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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 18:28

 CHIFFRES & REPERES

Le Maroc s’apprête à autoriser les paquets de 10 cigarettes

La lutte contre le cancer, une hypocrisie marocaine ?     

 11-03-09-tabac-et-cancer-copie.jpg

 

Source principale : M. Ben Hayoun « Les paquets de 10 cigarettes, nerf de la guerre du marché du tabac », ECOPLUS, n°63, page 9, du 25/02/2011 au 03/03/2011

Lire auparavant sur ce même blog :

- Au 31/01/2009 : La cigarette une pharmacologie de la mort

- Au 12/05/2009 : La campagne nationale anti-tabac

- Au 09/04/2010 : Les statistiques du cancer au Maroc

- Au 05/06/2010 : Les chiffres catastrophiques du tabagisme au Maroc

- Au 09/01/2011 : Tabac, la distribution libéralisée depuis le 1er janvier 2011  

      Comme annoncé dans notre dernier article en date, la guerre entre les entreprises du tabac va faire rage avec comme objectif favorisé la consommation du tabac et son corollaire de « dégâts collatéraux » en terme de cancer.

En effet, selon la publication ECOPLUS, le Maroc s’apprête à autoriser la commercialisation des paquets de 10 cigarettes. Rien de grave sauf que cette pratique est considérée comme illégale dans les 70 pays qui ont signé et ratifié la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. L’argument est que les paquets petits models de cigarettes, constituent une offre attractives pour les petites bourses, à savoir essentiellement les jeunes. 

Le Maroc a en effet signé cette convention le 16 avril 2004 mais, spécificité schizophrénique marocaine oblige, il ne l’a pas ratifiée, no comment. Autre information rapportée par la publication :

66% du prix de vente de la cigarette va au fisc

 

L’avis du petit apothicaire du coin :

RAPPEL : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PHARAMSTER  

      Pour être honnête, et à la décharge de l’Etat marocain, il faut rappeler qu’au Maroc les cigarettes vendues à l’unité (par cigarette, pour que nos lecteurs non résidents au Maroc puissent comprendre) sont disponibles de façon informelle par tout (devant les écoles, les lycées, les cafés …), et le fait de mettre sur le marché des paquets de 10 permettra de transférer une partie de ce commerce vers les structures déclarées et donc plus de recettes fiscales (en principe).

Ceci étant dit, et comme on l’a déjà écrit, ces dispositions dans leurs ensembles augurent d’une agressivité commerciale accrue dont l’objectif est de booster les ventes. Le hic comme on l’a déjà écrit c’est qu’il ne s’agit pas là de vendre des téléphones ou des voyages low cost, mais de vendre un produit reconnu universellement comme cancérigène : le tabac !   

Cela confirme  malheureusement notre analyse du 09/01/11. Dés lors on est obligé de reposer la question :

La lutte contre le cancer est-elle une scandaleuse hypocrisie macabre de nos responsables ou le symptôme d’une schizophrénie avérée de nos structures étatiques ?            

La question peut choquer peut être. Toutefois on ose espérer, dans l’intérêt de nos patients et par égard à la souffrance des centaines de milliers de futurs cancéreux et de leurs familles, on ose espérer sincèrement qu’on s’est trompé totalement de question.

  De quoi je me mêle ?

Vends tes boites et casse-toi pauvre « pharmacien », aurait pu dire N. Sarkozy   

       En fait, on espère sérieusement se tromper de question car, après tout l'erreur est fort possible, vu que personne ne pose cette question. On se contente de placarder des affiches avec un « tous contre le cancer ». Oh que c’est gentil, sympa, humaniste, bon pour les consciences en mal d’empathie, moralement convenable, politiquement correcte et finalement d’une inutilité affligeante.

Cela n’enlève en rien au mérite de la société civile et à l’honnêteté des ONG qui luttent sur le terrain, mais force est de constater que l’Etat ne s’engage pas sérieusement sur ce terrain.

       Encore une fois de quoi je mêle ? C’est juste que, pour nous en tant que simple profession libérale, le patient reste la source de notre pain quotidien, notre véritable patron et il a le droit d’être au cœur de notre métier : le mépriser, c’est se mépriser soi-même, ignorer ses doléances, c’est ignorer notre raison d’être. Qui mieux que l’officinal est à même d’expliquer au plus grand nombre la pharmacologie de la mort qui est à la base du tabac ? Qui au quotidien est à même de réagir aux souffrances des patients en relation avec les effets néfastes du tabagisme actif et passif au niveau cardiovasculaire (HTA) et respiratoire (toux) ? 

L’officinal, a travers ses instances représentatives, devrait (il est fort possible qu’on se trompe là aussi) avoir le courage intellectuel de prendre position en faveur du patient. Car ce n’est ni l’Etat ni les laboratoires ni les grossistes qui nous versent notre salaire, c’est bien ces petites gens ("Lkhouroto"* pour les inconditionnels des petits fours et des « formations continues » dans les hôtels 5 étoiles) avec leurs billets qui sentent la sueur et le poisson dont l’odeur n’arrive jamais à nos élites. Ces eux notre raison d’être et ces pour eux, qu’au minimum, on est en droit de se poser des questions sur la politique de santé dans notre pays.

Nos miséreux ne nous demandent pas de réciter le VIDAL (pardon, mais c’est ridicule !), en se dirigeant vers une pharmacie ils demandent d’abord et avant tout un avis. Oui le fameux « Avis du pharmacien » courageux, intègre et rigoureusement argumenté, sans insulte ni diffamation, touchant à tous les aspects de la santé du citoyen, sans cela nos médicaments ne sont réellement bons que pour les rayons de superettes.

* Nom péjoratif du dialecte marocain qualifiant une population pauvre et peu éduquée, on dit aussi "khouchpich" ... 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 17:12

11-03-02-Berlusconi-et-la-bombe.jpg

         Ce dessin de AASSID nous fait rappeler exactement une scène, qui reproduit la même thématique, du célèbre film hilarant de Mel Brooks   Le Shérif est en prison.

C’est la scène où le procureur d'état de la ville de Rock Ridge, l’intriguant Hedley Lamarr (incarné par Mel Brooks lui même), était entrain de tripoter une jolie demoiselle dans son bureau de travail, soudain un de ses subordonnés entra avec une pile de papiers à signer avec la liste des gens qu’on devait pendre. Avec le flegme typique de Mel Brooks, il commença, et sans gêne svp, de suite à signer les papiers en marmonnant : « travail, travail, travail … »

Entre Berlusconi et le personnage de Mel Brooks "Hedley Lamarr", la similitude est frappante sauf que le premier devient écoeurant quant il s’incline devant Kadhafi, allant jusqu’à lui baiser la main.

 

Sur ce bonne fin de semaine             

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Published by Amster - dans ESCAPADE
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 18:56

LECTURE OFFICINALE

Intérêt de la vitamine D dans les hépatopathies chroniques

Filiation pharmacologique et chimique de la vitamine D

 

Source : Rode A et coll. : Oral vitamin D replacement is effective in chronic liver disease. Gastroenterologie Clinique et biologique (clinics and research in hepatology and gastroenterology), 2010 ; 34 : 618-620.  Lien :  Oral vitamins D replacement is effective in chronic liver disease

 

           Une équipe du Royal Melbourne Hospital (Australie) a publié en novembre 2010 un article fort intéressant, intitulé « Fréquence du déficit en vitamine D et effet de la supplémentation orale au cours des maladies chroniques du foie ». Cette publication pourrait avoir un impacte non négligeable, si elle est confirmée, sur la prise en charge des hépatopathies chroniques : hépatites virale, cirrhoses …   

Sachant que la phase terminale des hépatopathies chroniques est associée à un risque élevé de déficit en vitamine D ;  cette étude avait pour objectif de déterminer la prévalence de ce déficit et d'évaluer l’intérêt d’un apport de vitamine D par voie orale.     

 

Méthode :

- Le panel : 158 patients (52% d’hommes et 48% de femmes) tous atteints d’hépatopathies chroniques, dont 41% étaient des cirrhoses.

- La mesure du taux de vitamine D (le 25 hydroxyvitamine D noté 25OH D3) dans ce panel a donné les résultats suivants :

- Taux normal supérieur à 54 nmol/l :    36%    

- Déficit modéré  entre 25 et 54 nmol/l : 49%

- Déficit sévère moins de 25 nmol/l :      15%

Autres données :

- 75% des patients cirrhotiques présentaient un déficit modéré ou sévère en vitamine D. 

- 40% seulement des patients ayant une cholestase présentaient un déficit

- Pour juger de la sévérité de l’hépatopathie : Les auteurs ont utilisé les dosages d’albumine et de bilirubine corrélés au taux de 25 hydroxyvitamine D (25OH D3).

 

Résultats :

Au bout de 4 mois, les auteurs ont constaté

- Une augmentation de 60% en moyenne  chez les patients qui ont reçu une supplémentation du fait d’un déficit initial en vitamine D.

- Pour les malades à vitamine D normale en début d’étude et non supplémentés, le taux sérique de 25OH D3 a baissé de 25 %.

 

Conclusions des auteurs :

- Le déficit en vitamine D paraît fréquent au cours des hépatopathies.

- La supplémentation paraît efficace (60% d’augmentation de vitamine D3 sérique)

- En l’absence d’un apport oral, le taux de vitamine D baisse inexorablement, démontrant l’intérêt d’une supplémentation orale systématique chez tous les patients porteurs d’une hépatopathie. Ceci est d’autant plus intéressant que des taux faibles de vitamine D seraient corrélés in vitro : 

           - A un risque de fibrose

           - A la sévérité de la stéatose dans les hépatopathies métaboliques,

           - Et aux effets du traitement (iatrogène) dans les hépatites virales, auto-immunes, les cirrhoses biliaires primitives et le carcinome hépatocellulaire.

 

L’avis du pharmacien :

      C'est un travail ici  fort intéressant car il implique un changement notable dans la prise en charge des hépatopathies dont le nombre de patients qui en est atteint ne cesse d’augmenter.

Ce changement de prise en charge doit être assujettis à deux conditions :

1 - La reproductibilité des données présentées par l’équipe australienne     

2 - L’absence de tout conflit d’intérêt entre les auteurs et les fabricants de vitamine D.    

De quoi je me mêle ? 

"Vends tes remèdes et casse toi pauvre « pharmacien »" aurait pu dire N. Sarkozy 

Cette étude, si elle est confirmée, nous permettra de mieux accompagner nos patients, de plus en plus nombreux, atteints d’hépatopathies.

Par ailleurs, le sujet de cette étude, devrait rester dans la ligne de mire de nos industriels (nationaux et internationaux), qui au lieu de se focaliser uniquement sur les statistiques de l’IMS mettant sur le marché des produits sans aucune utilité devraient s’arrimer constamment sur la recherche internationale pour mieux répondre aux besoins futures de nos patients.

Dans le cas présent, une vitamine D3 présentée en de simples sachets (et même en paquets de vieux apothicaire, mais pitié ! pas de comprimés effervescents encore, c’est strictement inutile ouallah) pourrait être la bien venue dans le future, avec une seule présentation correctement dosée (pas de formes nourrisson, petit enfant, grand enfant, petit adulte, adulte, grands-parents … des appellations marketing absurdes).

Oui on peut gagner de l’argent en rendant service au patient, à condition de ne plus le considérer comme un simple consommateur (comme le ferait Mr E. Leclec) mais de repositionner toute notre logique en fonction de ses besoins réels.

Cela exige l’implication volontariste et sans réserve du pharmacien d’officine, à travers ses instances représentatives (oh combien absente de tout débat scientifique) pour impulser cette dynamique dans le bon sens, celui d’une part de la création de richesse materielle et immaterielle pour l’entreprise, et d’autre part, dans le sens du progrès et de l’innovation au service du patient.            

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MISE AU POINT PHARAMSTER   

Filiation pharmacologique et chimique de la vitamine D

 

Ce rappel s’articulera au tour des thématiques désormais classiques à PHARAMSTER, la filiation pharmacologique et la filiation chimique L’objectif, puisqu’on est suivi de près par des universitaires de la faculté de médecine et de pharmacie, étant une meilleure organisation de l’information qui n’a aucun intérêt si elle ne permet pas à chacun de développer un raisonnement critique cohérant, bref de ne plus être un analphabète fonctionnel au sens du Pr Harouchi. En clair savoir situer l’information et savoir l’utiliser. La chimie est fondamentale pour maîtriser le médicament et c’est le principal grief que nous avons vis-à-vis de la Revue Prescrire qui néglige ce volet fort important du savoir pharmaceutique.           

     La vitamine D devrait être considérée comme une hormone car elle est en grande partie synthétisée par la peau, véhiculée par le sang, transformée par le foie et le rein en un métabolite actif : le calcitriol.

Elle intervient essentiellement au niveau du métabolisme phosphocalcique avec une tendance à augmenter la calcémie (on vient de lire qu’elle aurait aussi d’autres effets). Sa synthèse est régulée par la calcémie.

 

Filiation pharmacologique de la vitamine D :

On se basera ici sur le mécanisme d’action :

- Vitamines qui, par action nucléaire, modifient la transcription du DNA en mRNA et en protéines correspondantes : Ce sont les vitamines A et D, toutes les deux sont liposolubles

- Vitamine qui inactive des radicaux libres au niveau membranaire : La vitamine E (liposoluble) 

- Vitamines qui participent au métabolisme, en catalysant des réactions enzymatiques de transfert de groupes comme CO2, CH3, NH2 : C'est le cas des vitamines B1, B6, B12, biotine, acide pantothénique et de l'acide folique

- Les vitamines qui participent au transfert d'électrons : Vitamine C, vitamine K (liposoluble), vitamine PP et vitamine B2

 

Filiation biochimique de la vitamine D :

Les formes actives de la vitamine D sont le calcifédiol et surtout le calcitriol. Ils ont comme précurseurs : le cholécalciférol ou vitamine D3 et le calciférol ou ergocalciférol ou encore vitamine D2.

Mais avant d’en arriver là, l’histoire de la vitamine D commence par une structure de toute beauté, que les "méchants" chimistes appellent : structure cyclopentanoperhydrophénanthrène (là je la cite juste pour vous embêter, et pour dire à nos amis médecins et autre biologistes, qu’on en sait des choses nous, hein !).

11-03-02-CYCLE-STERANE.jpg

        Si on donne autant d’importance à cette structure, c’est qu’elle est réellement l’une des plus importantes du corps humain. En effet on la retrouve comme structure de base :  

- des androgènes (oui si vous êtes un homme moustachu c’est grâce à cette structure)            

- des oestrogènes et progestatifs (si vous êtes une femme aux formes de rêves c’est aussi grâce cette structure)

- des glucocorticoïdes (qui contrôlent votre glycémie, votre tension et même votre réponse immunitaire)

- des acides biliaires et leurs sels

-  et, bien entendu, comme structure de notre vitamine D qui du fait de cette filiation et de sa pharmacologie est considérée comme une hormone.

- enfin pour être complet (ou presque) on retrouve cette structure au niveau végétal dans les hétérosides cardiotoniques (la digoxine) et dans certaines huiles végétales.       

 

        Mais revenons à nos moutons, globalement la synthèse des métabolites actifs de la vitamine D se base sur l’ouverture du cycle B de la structure sterane de base. Quoi de mieux pour expliquer tout cela qu’une belle planche toute blanche (ça c’est juste pour la rime, et il faut un bac plus 7 pour le faire) :

 11-03-02-Filiation-biochimique-de-la-vitamine-D-copie.jpg

 

         Le véritable carrefour de cette synthèse, selon nous, c’est la vitamine D3 (le cholécalciférol) qui trône au milieu de cette planche, avec deux atomes des carbones sur lesquels tout va se jouer : le carbone n°1 (rond bleu) et le carbone n°25 (rond rouge). Le reste, franchement, c’est une simple affaire d’hydroxylation (ajout de groupe OH, avec un suffixe -ol qu’on ajoute au nom de la molécule) pour arriver in finé au calcitriol (nous revoilà avec le suffixe -triol, c’est tout bêtement 3 OH).       

 

        Une remarque saute aux yeux, si tous les chemins mènent à Rome, ici toutes les molécules mènent au principal métabolite actif le calcitriol, y compris l’alfaclacidiol (UN-ALFA) qui est une molécule de synthèse qui ne diffère de vitamine D3 (oui, celle là qui trône au milieu de la planche comme César à Rome) que par un tout petit OH sur le carbone n°1 (le rond bleu) et qui au final sera métabolisée en calcitriol le principal métabolite actif, qui est l’humble petit soldat qui va au front guerroyer pour fixer le calcium sur les os, et qu’on n’évoque que rarement aux médecins …

        Une question se pose alors, si toutes les molécules mènent au clacitriol, y compris la bonne vielle vitamine D2 [STEROGYL goutte à 15,50 DH], quel intérêt y a-t-il à utiliser des produits intermédiaires (des précurseurs) qui coûtent beaucoup plus chers ?

Vous avez dit à quoi bon la chimie ? Elle permet simplement de poser le genre de questions qu’on vient d’annoncer ci-dessus, et en prime elle donne à l’officinal l’accès à la maîtrise parfaite du médicament. Maîtrise qui lui autorise une certaine aisance dans sa communication qui devient plus convaincante autant avec le patient (l’observance) qu’avec le médecin (respect et partenariat), qu’avec les autorités de tutelle (crédibilité et respect).

L’intérêt fondamental des précurseurs du calcitriol réside d'abords dans le cas où il y a un défaut de métabolisme hépatique ne permettant pas la transformation spécifique de vitamine D3 en calcifédiol (le principe actif du Dedrogyl, ) qui donnera par la suite le calcitriol. Ou encore un défaut de métabolisme rénal (1-alpha hydroxylase rénale inopérante) et là c’est l’utilité de l’alfacalcidiol (Un-alfa). Cet élément paraît important en cas d’hépatopathie

Un exemple le RCP du calcifédiol (Dedrogyl) note que : « L'administration de calcifédiol court-circuite la phase hépatique du métabolisme de la vitamine D et apporte ainsi directement dans l'organisme ce premier métabolite.» Oui mais au final il se transforme en calcitriol quand même.

Remarques importantes c’est au niveau de pharmacocinétique de ces molécules : 

- Pour le calcifédiol (Dedrogyl) : sa demi-vie est de l'ordre de 18 à 21 jours et son stockage dans les graisses est moins important que celui de la vitamine D en raison, vraisemblablement, de sa plus faible liposolubilité.

- Pour l'alfacalcidiol (Un-alfa) : la demi-vie d'élimination plasmatique du 1-alpha 25 (OH) D3 est d'environ 24 heures.

- Par rapport à la vitamine D3 (Calcifix D3, Cacit D3) qui est fortement liposoluble et qui est stockée dans le tissu musculaire et surtout dans les tissus adipeux impliquant un effet release (un re-largage) en cas de surdosage. Les précurseurs immédiats du calcitriol offrent une plus grande maniabilité, avec plus de sécurité, due à leur relative hydrosolubilité qui s’explique chimiquement par l’ajout de groupement hydroxy OH [O-H+]. Cela est il un argument suffisant pour justifier leurs coûts onéreux ?  

 

Post-scriptum :

Cet article qui nous a donné beaucoup de mal au début, a été in finé un véritable plaisir que nous espérons humblement vous avoir fait partager.     

Vite une escapade, là on le mérite …       

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 00:21

Réflexion politiquement incorrecte & sciemment amorale

LA LEÇON TUNISIENNE

« LE CAS MAROCAIN »

Copie de 10 09 17 Homme politique marocain

RAPPELS DEONTOLOGIQUES : C’est une simple réflexion d’apothicaire, loin de nous tout côté « donneur de leçons », PHARAMSTER considère que ne nous détenons pas de vérité absolue (cliquez pour plus d’information), en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi, sauf erreur fort possible de notre part.     

 

           Dans un article publié dans le journal Le Soir [Réf. Le Soir Echos, n°769, page 14, du 24/02/2011], Mohamed Horani président de la CGEM (confédération générale des entreprise du Maroc) s’exprimait après les manifestations, relativement calmes, du 20 avril 2011. Le patron des patrons reconnaît solennellement, selon le journal, la légitimité des slogans brandits et ajoute que le mode de gouvernance économique au Maroc doit être repensé.

Cette sortie de Mohamed Horani, qui vient d’être nommé par le Roi au nouveau conseil économique et social (CES) est tout simplement remarquable, elle montre la capacité du système marocain à absorber et à digérer les protestations. En effets les revendications des promoteurs des manifestations du 20 avril 2011 ont été intelligemment « pillées » d’abords par les ONG des droits de l’homme, puis, par de plus en plus de partis politiques pour finalement arriver avec une vitesse grand V  aux patronat, qui les a fait siennes.

C’est comme si Laurence Parisot présidente du MEDEF (le patronat français) trouvait recevable les thèses  d’Olivier Besancenot le candidat à la présidentielle de la LCR (la ligue communiste révolutionnaire). Il faut le faire !

En réalité ce qui arrive au Maroc c’est une réadaptation à la marocaine de la technique de Sarkozy face au Front National, qui s’est approprié ses sujets phares. Sauf qu’en France à force de chasser sur les terres du FN, on fini par adopter une bonne partie de ses thèses, et entre l’original et la copie une partie non négligeable des français pourrait choisir « l’original » avec son lot d’antisémitisme sournois et de xénophobie bien étalée.     

Cette plasticité des institutions est une caractéristique fondamentale du système marocain, car même au plus fort des années de plomb (les années Hassan II) les canaux de dialogues et d’échanges non jamais été complètement rompus entre l’institution monarchique les mouvements contestataires. Et ce qui était à l’époque des contacts officieux, a été depuis institutionnalisé, dés lors que personne (ou presque) ne conteste plus la légitimité de la monarchie constitutionnelle. C’est ce qui fait l’originalité imperceptible du « cas marocain » par rapport aux autres pays de la région caractérisés par une forme de rigidité dans le gestion de la chose politique.

Le Maroc connaît une moyenne de 24 protestations et revendications par jour. Source : Le Soir Echos, n°764, page3, du 16/02/2011

Cela ne veut pas dire que c’est une sécurité à toute épreuve, cette plasticité donne simplement une plus grande marge de manoeuvre au niveau strictement politique (vous remarquerez qu’on n’a pas parlé ici de démocratie). La question reste de savoir si cette plasticité pourra résister au choc des bouleversements actuels dans le Monde Arabe ? D’autant plus que ces événements seront, et sont, envenimés de façon opportuniste, et c’est de bonne guerre, par divers groupes de pressions (syndicats …) et par des mouvements classiquement marginaux dans la société marocaines : les extrémistes qu’ils soient de gauche ou d’obédience religieuse, les mouvements amazigh, les pro-polisario etc. …          

Sauf erreur de notre part, l’attachement à la monarchie consacre en réalité le désire intuitif d’une bonne partie des marocains de sécuriser la continuité de l’Etat, particulièrement dans un pays où le niveau de développement humain est très bas et où toute rupture de cette continuité est fortement anxiogène, une anxiété accentuée par l’absence d’alternatives crédibles.

De là, on peut comprendre facilement que les manifestations du 20 avril ait pu se dérouler dans un climat plutôt calme malgré une certaine fébrilité dans les décisions et la communication des structures étatiques ces deux dernières semaines.

Lors de ces manifestations, dont la sérénité du déroulement a été saluée par le Wall Street Journal et par la radio publique américaine NPR [Réf. Le Soir, n°767, page 3, du 22/02/2011], on avait l’impression que les forces de l’ordre, du moins celles qui sont visibles, ce sont focalisées beaucoup plus sur les risques de hooliganisme (qui se greffe sur les mouvements de foule, autant dans les manifestations politiques que sportives) que sur les manifestants pacifiques. Le pire pour le pays, et son image, aurait été le mélange des genres, sur ce point la gestion de ces manifestations a été plutôt correcte.                 

Cela a ouvert la porte au « pillage », une sorte d'accaparement intelligent, des revendications des promoteurs de ces manifestations par un panel large d’élites politiques et économiques. On a opéré ici ce qu’on peut appeler un mouillage.

En pharmacie galénique le terme mouillage signifie dilution, on a choisi ce terme pour la simple raison que son synonyme en dialecte marocain est tout aussi adapté cette situation.           

Il nous reste trois points à expliciter : le rôle des ONG des droits de l’Homme, le rôle d’Internet et enfin se poser la question what’s next ?

Les ONG des droits de l’Homme :

       Au Maroc nous avons une dizaine d’ONG opérant sur ce thème. Pourtant il y a une question qui saute aux yeux (politiquement incorrecte bien sur) : Si les droits de l’Homme sont universels, se positionnant au dessus de toute politique, pourquoi y a-t-il autant d’ONG dans un seul et même pays ? Logiquement on aurait du avoir Une seule ONG. On doit, certainement là encore, se tromper (et non pas tremper comme c'était écrit) au vu de l’halo de sainteté attribué par les mass media à ces ONG.  

En recoupant diverses informations, on se rend compte que la thématique des droits de l’Homme permet le recyclage dans le circuit médiatico-politique d’un certain nombre de personnalités dont les thèses politiques ne leurs permettent plus d’avoir une assise populaire à même de passer directement par le jugement des urnes. Ainsi on y retrouve comme par hasard des anciens extrémistes de gauche non encore séduit par le goût du caviar, ou encore des personnalités issues de courants religieux qui dès qu’ils sont au pouvoir consacreraient la suprématie du droit divin sur les droits de l’Homme.

Si les radicaux apaisés ce sont engouffrés dans le cheval de Troie que sont les droits de l’Homme, les autres partis politiques ne sont pas restés les mains liés, chacun d’entre eux a ses entrées dans telle ou telle ONG, d’où la multiplicité d’organisations supposées être audessus des "basses" considérations politiques, avec une "moralité" et un "humanisme" irréprochables (...). On se retrouve ainsi face à des personnalités qui sont certainement honnêtes par rapport à leurs convictions, mais qui, pour exister médiatiquement, sont forcées de devenir politiquement hypocrites.

 Le rôle d’Internet

        Internet, avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs "hardis", a été depuis un certain temps présenté comme un éden de la liberté. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas tout fait juste non plus, c’est un exemple de ce qu’on appel une vérité partielle (lire à ce sujet sur ce même blog : Les ambiguïtés rationnelles)     

A chaque fois que l’on écrit un mot sur Internet, il faut savoir qu’immédiatement, avec des moyens adéquats, on peut connaître qui écrit quoi. L’anonymat sur le net est une notion toute relative.  

On présente aussi l’Internet comme un media incontrôlable : c’est vrai et faux à la fois

- C’est vrai au sens basique du terme contrôle, c'est-à-dire une censure à la chinoise. La censure peut être assimilée, dans ce cas, à une forme de violence, elle consacre de facto un état d’échec de l’intelligence humaine, lire à ce sujet : De la violence en général et de celle à l’égard des femmes en particulier.

- C’est faux, quand on sait la puissance actuelle des techniques d’intelligence économique et de veille Internet. Ce sont des techniques qui ont été développées au début pour défendre l’image de marque des grandes entreprises sur le réseau. Elles impliquent la collecte et le traitement d’un nombre colossal d’informations, puis le développement de stratégies pour réaliser les objectifs des donneurs d’ordre qu’ils soient des entreprises ou des Etats. Ces « opérations » sont le plus souvent sous-traitées en toute confidentialité auprès de structures spécialisées (on en connaît à pharamster au moins deux). On comprendra facilement que les vieux dictateurs ont du mal à adopter ces nouvelles donnes, se contentant de censurer ce qui en soit est une bêtise monumentale.

Un intervenant dans l’émission Capital de M6, consacrée à Facebook, a très bien résumé la situation de l’envahissement des réseaux sociaux dans la vie publique en disant à peu près l'idée suivante : soit on se met en retrait (on censure, on bloque) et on laisse le champs libre aux autres (...), soit on intègre le système et on y « diffuse intelligemment » sa vision, mouillant par la même occasion les idées des autres.

De la sorte Internet à défaut d’être littéralement contrôlable, devient parfaitement gérable à condition d’en avoir les moyens techniques et humains. Dans le « cas marocain », cette donne nous paraît relativement bien assimilée.

What’s next ?

         Là on est dans le domaine de la spéculation politique, naturellement hasardeuse. En effet, l’éventualité d’un changement de premier ministre pourrait sérieusement être posée (Mostafa Terrab actuel PDG de l’OCP, pourrait être un candidat sérieux). Là deux façons de procéder sont possibles : 

Soit par décision royale directe, cette manière, nous parait à double tranchant, puisqu’elle pourrait être interprétée autant comme un gage d’apaisement que comme un signe de fragilité.

Soit on peut imaginer (c’est de la fiction politique) une mention de censure déposée au parlement contre le gouvernement actuel par le PAM et le PJD qui ferait tomber de facto le premier ministre. Cela aura l’avantage de mettre l’institution monarchique au dessus des joutes politiques et de renforcer la position du parlement, une donne qu’on peut vendre autant à l’opinion nationale qu’internationale comme un gage de renforcement de la démocratie parlementaire (...). Et c’est tout à fait réalisable au vu des attaques virulentes, depuis plus d’une année, du PAM contre les ministres de l’Istiqlal, le parti du 1er ministre.  Ça serait alors le hold-up politique du siècle, puisque les revendications des promoteurs du 20 avril seraient, alors, totalement digérées par le système, du moins tant que sa plasticité le lui permet.

 

Cet article est la suite logique de deux articles antérieurs politiquement incorrects :

- A propos de la corruption rédigé juste avant la chute de BEN ALI  

- La leçon tunisienne : une valse à deux temps rédiger juste après la chute de BEN ALI  

Il sera suivi, incha allah, si tout va bien (ou allaaah yester), c’est le cas de le dire au vu des incertitudes actuelles, par un article qui terminera cette série « politiquement incorrecte » et « sciemment amorale » avec comme titre : Démocratie, "démocratisme" & alternatives.  Un sujet dont nous n’avons pour le moment que le titre et quelques idées éparses qu’il va falloir mettre en forme dans la limite de nos capacités linguistiques. Bonne semaine.       

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 19:18

CHIFFRES & REPERES

PHARMACIES EN FAILLITE EN FRANCE

11 02 23 Faillite

Le nombre de pharmacies qui ont déposée leurs bilans en France en 2010 est : 167

Avec une croissance multipliée par 3 entre 2006 et 2010

Source : statistiques du Conseil de l’Ordre des pharmaciens en France

Le nombre de pharmacies menacées de faillite en France : 24%

Source : Statistiques de la société Coface (spécialisée dans l’assurance crédit), dont les données ont été révélées par le quotidien le Parisien du 20/02/2011

 

L’avis du pharmacien :

La faillite des officines n’est pas une vue de l’esprit, mais une réalité amère qui est vécue par un nombre de plus en plus grand de confrères et de consoeurs en France et certainement (en absence de statistiques fiables) au Maroc 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:42

LECTURE OFFICINALE

CHLORHEXEDINE & ALLERGIE

  

11-02-21-Chlorhexidine-et-allergie-copie.jpg

En février 2010, nous avions consacré à la chlorhexidine deux articles :

- LA CHLORHEXIDINE VS POVIDONE IODEE 

- LA CHLORHEXIDINE STRUCTURE & APPLICATIONS (vivement conseillé)

Dans ces deux articles on n’avait pas évoqué les effets secondaires de la chlorhexidine, une étude finlandaise réalisée à partir de 1999, publiée ce mois de janvier 2011 vient d’apporter des éclaircissements sur les risques d’allergies à cette molécule.

Le but de cette étude a été d'analyser les sources d'exposition et de sensibilisation à chlorhexidine, et d'obtenir par la suite des données sur la prévalence de la sensibilisation et allergie de contact liées à la chlorhexidine.

Méthode :

- Des tests patch ont été réalisés avec le digluconate de chlorhexidine (0,5% en solution aqueuse) sur 7610 patients venus consulter pour une allergie de contact suspecte au service de dermatologie de l’hôpital universitaire de Turku (Finlande).

- Les dossiers médicaux des patients ont été examinés pour vérifier une éventuelle exposition préalable à la chlorhexidine.

Résultats :

- Une réaction positive à la chlorhexidine patch a été observée chez 36 patients soit 0,47%.

- La responsabilité de l’antiseptique dans la dermatite ou la stomatite des malades concernés n’a été établie que dans 5 cas soit 0,06%.

- Cependant, la chlorhexidine contribuait selon les auteurs à la pathologie cutanée ou muqueuse chez 11 autres personnes soit 0,14%.

- Une exposition antérieure à des produits contenant la chlohexidine n’a put être mise en évidence que chez 16 patients (sur les 36 cas positifs au patch test).

 Conclusions des auteurs :

 - Les sources potentielles de sensibilisation à la chlorhexidine sont essentiellement des désinfectants cutanés et des produits d’hygiène buccale.

- L’exposition à la chlorhexidine chez les patients sensibilisés à cet antiseptique peut retarder la guérison d’une dermatite ou d’une gingivite en cas de persistance d’utilisation de topiques en contenant.

L’avis du pharmacien :

L’intérêt pour nous de cette étude réside dans les chiffres relativement bas de cas d’allergie à la chlorhexidine. 0,47% de réactions positives au patch test et surtout 0,06% de cas où la chlorhexidine a généré une dermatite ou une stomatite. C’est plutôt rassurant à notre sens (par les temps actuels).

Une nuance tout de même, la réaction allergique dépend fortement du terrain et particulièrement des spécificités génétiques. Autrement dit, ce qui est valable en Finlande n’est pas automatiquement transposable ailleurs, cela dit cette étude reste une bonne référence autant par le sérieux de ses auteurs, le nombre de cas recrutés que par la méthodologie de travail.           

Source : Liippo J et coll. : The relevance of chlorhexidine contact allergy. Contact Dermatitis 2011 ; publication avancée en ligne le 13 janvier. DOI: 10.1111/j.1600-0536.2010.01851.x

Lien : Contact Dermatitis  

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 13:50

CAS D’OFFICINE

 

Proposé et rédigé par notre consoeur Dr Mouna, illustration et mise en page PHARAMSTER

ASSOCIATION D'ANTIINFLAMMATOIRES NON STEROÏDIENS 

 

11 02 19 association d'ains 2

RAPPELS DEONTOLOGIQUES :

Ordonnance reconstituée sur la base de l’originale. Les coordonnés du médecin traitant et du patient sont purement fantaisistes, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel. Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PHARAMSTER considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous. Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

 

Contexte :

- Prescripteur, secteur libéral

- La patiente est ménopausée (la soixantaine bien affichée) et souffre d’une gonarthrose.

ORDONNANCE :

   PROFENID INJ : 1inj/j pdt 6j  utiliser seringue à usage unique

         DCI : kétoprofène : AINS du groupe des arylcarboxyliques

   MOBIC 15mg : 1cp à midi 

         DCI : méloxicam, AINS du groupe des oxicams

   XENID 100 : 1 suppo le soir

         DCI diclofénac, AINS du groupe des arylcarboxyliques

   STRUCTUM :1gélule 3x/j

         DCI : chondroitine, Polysaccharide principal constituant du cartilage

   VOLTARENE pommade : 2 application/j

         DCI : diclofénac

   OEDES 20 :1cps/j

         DCI : oméprazole, Inhibiteur de la pompe à protons

Analyse :

  - Association d’AINS

Il y a association de 4 AINS de 4 formes galéniques différentes :inj,cps,suppo et pommade ; cette association est déconseillée car elle majore le risque ulcérogène et hémorragique digestif.

  - L’oméprazol 

L’une des indications de l’oméprazole est le  traitement préventif des lésions gastro-duodénales induites par les anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les patients à risque (notamment âge supérieur à 65 ans, antécédents d'ulcère gastro-duodénal) pour lesquels un traitement anti-inflammatoire est indispensable (RCP oméprazole) ; mais dans notre cas, sera-t-il suffisant en tant que protecteur de la muqueuse gastro-duodénale à contrecarrer l’effet synergique potentiellement hémorragique de l’association de 3 AINS systémiques ?

  - La chondroïtine : (cliquer sur les titres en bleu pour les références)

Une méta-analyse publiée dans Annals of Internal Medicine du 17 avril 2007 «  Meta-analysis: Chondroitin for Osteoarthritis of the Knee or Hip  » aboutit à la conclusion que l'effet bénéfique de la chondroïtine est faible ou inexistant et ne justifie pas son utilisation dans l'arthrose. Ce résultat corrobore celui d'une autre étude publiée en 2006 dans le NEJM. Une autre méta-analyse, publiée dernièrement dans le BMJ du 16 septembre 2010, faite à partir de 10 essais, confirme l'inefficacité de la glucosamine et de la chondroïtine  dans le traitement de l'arthrose de la hanche et du genou : par rapport au placebo, elles n'atténuent pas la douleur et ne préviennent pas le pincement de l'espace interarticulaire.

Pour l’avis de PHARAMSTER nous vous conseillons vivement de lire à ce sujet notre article : Les thérapeutiques de l’arthrose en question   

 Conclusion :

 A notre humble avis, il aurait été plus judicieux de prescrire cette ordonnance de la manière suivante :

Différer la prise orale (ou rectale) de l’AINS (un traitement relais) après la fin de du traitement par voie injectable

Remplacer le diclofénac (Xenid), par  du paracétamol en suppo à la dose de 1g 3x/j

Choisir, pour le traitement par AINS, entre la voie rectale ou orale mais pas les deux simultanément.

L’avis de PHARAMSTER :

- Quand on cherche à laver plus blanc que blanc on crée des associations forcément fantaisistes, qui n’obéissent à aucune logique pharmacologique.

- Par ailleurs le Vidal dans sa rubrique « Références Médicales Opposables » retrouvée à la fin des monographies des AINS on peut lire ce qui suit :    

« Thème 1 - Prescription des antiinflammatoires non stéroïdiens, paragraphe 1.8 : Il n' y a pas lieu d'associer deux AINS par voie générale, y compris l'aspirine (Sauf lorsque celle- ci est prescrite à visée antiagrégante à des doses < 500 mg). Cette recommandation concerne toute la classe des AINS, qu'ils soient prescrits comme antalgiques, antipyrétiques ou anti-inflammatoires »

- Au final, cette ordonnance est une illustration parfaite et concrète de notre article  Escapade entre associations médicamenteuses    

Autre cas similaire : Association de Liometacen et Ponstyl 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 19:20

LA COMMISSIONITE !

 

11 02 15 La commissionite 2

    Après la cacophonie liée à l’hécatombe du Mediator, le Canard Enchaîné du 19/01/2011 livre dans un encadré un listing percutant montrant la complexité bureaucratique dans la prise de décision en matière de santé et en particulier du médicament. Ce listing prend toute son importance à l’heure où le Maroc pense enfin à créer une Agence nationale de santé publique         

« L’armée des ombres : qui dit mieux ? L'Afssaps compte 98 instances scientifiques. 12 commissions, dont celles, stratégiques, d'« autorisation de mise sur le marché », de « sécurité sanitaire », de «pharmacovigilance », de « contrôle de la publicité et de la diffusion de recommandations sur le bon usage des médicaments ». Il faut y ajouter 3 comités, 8 groupes d'experts et 74 groupes de travail.

La Haute Autorité de santé n'est pas en reste : elle aligne 1 749 experts, permanents ou occasionnels, et collectionne aussi les commissions. Elles sont 7:« Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé », « Commission d'évaluation des actes professionnels », « Commission d'évaluation économique et de santé publique », « Commission qualité et diffusion de l'information médicale ». Etc.
Celle chargée de la « transparence », notamment saisie des questions de remboursement, a sa propre « Direction de l'évaluation économique et de santé publique », un « service d'évaluation des médicaments », un« service d'évaluation des dispositifs », un « service d'évaluation des actes professionnels », un «service d'évaluation économique et de santé publique ». Vite, une commission d'évaluation de l'utilité des commissions ... ».
Source : Le Canard Enchaîné, n°4708, page 04, du 19/01/2011

 

L’avis du pharmacien :

             L’une des armes favorites des décideurs (Hommes politiques), à chaque fois qu’un problème se pose avec acuité, est la création de commissions.

L’inflation vertigineuse du nombre de commissions, de conseils et autres structures bureaucratiques montre l’incapacité du politique à prendre des décisions soit par méconnaissance du problème, soit par manque de courage politique.

La création de commissions permet au décideur d’enterrer un problème en donnant l’impression à l’opinion publique d’y répondre. Et si ce n’était que cela … la "commissionite" engendre une complexification des structures étatiques et des procédures avec la multiplicité des intervenants sur un même sujet, et une augmentation proportionnelle des budgets de fonctionnement sans rendement ni efficience.

A l’heure où les budgets des Etats ne sont plus extensibles indéfiniment (cas de la Grèce), le bon sens impose à tout manager de s’attaquer à un problème donné en améliorant, en réformant et en éradiquant les failles des structures préexistantes. La superposition des structures, sur un sujet donné, est un signe manifeste de mauvaise gouvernance, transformant l’organigramme de l’Etat en un labyrinthe inextricable et budgétivore. C’est l’une des sources (entre autre, car il y en a bien d’autres …) de dilapidation des deniers publics.

Un cas d’école :

Dans une interview avec la journaliste Ghizlane El Karmoudi sur Radio Atlantic le 15/02/2011 (à 7h45) Kamal Belhaj, président de la FNSPM (fédération nationale des syndicats de pharmaciens du Maroc), a parfaitement mis l’accent sur la multiplicité des intervenants dans l’assurance maladie où on retrouve CNSS, CNOPS et autres mutuelles. Le pire c’est que les pharmaciens comme la majorité des autres professions libérales n’ont pas accès aux services de ces caisses malgré l’insistance des représentants syndicaux. Oui, il reste pour les professions libérales les assurances individuelles privées qui, non seulement coûtent chères, mais dont les contrats constituent une arnaque légale  grâce à une « petite » close écrite en touts petits caractères dans un texte de 5 à 7 pages où il est mentionné que l’assurance se garde à tout moment le droit de résilier le contrat présent sans justificatif. Autrement dit, dès que vous n’êtes plus rentable vous êtes viré. Le médecin libéral comme l’officinal qui travail pour la santé de ses concitoyens, payant sa quote-part dans la CNSS des ses collaborateurs, se retrouve dans la situation dramatiquement ubuesque où sa propre santé n’est pas assurée et ce avec au moins 3 caisses d’assurance maladie ! Qui dit mieux ? 

10 06 09 Le Soir n°589 copie             S’il y a un héritage préjudiciable que la Maroc a reçu de la France c’est bien la complexification des procédures et des structures bureaucratiques, on aurait bien voulu s’en passer et ne recevoir que l’esprit d’égalité, de liberté, les compétences et la capacité d’innovation (on laissera aussi volontiers à la France, par la même occasion, les analyses de Bernard Henry Lévy ou de Le Pen père et fille). Dommage, l’Histoire ne se fait pas à la carte …

La critique de l’AFSSAPS formulée par le Canard Enchaîné dans son article « Le rapport sur le Mediator peut en cacher deux autres » d’où est tiré le texte susmentionné nous interpelle particulièrement à PHARAMSTER, car l’AFSSAPS constitue une de nos sources d’information les plus importantes.

A l’AFSSAPS comme dans toute structure qui est amenée à se prononcer sur des sujets impliquant de gros intérêts, le problème essentiel ne réside pas dans la structure ou l’organigramme mais dans les conflits d’intérêts ou plus exactement la confluence d’intérêts entre laboratoires et experts.

Cette confluence constitue en soi une forme de corruption intellectuelle insidieuse, qui à notre humble avis, est l’une des pires formes de corruptions. Y remédier avec efficience nécessite forcément l’utilisation, à la base, des techniques d’intelligence économique, relayés par la suite et en cas de force majeure par la justice (comme ce qu’on a dit pour la corruption en général). On demande bien à un  politique de déclarer son patrimoine (c’est relativement simple car c’est quantifiable), pour certains postes stratégiques l’idéal serait de déclarer aussi ses réseaux, c’est en pratique impossible à réaliser et c’est stigmatisant pour la famille et l’entourage, d’où l’importance ici de l’intelligence économique pour sécuriser l’indépendance décisionnelle des structures de l’Etat

C’est d’autant plus important que les Etats ont été énormément affaiblis, par rapport au capital, par la mondialisation et la privatisation massive des grandes structures étatiques. Ne pouvant pas faire marche arrière sur ces sujets, l’unique possibilité pour avancer reste de trouver les moyens à même de sécuriser l’indépendance décisionnelle des structures de l’Etat. C’est un challenge fondamental pour le futur de la démocratie, car il ne suffit plus d’être élu, il faut encore avoir les moyens concrets, eu égard aux lobbys en présence, pour réaliser ses promesses électorales ou simplement ses objectifs administratifs avec honnêteté.                         

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:11

ESCAPADE

ENTRE ASSOCIATIONS MEDICAMENTEUSES

 

Une citation :

      Signée Pr. Carle Harvengt (1934-1994) professeur émérite en pharmacologie clinique à l’université de Louvain (Belgique) :

« Prescrivez un médicament, prescrivez-en deux, et même trois, mais au-delà ce n’est plus la peine de faire appel à ce que je vous apprends car vous ne savez plus du tout ce que vous administrez réellement »

 

   Un dessin : 

      Signé Alain Savino (Equipe de la Revue Prescrire)

 11-02-11-Escapade-association-medicamenteuses.jpg

 

     La citation du Pr. Carle Harvengt (cliquer sur le nom pour les références) a été rapportée dans une contribution remarquable par un médecin généraliste belge au n°323 de la Revue Prescrire septembre 2010 (page 714).

Et dire que les caisses d’assurance maladie, mutuelles et autres s’évertuent depuis un bon bout de temps, sans effets tangibles, à demander aux médecins de limiter leurs prescriptions aux produits absolument utiles.

Sans effets tangibles ... pour la simple raison que ces caisses se basent sur des arguments financiers (déficit budgétaire, équilibre financier …). Or le médecin comme tout citoyen sait intuitivement  que la trésorerie de l’Etat, quelque soit sa nature, est en réalité un puits sans fin, creusé par la dilapidation permanente des deniers publics (le cas de la CNSS au Maroc où des sommes inimaginables ont été « gaspillées » est édifiant) . Dés lors, cette argumentation est intuitivement rejetée.

Si chacun des intervenants de la santé pouvait recentrer son analyse en mettant le patient au cœur de son discours, au lieu des intérêts sectoriels des un et des autres (industriels pour les laboratoires, corporatistes pour les officinaux et les médecins, financiers pour les caisses d’assurance, politiques pour le ministère de la santé) on avancera certainement dans bon sens.

Le dessin d’Alain Savino et la citation exceptionnelle du  Pr. Carle Harvengt sont un exemple remarquable, rationnel où on admet de façon claire que la multiplicité des médications est pharmacologiquement  hasardeuse avec des effets imprévisibles mettant en jeu la sécurité du patient. Cet argument est, à notre sens, beaucoup plus percutant aux yeux des prescripteurs que touts les arguments financiers réunis.

Encore faut-il que les organismes d’assurance maladie (tout autant que les autres intervenants dans le secteur de la santé) puissent opérer un changement de repère radical d’un discours basé sur la défense d’intérêts sectoriels vers des analyses qui se basent fondamentalement, d’abords et avant tout, sur l’intérêt du patient (notre véritable donneur d’ordre à tous).       

Encore un fois nous disons (du haut de notre hamster) : mépriser le patient c’est se mépriser soi-même, ignorer ses doléances c’est ignorer notre raison d’être.                              

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 17:55

C A S   D ’ O F F I C I N E

DUOXOL & DOLIPRANE 1000

 11 01 27 cas d'off duoxol parcetamol 2-copie-1

Rappels déontologiques : 

Les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel. Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous. Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

Ordonnance :

    - Xenid 50 mg CP : 1 CP 3 x par jour

DCI : diclofénac c’est un anti- inflammatoire non stéroïdien (AINS) classique dérivé de l'acide phénylacétique du groupe des acides arylcarboxyliques.

    - Duoxol CP : 1 CP x 2 par jour

DCI : association à dose fixe de paracétamol 500 mg + thiocolchicoside 2 mg par CP

Analogue soufré, de synthèse, d'un glucoside naturel du colchique, le thiocolchicoside se comporte pharmacologiquement comme un myorelaxant

   - Doliprane 1000 mg CP : 1 CP x 3 par jour

DCI : paracétamol

Discussion : 

    Au sujet du paracétamol

Nous vous avons déjà proposé une analyse critique de la spécialité Duoxol intitulée « Duoxol  le générique du Relaxol » cliquer sur le titre.

Dans cet article on avait écrit ce qui suit : « Il aurait été plus intéressant d’intégrer le terme paracétamol au nom commercial même, cela donnera à titre indicatif " DUOXOL PARACETAMOL" : L’objectif étant d’éviter les surdosages en paracétamol fréquents en rhumatologie »

Cette ordonnance (…enfin au vu des moyens de la santé publique) illustre que nos craintes étaient justifiées, puisque l’AFSSAPS préconise au niveau du RCP de la spécialité Doliprane 1000 CP :

« La posologie unitaire usuelle est de un comprimé à 1000 mg par prise, à renouveler au bout de 6 à 8 heures. En cas de besoin, la prise peut être répétée au bout de 4 heures minimum. Il n'est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g de paracétamol par jour, soit 3 comprimés par jour. Cependant, en cas de douleurs plus intenses, la posologie maximale peut être augmentée jusqu'à 4 g (4 comprimés) par jour. Toujours respecter un intervalle de 4 heures entre deux prises »

Dans le cas présent, il s’agit d’un surdosage injustifié au niveau  de la dose unitaire administrée (1500 mg par prise) qui  reste loin du seuil de la dose toxique (heureusement) au niveau de la dose journalière administrée. La toxicité du paracétamol commence à partir de 10 g de paracétamol en une seule prise chez l'adulte (et 150 mg/kg de poids corporel en une seule prise chez l'enfant)           

    Au sujet du thiocolchicoside      

La posologie de thiocolchicoside préconisée par l’AFSSAPS (in VIDAL, in RCP du Coltramyl consulté le 11/02/2011) est de 4 mg deux fois par jour. De facto la posologie préconisée du DUOXOL est de 2 CP x 2 par jour. Sauf erreur de notre part, nous n’avons trouvé aucune référence mentionnant une posologie type « la dose quotidienne est de 2 à 4 mg par prise, trois fois par jour »    

Dans le cas présent il s’agit vraisemblablement d’un sous dosage en thicolchicoside.

Conclusion :

Ce cas d’officine illustre la difficulté de prescription d’associations médicamenteuses où il faut gérer et la formulation intrinsèque de chaque spécialité et la cohésion de l’ordonnance dans son ensemble.    

Il nous parait, sauf erreur de notre part, fort utile de revoir la dose de thiocolchicoside par CP, dans les spécialités Relaxol et Duoxol, de 2 mg par CP à 4 mg par CP. Cela permettra une harmonisation des posologies entre ces 2 spécialités et le Coltramyl / Coltrax, facilitant ainsi au médecin traitant la manipulation de l’ensemble des spécialités à base de thiocolchicoside. Ce qui, au final, assure une plus grande sécurité au patient.             

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