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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 08:30

MISE AU POINT PHARHAMSTER

LA TRIMEBUTINE EN QUESTION

DEBRIDAT – INDUCTAN – TRIBUTINE – TRIMEDAT – SPASMYL – PROCTOLOG

 

 

Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences.

Rappels déontologiques :  L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

  Trimébutine maléate 03

              Suite à la mise sur le marché marocain d’une nouvelle présentation de la spécialité Inductan dosée à 200 mg de trimébutine (DCI), on s’est penché (à notre façon …) sur cette molécule qui malgré son apparente banalité présente plusieurs facettes et pose de multiples questions.

Au menu de cet article comme d’habitude, vous n’y échapperez pas, on aura une filiation chimique et une filiation pharmacologique afin de savoir situer, puis une analyse critique libre et indépendante de l’offre de trimébutine sur le marché marocain. Un menu alléchant ! Bonne appétit, enfin, lecture (ça commence bien là !).

 

LA FILIATION CHIMIQUE DE LA TRIMEBUTINE            

- DCI : Trimébutine

- Nom chimique : 3,4,5-triméthoxybenzoate de 2-diméthyl amino-2-phényl-butyle

- Formule moléculaire : C22H29NO5

- La question de la relation structure-activité : 

         Le « Précis de chimie thérapeutique » du Pr. J. Taoufik, à la page 240, décrit en une phrase la molécule de trimébutine : « Structuralement proche des atropiniques et des anesthésiques locaux, c’est un spasmolytique régulateur de la motricité digestive ».

Pour être honnête cette phrase nous laisse sur notre faim, car on aurait voulu que la relation structure activité entre la trimébutine d’une part et atropiniques et anesthésiques locaux d’autre part, puisse être plus développée.

Plus précisément la question qui reste posée à notre échelle c’est qu’elles sont les groupes d’atomes qu’ils ont en commun tant au niveau quantitatif qu’au niveau stéréochimique ?

Honnêtement ce rapprochement n’est pas claire à nos yeux (on peut toujours être myope !) d’autant plus qu’il donne une quotient à l’utilisation de la trimébutine pour ses effets prétendument anesthésiques en proctologie (hémorroïdes) chose qui est discutable, comme on le verra par la suite à travers les avis de la HAS (Haute autorité sanitaire en France)           

atropine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lidocaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- La question de la liaison ester (le petit trait rouge sur la formule) et de la stabilité :

         La molécule de trimébutine présente une liaison ester fort importante pour la pratique quotidienne (comme quoi le travail qu’on fait ici est tout sauf de la théorie). Et pour cause cette fonction ester est hydrolysable (cassable comme dirait mon voisin l’épicier). La forme suspension minimise au mieux l'hydrolyse du principe actif, sans pour autant l'éviter totalement dans des conditions de conservation normales. Cependant une période limite d'utilisation (4 semaines environ) à compter de la date de préparation de la suspension doit être scrupuleusement respectée car l'hydrolyse de la trimébutine entraîne l'inefficacité du restant de la suspension sans pour autant produire des produits toxiques notables.   

- La question du maléate :

         Cette question, qui nous a donné du fil à retordre, s’est posée à nous du fait que les spécialités à base de trimébutine sont vendues sous deux formes : la trimébutine base et le maléate de trimébutine (c’est un sel). Ainsi toutes les présentations « poudre pour suspension » sont à base de trimébutine base (sauf en France la spécialité Trimébutine Zydus) alors que la plus part des formes comprimés, sachets et suppositoires sont à base de maléate de trimébutine.

Question : pourquoi deux formes et qu’elle est le devenir dans le corps humain de l’acide maléique ? (à ne pas confondre avec l’acide malique qui est un conservateur le E296)

En fait de quoi je me mêle ? C’est étonnant que les laboratoires vendent la trimébutine sous deux formes sans donner d’explications. Il faut dire à leur décharge que le corps médical, et en premier lieu les officinaux, ne posent aucune question non plus. Inutile de revenir ici sur l’inertie intellectuelle légendaire des officinaux, depuis fort longtemps nos neurones sont en hibernation totale. Remarquez que nous avons bien sur des congrès (nous aussi) sauf que, rien qu’en regardant les affiches qui les présentes on les confondrait facilement avec un dépliant de Carrefour tellement ils sont sous la coupole des services marketing des laboratoires, des assurances, des banques et autres vendeurs de voitures. Bref de quoi remplir votre kadi et vider votre cerveau ! (C’est peut être acerbe mais ce n’est pas très loin de la réalité, Ouallah).

Au niveau de l’AFFSSAPS les RCP (résumé des caractéristiques du produit) des spécialités à base de trimébutine ne donne aucune explication. D’ailleurs à ce sujet la monographie de la trimébutine au niveau de l’AFFSSAPS est très pauvre avec peu d’informations pertinentes.

(Là on critique l’AFFSSAPS, mais qu’est ce qu’on a au Maroc nous ? Et bien nous avons beaucoup de commissions qui ne servent qu’à enterrer des problèmes, beaucoup de fonctionnaires et de hauts cadres au rendement médiocre sinon néfaste … On est les champions de la gabegie)         

Notre salut est venu en fait d’un document canadien remarquable par sa rigueur, par la richesse de sa bibliographie et par sa simplicité rédactionnelle. C’est d’autant plus louable qu’il émane d’entreprise privée, comme quoi la création de la richesse matérielle, n’est absolument pas antinomique avec la rigueur des analyses. Ce document est là, juste à la portée de votre clique (ficher PDF 27 pages et 61,5 Ko) : Monographie de Produit (Document Canadien) MODULONMD Comprimés

La différence entre trimébutine et maléate de trimébutine

Trimébutine

Maléate de trimébutine

Poids Moléculaire : 387,5

Poids Moléculaire : 503,6

Poudre blanche ou blanc cassé

- pratiquement insoluble dans l’eau,

- très peu soluble dans l’éther, le n-hexane et le méthanol,

- et franchement soluble dans l’acétone et chloroforme.

Poudre blanche ou blanc cassé

- très peu soluble dans l’éther et le n-hexane,

- assez soluble dans l’eau,

- soluble dans l’acétone, l’éthanol et le méthanol

- et franchement soluble dans le chloroforme

 

         En absence d'informations officielles, notre déduction est la suivante (l’erreur est possible) : le point essentiel est la solubilité dans l’eau. En effet la trimébutine base étant insoluble dans l’eau sera utilisée de préférence dans les poudres pour suspension car son insolubilité dans l’eau la rend moins hydrolysable, apportant ainsi une meilleure stabilité du principe actif dans la suspension reconstituée. Dans les formes « comprimés » on choisira par contre le maléate de trimébutine pour sa solubilité dans l’eau qui, potentiellement, augure d’une meilleure biodisponibilité et donc une meilleure absorption. Logiquement on est en droit (si les officinaux se comportaient en de véritables professionnels) de demander des précisions à ce sujet.

Reste la question du devenir du maléate dans le corps humain : Le maléate est en fait le sel de l’acide maléique, cet acide n’est autre que l’isomère cis de l’acide fumarique.

Aïe aïe encore de la chimie. Alors … comment expliquer cela simplement à des gens qui sont sensé le connaître et qui ont perdu le B.A.-BA du savoir pharmaceutique dans les méandres de la vie.

Dans ce cas l’isomère cis, ici c’est l’acide maléique, les deux groupes COOH se situent du même côté. Alors que l’isomère trans, ici l’acide fumarique, les deux groupes COOH se situent d’un côté et de l’autre de l’axe de la molécule. (Ouf c’est dit ! et alors)          

L'acide fumarique (E297) (également connu sous le nom de acide donitique) est un acide organique naturel présent dans la plupart des fruits et dans de nombreux légumes. Commercialement fabriqué par synthèses chimiques. Il fait partie de la voie métabolique de toutes les cellules vivantes, oui le fameux Cycle de Krebs. C'est donc l'isomère trans de l'acide maléique, mais il est plus stable que ce dernier.

Ainsi le devenir du maléate dans le corps humain devient relativement clair, puisqu’il rejoindra d’une manière ou d’une autre la voie métabolique naturelle de la cellule. Et c’est tout, les choses sont deviennent toutes simples quand on les comprend !  

Pour finir ce paragraphe on vous offre un véritable cadeau à déguster (à télécharger) sans modération, il s’agit d’un brevet européen de 1996 qui concerne « une nouvelle formulation de la trimébutine » (cliquez), l’intérêt de ce brevet c’est qu’il intègre, pour justifier son utilité, une excellente critique des formulations classiques. Vous remarquerez au passage la critique qu’ils font de l’usage de la fameuse « cuillère à café » et qui rejoint parfaitement notre propre analyse à ce sujet « Cuillérées à café et cuillérées à soupe : Réflexion autour d’un  héritage désuet et obsolète de la pharmacie de 20ème siècle » alors qu’on croyait être les seuls à le dire !             

 

LA FILIATION PHARMACOLOGIQUE DE LA TRIMEBUTINE :       

On a deux grands groupes d’antispasmodiques : les musculotropes et les anticholinergiques  

 - Les antispsmodiques anticholinergiques (ou atropiniques ou neurotropes)

Ils agissent sur la transmission nerveuse en empêchant l’acetylcholine d’activer certains types de récepteurs notamment muscariniques. On retrouve dans cette classe :

Butylscopolamine (Buscopan), Clidinium (Librax) et tiemonium (Visceralgine) ; celui-ci est classé par certains auteurs en tant qu antispasmodique mixte, c'est-à-dire ayant à la fois un effet atropinique et un effet musculotrope, bien que son activité musculotrope soit prédominante par rapport à son activité atropinique.

Leurs effets secondaires à type de bouche sèche, tachycardie, constipation ont amené à rechercher d’autres antispasmodiques.

- Les antispasmodiques  musculotropes
Ils agissent sur le muscle lisse donc sans intervention de récepteurs. Ce groupe est composé principalement de dérivés de la papavérine (alcaloïde de l’opium). On retrouve dans ce groupe : la mébévérine (Duspatalin et autres), phloroglucinol (Spasfon, Neofortan), alvérine (Meteospsmyl), fenoverine, pinaverium, la drotavérine (No-Spa) et la trimebutine (Debridat et autres)

La trimébutine un agoniste enképhalinergique 

La première propriété de la trimébutine qui revient dans touts les documents actuels c’est "agoniste enképhalinergique". Question : cela veut dire quoi exactement ? C’est en effet le genre d’expressions qu’on commence à répéter, sans comprendre sa signification et cela fini par déterminer une forme de psittacisme.       

Note à part : selon le Larousse le psittacisme c’est « la répétition mécanique de phrases, de formules par un sujet qui ne les comprend pas » on vous laisse le soin d’imaginer le nombre invraisemblable de cas de « psittaciques » qui vous entourent. Pour être complet, en réalité nous avons emprunté ce terme extraordinaire à la psychopathologie. On pense sincèrement que son champs d’application pourrait être est beaucoup plus vaste que cette discipline (…)       

Pour éviter justement cela un petit rappel sur les enképhalines  s’impose :

Sources

1) J.P. Ternaux « Les substances chimiques qui contrôlent la douleur : les morphiniques ». 
2) Un magnifique document du Laboratoire de Physiologie Digestive de Faculté de Médecine de l’UNIVERSITÉ PARIS V - René Descartes. « Les enképhalines ».

Principe : Si des cellules animales comme les neurones expriment des récepteurs pour une substance, la morphine par exemple, qui est d'origine végétale, c'est que la morphine mime les effets d'une substance endogène fabriquée par l'organisme animal lui-même, une morphine endogène qui agirait sur les récepteurs opioïdes. Cette idée a été démontrée par Hughes et Kosterlitz qui ont isolé en 1975 les deux premières endomorphines appelées enképhalines. Depuis plusieurs autres de ces morphines endogènes ont été isolées. Les enképhalines sont tout simplement des polypeptides (chaîne d’acides aminés) de faible poids moléculaires

Le tube digestif lui possède une haute densité de récepteurs opiacés, et contient de grandes quantités d’enképhalines (peptides opioïdes), particulièrement dans des neurones intestinaux.  Dire que la trimébutine a des propriétés d’agoniste enképhalinergique revient à dire qu’elle a une action antidouleur type opiacé physilogiquement démontrée, tout simplement.

L'effet sérotoninergique de la trimébutine            

         L’excellente monographie canadienne de la spécialité Modulon rapporte que l’affinité de la trimébutine vis-à-vis des récepteurs opiacés est « modérée » et qu’elle a un effet antagoniste sérotoninergique marquée. Autrement dit la trimébutine va bloquer de façon marquée les effets de la sérotonine sur le tube digestif.            

Ah ! Rappel au sujet de l’effet de la sérotonine sur le tube digestif :

 La sérotonine entraîne des contractions de l'intestin, de l'utérus, des bronches et des uretères. Au niveau du tube digestif :

- La sérotonine augmente la motilité intestinale, elle augmente la motilité du duodénum et de l'intestin grêle.

- La sérotonine a également un effet émétisant

- Elle a une action ulcérigène, son administration à l'animal à fortes doses entraîne des ulcérations gastriques.

 

L’effet spasmolytique de la trimébutine est une conséquence de ces divers effets. De façon générale la trimébutine ne modifie pas la motilité normale, mais elle régularise l’activité intestinale anormale, ce qui justifie pleinement son classement par l’AFSSAPS dans la classe pharmacothérapeutique des « MEDICAMENTS POUR LES TROUBLES FONCTIONNELS INTESTINAUX »

Honnêtement la classification classique des antispasmodiques entre musculotropes, neutrotropes et mixtes est loin d’être satisfaisante à nos yeux (on peut être toujours myope)  

UTILISATIONS DE LA TRIMEBUTINE

Deux indications de la trimébutines sont reconnues :

- Traitement symptomatique des douleurs liées aux troubles fonctionnels du tube digestif et des voies biliaires

- Traitement symptomatique des douleurs, des troubles du transit et de l'inconfort intestinal liés aux troubles fonctionnels intestinaux. (appelés syndrome du côlon irritable)

L’avis de la revue prescrire :  

« Trimébutine pas mieux qu’un placebo : Chez les patients gênés par des troubles fonctionnels intestinaux douloureux, sans autres signes cliniques, ni anémie, ni syndrome inflammatoire biologiques, les affections graves ne sont pas plus fréquentes que dans la population générale. Pour calmer les douleurs, les substances dont l’efficacité est la mieux étayée sont le pinavérium (Dicetel) et l’huille essentielle de menthe poivrée obtenue par infusion de la plante. La trimébutine (Debridat ou autre) est commercialisée depuis de nombreuses années sans efficacité établie dans les troubles fonctionnels intestinaux. » Source : La Rev. Precrire Décembre 2010/ Tome 30, N°326. Page 887

La Haute Autorité de la Santé en France dans son avis daté du 06 février 2008 (5 pages, Ficher Pdf 41,5 Ko) conclue au paragraphe 5.1 ce qui suit :

 * Dans les troubles fonctionnels intestinaux : 

     - Le rapport efficacité/effets indésirables est faible.

     - Le service médical rendu par ces spécialités est faible.

  * Dans les troubles fonctionnels des voies biliaires : 

     - En l’absence de données cliniques, le rapport efficacité/effets indésirables de ces spécialités peut être qualifiée de mal établie.

  * Le service médical rendu par ces spécialités est insuffisant.

L’avis du pharmacien (Ah il en faut !) 

       Dans la limite des données actuelles, la trimébutine paraît comme un produit sans effets secondaires notables, d’utilisation sécurisée notamment chez le nourrisson. Cependant cette absence notable d’effets secondaires sérieux augure, elle-même, d’un manque réel d’efficacité thérapeutique. Il n’en demeure pas moins qu’elle trouve sa place en gastro-entérologie comme un « bon placebo » en cas de troubles intestinaux liés à l’état psychique avec un coût en terme d’effets secondaires acceptable. Son utilisation chez le nourrisson permet de calmer les parents en attendant la mise en place des règles diététiques de base. 

Globalement c’est un produit de conseil correct à défaut d’être réellement efficace, à condition que le prix ne dépasse pas le seuil psychologique des 50.00 DH.          

L’UTILISATION DE LA TRIMÉBUTINE EN CAS D’HÉMORROÏDES

       La trimébutine est retrouvée en association avec les ruscogénines (produit à visée veinotonique) dans le Proctolog (suppositoire et crème). L’idée de base est séduisante, elle s’articule autour de deux points :

       Primo, l’effet prétendument anesthésique (comme alternative sécurisée à l’usage de la lidocaïne) : malheureusement cela n’a jamais été démontré, d’ailleurs cet effet a été intelligemment supprimé depuis de la monographie du Proctolog (Cf Vidal 1994, page 1178)

       Secundo : l’effet antispasmodique, l’idée est forte intéressante à notre avis, et ce qui est intéressant ce n’est pas tellement l’effet « décontracturant du sphincter anal interne » mais c’est l’effet régulateur de l’activité intestinale. En effet la pathologie hémorroïdaire dans son volet bénin (la cible de cette thérapeutique) est souvent associée, voir initiée, par des troubles intestinaux, type constipation ou diarrhée, ballonnement … Utilisé un antispasmodique régulateur de transit en cas d’hémorroïde paraît largement justifié à nos yeux ! Encore faut-il que le produit utilisé soit réellement efficace (…)

 Une dernière remarque, la trimébutine est dosée à 120 mg par suppositoire dans le Proctolog, alors que l’Inductan suppositoire est dosé à seulement 100 mg par unité. De ce fait, le Proctolog devrait être perçu d’abord comme un antispasmodique et accessoirement antihémorroïdaire dans les cas bénins.

Ainsi présenté, notre avis au sujet de cette association est globalement favorable. Reste à savoir l'avis de la Haute Autorité de la Santé, en effet dans son avis daté du 26 septembre 2007 elle conclue :  

« - Le service médical rendu par ces spécialités est insuffisant dans l’indication de l’A.M.M.

   - Avis défavorable au maintien de l'inscription sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux dans l’indication et aux posologies de l’A.M.M. »

LA POSOLOGIE PEDIATRIQUE DE LA TRIMEBUTINE ENTRE PHARMACOLOGIE ET « COUSCOUSSOLOGIE » :

Une simple question : en prescrivant une cuillère à café (5 ml environ) de n’importe quelle suspension buvable de trimèbutine sur le marché, savez-vous combien de mg de trimébutine vous administrez à votre patient ?

La réponse n’est pas évidente, et pour cause touts les emballages de trimubutine en suspension buvable ne mentionnent en fait que la concentration en poids de trimebutine dans 100 g de granulé à reconstituer qui est de 0,787%. Or ce que vous prescrivez c’est des ml ! Un petit calcul d’apothicaire s’impose :  

Le petit calcul d’apothicaire :

    - On part de 787 mg de trimébutine dans 100 g de granulé  

    - On a donc 1200,17 mg de trimébutine dans les 152,5 de granulé que contient le fameux flacon de 250 ml {[(787 x152,5)/100 = 1200,17}.

    - Donc ces 1200,17 mg de trimébutine, c’est ce que vous allez avoir dans les 250 ml de suspension reconstituée, soit 4,80 mg par ml (1200,17 / 250) et donc nous avons, si nos petits calculs sont bons, quelque chose comme 24 mg par 5 ml (votre cuillère à café). Cette mention basique de 24 mg/5 ml n’est rapportée sur aucun packaging des suspensions vendues !

Il est fort possible, sauf erreur de notre part, qu’une partie non négligeable du corps médical, prescrit ou conseille la trimébutine en suspension au patient sans connaître la quantité de trimébutine réellement administrée !    

Plus incroyable encore, l’AFSSAPS exprime la posologie pédiatrique de la trimébutine en cuillère à café en fonction de l’âge ! Texto cela donne :

« - Jusqu'à 6 mois: ½ cuillérée à café de suspension buvable 2 à 3 fois par jour.

- De 6 mois à 1 an: 1 cuillérée à café de suspension buvable 2 fois par jour.

- De 1 à 5 ans: 1 cuillérée à café de suspension buvable 3 fois par jour.

- Au dessus de 5 ans: 2 cuillérées à café de suspension buvable 3 fois par jour. Soit environ 1 cuillérée à café de suspension buvable par 5 kg de poids et par jour. »

C’est sidérant ! Quand on sait qu’en pédiatrie une posologie sérieuse et rationnelle s’exprime en quantité de principe actif par rapport au poids de l’enfant, et non pas de l’âge, pour la simple raison que durant les premières années de la vie les variations normales du poids de l’enfant sont, en pourcentage, énormes.

Exemple simple : si vous prenez votre vieux DOROSZ 2001 à la page 1734, mensurations des nourrissons, la courbe des poids (oui sidi, celle d’à gauche) à 12 mois le poids dit normal varie de 7 Kg à 11 Kg avec une moyenne de 9 Kg, la variation en chiffre absolu et de 2 Kg, en pourcentage cela donne 22%, cette variation impacte lourdement la pharmacocinétique d’une molécule, d’où la nécessité d’exprimer la posologie chez l’enfant en : mg de principe actif par Kg de poids.

Exprimé une posologie chez l’enfant en cuillère à café (ou cuillère à couscous) par tranche d’âge c’est irrationnel, on n’est plus dans la pharmacologie mais dans la "couscoussolgie", camarades à vos marmites !                      

ANALYSE CRITIQUE DE L’OFFRE DE TRIMEBUTINE SUR LE MARCHÉ MAROCAIN. 

Ce paragraphe est rédige en association avec mes collaborateurs

              FORME

20 CP

20 GEL

30 CP

SP 250 ML

10 SUP

10 SUP

20 STS

            DOSAGE

100 mg

150 mg

200 mg

24 mg/ 5ml

100 mg

120 mg

150 mg

DEBRIDAT

37.80

 

80.00

31.05

 

 

 

INDUCTAN

37.60

 

79.50

35.95

22.45

 

 

TRIBUTINE

 

45.90

 

24.50

 

 

45.90

TRIMEDAT

 

47.25

 

30.80

 

 

 

SPASMYL

 

 

 

23.00

 

 

 

PROCOLOG

 

 

 

 

 

33.85

 

Les prix sont en Dirham marocain, SP : suspension buvable, STS : sachet.

 

        On ne va pas s’attarder ici sur l’exercice classique de « qui est le moins cher » on laisse à tout un chacun le soin d’analyser de manière rationnelle les chiffres et de prendre les décisions en son âme et surtout conscience, sachant que rare les gens qui en sont pourvu, dicté une conduite donnée nous causera juste des « problèmes » et c’est inutile.

        Par contre  ce qui est frappant dans ce tableau c’est que pour les formes adultes : nous avons au Maroc 4 spécialités aussi chères les unes que les autres et aucun générique digne de ce nom ! (Euh ! no comment, on reste élégant) à part la forme suppositoire qui est en fait un princeps.

NB : Il n’existe pas de différences significatives en terme pharmacocinétique entre le CP à 100 mg et le CP à 200 mg. Source  Monographie de Produit (Document Canadien) MODULONMD Comprimés 

       Dans les formes pédiatriques l’offre de trimébutine sur le marché marocain paraît plus cohérente avec une différence de 36% entre le prix le moins cher et celui le plus cher, ce qui paraît tout à fait correcte.     

L’avis du pharmacien : Au sujet des formes suspensions buvables qui sont principalement destinées à  un usage pédiatrique, la quantité de 250 ml paraît inadéquate par rapport aux besoins de cette cible. Une  forme « petit model » contenant 76,25 g (152.5 / 02) de granulé dans un flacon de 125 ml serait certainement la bien venue.

CONCLUSION

        La trimébutine une molécule qui paraît « banale », elle n’a pas le prestige des antihypertenseurs par exemple, et pourtant à son sujet on a eu plus questions que de réponses. Ce modeste travail a été pour nous l’occasion de découvrir plusieurs documents intéressants à commencer par la monographie du fameux Modulon, en passant par le brevet européen au sujet du granulé de trimébutine ou le document sur les enképhalines. On espère vous avoir fait partager nos questions, notre curiosité et notre plaisir, du moins on l’espère.                     

 

 

 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 20:31

LA FABLE DU PIGEON & DE LA COLOMBE

 

 

11-03-21-Violence-contre-les-femmes-au-Maroc-2.jpg

« Un sourire coûte moins cher que l'électricité, mais donne autant de lumière »

L’abbé Pierre

          A propos de la violence on vous conseille bien sûr de lire notre article « De la violence en général et celle à l’égard des femmes en particulier »  avec une phrase qui résume ce texte « la violence constitue un échec en soi de l’intelligence humaine »

         Cette fois-ci on vous propose de raconter une fable, après tout un certain La fontaine en a les siennes. Bien entendu l’apothicaire du coin, le philosophe du comptoir, l’éminence grise des analphabètes du quartier ne pouvait pas ne pas en avoir au moins une, moyennant juste quelques fautes d’orthographe et de syntaxe, comme ces esses qui tombent dans l’eau ou ces points-virgules qui n’arrivent pas à se faire une place ou alors se placent n’importe comment, …  Enfin jetons-nous à l’eau, que mon ancienne maîtresse de français me pardonne  et que le Bescherelle aille en enfer.                                                  

 

Préambule :

         L’Homme comme tout animal est animé par deux types d’instinct primaire qui modulent une bonne partie de ses comportements : d’une part l’instinct de survie et d’autre part l’instinct de la reproduction qui le pousse à transmettre en priorité son patrimoine génétique.

Celui-ci  amène l’animal mâle à deux types de comportements : la séduction - domination vis-à-vis de l’animal femelle et une violence caractérisée vis-à-vis des autres mâles les pourchassant par exemple loin de son domaine.

L’être humain étant un animal sociable va faire évoluer ces comportements en arguant la protection des « biens conquis ». En effet pour pouvoir assurer la transmission de son patrimoine génétique en toute tranquillité, l’évolution de la pensée aidant, l’être humain va développer des règles de vie en commun. Et pour se donner une assurance à vie, il fallait transformer ces règles en lois immuables régies par des préceptes moraux.

Les religions sont nées et elles vont reprendre en fait à leur compte sous la houlette de la divinité, chacune à sa façon, ce besoin de transmettre en priorité son patrimoine génétique en imposant un nombre incalculable de règles de la plus sensée à la  plus absurde. Ce n’est pas un hasard si la majorité des prêches religieux tourne autour de la sphère reproductrice, à tel point que les méchantes langues de vipère disent que le cerveau des prédicateurs à force de vouloir faire éloigner le commun des mortels de la « chose » finit par se retrouver lui-même au niveau du bas-ventre ? (désolé, ce n’est pas bien de dire cela)       

Ainsi certains prêchèrent la chasteté vis-à-vis du « bien acquis » transformant ainsi le plaisir de la chair en un péché impardonnable, alors que d’autres se sont penchés d’abords sur ce « bien conquis » lui imposant une domination sans faille et une rigueur touchant tous les aspects des sa vie de sa naissance à sa mort.

Quelque soit l’espèce animale, la configuration sociétale, la philosophie ou la manière l’objectif final reste le même : la transmission prioritaire et « sécurisée » du patrimoine génétique du mâle. C’est avec ces élucubrations  improbables et soporifiques que naquit « la fabuleuse » fable du pigeon et de la colombe.                                             

La fable du pigeon et de la colombe     

         Extradominator était un bon pigeon élevé à la dure par ses parents. Quand il fit ses premiers pas dans le ciel il avait déjà l’étoffe des grands volatiles, il était courageux, ne craignait ni chasseur ni échassier ni rapace, majestueux c’était un voyageur né.

Le temps passa vite, et l’insouciance de la jeunesse fit place rapidement au devoir de pérenniser l’espèce : il fallait qu’il assure sa descendance  en transmettant, à son tour, son patrimoine génétique de façon fiable et sure.

Extradominator, comme la plupart des palombes était sérieux. La déliquescence des singes bonobo le heurtait, la multiplicité des conquêtes chez les félins et autres espèces (…) l’irritait         

        Par un temps printanier une colombe passa par là, le sang d’Extradominator ne fit qu’un tour et le voilà à la conquête de la belle Colombe, Schneck de son vrai nom. Séduite et comment ? Comment pouvait-elle refuser les avances, que dis-je, l’élégante sérénade du beau ramier ?                

Il l’a conquise et elle fut séduite, ils emménagèrent dans un tout nouveau nid douillet à l’abri des regards. Extradominator était un compagnon avenant et Colombe était radieuse et comblée, la vie était paisible et le futur s’annonçait idyllique.

       On aurait bien voulu terminer la fable ici, sauf que au bout d’un certain temps le pigeon restait un pigeon et Extradominator fut rattrapé par son instinct primaire : il fallait qu’il transmette son patrimoine génétique. Cela pouvait se faire simplement et naturellement, sauf qu'Extradominator lui avait un soucis qui le travaillait : comment pouvait-il être sûr qu’il serait le seul à fertiliser la belle Colombe ? Pourrait-elle  résister aux chasseurs qui écument les parages si jamais ses ailes la transportaient loin du nid ? Pourrait-elle résister aux avances d’un autre prétendant déclaré, sournois ou même potentiel ? Sa sensibilité féminine ne serait-elle pas sa propre faiblesse ?

Mille et une questions sans réponse, mais Extradominator n’était pas un pigeon qui se laissait faire, il trancha et il trancha dans le vif. Au début il demanda à Colombe de limiter ses déplacements hors du nid au strict minimum, par la suite il lui demanda de se cloîtrer dans le nid en l’assurant qu’il se chargerait de tout le reste. Ayant échos de ces demandes les colombistes (vous ne le saviez pas ? Ah c’est l’équivalent des féministes chez les volatiles) susurrèrent à Colombe qu’elle ne pouvait pas passer sa vie à pondre des oisillons et à donner la becquée, qu’il fallait changer l’ordre des choses dites établies. Colombe écoutait ces paroles d’une oreille distraite, la famille pour elle passait avant tout ou … presque.

Les commérages des colombistes rendaient notre pigeon encore plus anxieux, ça n’allait pas se passer ainsi, se disait-il. Il décida de passer à la vitesse supérieure, pour s’assurer que seul son patrimoine génétique fertilisera « sa » Colombe il décida de lui couper les ailes. Par amour, pour sauver son couple ou pour sauver les convenances, car chez les Columbidaes on ne se sépare pas en un claquement de doigts, Colombe Schneck se résigna. Extradominator était enfin apaisé, Colombe s’occupait des oisillons qui venaient  de naître et lui du reste.             

Les choses auraient pu en rester là et donner raison à l’aile conservatrice des pigeons, car comme vous ne le savez pas les tourterelles ont une aile conservatrice et l’autre progressiste c’est pour cela que, quand ils volent, on entend des claquements tacatac, tacatac, tacatac.

Au bout d’un certain temps, ne pouvant plus voler, Colombe se transforma petit à petit en une poule ! Et le pire c’est qu’Extradominator ne s’en aperçut même pas, du moins au début, vu qu’il finissait par la confondre avec les meubles de son nid (oui ils ont aussi des meubles).

La belle Colombe après juste deux ou trois pontes était devenue méconnaissable tellement elle était devenue grasse, et comme elle ne bougeait pas suffisamment ses os étaient devenus fragiles et ce n’est qu’à sa première fracture qu’Extradominator s’était rendu compte de la loque qu’était devenue, dans la force de l’âge, sa Colombe jadis bien-aimée.

Après réflexion il se dit que finalement rien n’empêche Colombe, après tout, de faire de l’exercice. Soudain un éclair transperça sa pensée, mon Dieu et s’il y avait un coq dans les parages. Aie ! Une douleur lui serra encore plus fort la poitrine, cette histoire de coq, semble d’autant plus vraisemblable que … oui son troisième oisillon, le petit Extradominator junior, avait de grosses cuisses et ne savait toujours pas voler ! Mon Dieu, après tout ce que j’ai fait, aurai-je besoin en plus d’un test parental ?                   

Moralité :

      Vous pouvez toujours leur élaguer les ailes, cela fera certainement allonger votre moustache, et accessoirement vous perdre de la qualité vie vu que celle qui est votre moitié ne sera plus que le dixième d’elle-même, mais le pire c’est que cela ne vous immunisera absolument pas contre le risque d’un « écart de conduite » éventuel.  

 

Elucubration pour élucubration, tant qu’on y est, creusons encore …

       Cette « fabuleuse » fable (oui on sait faire de l’auto-promotion nous, hein !) pose en filigrane une autre problématique qui touche les gens indépendamment des spécificités culturelles propres : il s’agit de la dualité pour tout un chacun entre l’épanouissement individuel et la responsabilité sociale.

Si la responsabilité sociale implique essentiellement les exigences de principe vis-à-vis de son entourage familial (en particulier vis-à-vis des enfants), l’épanouissement individuel, lui, touche un nombre important d’aspects allant de la carrière professionnelle à l’épanouissement physique et sexuel, en passant par l’évolution de l’intellect.

Dans des sociétés de plus en plus individualistes, l’épanouissement personnel, assimilé parfois à une forme d’égoïsme, devient non seulement une demande mais une exigence très difficile à conjuguer avec la responsabilité sociale.

De tout temps, face à leurs responsabilités sociales les gens sacrifient une bonne partie de leur propre vie, ce qui est moralement valorisant mais qui engendre pas mal de frustrations et de privations. Doit-on jeter l’opprobre sur toute personne qui le refuse ? Pas sur, par contre ce qui est peut être certain c’est qu’on ne doit pas juger l’autre sur des bases qui ne sont pas les siennes.

En pratique tout est question de dose, et la question fondamentale à laquelle tout un chacun devrait répondre : jusqu’où  peut-on aller dans l’épanouissement personnel sans faire éclater sa responsabilité sociale et inversement, jusqu’à quelle limite devrait-on se sacrifier pour autrui sans que cela ne constitue un handicap pour soi ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a autant de réponses différentes que de cas. Vouloir légiférer une infinité de cas particuliers, c’est l’utopie que vendent la plus part des moralisateurs depuis la nuit des temps.

Je remercie vivement ma consoeur Mouna pour sa relecture minutieuse et pertinente de ce texte.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 13:57

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

RELATION ENTRE PRISE DE PARACETAMOL DANS LA PETITE ENFANCE & LE DEVELOPPEMENT D’ALLERGIES

  PARACETAMOL-PHARAMSTER-2.jpg

Source :

- Référence : Wickens K et coll. «  The effects of early and late paracetamol exposure on asthma and atopy: a birth cohort». Clin Exp Allergy 2011; 41: 399–406

- Lien Internet : Les effets de l'exposition précoce et tardive au paracétamol sur la survenue d’asthme et d’atopie: une cohorte de naissance.

Définitions à toute fin utile : 

- Une cohorte : Ensemble d'individus suivis chronologiquement, à partir d'un temps initial donné, dans le cadre d'une étude épidémiologique.

- Une étude cohorte : Étude qui consiste à observer dans le temps 2 groupes de personnes,  l’un exposé à un facteur de risque et l’autre non,  mais tous deux indemnes d’une certaine maladie et de comparer la survenue de cette maladie dans chacun des groupes

       La relation entre la prise de paracétamol dans la petite enfance et la survenue d’asthme a été rapportée dans plusieurs études, cependant la causalité n’a pas été clairement déterminée. L’objectif de ce travail néo-zélandais, publier dans l’excellente revue Clinical & Experimental Allergy de ce mois de mars 2011, est d’étudier justement cette relation à travers le suivit d’une cohorte de naissance.

Méthode :

- Les auteurs ont recueillit, en Nouvelle-Zélande, les données sur l’exposition au paracétamol :

              - à 15 mois, pour 505 enfants          

              - entre 5 et 6 ans, pour 914 enfants

- L’existence d’un asthme, de sifflements et d’une atopie (mise en évidence par des prick-tests cutanés) a été recherchée à l’âge de 6 ans chez tous les enfants.
- Le nombre d’infections respiratoires et l’utilisation d’antibiotiques ont été considérés comme facteurs confondants potentiels.

Résultats :

- L’exposition au paracétamol avant l’âge de 15 mois a été associée à la présence d’une atopie à l’âge de 6 ans avec un risque relatif (odds ratio ajusté) de 3,61  sur la base d’un intervalle de confiance 95 %.
- L’association entre l’utilisation de paracétamol de 5 à 6 ans et l’existence de sifflements et d’asthme était dose-dépendante. Aucune association avec l’atopie n’a été mise en évidence à cet âge.

En effet, par rapport aux enfants exposés au paracétamol entre 0 et 2 reprises :

Le risque relatif pour la survenue de sifflements était de

          - de 1,83  pour une utilisation de 3 à 4 fois  et

          - de 2,30  pour une utilisation supérieure à 10 fois.

Pour l’asthme, le risque relatif était

          - de 1,63 pour une utilisation de 3 à 10 fois

          - de 2,16 pour une utilisation supérieure à 10.

Pour l’atopie, le risque relatif était

          - de  0,96 de 3 à 10 fois

          - de 1,05  pour plus de 10 utilisations de paracétamol

Conclusion :

Les auteurs concluent que ces résultats suggèrent que le paracétamol administré en bas âge a un rôle dans le développement de l'atopie, et le maintien des symptômes d'asthme. Cependant, avant de faire des recommandations pour la pratique clinique, des essais contrôlés randomisés sont nécessaires pour déterminer la causalité entre ces événements.

L’avis du pharmacien :

Rappel déontologique en direction des patients : il s’agit ici d’une discussion interprofessionnelle, seul votre médecin traitant est à même de prendre les décisions idoines pour le cas de votre enfant. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences !

1- La première constatation qui saute aux yeux, est que la banalisation de toute molécule médicamenteuse même celles considérées comme anodines est une fausseté dont nos patients  peuvent en payer parfois un lourd tribut. Cette banalisation est la double conséquence de l’aveuglement commercial de certains industriels (la recherche du chiffre par tous les moyens) et l’irrationalité des modes de réflexion en pratique quotidienne d’une bonne partie du corps médical.

A ce propos on reste (à PHARAMSTER) scandaliser par les publicités pour les médicaments qui passent dans télévisions françaises et surtout suisses avec des produits contenant l’ibuprofène ou, pire encore, la pseudo-éphédrine (Actifed pour ne pas le nommer). Cette étude montre qu’en pharmacie il n’y a pas de produits anodins.         

2- Il faut bien noter que les auteurs de cette étude néo-zélandaise précisent dans leur conclusion que pour tirer de ce travail des recommandations pratiques, on a encore besoins d’essais contrôlés randomisés. Malgré la qualité indéniable de cette étude, le raisonnement rationnel des auteurs les obligent à prendre en considération une certaine marge d’incertitude.

C’est un exemple qui montre que, dans les sciences de la vie, parler de certitudes est une absurdité, en médecine et en pharmacie on travail avec des probabilités (les vérités absolues on les laissent pour les imams, les curés et les rabbins) pour une raison toute simple c’est que le nombre de paramètres qu’on ne maîtrise pas reste encore assez important.

3- En prenant compte de ces deux premiers points essentiels, il paraît logique pour le moment de ne pas "bannir" l’usage du paracétamol dans la petite enfance, vu qu’en cas de fièvre la balance bénéfice-risque reste pour le moment favorable à son utilisation. D’autant plus que l’aspirine, qui est l’alternative naturelle au paracétamol, n’est pas non plus dénouée d’effets secondaires (dont le plus problématique est le syndrome de Reye). L’ibuprofène étant d’emblé écarté. 

Dans la pratique quotidienne autant pour le paracétamol  que pour l’aspirine, leur usage doit être raisonné et justifié, toute banalisation ou sur-utilisation est en soi un comportement à risque.

4- Cette étude a tendance à montrer que la réitération des traitements à base de paracétamol est un facteur de risque non négligeable, l’idée est, qu’en cas de nécessité, d’alterner pour le même petit patient des ordonnances au paracétamol avec d’autres à l’aspirine (à discuter ...). L’utilisation concomitante de paracétamol et d’aspirine est une pratique qui nous paraît injustifiée, il en résulte une addition d’effets secondaires sans effets synergiques tangibles.

5- Enfin si les résultats de cette étude se vérifient pas la suite, l’adjonction de paracétamol dans des formulations destinées au nourrisson devrait être bannie puisqu’elles impliquent une surexposition souvent injustifiée et sournoise au paracétamol.                     

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 11:29

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

PARDON, VOUS AVEZ DIT « NATUREL » ?

 

Rappels déontologiques :  L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

 11 03 23 Vous avez dit naturel 2

         Dans un article, de la revue LA RECHERCHE du mois de février 2011, rédigé sous forme de 6 questions consacrées aux cosmétiques, nous avons relevé un paragraphe remarquable par sa pertinence et son esprit rationnel. En effet à la cinquième question les auteurs tentent de répondre à l’interrogation suivante : Les crèmes « bio » ou naturelles ont-elles la même action que les autres ?

Nous vous rapportons ci-après ce paragraphe texto, qu’on discutera par la suite, c’est un régal pour les esprits cartésiens qu’ils soient dans la santé ou dans d’autres secteurs.

 

Les crèmes « bio » ou naturelles ont-elles la même action que les autres ?

- Il faut d'abord savoir ce qui se cache derrière ces appellations. Il n'existe pas de définition précise des produits « naturels » si ce n'est qu'ils ne renferment a priori pas d'ingrédients de synthèse.

- Les formules « bio» sont quant à elles constituées à 95 % au moins d'éléments issus de l'agriculture biologique: Leur principale qualité est d'être dépourvus de pesticides. Mais aucune de ces deux appellations n'est un gage d'efficacité ni même de sécurité.

- Tout ce qui est naturel n'est pas dénué de risques. N'oublions pas que les poisons les plus violents {la ciguë, certains champignons} ou les plus grands allergènes sont d'origine végétale. Les modes d'extraction des principes actifs sont également importants. L’ajout de solvants toxiques peut se révéler désastreux même si la plante de départ est d'excellente qualité.

- Les produits «bio» peuvent aussi poser des problèmes de santé publique en raison des puissants allergènes qu'ils contiennent parfois {protéines de blé, huile d'arachide, extraits de noix et de noisettes, chitosane issu de carapaces de crustacés, etc.}.

Source : F. Lemarchand, E. Perrier. « Les cosmétiques en 6 questions », Rev. La Recherche, n°42 Hors série, pages 82-85, février 2011

 

Discussion :

             Le marché pharmaceutique marocain est jonché de produits étiquetés « naturels » présentés aux médecins comme des médicaments alors qu’ils ne sont au mieux que des compléments alimentaires non remboursés, sur lesquels nos patients payent injustement 20% de TVA, c’est une imposture dont l’Etat est co-bénéficiaire.

L’appellation « naturel » est en soi est une insulte à l’intelligence du corps médical, car elle ne se base sur aucune définition pharmacologique claire, pire encore elle est utilisée pour distiller de deux fausses idées manifestes :

 « Docteur, mais c’est un produit naturel donc pas de problème » :

            FAUX. Tout ce qui est naturel n'est pas dénué de risques, en effet les exemples ne manquent pas le chardon a glue (Atractylis gummifera, en arabe addad), la grande ciguë (Conium maculatum, en arabe chawkarane), la colchique (Colchicum atumnale, en arabe bûchrika) … sont tous des produits naturels qui peuvent donner la mort, rien que cela. L’absinthe (Artemisia absinthium, en arabe chiba) est un produit naturel neurotoxique, et en plus il n’y a pas plus naturel que l’arsenic …

Quant un terme signifie une chose et son contraire, il devient logiquement un argument fallacieux. Lorsque « quelqu’un » présente un produit avec comme argument que c’est un produit naturel, au minimum il est entrain de vous induire en erreur et au pire c’est un charlatan. « Laxatif naturel », « Magnésium naturel », « Fer naturel » ou encore « Anti-stress naturel » ne sont rien que des appellations emphatiques sans aucune base pharmacodynamique rationnelle.

            Oui l’adjectif « naturel » est recevable mais en physiologie pour faire la différenciation entre une molécule qui existe de façon normale dans le corps et une molécule de synthèse : exemple on parle d’une hormone naturelle par opposition à une hormone de synthèse, cela n’augure en rien ni de l’innocuité de l’efficacité de l’une ou de l’autre, c’est un simple état de fait. Un corticoïde naturel, par exemple, est plus difficile à manipuler (addition d’effet mineralocorticoïde et glucorticoïde) qu’un corticoïde de synthèse qui a une action un peu plus ciblée.

L’organisme humain ne reconnaît pas sur le plan pharmacodynamique la spécificité d’un « sel marin » ou d’un « iode marin », c’est absurde. Le patient peut toujours faire la liaison entre ce genre de produits et la mer, le soleil, les vacances … mais cela n’à strictement rien avoir avec la pharmacologie. (Dieu seul sait qu’on aurait bien voulu que cela ne soit pas ainsi, malheureusement pour nous on n’est pas des GO de Club Med mais de simples apothicaires au service de nos patients).         

Seule les études cliniques, sérieuses, méthodologiquement bien menées, sur des séries statistiquement exploitables, sont à même d’apporter les arguments en faveur ou en défaveur de l’utilisation d’une molécule donnée.             

 

« Docteur, c’est un produit utilisé depuis toujours, c’est naturel et efficace je l’ai même testé sur ma mère Ouallah* » : * En arabe « Je le jure »

         ABSURDE. Le terme naturel, malgré sa consonance écolo-compatible, n’est absolument pas un critère d’efficacité. Le fait que vous constatiez que tel produit a une certaine efficacité sur votre sœur, sur votre mère ou même sur vous-même, n’est absolument pas un critère rationnel d’efficacité.

L’efficacité est une donnée statistique, déterminée sur de grandes séries avec des études randomisées, en double aveugle contre placebo.

Les exemples de produits qui sont utilisés depuis l’antiquité et qu’on se rend compte aujourd’hui qu’ils sont potentiellement toxiques grâce aux études récentes ne manquent pas, le dernier en date est l’absinthe reconnue neurotoxique. Mais encore l’opium, le cannabis et les feuilles de coca qui sont aussi utilisés depuis l’antiquité. Au Yémen les feuilles du fameux Khat Catha edulis (cliquer c’est édifiant) sont mâchés rituellement par la population depuis des millénaires alors qu’il ont un effet pharmacologiquement proche des amphétamines !

Par ailleurs rappelons nous que certains produits qui jadis étaient considérés comme des médicaments sont devenus aujourd’hui de simples aliments c’est le cas du chocolat. La vitamine C (l’acide ascorbique) qui au début était un médicament contre le scorbut est utilisé aujourd’hui beaucoup plus comme un banal conservateur dans l’agroalimentaire (un antioxydant, pour que les produits ne noircissent pas, il est noté E300 sur les emballages).

En réalité, le corps humain sur le plan pharmacodynamique ne reconnaît ni l’ancestralité d’utilisation d’un produit ni son côté naturel, seul compte deux points

- L’interaction d’une composition chimique (y compris dans sa structure stéréochimique) avec le corps.                   

 -La réceptivité psychologique d’un traitement c’est-à-dire l’effet placebo et effet nocebo. (Cliquer c’est un article succin et très bien référencé d’un site belge).        

Conclusion :

       L’utilisation abusive du terme « naturel » comme argument de promotion par les fabricants de « remèdes » voire de certains médicaments, et la perception irrationnelle des ces arguments par le corps médical (pharmaciens et médecins) est un exemple édifiant de ce qu’a appelé dans son livre Pr Harouchi, et que nous avons repris à notre façon : l’analphabétisme fonctionnel où notre incapacité, après 7 ans d’études minimum après le bac, à développer un raisonnement rationnel et une pensée critique constructive.

De quoi je me mêle ?

       Au delà de l’aspect purement pharmacologique de l’analphabétisme fonctionnel, il constitue en réalité un handicape dans beaucoup de pays aux USA (avec l’élection de Mr G.W. Bush), en Italie (avec l’élection de Mr Berlusconi), et de plus en plus en France comme dans le reste de l’Europe (avec l’émergence des idées extrémistes aux raccourcis simplistes et nauséabonds).

Chez nous c’est encore plus grave, car si dans les pays développés l’analphabétisme fonctionnel est le lot de l’électorat moyen, au Maroc il touche une grande partie de nos élites (divers cadres supérieurs…) et c’est d’autant plus navrant que ces élites ne sont pas si nombreuses qu’on le croit. La majorité de notre population baigne, en fait, dans l’analphabétisme primaire et le peu d’élite qu’on a n’arrive pas à développer une pensée rationnelle, alors que cette catégorie devrait être le véritable moteur du progrès social.

Si le changement d’une constitution ou d’un premier ministre, aussi amorphe soit-il, pouvait changer les choses ça aurait été facile.

Malheureusement, il faut reconnaître que notre problématique est plus profonde que cela, à ce sujet on ne peut pas ne pas se rappeler la célèbre phrase coranique « Dieu ne changera ce qu’il y a dans une population, que lorsque cette dernière change ce qu’elle a en elle » c’est paradoxalement (...) édifiant de rationalité et de bon sens. Si progrès il y a, il ne peut s’opérer qu’à travers la prise de conscience de nos élites de la nécessité d’une remise en question de nos modes de pensée. Une remise en question qui devrait aboutir à un changement de comportement individuel et collectifs (honnêteté intellectuelle, civisme, citoyenneté …) permettant d’accompagner les évolutions futurs dans notre pays et d’en pérenniser les acquis escomptés, sans cela il y a de forte chance que ces évolutions ça ne soient qu’un simple intermède entre une gabegie et une autre, avec une redistribution de cartes entre anciens et nouveaux opportunistes aux « CV » encore vierges.                                           

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 06:55

CHIFFRES & REPERES

LA TRANSITION DEMOGRAPHIQUE EN 2010 AU MAROC

Taux de fécondité, Taux de mortalité, Espérance de vie & Âge de mariage

 

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Sources : Haut commissaire au plan «  Enquête nationale démographique à passages répétés » in

1- « Pourquoi le Maroc vieillit » L’économiste, n°3486, pages 1-3, du 15/03/2011

2- « Les marocains ont changé de vie ! » Le Soir Echo, n°782, page 8, du 15/03/2011

 

Méthodologie : Une enquête à trois passages
L’enquête de 2010 a été réalisée auprès d’un échantillon de 105.000 ménages représentatifs de l’ensemble de la population marocaine, lesquels ont été interviewés au cours de trois passages d’enquêteurs, espacés de six mois entre mai 2009 et août 2010. Le premier passage a servi à dresser l’état de la population, de ses caractéristiques démographiques et socioéconomiques et de ses conditions d’habitat. Les deux autres passages ont permis d’enregistrer et de suivre les événements démographiques de ces ménages: nuptialité, natalité, mortalité, grossesses, avortements ainsi que des mouvements migratoires à l’intérieur et hors du pays.

 

TAUX DE FECONDITE AU MAROC EN 2010 : 2,19 enfants

      - Contre 7,2 au début des années 1960, soit 5 enfants de moins. Un chiffre, qui descend en dessous du seuil de remplacement des générations dans le milieu urbain à 1,84. «C’est donc un tournant sans précédent», relève l’enquête

      - Bien que le taux de fécondité rurale (2,70) n’ait pas encore atteint le seuil de remplacement, le rythme de sa baisse au fil des années, laisse entrevoir une tendance similaire à celle des villes. En effet, l’écart de fécondité entre le rural et l’urbain est passé de 3,2 enfants en 1986 à 0,9 enfant en 2009

      - « Cette évolution est un phénomène qui va bien au-delà du contrôle des naissances. Il s’agit d’une transformation structurelle. Elle traduit l’émergence de l’individualisme avec ses implications socio-économiques, voire politiques ? » [1]

      - Par rapport aux autres pays : Certes le Maroc est entré plus tard dans la transition démographique, mais il connaît une accélération de cette transition qui lui permet de rattraper les pays qui l’ont devancé comme la Tunisie (2,05) et le Liban (1,69). «Même par rapport à l’Europe, il n’est plus qu’à quelques décimales de la France 2,02», indique l’enquête.
A noter aussi que les dernières années furent décisives dans la forte diminution de la fécondité vers le seuil de renouvellement des générations.

En effet en 2004, l’indice de fécondité s’établissait à 2,46 enfants. Mais en 6 ans, il a quand même diminué à un rythme soutenu d’environ moins 2% par an, phénomène assez remarquable quand la fécondité est déjà basse. [1]

Par régions, la fécondité est peu hétérogène. D’une région à une autre, le différentiel de fécondité ne dépasse guère un enfant. La région la plus féconde est Marrakech-Tensift-Al-Haouz avec 2,6 alors qu’au bas de l’échelle se trouve l’Oriental (1,6).

Mis à part ce fait, la transition entre 2004 et 2009 se poursuit à des rythmes différents selon les régions. 

- Les plus fécondes, affichant un niveau de natalité supérieure à la moyenne nationale (2,2 enfants par femme) sont Marrakech-Tensift-Al-Haouz (2,6), Chaouia-Ouardigha (2,5), Souss-Massa-Draâ (2,4), Gharb-Chrarda-Beni Hssen (2,4).

- Le deuxième groupe, se distingue par un niveau de fécondité proche du seuil de renouvellement de la population, inclut les régions sahariennes (2,0), Meknès Tafilalet (2,1), Fès Boulemane (2,1), Taza Al Hoceima Taounate (2,1) et Tanger Tétouan (2,3).

- Seules trois régions affichent un taux de fécondité compris entre 1,6 et 1,9.

L’ESPERANCE DE VIE EN AU MAROC EN 2010 : 74,8 ans

En 1962 elle était de 47 ans (57 en milieu urbain et 43 en milieu rural). En 2009 Un demi-siècle 74,8 ans (77,3 en milieu urbain et 71,7 en milieu rural). Soit un gain de 28 ans a été réalisé depuis les années 1960.

11-03-18-Esperance-de-vie.JPG

TAUX DE MORTALITE INFANTILE AU MAROC EN 2010 : 30 pour 1000

- Il était 149 pour mille en 1962 puis 75,7  

- Le taux mortalité infanto-juvénile (0 à 5 ans) qui était de 213 pour mille en 1962 est passé à 104 en 1987 et à 36 pour mille en 2010.

« C’est dire qu’au début des années 1960, près d’un enfant sur 7 mourait avant d’atteindre un an contre un sur 33 aujourd’hui. »[1]

- 80% des femmes ont reçu au moins une consultation prénatale en 2010 (contre 68% au cours de la période 1999-2003) et 74% ont été assistées par un personnel qualifié de la santé lors de l’accouchement contre 63% en 1999-2003.

L’AGE DE MARIAGE AU MAROC : Les femmes 26,6 ans - Les hommes 31,4 ans 

- Par rapport à 1960, les femmes se sont mariées 9,3 ans et les hommes 7,5 ans plus tard. L’écart d’âge au mariage entre les deux sexes s’est ainsi rétréci passant de 6,6 à 4,8 ans.
- L’âge moyen au 1er mariage est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural quel que soit le sexe. Les hommes ruraux se marient en moyenne 2,5 ans plus tôt que les citadins et les femmes rurales 1,8 ans plus tôt que les citadines.
- Les femmes restent célibataires plus longtemps que par le passé. 9 femmes sur 10 âgées entre 15 et 19 ans étaient célibataires en 2010. C’est dire que l’année passée, 150.000 femmes sont dans ce cas. Parmi celles-ci, 120.000 sont âgées entre 18 et 19 ans. Autrement dit, au moins 30.000 mariages ont eu lieu avant l’âge légal.[1]
- Parmi les femmes âgées de 20 à 24 ans, 61,4% sont célibataires. C’est le cas également de 28,9% des femmes âgées de 30 à 34 ans. Ces proportions sont encore plus élevées pour les hommes (99,6% parmi ceux âgés de 15 à 19 ans et 93,3% parmi les 20-24 ans et 42% parmi les 30-34 ans).

L’avis du pharmacien :

         En ce qui concerne la baisse de la natalité au Maroc, on oubli souvent le rôle joué par les pharmaciens qu’ils soient industriels ou officinaux dans la disponibilité et la diffusion des moyens de contraception dans les contrées les plus reculées et à des prix défiant toute concurrence (8,80 DH pour la célèbre Kinat Al Hilal aléas Microgynon) et dans des endroits ou des quartiers où ni médecin ni même forces de l’ordre n’osent se hasarder, c’est juste pour saluer ici ces officinaux qui travaillent dans ces quartiers dits difficiles mettant en danger jusqu’à leurs vies et celles de leurs collaborateurs dans l’indifférence totale du reste de notre société ! 

        Autres remarques, le Maroc est parmi les rares pays au Monde à autoriser officiellement les pharmaciens d’officine à délivrer les pilules contraceptives et, sauf erreur de notre part, il n’y a pas eu mort d’Homme. Quand il faut critiquer la passivité intellectuelle des officinaux on est les premiers à le faire, mais de grâce, au minimum rendons leurs hommage quand ils participent au progrès de notre société.            

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 16:00

Escapade avec des infirmières !

 

       Le titre de cette escapade ressemble à s’y méprendre au titre d’un film de série B, à ce sujet on ne pouvait pas ne pas vous conter l’histoire de cette clinique privée qui à son ouverture avait mis un point d’honneur à n’engager que des infirmières « bien présentables ». Mal lui en pris, en effet, quelques mois après, le DRH de la dite clinique a eu quelques soucis de « gestion », sans aller jusqu’à la "fumeuse" promotion canapé il y a eu quand même quelques « écarts » … en fin de conduite bien sur.

Moralité de l’apothicaire du coin :

Chers compatriotes, quoi qu’il advient, ne jamais mélanger dans la même assiette le chou et la saucisse, ça se termine toujours en salade ! Et si par mégarde cela devait arriver car l’Homme est faible face à son créateur, advint que pourra et que Dieu nous ... enfin vous garde. Aaaamen  

Loin des ces considérations grivoiso-gastronomiques, qui en réalité restes marginales, le dessin de AASSID met le doigt sur un métier capital pour la bonne marche de nos hôpitaux qui reste peu valoriser tant sur le plan matériel que sur le plan moral.                  

 Bonne fin de semaine.  

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 12:33

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

Accointances journalistiques peu recommandables en France

&

Fébrilité décisionnelle au Maroc

 

     A titre de repères nous vous proposons deux billets remarquables illustrant la difficulté de la période actuelle avec ses contradictions et ses incertitudes.

   

     Le premier est une démonstration d’un exemple d’accointance entre un support médiatique et un régime despotique rétrograde, certes ce n’est pas la règle générale néanmoins cette affaire illustre la facilité avec laquelle on manipule l’information pour des raisons strictement pécuniaires. Cette manipulation complique lourdement l’appréciation des faits par le citoyen de base accentuant par là son analphabétisme fonctionnel. Une situation qui dans le cas du Maroc devient catastrophique, car à l’analphabétisme fonctionnel des élites se greffe l’analphabétisme de niveau 1 des plus démunis qui forment une grande partie de notre population. Les médias qui au lieu d’êtres des supports pour la diffusion des analyses rationnelles deviennent parfois un facteur aggravant l’analphabétisme fonctionnel de la population. Sans parler ici de morale, car autant en politique que dans les médias la morale n’est qu’un cheval de Troie utilisé par tout un chacun, l’important pour les citoyens de base que nous sommes reste de démêler dans le capharnaüm des informations quotidiennes les intérêts et objectifs des uns et des autres afin d’accéder à un semblant d’objectivité dans nos opinions, Dieu seul sait si c’est compliqué au vu des réseaux et des accointances abracadabrantes dans lesquelles on évolue.                        

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Un journalisme très à tyran

Source : Journal français « Le Canard Enchaîné », n°4715, du 09/03/2011, page 01

        Pour lancer sa nouvelle formule, « Le Journal du dimanche » a frappé fort : une longue interview du colonel Kadhafi avec gros titres et photo en une. La petite histoire de « cette exclusivité » aurait dû rester secrète sans le zèle des douaniers français.

Samedi 5 mars, les gabelous de l'aéroport du Bourget s'intéressent à un avion privé qui vient d'effectuer un aller-retour Paris-Tripoli. A son bord, Laurent Valdiguié, un journaliste du « JDD », accompagné par un photographe et l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine. Un intermédiaire qui s'est illustré dans l'affaite dite de Karachi et qui est un des affidés du régime de Tripoli.

Première surprise des douaniers : l'avion a bel et bien été affrété par les autorités libyennes.
Deuxième surprise : Ziad Takieddine est porteur de 1,5 million d'euros en liquide et a oublié, comme le prévoit la législation, de déclarer ces liasses de biffetons à la douane. Pendant que Valdiguié va rédiger son interview du colonel Kadhafi, Ziad Takieddine passe vingt-quatre heures en garde à vue avant d'être remis en liberté. Une enquête préliminaire est alors ouverte par le parquet de Paris pour soupçon de blanchiment, et son interpellation rendue publique par les sites Internet du « Nouvel Observateur» et de« L'Express ».

Interrogé, le lundi 7 mars sur Europe 1 (propriété, comme le «JDD », du groupe Lagardère ... ), Laurent Valdiguié assure qu'il a appris seulement la veille que « l'autre passager de l'avion avait été inquiété par la police », mais il se garde de citer son nom.

Comme s'il était honteux pour un journaliste de voyager en jet privé, aux frais d'un régime dictatorial, en compagnie d'un intermédiaire en vente d'armes. C'est même le meilleur moyen pour obtenir les confidences exclusives d'un tyran sanguinaire.

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         Le deuxième billet est tiré du journal marocain « Le Canard Libéré », remarquable par sa pertinence et son côté rationnel et qui montre la fébrilité actuelle des décisions du gouvernement marocain, ce manque de sérénité risquant de coûter très cher au contribuable final, est lui-même anxiogène vis-à-vis du futur du pays.

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Gabegie, mode d'emploi

Source : Journal marocain « Le Canard Libéré », n°194, du 11/03/2011, page 2

        La décision du gouvernement d'intégrer les diplômés-chômeurs sans concours dans la fonction publique a créé un .gigantesque appel d'air chez ces derniers qui ont pris d'assaut les préfectures et wilayas aux quatre coins du pays. Pour freiner ces flux impétueux dont personne ne tient le décompte exact, le cabinet Abbas, tout à sa clairvoyance habituelle, s'est empressé de rendre public un communiqué limitant l'accès à l'emploi aux seuls titulaires d'un doctorat et d'un master. Exit les autres, les licenciés et autres bac et bac+Z qui, eux, doivent passer par le filtre du concours. Sous la pression, le gouvernement a ouvert la boîte de Pandore en se résignant à ouvrir les vannes d'une administration déjà pléthorique et peu efficace aux diplômés-chômeurs dont il a toujours rejeté la revendication au nom de la nécessaire maîtrise de la masse salariale. Or, celle-ci risque désormais de battre tous les records par rapport au PIB, ce qui ne peut que compromettre sérieusement les chances d'une réforme pourtant urgente et compliquer la tâche du prochain exécutif. Celui-ci aura en effet à gérer l'ingérable, le droit de milliers nouveaux diplômés chômeurs qui arriveront entre-temps sur le marché du travail à intégrer l'administration. À ce rythme, il serait urgent de voter une loi autorisant les emplois fictifs ...

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 13:08

LE CANNABIS EN QUESTION III

R E F L E X I O N

La réglementation du cannabis

Entre aspiration à la liberté individuelle et les contraintes liées au développement humain

 

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        C’est le 3ème volet de cette petite série d’articles au sujet du cannabis, après  « La production de cannabis au Maroc » et « La relation entre cannabis et psychose », consacré à une réflexion libre au sujet de la réglementation du cannabis comme exemple de produit toxique dont l’usage est largement diffusé voire admis.             

        La réglementation du cannabis, comme par ailleurs d’autres substances toxiques comme le tabac ou l’éthanol (appelé communément alcool), est sujette souvent à des discussions passionnelles amalgamant allégrement considérations scientifiques, convictions culturelles et orientations politiques (les partis écologiques par exemple). Comme toute réglementation elle touche d’une manière ou d’une autre à la restriction de la liberté individuelle.

Question : dans quelle mesure on peut libéraliser la commercialisation d’un produit reconnu toxique ?

        La déréglementation, plus ou moins partielle, de la commercialisation d’un produit toxique devrait être indexée, sauf erreur de notre part, au niveau de développement humain dont deux éléments nous intéressent particulièrement :

 - Le niveau de civisme des citoyens : cela implique de la part de tout un chacun le respect de la vie, autant la sienne que celle des autres. Exemples : tabagisme passif, alcool au volant, respect des règles de sécurité de base …

- Le niveau d’analphabétisme fonctionnel : c’est une donnée capitale, car il ne suffit pas uniquement d’être outiller pour accéder à l’information, il faut en plus savoir l’analyser correctement pour pouvoir l’utiliser de manière rationnelle.

Moyennant un niveau de civisme élevé et un taux d’analphabétisme fonctionnel très bas, ont peut parfaitement imaginer que la phrase mythique des mouvements contestataires de 1968 en France « Il est interdit d’interdire » ne soit pas totalement dénouée de sens.

Autrement dit, plus une société a un niveau de développement humain élevé, plus les restrictions des libertés individuelles peuvent sauter, sans pour autant créer de tensions sociales ou faire prendre des risques non maîtrisés à l’ensemble de la société.

Ainsi des sociétés qui peuvent paraître, de ce côté-ci de la méditerranée, comme « permissives » voire « dissolues », sont en réalité plus ou moins en phase avec leur niveau de développement humain.         

Autres remarques : Mettre un policier dans chaque carrefour (et même, mettre un policier derrière chaque policier), est un signe de régression de la société humaine. C'est un signe de sous-développement du facteur humain.

Les débats actuels dans leurs ensemble, 

               - soient ils mettent en avant l’universalité à outrance de la liberté l’individuelle, ce qui est en soi est une utopie qui peut coûter très chère aux sociétés,

               - soient ils mettent en avant les impératifs liés à la gestion de la chose publique, ce sont là des impératifs  essentiellement d’ordre sécuritaires, impliquant une inflation  vertigineuse des réglementations, une complexification des règles, un appareillage répressif onéreux et au final une inefficience des appareils de l’Etat doublée d’une frustration de l’individu.

         L’idée c’est d’indexer clairement et sans aucune stigmatisation l’expansion inexorable du champ des libertés individuelles sur le niveau de développement humain. Cela créera de facto un changement de repère où le véritable moteur du progrès social ne sera pas forcément la liberté individuelle ou collective mais le facteur humain lui-même.

Le cas de la révolution tunisienne est un exemple parfait de discordance entre un niveau de développement humain relativement élevé et un champ des libertés réduit. Sachant que l’inverse existe aussi c’est-à-dire un niveau développement humain relativement bas avec un champ des libertés, par moments, large : c’est le cas entre autre du Maroc.

Une extension fulgurante des champs des libertés dans une société avec un niveau de développement humain bas n'a pour conséquence que le passage d’un despotisme à un autre, réalisant ainsi une simple reconfiguration des élites dirigeantes avec des résultats mitigés et un coût humain exorbitant. C’est le cas typique de la révolution de 1917, en effet près d’un siècle après et malgré touts les bouleversements, ceux qui se sont sacrifiés pour la révolution bolchevique et jusqu’à leurs arrières petits-fils d’aujourd’hui n’ont vu  de la liberté que le mirage.                          

           En clair indépendamment des convictions religieuses, politiques ou autre, on peut toujours imaginer une libéralisation totale de la commercialisation et de la consommation des substances toxiques, à condition (!!!) d’avoir un niveau développement humain tel qu’il permet à chaque citoyen d’accéder à une capacité de discernement et d’analyse à même de lui permettre d’apprécier à leur juste valeur les risques de chaque substance, ou chaque comportement, pour lui-même et pour les autres.     

En attendant, il paraît judicieux de mettre le développement du facteur humain au centre nos préoccupations avec des politiques courageuses et imaginatives et d’indexer l’extension du champ des libertés sur les résultats acquis dans le domaine humain afin d’éviter que la liberté ne soit qu’un simple intermède entre deux despotismes. Sur le plan pratique l’idée serait d’avoir une seule législation pour touts les produits reconnus comme toxiques indépendamment des fameuses spécificités culturelles (cas du cannabis), religieuses (cas de l’éthanol, en France ça serait une spécificités culturelle) ou financières (cas du tabac), car au final les exigences sanitaires qui sont d’ordre physiologiques ne reconnaissent aucune de ces spécificités. Seul comptent la toxicité intrisèque des produits et le niveau de développement du facteur humain pour déterminer l’espace adéquat à laisser pour la liberté individuelle.       

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:16

LE CANNABIS EN QUESTION II

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

RELATION ENTRE CANNABIS & PSYCHOSE

 Cannabis & Psychose

      Nous avons réellement l’honneur de vous présenter cette étude néerlandaise – allemande, dirigée par Rebecca Kuepper (Department of Psychiatry and Neuropsychology, South Limburg Mental Health Research and Teaching Network, Maastricht University Medical Center ) publiée dans le BMJ du mois de Mars 2011 (c’est tout frais).

- Un lien : n’hésitez pas à cliquer, c’est remarquable autant sur la forme que sur le fond, d’autant plus que c’est libre d’accès : Continued cannabis use and risk of incidence and persistence of psychotic symptoms 

- La référence : Kuepper R et coll.: Continued cannabis use and risk of incidence and persistence of psychotic symptoms: 10 year follow-up cohort study. BMJ 2011; 342:d738

Quelques définitions à toute fin utile : 

Une cohorte : Ensemble d'individus suivis chronologiquement, à partir d'un temps initial donné, dans le cadre d'une étude épidémiologique.

Une étude cohorte :  Étude qui consiste à observer dans le temps 2 groupes de personnes :  l’un exposé à un facteur de risque et l’autre non,  mais tous deux indemnes d’une certaine maladie et de comparer la survenue de cette maladie dans chacun des groupes

Incidence : Nombre de nouveaux cas d'une maladie constatés pendant une période déterminée et dans une population donnée (OMS).

Prévalence : Nombre de cas de maladie ou de malades, ou de tout autre événement, dans une population déterminée, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens (O.M.S).

OBJECTIFS :

     Le lien entre la consommation de cannabis et les troubles psychotiques a été plusieurs fois démontré, sans qu’on parvienne à préciser si c’est le cannabis qui est responsable des troubles constatés ou si ceux-ci préexistaient à l’utilisation du cannabis.

METHODE :

- Cette étude, étalée sur 10 ans, a été réalisée sur une cohorte de 1923 personnes, âgées de 14 à 24 ans au début de l’étude,

- Elle est basée sur la déclaration par les patients de leur consommation de cannabis et leur description d’expériences psychotiques, révélant, ce que les auteurs appellent, une psychose infraclinique, c’est-à-dire en deçà des critères de trouble psychotique constitué.

- L’étude s’étale donc sur une durée de 10 ans avec des « états des lieux » périodiques :  

- Etat des lieux à T1 : démarrage de l’étude,

- Etat des lieux à T2 : en moyenne 3,5 ans après le début et

- Etat des lieux à T3 : en moyenne 8,4 ans après le début.

RESULTATS :

       - Pour les sujets qui au démarrage de l’étude ne signalent aucun usage de cannabis et ne décrivant aucune expérience psychotique : la consommation de cannabis entre le début de l’étude (T1) et 3,5 ans après (T2) augmente significativement le risque d’expérience psychotique survenue 4 ans après c’est-à-dire entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans) de l’ordre 1,1 à 3,1 avec un intervalle de confiance à 95 %.

       - La poursuite de la consommation de cannabis semble avoir aussi un impact sur le risque de répétition et de persistance des symptômes psychotiques entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans) de l’ordre de 1,2 à 4,2 avec un intervalle de confiance à 95 %. 

       - L’incidence des expériences psychotiques de T1 (début) à T2 (3,5 ans) est de 31 % parmi les consommateurs de cannabis, contre 20 % chez les patients non-consommateurs.

       - Entre T2 (3,5 ans) et T3 (8,4 ans), cette incidence est de 14 % parmi les consommateurs de cannabis et 8 % chez les patients non-consommateurs. Cette association est indépendante de l’âge, du sexe, des conditions socio-économiques, de l’utilisation d’autres drogues, de l’environnement rural ou urbain, et de traumatismes de l’enfance. L’ajustement pour d’autres désordres psychiatriques ne change pas non plus les données.

CONCLUSIONS :

      - Les auteurs estiment que cette étude plaide contre la théorie de l’utilisation à des fins médicales du cannabis, puisqu’ils constatent que les expériences psychotiques survenant au cours de l’étude chez les non consommateurs ne sont pas un facteur prédictif de l’utilisation de cannabis par la suite.

      - Ils insistent par contre sur le fait que les expériences psychotiques, relativement fréquentes dans la population générale et la plupart du temps transitoires, peuvent persister anormalement, voire s’aggraver et conduire au stade de la psychose constituée, si elles sont combinées à une consommation persistante de cannabis. Ce dernier venant alors se joindre aux autres facteurs de risque environnementaux reconnus de maladie psychotique.

L’AVIS DU PHARMACIEN :

      - Cette étude remarquable vient confirmer le lien entre l’utilisation du cannabis et la survenue d’épisodes psychotiques.

      - Dans notre pratique quotidienne, le passage de l’utilisation du cannabis notamment chez les jeunes vers des consultations psychiatriques avec des ordonnances type [Haldol, Artane et Largactil] est bien établi. Cette étude c’est du pain béni pour l’officinal puisqu’elle nous donne un argument solide et rationnel contre l’usage du cannabis, qui jadis était considéré, à tort ou à raison, comme la porte d’entrée vers les drogues plus dures et qui aujourd’hui doit être considéré comme une porte d’entrée vers les psychoses avec ce que cela engendre comme déchéance pour l’usager et comme drame pour son entourage.

L’officinal n’a pas à faire de morale, ni à porter un jugement de valeur sur le comportement des gens, par contre il est de son devoir de présenter des arguments solides et rationnels.                   

      - Cette étude met clairement en doute les arguments pour la légalisation du cannabis. Que cette légalisation se fasse de manière directe ou sous forme d’une « automédication » contrôlée, en principe à usage thérapeutique.    

Cette question de la légalisation d’un produit reconnu toxique nous mènera au troisième volet de cette mini série d’articles sur le cannabis où on évoquera la célèbre phrase en 1968 de  Jean Yanne « il est interdit d’interdire » et on verra que paradoxalement, alors qu’on est loin d’être des anarchistes, que cela n’est pas totalement dénoué de bon sens (tout un programme).   

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 14:13

LE CANNABIS EN QUESTION I

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LA PRODUCTION DE CANNABIS AU MAROC

 11 03 08 Cannabis en chiffres

Le trafic des stupéfiants à l’échelle mondiale génère un chiffre d’affaire de :

8,5 Milliards de dollars

Le Maroc arrive en tête des pays producteurs de cannabis, cependant :    

- La culture illicite de cette drogue a enregistrée un net recul entre 2003 et 2005 et la tendance s’est poursuivie les années suivantes.

- La superficie consacrée à la culture de cannabis aurait diminué de 134 000 hectares en 2003, à 56 000 hectares en 2009, (78000 h en moins soit 58% de la surface initiale) tandis que la production de résine de cannabis, elle, a baissé de 3 070 à 820 tonnes au cours de la même période (2250 t en moins soit 73% de la production de 2003), précise l’OICS dans son rapport.

 

Source : Le Rapport Annuel de l’Organe international de contrôle des stupéfiants publié le 02/03/2011. In M. El Figuigui « La cartrographie des drogues reste inchangée », n°775 du journal Le Soir Echos du 4/03/11, page 9.  

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