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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 13:12

Suppression du dextropropoxyphène du marché marocain

Citoyens marocains déployez vos parapluies, il pleut à Bruxelles !

 Dextropropoxyphène pharamster 

      Nous n’allons pas revenir ici sur les risques dus au dextropropxyphène, et les raisons qui ont amené sa suspension en Europe, ce sujet a été déjà traité dans un article daté du 6 mai 2009 (il y a plus d’une année et demi déjà) intitulé : « Dextropropoxyphène - paracétamol : Analyse de l’offre & Aspects pharmacologiques »

Nous avons aussi relaté un exemple de difficulté liée aux associations médicamenteuse avec le dextroprpoxyphène, dans un autre article daté du 10 juillet 2009 intitulé : « Cas d’officine : Dextropropoxyphène & Bromazépam » 

 Ces deux articles montrent que le problème posé par le dextropropoxyphène n’est pas récent, le problème a été officiellement admis en Grande Bretagne en 2005.

Nous vous proposons, en toute humilité, ci-après notre lecture de la décision du ministère de la santé publique et son interprétation primo comme une décision politique, secundo par rapport à la logique de l’industrie pharmaceutique marocaine  et enfin tertio par rapport au rôle des officinaux.

1 - La suspension du dextropropoxyphène, une décision politique :

        Avant toute chose il faut noter que 3 mois avant de prendre la décision de retirer du marché marocain les spécialités à base de dextropropoxyphène (Circulaire 284DMP/00 du 29/12/2010), le ministère de la santé avait pris une autre décision (Circulaire du 229DMP/00 du 29/10/2010) où il décidait de maintenir sur le marché national les spécialités à base de Dextropropoxyphène, et de réévaluer par la suite dans un délai de 12 mois la disponibilité d’alternatives thérapeutiques, et ce  suite au nombre important d’intoxications volontaires ou accidentelles liées à ce médicament, constatés par les autorités de réglementation pharmaceutiques européennes 

Circulaire 229DMP/00 du 29/10/2010 maintenant le dextropopoxyphène pour 12 mois (Cliquez sur l’image pour agrandir le texte) :  

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 Circulaire 284DMP/00 du 29/12/2010 retirant le dextropopoxyphène du marché marocain (Cliquez sur l’image pour agrandir le texte) :

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Rappels déontologiques : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PHARHAMSTER

 

        Le journal LE SOIR dans sa livraison du 31/12/2010 (n°732, page7) a posé une véritable question en disant : « … La ministre de la Santé fait certainement référence aux études menées en Europe et aux Etats-Unis. «Parce que si des études ont été faites au Maroc, Yasmina Baddou aurait communiqué des données chiffrées concernant les cas du Maroc», conclut ce professionnel. Une question s’impose : quel est donc le rôle de nos experts de la pharmacovigilance ? ».

Notre système de pharmacovigilance, malgré la bonne volonté de ceux qui y travaillent, est en réalité totalement impuissant en terme de prise décision, muselé par divers lobbys opérants dans le secteur de la santé, tout autant que le laboratoire national de contrôle des médicaments.

En réalité, les « dossiers » au sujet des médicaments au Maroc ne manquent pas, à titre d’exemple l’association de dermocorticoides et d’antibiotiques, en effet en janvier 2009 : La Commission Nationale Consultative de Pharmacovigilance (CNCPV) a décidé de mainte­nir la décision de la Commission du 26 décembre 2007 sur les antibiotiques locaux utilisés en dermatologie. C’est une décision qui est restée totalement théorique qui n’a eu aucun effet sur la réalité de notre pratique. On continu à vendre du Rifoderm / Rifasone,  du Baycuten ou encore du Mycolog, alors que depuis des années ces produits ont été interdits en Europe et aux USA. Les voies de décision du (Seigneur) ministère de la santé publique sont impénétrables, ainsi soit-il, amen ! Lire absolument à ce sujet : « La complexité de la prise de décision dans la politique du médicament.  »

D’autres « dossiers » tel que les coxibs dont l’intérêt est largement discutable, la drotavérine qui n’est pas commercialisée en Europe occidentale et qui trouve sa place par hasard presque uniquement dans les pays du tiers monde, ou encore le scandale des compléments alimentaires présentés au médecin comme de vrais médicaments ….

 Les sujets ne manquent pas et les observateurs attentifs (qui sont l’essentiel des lecteurs de PHARHAMSTER, si on juge par la pertinence de vos commentaires) remarqueront facilement que la décision au sujet du dextropropoxyphène vient juste après le dossier du Mediator (ou plus exactement le MediaMort) des laboratoires Servier, et toutes les critiques que cela a soulevé au sujet de la gestion de ce dossier par le ministère de la santé.

La Ministre de la santé, justement, ne pouvait pas se permettre un autre « problème » sur le dos, d’autant plus que des élections se préparent. La circulaire du ministère de la santé dit que cette décision a été prise au nom du fameux « principe de précaution », il faut entendre par là « principe de précaution des intérêts politiques ». Lire à ce sujet « La problématique de la gestion du risque sanitaire »    

En réalité, sur le plan pharmacologique la décision de suspendre le dextropropoxyphène en France, où il y a eu un débat avec plusieurs avis de l’AFSSAPS à ce sujet depuis 2005, obéit à des recommandations au niveau européen  qui sont basées des données britanniques et scandinaves. Sauf erreur de notre part, nous pensons que cette décision a été prise sur la base des décisions européennes (comme l’atteste la première circulaire 229DMP/00), décisions qui auraient pu créer de nouveaux  problèmes au MSP s’ils n’étaient pas suivis.

Si la décision du retrait du dextroprpoxyphène était réellement motivée par les études publiées, cela fait cinq ans qu’on ne cesse de publier à ce sujet et que le ministère donne des AMM pour des spécialités à base de dextropropoxyphène dont la dernière en date n’est autre que le Dextramol en mai 2009 !

Si  on devait appliquer à minima le fameux principe de précaution, le minimum requis serait de ne pas délivrer d’AMM à des copies de spécialités dont le principe actif est sujet à un vif débat. Assurément, marocaines marocains déployez vos parapluies, il pleut à Bruxelles !

Un dernier dégât collatéral de cette gestion, est le problème soulevé par le journal Le Soir (encore) qui titrait  à ce sujet « Médicaments dangereux : Retirés le temps de les écouler » la remarque est pertinente, car comment expliquer au citoyen lambda que tel produit est dangereux et qu’on le supprimera dans un ou deux mois ? En réalité la dangerosité réelle du dextropropoxyphène est relative, en rapport essentiellement avec une utilisation abusive comme l’affirme la première circulaire 229DMP/00.

Oui le dextropropoxyphène n’a pas de place dans notre l’arsenal thérapeutique actuel (au même titre que les coxibs, la drotavérine …), d’autant plus qu’on peut le substituer avec d’autres opiacés type codéine ou tramadol par exemple. Le fait de l’utiliser aujourd’hui, n’implique pas systématiquement que vous courrez un péril imminent, d’où le temps de latence que se permettent, à juste titre, les instances gérantes des médicaments autant en Europe qu’en Amérique du Nord pour des raisons de sérénité organisationnelle. Encore une fois la dangerosité du dextropropoxyphène est liée essentiellement à l’usage abusif et à des associations médicamenteuses hasardeuses, favorisées par une promotion médicale sauvage et non respectueuse des minima déontologiques.                        

2 - La suspension du dextropropoxyphène et les erreurs de stratégie de l’industrie pharmaceutique nationale :

Rappels déontologiques : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PHARHAMSTER

        Le cas du dextropropoxyphène n’est que le dernier exemple d’erreurs de stratégie de développement de notre industrie nationale. En effet alors que le débat est intense (sous d’autres cieux bien sur) à propos de molécules litigieuses, nos industriels ne trouvent rien de mieux que d’en proposer des copies au pauvre patient marocain ! Et le cas du dextropropoxyphène n’est pas le seul, car le véritable cas d’école reste le fameux et sinistre VIOXX, un anti-inflammatoire inhibiteur de la cyclooxygénase II un coxib, dont des copies ont été lancées au Maroc alors que des études étaient déjà publiées sur sa toxicité cardiaque ! Après quelques mois de leurs mise place dans nos rayons (plutôt dépotoirs) tout a été supprimé. Imaginé le gâchis d’une part pour notre industrie en terme financier et d’énergie déployée et d’autre part pour nos patients en terme de risque.

On ne reviendra pas ici sur le cas de l’association amoxicilline – acide clavulanique (cliquer sur le mot pour plus d’informations)     

En réalité sauf erreur de notre part, la logique de nos industriels paraît obéir essentiellement aux données de IMS (de manières simple ce sont les statistiques des ventes de médicaments par spécialité). Autrement dit, on cherche un produit qui marche relativement bien et on en fait une copie en espérant prendre la plus grande part de marché possible, sans aucune prise en compte des données pharmacologiques actuelles, d’où les couacs à répétition ! Il s’agit là d’une logique qui sur le fond n’est pas créatrice de richesse, elle ne fait que la transférer (trivialement dit : pousse toi que je m’y mette).

Une véritable logique industrielle créatrice de richesse, devrait à notre humble avis, se baser sur deux piliers : primo apporter une réponse aux besoins réels du patient, secundo instituer une véritable politique d’innovation de recherche et développement. Mis à part quelques efforts ici et là, notre industrie reste loin en deçà des attentes sur ces deux points fondamentaux pour le futur de notre industrie. Oui « notre » industrie, car la responsabilité de « nos » managers dépasse le cadre de la distribution des dividendes, à celui de la responsabilité citoyenne, le maintient d’une industrie pharmaceutique conquérante tout en étant strictement respectueuse des règles déontologiques est en lui-même une raison d’Etat.                                                   

 3 - La suspension du dextropropoxyphène et le pharmacien d’officine : De quoi je me mêle ?   

Rappels déontologiques (encore) : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. PHARHAMSTER

         Touts ces bouleversements se passent en l’absence affligeante de toute réaction de la part des officinaux qui se comportent comme de simple délivreurs de médicaments sans aucun avis. Et quand un pharmacien intervient, au mieux, il commence à réciter bêtement le VIDAL (indications, contre-indications …), c’est l’exemple même de ce qu’a appelé dans son dernier livre  Pr. Abderrahim Harouchi (ex ministre de la santé) un analphabète fonctionnel. (Lire aussi : Analphabétisme démocratie et religion). Pour faire simple, un officinal détient tellement d’informations stratégiques et ne sait s’en servir ! 

Ce qui est demandé aujourd’hui plus que jamais à l’officinal, par la communauté, c’est de donner son avis, un avis motivé par des références sérieuses, un avis libre et indépendant de l’influence des industriels ou des politiques, et cela peut se faire concrètement à travers ses instances représentatives. Or autant au Maroc qu’en France (oui même en France), le discours des pharmaciens d’officine est caractérisé par une faiblesse ahurissante, non pas dans les données mais dans la capacité d’analyse et de proposition, additionné d’un manque flagrant de courage intellectuel.

Aujourd’hui, les officinaux sont acculés à négocier avec l’administration ce qui est non négociable, à savoir leur maigre marge (10 % environ nette), comment peut-on négocier de devenir pauvre ? Selon des sources digne de foi au niveau d’une grossisterie : plus de 80 % au moins des officinaux ne payent pas leurs factures régulièrement à échéance ou ont des impayés à répétition !

S’il y a quelque chose à négocier dans l’intérêt de nos patients, c’est bien la mise à niveau globale du marché pharmaceutique marocain jonché par un nombre ahurissant de produits peu référencés, dangereux, trop onéreux ou tout simplement inutiles qui grèvent lourdement, l’embryonnaire système d’assurance marocain et surtout le maigre budget alloué à la santé par le citoyen marocain lire : Les dépenses de médicaments par habitant : comparatif entre 7 pays                                             

 Note à part : si nous avons tenu à chaque paragraphe de ce texte de rappeler que l’erreur est inhérente … ce n’est pas uniquement pour se protéger, mais surtout c’est lié au caractère pluridisciplinaire de ce sujet impliquant le politique, l’économique, le social et le phramacologique. La multiplication des paramètres dans une analyse implique la multiplication des risques d’erreur, c’est un véritable champ de mines, votre rigueur et votre sens de la répartie sont fortement sollicités. Lire ou relire « La perception de la vérité : politique, religion & domaines d’applications  »      

Lire aussi notre article : LES ALTERNATIVES DISPONIBLES AU MAROC DU DEXTROPROPOXYPHENE DI-ANTALVIC    

 

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 16:54

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 17:54

LA LUTTE CONTRE LE SIDA

ENTRE PRIORITE MEDIATIQUE & PRIORITE EPIDEMIOLOGIQUE

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            Hakima Himmich, présidente de l’Association de lutte contre le sida (ALCS) et égérie de la lutte contre le sida au Maroc, inspire comme toute personnalité scientifico-médiatique l’admiration des anonymes et les critiques les plus dures des initiés. Deux articles ont attiré notre attention à ce sujet illustrant la complexité de ce dossier.

Le premier article :

Source : Younes ADAM « La face cachée de Hakima Himmich. Vocation : charité-business » Revue PUCE, page 22-23, n°08 du 17 au 23/12/2010

        Cet article est paru dans la revue PUCE, une publication de Rachid Niny chantre d’un certain nationalisme populiste néo-religieux à la marocaine qui ne manque pas de justesse des fois. Dans cet article l’auteur critique le monopole de fait de Hakima Himmich dans la lutte contre le sida au Maroc marginalisant de facto le travail des autres ONG et s’imposant comme seule interlocutrice vis-à-vis du ministère de la santé et des organismes internationaux.

        Autre grief, celui là est très dangereux quasi diffamatoire s’il n’est pas étayé par des preuves tangibles, c’est d’insinuer que les médicaments délivrés aux malades du sida par l’ALCS sont donnés dans le cadre des essais thérapeutiques non déclarés au profit des laboratoires pharmaceutiques (GlaxoSmithkline). Autrement dit les patients marocains atteints de sida sont utilisés comme des cobayes !!!

        Un troisième grief, c’est d’accès la prévention sur l’éducation sexuelle au lieu de la prédication de la morale (lutter contre les rapports sexuels « illicites »). Ce troisième reproche est plus proche du populisme que de l’argumentation médicale et ce pour deux raisons : la première, est que cette stratégie implique implicitement la stigmatisation du patient. C’est une attitude qui est contraire à la déontologie médicale, d’une part, et contre-productive sur le plan sanitaire d’autre part. La deuxième raison est que la « lutte contre les rapports sexuels illicites » est une des plus vieilles obsessions des religieux qui n’a jamais été suivie à 100% par les populations, particulièrement dans un pays comme le Maroc aux traditions festives ancestrales (…). Cela fait plus de 10 siècles environ que les marocains se sont convertis à l’islam, dix siècles au cours desquels d’innombrables zaouïas, de cheikhs, de prédicateurs de Berkane à Laguira n’ont cessé d’inciter les marocains, alors que la société marocaine était jadis ultra traditionnelle, à renouer avec les « sources pures de la religion », rien n’y fait les fameuses « relations illicites » ont toujours existées, à priori à l’heur actuelle de l’Internet et des tentations faciles. Disons le trivialement, au Maroc les mosquées sont pleines, les lieux de débauche aussi, ainsi soit-il. 

Cela dit, on peut se poser légitimement des questions sur les objectifs réels de certaines grandes ONG internationales qui financent la lutte contre le sida dans les pays du tiers-monde. S’agit-il de donations totalement désintéressées ou plutôt « d’aides » visant la promotion d’une forme de « modernisation forcée » de la société marocaine, le patient n’étant qu’un cheval de Troie pour la réalisation de ce genre de desseins. On peut être pour ou contre, mais on ne doit en aucun cas prendre le patient comme alibi, d’autant plus que ce genre de stratégies promues par des ONG internationales ne permettent pas l’évolution harmonieuse et progressive des sociétés provoquant de facto des tensions sociales, sur des bases extrémistes et populistes, qui sont complètement contre-productives.

 

La réflexion de l’apothicaire du coin : les ONG en question

Toute ONG, quelque soit son fond de commerce, possède une ligne politique. Une ONG n’est pas une structure d’enfants de cœur, c’est d’abord un lobby (un groupe de pression) se pressentant avec des étiquettes diverses et variées : droit de l’Homme, protection des minorités, protection des patients, protection des animaux ou de l’environnement etc.

Le problème réel des ONG c’est qu’elles se présentent comme apolitiques, voir au-dessus des « basses » considérations politiques, ce qui est une arnaque intellectuelle manifeste, leurs permettant d’assoire leur crédibilité auprès de la population, échappant ainsi de facto à toute critique puisqu’elles ne sont là que pour le « bonheur de l’humanité ». Il ne s’agit pas là de jeter l’opprobre sur toutes les ONG, mais de développer chez tout un chacun suffisamment de sens critique pour jauger et juger à leur juste valeur les bases idéologiques et les actions des ONG, et de ne pas se limiter à des niaiserie humanistes médiatiquement très rentables.

Les ONG gagneraient certainement en crédibilité s’ils communiquaient aussi sur leurs bases idéologiques. L’un des attrapes nigaud le plus remarquable à l’époque actuelle est « les droits de l’homme » une notion qui, en réalité, n’a rien d’universel puisqu’elle se conjugue en fonction des circonstances : ce qui est choquant au Soudan devient soudain plus acceptable en Chine, les droits de l’homme version marocaine diffère totalement de la version algérienne ! Et les exemples de tout bord ne manquent pas, mais le plus frappant reste celui des extrémistes islamistes qui, dés qu’ils sont derrière les barreaux crient comme des enfants de cœur au droit de l’homme, relayés par hasard par la chaîne AL JAZEERA, et dés qu’ils sont dehors sont capables des pires atrocités envers les autres ! Oui « les droits de l’homme » constituent le cheval de Troie le plus remarquable de l’époque actuelle, un cheval sur lequel galope autant des démocrates intègres que des politiciens véreux que des extrémistes sanguinaires, de facto il n’a plus valeur intrinsèque réelle, c’est une utopie qu’en vend à la bonne conscience des analphabètes fonctionnels que nous sommes !                                                            

   

Le deuxième article :

Source : Ahmed Zoubeïr « Santé publique : Le SIDA est-il une priorité », Le Canard Libéré n°184, page 7, du 24/12/2010   

           C’est un article qui est paru dans un journal qui ne paye pas de mine, le Canard Libéré, un journal satirique, une forme de sosie à la marocaine, et avec de maigres moyens, du journal français Le Canard Enchaîné.       

Et pourtant l’analyse présentée est tout simplement remarquable de justesse sans injure ni diffamation, elle rejoint sur le fond l’avis que nous a apporté à titre personnel,  un remarquable dermatologue de renom, il y a déjà une dizaine d’années, Pr. A. Sekkat un des membres fondateurs de la Ligue Marocaine de lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissibles (la LMLMST un cigle pas très vendeur que personne ne connaît, et pourtant …) lors d’une réunion où était présente aussi Pr. Hakima Himmich : une lutte rationnelle contre le SIDA ne peut être envisagée que dans le cadre de la lutte contre l’ensemble des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) qui gangrènent dans notre population. Marginaliser syphilis,  blennorragie, herpès génital etc. et focaliser touts les efforts sur le seul problème du SIDA, malgré sa gravité manifeste, c’est ne voire qu’un arbre et ignorer la forêt. C’est une erreur stratégique manifeste.

Pour étayer ses dires, l’article du Canard Libéré s’appui à sa manière (…) sur des arguments qui nous semblent tout à fait recevables. Nous vous rapportons ci-après cet article remarquable sur lequel nous n’avons fait que souligner ses arguments :                 

 

« Cela fait plus de deux décennies que Hakima Himmich a épousé la cause du Sida au Maroc. Mais cette maladie est-elle vraiment une priorité sur le plan épidémiologique ? Là c’est toute la question …

HAKIMA HIMMICH n'a rien perdu de sa verve séductrice, elle est restée fidèle à sa méthode consistant à semer la confusion dans les esprits et attendrir les cœurs pour récolter davantage de fonds pour le Sida. Pour le Sidaction 2010, la présidente de l'ALCS (Association de lutte contre le Sida) s'est débrouillée Gad El Maleh qui n'a pas lésiné sur son talent tout au long de la soirée organisée et retransmise en direct par la chaîne 2M. Mot d'ordre, battre le record de l'édition 2008 qui avait rapporté la bagatelle de 9 millions de DH.

          Nouveaux cas
Normal, Hakima Himmich veut toujours plus pour ses malades. Vœu exaucé, le compteur des donations promises a affiché, ce vendredi 17 décembre, 13,3 millions de DH.

Mais combien sont-ils au Maroc à vivre réellement avec le VIH ? Belle question : quelque 5360 cas cumulés depuis 1986 (le cumul ne se pratique pas pour les autres maladies). Ce n'est pas l'hécatombe. Mais Lalla Hakima met sciemment l'accent sur une estimation faisant état de 26.000 porteurs de VIH non dépistés qu'elle dégaine à tout bout de champ. Certainement pour grossir les chiffres, entretenir la confusion et mobiliser finalement plus de ressources financières pour la maladie qui se propage particulièrement chez les professionnels du sexe, selon l'expression de la patronne de l'association. Il s'agit évidemment d'estimations basées sur des études de séroprévalence sur différents groupes cibles en vue de dégager une tendance.

Mais cette dernière évite soigneusement de nous dire le rythme de la progression du virus et surtout le nombre de nouveaux cas par an. Ces derniers sont d'à peine 200. Pas de quoi faire réellement pleurer dans les chaumières ... En vérité, le nombre de nouveaux cas du Sida est très faible comparativement à ceux relatifs aux autres maladies tout aussi graves comme le cancer, ou l'hépatite virale B et C. Pourquoi tant de tapage médiatique autour du Sida seulement alors qu'il existe des maladies qui tuent plus dans l'indifférence générale ?

- La tuberculose c'est autour de 26.000 cas chaque année. Mais personne n'en parle.

- Maladie chronique grave engendrant un coût social considérable, le diabète, lui, touche près de 3 millions de Marocains. Mais la maladie ne bénéficie pas bizarrement d'autant d'intérêt.

- Idem pour l'insuffisance rénale dont 3.000 sujets sont annuellement en attente de soins (onéreux) dans les centres d'hémodialyse.

- Le cancer, quant à lui, frappe bon an mal an quelque 40.000 personnes avec un taux de létalité très élevé. Heureusement que l'association de Lalla Salma a pris le dossier à bras-le corps en prenant en charge les patients. Savez-vous que 1,4 million d'enfants de moins de 5 ans souffrent d'infections respiratoires aigues dont 14.441 sont très graves avec un taux de mortalité de 30% ?

             Prévention

Les infections sexuellement transmissibles (IST) enregistrent, eux, près de 420.000 cas par an avec des estimations aux alentours de 600.000 cas. Soit beaucoup plus de victimes que le Sida qui se transmet essentiellement par voie sexuelle. L'infection à VIH qui est une IST au même titre que l'hépatite virale B (responsable de cancer du foie) ou l'infection à papillomavirus (responsable de cancer du col utérin) qui doivent être prioritaire aussi en termes de prévention et d'éducation pour la santé. Ce qui nous amène naturellement à s'interroger sur le caractère prioritaire du Sida. Celui-ci est-il une priorité de santé publique d'un point de vue épidémiologique?

Pour le professeur Jaâfar Heikel, épidémiologiste spécialiste en maladies infectieuses et expert international, il faut encourager les efforts du ministère de tutelle et de toutes les ONG pour faire émerger une médecine de prévention. «Il ne s'agit pas, ajoute-t-il, de sur dimensionner ou de sous-estimer la gravité de tel ou tel problème de santé. Mais il est grand temps pour nous d'identifier de façon objective et scientifique les critères de priorisation et les adapter aux moyens de prévention et de lutte en tenant compte bien évidemment de notre environnement au sens large».

Or, force est de constater que tout est organisé pour se concentrer, autant sur le plan médiatique que matériel, sur le seul Sida au détriment des autres MST et diverses maladies dont la prévalence dans la société est autrement plus importante. Des maladies, très coûteuses pour la société, qui causent des drames poignants. A quand un véritable recentrage sur les préoccupations de santé prioritaires de la population? »

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Published by Amster - dans MEDECINE & SANTE
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:19

LECTURE OFFICINALE

IMPACT DU SPORT SUR L’ACTIVITE SEXUELLE

 

           Quel est l’impact du sport sur l’activité sexuelle ? Une question insidieuse posée parfois de façon directe mais le plus souvent de façon narquoise. Pourtant, au fil de nos lectures, on a pris connaissance de deux études américaines, l’une 2003 émanant du Harvard School of Public Health (Department of Nutrition), l’autre de 1990 de l’Université de Californie (Physical Education Department). Ci-après une lecture officinale de ces deux études.

 

1 – Etude de la Harvard School of Public Health (Department of Nutrition) :

Source : Bacon CG, Mittleman MA, Et Al. Sexual Function In Men Older Than 50 Years Of Age: Results From The Health Professionals Follow-Up Study. Ann Intern Med. 2003 Aug 5;139(3):161-8.

 

             L'objectif de cette étude est de décrire l'association entre l'âge et plusieurs aspects du fonctionnement sexuel chez les hommes âgés de 50 ans.

Méthodologie :

- 31 742 hommes, l'âge de 53 à 90 ans ont participé à cette étude.

- La collecte des informations s’est effectuée en l’an 2000 par des questionnaires se rapportant à l’activité sexuelle, l'activité physique, le poids, le tabagisme, l'état matrimonial, l’état de santé et les médicaments utilisés.

De précédents questionnaires biennaux étaient envoyés depuis 1986 posaient des questions sur la date de naissance, la consommation d'alcool et d'autres renseignements sur la santé, ont été pris en compte. 

Résultats :

- Après exclusion des patients atteints de cancer de la prostate, la prévalence normalisée selon l'âge du dysfonctionnement érectile au cours des 3 mois précédents était de 33%.

- De nombreux aspects de la fonction sexuelle ont fortement diminué après l’âge de 50 ans (la fonction d'ensemble, le désir, l'orgasme, et la capacité globale).

- L'activité physique est associée à une réduction de risque de dysfonction érectile

- L'obésité était associée à un risque plus élevé : le risque relatif est de 1,3 [IC : 1,2 à 1,4] pour un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 28,7 kg/m2 vs un IMC inférieur à 23,2 kg/m2.

- Le tabac, la consommation d'alcool, et le temps passé devant la télévision ont également été associés à une prévalence accrue de la dysfonction érectile.

- Les participants qui n’avaient pas de maladies chroniques et qui avaient un mode de vie relativement satisfaisante avaient la plus faible prévalence.
Conclusions des auteurs :

               Le bon maintient de la fonction érectile paraît être corrélé globalement avec une bonne hygiène de vie. Même en considérant l’impact d’autres facteurs ; le mode de vie le plus fortement associé à une augmentation de la prévalence du dysfonctionnement érectile était marqué par le manque d'activité physique et l’obésité.

 

2- Etude de l’Université de Californie (Physical Education Department) :

Source: White JR, Case DA, Et Al. Enhanced Sexual Behavior In Exercising Men. Arch Sex Behav. 1990 Jun;19(3):193-209.

 

                     L’objectif de cette étude a été la recherche de l’impact de 9 mois d’exercice physique sur : la condition physique globale, les facteurs de risque des maladies coronariennes et la sexualité.

Méthodologie :

- Le panel : 78 hommes en bonne santé mais sédentaires (âge moyen, 48 ans).

- Les exercices physiques préconisés, pour le groupe test, se faisaient en groupe avec un superviseur, avec une durée est 60 min par jour, 3,5 jours par semaine. Le maximum d’intensité de ces exercices ciblait  75-80% du maximum des capacités de travail aérobie.   

- Un groupe témoin de 17 hommes (âge moyen, 44 ans) s’est vu préconisé un rythme modéré 60 min par jour, 4,1 jours par semaine en moyenne.

- Chaque participant a tenu un journal quotidien avec les exercices physiques effectués, l'alimentation, l’usage éventuel du tabac, et enfin l’activité sexuelle. 

Résultats et conclusions :

- Les effets bénéfiques d’un exercice physique régulier et vigoureux sur la condition physique et sur le risque de maladies coronariennes ont été obtenus en accord avec les études antérieures.

- L’analyse des journaux quotidiens des participants a révélé une amélioration de l’activité sexuelle significativement plus élevée dans le groupe test (fréquence des diverses activités intimes, fiabilité du fonctionnement pendant les rapports sexuels, pourcentage d'orgasmes satisfaisant, etc.) En outre, le degré d'amélioration de la sexualité chez les sportifs a été corrélé avec le degré d’amélioration de leurs conditions physiques.


Réflexion ultra light
(Âme délicate s’abstenir) :

           L’impact de l’activité sportive sur le QI ne parait pas très claire au vu de la platitude du discours de la plus part des sportifs de haut niveau, alors que l’effet de l’activité physique sur la moitié du QI, qu’on notera [QI/2]1 (QI sur deux indice 1, autrement dit la lettre Q pour ceux qui sont assez puritains pour ne pas  vouloir comprendre) parait bien établi par les études précitées et par des affaires comme celles de Beckham, Ribery ou encore de Tiger Wood.

Quelle meilleure façon de terminer cette année 2010 pour les sportifs amateurs que nous sommes?

Note à part : Une petite question légitime se pose tout de même, quelle différence y a-t-il entre un sportif professionnel et un sportif amateur ? La réponse est toute simple, le sportif de haut niveau joue souvent sur le terrain des autres, alors que le commun des amateurs se contente de jouer sur son propre terrain, ce qui est en adéquation, contrairement aux professionnels, avec un QI honorable, toute en conservant un bon impact sur [QI/2]1, ce qui est étayé par les études américaines précitées   

On aurait pu vous souhaiter pour cette année 2011 argent, santé et bonheur, mais … après réflexion, l’argent et la santé ne sont là que pour servir de socle à l’amour qui est l’essence même du bonheur. Sinon à quoi bon tout l’argent de Crésus et toute la forme d’Arnold Schwarzenegger à son apogée ?

Sans contorsion intellectuelle aucune, appelons un chat un chat : tout ce qu’on vous souhaite pour 2011 c’est de l’amour. Et sans hypocrisie, quel plus bel amour que celui des femmes (du moins pour tout homme normalement constitué).

Jean Gabin disait à juste titre à ce propos :            

« Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.

C'que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

"Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau,

j'peux pas mieux dire, il fait très beau ! »

Espérons qu’il fera beau, pour vous, durant les futurs 365 jours à venir. Sans être un freudien du dimanche, n’est-il pas vrai qu’au sein de leurs seins se trouve une bonne partie de notre raison d’être ?

Bonne année 2011

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:06

LE CALENDRIER VACCINAL UNIFORME

CALENDRIER OFFICIEL DU MINISTERE DE LA SANTE

 

           Ci-après le nouveau calendrier vaccinal tel que préconisé par le ministère de la santé publique, ce calendrier remplace dorénavant l’ancien calendrier. Source : Documentation du ministère de la santé publique (Maroc)  

 

OBJECTIFS GENERAUX DU CALENDRIER VACCINAL :

- Contribuer à la réduction de la mortalité et de la morbidité néonatale et infanto juvénile par la vaccination des enfants et des femmes en âge de reproduction.

- Contribuer à l'atteinte des Objectifs du Ministère de la Santé pour la période 2008-2012 ainsi que ceux du Millénaire pour le Développement (ODM-2015).

- Contribuer à l'atteinte des objectifs internationaux d'éradication et d'élimination de certaines maladies cibles (polio, rougeole/rubéole, Tétanos NN, …).

OBJECTIFS SPECIFIQUES DU NOUVEAU CALENDRIER VACCINAL :

- Atteindre et maintenir une couverture vaccinale supérieure ou égale à 95 % par milieu (urbain et rural) et par niveau (national, régional, circonscription sanitaire et secteur).

- Obtenir, avec les autres pays de la région EMRO de l'OMS, la certification de l'éradication de la poliomyélite vers l'an 2013,

- Maintenir l'élimination du tétanos néonatal,

- Eliminer la rougeole, la rubéole et le Syndrome de Rubéole Congénitale (SRC) vers l'an 2015,

- Introduire les autres nouveaux vaccins dans le calendrier national de vaccination,

- Introduire les autres rappels, dans le calendrier national de vaccination,

- Contribuer à l'amélioration de la sécurité des injections/patients.

 

LE CALENDRIER VACCINAL UNIFORME

DE LA SANTE PUBLIQUE

Age

Antigènes

(vaccins)

Observations

 

LA PREMIERE ANNEE

Dans les 24 heurs après la naissance

- HB zéro

Dose à la naissance

Naissance (un mois après la naissance)

- BCG

- VPO zéro

 

2 mois

- DTC1 – Hib1

- HB1 / VPO1

- Vaccin anti Rotavirus 1

- Vaccin anti Pneumo 1

Vaccins combinés

3 mois

- DTC2 – Hib2

- HB2  / VPO2

- Vaccin anti Rotavirus2

 

4 mois

- DTC3 – Hib3

- VPO3

- Vaccin anti Pneumo2

 

12 mois

- VAR

- HB3

- Vaccin anti Pneumo3

 

LES RAPPELS DE SUITE

18 mois

- DTC4 VPO4

(premier rappel)

 

5 ans

- DTC5 VPO5

(deuxième rappel)

 

6 ans

- Rougeole

Ou R/R ou ROR

En attendant l’atteinte d’une CV*  supérieure ou égale à 95 % par le premier rappel

Tous les 10 ans

- DT + VPO

(DT combiné avec coqueluche acellulaire)

 

 

Abréviations :

BCG : Vaccin antituberculeux, VPO : Vaccin Poliomyélitique Oral, DTC : Diphtérie Tétanos Coqueluche, Hib : Haemophilus influenzae b, HB : Hépatite B, ROR : Rougeole Oreillons Rubéole, RR : Rougeole Rubéole. Les indices correspondent aux différents rappels

 

LES CONTRE-INDICATIONS DE LA VACCINATION  :

- Les vraies contre-indications sont rares

- Antécédents d’événement indésirable post vaccinal (MAPI) graves après administration d’une dose antérieure

- Maladie neurologiques évolutive (Exp. Epilepsie non maîtrisée) : éviter le vaccin anticoquelucheux

-  Hypersensibilité de type 1 aux œufs : éviter la vaccination contre la fièvre jaune et la grippe, mais on peut utiliser des vaccins produits sur fibroblaste de poulet.

- Infection à VIH symptomatique : éviter le BCG, la vaccination anti-amarile et anti-rougeole. 

 

LES EFFETS SECONDAIRES DE LA VACCINATION :

Note à part :  

La documentation du ministère de la santé à laquelle nous avons eu accès, en tout 5 excellentes pages, nous a permis de dénicher deux remarquables tableaux résumant parfaitement les principaux effets secondaires et, luxe suprême, leurs incidences.

Cette façon de présenter les effets secondaires, on aurai voulu qu’elle soit généraliser à tous les médicaments. En effet, les effets secondaires n’ont réellement d’intérêt que quand ils sont corrélés à leurs incidences, autrement ils deviennent un simple listing réglementaire plus anxiogène que réellement informatif. Lire dans le cadre de cette thématique : «  La problématique de gestion du risque sanitaire » et aussi « L’Engerix B en question »                   

 

       Réactions mineures courantes

Type de réactions

Réaction locale type : douleur, gonflement, rougeur

Fièvre plus de 38° C

Irritabilité, malaise et

symptômes généralisés

BCG

90-95 %

  -

  -

Hib

  5 -15%

  2 -10 %

  -

HB

Adulte : 15%

Enfant : 5%

  -

  1 - 6 %

Rougeole

& ROR

Environ 10%

  5 -15 %

  5% éruption

Polio VPO

  -

  < 1%

  < 1%**

Tétanos

-10%

-10%

-25%

DTC* coqueluche

Jusqu’à 50 %

Jusqu’à 50 %

Jusqu’à 55 %

  *  Le taux de réaction locale risque d'augmenter avec les doses de rappel, pour aller jusqu'à 50-85   %

  ** Les symptômes comprennent diarrhée, maux de tête et/ou douleurs musculaires.

 

Réactions plus graves rares

vaccin

Réaction

Incidence

Polio (VPO)

 

- Poliomyélite post vaccinale

- Le risque est plus élevé pour la
première dose, chez les adultes et
chez les sujets immunodéprimés

 

- 1 sur 2.4 à 3.3 Millions

- 1 sur 750 000 sur la première dose. Contre 1 sur 5,1 millions sur les doses ultérieures

Tétanos

 

- Névrite brachiale
- Anaphylaxie

 

- 0,5 à 1 sur 100 000

- 1 sur 100 000 à 1 sur 2 500 000

Coqueluche (DTC) à germes entiers

 

 

- Cris persistants
- Convulsions

- Episode d’hypotonie hyporéflexie

- Anaphylaxie
- Encéphalopathie

(Note : le risque n’est pas confirmé)

-1 sur 15 à 1 sur 1 000

- 1/1750 à 1/12 500

- 1/1000 à 1/33000

- 1/50 000

- 0 à 1 / 1 million

 

 

Post-scriptum faisant suite au commentaire du 30/03/2012 :

             Vaccins & corticothérapie

   - Les corticoïdes ont un effet immunosuppresseur, en cas d’un vaccin vivant le risque potentiel est la prolifération de la souche de ce dernier, impliquant une accentuation des effets secondaires  du vaccin. Par ailleurs il existe un risque sérieux de réversion de l'atténuation du virus ou de la bactérie. Avant d'utiliser les vaccins vivants atténués, il est prudent d'attendre 3 mois après l'arrêt du traitement immunosuppresseur puissant.
   - Les vaccins inactivés ou recombinants peuvent être utilisés chez les patients sous corticoïdes. Avec ce type de vaccin il n'y a évidemment pas de risque de réversion de l'atténuation du virus ou de la bactérie. Cependant  il risque théorique  celui de réduire l’amplitude de la réaction immunologique naturelle du corps induite par vaccin. Ce qui, théoriquement, tendrait à réduire l’efficacité de ce dernier. 
 

Vaccins vivants atténués
(Voie d'administration)

Vaccins inactivés ou recombinants
(Voie d'administration)

Fièvre jaune (Sscut, IM)
Oreillons (Sscut, IM)
Rougeole (Sscut, IM)
Rubéole (Sscut, IM)
Poliomyélite (orale)
Tuberculose (intradermique)
Varicelle (Sscut)

Tétanos (Sscut, IM)
Diphtérie (Sscut, IM)
Coqueluche (Sscut, IM)
Méningocoque (Sscut, IM)
Poliomyélite (Sscut, IM)
Grippe (Sscut, IM)
Hépatite A (IM)
Hépatite B (IM)
Pneumocoque (IM)
Fièvre typhoïde (IM)
Haemophilus (Sscut, IM)

(Sscut : sous-cutanée; IM : intramusculaire)

En pratique :

- Pour les Vaccins vivants atténués la question est tranchée : c’est une contre-indication claire.

- Pour les vaccins inactivés ou recombinants, si une corticothérapie, en aigu, à forte dose, sur de courtes périodes (5j), est nécessaire, la vaccination dans ce cas peut être rattrapée par la suite sans problème dans la majorité des cas. Si la corticothérapie est utilisée en chronique (cas de certaines maladies générales) dans ce cas les posologies évoluent vers la baisse par palier, la vaccination pose un problème en particulier au début du traitement lords des posologies fortes (supra-physiologiques).

Référence :

-  O. Launay, « Vaccinations et contre-indications vaccinales » (fichier PDF 3 pages) Inrs, Document pour médecin de travail n°113, 1er trimestre 2008

 
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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 13:24

CHIFFRES & REPERES

LA TOXICOMAINE  EN CHIFFRES

 10-12-09-C-R-Toxicomanie-copie.jpg 

Source : L. HALLAOUI « Toxicomanie, ils se shootent à l’âge de … 10 ans » LE SOIR, n°714, page 8 du 06/12/2010

 

Chiffres :

   Le taux de prévalence de l’usage du cannabis au Maroc chez les jeunes varie de 4 à 9 %

Estimation donnée par des enquêtes réalisées dans des établissements d’enseignement pour connaître la prévalence de l’usage du cannabis au cours de la vie chez les jeunes.

Taux de prévalence : C'est le nombre de cas existants (anciens & nouveaux) à un moment donné, rapporté à l’effectif de la population à ce moment

 

   Le rapport mondial sur les drogues en 2009 estime que dans l’ensemble des pays d’Afrique du Nord

          - Les consommateurs de cannabis se situent entre 3,6 et 9,3 millions

          - Les consommateurs d’opium et de ses dérivés ne dépassent pas les 490.000

          - Les consommateurs de cocaïne sont entre 30.000 et 50.000

          - Les consommateurs d’amphétamines sont entre 240.000 à 510.000

 

Déclarations :

Contexte : séminaire d’information sur la réduction des risques chez les usagers de la drogue qui s'est tenu à Rabat le 04/12/2010

Pr. Fatéma El Omari : Chef de service au Centre national de traitement, de prévention et de recherches en addictions à l’hôpital Arrazi à Salé:  

- « Aujourd’hui, nous avons toutes les drogues, mais sans aucune étude épidémiologique qui nous permette de mesurer l’ampleur du fléau »

- «Nous ne disposons, pour le moment, que d’estimations sans chiffres précis. Toutefois, depuis les années 80, l’on constate que la consommation d’héroïne et de cocaïne augmente considérablement par la voie injectable»

- A propos du rajeunissement des usagers : «Avant, ils avaient 18 ans. A présent, ils sont des adolescents et parfois même des enfants de 10-12 ans !»

- «La prévalence du VIH auprès des usagers des drogues injectables (UDI) est très élevée : 30 à 40%»

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:16

ESCAPADE EN KLAXON

 

 10 05 18 Accident de la route

 Source image : L’ECONOMISTE, n°3278, du 18/05/2010

  

 En guise d’escapade je vous propose l’éditorial du journal LE SOIR du 10/12/10 :

 « Depuis les dernières intempéries, la circulation à Casablanca a franchi un pas vers l’insoutenable. La multitude de tronçons de routes bloqués transforme les carrefours praticables en nasses où l’incivisme des conducteurs s’exprime librement.

La maréchaussée, débordée, tente tant bien que mal de se concentrer sur les points névralgiques mais le comportement des automobilistes nécessiterait davantage le recours à l’armée.

Une des différences notoires entre les villes du tiers-monde et celles des mégapoles occidentales est le relatif calme qui règne sur les routes. Point de klaxon. Chez nous, l’avertissement sonore vaut affirmation de soi. Je klaxonne, donc je suis. Triste définition de l’automobiliste…

Mauvaise nouvelle pour les agités de la trompe sonore, l’usage du klaxon n’a jamais réussi à dissoudre les embouteillages. Il contribue simplement à augmenter le stress des automobilistes et de tous ceux qui y sont exposés. Alors de grâce, cessez de nous polluer.

Rappel pour les inconditionnels des décibels : l’usage du klaxon est prévu pour donner les avertissements nécessaires aux autres usagers de la route, avec toutefois plusieurs restrictions, selon que l’on soit en ville ou non, de jour ou de nuit, pas pour crier «pousse-toi de là que je m’y mette».

Dans certains pays, où la circulation est bien plus dense que chez nous, un petit coup de klaxon vaut une amende d’environ 4.000 DH. A ce prix-là, les caisses de l’Etat seraient plus pleines que celles de tous les coffres helvètes.

Dans ces mêmes pays, les carrefours sont matérialisés par des croisillons. S’y engager sans avoir de visibilité revient à commettre une infraction. Il est stupide de bloquer un carrefour parce qu’on perd plus de temps que si on laissait le passage libre aux automobiles dont le feu est vert.  Voici deux petits gestes qui rendraient les routes bien plus agréables, pour tous»  Source : Saâd A. Tazi, « Silence », LE SOIR n°717 du 10/12/10

 

De quoi je me mêle ?

       Une petite histoire réelle pour nuancer cet éditorial. En effet en circulant, un de ces hivers, sur la petite route qui mène à la station Michlifène (Ifrane) on a été ralentit par un groupe de jeunes femmes et de jeunes hommes qui déambulaient sur la chaussée, voulant être poli nous n’avons pas klaxonné, à un moment donné une des jeunes femmes s’est rendue compte qu’il y avait une voiture derrière elles, le groupe nous a enfin cédé le passage, mais qu’elle fût notre surprise quand on entendit a travers la vitre de la voiture une réflexion de l’une des jeunes femmes : « Alors ! Il n’y a pas de klaxon chez vous ? »

       Les désagréments rapportés par l’éditorialiste Saâd Tazi ne sont le souci, nous semble-t-il, que d’une minorité de citoyens. Ce qui est considéré ailleurs comme un comportement de voyou est admis par un grand nombre de nos concitoyens comme une attitude banale     

Il faut, peut être, rappeler que le curseur de la morale et du civisme se déplace allégrement suivant les époques et les cultures comme l’écrivait judicieusement l’éditorialiste de la revue Actuel Maroc

Par ailleurs la morale religieuse, qui est la seule référence pour la majorité de nos compatriotes, n’affecte que peu le civisme dans notre société. Comme quoi on peut faire ses cinq prières réglementaires, pratiquer le ramadan jusqu’au bout, ne rien laisser du mouton de l’Aïd Elkebir et … se comporter comme un voyou.

Le civisme implique fondamentalement le respect de l’autre en tant qu’être humain, malheureusement comme le disait un de nos aïeux, qui avait le sens des bonnes phrases, au début des années 50 « tout est devenu onéreux dans notre pays, sauf une chose : l’être humain ». Cet irrespect implique tout autant, et dans tous les sens, les gouvernants (du moins une bonne partie) que les gouvernés eux-mêmes.   

Bon week-end         

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 16:00

CAS D’OFF.

ATTENTION AUX ASSOCIATIONS MEDICAMENTEUSES

AVEC LE RHUMIX

 

 10-12-06-CAS-d-OFF-ASSOCIATION-RHUMIX.jpg

Rappels déontologiques : 

  - les coordonnés du médecin traitant et du patient on été expressément masqués. Cette image est publiée à titre strictement informatif afin de rapprocher le plus possible le lecteur de la réalité complexe de notre exercice professionnel.       

  - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

 

Contexte :

- Date : 06/12/10

- Médecin traitant : secteur public  

- Patient : jeune femme, âgée de 22 ans

- Signes rapportés en officine : Vomissement et douleurs abdominales

Ordonnance :

- Cetamyl cp : 2 cp x 3 par jour

DCI : paracétamol en cp dosé à 500 mg 

- Rhumix sts : 1 sts x 3 par jour

DCI : association de six principes actifs : Chlorphénamine Maléate 4 mg, Ibuprofène 200 mg, Pseudoéphedrine 50 mg, Paracétamol 400 mg, Caféine 25 mg, Vitamine C 300 mg. Pour plus d’information lire notre article : Etude comparative Rinomicine vs Rhumix

- Aspegic 1000 sts : 1 sts x 3 par jour

DCI : acétylsalicylate de lysine, c’est de l’aspirine sous forme de sel de lysine (un acide aminé) ce qui améliore sa solubilité.  

- Biotic plus 1 g sts : 1 sts x 2 par jour

DCI : association 1/8 d’amoxicilline 1 g et d’acide clavulanique 125 mg. Pour plus d’informations lire notre article : L’association amoxicilline ¼

Analyse :

              Le problème posé par cette ordonnance n'est autre que la difficulté d’associer une spécialité comme Rhumix qui est elle-même est une formulation à base de plusieurs principes actifs (comme son concurrent le Rinomicine).

Dans le cas présent et aux doses préconisées par l'odonnance on a :

             1- Un surdosage en paracétamol : 1 g apporté par le Cetamyl et 400 mg par le Rhumix soit 1,4 g par prise. Selon le RCP de la spécialité Doliprane 1000 mg (in AFFSSAPS, mise à jour du 31/03/2009, consulté le 07/12/2010)

« Il n'est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g de paracétamol par jour, soit 3 comprimés par jour. Cependant, en cas de douleurs plus intenses, la posologie maximale peut être augmentée jusqu'à 4 g (4 comprimés) par jour. Toujours respecter un intervalle de 4 heures entre deux prises.»

Il s’agit ici d’un surdosage relatif non pas à la quantité totale de paracétamol administrée, mais à la quantité par prise qui est injustifiée.

             2- L’association d’ibuprofène et d’aspirine : l’ibuprofène est apporté par le Rhumix et l’aspirine par l’Aspégic. L’association de deux AINS est tout simplement injustifiée et pour cause dans le Vidal dans sa rubrique « Références Médicales Opposables » retrouvée à la fin des monographies des AINS on peut lire ce qui suit :    

« Thème 1 - Prescription des antiinflammatoires non stéroïdiens, paragraphe 1.8 : Il n' y a pas lieu d'associer deux AINS par voie générale, y compris l'aspirine (Sauf lorsque celle- ci est prescrite à visée antiagrégante à des doses < 500 mg). Cette recommandation concerne toute la classe des AINS, qu'ils soient prescrits comme antalgiques, antipyrétiques ou anti-inflammatoires »

             3- L’intérêt, d’associer l’aspirine (Aspégic) et le paracétamol (Cetamyl), reste discutable 

 

Conduite à tenir proposée :

              La conduite officinale à tenir proposée (sauf erreur de notre part), à défaut de contacter le médecin - absence de n° de téléphone -, a pour objectif de respecter l’esprit de la prescription tout en faisant éviter au patient les effets délétères éventuels.    

      - Limiter la posologie du Cetamyl à 1 CP x 3 par jour (en cas de problème on prétextera qu’on a mal lu l’ordonnance)

      - Eviter de délivrer l’Aspegic (on prétextera un problème de stock)

      - Ne jamais stigmatiser en aucun cas, l’auteur de l’ordonnance, car cela induit une perte de confiance dans la relation médecin – patient ce dernier aura tendance alors à multiplier les consultations et à collectionner inutilement les effets secondaires.
Au contraire l’officinal, dans l’intérêt du patient même, doit veiller à consolider les rapports de ce dernier avec son médecin pour une bonne observance du traitement et pour avoir de bons résultats - éviter le plus possible les effets nocebo délétères - .                

Cela exige de la part de l’officinal dans certains cas, comme dans le cas présent, non seulement des connaissances pharmacologiques mais aussi du doigté intellectuel et relationnel afin de remplir pleinement sa mission.

Rappel : il est absurde, irresponsonble, voir suicidaire, qu’un professionnel de la santé, digne de ce nom, voulant étaler sa compétence, charge un confrère. Et ce pour les raisons suivantes :
- La 1ère victime de ce comportement stupide, c’est le patient qui perd toute confiance dans l’ensemble du corps médical    
- La 2ème victime c’est le corps médical dans son ensemble qui va perdre, au final, l’estime et le respect du citoyen.

Comme un cas d’officine peut en cacher un autre, voici à titre indicatif une autre ordonnance, qui sur la forme parle d'elle-même, où on retrouve le même problème que l'ordonnance analysée.   

Ordonnance :

- Rhumix sts : 1 sts x 2 par jour    

- Diclomax 75 : 1 CP x 2 par jour

DCI : diclofénac un AINS (antiiflammatoire non stéroïdien)

10-11-26-Rhumix---Diclomax-75.jpg

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 20:05

C A S   D ’ O F F I C I N E

ASSOCIATION D’ANTISPASMODIQUES

 10-11-15-DROTAVERINE---ALEVERINE-copie.jpg

 

Rappels déontologiques :

- Ordonnance reconstituée selon l’originale, les noms et coordonnées du médecin traitant sont purement fantaisistes. Toute ressemblance avec les de personnes existantes ou ayant existées est purement fortuite.  

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

 

Contexte :

         - Prescripteur : Médecin généraliste

         - Patiente : femme âgée de 45 ans environ

Ordonnance :

         - PROFENID inj IM :  1 inj / jour

DCI kétoprofène c’est un anti-inflammatoire non stéroïdien, dérivé de l'acide aryl carboxylique, du groupe des propioniques. On retrouve dans cette même classe entre autre : l’ibuprofène, acide tiaprofènique (Surgam), naproxène (Naprosyne), fénoprofène (Nalgesic).

         - NO-SPA FORTE CP : 1 CP x 3 par jour

DCI drotavérine un antispasmodique musculotrope dérivé de la papavèrine, lire à ce sujet notre article à la drotavérine    : Drotavérine-papavérine les liaisons dangereuses  consacré

         - METEOSPASMYL Gélule : 1 gélule 3 x par jour  

DCI c’est une association de siméticone et de d’alvérine. La siméticone est une substance physiologiquement inerte et qui n'a donc pas d'activité pharmacologique. Elle agit en modifiant la tension superficielle des bulles de gaz, provoquant ainsi leur coalescence. Pour plus d’information lire sur ce même blog : La diméticone structure & applications.    

L’alvérine est un antispasmodique musculotrope de type papavérinique, non atropinique.

 

Analyse :

          La question fondamentale posée par cette ordonnance c’est la pertinence d’une association d’antispasmodique.

Après moult recherches nous n’avons pu avoir aucune réponse rationnelle argumentée à cette question, la seule piste de réflexion qu’on a trouvé c’est une discussion, datée du 06/08/2010, dans le forum du site pharmacorama suite à une question au sujet de l’association d’antispasmodiques, nous vous rapportons ci-après la réponse du modérateur du site Pierre Allain :

« Sur le plan pharmacologique, faut-il préférer une dose élevée d'un seul médicament à des plus faibles doses de deux ou trois autres médicaments ayant un mécanisme d'action commun ?
Chacun peut avoir son idée à ce sujet, mais il n'y a pas, à ma connaissance, d'études cliniques sur lesquelles on puisse s'appuyer.
Dans le cas des antispasmodiques, ils peuvent avoir des propriétés accessoires différentes à coté de leur mécanisme d'action principal (même si ils sont regroupés dans le même chapitre de Pharmacorama) et le médecin peut chercher à "couvrir large".
Pour les antispasmodiques avec un accélérateur de transit, cela peut paraître à première vue contradictoire mais il est des situations cliniques où cette association pourrait avoir un intérêt. Encore une fois dans ces domaines où la pathologie est mal précisée et où il n'y a pas d'étude clinique disponible, il est difficile de se prononcer. »

L’avis du pharmacien : 

       A défaut d’arguments pharmacologiques sérieux en faveur ou en défaveur de cette association, on est obligé de travailler avec le bon sens.

Pour nous, l’association d’antispasmodique n’a pas lieu d’être, il s’agit là d’une propension du corps médical (en particulier secteur libéral) à rechercher, dans l’objectif de traiter au mieux et au plus vite le patient, une efficacité qui dépasse les caractéristiques pharmacologiques intrinsèques des médicaments. (Trivialement dit : on cherche à laver plus blanc que blanc !)

Nous pensons, sauf erreur de notre part, que l’association d’antispasmodiques est non sens dans l’état actuel de nos connaissances.             

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:34

PRIX DES MEDICAMENTS

DE NOUVELLES PRESSIONS SUR L’OFFICINAL SE PRECISENT

 

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Source images : Galerie de photos de Paul Alsop in Flickr, Photocomposition : PHARHAMSTER

 

       Une lettre d’information, datée du 24/11/2010, de la FNSM (la fédération nationale des syndicats de pharmaciens du Maroc) diffusée auprès des officinaux, rapporte qu’une réunion au sein du ministère de la santé s’est tenue avec comme objectif la présentation d’un plan d’action pour améliorer l’accès du médicament au citoyen.

Selon la dite lettre, ce plan a été présenté par le BCG (Boston Consulting Group), il s’agit d’une étude qui été commandée conjointement par le Ministère de la santé et l’ANAM (l’agence nationale de l’assurance maladie).

L’avis du pharmacien de base :

Rappel : L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois. Nous ne  détenons en aucun cas  de vérité absolue

        Comme nous avons déjà rapporté sur ce blog, le BCG n’est autre que le bureau d’étude chargé par les industriels de publier une étude qui avait pour objectifs de contrecarrer les conclusions de la Mission Parlementaire d’enquête sur les médicaments[2; 3]. Choisir précisément ce même bureau d’étude pour développer un plan d’action au sujet du prix des médicaments, c’est choisir implicitement l’option des industriels [5 ; 6]qui visent à se décharger de leur responsabilité citoyenne sur le compte de celui qui est en bas d’échelle : le pharmacien d’officine et sa pauvre marge nette de 10%.

        Droit de substitution ou pas, toute forme de discussion sur la reformulation de la marge du pharmacien, nommée marge dégressive, marge dégressive lissée ou autre (quelque soit la formule mathématique choisie) sera un atteinte à la maigre rémunération de l’officinal (10% environ de marge nette).

Il est clair que le devenir de notre profession paraît sombre, comme mentionné dans cette lettre d’information à juste titre. Et pour cause, les décisions futures au sujet du médicament, seront la résultante des actions des divers lobbys [11], et sur  ce terrain les officinaux partent largement défavorisés sauf une éventuelle et hypothétique mobilisation autours, d’une part des syndicats, et d’autre part autour d’un projet officinal mettant le patient au cœur de nos préoccupations[1]. 

Sauf erreur de notre part, (car l'erreur est possible) nous considérons que le fait de ne pas appuyer le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le médicament [3] par les officinaux, constitue une erreur stratégique fondamentale. Cela a privé les officinaux de structurer un lobby efficient autour des rédacteurs de la dite enquête, d’autant plus qu’un certain nombre de ses rapporteurs sont du même parti politique que la Ministre de la santé. Pire encore cela nous a privé de l’appui inespéré de la société civile, cas de Transparency Maroc [7], et d’une grande partie de l’opinion public qui classiquement ne voient dans l’officinal « qu’un médiocre rentier » de la santé, sans valeur ajoutée notable. L’enquête parlementaire a été pour nous une occasion historique pour redorer le blason d’une profession meurtrie de toute part, mettant sous le feu des projecteurs l’industrie qui a touts les moyens pour se défendre, une occasion qu’on a raté et sacrifié sur l’autel de petits calcules d’apothicaire.

Résultat, le politique face au rouleau compresseur des industriels et à la faiblesse de position de l’officinal tant au niveau parlementaire qu’au niveau de l’opinion public, se retrouve acculer à accepter les arguments du lobby du plus puissants. Et quelle meilleure façon de faire passer une pilule amère, pour l’avenir de milliers d’officinaux, que de se baser sur les « conseils » d’un bureau d’étude acquis à la cause des plus puissants. 

      

Articles antérieurs sur la même thématique dans ce même blog :     

 1- 24/03/2008 : LE ROLE DU PHARMACIEN

 2- 09/11/2009 : PRIX DES MEDICAMENTS : LE SCANDALE 
 3- 09/11/2009 : PRIX DES MEDICAMENTS : ENQUÊTE PARLEMENTAIRE 
 4- 11/11/2009 : PRIX DU MEDICAMENT : NOUVELLES CONFIRMATIONS 
 5- 26/11/2009 : LE PRIX DU MEDICAMENT AU MAROC : L'ARGUMENTAIRE DES INDUSTRIELS  

 6- 08/02/2010 : PRIX DES MEDICAMENTS : LES GRANDES MANOEUVRES

 7- 14/05/2010 : TABLE RONDE DE TRANSPARENCY MAROC SUR LE PRIX DU MEDICAMENT

 8- 26/05/2010 : 8EME CONGRES INTERNATIONAL DE LA PHARMACIE

 9- 01/06/2010 : DELESTAGE EN DOUCEUR DES PPM

10- 18/06/2010 : LES DÉPENSES DE MÉDICAMENTS PAR HABITANT : comparatif entre 7 pays

11- 06/09/2010 : LA COMPLEXITE DE LA PRISE DE DECISION DANS LA POLITIQUE DU MEDICAMENT

 

A toute fin utile, contracter un crédit à long terme est une décision qui paraît fort hasardeuse par les temps qui courent. Notre pensée va à touts nos confrères et consoeurs qui actuellement n’arrivent pas à joindre les deux  bouts, comment peuvent-ils s’en sortir avec les « recommandations » du Boston Consulting Group ? Comment peut-on demander à un officinal appauvri d’améliorer sa qualité de service ou encore de faire de la formation continue une nécessité vitale ? S’attaquer à la maigre marge de l’officinal c’est le premier pas d’un cercle vicieux, où le grand gagnant est l’industriel, le grand perdant c’est le patient, l’officinal sera lui tout simplement laminé. 

 

Au vu de la faible consommation de médicaments au Maroc [10], personne ne peut être contre le principe d’une réduction du prix, seulement, si économie il y a, il faut la cherchée chez ceux qui ont les plus grandes marges dans la chaîne du médicament, l’officinal n’est en fait que le dernier maillon qui est financièrement et structurellement le plus fragile de toute cette chaîne.

 

Chiffres et repères : le prix de 94 spécialités revues à la baisse

En plus des 167 médicaments dont les prix ont été réduits dans le cadre de la stratégie 2008-2012 du ministère de la Santé, d'autres ont été ajoutés à la liste totalisant 261 produits (148 princeps et 113 génériques) dont les prix ont baissé de 57% à 87% durant les cinq deniers mois. Cette liste comprend essentiellement des vaccins et des antirétroviraux, raison pour laquelle ces baisses ne sont pas perceptibles dans une bonne partie des officines.    

Selon le ministère de la Santé, plus de 70 % des médicaments concernés par cette baisse affichaient un prix se situant entre 100 et 11 243 DH pour le traitement anticancéreux, par exemple. Notons qu'une autre vague baissière est prévue avant la fin de l'année.

Source : DOCTINEWS, n° 27, page 6, novembre 2010

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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