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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:28

CHIFFRES ET REPÈRES

NOTION D’EPIGÉNÉTIQUE

               C’est à travers une vidéo, largement partagée sur le Internet, où le prospectiviste et conférencier Joël de Rosnay expliquait cette notion d’épigénétique que ce thème nous a interpelé.

Par ailleurs, un dossier d’information concis de l’INSERM, explicite cette notion d’épigénétique de façon plus précise. Source : Déborah Bourc'his « Dossier d’information : Epigénétique »

Déborah Bourc'his défini dans ce document cette notion comme suit : « Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une "couche" d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule… ou ne pas l’être. En d’autres termes, l’épigénétique correspond à l’étude des changements dans l’activité des gènes, n’impliquant pas de modification de la séquence d’ADN et pouvant être transmis lors des divisions cellulaires. Contrairement aux mutations qui affectent la séquence d’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles »

L’un des points soulevé les plus important à nos yeux c’est le rapport entre le comportement conscient de l’Homme et l’expression réversible de certains gènes. Et c’est une révolution car jusqu’à là on pensait que l’expression ou non des gènes (en partie du moins) était du domaine de l’inné et de l’incontrôlable. Or là, par la modulation consciente de notre comportement on peut impacter l’expression d’une partie de nos gènes. D’où le rapport entre épigénétique et maladie …

A ce sujet le document de l’INSERM rapporte les éléments suivants « Il est désormais largement admis que des anomalies épigénétiques contribuent au développement et à la progression de maladies humaines, en particulier de cancers …. Des anomalies épigénétiques activant des oncogènes (gènes dont la surexpression favorise la cancérogenèse) ou inhibant des gènes suppresseurs de tumeurs ont pu être mises en évidence »

Cela nous amène directement aux thérapeutiques, à ce propos le document de l’INSERM rapporte ce qui suit : « Si les marques épigénétiques sont réversibles, il doit être possible de corriger celles qui posent problème, en particulier celles associées à des maladies. Cette idée a conduit au développement de molécules qui agissent sur les mécanismes épigénétiques pour éliminer les marquages anormaux. On parle d’"épidrogues" ou d’"épimédicaments". Deux principales familles de molécules développées jusqu’ici :

- celle des agents qui inhibent la méthylation de l’ADN (inhibiteurs des ADN méthyltransférases ou DNMTi),

- celle des agents qui ciblent la modification des histones (inhibiteurs des déacétylases d’histone ou HDACi).

Les molécules qui existent aujourd’hui manquent encore de spécificité d’action, ce qui les rend rapidement toxiques pour l’organisme des patients. Mais de nombreux autres épimédicaments sont en cours de développement. De plus, en associant un épimédicament à d’autres approches thérapeutiques, il sera peut-être possible d’en retirer un bénéfice clinique tout en limitant les doses administrées, et donc les effets secondaires »

L’avis du pharmacien :

        Les nouvelles connaissances en épigénétique devraient nous inciter à adopter une hygiène de vie globale. Ce changement de comportement impactera notre santé de manière physiologique classique, mais aussi, et c’est la véritable nouveauté, au niveau de l’expression de nos gènes.

       Quant aux molécules issus de la recherche sur l’épigénétique, nous restons sceptiques ... car la grande difficulté est la spécificité d’action et le ciblage précis des récepteurs. C’est une difficulté majeure non seulement pour ce genre de « futures médicaments » mais aussi pour des familles de médicaments déjà installés comme les antihistaminiques H1 dit non sédatifs, les prokinétiques type métoclopramide, ou encore les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2 (COX-2) présentés comme des produits sélectifs alors que la pharmacovigilance a démontré qu’il en est autrement.

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 14:06

MEDICAMENT

OFLOXACINE OU CIPROFLOXACINE VS RIFAMYCINE

DANS LES OTITES EXTERNES AIGUÊS

Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences pour votre santé.

OFLOXACINE OU CIPROFLOXACINE VS RIFAMYCINE DANS LES OTITES EXTERNES AIGUÊS

      

        Cet insertion est basé essentiellement sur la lecture d’une discussion parue dans le numéro de janvier 2014 de la REVUE PRESCRIRE

Source : « Prescrire en questions Otites externes aiguës : et la rifamycine ? » PAGE 77 • LA REVUE PRESCRIRE JANVIER 2014/TOME 341 V° 363

Les otites externes aiguës sont des inflammations aiguës de l'épiderme et du derme du conduit auditif externe, principalement d'origine bactérienne. Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus, (le fameux staphylocoque doré), sont les bactéries les plus souvent impliquées (2).

Divers médicaments en application locale réduisent la durée des symptômes, mais même en l'absence de traitement, l'évolution est souvent spontanément favorable en quelques semaines (2).

 

 

OFLOXACINE OU CIPROFLOXACINE VS RIFAMYCINE DANS LES OTITES EXTERNES AIGUÊS

 

 

ANALYSE COMPARATIVE :

RIFAMYCINE (OTOFA®)

Selon la Revue Prescrire il n’existe pas d'essai comparatif randomisé ayant évalué la rifamycine en gouttes auriculaires dans les otites externes aiguës, ni versus placebo, ni versus autre antibiothérapie. Autrement dit, l'utilisation de la rifamycine auriculaire dans les otites externes aiguës ne repose pas sur une évaluation clinique comparative.

La revue rapporte que le Martindale (un ouvrage de base en pharmacologie clinique) affirme que la rifamycine est active contre les bactéries Gram positif, dont fait partie le staphylocoque doré, mais son activité est plus inconstante contre certaines bactéries à Gram négatif, dont fait partie le Pseudomonas aeruginosa (3).

Dans le résumé des caractéristiques (RCP) de la spécialité à base de rifamycine auriculaire Otofa®, il est mentionné que la rifamycine est inactive contre le pseudomonas aeruginosa, ce qui conduit à des échecs cliniques et microbiologiques (4).

OFLOXACINE (OFLOCET® goutte auriculaire)      &

CIPROFLOXACINE SPECTRUM® goutte auriculaire)

- L'ofloxacine auriculaire (Oflocet® ou autre), une fluoroquinolone, est autorisée selon son RCP « dans le traitement des otorrhées purulentes : sur aérateur transtympanique ; sur cavité d'évidement ; sur otites chroniques non ostéitiques à tympan ouvert ». Cette fluoroquinolone n'est pas officiellement autorisée dans le traitement des otites externes aiguës.

- Cependant, dans plusieurs essais cliniques, l'ofloxacine et la ciprofloxacine par voie auriculaire ont été aussi efficaces en termes de guérison d'otites externes aiguës après 7 jours et 2 semaines de traitement que l'association auriculaire d'un antibiotique avec un corticoïde (2,5,6). On en deduit aussi l'inutilité du corticïde local dans cette indication.

- Dans un essai randomisé chez des patients atteints d'otites externes ou d'otites moyennes chroniques, l'efficacité de la ciprofloxacine et celle de la gentamicine auriculaire ont été voisines, sans différence statistiquement significative

- Selon le Martindale, les fluoroquinolones sont en général actives contre les bactéries le Pseudomonas aeruginosa, et les staphylocoques. Mais des résistances à ces antibiotiques se développent (7)

Autant la rifamycine que l’ofloxacine ou ciropfloxacine ne sont ototoxiques :

La rifamycine ne fait effectivement pas partie des antibiotiques avérés ototoxiques, et elle peut être utilisée en cas de perforation du tympan, comme l'ofloxacine et la ciprofloxacine (1,2). Rappelons que les antibiotiques ototoxiques à éviter en cas de perforation du tympan sont (2) :

                 - La framycétine, aminoside, n’est plus disponible au Maroc sous forme auriculaire

                 - La gentamicine, aminoside, n’est plus disponible au Maroc sous forme auriculaire

                 - La néomycine, aminoside retrouvé dans le POLYDEXA® et ANTIBIO SYNALAR® en association avec un corticoïde et la polymexine B qui est elle aussi ototoxique

                 - La polymyxine B, polypeptide retrouvé dans POLYDEXA®, ANTIBIO SYNALAR® et l’AURICULARUM® en association avec un corticoïde et l’oxytétracycline.

 

             La revue conclue qu’en pratique dans les otites externes aiguës, l'absence d'évaluation clinique et le spectre d'activité de la rifamycine, qui ne couvre pas les Pseudomonas aeruginosa, en font un choix moins utile que les fluroquinolones, notamment l'ofloxacine.

La place de la rifamycine apparaît limitée aux infections résistantes à un traitement par fluoroquinolone, avec preuve d'infection par une bactérie Gram positif, notamment un staphylocoque doré.

L’avis du pharmacien :

        Cet article nous permet, à toute fin utile, de rappeler les formes auriculaires ototoxiques : POLYDEXA®, ANTIBIO SYNALAR® et l’AURICULARUM®. Leur administration ne peut être faite qu’après osculation de l’état tympan. Cela implique que tout conseil hasardeux ou prescription probabiliste est à proscrire. Au Maroc nous avons comme ofloxacine en goutte auriculaire OFLOCET® dont l’avantage est sa présentation en récipients unidoses ce qui facilite sa conservation et dont l’inconvénient est le prix, à 70.80 DH, et qui malgré une petite baisse lors de la dernière vague de baisse des prix au Maroc reste chère pour nos patients.

Le SPECTRUM® gouttes auriculaire, DCI ciprofloxacine, à 33.00 DH, constitue une alternative moins onéreuse et tout aussi indiquée dans les otites externes aiguës même à tympan ouvert.

A titre d’information rappelons que la rifamycine, antibiotique macrocyclique complexe qui inhibe la synthèse d'acide ribonucléique, peut être transformé par hémi-synthèse en rifampicine, le célèbre antituberculeux.

Références :

1-Prescrire Rédaction "Otofa° solution auri¬culaire" Rev Prescrire 1987; 7 (62) : 63-64.

2- Prescrire Rédaction "Otites externes aiguës non compliquées. Un traitement local par cipro-floxacine ou ofloxacine, sans corticoïde, est le plus souvent suffisant" Rev Prescrire 2013 ; 33 (356) : 443-446.

3- "Rifamycin Sodium" + "Rifampicine". In :"Mar¬tindale The complete drug reference" The Pharma-ceutical Press, London. Site www.mediànes complete.com consulté le 11 juillet 2013 :31 pages.

4- ANSM "RCP-Otofa°" + "Notice" 22 février 2006: 12 pages.

5-Prescrire Rédaction "Otloxacine auriculaire : balance bénéfices-risques favorable" Rev Prescrire 2012 ; 32 (342) 267.

6- Prescrire Rédaction "ciprofloxacine auriculaire¬Ciloxan°. Otites externes aiguës : une autre fluoro-quinolone, sans plus" Rev Prescrire 2013; 33 (356) : 412. 7- "Ciprofloxadrte"+ `Ofloxacine"+ "Quinolones". ln : "Martindale The complete drug reference" The Pharmaceutical Press, London. Site www. medicinescomplete.com consulté le 21 octobre 2013:45 pages.

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 21:16

LECTURE OFFICINALE

Rôle du fenugrec en prévention du diabète type II

Rôle du fenugrec en prévention du diabète type 2

Source : Gaddam A et coll. : Role of Fenugreek in the prevention of type 2 diabetes mellitus in prediabetes. J Diabetes Metab Disord., 2015; 14: 74. doi: 10.1186/s40200-015-0208-4.

 

Avant-propos :

          Les graines du fenugrec de leurs vrai nom Trigonella foenum graecum ou en arabe al halba, sont connus depuis longtemps pour leurs vertus alimentaires. Cependant elles ont comme  inconvénient l’odeur qu’elles provoquent au niveau des aisselles.

Abdelhaï Sijelmassi dans son livre « Les plantes médicinales du Maroc » [page 117, Ed Le Fennec 1993] rapporte que le fenugrec a été utilisé, en France, pendant la 2ème guerre mondiale comme source de protéine.

De nos jours on retrouve, en pharmacie, le fenugrec sous forme d’extrait dans de nombreux compléments alimentaires [VITATINE®,  NURAX®, DYNAVIT® …] comme stimulant de l’appétit avec un faible niveau de preuve.

Depuis un certain temps  on sait, via un certains nombre d’études de cas et essais cliniques préliminaires, que le fenugrec pourrait (au conditionnel) contribuer plus ou moins à la régulation du taux de glucose sanguin en cas de diabète de type 2. Cependant, comme le soulignent les auteurs de 3 synthèses, les essais de bonne qualité méthodologique sont trop peu nombreux [1,2,3]. De plus, comme les chercheurs ont utilisé différents dosages de graines, de farine, ou d’extrait, il n’y a pas de protocole de traitement établi [4,5,6,7].

Sources :

1. Basch E, Ulbricht C, et al. Therapeutic applications of fenugreek. Altern Med Rev. 2003 Feb;8(1):20-7. Review. Texte intégral : www.thorne.com
2. Shekelle PG, Hardy M, et al. Are Ayurvedic herbs for diabetes effective?J Fam Pract. 2005 Oct;54(10):876-86. Texte intégral : www.cfp.ca
3. Complementary and alternative medicine for the treatment of type 2 diabetes. Nahas R, Moher M. Can Fam Physician. 2009 Jun;55(6):591-6. Review. Texte intégral : www.cfp.ca
4. Gupta A, Gupta R, Lal B. Effect of Trigonella foenum-graecum (fenugreek) seeds on glycaemic control and insulin resistance in type 2 diabetes mellitus: a double blind placebo controlled study.J Assoc Physicians India 2001 Nov;49:1057-61.
5. Effect of fenugreek seeds on blood glucose and lipid profiles in type 2 diabetic patients. Kassaian N, Azadbakht L, et al. Int J Vitam Nutr Res. 2009 Jan;79(1):34-9.
6. Clinical observation on trigonella foenum-graecum L. total saponins in combination with sulfonylureas in the treatment of type 2 diabetes mellitus. Lu FR, Shen L, et al. Chin J Integr Med. 2008 Mar;14(1):56-60.
7. Fenugreek bread: a treatment for diabetes mellitus. Losso JN, Holliday DL, Finley JW, Martin RJ, Rood JC, Yu Y, Greenway FL. J Med Food. 2009 Oct;12(5):1046-9.

    Cette nouvelle étude randomisée contrôlée  (document PDF de 10 pages) d’origine  indienne, publiée ce mois d’octobre 2015 ne bouleverse pas les données précitées mais milite pour une future éventuelle utilisation dans la prévention du diabète II

Les auteurs déclarent qu'ils n’ont aucun conflit d'intérêts avec les industriels fabricants de fenugrec, cela dit ils ne mentionnent pas avec précision les sources de financement. Une chose est précisée, la poudre de fenugrec utilisée dans cette étude a été fournie par la société SMS Pharmaceuticals Limited (Jeedimetla, Hyderabad, Inde)

Objectif :

      Les auteurs partent de l’hypothèse qu’une  supplémentation alimentaire avec fenugrec modulerait l'homéostasie du glucose et empêcherait potentiellement la survenue du diabète sucré type 2 chez les personnes atteintes de prédiabète. L'objectif de cette étude est de déterminer si le fenugrec peut empêcher cette survenue chez les personnes prédiabètiques.

Méthode :

      - Il s’agit d’une étude randomisée contrôlée,  étalée sur une durée de 3 ans.

      - Ella a inclus 66 patients âgés de 30 à 70 ans présentant un pré-diabète.

      - Ces 66 volontaires ont reçu de la poudre de fenugrec, à la dose de 5 g deux fois par jour avant les repas, pendant 3 ans.

       - Leurs constantes sanguines étaient comparées tous les 3 mois à celles de 74 sujets témoins.

       - Les auteurs ont utilisé un extrait en poudre de fenugrec « desamérisé » (sans amertume, dans le texte noté : debitterized). La quantité administrée est de 5g deux fois par jour avec 200 ml d’eau ½ heure avant les repas   

Résultats :

A la fin de la période d’observation de 3 ans

 -  Le taux de conversion des hyperglycémies à jeun et des intolérances au glucose en diabète est significativement inférieur dans le groupe ayant reçu le fenugrec par rapport au groupe témoin

                 34,62 % groupe témoin  vs 18,52 %  groupe fenugrec

- Ils ont aussi observées, dans le groupe fenugrec, des réductions significatives

                 des glycémies à jeun                  1,4    g/l vs  1      g/l

                 des glycémies post-prandiales   1,43  g/l vs. 1,29 g/l

                 du LDL-cholestérol                      1,17 g/l vs  1,10 g/l

- Le cholestérol total, le HDL-cholestérol et les triglycérides en revanche ne sont pas modifiés.

- L’insulinémie moyenne, a augmenté dans le groupe fenugrec par rapport au groupe témoin où elle est restée stable 12 mU/l vs 10,2 mU/l

- Il n’apparaît en revanche aucune différence entre les deux groupes en ce qui concerne l’indice de masse corporelle moyen.

- l’observance et la tolérance du traitement sont bonnes pendant la durée de l’étude

 

Conclusions des auteurs : 

Selon les auteurs, l’effet hypoglycémiant de 10g de fenugrec par jour pendant 3 ans serait lié à une augmentation  de l’insulinémie et une diminution de la résistance de l’organisme à son effet, et ils suggèrent que cette action est la conséquence des alcaloïdes contenus dans le fenugrec.

 

L’avis du pharmacien :

Rappel déontologique en direction des patients : il s’agit ici d’une discussion interprofessionnelle, seul votre médecin traitant est à même de prendre les décisions idoines. Ne jamais se fier à Internet pour prendre des décisions médicales ou thérapeutiques, les risques d’erreurs sont énormes avec de sérieuses conséquences !

     1- Cette étude n’étant pas randomisée contre placébo elle ne permet pas d’éliminer ou de limiter les risques de biais.

     2- On peu se demander si la composition chimique de la poudre de fenugrec est constante dans le temps afin de permettre la reproductibilité de cette étude.

     3- Par ailleurs on attribue classiquement au fenugrec des propriétés orexigènes qui impliquent logiquement une prise de poids. Cette étude démontre que le fenugrec n’a pas d’effet notable sur le poids. Et si c’était le cas … cela serait en contradiction avec son effet antidiabétique supposé. Autrement dit l’effet escompté des stimulants de l’appétit type  VITATINE®,  NURAX®, DYNAVIT®, EXTRAFORM® et autre ACTI’PETIT® ou encore FENUGRENE® en France, n’est absolument pas démontré.  Même si en 1990 (il y a 25 ans  à une époque où on était laxiste par rapport aux exigences pharmacologiques), la Commission Européenne avait approuvé l'usage médicinal des graines de fenugrec pour stimuler l'appétit en peros, et par voie externe pour soulager l'inflammation ! A noter que l’ANSM en termes d’indication mentionne pour ce genre de produits : « Traditionnellement utilisé pour faciliter la prise de poids. » cas du RCP de YOREXELLA®, comprimé enrobé (consulter le 22/10/15) ce qui montre un flou remarquable, car entre la tradition et la pharmacologie il y a trop de marge. 

 

Au final le fenugrec est un complément alimentaire sans effets secondaires notables, c’est une source de protéine végétale indéniable (au même titre que le soja ou les poids chiches). Malgré de nombreuses études plus ou moins crédibles, ses effets pharmacologiques ne sont pas démontrés.

Concrètement, pour nous, si un patient veut utiliser le fenugrec en extrait, en poudre, ou en grain, il peut le prendre :

       - comme apéritif orexigène : même si aucune prise de poids n’est escomptée … c’est une bonne source de protéines.      

       - comme adjuvent antidiabétique, et uniquement comme adjuvent, en complément d’un régime hypocalorique et d’une activité physique régulière et d’un éventuel médicament antidiabétique prescrit, qui ne doit sous aucun prétexte être arrêté sans l’avis du médecin prescripteur ; c’est un complément alimentaire intéressant qui pourrait, au mieux, réduire les doses d’antidiabétique administré voir amélioré l’évolution du diabète, et  au pire il n’aura aucun effet.                      

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 18:23

LES RAISONS OBJECTIVES

POUR ABANDONNER LA CONSOMMATION DES SODAS

LES RAISONS OBJECTIVES POUR ABANDONNER LA CONSOMMATION DES SODAS

          Dans un billet mis en ligne en ce mois de juillet sur le site Canadien Passeport  Santé, Le site relate une liste d’arguments objectifs et référencés pour abandonner la consommation des sodas (Coca-Cola® ou autres).

L’intérêt de cet article, est qu’il relate pour chaque affirmation les références bibliographiques s’y attachant   

Nous avons  déjà traité, sous d’autres angles, ce sujet dans divers articles :

- février 2010 : IMPACT SUR LA SANTE DES BOISSONS GAZEUSES : OSTEOPOROSE & CANCER DU PANCREAS

- juillet 2010 : BOISSONS ENERGISANTES : PRENDRE DU RECULE

- novembre 2010 : IMPACTE DES BOISSONS SUCREES SUR LE DIABETE & LE SYNDROME METABOLIQUE 

Les sodas favorisent la prise de poids

        C’est prévisible, les sodas contiennent en moyenne 100 g de sucre par litre, soit 20 g par verre (l’équivalent de 4 morceaux de sucre), ce qui est beaucoup trop par rapport aux recommandations de l’OMS qui préconise de ne pas dépasser 50 g de sucre par jour.

Après saturation du stockage du sucre sous forme de glycogène, les graisses prennent le relais et constituent alors une seconde forme de mise en réserve :

    - les sucres sont transformés en triglycérides et sont stockés principalement dans les cellules adipeuses, surtout dans la zone abdominale [2].

    - Ainsi, il est avéré que le sucre des sodas est fortement impliqué dans les phénomènes de surpoids et d’obésité [1],

    - En outre, la consommation de soda ralentirait le métabolisme [3], ce qui signifie que le corps brûle moins de graisses et dépense moins d’énergie, un autre facteur qui favorise la prise de poids

Sources :
1. Babey SH, Jones M, Yu H, et al., Bubbling over: soda consumption and its link to obesity in California, Policy Brief UCLA Cent Health Policy Res, 2009
2. Ma J, Sloan M, Fox CS, et al., Sugar-sweetened beverage consumption is associated with abdominal at partitioning in healthy adults, J Nutr, 2014
4. Meena Hart Duerson, Step away from the soda, says biologist: Fizzy drinks can cause permanent weight gain, www.nydailynews.com, 2012

Les sodas incriminés dans la suralimentation

      Le pic d’insuline consécutif à l’ingestion d’une quantité excessive de sucre réveille la sensation de faim. En effet, l’insuline induit une résistance à la leptine [1], l’hormone qui régule l’appétit.

Ainsi, lorsqu’on consomme des sodas, la sensation de satiété ne se fait jamais sentir. Par ailleurs, les sodas entraînant une dépendance au sucre, il y a plus de risque que la sensation de faim soit compensée par des aliments riches en glucides (biscuits, viennoiseries, pâtes, pain, pommes de terre…).

L’addiction au sucre a effectivement tendance à transformer notre sens du goût, ce qui fait qu’on a plus de mal à apprécier un aliment brut sans sucre ajouté, comme un fruit. Le consommateur de soda entre donc dans une spirale où le sucre appelle le sucre, entraînant bien souvent une surconsommation calorique.

De plus, composés principalement d’eau gazéifiée et de sucre, les sodas sont démunis de fibres, de vitamines, de minéraux et d’autres nutriments essentiels. Ils représentent donc des calories vides pour l’organisme.

Sources
1. M. Hyman, Why Calories Don’t Matter, www.huffingtonpost.com, 2014
2. Shapiro A, Tümer N, Gao Y, et al., Prevention and reversal of diet-induced leptin resistance with a sugar-free diet despite high fat content, Br J Nutr, 2011

Les sodas augmentent le risque de diabète de type 2

      Les sodas, par leur forte teneur en sucres, leur pouvoir à faire monter la glycémie et donc à causer des pics d’insuline, peuvent entraîner à terme une résistance à l’insuline. C’est-à-dire que le sucre est moins bien utilisé par l’organisme, ce qui se traduit par un taux de sucre sanguin plus important. Or, l’insulinorésistance précède souvent le diabète de type 2.

  - Dans une étude réalisée en 2014 [1], 2 037 employés japonais ont été suivis pendant 7 ans. 170 d’entre eux ont contracté le diabète 2 au cours de l’étude. Les chercheurs ont trouvé une corrélation entre la consommation de sodas, qu’ils soient classiques ou light, et l’augmentation du risque de diabète.

  - Dans une autre étude réalisée en 2009 [2], ce sont les effets du soda light exclusivement qui ont été étudiés sur les risques de diabète. Là encore, la consommation d’au moins 1 soda par jour a été associée à un risque accru de 67 % de contracter le diabète 2 par rapport à une absence de consommation.

Le lien de cause à effet entre les sodas et le diabète 2 n’est pas avéré par ces études, car les participants peuvent parallèlement avoir une mauvaise hygiène de vie, mais ils constituent très probablement un facteur aggravant.

Sources
1. Sakurai M, Nakamura K, Miura K, et al., Sugar-sweetened beverage and diet consumption and the 7-year risk for type 2 diabetes mellitus in middle-aged Japanese men, Eur J Nutr, 2014
2. Nettleton JA, Lutsey PL, Wang Y, et al., Diet soda intake and risk of incident metabolic syndrome and type 2 diabetes in the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA), Diabetes Care, 2009

Sources
1. Mallikarjun S, Sieburth RM, Aspartame and risk of cancer: A meta-analytic review, Arch Environ Occup Health, 2013
2. Marinovic M, Galli CL, Bosetti C, et al., Aspartame, low-calorie sweeteners and disease: regulatory safety and epidemiological issues, Food Chem Toxicol, 2013
3. Soffritti M, Padovani M, Tibaldi E, et al., The carcinogenic effects of aspartame: The urgent need for regulatory re-evaluation, Am J Ind Med, 2014
4. Jacobson MF, Carcinogenity and regulation of caramel colorings, Int J Occup Environ Health, 2012
5. Risques alimentaires, la réglementation sur les sodas, www.alimentation.gouv.fr/sodas, 2012

Les sodas contiendraient des substances potentiellement cancérigènes

   Les sodas contiennent un certain nombre d’additifs et d’édulcorants :

- L’aspartame(Canderel® ou autre), qui compose la majorité des boissons light fait l’objet de nombreuses controverses, car il aurait notamment des effets cancérigènes. Si plusieurs études ne démontrent aucun lien entre l’ingestion d’aspartame et les risques de cancer [1,2], une étude réalisée en 2014 sur des rats et des souris a montré le potentiel cancérigène de l’aspartame [3]. Après ingestion, l’aspartame se transformerait en méthanol et libèrerait des substances potentiellement cancérigènes comme le formaldéhyde et l’acide formique.

- Le colorant caramel (E150d sur l’étiquette) utilisé dans les boissons au cola est également suspecté d’être cancérigène. En effet, sous l’effet de la chaleur, le colorant peut former un composé chimique, le 4-méthylimidazole (abrégé 4-MEI) qui serait toxique pour le corps à fortes doses (360 mg par kilo de masse corporelle). Une étude réalisée en 2012 sur des rats a confirmé ce risque [4]. Le colorant est d’ailleurs interdit en Californie [5], mais une fois encore toutes les études ne sont pas d’accord sur son pouvoir cancérigène.

Sources
1. Mallikarjun S, Sieburth RM, Aspartame and risk of cancer: A meta-analytic review, Arch Environ Occup Health, 2013
2. Marinovic M, Galli CL, Bosetti C, et al., Aspartame, low-calorie sweeteners and disease: regulatory safety and epidemiological issues, Food Chem Toxicol, 2013
3. Soffritti M, Padovani M, Tibaldi E, et al., The carcinogenic effects of aspartame: The urgent need for regulatory re-evaluation, Am J Ind Med, 2014
4. Jacobson MF, Carcinogenity and regulation of caramel colorings, Int J Occup Environ Health, 2012
5. Risques alimentaires, la réglementation sur les sodas, www.alimentation.gouv.fr/sodas, 2012

 

Les sodas favorisent la déminéralisation

    De manière générale, il est important de maintenir un équilibre entre le calcium et le phosphore dans l’organisme. Ces deux minéraux jouent un rôle important dans le métabolisme osseux : le rapport entre le phosphore et le calcium doit être compris entre 0,8 et 1 pour une bonne calcification. Si un excès de phosphore est bien supporté par l’organisme, il peut à long terme provoquer une décalcification, car il réduit dans ce cas l’absorption du calcium.

Or, l’acide phosphorique est employé dans les boissons non alcoolisées comme régulateur de pH, et principalement dans les sodas au cola. Ainsi, une étude réalisée sur des adolescentes et jeunes femmes âgées entre 10 et 22 ans a montré une corrélation entre la consommation de soda et un niveau plus faible de calcium dans le sang, ainsi qu’une concentration plus importante de calcium et de phosphore dans les urines [1]. Ce déficit en calcium augmenterait, à terme, le risque d’ostéoporose.

Sources
1. Mahmood M, Saleh A, Al-Alawi F, et al., Health effects of soda drinking in adolescent girls in the United Arab Emirates, J Crit Care, 2008

Les sodas provoquent des caries

     Comme cela a déjà été mentionné, les sodas sont riches en sucres ajoutés, or il est largement reconnu que ces derniers sont fortement impliqués dans l’apparition de caries dentaires [1]. La déminéralisation que peut entraîner le soda touche également la dentition en provoquant une érosion de l’émail [2].

Une étude réalisée aux Etats-Unis [3] a d’ailleurs montré que la consommation de soda est responsable du développement de caries chez les jeunes enfants. Ce sont les acides (phosphorique, citrique…) présents dans les sodas qui causent l’érosion de l’émail. A titre d’exemple, l’eau a un pH neutre de 7 quand le Coca-Cola normal a un pH acide de 2,44.

Sources
1. Freeman R, Moderate evidence support a relationship between sugar intake and dental caries, Evid Based Dent, 2014
2. Kaplowitz GJ, An update on the dangers of soda pop, Dent Assist, 2011
3. Lim S, Tellez M, Ismail Al, Dental caries development among African American children: results from a 4-year longitudinal study, Community Dent Oral Epidemiol, 2015
4. D M. Buyer, Are you drinking your teeth away? How soda and sports drinks dissolve enamel, 2009

Les sodas entraîneraient des troubles du comportement

    Le fait de boire régulièrement des sodas serait associé à une augmentation des comportements violents, notamment chez les enfants et les adolescents.

  - Une étude a été réalisée en 2013 sur 2 929 enfants de 5 ans, dont 43% consommaient au moins 1 soda par jour [1] (la fréquence pouvant aller jusqu’à plus de 4 par jour). Les résultats ont montré que les enfants consommant au moins 1 soda par jour avaient un comportement plus agressif et destructeur que ceux qui n’en consommaient pas du tout. En outre, ceux qui consommaient au moins 4 sodas par jour présentaient davantage de problèmes d’attention que les autres.

  - Les mêmes chercheurs ont réalisé en 2014 une autre étude cette fois-ci sur des lycéens américains [2]. Ils sont arrivés à des conclusions semblables : une plus grande propension à la bagarre, mais aussi un plus grand risque de souffrir de tristesse, de dépression, et même d’avoir des pensées et comportements suicidaires, ceux-ci augmentant proportionnellement à la quantité journalière de sodas.

Même si le lien de cause à effet n’a pas été prouvé dans ces études, on suppose que ces résultats sont dus à la teneur en caféine des sodas, qui peut causer entre autres de l’impulsivité et de la dépression. 

Sources
1. Suglia SF, Solnick S, Hemenway D, Soft drinks consumption is associated with behavior problems in 5-year-olds, J Pediatr, 2013
2. Solnick SJ, Hemenway D, Soft drinks, aggression and suicidal behaviour in US high school students, Int J Contr Saf Promot, 2014

 

L’avis du pharmacien :

   Les sodas et autres boissons gazeuses sucrées sont présentés comme des boissons rafraichissantes, en réalité la boisson rafraichissante par excellence est l’eau.

Par ailleurs, au vu de leur composition chimique complexe (plus compliquée que certaines spécialités pharmaceutiques !) peut-on les considérés comme des aliments, alors qu’ils n’ont aucun intérêt nutritif, ou comme produit d’agrément au même titre que les boissons alcoolisées ?         

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 14:51

Lecture officinale

CONSTIPATION DU NOURRISSON

Rôle et limite du conseil officinal

 

Sources :

1- O. MOUTERDE « Constipation du jeune nourrisson » JIM Publié le 17/06/2015

2- Société canadienne de pédiatrie : « Point de pratique : La prise en charge de la constipation fonctionnelle chez l’enfant » mis en ligne le 01/12/2011 reconduit le 01/02/2014

3- François Pillon Savoir « conseiller les laxatifs à l’officine Actualités pharmaceutiques » • n° 492 • Janvier 2010

4- Pr Chantal Maurage (CHRU et Université de Tours) « Cours : Constipation »   Dernière mise à jour : 18/07/2006

          Comme toute autre symptomatologie concernant le nourrisson, la constipation relève en théorie exclusivement de la consultation médicale. Cependant, la réalité des conditions de pratique de la pharmacie (et de la médecine aussi) au Maroc, imposent une certaine flexibilité de cette donne tout en précisant les risques et les écueils qu’un conseil officinal peut faire courir au nourrisson.      

La constipation du jeune nourrisson est donc, un motif extrêmement fréquent de demande de conseil officinal, et d’emblée, il faut faire la part entre deux types de constipation : constipation organique et constipation fonctionnelle.

Repères : Classification succincte des laxatifs

  • Laxatifs de lest : Mucilage (Normacol® granulé ou autre)  Délai d’action :1-2j
  • Laxatifs lubrifiants : Huile de paraffine (Lansoyl® ou autre) Délai d’action :6-8h
  • Laxatifs Osmotiques :

       - Laxatifs salins : sulfate de Mg, hydroxyde de Mg (Osmosine® ou autre) 

       - Polyéthylène glycol : macogol (Forlax®, Movicol® ou autre)

       - Sucres et polyols : lactitol, lactulose (Duphalac® ou autre), sorbitol (Sorbhepatique® ou autre), pentaerythritol. Délai d’action : 24-48h

  • Laxatifs par voie rectale : bisacodyl, glycerol (Cristal®) délai d’action :5-10mn, Microlax® :5-20mn
  • Laxatifs stimulants : bisacodyl (Contalax®) huile de ricin,  laxatifs anthracéniques (Eucarbon® et autres), Picosulfate de sodium

LECTURE OFFICINALE

         A ce sujet, un article [1] court mais fort intéressant mis en ligne le 17/06/2015 dans le JIM sous la plume d’O. Mouterde (    Département de pédiatrie médicale, CHU de Rouen - Hôpital Charles Nicolle) nous est apparu tout à fait pertinent pour nous éclairer sur ce que peut cacher une « simple » constipation chez le nourrisson.   

Selon l’article, le diagnostic de constipation est clinique et ne se limite pas au nombre de selles.  Un nouveau-né ou nourrisson constipé, est suspect de constipation organique et doit être exploré, s'il présente l’un des signes suivants :  

- un retard d’élimination du méconium,

- des subocclusions,

- des débâcles,

- un retard de croissance,

- une anomalie du dos ou de l’anus

L’article ajoute : un interrogatoire et un examen clinique complets permettent de diagnostiquer ou de suspecter les situations de constipation secondaire (médicaments, hypothyroïdie, etc.).

Les cas de constipations fonctionnelles elles sont au nombre de trois :

 1 – la constipation au lait maternel, isolée chez un enfant sans anomalie clinique, avec des intervalles pouvant atteindre 1 mois entre les selles (variante de la normale) ;

 2 – la dyschésie : ce terme désigne une défécation difficile indépendamment de sa cause. (Cela pourrait éventuellement correspondre à ce qui est communément appelé dans certaines régions du Maroc « toutia » !) 

 3 – la tendance à la constipation, avec facteur familial fréquent, avec un début précoce sans signes d’organicité

Selon l’article la constipation fonctionnelle peut se traiter par des mesures diététiques et des laxatifs pour éviter l’aggravation avec le temps.

Un lait riche en lactose, à base de protéines solubles et de lipides structurés, contenant de la caroube, peut améliorer le transit. [1]

Toujours selon l’article susmentionné le lactulose (Duphalac®, Laevolac® ou autre)  est utilisable dès la naissance, le polyéthylène glycol  PEG* (Foralx®, Movicol® ou autre) après 6 mois (selon AMM). Les autres traitements, y compris les eaux fortement minéralisées, et les manoeuvres endo-anales ne peuvent pas être recommandés chez le nourrisson

LA CONSTIPATION DU NOURRISSON RÔLE & LIMITE DU CONSEIL OFFICINAL

 

Repères : Le polyéthylène glycol, macrogol

« Le polyéthylène glycol (PEP) est appelé en DCI macrogol. Il est principalement utilisé comme laxatif ou pour réaliser un lavement intestinal. Dans le domaine paramédical, le PEP se retrouve dans les gels hydro-alcooliques et les lubrifiants intimes. Pour la cosmétique, le PEP possède des propriétés très intéressantes, comme sa faculté à hydrater la peau et à retenir l'eau dans les tissus. C'est pour cela qu'on le retrouve dans de nombreux savons liquides, shampoings ou crèmes hydratantes. » Source : Polyéthylène glycol - Définition

 

LA CONSTIPATION DU NOURRISSON RÔLE & LIMITE DU CONSEIL OFFICINAL

 

 

LES LIMITES DU CONSEIL OFFICINAL

        Dans un article au sujet de la prise en charge de la constipation fonctionnelle chez l’enfant, la Société canadienne de pédiatrie [2] nous apporte les éléments suivants :  

- Pendant la première enfance, la constipation est surtout fonctionnelle, mais il faut faire preuve d’une grande vigilance dans ce groupe d’âge pour repérer les signes évocateurs d’une maladie organique.

- On sait que la fréquence des selles des nourrissons allaités peut être très variable*. Certains nouveau-nés allaités normaux peuvent faire une selle à chaque biberon ou en faire une seulement tous les sept à dix jours.

- L’huile minérale (huile de paraffine) est contre-indiquée chez les nourrissons parce que leur déglutition n’est pas coordonnée et qu’ils courent un risque d’aspiration et de PNEMONIE subséquente (Qui vient à la suite)

L’avis du pharmacien : Alors que l’on savait que l’utilisation ponctuelle chez l’adulte de l’huile de paraffine comme laxatif ne présente pas d’effets secondaires conséquents, on ignorait jusqu’ici les raisons de sa non recommandation chez le nourrisson, l’élément présenté ici est un excellent éclairage. Donc tant que la déglutition n’est pas coordonnée, pas d’utilisation de l’huile de paraffine.          

- Il peut être bon de consommer davantage de liquide et de réduire les excès de lait de vache pour soulager la constipation des nourrissons plus âgés*.

- On peut utiliser du lactulose (Duphalac® Lactulax® ou autre) et des suppositoires de glycérine* (Cristal®).

- Il existe deux analyses rétrospectives de dossiers portant sur l’innocuité du PEG 3350 (Movicol®) chez les nourrissons**. Toutes deux démontrent qu’à une dose de 0,8 g/kg/jour, le PEG était bien toléré, efficace et sécuritaire pour la prise en charge de la constipation des nourrissons de moins de 18 mois.

En France, existe une forme pédiatrique à base de macrogol 4000 (PEG à haut poids moléculaire) Forlax® 4g sachet, l’indication cette spécialité est utilisable à partir de 6 (six) mois (source : RCP Forlax® 4g, mis à jour le 11/03/2015, consulté le 06/7/2015)       

*Ref.: North American Society for Pediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition. Evaluation and treatment of constipation in children: Summary of updated recommendations of the North American Society for Pediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2006;43:405-7.

** Ref.: Loening-Baucke V, Krishna R, Pashankar DS. Polyethylene glycol 3350 without electrolytes for the treatment of functional constipation in infants and toddlers. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2004:39;536-9.

** Ref.: Michail S, Gendy E, Preud’Homme D, Mezoff A. Polyethylene glycol for constipation in children younger than eighteen months old. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2004;39:197-9.

          Sur la base de ce qui vient d’être énoncé, on comprend que la constipation du nourrisson ne doit pas être prise à la légère et ne doit pas nous faire oublier le risque d’une éventuelle constipation organique. Heureusement on sait que la majorité des constipations durant les six premiers mois de la vie sont fonctionnelles. Et même dans ce cas le seul critère de la fréquence des selles de définie pas à lui seul une constipation.

Retenons à ce sujet que la Société canadienne de pédiatrie [2]  définie la constipation comme suit :

« La définition de la constipation est variable, mais elle comprend une évacuation peu fréquente, difficile, douloureuse ou incomplète de selles dures … »

Selon certains auteurs [4] On parle de constipation quand les selles sont douloureuses et leurs nombre inférieur à 1 par jour, chez le nourrisson dans les premiers mois de la vie. (Inférieur à 2 par semaine, chez l'enfant plus grand) [4]

Si conseil officinal il y a ... , il doit prendre acte des écueils éventuels, privilégiant les règles diététiques à savoir boisson abondante et alimentation riche en cellulose digestible (carotte, salade … pour nourrisson ayant entamé la diversification alimentaire).

A notre avis le médicament de choix pour un officinal reste les suppositoires de glycérine (Cristal®, NB ce produit n’est plus commercialisé en France !), il devrait être utilisé de manière très limitée dans le temps dans le cas d’une constipation fonctionnelle occasionnelle. Une utilisation prolongée des laxatifs par voix anale risquent d’entraver le réflexe normal de défécation (ou d’exonération) créant une véritable dépendance. En informer les parents est obligatoire.  

Sauf erreur de notre part, l’utilisation des suppositoires de glycérine (Cristal®) ne devrait être qu’une amorce du traitement afin de soulager, le lactulose ou le macrogol devraient prendre logiquement le relais si nécessaire.

Conclusion :

La constipation du nourrisson, qui peut se présenter comme un simple problème bénin, peut cacher une véritable pathologie organique. Le conseil officinal, s’il a lieu, devrait être très limité dans le temps. Toute utilisation abusive de laxatifs peut avoir des répercussions néfastes sur la santé du nourrisson.           

Ce qu’il faut retenir :

 - Chez le Nourrisson la constipation est rare, elle est définie par des selles trop dures et une défécation douloureuse plutôt que par des selles trop rares,(donc consistance plutôt que fréquence).

 - Même si la constipation d’origine organique est rare, y penser dans l’interrogatoire pour orienter vers une consultation médicale surtout en cas de retard de croissance et dans les situations citées en haut.

 - Privilégier les mesures hygiéno-diététiques : chez le nourrisson de quelque mois, on conseille d’augmenter les apports en eau et de donner du jus de fruits tels que pommes et pruneaux qui sont riches en sorbitol, un sucre qui reste dans l’intestin et qui provoque un appel d’eau ce qui ramollit les selles et donc en facilite l’évacuation.

 - En cas d’échec, avoir recours à un laxatif dont le choix diffère selon le cas :

          ° usage ponctuel : difficulté de défécation liée à un événement ponctuel inhabituel, utiliser un laxatif d’action rapide : Glycérine voir rectale.

          ° constipation  occasionnelle ou récente : laxatifs de lest ou osmotique sucrés et macrogol sur plusieurs jours.

          ° constipation prolongée : laxatifs osmotiques sucrés sur plusieurs mois, mais là une consultation médicale s'impose. 

 - Huile de paraffine est à éviter chez le nourrisson en raison de risque de fausse route conduisant à une pneumonie.

En collaboration avec Dr L. Mouna, Pharmacienne d'officine   

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:42

CHIFFRES & REPÈRES

L’INFERTILITÉ AU MAROC

Chiffres & repères : l’infertilité au Maroc

L’infertilité touche un couple marocain sur huit

Sources :

1- Rédaction du HuffPost Maroc  « Infertilité: Un Marocain sur trois pense qu'il n'existe pas de traitement » Publication: 25/06/2015 19h44 CEST Mis à jour: 25/06/2015 19h44 CEST

2- Ouardigh Rahmouna « Un couple sur huit souffre d'infertilité au Maroc » le 360.ma mis en ligne 30/06/2015 à 07h45

     Ce chiffre provient d’une enquête réalisée par la Société marocaine de médecine de reproduction (SMMR) présentée jeudi 25 juin à Casablanca à l’occasion de la première édition de la Semaine nationale de l’infertilité lancée au Maroc.

     Le sondage, effectué du 6 au 18 juin par l’institut Averty, a été réalisé auprès de 1.034 couples de 25 à 45 ans et dans 40 villes couvrant les 16 régions administratives du Maroc.

Selon l’enquête

     - 11,8% des couples sondés souffrent d’un problème d’infertilité.

        Parmi ces derniers, ils sont plus d’un tiers (34%) à attendre un enfant depuis plus de 3 ans.     

      - Par ailleurs, un quart des couples infertiles n’ont pas consulté de médecin spécialisé ou ont utilisé un autre biais, comme la médecine parallèle, indique la SMMR dans un communiqué.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 18:06

ANALYSE CRITIQUE

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®)

EN QUESTION

 

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®) EN QUESTION

                Suite à la mise sur le marché marocain de la spécialité Tasectan® (en gélules et en sachets) proposé dans le traitement de la diarrhée, il nous a paru utile de proposer une analyse critique de cette spécialité, d’autant plus que nous avions traité sur ce même blog le problème des diarrhées aigues dans un article intitulé LES DIARRHEES AIGUËS ENTRE LA PRATIQUE ET LES RECOMMANDATIONS . Cette nouvelle analyse sera un complément utile à l’article susmentionné.

Fiche produit :

- Nom commercial : Tasectan®

- DCI : Tannate de gélatine

- Présentations :  Tasectan® 15 gélules  PPV 69.00 DH Pour l’adulte

                            Tasectan® 20 sachets PPV 69.00 DH Usage pédiatrique

- Posologie

      * adulte : 1 è 2 gélules toutes les 48 heures jusqu'à disparition des symptômes.

      * enfants de moins de 3 ans : 1 sachet toutes les 6 heures jusqu'à disparition des symptômes

      * enfants de 3 à 14 ans : 1 à 2 sachets toutes les 6 heures jusqu'à disparition des symptômes.

- Laboratoire exploitant au Maroc : SYNTHEMEDIC CASA sous licence NOVINTETHICAL SUISSE 

Mécanisme d’action

    Selon la notice du  Tasectan Therabel® : http://www.tasectan.be/ ou plus exactement dans le ficher pdf suivant http://www.tasectan.be/download/Tasectan-PIL-fr.pdf

« Tasectan® est un dispositif médical destiné à rétablir les fonctions physiologiques de la paroi intestinale, spécialement développé pour contrôler et réduire les symptômes liés aux diarrhées d'étiologies diverses, tels qu’une tension abdominale et des selles fréquentes. Efficace dans les 12 heures.

Le tannate de gélatine, dont se compose le produit, ne se modifie pas dans l'estomac et agit en formant un film qui protège la muqueuse intestinale, réduisant ainsi la fréquence et la durée des manifestations diarrhéiques. »

L’avis du pharmacien :

      1- D’emblée on doit noter que le Tasectan® n’est pas un médicament au sens strict et réglementaire du terme, il est classé comme complément alimentaire avec une TVA à 20% (subie par l’utilisateur). Cela est d’une importance capitale et implique que :

* Le produit est non remboursable

* Le dossier technique et scientifique, permettant sa mise sur le marché, est très limité et ne comporte pas de garanties pharmacologiques parfaitement établies de son efficacité. Néanmoins, comme tout complément alimentaire, sa toxicité est estimée par  le Ministère de la santé comme acceptable.            

     2- Le terme « dispositif médical » est assez évasif voir prétentieux, se rapportant plus à un appareillage qu’à  un produit chimique.

     3- la phrase suivante « Le tannate de gélatine ne se modifie pas dans l'estomac et agit en formant un film qui protège la muqueuse intestinale » nous fait penser à une action type pansement gastro-intestinal.

Eclairage :     

      Un premier éclairage fort important est apporté par la Swiss Society of Paediatrics à travers une question posée  en 2013 à D. Herzog* :  Questions au spécialiste Vol. 24 No. 2 2013 * Dr méd. spéc. Médecin adjoint Clinique de pédiatrie Consultation gastroentérologie pédiatrique. HFR Fribourg - Hôpital cantonal 1700 Fribourg. Correspondance Dr D. Herzog Gastropadiatrie Kantonsspital 1700 Fribourg Denise.Herzog@h-fr.ch

On y apprend que : 

- Le tannate de gélatine est composé d’acide tannique, un polyphénol  d’origine végétale et de gélatine, une protéine extraite de collagène d’origine porcine ou bovine.

- L’acide tannique possède de nombreux sites de liaison aux protéines, incluant les entérotoxines, qui une fois liés à l’acide tannique ne pourront plus activer la sécrétion de liquide via des récepteurs entérocytaires.

L’avis du pharmacien : là l’explication devient un peu plus claire et l’idée du gentil « film qui protège la muqueuse intestinale » est nuancée.

L’auteur rapporte dans la suite les quelques études qui se sont intéressées aux effets du tannate de gélatine (TAN) :  

- Dans les pays européens et américains ce produit est autorisé comme anti-diarrhéique chez l’enfant.

- En 2009 une étude espagnole (1), la seule à tester ce produit chez des enfants, a comparé la fréquence des selles de 97 enfants (âge moyen: 2.5 ans) avec diarrhée aigue traites par sel de réhydratation oral SRO + acide tannique avec celle de 114 enfants traites par SRO seulement. Douze heures après le début du traitement la fréquence des selles avait diminué d’une moyenne de 7.26 à 2.06 (soit -5.2) dans le groupe traité et de 6.19 à 5.86 (soit -0.33) dans le groupe contrôle. Malheureusement, selon l'auteur, il est impossible de comprendre le calcul de la fréquence des selles selon l’auteur.  

- Une seule étude auprès de personnes adultes présentant des diarrhées du voyageur traitées par l'acide tannique TAN (2), et une étude plus ancienne auprès d’enfants avec diarrhée aigue traitée par la caroube riche en acide tannique, ont démontré une diminution significative de la fréquence des selles (3).

- Cependant, l'acide tannique n’est mentionne ni dans les recommandations de l’ESPGHAN de 2008 (The European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition), concernant le traitement de la diarrhée aigue chez l’enfant (4), ni dans la revue publiée en 2013 par les mêmes auteurs (5).

 Références

1) Esteban Carretero J, Durban Reguera F, Lopez-Argueta Alvarez S, Lopez Montes J. A comparative

analysis of response to ORS (oral rehydration solution) vs. ORS + gelatin tannate pediatric patients

with acute diarrhea. Rev Esp Enferm Dig. 2009; 101: 41–8.

2) Allegrini A, Costantini, J Gelatine Tannate for the Treatment of Acute Diarrhoea in Adults. Gastroint Dig Syst 2012, 2: 3.

3) Loeb H, Vandenplas Y, Wursch P, Guesry P. Tanninrich carob pod for the treatment of acute-onset diarrhea. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 1989; 8: 480–5.

 4) Guarino A, Albano F, Ashkenazi S, Gendrel D, Hoekstra JH, Shamir R, Szajewska H. European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition/European Society for Paediatric Infectious Diseases Evidence-based Guidelines for the Management of Acute Gastroenteritis in Children in Europe. J Pediatr Gastroenterol Nutr, 2008; 46: S81–S122.

5) Piesścik-Lech M, Shamir R, Guarino A, Szajewska H. Review article: the management of acute gastroenteritis in children. Aliment Pharmacol Ther. 2013; 37: 289–303.

LE TANNATE DE GELATINE (TASECTAN®) EN QUESTION

Le tannate de gélatine en question :

Le tannate de gélatine est décrit selon le brevet  WO2007146331A1 comme suit

« Résumé : La présente invention concerne une composition comprenant un mélange de polypeptides sous la forme d'un sel de tannate dans laquelle chaque polypeptide est un copolymère des acides aminés acide L-glutamique, L-alanine, L-tyrosine et L-lysine »

Il s’agit donc du sel de l’acide tannique associé à un polypeptide, qu’est ce qu’alors l’acide tannique ?  
« L'acide tannique est une substance présente dans diverses plantes telles que le chêne (son écorce) ou le séquoia. Cette molécule qui appartient à la famille des tanins a un rôle antioxydant et a donc une action anticancéreuse. L'acide tannique lutte également contre les pathologies neurodégénératives et inflammatoires. Classiquement, l'acide tannique s'emploie en agroalimentaire pour clarifier (filtrer afin de purifier) le vin et la bière et pour éviter la corrosion du fer. Toutefois, en médecine, il est également employé en tant que traitement contre la diarrhée ». Source : Acide tannique – Définition

On arrive alors aux tannins : Chimiquement les tannins sont des oligomères flavonoliques appartenant à la grande famille des polyphénols, ayant comme caractéristique, entre autre autres, d’être :

Astringents : capable de se fixer sur des protéines salivaires riches en proline

Tannants : capacité de fixation et dénaturation des protéines comme le collagène

source : http://www.lecomprime.com/cours/files/2013/09/Pharmacognosie-chap-4-polyphenols.pdf Autre source http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/selossetannins2008.pdf

 L'astringence est une propriété de certaines substances de produire une crispation des muqueuses (wikipedia)

Par ailleurs l’effet astringent est retrouvé dans la classification des anti-diarrhéiques selon le Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique (CBIP)

Les antidiarrhéiques ont été regroupés ici en quatre classes:

- les adsorbants et astringents

- les probiotiques

- les freinateurs du transit intestinal

- les antisécrétoires.

Le tannate de gélatine est lui classé dans la rubrique adsorbants et astringents, à son sujet le CBIP apporte les précisions suivantes :

« Le tanin, sous forme de tannate d'albumine, a des propriétés astringentes mais peut être toxique pour le foie. Le tannate de gélatine (Tasectan®), un tanin non enregistré comme médicament mais bien comme complément alimentaire, est proposé sans preuve dans le traitement de la diarrhée. »

L’avis du pharmacien :

Sauf erreur, le mécanisme d’action probable du tannate de gélatine nous parait plus lié à son effet astringent et tannant qu’à une quelconque formation de film protecteur. Quand on ingère une substance astringente, la bouche se dessèche. Les traitements contre l'acné sont composés de produits astringents afin de resserrer les pores de la peau. Source (Astringence – Définition)

Plusieurs produits sont dans ce cas : l'alun, le nitrate d'argent, l'oxyde de zinc (Kenta® ou autre), le sulfate de zinc (eau et pommade Dalibour), les préparations à base d'avoine, l'achillée millefeuille, les tanins, notamment présents dans le vin, la prunelle, le thé (acide gallique), la baie de myrtille, les fleurs de lilas, D'autres végétaux astringents incluent la nèfle, , la chicorée, l'eucalyptus, le peuplier, la grenade (fruit), l'ail cultivé, la pomme, la framboise, le coing, l'écorce du frêne, la canneberge (cranberry), le caroube

L'astringence désigne donc la capacité d’une substance à contracter les muqueuses, si cet effet s’avère réel au niveau intestinal, pour le tannate de gélatine, cela impliquerait probablement une plus grande densité des villosités intestinales et donc une plus grande absorption de l’eau … tout cela reste hypothétique au vu du manque d’études à ce sujet.      

Conclusion :

Le Tasectan® nous parait un produit théoriquement intéressant, il est néanmoins handicapé  

- Par le manque d’études sérieuses prouvant son efficacité le reléguant à un simple complément alimentaire

- Par un mécanisme d’action loin d’être clair

- Un prix élevé     

A notre échelle et à l’heure actuelle nous n’avons pas eu de retour probant significatif au sujet du Tasectan®  

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 19:57

CAS D’OFFICINE

EFFET SECONDAIRE SYSTEMIQUE

D’UN ANTIGLAUCOMATEUX

Dr L. Mouna

          Ce sujet longtemps remis à plus tard, est apparu  sur la sellette depuis peu, grâce à un cas observé en officine :

Une fillette de 5 ans, souffrant de glaucome congénital est sous traitement depuis sa naissance, par  Cosopt® et Travatan®. Au hasard d’une conversation, nous apprenons que  son père l’a à 2 reprises admise aux urgences pour bronchospasme et ce, en l’espace de 18mois. Ce qui nous a interloqué c’est le lien, si lien il y a, entre les collyres qu’elle prend et la crise respiratoire dont elle a souffert. Ceci nous a amené à faire une récapitulation des classes pharmacologiques des antiglaucomateux qui existent avec  mise au point de leurs effets secondaires.

Rappel :

          Le glaucome chronique à angle iridocornéen ouvert est une atteinte du nerf optique entrainant des altérations du champ visuel, susceptibles de conduire à la cécité. Le principal facteur de risque du glaucome chronique est l’augmentation de la pression oculaire. C’est un facteur fréquent mais inconstant, autrement dit, il ne suffit pas à définir un glaucome chronique.

Le traitement du glaucome chronique à angle ouvert est médicamenteux sous forme de collyre dont le chef de fil est le timolol.

Les antiglaucomateux disponibles sur le marché marocain :

Le tableau suivant récapitule ces classes pharmacologiques , les associations ainsi que les spécialités concernées existant sur le marché marocain.

Classe pharmacologique

DCI

Spécialités

Bétabloquants

 

 

Betaxolol

Carteolol

timolol

Betoptic®

Carteol®

Timoptol®

Analogues de Prostaglandine F2 alpha « APG »

Latanoprost

Travoprost

Bimatoprost

Xalatan®

Travatan®

Lumigan®

Inhibiteur de l’anhydrase carbonique « IAC »

Dorzolamide

Brinzolamide

Trusopt®  Xola®

Azopt®

Agoniste alpha adrénergique

Brimonidine

Alphagan®

Association de classes

Bétabloquant +APG

Timolol+ latanoprost

Timolol+ travoprost

Xalacom®

Duotrav®

Bétabloquant +IAC

Timolol+ Dorzolamide

Timolol+ Brinzolamide

Cosopt®  Xolamol®

Azarga®

 

        Selon plusieurs  numéros de la revue Prescrire que nous avons consultés,le traitement de référence est d’abord le timolol. Ce n’est qu’en cas de contre-indication ou d’effet insuffisant qu’il est logique de recourir au latanoprost ou au travoprost qui présente l’avantage de pouvoir être conservé à température ambiante contrairement au premier. Selon les cas, le médecin est habilité à ajouter une autre classe ou suggérer une association.

Sources :  Rev Prescrire 2015;35(376):123-125
                 Rev Prescrire 2009,29(306):259
                 Rev Prescrire 2003;23(240):450-454
                 Rev Prescrire 2001;(222):732-733
                 Guide interactions médicamenteuses-décembre 2014

 

Effets secondaires :

    - Bétabloquants

           Administrés en collyre, les bétabloquants exposent aux mêmes effets indésirables et interactions médicamenteuses que par voie orale notamment : Troubles cardiaques (insuffisance cardiaque, bradycardie, hypotension artérielle..) ; phénomènes de Raynaud ; troubles neuropsychiques et digestifs. Le risque de bronchospasme lié aux bétabloquants expose les patients  asthmatiques ou souffrants d’un syndrome obstructif à une dyspnée sévère voire mortelle.

    - Analogues de Prostaglandine F2 alpha APG :

         Ils sont plus actifs que les bétabloquants mais ont plus d’effets secondaires : Assombrissement de l’iris ( sous nos cieux, tous les iris sont sombres !!) et des paupières,hyperhémie conjonctivale, allongement des cils ( ça c’est bien !!), kératites superficielles. De plus, il y a risque d’aggravation d’asthme sous latanoprost.

    - Inhibiteur de l’anhydrase carbonique « IAC »

         Pas de risques bronchiques connus mais effets neuropsychiques et troubles électrolytiques, de plus, ces 2 composés sont des dérivés sulfamides, donc gare à la sensibilité qu’ils peuvent occasionner.

    - Sympathomimétiques :

        La brimonidine est un alpha2 stimulant proche de la clonidine, anti hypertenseur d’action centrale, dénué d’effets indésirables bronchiques connus mais expose à une constipation, des troubles neuropsychiques et bouche sèche.

      Il en ressort de manière générale, que même instillés en collyre, ces principes actifs ne sont pas dénués d’effets secondaires par passage systémique. Une modalité pratique de traitement à bien respecter consiste à exercer une pression avec le doigt sur le coin interne de l’œil pour réduire le passage systémique des substances administrées en collyre et pour en limiter les effets indésirables.

Conclusion :

      Pour notre cas cité auparavant, il apparait qu’il existe bien un lien de cause à effet entre Cosopt®, (bétabloquants + inhibiteur de l’anhydrase carbonique)  et bronchospasme survenu.

      Est-ce que la fillette était asthmatique et le bétabloquant a aggravé son cas ou bien est-ce le résultat d’un effet pharmacodynamique pur du bétabloquant à savoir bronchoconstriction sans antécédents bronchiques connus ? D’après les informations rapportées par le père de la fillette, la 2ème hypothèse semble être plus plausible. En tout cas, aux dernières nouvelles, l’ophtalmologiste a banni le bétabloquant de son traitement, le remplaçant par un inhibiteur de l’anhydrase carbonique  la dorzolamide (XOLA®)

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 18:53
1600  INTOXICATION ALIMENTAIRE PAR AN AU MAROC
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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 13:06

LECTURE OFFICINALE

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

Source: David B. Allison et coll. : Myths, presumptions, and facts about obesity. N Engl J Med. 2013., 31; 368. NB : En cliquant sur le lien vous avez accès à l’article dans son intégralité 

Source Image : Sculpture : Margot Pitra (Détail), photocomposition : Pharamster     

       Une équipe internationale de vingt chercheurs dirigée par David B. Allison de l’University of Alabama at Birmingham s’est attaquée à un certain nombre d’idées reçues au sujet de l’obésité et les a mises à l’épreuve de l’argumentation scientifique. Le résultat, comme on le verra par la suite, est surprenant.   

Au sujet de l’obésité, de nombreuses affirmations sont émises comme des vérités absolues par le corps médical, les enseignants et les média. Ces affirmations sont généralement issues d’articles parus dans des journaux scientifiques, elles sont même parfois à la base de décisions politiques pour lutter contre l’obésité.

 Cette équipe, à travers cette étude, démontre que ces « connaissances » sont souvent

- soit des mythes : affirmations qui sont contredites par les travaux scientifiques

- soit des présomptions : hypothèses non démontrées par les données scientifiques disponibles.

Au chapitre des mythes

Les auteurs refutent :

       - « la règle des 3 500 kcals » : celle-ci précise qu’une simple diminution de 100 kcal/jour des apports caloriques (ou d’une augmentation équivalente de la dépense énergétique) pendant cinq ans aboutit à une perte pondérale de 22,7 kg. Ce calcul selon ces chercheurs est faux. Si l’on tient compte de l’adaptation métabolique qui accompagne la perte pondérale, la perte de poids finale théorique n’est en fait que de 4,5 kg !

       - Toujours selon les auteurs de cette revue, l’idée qu’une perte de poids rapide entraîne une reprise de poids plus importante qu’un régime moins sévère est un véritable mythe infondé.

De même, bien qu’il soit recommandé de fixer des objectifs pondéraux « raisonnables », cette attitude pleine de bon sens n’est pas plus efficace que celle qui consiste à viser une perte pondérale très (voire trop) ambitieuse !

       - En ce qui concerne la prévention de l’obésité chez l’enfant, la promotion de l’activité physique à l’école semble inefficace pour réduire l’incidence de l’obésité, si l’on en croit les conclusions de deux méta-analyses qui ont regroupé les résultats d’études d’intervention en milieu scolaire.

        - De même, contrairement à ce qui est souvent répandu, l’allaitement n’est pas un facteur protecteur majeur de l’obésité de l’enfant.

         - Enfin, l’idée qu’un rapport sexuel d’une durée moyenne de six minutes conduit à dépenser 100 à 300 kcals est infondée. Les auteurs estiment cette dépense à 21 kcals. À titre comparatif, un homme dépense 7 kcals (soit 14 kcal de moins) en regardant la télévision pendant la même durée.

Au chapitre des présomptions

En ce qui concerne les présomptions, les auteurs mentionnent celles de l’importance du petit déjeuner, des fruits et légumes, de l’intérêt d’un environnement riche en équipement sportif et de l’importance d’un apprentissage précoce des bonnes habitudes alimentaires pour prévenir ou traiter l’obésité.

Bien que souvent présentées comme des vérités, il ne s’agit là que de présomptions pour lesquelles le niveau de preuve est faible voire nul. De même, il n’est pas démontré que la lutte contre les prises alimentaires inter-prandiales réduit la prise de poids ni même que le phénomène yoyo réduit l’espérance de vie.

Quelques messages scientifiquement fondés

A côté de ces incertitudes, les auteurs mentionnent quand même quelques messages qui leur semblent scientifiquement fondés. Parmi ces derniers ils rappellent les vérités suivantes :

     - La chirurgie bariatrique est efficace pour obtenir une réduction pondérale à long terme et diminuer la mortalité des personnes ayant une obésité massive. Remarque de l’officinal : oui mai à quel coût ?
    - En pédiatrie, les programmes nutritionnels impliquant l’environnement familial permettent d’obtenir une perte pondérale plus marquée.
    - L’exercice physique apporte un bénéfice quel que soit le poids et aide à maintenir un poids stable à long terme.

    - Malgré l’importance des déterminants génétiques dans la prise de poids chez une personne prédisposée, l’obésité n’est pas une fatalité et elle peut être combattue par des changements réalistes des habitudes de vie.

OBÉSITÉ ENTRE MYTHES & RÉALITÉS

L’avis du pharmacien :

    Cet article, qui remet en cause un certain nombre de concepts, illustre parfaitement ce qu’on a appelé dans un article de juillet 2010: Les ambiguïtés rationnelles

En effet, il arrive souvent qu’avec des demi-vérités, issues à l’origine de publications scientifiques, on construit des concepts qui à force de simplification et de banalisation deviennent des vérités absolues incontestables et évidentes.

Les résultats présentés ici peuvent êtres eux-mêmes discutés. Cela dit un constat s’impose : en nutrition, comme dans les autres domaines de la médecine, ce qui relève du « bon sens » ne relève pas forcément de la « vérité scientifique ». Le « bon sens » doit se soumettre aussi l’épreuve de l’argumentation scientifique, à défaut il doit être présenté comme une présomption.    

Afin de lever l’ambiguïté dans les messages nutritionnels qui sont communiqués au grand public : une distinction devrait être clairement exprimée entre ce qui est établi, ce qui est supposé, et ce qui n’est que du domaine du mythe…

Un exemple édifiant à ce sujet : La consommation du lait & la santé, à ce sujet on vous propose de lire 2 articles :

1.  Un récent article du 31/10/14 publié dans le Huffington post intitulé : Le lait présenterait un danger pour les adultes? Une étude suédoise jette le trouble.

2. Un article du 02/01/2010 mis en ligne sur PHARAMSTER intitulé :   LAIT & CANCER DE LA PROSTATE ETAT DES LIEUX

3. Le Nouvel Observateur publié le 31/10/2014 « Les laitages ne sont pas le poison absolu, mais ils ne sont pas indispensables »

Au sujet des régimes lire : Existe-t-il un régime idéal ?

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