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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 12:43

RÉFLEXION

DE LA VIOLENCE EN GÉNÉRAL

ET DE CELLE Á L’ÉGARD DES FEMMES EN PARTICULIER

 

10-11-25-Violance-contre-les-femmes.jpg

 


Un chiffre : 

Entre octobre 2008 et septembre 2009 (soit en1 année) 29 503 actes d’agressions commis à l’égard des femmes on été enregistrés dont 80% relèvent du domaine conjugal.

                           Source : Ministère du développement social in AUFAIT, n°858, page 3, du 25/11/10


         La propension à la violence est une attitude innée chez l’être humain, héritée génétiquement de son désire ancestral de domination et de survie, elle a été apprivoisée par la suite par la culture et la civilisation.

De nos jours les prétextes classiques, pour faire amende honorable, justifiant la violence à l’égard des femmes restes :

« J’ai perdu le contrôle de mes nerfs » ou encore « j’était hors de moi-même »  

 

                En réalité la violence constitue un échec en soi de l’intelligence humaine. De tout temps les rapports humains ont été le plus souvent le fruit de rapports de force. Des rapports de force qui dans la nature à l’état sauvage se traduisent presque systématiquement par des actes physiquement violents.

La culture et la civilisation vont transmuter l’expression violente des rapports de force en des joutes verbales qui, éducation aidant, vont devenir une confrontation d’arguments et une domination par l’esprit au lieu d’une domination par la force du muscle!

Trivialement dit, en frappant une femme vous vous comportez en crétin. Le terme « crétin » ici ne doit pas être pris comme une insulte (hacha* ! on se permettrait pas). Crétin c’est un état de fait.

Selon le dictionnaire

Un crétin est une personne atteinte de crétinisme qui se caractérise par une débilité mentale accompagnée de dégénérescence physique, on parle aussi d’imbécillité.   

* Sauf votre respect  

Autrement dit en frappant une femme, un enfant ou tout être physiquement à votre portée, vous témoignez de votre incapacité à tenir le rapport de force vis-à-vis de l’autre par l’esprit. Il s’agit là d’une lâcheté intellectuelle manifeste. Oui la violence consacre l’échec de l’intelligence humaine

 

« Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue. »     Albert Einstein

 

En écrivant cela, ce n’est ni par modernisme, ni pour  défendre les femmes, et encore moins pour caresser dans le sens des poils les ONG, c’est juste pour analyser de la façon la plus rationnelle (dans la limite de nos capacités linguistiques et intellectuelles) les incohérences de nos comportements.                       

               Certains justifient la violence à l’égard des femmes par des considérations vestimentaires. En réalité, en scrutant les quartiers où on enregistre, au niveau statistique, le plus d’incidents violents à caractère sexuel ou sexiste, on constate qu’il s’agit le plus souvent de quartiers périphériques défavorisés où la majorité des femmes s’habillent avec des djellabas (et la fameuse draâ, le foulard, indépendamment des considérations religieuses). Non ce n’est pas du côté du Mega Mall ou de l’Agdal  (à titre d’exemple) à Rabat où les femmes sont des « effrontées » qu’on enregistre les plus grandes violences à l’égard des femmes.

Pour s’en convaincre il suffit de demander aux médecins qui travaillent dans les centres de santé des quartiers défavorisés, ils témoignerons facilement de la fréquence fort importante dans leur secteur de toutes les formes de sévices abjectes à l’égard des femmes et des enfants, voir vis-à-vis de toute personne physiquement à la portée.

La violence à l’égard des femmes est, en fait, en relation avec l’éducation qui malheureusement est en rapport souvent avec le niveau de vie. Tenue vestimentaire ou pas : la pauvreté, la promiscuité, le manque d’éducation et l’inculture sont les véritables ingrédients qui favorisent l’éclosion de la violence sous toute ses formes.

               Plus généralement, la violence sous forme de guerre ou de terrorisme, indépendamment de l’agresseur et de l’agressé, dénote là aussi d’un état d’échec de l’intelligence humaine. Cet état est particulièrement marqué du côté du plus puissant. Il s’agit là de l’incapacité à dominer l’autre par la persuasion, la dissuasion et la maîtrise de l’information.

               La violence est implicitement adulée à travers les medias (musique type rap ou autre, cinéma, film documentaire, télévision…) qui surfent sur une forme de voyeurisme et de fascination macabres et absurdes de la population pour la chose violente. Si on pouvait admettre et faire admettre aux autres que la violence n’est en réalité qu’un état d’échec de l’intelligence humaine, cette attractivité de l’arrogance de ceux qui se croient forts, se transformera en un simple mépris.

Et justement l’une des facettes de la lutte contre la violence sera notre capacité à dénigrer la brutalité animale qui est latente en chacun de nous, et mettre en avant d’abord notre capacité d’analyse et d’argumentation. C’est peut être là l’embryon d’une réflexion qui tourne au tour de l’émergence d’une civilisation de l’intelligence, basée sur la création et la redistribution de la richesse, qui pourrait (c’est certainement utopique ...) se substituer petit à petit à la civilisation de la violence dans laquelle on vit à l’heur actuelle.  

« L'avenir de l'homme, c'est la femme. Elle est la couleur de son âme. » 
Louis Aragon. Extrait de « Le Fou d’Elsa »        

Et c’est peut-être à travers la reconsidération des rapports complexes homme – femme que pourrait se dessiner cet avenir commun.        

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 19:15

 

10 11 24 Perle Parasphan

 

          Une perle toute fraîche d’aujourd’hui même, simplement géniale avec une belle écriture régulière autant en arabe qu’en français, et pour être honnête il a fallu faire toute une enquête pour dénicher la perle rare …

Oui, il s’agit du …….. PARASPHAN une bonne vieille association marocaine de paracétamol et d’aspirine en Cp effervescent.

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:00

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

IMPACT DES BOISSONS SUCREES

SUR LE DIABETE & LE SYNDROME METABOLIQUE

 

 

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Mes remerciments au Dr Mouna pour la relecture éclairée de ce texte  

 

Lecture à part :

                Une étude intitulée : L'étude épidémiologique internationale sur la prise en charge du diabète (IDMPS: International diabetes management practices study), sponsorisée par Sanofi-aventis, a concerné 500 patients dans diverses régions du Maroc.

 Elle a montré que

- L'équilibre du diabète, n'est atteint que chez le1/3 des patients diabétiques de type 2 conformément aux normes recommandées par les instances scientifiques internationales

- Prés de la moitié des patients n’a bénéficié d’aucun dépistage des complications vasculaires du diabète.

Source : L. Hallaoui « Plus de 3 millions de diabétiques », Le Soir, n°700, page 9, du 11/11/10 

 

L’avis du pharmacien :

              Comme pour toute étude sponsorisée, il paraît nécessaire d’avoir un œil critique par rapport aux conclusions, avant de les adopter. En effet ce genre d’études, sans qu’elles soient faussent ne sont pas totalement justes, car elles tendent à mettre une forme de pressing sur la prescription du médicament reléguant les recommandations en matière d’hygiène de vie, qui sont fondamentales, à de simples accessoires.

Nous pensons, sauf erreur  de notre part, que la sensibilisation au problème du diabète devrait s’articuler d'abord autour de deux points essentiels non pharmacologiques (non vendeurs de médicaments, donc sans intérêt pour les sponsors) :

-  Une alimentation avec un minimum de sucre rapide

- Une activité physique régulière modérée à intense, adaptée à l’état physique.                

Il s’agit d’opérer un profond changement de comportement dans les habitudes de la population. Et justement, voici une lecture d’une méta-analyse remarquable qui met le doigt sur l’impact des boissons sucrées sur l’apparition du diabète, un sujet hautement sensible car il implique de gros intérêts financiers,

  

IMPACT DES BOISSONS SUCREES SUR LE DIABETE ET SUR LE SYNDROME METABOLIQUE :

  

Source : Malik VS, Popkin BM, Després JP, Sugar-sweetened beverages and risk of metabolic syndrome and type 2 diabetes: a meta-analysis, Diabetes Care. 2010 Nov;33(11):2477-83.

 

                C'est une méta-analyse publiée dans la revue Diabetes Care, du mois novembre 2010, rapportée par le site officiel de l’US National Library Of Medicine, diligentée par le département de nutrition de la Harvard School of Public Health

 

Méthode : 

    - Cette analyse américaine rassemble 11 études rapportées dans la base de données MEDLINE jusqu'en mai 2010

    - Elles ont porté sur un total de 310 819 adultes.(oui plus de trois cent milles cas étudiés)  

    - Ella a inclus diverses boissons sucrées, gazeuses, fruitées, thés glacés, boissons énergétiques, eaux vitaminées, etc.

 

Résultats :

     Les personnes qui consommaient 355 ml ( soit presque une canette) par jour de ces boissons avaient

    - 26 % plus de risque de souffrir de diabète de type 2,

    - 20 % de risque en plus pour le syndrome métabolique,

     par rapport à ceux qui en buvaient très peu ou pas.

 

Conclusions des auteurs :

     En plus de l’obésité, l’augmentation de la consommation des boissons sucrées, qu'elles soient énergétiques, gazeuses, en jus ou autre, est clairement associée au développement du syndrome métabolique et du diabète de type 2.

 

Note à part : le syndrome métabolique de manière simplifiée 

Il y a syndrome métabolique lorsqu’au moins 3 des facteurs de risque suivants sont présents : obésité abdominale, hypertension, glycémie élevée, faible taux de bon cholestérol (HDL) et un taux élevé de triglycérides sanguins.

 


L’avis du pharmacien

              La lutte contre la progression du diabète et ses effets délétères, ne peut pas se limiter uniquement au dépistage, au traitement médicamenteux, et au suivi des patients qui sont des nécessités de base, le véritable chalenge réside dans le changement de notre comportement alimentaire et de la pratique sportive.

En effet le sucre n’a pas été de tout temps un aliment de base, loin de là, la majorité des êtres humains jusqu’au moyen âge vivaient sans consommer aucun gramme de sucre, alors qu’ils dépensaient énormément d’énergie dans leur vie courante. Le paradoxe de l’histoire a fait qu’avec le développement de l’humanité la sédentarité s’est accrue simultanément avec la consommation de sucre sous toutes ses formes créant un véritable problème de santé publique.

              Mieux encore, le sucre étant parfois un exhauseur mais le plus souvent un masqueur de goût, sa surconsommation a biaisé la perception gustative des aliments naturels. Et de ce fait, un glissement de la consommation s’est opéré vers une alimentation au goût accrocheur (trop sucrée, trop salée et trop grasse) sur laquelle surfe allégrement les industries agro-alimentaires modernes.

              Le sucre ne peut être considéré comme un aliment de base comme c’est le cas au Maroc, loin de là, c’est au mieux un condiment et plus probablement il devrait être considéré comme un alicament car, comme le conclut la méta-analyse de la Harvard School of Public Health présentée, le sucre est fort probablement diabétogène.               

              

                         La réflexion de l’apothicaire :

Cet effet diabétogène s’expliquerait peut être par le fait que le sucre rapide crée un « choc hyperglycémique » difficilement gérable par le corps humain, contrairement aux sucres lents qui donnent au corps le temps nécessaire pour adapter harmonieusement le métabolisme aux besoins énergétiques du corps.

Entre le fruit et le jus de fruit la différence est énorme, car si le fruit entier permet rapidement de retrouver une sensation de satiété, le jus de fruit lui ne permettant pas cela crée un appel calorique favorisant une surconsommation de glucides.  

 

             Au sujet des boissons sucrées, qu’elles soient gazeuses ou non, nous vous recommandons vivement de télécharger ce magnifique travail canadien (Canadien comme d’habitude) de ce mois de septembre 2010, remarquable par son courage intellectuel et son argumentation rationnelle dans une présentation des plus agréables.

Il s’agit du Bulletin de santé publique (cliquer sur le titre, fichier PDF de 36 pages) de ce mois de septembre 2010. C’est un document publié par l’association de santé publique du Québec, ASPQ une vraie association qui honore par son travail la société civile canadienne.   

 

Plus humblement, nous vous invitons à lire sur ce même blog :

Boissons énergisantes : prendre d’abord … du recule   13/07/2010

Impact des boissons gazeuses sur la santé 19/02/2010

Hygiène de vie et diabète 09/05/2010

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 19:33

R E F L E X I O N

ANALPHABETISME, DEMOCRATIE & RELIGION : MISE À JOUR

Notion d’analphabétisme fonctionnel

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Sources :

- Approche par compétences : un guide pour les enseignants et formateurs, AUFAIT n°853, page 09, du 15/11/10

- “Pour un enseignement efficace. L'approche par compétences”. Sous-titre: Guide à l'usage des enseignants et des formateurs. Abderrahim Harouchi. Editions Le Fennec, 2010

 

               Dans le dernier livre du Dr Abderrahim Harouchi,  ex ministre de la Santé et ex ministre du Développement social de la Famille et de la Solidarité, paru aux éditions Le Fennec on a trouvé une réflexion fort importante à nos yeux.   

En effet l’objectif annoncé de ce livre est de s’attaquer à un défi réel de nos jours de l'éducation : « éviter de former des “analphabètes fonctionnels”, incapables de se mouvoir dans des situations nouvelles ou complexes ».

L’expression analphabète fonctionnel nous l’avons trouvé tout à fait judicieuse, elle trouve sa place parfaitement dans notre réflexion au sujet : Analphabétisme, démocratie & religion  du 15 janvier 2010, C’est une expression à la fois simple et parfaitement expressive.                 

De fait, nous l’adoptons de suite à la place « d’analphabétisme d’analyse » ou encore « analphabétisme analytique » qui sont des expressions moins percutantes. Nous ne pouvons que rendre hommage ici à l’auteur qui s’attaque dans son livre spécifiquement à la pédagogie (la didactique) dans l’enseignement médical.

Quant à nous, nous reprenons volontairement l’expression « analphabétisme fonctionnel » dans notre classification des diverses catégories d’analphabétismes.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 18:13

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Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés est purement volontaire … ! 

Bon week-end

 

Prochainement

 En cours de travaux copie

Une lecture officinale d’une méta-analyse américaine de 2010 regroupant 11 études au sujet de l’impact des boissons sucrées sur l’apparition du diabète et syndrome métabolique    

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 07:30

C A S   D ’ O F F I C I N E

METOCLOPRAMIDE & SULPIRIDE

 

Proposé par Dr MOUNA

Co-rédigé par  Dr MOUNA  &   PHARHAMSTER-LOGO-01.jpg

 10 10 12 metoclop

Rappels déontologiques :

- Ordonnance reconstituée selon l’originale, les noms et coordonnées du médecin traitant sont purement fantaisistes. Toute ressemblance avec les de personnes existantes ou ayant existées est purement fortuite.  

- Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue, en fait toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données scientifiques dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier à tous.

- Note importante pour les patients : cet article est une discussion professionnelle, ne pas changer ni arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin, ce dernier connaît parfaitement votre cas. Par ailleurs les données scientifiques sont en perpétuelle évolution, il se peut que votre médecin traitant puisse se baser sur des données dont nous ne disposons pas

 

Cette ordonnance a été reçue en officine le 09/10/2010 :

 

Contexte :

Médecin : spécialiste secteur public

Patiente : femme la trentaine, enceinte de 6 mois

 

Ordonnance :  

      Primpéran CP à 10 mg : 1cp 3x/j    

DCI : métoclopramide dosé à 10mg. C’est un neuroleptique antagoniste de la dopamine périphérique. Il prévient les vomissements par blocage des sites dopaminergiques.    

      Dogmatil CP à 50 mg : 1cp 3x/j

       DCI : sulpiride dosé à 50 mg. Antipsychotique neuroleptique benzamide

      Digestine CP à 40 mg : 1cp 2x/j            

       DCI : Résinate de métoclopramide dosé à 40mg, c’est forme à libération prolongée

      Prazol CP à 20 mg : 1cp le soir        

DCI : Oméprazol dosé à 20mg. L' oméprazole est un inhibiteur de la pompe à protons : il diminue la sécrétion d'acide au niveau de l’estomac.

 

Discussion :

 

       1- Le métoclopramide surdosage :  

       Sachant que la posologie habituelle du métoclopramide est de 30 à 40mg/j, en suivant cette prescription, nous tombons sur 110mg de métoclopramide par jour ce qui constitue presque le triple de la dose max recommandée.

L’association Primpéran et Digestine est aberrante, il s’agit des 2 faces de la même monnaie sous des appellations différentes.

Par ailleurs, Digestine est un nom commercial qui peut prêter à confusion, d’où la nécessité d’avoir recours à la DCI  qui reste une donnée sûre et immuable.

Le médecin a peut être penser à un de ces compléments alimentaires à base de plantes qui, soit disant, faciliterait la digestion et réduirait la dyspepsie sans aucune preuve rationnelle d’efficacité. Des produits comme il en existe une quantité importante sur le marché marocain.

Le risque de survenue d’un syndrome extrapyramidal inhérent au métoclopramide surtout à forte dose, a déjà été déjà traité lire à ce sujet :  

            -  METOCLOPRAMIDE & AZITHROMYCINE NOUVELLES RECOMMANDATIONS

            -  PRIMPÉRAN NOUVEAUX CHANGEMENTS

 

Note à part : Digestine en question (sauf erreur ou omission)

Le résinate de métoclopramide selon le prospectus du Digestine « assure une libération lente du métoclopramide ». C’est un produit qui nous semble peu référencé, non commercialisé ni en France ni en Europe, la dci « résinate de métoclopramide » n’est rapporté ni dans l’AFSSAPS ni dans le BIAM ni dans Esculapepro et encore moins dans le Vidal.

En consultant en le site Belge du laboratoire sous la licence duquel est fabriqué Digestine, on n’a trouvé aucune trace du « résinate de métoclopramide », sauf erreur de notre part.

Il s’agit, vraisemblablement, d'un produit adapté aux « spécificités » des marchés du tiers monde, vendu généralement en Afrique, Afrique du Nord, Egypte ou encore Pakistan. 

La question qui se pose c’est : y a-t-il un intérêt pharmacologique objectivant l’utilisation d’un métoclopramide à libération prolongée ? Et s’il y en est un, pourquoi le résinate de métoclopramide n’est pas commercialisé en France ? A notre modeste niveau, on préfère en rester là. Il est possible qu’il y ait des informations qui nous échappent bien entendu.

 

       2- Intérêt du sulpiride dans les vomissements de la femme enceinte et en gastro-entérologie en général :

       Le sulpiride est un neuroleptique qui interfère dans les transmissions nerveuses dopaminergiques cérébrales et exerce, aux faibles posologies, une action activante simulant un effet dopaminomimétique. Aux doses plus élevées, le sulpiride a également une action antiproductive.

Aucune indication en gastro-entérologie n’est spécifiée dans le RCP de la spécialité Dogmatil  50 mg CP (Mise à jour du 25/11/09 consulter le 09/11/2010).

Autrement dit toutes les utilisations du sulpiride dans « La composante psychomotrice des maladies organiques, en particulier la maladie ulcéreuse et la rectocolite hémorragique » tel que spécifié dans le VIDAL 1994, page 459, sont purement fantaisistes. Ni hoquet, ni colopathie fonctionnelle, ni ulcère, ni vomissements même réfractaires aux autres thérapeutiques, ne justifient l’utilisation du sulpiride.

Les seules indications reconnues du sulpiride 50 mg par CP sont :

- Traitement symptomatique de courte durée de l'anxiété de l'adulte en cas d'échec des thérapeutiques habituelles. (Donc mêm ici en 2ème ligne)

- Troubles graves du comportement (agitation, automutilations, stéréotypies) chez l'enfant de plus de 6 ans notamment dans le cadre des syndromes autistiques.        

Dans ces indications l’utilisation du  sulpiride est envisageable quel que soit le terme de la grossesse sous réserve d’une surveillance particulière pour le nouveau-né. 

En l’occurrence, dans le cas présent, l’utilisation du sulpiride est possible mais elle n’est justifiable que si la femme enceinte a des troubles d’anxiété.  

 

       3- L’association métoclopramide et sulpiride :

       Il s’agit là d’une association de deux  neuroleptiques dont l’un, le métoclopramide, a une vocation d’antiémétique. C’est une association tout simplement contre-indiquée et pour cause : 

Rectificatif : Suite à la remarque pertinente d’un internaute, que nous remercions vivement au passage, et après vérification dans le thesaurus de l’AFSSAPS et même dans le simple Vidal : l’association métoclopramide – sulpiride n’est pas classée comme « contre-indication » mais comme une interaction à « PRENDRE EN COMPTE ». Heureusement pour nous, cela ne change pas dans le fond l’analyse dans son ensemble. Merci encore pour votre vigilance

Cette association expose clairement la patiente, au minimum, à des troubles extra-pyramidaux graves : il s'agit de dystonies aiguës pouvant se manifester par des mouvements anormaux de la tête et du cou (spasmes faciaux, trismus, crises oculogyres, révulsion oculaire, protrusion de la langue, difficultés de déglutition, dysarthrie, torticolis), une hypertonie généralisée, voire un opisthotonos.      

Dans le cas de la femme enceinte ces troubles pourraient sérieusement impacter l’évolution normale de la grossesse. 

 

       4- Oméprazol et grossesse : 

      Selon l’AFSSAPS « Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces. En clinique, aucun effet malformatif ou fœtotoxique particulier n'est apparu à ce jour. Toutefois, le suivi de grossesses exposées à l'oméprazole est insuffisant pour exclure tout risque. En conséquence, l'utilisation de l'oméprazole ne doit être envisagée au cours de la grossesse que si nécessaire.» sic.

En claire, l’utilisation de l’oméprazole au cours de la grossesse est possible mais n’exclue pas des risques éventuels. L’appréciation par le médecin de la nécessité de l’oméprazole prend ici toute son importance, il s’agit d’une responsabilité qui est loin d’être mince.  

 

Conclusion : 

Cette ordonnance, qui selon notre appréciation est un cas rare d'association - certainement involontaire - de 2 métoclopramides, a été pour nous l’occasion de se poser des questions fondamentales 

    - d'une part sur difficulté de la gestion des troubles gastriques chez la femme gestante et en particulier sur l’utilité du sulpiride dans les affections gastro-intestinales

    - d'autre part sur l’intérêt pharmacologique réel du métoclopramide à libération prolongée sous forme de résinate de métoclopramide. C'est une question qui, étonnement et en toute honnêteté, on ne s'était jamais posé jusqu'à là !. Cela montre encore une fois que ce qui apparaît comme une évidence consacrée par l’usage, ne l’est absolument pas quand on cherche à obtenir une argumentation rigoureuse et indépendante.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 07:30

10-11-09-PERLE-Princi-B-Fort.jpg

 

Traduction : PRINCI-B FORT CP une association de vitamine B1, B6 et B12 à  visée antalgique.

Brince ou Prince, tous royalistes même dans les médicaments.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 07:55

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LES VENTES DE JOUNAUX AU MAROC

 

Les ventes de journaux au MAROC n'excèdent jamais

12 Titres pour chaque 1 000 habitants

  Source : Mohammed BERRADA, responsable de SAPRESS, La revue marocaine LE TEMPS, n°70, du 06 au 12/11/2010, page 14. D'après le journal arabophone AKHBAR-AL-YAOUM du 03/11/2010

   

L'avis du pharmacien 

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En 2006, la moyenne de vente des journaux au Maroc était de 13 exemplaires pour 1000 habitants (source : statistiques de l’ONU in maghrebarts.ma). A titre de comparaison

- La moyenne de vente des journaux en France est de 285 exemplaires pour 1.000 habitants, soit plus de 20 fois les chiffres du Maroc.    

- La moyenne des pays arabes, elle est de 55 exemplaires pour 1 000 habitants

 

Il s’agit là d’un chiffre qui concerne la lecture des journaux, qui est extrêmement grave pour notre pays, et ne parlons pas de la lecture des livres (…). Grave car la lecture du simple journal est un des moyens les plus fiables (avec l’école) pour structurer la pensée du citoyen.

Si les médias audiovisuels s’inscrivent dans une logique de l’immédiat, avec un habillage émotionnel lourd (le ton des voix, les couleurs, les images, la musique de fond) elles ne permettent pas l’émergence d’une pensée rationnelle, pire elles contribuent souvent à l’analphabétisme analytique (analphabétisme fonctionnel) de la population.

Au final, faire abstraction de la lecture des journaux impacte directement la « qualité » de la démocratie, conséquences :  

 

- 37% c’est le taux de participation aux dernières législatives de 2007, avec 19% de bulletins nuls.

- 120 députés ont changé de parti depuis le début de la législature actuelle. Record de transhumance politique pour Mr Mohamed MOUBDIE, actuellement MP, et qui a changé de couleur partisane 6 fois en 14 ans de « carrière ». Source : LE TEMPS, n°70 du 06/11/2010, pages 19 - 23.

- « Les deux tiers des députés sont des barons de la drogue » C’est excessif peut être, c’est en fait une déclaration de Abdelhadi KHAÏRATE, membre du bureau politique de l’USFP un parti qui participe au gouvernement, lors de l’émission Tyarate sur la chaîne 2M, une déclaration confirmée, par la suite, par son auteur. In LE TEMPS, n°70 du 06/11/2010 pages 20 et 22.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 20:16

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

LE TAUX DE MORTALITE NEONATALE

EN 2009 AU MAROC

 

Le taux de mortalité néonatale en 2009 au Maroc a été de :

23 pour mille

Le taux de mortalité infantile, qui englobe le taux de mortalité néonatale, en 2009 au Maroc a été de :

32 pour mille

 

Source :

- L’ECONOMISTE, N° 3397 du 03/11/10. Mortalité néonatale : Trop de décès dus à des négligences

- UNICEF : Statistiques du Maroc  (Une excellente référence) 

 

          Dans son édito, Nadia SALAH écrit : « Le Maroc affiche une mortalité néonatale digne du Yémen et de la Somalie... les pays les plus arriérés de la planète. Et pourtant le niveau économique est celui d’un pays moyen. ». La responsabilité incombe, selon elle, à «un noyau bruyant d’employés qui au lieu de s’attaquer aux mauvaises pratiques, s’en était pris à la ministre! »

L’article signé K.M. affirme, quant à lui, que les bébés meurent en raison de « négligences des équipes soignantes dans les hôpitaux » 

Par ailleurs un haut cadre au ministère enfonce le clou en disant « L’absentéisme et le déficit en ressources humaines sont des limites qui empêchent le secteur de la santé de prendre de l’élan ».

 

L’avis du pharmacien :

Rappel : 

L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

         Juste pour information, avant la désastreuse campagne de départs volontaires, des grèves étaient menées par le corps médical, non pas pour des revendications salariales, mais juste pour avoir les outils pour travailler dans des conditions dignes.

         En tant qu’officinal (certes hors circuit hospitalier) par recoupement de diverses informations émanant des médecins, des patients et des médias, on constate que ces chiffres sont probablement le résultat des conditions de travail désastreuses dans nos hôpitaux.

Les médecins et les infirmiers ne font que « s’adapter » à la misère de leur environnement de travail, caractérisé par le manque d’hygiène et le manque d’équipements, nous dit-on, associés une gestion des ressources humaines « approximative », pour ne pas dire autre chose, car chacun sait ce qui se passe dans les faits, comme dans toutes nos administrations (…), sauf peut être Mme Nadia SALAH.

        Face à un problème donné, il est intellectuellement plus facile de taper sur les gens situés en bout de chaîne que de déterminer les responsabilités en haut d’échelle. Sauf erreur possible de notre part, les « mauvaises pratiques » sont partout, du moins nous semble-t-il.

Mme Nadia SALAH, que nous respectons et dont les analyses sont souvent de très grande qualité, aurait pu gagner en crédibilité sur cet édito si elle avait pris en considération l’ensemble des paramètres de ce problème au lieu de prendre comme unique responsable les « mauvaises pratiques » des seules équipes soignantes des hôpitaux, qui ne sont probablement pas dénuées de critiques (comme pour les officinaux et autres intervenants de la santé) mais qui ne sont certainement pas les seules.    

Afin de laisser le lecteur se forger son propre opinion en toute transparence nous vous rapportons de suite l’édito en question :

Bébés morts

Quand Yasmina Baddou avait dit que les «mamans marocaines accouchent comme des bêtes», bien peu de sages-femmes et de médecins s’étaient préoccupés de changer la donne… Pis, un noyau bruyant d’employés de la Santé publique, au lieu de s’attaquer aux mauvaises pratiques, s’en était pris à la ministre!
Le Maroc affiche une mortalité néonatale digne du Yémen et de la Somalie... les pays les plus arriérés de la planète. Et pourtant le niveau économique est celui d’un pays moyen. Quel est donc ce paradoxe?
Un travail universitaire, relayé par l’association Insaf (dont on connaît les succès sur le front du travail des enfants), identifie les raisons de cette mortalité des bébés: les mauvaises pratiques, tout simplement! Baddou avait raison.
Trois bébés sur quatre peuvent être sauvés, soit de la mort, soit d’un handicap à vie, si les pratiques autour de leur naissance sont changées. Or les règles dont il est question ici sont simplissimes, au point qu’il est proprement scandaleux qu’elles ne soient pas l’ordinaire du personnel de la santé. Il s’agit de se laver les mains, de mettre le bébé au chaud sur le ventre de sa maman, de stériliser les instruments… Rien, absolument rien, qui ne soit facilement disponible dans n’importe quelle circonstance, a fortiori dans les établissements de santé.
Or, qu’entend-on sur cette affaire? «Il faut du matériel, des budgets, des formations…», disent les âmes charitables. Soyons sérieux: qui oserait dire qu’il ne sait pas qu’il faut mettre les bébés au chaud, qu’il faut se laver les mains… Même les mères analphabètes le savent, alors que dire du personnel soignant qui ne le fait pas?
A force de charger le contexte social, de chercher des excuses à tout et à n’importe quoi, on finit par laisser le champ libre à tous ceux qui, par négligence et par mépris de leur prochain, nourrissent l’injustice et le sous-développement.
Nadia SALAH

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 12:42

La complexité de la prise de décision

dans la politique du médicament

Un point de vue de simple apothicaire

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Rappels : 

    - L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

    - Loin de nous tout côté « donneur de leçons », PharHamster considère que ne nous détenons pas de vérité absolue. Toutes les analyses, présentées ici, sont rédigées de bonne foi en fonction des données dont nous disposons. Face à toute imprécision, erreur ou omission éventuels, pharHamster reste ouvert à toute remarque, critique ou rectification dans l’intérêt de tous et surtout dans l’intérêt du patient qui reste le cœur de notre métier.

 

Un chiffre :  

Une étude réalisée, en 1999 (il y a 11 années) au niveau des services de santé de la wilaya de Casablanca, sur les pratiques de prescription qui a portée sur 450 ordonnances a révélée que :

Seul 44% des médicaments prescrits figurent sur la liste des médicaments essentiels

 

Une source :  

Prescription des médicaments au niveau des services de santé premier échelon à la wilaya de Casablanca, Mémoire de fin d’étude INAS 1999. In Abdelali BELGHITI ALAOUI* & Al : «Manuel de gestion des médicaments au niveau des formation sanitaires de base » 2004, page 13-14. Edité par le Ministère de la santé et avec le soutient de l’UNICEF. *Directeur des Hôpitaux et des Soins Ambulatoires    

 

 

              Ce chiffre peut être exprimé aussi de la sorte : 56% des médicaments prescrits dans les 450 ordonnances de la santé publique n’étaient pas inscrits dans liste des médicaments essentiels.

Ce chiffre émane d’un manuel de la santé publique qui est encore en vigueur. Il s’agit d’un travail de 2004 qui, en toute honnêteté, est remarquable par la qualité de l’analyse.

Ce chiffre qui date d’il y a 11 ans, devrait être réévaluer certainement à la hausse si on se réfère au nombre astronomique de compléments alimentaires mis sur le marché ces dix dernières années et qui sont présentés au médecin comme si c’étaient de vrais médicaments.

                     Post-scriptum du 08/11/10 :

Dans sa liste, des médicaments essentiels l’OMS ne prend en considération l’importance des produits placebos, qui constituent un outil de travail intéressant dans certains cas. Lire à ce sujet sur ce même blog : « Le placebo sur ordonnance »     

 

 

Une lecture simpliste de ce chiffre peut inciter à prendre comme seul responsable le « méchant » médecin. En réalité ce dernier est lui-même victime d’un manque catastrophique d’informations crédibles et indépendantes sur les produits de la santé et sur les médicaments en particulier. Cet état de fait le laisse à la merci d'argumentaires des plus crédibles aux plus fantaisistes.                

 

Note à part, la TVA sur les produits de la santé : les compléments alimentaires vendus en pharmacie sont assujettis à une TVA de 20%, autrement dit si la marge nette du grossiste tourne autour des 3%, et celle de l’officinal autour des 10%, l’Etat se paye lui une confortable « marge » de 20%. Cela ne serait pas grave si le consommateur n’était pas, dans le cas présent, un patient non consentant, car il ne fait que suivre une ordonnance pour une maladie qu’il n’a pas choisi d’avoir.

Même la TVA de 7% sur la majorité des médicaments (les vrais) est totalement injustifiée, puisqu’on fait payer le citoyen une taxe sur sa maladie. (Tant qu’on y est pourquoi ne pas faire payer les handicapés une taxe sur leurs handicape !)   

Pour les compléments alimentaires de deux choses l’une, soit les détaxer, soit interdire toute publicité de ces produits auprès du corps médical.

Pour les médicaments (les vrais) la TVA est une injustice fiscale flagrante payer scandaleusement par le patient.           

 Un constat :

              En lisant cet important manuel on constate, avec grande surprise, qu’un certains nombre de conclusions de la célèbre Enquête Parlementaire sur le Médicament étaient déjà connues auprès des hauts cadres du ministère de la santé publique dont une, au moins, est marquante c’est l’opacité des prix.

Conséquence : le diagnostic de la situation réelle du médicament au Maroc était déjà connu depuis, au moins, 2004. Il est clair que le hic réside, non pas dans la connaissance du problème, mais bien dans la prise de décision. Question : pourquoi cet inertie décisionnelle ?

 

L’avis de l'apothicaire :

             A travers les bribes d’informations briguées ici et là, et qui distillent parcimonieusement à notre humble niveau, on peut estimer que le marché du médicament est un secteur qui implique de gros intérêts structurés en groupes de pression dont les plus puissants sont ceux des industriels (AMIP, MIS …), mais aussi, avec un moindre impact, des syndicats et autres associations.

Cette hyper puissance des industriels se décline au niveau financier, au niveau des réseaux ou encore au niveau du savoir scientifique. En effet les grands groupes de pression peuvent facilement mobiliser un grand nombre  d’associations, de leader d’opinions (universitaires entre autres) et mettre en œuvre un nombre important d’événements (du congrès scientifique aux soirées de charités). Face à cette armada, le fonctionnaire d’état, aussi haut soit-il, se retrouve dans une position de faiblesse, inactivant de facto toute décision importante.

             Devant la faiblesse de position du haut fonctionnaire, la décision ne peut être alors que politique. Malheureusement, nos Hommes politiques non pas suffisamment d’assise populaire (si on se base sur la très faible participation aux dernières élections législatives) pour oser constituer un contrepoids aux divers groupes de pressions (y compris vis-à-vis des syndicats). Trivialement dit : si un ministre démissionne, il n’y aura même pas un chat dans la rue pour le soutenir.

Post-scriptum du 08/11/10

A propos de l’absence d’assise populaire de nos politiques, un article fort intéressant intituler « Politiques-citoyens : Le désamour » parue dans revue marocaine LE TEMPS, vient de corroborer ces dires. Source :  LE TEMPS, n°70 du 06/11/2010, pages 19 - 23   

 

Dans notre pays, le politique tient son pouvoir (voir des fois son portefeuille) essentiellement à travers le jeu complexe des réseaux (familiaux, politiques, intérêt économique …). Ces réseaux qui sont sa source de pouvoir, sont eux-mêmes sa source de fragilité, puisqu’on peut trouver toujours une « porte d’entrée » dans ses réseaux même pour le « raisonner » sur tel ou tel sujet.                                           

La véritable décision politique, qui prend comme fondement l’intérêt collectif, est de facto bloquée. Et si décision il y a, elle ne peut pas toucher les plus influents (scientifiquement, financièrement et au niveau relationnel), le bâton tombera naturellement sur les plus faibles (selon les mêmes critères) qui sont : les médecins de santé publique accusés d’absentéisme et d’une liste étendue de manquement à leur devoir (comme le verra dans l’article prochain), les pharmaciens d’officine avec leurs « énorme » 10% de marge nette sont accusé du renchérissement du médicament et d’une pléthore de manquements.           

 

             On pourrait croire sur la base de se qui vient d’être dit que la seule source du blocage sont de « méchants » industriels. En réalité les entreprises du médicament ne font que défendre de manière quasiment légale leurs intérêts, ce qui est tout à fait normal.

Le problème réside en fait dans l’absence de contrepoids ? Face aux industriels on retrouve une administration affaiblie, un corps médical sous influence par manque d’information crédible et indépendantes, et un corps pharmaceutique officinal embourbé dans une misère scientifique, intellectuelle, organisationnelle à tous les niveaux, témoignant d’une véritable crise de vocation quasi existentielle (remarque c’est valable aussi dans une moindre mesure même en France).

Bref l’industriel ne trouve comme partenaire, face lui, qu’un vide sidéral. Et comme toute entreprise, les entreprises du médicament « s’adaptent » à leur environnement, s’il est concurrentiel elles ferons le nécessaire pour être à la hauteur, s’il est médiocre elles l’écraserons de leurs poids en fonction d’abords de leurs intérêts.   

 

Mais, de quoi je me mêle ?

             Question : qui peut connaître suffisamment le médicament, le marché du médicament et les besoins réels de la population et ce dans la totalité du territoire national. La réponse paraît évidente : le pharmacien d’officine.

Malheureusement ce dernier se comporte comme un simple délivreur de médicament sans avis critique, se recroquevillant sur de maigres revendications concernant des questions, qui à la base ne devraient même pas être négociables si il était présent sur le champ scientifique de manière : volontariste, indépendante et rigoureuse en mettant le patient au cœur de son métier. Cela aurait fait de lui un think tank incontournable pour les divers intervenants de la santé (industriels, médecins, MSP …) et un des pivots les plus solides de toute politique santé.

Certes la meilleurs façon de se défendre, c’est d’attaquer. Mais s’attaquer non pas aux industriels qui sont dans leurs rôles, ni aux politiques dont la capacité décisionnelle sur les grands sujets à la base est faible, mais à notre propre misère scientifique, à notre manque d’indépendance et de courage intellectuel.        

Mépriser le patient, c’est se mépriser soi-même. Ignorer ses doléances, c’est ignorer notre raison d’être. 

Cette attitude de la part des officinaux ne va pas forcement changer profondément la donne en matière de prise de décision dans la politique du médicament, mais elle aura pour avantage de donner un appui fort à toute décision politique courageuse, d’amener plus de transparence et d’appuyer les entreprises du médicament dans toute démarche constructive.      

 

Note à part, l'officinal & la maîtrise de l'information : les officinaux sont assis bêtement et sans le savoir, sur une source incroyablement stratégique, autant pour les industriels que pour les pouvoirs publics : l’information pertinente sur le médicament. Cette information revêt deux caractères :

       - L’information scientifique sur le médicament,  du fait de l’inertie intellectuelle légendaires des officinaux, c’est un monopole de fait des industriels (mis à part quelques très rares initiatives indépendantes sur l'Internet qui non aucun poids décisif), elle est hautement stratégique car elle impacte directement le niveau de prescription.

       - L’information purement commerciale, elle est  exploitée depuis très longtemps par des organismes  comme l’IMS à l’échelle mondial et dernièrement au Maroc par des instituts de sondages.     

Le paradoxe, c’est que les officinaux qui se situent à un moment crucial de la vie du médicament, se retrouve par leur inertie intellectuelle  le maillon le plus misérable de la santé. Inutile d’expliquer que cette information ne peut être mise en valeur que , dans son côté scientifique, par un fort engagement intellectuel, et, dans son côté purement commercial, par une structure en réseau. Les deux types d’informations peuvent être chapotés par des instances représentatives type syndicat, ordre ou autre.

                     

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Published by Amster - dans MEDICAMENT
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