de poids social du secteur (emplois directs et indirects).

Pessimiste, comment ne pas l’être ? À l’aube l’indépendance du Maroc un de mes aïeux disait à juste titre « tout est devenu cher sauf une chose … l’être humain ». C’était il y a une soixantaine d’années et c’est malheureusement encore d’actualité. Mettre l’être humain au centre de toute politique, ne veux pas dire l’accéptation de l’humanisme médiatique, faussement niais et véritablement hypocrite,qui prévaut aujourd’hui. Mettre l’humain au centre de sa stratégie, c’est admettre que le progrés de l'Homme doit primer dans tout processus créateur de richesse qu'il soit privé ou public. Là, on est loin de toute mièvrerie humaniste, et pour cause, cela permettrait une croissance, qui certes serait modérée, mais qui aurait l’immense avantage d’être pérenne.

Les crises chroniques qu’on vit actuellement, autant celles d’ordre économiques que celles d’ordre écologiques, sonnent à chaque fois comme des rappels contre les dérives économiques et managériales actuelles. Dérives qui, nous semble-t-il, prennent source dans la réduction de l’être humain en un simple consommateur, et l'amoindrissement  des problématiques actuelles à de simples artéfacts économétriques dans un processus cyclique dit naturel (!!!) dans une économie libérale.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 00:00

E S C A P A D E

ENTRE LA REDUCTION DES DEPENSES PUBLIQUES

ET LES DECISIONS POPULISTES 

 

11 09 16 Economies des dépenses & Mesures populistes

                    Après une semaine studieuse, on a droit une escapade. Rien de mieux que ce dessin paru dans le Canard Libéré qui résume parfaitement le dilemme dans lequel patauge le gouvernement marocain actuel, qui se retrouve écartelé entre les exigences liés aux équilibres macroéconomiques et la pression des syndicats et de la rue qui, ombre du printemps arabe oblige, le poussent vers des décisions plus populistes que réellement productives. Quand on sait la faible carrure d’une bonne partie de nos hommes et femmes politiques, on comprend mieux le flottement politique actuel.

Bonne fin de semaine.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:36

C A S   D ’ O F F I C I N E

ASPECTS PRATIQUES DE LA DÉLIVRANCE

DU RANELATE DE STRONTIUM

PROTOS® - PROTELOS®

 

      Alors qu’on vient de terminer notre article sur le Protos® (en France Protelos®) nous venons de recevoir cette ordonnance qu’on vous présente comme un cas d’officine, on en profite pour vous faire partager, et discuter éventuellement, une conduite à tenir officinale rationnelle au sujet des modalités de délivrance du ranélate de strontium à la lumière des données actuelles dont on dispose.

13 09 2011 Protos 2 

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R a p p e l s   d é o n t o l o g i q u e s  : 

  - Les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       

  - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue. Toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Rappel déontologique en direction des patients : il s’agit ici d’une discussion interprofessionnelle, seul votre médecin traitant est à même de prendre les décisions idoines. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences !

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Médecin prescripteur : Secteur public 

Le patient                  :  Femme d’environ 70 ans, présentant entre autre une arthrose des genoux

Ordonnance :

        Protos® 2 g : un sachet par jour en dehors des repas (position debout)

                             DCI Ranélate de strontium  

        Piasclédine® : une gélule par jour pendant 3 mois

                              DCI : fractions insaponifiables d’avocat-soja

Analyse Critique :

De prime abord nous vous invitons à lire ou à relire nos deux articles :

      - Au sujet du Protelos un article daté du 09 septembre 2011 : PROTOS - PROTELOS : LE RANELATE DE STRONTIUM DES LABORATOIRES SERVIER EN QUESTION

      - Au sujet du Piasclédine et de sa place dans les thérapeutiques notre article daté du 30 octobre 2010 : LES THERAPEUTIQUES DE L'ARTHROSE EN QUESTION  , où on avait écrit  à propos des fractions insaponifiables d’avocat-soja (Piascledine) que l’avis de la commission de transparence de HAS* (Haute Autorité de Santé en France) se suffit à lui-même. En effet dans le traitement d'appoint des parodontopathies : Le service médical rendu est jugé insuffisant. Dans le traitement d'appoint des douleurs arthrosiques il est jugé faible.

A la suite de ces deux articles on comprend facilement que cette ordonnance associe un produit aux effets secondaires mal ou sous-évalués avec un produit au SMR jugé faible par la HAS. Il reste bien entendu à l’appréciation de tout un chacun de prendre en compte ou non ces données, en fonction de ses convictions, de son intégrité intellectuelle et surtout des données scientifiques dont il dispose (ou plus exactement qui lui sont servies …)

Analyse de l’ordonnance proprement dite : 

Prendre le ranélate de strontium en position debout :

      La prise du Protos® en « Position debout » comme c’est écrit entre parenthèses dans cette ordonnance, nous a interpellé, et pour cause, nous avons parcouru, lu et relu, le RCP de la spécialité Protelos® mais aucune mention de cet ordre n’y était rapportée. En terme de mode d’administration, ce qui est mentionné est exactement ce qui suit :        

«  PROTELOS® doit être administré à distance des repas du fait de la diminution de l’absorption du ranélate de strontium par les aliments, le lait et ses produits dérivés. Par ailleurs, étant donnée sa lente absorption, PROTELOS® doit être pris au moment du coucher et de préférence au moins deux heures après le dîner. » Sic

     Mais on peut se demander à juste titre d’où vient cette fameuse prise de ce médicament en « position debout » ? Pour le comprendre, il suffit d’aller jeter un coup d’œil sur n’importe quel prospectus de biphosphonate (Etidronate [DIDRONEL®],  Risédronate [ACTONEL®], Alendronate [FOSAMAX®, FOSAVANCE® en ass.]) pour découvrir que cette recommandation est tout à fait valable, en raison du risque potentiel d'ulcérations oropharyngées. Oui, mais uniquement pour le biphosphonates.

Autrement dit, on peut à juste raison penser que le prescripteur, habitué à prescrire les biphosphonates, a remplacé un produit de cette classe par le strontium ; au mieux en confondant les effets secondaires des uns et de l’autre et au pire en confondant les familles chimiques.

Désolé, mais là aussi la chimie apparaît fondamentale pour la compréhension du médicament et on trouve profondément regrettable qu’une revue de  référence comme la Revue Prescrire puisse négliger ce pan important de la connaissance du médicament. Nous pensons, à tort ou à raison, que la chimie reste la base fondamentale pour la maîtrise du médicament, elle n’est ni accessoire ni rébarbative dans le cadre toute analyse critique rigoureuse.               

 

Conduite à tenir officinale pour réduire et anticiper sur d’éventuels effets secondaires :

Au niveau du Piasclédine : les effets secondaires sont négligeables, car autant pour le soja que pour les haricots, qui font partie touts les deux de la famille des fabacées, les effets secondaires sont bénins, que ces produits soient naturels ou transformés. Ce qui est loin d’être le cas du Protos®  

    Les problèmes liés aux événements veineux thromboemboliques du Protos®

Note à part : « Quand on parle de complications thrombo-emboliques veineuses il faut distinguer plusieurs types d’événements thromboemboliques : les plus rares et les plus graves sont les thromboses proximales cliniquement manifestes et les embolies pulmonaires cliniques mais ces événements sont une petite minorité par rapport aux événements asymptomatiques en particuliers les thromboses veineuses distales asymptomatiques qui constituent numériquement l’incidence, de loin, la plus importante d’événements thromboemboliques. » Source : Maîtrise orthopédique  Août 2010

Dans une étude de cohorte publiée en 2008 dans la Revue du Praticien*, on peut lire à la fin du résumé de cette étude ce qui suit :  « Le risque de maladie thromboembolique veineuse symptomatique chez des patients ambulatoires, dont la mobilité est réduite pour des raisons médicales, est proche de celui décrit chez des patients médicaux hospitalisés. »    

* Réf. D. POUCHAIN Denis ; J-F BERGMANN ; J-L BOSSON : « Prévalence et prévention des événements thromboemboliques veineux en médecine générale : Étude multicentrique, prospective de cohorte », La Revue du praticien, vol. 58, no19, pp. 3-8, SUp [6 page(s)], 2008 

Autrement dit, en cas de mobilité réduite les risques d’événement veineux thromboemboliques sont fort importants. Or, on est ici face à une femme âgée de 70 ans avec une arthrose du genou : la mobilité de cette dame ne peut être que réduite.

Si on revient au RCP du Protelos on peu lire ce qui suit :

« PROTELOS doit être utilisé avec précaution chez les patientes à risque accru d’évènements veineux thromboemboliques  (EVT), y compris les patientes ayant des antécédents d’EVT. Lors du traitement de patientes à risque, ou développant des risques d’évènements veineux thromboemboliques, une attention particulière sera portée à l’apparition de signes et symptômes éventuels liés à ces évènements et des mesures préventives adéquates devront être prises. »

Il faut savoir que la surveillance et la prévention de ces évènements veineux thromboemboliques est loin d’être une mince affaire. Pour avoir une idée précise de cette prise en charge on vous invite à lire les pages 12, 13 et 14 de ce document PDF de 48 pages (à télécharger éventuellement) remarquable par sa qualité, édité en 2005 par la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation intitulé « Prévention de la maladie thromboembolique veineuse périopératoire et obstétricale Recommandations pour la pratique clinique (RPC) ». Ce texte donne une idée concrète de la complexité de cette prévention qui devient largement hypothétique dans le contexte marocain avec son corollaire de surveillance biologique, de prévention mécanique (bas de contention) et médicamenteuse (anticoagulants).      

Au final, pour notre pauvre patiente Iada, avec cette ordonnace on lui fait prendre des risques sérieux et surtout pratiquement incontrôlables dans le contexte marocain. L’officinal de base, à l’action annihilée, se retrouve face à un véritable cas de conscience qui peut être soulagé, du moins partiellement, par l’écriture qui devient du coup sa seule échappatoire dans un climat professionnel qui dénigre largement le patient.                 

       Les problèmes liés aux réactions cutanées dues au Protos :  

Le RCP du Protelos® nous rapporte les éléments suivants : 

« Des cas graves de syndrome d’hypersensibilité dont des syndromes DRESS (Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms), parfois d’évolution fatale, ont été rapportés sous PROTELOS.»

Il poursuit : 

« Les manifestations cliniques du syndrome DRESS se caractérisent par la survenue :

- d’une éruption cutanée,

- de fièvre,

- d’une hyperéosinophilie, associées à des atteintes systémiques, par exemple : adénopathie, hépatite, néphropathie interstitielle, pneumopathie interstitielle.

Le délai d’apparition est généralement de 3 à 6 semaines et l’évolution est favorable dans la plupart des cas à l’arrêt de PROTELOS et après instauration d’un traitement par corticostéroïdes.

Le rétablissement peut être lent et des épisodes récurrents du syndrome ont été rapportés dans quelques cas après arrêt du traitement par corticostéroïdes.

En cas de survenue d’une éruption cutanée, les patientes doivent être informées de la nécessité d’arrêter immédiatement et définitivement PROTELOS et de consulter un médecin. Les patientes ayant arrêté leur traitement, en raison d’une réaction d’hypersensibilité ou d’autres réactions allergiques graves, ne doivent pas reprendre PROTELOS. »

La messe est dite, ce document est parfaitement explicite. Le rôle de l’officinal sera d’insister sur l’arrêt immédiat du traitement face à toute éruption cutanée ou fièvre, cet arrêt sera appuyé par une surveillance médicale (biologique et clinique) stricte.

 

Conclusion :

Une ordonnance simple avec deux produits en tout, et pourtant … elle implique tellement questions fondamentales. Ce cas d’officine nous permet de comprendre une partie des difficultés liées à la mise en place d’une conduite officinale rationnelle face à un produit relativement récent.

Dans le cas présent, cette conduite se limite à informer le patient sur les signes d’alarmes d’un éventuel effet secondaire. Ceci devrait être fait :

- de manière simple et pratique,

- sans alarmisme excessif ni exagération : cela n’aura pour résultat qu’une amplification de  l’effet nocebo.

- sans dénigrer en aucun cas le médecin prescripteur : dénigrer un confrère ou un médecin est une attitude stupide et contreproductive autant pour le corps médical dans son ensemble que pour le patient lui-même du fait de la multiplicité des consultations inutiles et de la perte de confiance dans les acteurs de la santé.                

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:12

MEDICAMENT

APRES LE SCANDAL DU MEDIATOR,

 LES LABORATOIRES SERVIER MIS SUR LA SELLETTE AU SUJET DU PROTELOS

VENDU AU MAROC SOUS LE NOM DE PROTOS

 

 Protos Protelos Mediator

Source initiale : Journal Libération du 07/09/11 : Servier: après l'affaire du Mediator, celle du "Protelos" (cliquer sur le titre pour visualiser)

Autre source :  Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) du Protelos

 

             Si on n’avait pas traité directement l’affaire du Mediator sur PHARAMSTER jusque là, c’est primo qu’on a considéré que le sujet était suffisamment médiatisé et qu’on n’avait pas grand-chose à ajouter, secundo les volumes des ventes du dit médicament au Maroc sont négligeables, au niveau de notre officine, part exemple, on en n’a jamais délivré la moindre boite, d’ailleurs cette dénomination n’a jamais été introduite dans notre base de données.

Par contre cette nouvelle affaire du PROTELOS, vendu au Maroc sous l’appellation PROTOS, nous interpelle directement puisqu’on vient d’en délivrer quelques boites !

Cette nouvelle affaire a été mise à nue par le journal français Libération qui a révélé les conclusions d'un rapport d'inspection de l'Agence européenne des médicaments (EMA) sur le système de pharmacovigilance des laboratoires Servier.

 Ce rapport, poursuit le quotidien, conclu que « Servier a caché aux autorités de santé des cas d'effets secondaires du Protelos ».

« Ce document accablant est actuellement entre les mains des juges », écrit Libération. Il a été réalisé par l'Afssaps à la demande de l'EMA (l'Agence européenne des médicaments).

« D'après les conclusions de cette enquête, le laboratoire a commis huit écarts majeurs et deux écarts critiques, c'est à dire des  violations - et des violations graves - de la réglementation, dont certaines affectant de façon négative la sécurité ou le bien-être des patients ou posant un risque potentiel pour la santé publique ».

« En d'autres termes, Servier n'aurait pas déclaré aux autorités des cas graves susceptibles de remettre en cause le médicament  poursuit le rapport, qui date de 2010, alors que le Protelos a été lancé en 2004 ».

« Le rapport a été jugé si inquiétant que l'EMA a ordonné une réévaluation de tous les médicaments de Servier, ainsi qu'une nouvelle inspection du laboratoire », a ajouté Libération.

 

          La réaction la plus virulente, à notre avis, à l’article du journal Libération est venue des déclarations du député Gerard Bapt * sur la chaîne d’information française I TELE ce matin même (mercredi 07/09/11) où il affirmait en substance que les méthodes perverses des laboratoires Servier étaient érigées en culture d’entreprise. Une affirmation très dure dont il endosse toute la résponsabilité et qui doit être certainement nuancée.          

* Gerard Bapt est le président de la mission d'information

de l'Assemblée nationale française sur le Mediator et la pharmacovigilance.

Autre réaction, cette excellente intervention de Bruno Toussaint, le rédacteur en chef de la revue "Prescrire", ce mercredi 7 septembre :  Protelos: "un médicament plus dangereux qu'utile" cliquer sur le titre c’est une excellente synthèse en vidéo de 1mn 45  

 

L’avis Du pharmacien :

Rappels déontologiques :      

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous

- L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois 

             Si ce faisceau sérieux d’éléments s’avère exacte au niveau judiciaire (la présomption d’innocence étant aussi valable pour une entité morale), le Mediator ne serait pas un cas isolé, il y a lieu pour tout le corps médical de reconsidérer dans sa globalité ses rapports avec les produits Servier, s’alignant en cela avec les recommandations l'Agence européenne des médicaments.

Sans vouloir jeter « le bébé avec l’eau du bain », dans le cas présent le doute est parfaitement légitime. En effet Servier est fortement présent, et avec des produits sérieux, dans la cardiologie le Coversyl (périndopril) ou le Fludex (Indapamide), dans le diabète avec le Diamicron (gliclazide). Cependant on le retrouve aussi avec des produits aux effets approximatifs et au SMR (service médical rendu) aléatoire : Daflon (diosmine), Duxil (almitrine, raubasine), Vastarel (trimétazidine). Au final on alterne allégrement dans ce cas le meilleur comme l’approximatif voir le douteux !            

            Contrairement à ce qu’on croit le vrai capital pour un médecin, un pharmacien, une clinique ou un laboratoire pharmaceutique ne réside pas dans l’importance des comptes  bancaires ou le cash flow, le véritable capital il est immatériel et il s’articule autour de deux pivots : la confiance et le savoir. Ce capital est facilement éprouvé, et de manière classique, au niveau des marchés boursiers où les grandes capitalisations se basent essentiellement sur ce capital immatériel (pousser à l’extrême il se transforme, bien entendu, en bulle type « bulle Internet » ou « bulle immobilière »). Dans le cas présent le corps médical dont le capital confiance est largement écorné (en particulier au Maroc …) ne peut pas se permettre le luxe de surajouter le doute sur les produits prescrits ou délivrés.

L’impact de cette affaire à notre modeste niveau :

          A 580,00 Dh la boite de 28 sachets, PROTOS (PROTELOS en France) pose deux problèmes :

- Primo : il expose le patient à des effets secondaires non évalués avec suffisamment de confiance.

- Secundo : au prix où il est vendu il expose l’embryonnaire système de sécurité sociale marocain à des pertes inutiles, et surtout il saigne à blanc les menues finances des patients sans couverture médicale, qui sont la majorité de nos patients, tout en les exposant à des effets secondaires non maîtrisés : c’est la double peine !         

 Le corps médical peut-il réagir :

Au risque de paraître pessimiste, nous ne le croyons pas, et pour cause : pour pouvoir développer des analyses au minimum rationnelles à défaut d’être critiques, on devrait s’affranchir : 

- des « dîners débat » dans les hôtels 5 étoiles

- des formations et congrès sponsorisés

- des prises en charges des congrès « scientifiques » à Tahiti, Venise ou Marrakech

- des petits cadeaux ciglés LABORATOIRES IDIRHA BIK (ايدرها بيك)

- des marchés aux conditions alléchantes au niveau des officines

- ou encore des fameux « échantillons gratuits » qui font saliver nombre d’entre nous !

On comprend que face aux bulldozers du marketing et de la communication des uns et la passivité intellectuelle affligeante des autres, toute réaction se retrouve dissoute entre les méandres de l’affairisme et de la médiocrité scientifique.        

A propos de science et afin d’éviter un psittacisme éventuel : c’est quoi en fait ce Protelos ou Protos dont on parle ?

Note à part : selon le Larousse le psittacisme c’est « la répétition mécanique de phrases, de formules par un sujet qui ne les comprend pas » on vous laisse le soin d’imaginer le nombre invraisemblable de cas de « psittaciques » qui vous entourent. En réalité nous avons emprunté ce terme extraordinaire à la psychopathologie. On pense sincèrement que son champs d’application pourrait être est beaucoup plus vaste que cette discipline (…)                       

 

Protos - Protelos : Les données essentielles  (à la manière de PHARAMSTER)

La DCI de cette spécialité est le ranélate de strontium et qui a comme indication l’ostéoporose chez la femme ménopausée.

Préambule :

      Primo : si on vous dit un nouveau produit qui coûte cher et qui est indiqué dans l’ostéoporose, à la volée vous diriez comme moi : c’est un énième biphosphonate (comme l’Actonel, le Fosavance …). Et bien c’est … raté, le ranélate de strontium n’est pas un biphosphonate.

      Secundo : dans ce fameux sel de ranélate de strontium, quelle est la molécule active : l’acide ranélique ou le strontium ? À la volée comme moi vous diriez encore : l’acide ranélique. Aïe ! Là encore je me suis planté (à ce rythme là, si on ajoute en plus mon orthographe approximatif, à mois seul je risque de générer toute une forêt).

Stronttium-Ranelate.JPG

Pour être précis il faut savoir que les 2 atomes de strontium se trouvent de part et d'autre de du ranélate.

En fait la principale activité pharmacologique de ce sel est due au strontium (c’est une simple page Wikipedia), à propos de l’acide ranélique le RCP du Protélos précise « Il n’y a pas d’accumulation de l’acide ranélique et aucun métabolisme n’a été mis en évidence chez l’animal ou chez l’homme. L’acide ranélique absorbé est rapidement éliminé sous forme inchangée par le rein.». En clair, dans la limite des connaissances actuelles, l’acide ranélique est une substance reconnue comme inerte pharmacologiquement.

 

La pharmacodynamie du strontium 

       Au sujet du strontium on vous invite à consulter cette petite page fort utile du site Pharmacorama (cliquer c’est bien fait) on y apprend que la molécule de strontium qui est un peu plus grande que la calcium, se comporte comme ce dernier « Le strontium est absorbé par le tube digestif par les mêmes mécanismes que le calcium mais l'absorption du calcium est préférentielle ». Conséquence : interaction médicamenteuse et alimentaire (inutile de faire toute une rédaction vous le comprenez facilement)      

NB : Strontium et calcium appartiennent touts les deux à la série des métaux alcalino-terreux comme le Mg, le Be, le Ba et le Ra. 

 

Au niveau de l’organisme le strontium se comporte presque comme le calcium, avec une affinité marquée pour le tissu osseux   

A ce niveau là le RCP du Protelos nous apporte les précisions suivantes :

Dans le tissu osseux le strontium est principalement adsorbé à la surface du cristal osseux et ne se substitue que faiblement au calcium dans le cristal d’apatite de l’os nouvellement formé. Le ranélate de strontium ne modifie pas les caractéristiques du cristal osseux.

In vitro, le ranélate de strontium :

- augmente la formation osseuse dans les cultures de tissus osseux ainsi que la réplication des précurseurs ostéoblastiques et la synthèse de collagène dans les cultures de cellules osseuses;

- diminue la résorption osseuse en diminuant la différenciation des ostéoclastes et leur activité de résorption.

Il rééquilibre ainsi le métabolisme osseux en faveur de la formation.

Là une pose s’impose (admirez la rime SVP) : une planche de l’université de médecine de Toulouse nous apporte éclaircissement inestimable à nos yeux, un bijou en terme de synthèse et de clarté d’esprit à l’anglo-saxonne. Pour vous aidez à apprécier ce travail, on rappellera simplement que l’os est un tissu vivant qui se renouvelle en continu grâce d’une part aux ostéoblastes qui produisent du tissu osseux, et d’autre part aux ostéoclastes qui résorbent l’os [Du verbe résorber (verbe transitif et pronominal) : Produire la résorption, faire disparaître progressivement.].

  11 09 09 Les traitements de l'osteoporose

A partir de là, y a-t-il besoin de plus d’explications ? Si non pour dire que les biphosphonates agissent uniquement en bloquant la résorption  osseuse alors que le strontium agit doublement en inhibant les ostéoclastes et en stimulant les ostéoblastes. Le rôle des estrogènes est explicité magnifiquement ici (lire à ce sujet notre page : La balance oestroprogestative).

Remarque fort importante pour les praticiens (source le RCP du Protelos) :

Prendre en compte le fait que 50% de l’augmentation de la densité minérale osseuse mesurée sur 3 ans est due aux effets combinés de la distribution osseuse du strontium et de l’augmentation de l’absorption des rayons X avec le strontium par rapport au calcium qui conduisent à une amplification de la mesure de la densité minérale osseuse (DMO). Autrement dit si votre patient présente une augmentation importante de la DMO, il faut réajuster votre évaluation en prenant en compte que 50% de cette augmentation est due aux caractéristiques physico-chimiques du strontium et non à une reminéralisation osseuse. Ceci étant dit les 50% d’augmentation réelle de DMO avec le ranélate de strontium sont tout à fait bénéfiques et appréciables.

Les effets secondaires du ranélate de strontium :

Ah ! C’est là où les choses se compliquent, rejoignant par la même occasion l’actualité brûlante du jour. En effet au niveau des effets secondaires deux affections majeures émergent selon le RCP, du moins à l’heur actuelle :

1 - Des cas graves de syndromes d’hypersensibilité dont des syndromes DRESS (Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms), parfois d’évolution fatale, ont été rapportés sous PROTELOS. La fréquence est inconnue selon le RCP en cours.  

2 - Dans les études de phase III contrôlées versus placebo, le traitement par le ranélate de strontium a été associé à une augmentation de l’incidence annuelle des événements veineux thromboemboliques (EVT), incluant les embolies pulmonaires. La cause de cette augmentation demeure inconnue.

 

L’avis de l’apothicaire du coin :

Une première remarque saute aux yeux (même pour ceux myopes comme les miens) : on fabrique, on commercialise, on prescrit et on délivre une molécule avec un effet secondaire d’évolution fatale dont la fréquence est inconnue ! Franchement il y a de quoi être perplexe (…)

Le rapport de l’Agence Européenne du Médicament tel que révéler par le journal français Libération implique la non déclaration de cas graves effets secondaires. On est en droit, dans l’état actuel des informations disponibles, de reconsidérer la validité et la véracité des effets secondaires et de leurs fréquences tel que rapportés dans les documents officiels en cours.

 

PS : Ce modeste travail a été initié par une simple information rapportée dans le journal télévisé de la chaîne française d’information en continue I TELE un matin du mercredi 07/09/11, qui a coïncidée avec la délivrance quelques jours auparavant dans notre officine du médicament mis en cause, notre curiosité maladive a fait le reste. Cela nous a permis, dans la bonne humeur et en toute simplicité et indépendance, de faire notre propre formation continue, avec les erreurs éventuelles inhérentes à un travail strictement personnel, qu’on a l’honneur de vous faire partagé. Pour être honnête, et vous l’avez certainement bien compris, jusqu’à ce mercredi 07/09/2011 on ne savait strictement rien de ce ranélate de strontium et dire qu’on l’avait bien délivré. Qui a dit qu’on était « psittassiques » ? Mais pour se faire une raison, on dirait qu’il vaux mieux quelques jours de retard que jamais.                       

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:39

MEDECINE

MINISTERE DE  LA SANTE

DES NOMINATIONS CONTROVERSEES

 11-09-05-La-Sante-au-Maroc.jpg

            A plusieurs reprises nous avons relaté le malaise qui prévaut dans le secteur de la santé, lire entre autres un article daté du 06/11/2010 : « Mortalité néonatale : Trop de décès dus à des négligences », et un autre daté du 16/05/2011 : « BLOUSES BLANCHES vs BLOUSES BLANCHES »

Dans un récent article, publié dans l’Economiste, un journal qui n’est ni populiste ni réellement contestataire, au sujet de la gestion des ressources humaines dans le secteur de la santé, rapporté aussi dans la newsletter n° 97 du site pharmacies.ma, les auteurs mettent le doigt sur les critères peu orthodoxe des nominations à des postes décisionnels au sein du Ministère de la santé publique. Cela étaye de façon remarquable les doutes dont on vous a fait part dans nos articles antérieurs.        

Afin de vous forger votre propre opinion, nous vous rapportons ci-après, et en totalité, l’article du journal l’Economiste.     

Source : M. Ali MRABI « Santé: Nominations controversées » L’Economiste Édition N° 3599 du 19/08/2011 page 15.

«            Santé : Nominations controversées

              Des syndicats dénoncent des campagnes électorales avant l’heure !

              Menaces de grèves pour septembre

Yasmina Baddou fait encore parler d’elle. Avec ces nouvelles nominations de directeurs régionaux, le ministère de la Santé provoque de vives réactions auprès des syndicalistes du secteur. Ils se disent «surpris par ces décisions annoncées dans un timing très sensible, à deux mois du départ du gouvernement El Fassi», affirme Addi Bouarfa, SG de l’Organisation démocratique de la santé (ODS). Pour ce dernier, ce redéploiement est motivé par des considérations politiques, voire électorales, car «ce genre de postes est considéré comme une ressource politique pouvant être mise à profit pendant la période électorale», souligne Lhoucine Aabouchi, professeur de droit constitutionnel à l’université Qadi Ayyad à Marrakech. D’ailleurs, comme l’explique Bouarfa, «près de 40 délégués du ministère sont membres du PI (ndlr : Parti de l’Istiqlal). S’y ajoutent de hauts responsables comme le secrétaire général du ministère et le directeur des ressources humaines». Pour le syndicaliste, il ne s’agit pas moins «d’une stratégie qui consiste à placer des membres du PI dans des postes de responsabilité au sein du ministère».
L’autre grande contestation concerne la légalité même de ces décisions puisqu’elles ont eu lieu, pendant une période transitoire durant laquelle le gouvernement «devrait faire preuve de responsabilité en s’abstenant de procéder à de nouvelles nominations», martèle le SG de l’ODS. En effet, les institutions issues du nouveau texte constitutionnel ne sont pas encore effectives.
Le gouvernement actuel est donc «transitoire et sa mission devrait se limiter à la gestion des dossiers quotidiens, et la préparation juridique et technique des prochaines élections», explique Aabouchi. En tout cas «ces nominations, sont en opposition avec l’esprit de la Constitution», précise-t-il. Les médecins du Public n’avancent pas de position officielle par rapport à cette affaire. Le Dr Abdelmalek Lahnaoui, SG du Syndicat indépendant des médecins du secteur public, estime juste qu’un «certain flottement caractérise ces décisions, dans la mesure où ces responsables ont démarré leurs nouvelles fonctions, alors qu’ils n’ont toujours pas reçu de notes de service».
Ce redéploiement a également conduit à une hémorragie des compétences qui dénote, selon les deux syndicats d’un déficit de bonne gouvernance. La solution réside, selon eux, dans un traitement des problèmes du secteur de la santé dans sa dimension globale.
Les principaux syndicats du secteur devraient se réunir pour coordonner leur position sur les démarches à prendre pour «dénoncer les récentes décisions de la ministre», fait savoir Bouarfa. Une chose est sûre pour l’instant: ils ne comptent pas observer de grève avant la fin du mois de ramadan. Cependant, septembre s’annonce dur pour Yasmina Badou, avec une série de débrayages.

Mohamed Ali MRABI »

L’avis de l’apothicaire :

Rappels déontologiques :      

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », Pharamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous

- L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

       Ce genre de gabegie, si elle est avérée, n’est pas spécifique au ministre de la santé actuelle, en réalité c’est quelque chose de classique à chaque changement de gouvernement. En effet chaque ministre sortant « place » ses « amis » à des postes clefs en faisant fi de tout bon sens et surtout en faisant fi de l’intérêt général. Le ministre entrant à son arrivée, lui, fera quasiment la même chose en « plaçant » cette fois-ci ses propres « amis ». Lorsqu’on sait qu’il s’agit ici de postes technocratiques, parfois stratégiques, qui nécessitent entre 6 à 12 mois d’adaptation pour que le postulant soit réellement opérationnel, on comprend facilement l’état de léthargie, de flottement décisionnel voire parfois d’incompétence récurrente où baignent une bonnes partie de nos structures étatiques.

       En réalité, ce qui rend ces nominations particulièrement inopportunes, si elles sont avérées litigieuses, ce sont deux éléments :

- Primo : la nature même du secteur de la santé, dont les indices sont suffisamment importants pour faire partie des grands indices révélant le niveau de développement d’un pays donné. Ce qui peut être gobé plus ou moins ailleurs, s’avère difficilement acceptable dans un secteur comme la santé.     

- Secundo : le timing de ces nominations qui est très mal placé au vu du bouillonnement relatif de la rue marocaine. On peut se demander alors si on a réellement besoin de surajouter des tensions aux conflits sociaux préexistants. A ce titre ces nominations pourraient être assimilées une maladresse politique et qui pourraient grever encore plus le budget de l’Etat. Lire à ce sujet : LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE MAROCAIN : LES DÉPENSES EXPLOSENT

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Published by Amster - dans MEDECINE & SANTE
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 13:59

PERLE DU COMPTOIR

LES HOUNGES ! 

 

11-09-01-PERLE-LES-HANCHES-.jpg

        Magnifique ce billet qui nous est parvenu d’une de nos clientes. Que dire ... si non quelle meilleure façon d’entamer cette rentrée à la manière typique de PHARAMSTER. Pour faciliter la tâche à nos lecteurs francophones (en France, au Canada) et à ceux qui ne connaissent pas forcément le dialecte marocain (en particulier nos lecteurs algériens, tunisiens et libanais) nous vous proposons une traduction approximative de cette missive.

« Voilà, je veux un sirop pour l’appétit et qui permet d’avoir li hounge

Ok * »

* Ainsi écrit dans dans le texte et signifiant les hanches, alors qu’en arabe on dit : al ouark (الورك)  

 

        Cette question de « hanches » nous ramène fatalement aux canons de la beauté féminine qui prévalaient en Egypte ancienne et en Europe à l’époque de la Renaissance, lire à ce sujet un texte très simple « Les canons esthétiques ».   

En effet durant des siècles et des siècles, presque dans toutes les cultures, on considérait une femme aux hanches larges comme étant très belle. On peut se demander à juste titre pourquoi cette demande spécifique ?

Depuis toujours l’instinct de l’être humain le pousse, comme touts les autres animaux, à assurer au maximum la transmission de ses gènes (via la reproduction) et pour ce faire la « femelle » devrait avoir les atouts nécessaires pour réussir un accouchement sans encombres. Des hanches larges présageaient, du moins en théorie, d’une « sortie » facile du bébé lors de l’accouchement. Instinctivement les hommes étaient attiraient d’abords par ce type de morphologies  

Bien entendu ces élucubrations ne résistent pas à la scanopelvimétrie obstétrique qui permet d’objectiver si le bassin de la femme est normal, limite ou chirurgical (nécessite une césarienne). Il faut dire que les critères de sélection d’une Holstein ne s’appliquent pas forcement à la femme (oh ! la vache …)

Cette demande de hanches larges, répond à des besoins qui nous arrivent d’au delà le Moyen-Âge ou de l’Antiquité. On est clairement ici face à un fossile vivant de nos instincts les plus primitifs à l’heure où le taux de pénétration du téléphone portable et d’Internet sont assez importants sur le marché marocain ! C’est dire le décalage entre notre capacité d’adaptation aux nouvelles technologies et l’évolution de nos comportements.

" Li Hounge" :

                     Génial ce terme, alors que l’écriture régulière de cette perle montre qu’on est face à quelqu’un de scolarisé, la rédaction, elle, montre que l’arabisation démagogique qu’a subit l’école marocaine a eu pour impact de faire perdre à l’étudiant marocain la qualité de son français sans améliorer la qualité médiocre de son arabe ! Pardon, vous avez dit absurde …                    

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 23:38

CHIFFRES & REPERES

APPLE A PLUS DE TRESORERIE

 QUE LE TRESORE AMERICAIN

 steve-jobs-apple.jpg

      En ces temps de crises de la dette autant aux USA qu’en Europe, une information est passée comme une lettre à la poste dans plusieurs journaux télévisés. A notre sens, elle mérite qu’on s’y attarde, en effet Apple première capitalisation boursière au monde avec une valorisation de 340 milliards de dollars1 possède plus de liquidité que l’Etat américain lui-même2. Les chiffres :

APPLE

USA

75,8

Milliards de dollars

73,0

Milliards de dollars

 Les 73 milliards de dollars de l’Etat Américain représentent ce que la première puissance économique mondiale peut encore dépenser avant d'atteindre la limite de la dette fixée par les parlementaires américains (14.294 milliards de dollars).

Sources entre autre :

1 - Le Soir Echos, n°892, page 2, du 16/08/11  

2 - LE FIGARO du 30/07/2011 mise à jour du 01/08/2011, consulté le 10/08/11

L’avis de l’apothicaire du coin :

        Ces chiffres posent clairement la problèmatique du rapport de force entre l’Etat qui représente la richesse collective et l’entreprise qui représente la richesse individuelle. Assurément les Etats-Unis ne sont pas en manque de liquidité, par contre ils sont clairement en manque d’équité. Cette équité n’implique pas l’attitude simpliste de « prendre aux riches pour donner aux pauvres », mais de revoir la réciprocité de l’attitude de l’Etat par rapport aux grandes entreprises. Autrement dit lorsqu’une grande entreprise menace de s’écrouler les Etats n’hésitent pas à l’épauler, avec comme arguments : les emplois, les menaces sectorielles ou encore l’intérêt suprême du pays, cette attitude économiquement raisonnée doit être au minimum réciproque.

Cela ne touche pas que les USA ou l’Europe, dans un pays comme le notre où des entreprises décrochent diverses dérogations, elles ne renvoient malheureusement que très peu « l’ascenseur » aux caisses de l’Etat. Ou pire encore ce quelles renvoient passe directement dans les poches des commis de l’Etat !                         

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