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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 12:32

MÉTOCLOPRAMIDE PRIMPÉRAN®

Un nouveau packaging et une mise à jour du prospectus

 10-06-08-Primperan.jpg

NB : La formule chimique du métoclopramide a été surajoutée à l'image de la spécialité PRIMPÉRAN

Le packaging et le prospectus du PRIMPÉRAN® solution buvable ont été récemment modifiés, nous vous rapportons ci-après les principales modifications :

 

Au niveau du packaging :

1 - On note l’ajout de la mention « RESERVE A L’ADULTE» en rouge

2 - On note aussi le remplacement du carré vert du tableau C par le carré rouge du tableau A, autrement dit le métoclopramide est passé de « produit dangereux » à « produit toxique » 

A propos de cette classification [A : Toxique, B : Stupéfiant, C : Dangereux] : il s’agit d’une classification obsolète qui est encore en usage au Maroc alors qu’elle est inadaptée à la réalité marocaine. Un tel sujet devrait être pris à bras le cœur par les officinaux avant que des décisions administratives déconnectées de notre pratique quotidienne ne tombent subitement.      

 

Au niveau du prospectus :

1 - On note une modernisation de la forme globale du prospectus en concordance avec les produits actuels.

2 - La mention «RESERVE A L’ADULTE» est réitérée

3 - La mention « solution buvable édulcorée à la saccharine sodique » est répétée à chaque fois faisant partie intégrante de l’appellation de la spécialité.

L’avis du pharmacien sur ce point : comme tout additif aux effets secondaires non totalement élucidés, cette notification montre l’importance d’en prendre acte. Autrement dit son utilisation est tout à fait possible sous réserve d’informations rapportées par d’éventuelles futures publications.

4 - La mention « ce médicament peut être utilisé pendant la grossesse » devient « ce médicament ne sera utilisé pendant la grossesse que sur les conseils de votre médecin »

L’avis du pharmacien sur ce point : cela peut paraître anodin, mais c’est un profond changement de ton, qui d’une phrase quasi directive devient une expression plus nuancée impliquant l’appréciation du médecin traitant. Cela montre qu’un éventuel impact sur la grossesse n’est pas à écarter. Autrement dit l’utilisation du métoclopramide chez la femme enceinte est déterminée par la nécessité, il n’est plus question de banaliser sa prescription au cours de la grossesse.

5 - Les effets secondaires sont devenus plus fournis insistant globalement sur les signes liés à la dyskinésie. Mieux encore on note dans ce chapitre l’insertion de la mention « syndrome malin des neuroleptiques »               

L’avis du pharmacien sur ce point : cela montre l'importance de la filiation chimique du métoclopramide et du bromopride (Mepramide®) qui sont définis comme « des orthoanisamides, neuroleptiques antidopaminergiques utilisés comme antiémétiques »*. Et dans cette classe des orthoanisamides on retrouve aussi le sulpiride. Il claire que la chimie du médicament a une importance capitale pour une utilisation rationnelle, et ce malgré l’avis contraire de la plus part des revues médicales y compris l’excellente revue Prescrire, qui tacitement considèrent que la chimie rebute la lecture des articles, dommage !

6 - La posologie préconisée répond aux normes actuelles à savoir 1 à 2 cuillères à café par prise 3 fois par jour, réservé strictement à l’adulte. La mention « Respecter un intervalle d’au moins 6 heurs entre chaque prise » est ajoutée.

L’avis du pharmacien sur ce point : nous le répéterons jamais assez une càc est équivalent à 5 ml, 2 càc ne sont pas équivalentes à une cuillère à soupe (15 ml). La posologie à la cuillère est un mode de prescription désuet, une logique de base implique une prescription avec des ml.

 

L’avis du pharmacien :

      Ces modifications sont en cohérence avec la circulaire de la direction du médicament et de la pharmacie [réf. N° 23 DMP/21/CPV], datée du 25 mai 2009, destinée aux industriels et qui concerne les spécialités à base de métoclopramide & d’azythromicine.

Cependant, nous pensons sauf erreur de notre part, que ces modifications ne sont pas la conséquence de cette circulaire, mais elles entrent dans une logique d’harmonisation et de mise à jour de la spécialité PRIMPÉRAN® au niveau international. C’est certainement une démarche qui provient de l’industriel lui-même qui n’a comme partenaire face à lui qu’une administration qui du mal à s’arrimer au progrès scientifique et des officinaux sans avis critique qui ne constituent aucun contrepoids en terme de savoir.

Dans un contexte globalement caractérisé une faiblesse intellectuelle, la démarche de l’industriel se présente comme une démarche volontariste louable, à laquelle les autres partenaires s’inscrivent de façon morne sans apport technique se limitant à acquiescer des décisions prisent sous d’autres cieux.                                  

     La réflexion de l’apothicaire :

Rédigé de bonne foi, sauf erreur de notre part. L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.

1 - L’appellation PRIMPÉRAN®  0,1% nous parait moins propice à une prescription sécurisée. En effet le « 0,1%» fait référence à la concentration de 100 mg (0,100 g) de métoclopramide dans 100 ml de solution buvable. Il aurait été plus judicieux de rapporter directement cette concentration au ml, l’appellation devient alors « PRIMPÉRAN® 1mg / ml ». Cette façon de libeller a l’immense avantage de montrer directement la quantité de principe actif administrée en cohérence avec une prescription au ml plus rigoureuse et plus sécurisée pour le patient.

2 - Le fait de réserver pour l’adulte la solution buvable nous amène à reconsidérer globalement la gamme des présentations  de métoclopramide. 

       Constatation : la forme solution buvable n’est pas une panacée en soi pour administrer un médicament pour l’adulte, pour la simple raison que dés l’ouverture d’un flacon le produit n’est plus récupérable. C’est d’autant plus important qu’il s’agit produit d’appoint.

       L’alternative : on aurait espérer que l’on puisse développer un métoclopramide sous forme de cp dispersible sous blister. Cette forme a l’avantage :

- de répondre aux besoins des patients qui ont de difficultés de déglutition tout en ayant un produit avec une excellente conservation même après un premier usage.    

 - en mettant sur le marché un métoclopramide sous forme de cp dispersible sous blister, on éliminera de facto les formes « solution buvable » et « comprimés classiques » ce qui aura pour avantage d’alléger les stocks au niveau de l’officine, d’optimiser le process industriel pour le laboratoire, et de faciliter la prescription pour le médecin.

3 - Cas spécifique des formes pédiatriques et rectales :

Si pour la forme goutte il n’y a rien à signaler, pour les formes rectales il y a possibilité de développement.

     Proposition : La voie rectale pour le métoclopramide présente l’avantage d’éviter la passage gastrique et donc une éventuelle régurgitation du produit administré qui a pour conséquence la multiplicité des prises et donc un risque majeur de surdosage.

     L’inconvénient avec les suppositoires en pédiatrie c’est leur dosage unitaire figé, cependant on pourrait s’inspirer du diazepam (Valium®) dont la forme injectable est utilisée en intrarectal en pédiatrie, en cas de convulsion fébrile, grâce à une canule qui d’un côté s’adapte à l’anatomie du rectum et de l’autre côté s’adapte à une pipette doseuse. [Existe en France]

     L’idée c’est d’adapter cette technique simple au métoclopramide. Cette technique est elle-même améliorable si on remplace la solution injectée au niveau du rectum par un semi fluide à rhéologie adaptée (Pâte, émulsion, pommade ou gel). L’intérêt avec cette possibilité est d’avoir un produit qui a un temps de contacte avec la muqueuse rectale similaire au suppositoire tout en ayant une flexibilité du dosage administrée ce qui ouvre la possibilité d’une administration sécurisée à tout age.

 

Au final une gamme de métoclopramide cohérente, qu’elle s’appelle PRMPÉPERAN® ou CLOPRAM® ou METAGLIZ® ou autre, devrait théoriquement a notre sens se présenter ainsi :

Formes adultes :

        Métoclopramide en cp dispersibles sécables dosés à 10 mg sous blister

        Métoclopramide en suppositoires dosés à 20 mg

Formes pédiatriques :

        Métoclopramide en goutte dosée à 0.10 mg par goutte équivalent à 0.26 mg par ml

        Métoclopramide en semi fluide à rhéologie adaptée pour administration intrarectale

Une forme injectable :

        Métoclopramide injectable à usage orienté plus hospitalier qu’ambulatoire  

 

         De quoi je me mêle ?

Cet article a été pour nous un véritable plaisir rédactionnel, cela a été l’occasion d’expliciter un certain nombre d’idées qui étaient au début éparses.

Mais, au-delà des diverses propositions présentées ici, il s’agit de mettre en avant des logiques de développement industriel qui ne soient plus basées uniquement sur les statistiques froides de l’IMS où la seul question qui est posée c’est : comment prendre la plus grande part de camembert du marché marocain ? Il s’agit en fait de prendre comme repère les besoins réels du patient. Ce changement de repère implique un changement radical de stratégie d’entreprise qui sera alors basée sur le savoir et la créativité. Mais pas seulement, car dans le secteur de la santé la notion de responsabilité social vis-à-vis du patient s’invite avec force. (Le patient étant un consommateur non consentant le plus souvent)   

Et, du haut de notre petit hamster, on n'apprendra rien aux décideurs qui savent pertinemment que le savoir, la créativité intellectuelle et la responsabilité sociale sont les clefs de la pérennisation de tout développement dans une économie de plus en plus ouverte. Le progrès par la spéculation n’a plus raison d’être par les temps qui courent même si elle constitue en soi un activateur indéniable de l’économie.      

  * J. Taoufik, Précis de chimie thérapeutique, page 75, collection MEDIKA 2007

Post-scriptum :

Par un heureux hasard, notre avis au sujet de la promotion du savoir et de la créativité intellectuelle dans les entreprises du médicament rejoint dans le fond certains points du dernier rapport du Boston Consulting Groupe publié en ce mois de juin 2010, qui insiste sur la mise en place d’une véritable politique de recherche & développement dans le secteur pharmaceutique, notre avis explicite exactement cette point de vu.

Source : A. Berrada « Industrie pharmaceutique le diagnostic poignant du Boston Consulting Groupe » LES ECHOS QUOTIDIEN, n°151, du 16/06/10, pages 4 et 5.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:00

Q u e s t i o n   p r a t i q u e

A quel moment de la journée faut-il prendre

la lévothyroxine T4 (LEVOTHYROX®)?

 

  T3 ET T4

          La lévothyroxine (Levoyhyrox®) est un produit d’usage quotidien vital pour un grand nombre de personnes qui le prennent pour de longues durées. C’est un traitement substitutif dans les hypothyroïdies, reste à savoir à quel moment de la journée vaut-il mieux la prendre ? Une étude américaine de 2009 répond précisément à cette question.  

 

Source : T. Bach-Huynh, B. Nayak, J. Loh, S. Soldin, J. Jonklaas. « Timing of Levothyroxine Administration Affects Serum Thyrotropin Concentration ». The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism Vol. 94, No. 10 3905-3912. 2009

Lien : http://jcem.endojournals.org/cgi/content/abstract/94/10/3905

 

Methode :

Mesurer les taux de TSH obtenus en fonction du moment où la lévothyroxine est administrée 

            - soit le matin à jeun, 1heure avant le petit déjeuner,

            - pendant le petit déjeuner,

            - le soir au coucher au moins deux heures après le dernier repas.

 

Bref rappel sur Filiation de la

 lévothyroxine 

Le système nerveux central

Stimule

L’hypothalamus qui secrète la TRH

Qui stimule

L’hypophyse qui secrète la TSH

Qui stimule

La thyroïde qui secrète la T3 et la T4

Qui stimulent

Les organes cibles  

 

NB : T3 & T4 vont exercer un effet feed-back négatif au niveau de  l’hypothalamus et de l’hypophyse

 

Plus la concentration de TSH est basse plus l’absorption digestive de la lévothyroxine est qualifiée de meilleure :  

 

Résultats :

            - à jeun                              : concentrations de TSH  : 1    mIU  / litre

            - le soir au coucher             : concentrations de TSH  : 2.2 mIU / litre

            - pendant le petit déjeuner    : concentrations de TSH : 2.9 mIU / litre

 

Conclusion :

            Les auteurs conseillent de prendre la lévothyroxine le matin à jeun 1 heure avant le petit déjeuner ou le soir au coucher, 2 heures après le dernier repas.  

 

L’avis du pharmacien :

            Les résultats de cette étude américaine dirigée par Jacqueline Jonklaas (Laboratory, General Clinical Research Center, Georgetown University Medical Center, Washington) constituent un outil pratique au quotidien pour le pharmacien d’officine. Il s’agit d’avoir un argument rationnel objectivant le moment de la journée où la prise de lévothyroxine est la plus efficace.

Cette étude est à intégré dans le cadre plus globale de la chronopharmacologie, qui constitue le cadre scientifique rationalisant  la prise des médicaments au quotidien.

      La réflexion de l’apothicaire :

Rédigé de bonne foi, sauf erreur de notre part. L’erreur est inhérente à l’exercice de la réflexion qui ne peut être considérée comme la négation l’avis de l’autre. C’est un exercice libre et libéral à la fois.         

On aurait souhaité que lors de nos congrès, qu’au lieu de s’intéresser au marchandising et à l’étude de l’efficacité des crèmes hydratantes, il aurait été plus utile de repenser la chronopharmacologie. Sauf que cela n’intéresse pas les sponsors de nos congrès, car ce sont des sujets « trop compliqués » donc « non bankable ».

Traiter ce genre de sujets, implique de facto d’abandonner les petits fours et les hôtels 5 étoiles (oh mon Dieu c’est pas possible !), pour faire nos congrès sur les bancs plus durs de nos facultés par exemple. C’est certainement moins confortable pour les âmes (...) délicates mais cela a l’immense avantage de développer une formation continue sérieuse, libre et indépendante de toute interférence, basée sur la rationalité des analyses et la rigueur des études présentées.                           

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:30

L’AFSSAPS INTERDIT LES MUCOLYTIQUES

CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 2 ANS

 10-06-09-BEBE.jpg

      On le savait depuis une dizaine d’années que les mucolytiques posaient de gros problèmes d’encombrement bronchiques chez le nourrisson.

Le 29/04/2010 l’AFSSAPS a tranché en contre-indiquant de façon nette l’utilisation des mucolytiques et mucofluidifiants chez l’enfant de moins de 2 ans.

Dans une déclaration la revue Le Quotidien du médecin Carmen Kreft-Jais, chef d’unité de pharmacovigilance à l’AFSSAPS a annoncé :  

« Depuis de nombreuses années, les bénéfices des fluidifiants bronchiques chez les nourrissons sont remis en cause et leur prescription controversée. Il nous fallait de sérieuses données de pharmacovigilance avant de prendre la décision finale de contre-indiquer leur utilisation dans cette catégorie d’âge »

 

Les bases pharmacologiques de cette décision :

Pour ce faire on s’est basé sur un article de La Revue Prescrire [3] et sur le Compte rendu de la réunion du mardi 24 mars 2009 de la commission nationale française de pharmacovigilance. C’est un document remarquable par la rigueur, et c’est avec un plaisir non dissimuler que l’on vous donne ce lien précieux du cœur même de l’AFSSAPS. C’est un fichier PDF et pour notre sujet on peut aller directement à la page 17.

       Méthode :

- Le CRPV* de Marseille a présenté les résultats d’une enquête de pharmacovigilance relative aux effets indésirables des spécialités mucolytiques chez le nourrisson de moins de 2 ans. Cette enquête a été ouverte le 15 février 2008.

- 30 spécialités parmi les 241 de la classe des mucolytiques  ont été inclue dans cette enquête. Ces spécialités princeps étaient indiquées chez le nourrisson de moins de 2 ans administrées par voie orale (carbocistéine, acétylcystéine, méglumine benzoate et létostéine) ou par voie rectale (huile essentielle de térébenthine) en traitement des troubles des sécrétions bronchiques. L'ambroxol (Muxol° ou autre) n'a pas été inclus dans l'enquête car il n'est pas autorisé, en France, avant l'âge de 2 ans.

- Cette enquête a porté sur l’ensemble des effets indésirables survenus sur le territoire national Français ainsi qu’au niveau international, à partir des cas déclarés dans la base nationale de pharmacovigilance et des cas rapportés dans les PSUR. (periodic safety update reports)

* Centre régional de pharmacovigilance

       Résultats :

- La majorité des cas ont été rapportés avec la carbocistéine et l’acétylcystéine

- 70 notifications d'aggravation des troubles respiratoires ont concerné l'acétylcystéine (27 cas), la carbocistéine (32 cas), l'hélicidine (6 cas) et le méglumine benzoate (5 cas).

Ces cas concernaient : 10 nouveau-nés, 48 nourrissons de moins de 1 an et 12 nourrissons âgés de plus de 1 an. Les cas graves ont été rapportés chez des nourrissons d'âge moyen 6,5 mois.

- 64 notifications de réactions allergiques ou pseudoallergiques notamment cutanées ont été recensées dont 13 cas étaient graves. Les symptômes ont été des urticaires, des éruptions érythémateuses, des prurits, des angiœdèmes [1].

     

      Conclusions de la commission :

Ces médicaments n'ont pas d'efficacité démontrée sur la toux [2]. Selon le compte rendu de la Commission, il n'y a pas d'efficacité spécifique démontrée des mucolytiques dans des affections bronchiques aiguës chez des enfants [1]. Leurs effets indésirables ne sont pas justifiés. Plutôt qu'utiliser un mucolytique chez les nourrissons, mieux vaut par exemple veiller à leur bonne hydratation, à l'humidification de l'air ambiant, et à l'absence de fumée de tabac.

L’AFFSAPS a accompagné cette décision par des Lettres aux professionnels de la santé (cliquez sur le lien) tout en insistant sur

La prise en charge de la toux productive chez le nourrisson repose sur :

 

- La désobstruction nasale pluri-quotidienne (notamment avant le repas et au coucher) au sérum physiologique ou avec une autre solution saline

- L’éviction de l’exposition au tabac (ne pas fumer au domicile y compris dans une autre pièce que celle dans laquelle dort le nourrisson)

- La kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique peut apporter un complément à ces mesures en cas d’encombrement bronchique

- L’information à délivrer aux parents sur les mesures hygiéniques habituelles à respecter (surélévation légère de la tête et du thorax pendant le sommeil, hydratation régulière, atmosphère fraîche).

 

Références
1- Afssaps "Commission nationale de pharmacovigilance du 24 mars 2009 – Enquête officielle de pharmacovigilance sur les effets indésirables des spécialités mucolytiques chez le nourrisson de moins de deux ans" 19 mai 2009. Site afssaps.sante.fr consulté le 23 juin 2009 : 20 pages.
2- Prescrire Rédaction "Situations courantes d'automédication. Toux gênantes" Rev Prescrire 2008 ; 28 (299) : 676-677.

3- Rev Prescrire 2009 ; 29 (311) : 666.

4- Source image : LE POINT

 

L’avis du pharmacien :

La décision de contre-indiquer les mucolytiques chez les enfants de moins de 2 ans, est à apprécier dans un cadre plus large vers lequel converge un faisceau d’informations :

       - En effet il y a une dizaine d’années la prométhazine a été elle aussi contre-indiquée dans la même catégorie d’âge. Les autres antihistaminiques l’ont été par la suite. 

        - D’autres produits ont suivit les antihistaminiques notamment le nifuroxazide (Ercefuryl, Enteral …).

        - Ajoutant à cela la difficulté de déterminer les posologies exactes pendant cette période

        - Au niveau physiologique, on note que les 2 premières années de la vie sont caractérisées par la maturation d’un certain nombre de fonctions vitales pour la suite de la vie de l’être humain et en particulier au niveau du système nerveux central, du système respiratoire et des fonctions hépatiques. Toutes ces fonctions peuvent être lourdement perturbées par des thérapeutiques inadéquates ou males évaluées.         

En conclusion nous insistons lourdement sur l’idée suivante :

La tranche de vie de 0 à 2 ans doit être appréciée comme une période post-fœtale et non comme le début de l’enfance. Cela implique d’une part une pharmacologie précise et adaptée, et d’autre part des produits spécifiques. Les transpositions aveugles des thérapeutiques de l’adulte vers cette période post-fœtale sont à bannir sauf cas d’urgence. Par ailleurs une prise de conscience sur ce fait de la part du corps médical et fortement souhaitée.

       

Mais, de quoi je me mêle en fait !

         Tous ces événements se passent en absence de toute réaction ici au Maroc et c’est affligeant. C’est une occasion en or pour les officinaux de monter au créneau afin de défendre l’intérêt de nos patients. Une telle prise de position, professionnellement courageuse et scientifiquement rigoureuse, remettrait le pharmacien réellement au cœur du système de santé et pourrait faire reculer les avis lourdement négatif (ex celui du président de Transparency Maroc).

Malheureusement dés qu’il s’agit de pharmacologie les officinaux se contentent de ce que leurs apprennent les délégués médicaux et au meilleurs des cas les services marketing des laboratoires. Vouloir aspirer à être un acteur efficient de la santé nécessite deux conditions : le courage intellectuel d’être libre et la rigueur scientifiques des analyses. Les deux nous manquent terriblement !                        

NB : « Le courage intellectuel d’être libre » n’implique absolument pas le dénigrement des autres acteurs de la santé (médecins et laboratoires) il s’agit d’être une force de proposition et de réflexion et un contrepoids positif face aux dérives, qu’elles soient administratives ou pécuniaires, qui peuvent mettre à mal les intérêts vitaux de nos patients.      

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 17:44

C H I F F R E S   &   R E P È R E S

LES CHIFFRES CATASTROPHIQUES

DU TABAGISME AU MAROC

 

Nous avons traité déjà ce sujet à travers deux articles édifiants :

-   La cigarette une pharmacologie de la mort  

-   La campagne nationale anti-tabac  

Dans le premier on expliquait le mécanisme criminel et pernicieux au niveau pharmacodynamique du tabac, alors que dans le second on expliquait ce qui à notre sens constitue une stratégie de campagne antitabac efficiente. Ci-après les chiffres catastrophiques du tabagisme     

 Copie-de-Tabagisme.jpg

Les chiffres au niveau mondial :  

- Chaque année dans le monde, le tabac tue plus de 5 millions de personnes soit plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis.

L’avis du pharmacien : Cet élément informatif important montre là où résident les véritables nécessités budgétaires au-delà des modes médiatiques et des convenances des cercles mondains.      

- On compte, dans le monde, plus d'un milliard de fumeurs dont 20% de femmes. Toutefois, l'épidémie de tabagisme parmi les femmes augmente beaucoup plus rapidement.

 

Les chiffres du tabagisme au Maroc :

- Le Maroc est considéré comme l'un des plus grands consommateurs de tabac dans la zone méditerranéenne avec plus de 15 milliards de cigarettes par an. (!!)

Chaque jour, au moins 14 cigarettes sont fumées par les hommes et 12 par les femmes.

- Au niveau national, nous n'avons aucune statistique quant au nombre exact de décès liés au tabac. (Ou alors on ne cherche pas à le savoir)

- Néanmoins, dans un pays comme le nôtre où 31,5% des hommes et 3,3% des femmes fument, le cancer du poumon fait des ravages. Il se situe au premier rang devant la prostate et les lymphomes. Le tabac serait également “responsable de 25% des insuffisances coronaires dont l’infarctus”.

- Selon une enquête nationale sur les habitudes et les comportements des fumeurs publiée en 2008, le fumeur marocain dépense en moyenne 22 DH par jour pour l'achat de tabac (30 % du SMIG).

- Depuis 1996, nous disposons d'une loi anti-tabac (n°15-91) qui interdit le tabac dans certains lieux publics, la propagande, la publicité au profit du tabac.

 

L’avis du pharmacien :

Mis à part les efforts louables de l’association LALLA SALMA de lutte contre le cancer, on note démission scandaleuse de l’État dans la lutte contre le tabagisme. Car à part le vote de lois qui ne s’appliquent pas et de plans qu’on sort du tiroir, à chaque fois, comme faire-valoir des pseudo efforts consentis aucune stratégie n’est réellement mise en route (sauf éléments qu’on n'aurait pas à notre disposition).

Non, ne soyons dupes, derrière l’enfumage meurtrier des citoyens marocains il y a de gros lobbys : d’une part les industriels du tabac et d’autre part le ministère des finances qui tire d’importantes ressources de cette « activité » ! On est là face à un terrible double frein qui ne peut sauter que par une prise de conscience énérgique de la société civile de l’urgence de ce sujet.   

         - Source : AUFAIT, n°757, page 03, du 31/05/2010

- Source image : HAMED MASOUMI  (Flickr) aprés traitement par PHARHAMSTER avec Photoshop &  Paint

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 20:47

C H I F F R E S   &   R E P E R E S

INDH vs PNUD

 

 

De 2005 à 2009, l'Initiative pour le développement humain (INDH) a mobilisé un budget de :

11 ,9 milliards de DH.

A-t-elle pour autant abouti à l'objectif escompté à savoir l'amélioration des conditions de vie de la population des régions cibles ? Certes, quelque 19.840 projets ont été initiés et ont bénéficié directement à 4,8 millions de personnes.

Cependant, cet effort ne rejaillit pas dans le rapport du PNUD sur le développement humain au Maroc.

En 2009, le royaume a été relégué au 130e rang, perdant ainsi 7 places par rapport à 2006, où il occupait la 123e place dans le classement mondial de cette organisation onusienne.  

 

Cela rejoint sur le fond l’analyse d’un excellent article de Mostafa Melgou paru dans le n° 551 du quotidien  Le Soir Echos du 16/04/2010, page 7, intitulé « De l’investment grade du risque à l’investment grade du développement humain » cliquer sur le titre pour visualiser.

Source : Le Soir n°574 du 19/05/2010

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:36

UN DÉLESTAGE DES PPM EN DOUCEUR

 

  10-06-01-DELESTAGE-des-PPM-copie.jpg

 

Depuis quelques mois, on note avec beaucoup de satisfaction, un délestage en douceur des prix de certains médicaments au Maroc. Le dernier exemple en date est tombé ce matin même :

 

PLAVIX (clopidogrel) BT 28 CP      : Ancien PPM : 762.00 – Nouveau PPM : 548.80 (-28.0 %)

PLAVIX (clopidogrel) BT 14 CP      : Ancien PPM : 395.00 – Nouveau PPM : 284.40 (-28.0 %)       

CHOLESTIN (cimvastatine) 10 MG : Ancien PPM : 175.00 – Nouveau PPM :  85.00 (-51.4 %)           

CHOLESTIN (cimvastatine) 20 MG : Ancien PPM : 245.00 – Nouveau PPM : 165.00 (-32.6 %)

CHOLESTIN (cimvastatine) 40 MG : Ancien PPM : 395.00 – Nouveau PPM : 295.00 (-25.3 %)

 

L’avis du pharmacien  - C'est un avis de bonne foi, sauf erreur ou omission -  

          Ce sont ici de simples constatations, quant à la relation entre ces baisses de prix et l’enquête parlementaire sur les médicaments au Maroc c’est à notre avis fort intimement lié.

          Un des effets qu’on n’a absolument pas prévu de cette excellente et courageuse enquête, c’est une forme de « mise à jour » de certaines règles déontologiques notamment de la part de la MIS (Maroc Innovation Santé, représentant les laboratoires internationaux au Maroc).

Lire à ce sujet un article paru dans le journal L’ECONOMISTE (N°3283, pages II à IV, du 25/05/10) où Mr Christophe Gourlet, (président de la MIS) a présenté un « Un code pour moraliser la promotion du médicament ».

Vous avez certainement remarqué que ce code intervient quelques jours après la table ronde de Transparency Maroc. En toute franchise, c’est certainement un hasard, vu que ce code a certainement nécessité un certain temps pour le présenter (c’est humainement impossible à faire en quelques jours).      

           Ceci étant dit, cet exemple montre que lorsque les industriels (qu’ils soient nationaux ou internationaux) trouvent face à eux administration honnête, des hommes et des femmes politiques courageux, et une société civile dynamique et vigilante ; il s’adaptent en adoptant des comportements rigoureux qui leurs assurent des dividendes légitimes toute en respectant les intérêts collectifs.

Face à une administration corrompue, à des politiques laxistes, et à une société civile moribonde l’entrepreneur quel qu’il soit « s’adapte » aux dépends de l’intérêt des autres.

C’est à notre administration, à nos politiques et à notre société civile de combler nos failles abyssales (tant scientifiques que managériales que déontologiques) afin d’avoir un enivrement entrepreneurial propice à la création de la richesse individuelle mais dans le respect de l’intérêt collectif.  

           En combinant la baisse en douceur des PPM et cette nouvelle initiative pour moraliser la relation Laboratoire – Médecin, les industriels de la MIS admettent de facto que les conclusions l’enquête parlementaire étaient justifiées.

Bien entendu publiquement ils vont toujours les contestées, car admettre la justesse de ces conclusions comporte le risque de devoir, de manière rétroactive, rendre des comptes sur certains « dépassements » non déontologiques.

Par contre, en entamant de façon unilatérale une baisse des prix, l’attitude de la MIS nous parait brillante, car elle aura pour effet d’adoucir une législation qui aurait pu être trop contraignante. L’autorégulation est le meilleur moyen pour éviter l’intrusion de l’Etat dans un secteur donné  

L’attitude des multinationales témoigne d’une finesse d’analyse remarquable. Une finesse qui a comme source une culture basée sur un rapport cartésien vis-à-vis des lois, des règlements et de l’analyse rationnelle.

C’est cette culture de base qu’on aimerait voir aussi chez nos industriels (AMIP) qui se cramponnent parfois sur des positions rêches et un discoure qui frôle par moment l’agressivité                       

En s’opposant à l’enquête la position des officinaux nous paraît alors aberrante (sauf erreur), heureusement que lors du dernier congrès on a essayer de rectifier le tir.                

Au final, on sent un vent d’apaisement et de remise en cause constructif pour notre secteur, pourvu que cela dur        

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:49

Escapade : Manifestations

 

On termine ce mois studieux et riche avec ce pertinent dessin du caricaturiste du journal Le Soir

Source : LE SOIR n° 581, du 30/05/2010

 Manifestation.jpg

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:01

L E C T U R E   O F F I C I N A L E

L’OMÉPRAZOL EN PÉDIATRIE

  OMEPRAZOLE.jpg

 

Sources :

1- Oméprazol chez les enfants (Mopral ou autre), La Revue Prescrire mai 2010 ; Tome 30, N°319, Pages 326-327

2- RCP de la spécialité MOPRAL 10 mg, Mis à jour : 23/06/2009, in AFSSAPS, consulté en mai 2010

 

                     Les régurgitations, très fréquentes chez les nourrissons, disparaissent habituellement spontanément entre 12 mois et 18 mois [1,2]. Quelques enfants plus âgés ont parfois un reflux gastro-œsophagien avec pyrosis, régurgitations acides, dysphagies [2]. Rarement, le reflux se complique d'une œsophagite [1]. Quand les mesures hygiéno-diététiques sont insuffisantes, les antiacides sont un premier choix. Les médicaments stimulant la motricité digestive diminuent la fréquence et la durée des reflux et les symptômes, mais n'ont pas d'effet démontré sur la cicatrisation des œsophagites ; et ils exposent aux effets indésirables et aux interactions des neuroleptiques [1,2,3].

On savait que l’oméprazol est autorisé chez l’enfant de plus d’un an (et de plus de 10 kg) dans l’oesophagite par reflux. En juin 2009, après débat et évaluation au niveau européen [4], l’AFSSAPS a ajouté une autre indication à l’oméprazol : « Traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien ». Il s’agit en quelque sorte d’une extension d’utilisation

 

Les bases techniques de cette décision   

    Au sujet du pyrosis et des régurgitations en cas de reflux :

Chez les enfants, l'évaluation clinique de l'oméprazole est centré sur un seul essai non comparatif chez 115 enfants âgés de 2 ans à 16 ans (environ 10 ans en moyenne) gênés par un reflux gastroœsophagien non compliqué [4,5].

       Résultats :

59 % des enfants traités par oméprazole n'ont plus eu d'épisodes modérés ou sévères de douleurs ou de régurgitations / vomissements au cours des 4 derniers jours du traitement qui a duré 28 jours [4,5].

L’article de la revue Prescrire note que :

- Faute de groupe placebo, on ignore si leur état s'est amélioré grâce à l'oméprazole ou au caractère spontanément favorable de l'affection.

- L’oméprazole n'a pas été comparé à un antiacide.

 

    Au sujet de l’éradication d'H. pylori. :

Un essai randomisé en double aveugle a comparé un traitement de 7 jours par :

[amoxicilline + clarithromycine] (+) oméprazole versus [amoxicilline + clarithromycine] seul

Cet essai impliquait : 63 enfants âgés de 3 ans à 15 ans (environ 11 ans en moyenne) dont la gastrite était infectée par H. pylori [4,5].

        Résultats :

4 à 5 semaines après la fin du traitement, l'éradication de H. pylori a été statistiquement plus fréquente avec l'oméprazole (74,2 % versus 9,4 % en son absence), mais sans amélioration des symptômes digestifs [4,5].

L’article note à ce propos : On ne sait pas si cette meilleure éradication se traduit par moins de récidives à plus long terme.

 

    Au sujet des effets secondaires :

- Peu d'effets indésirables, mais des interactions à prévoir. Le profil d'effets indésirables de l'oméprazole chez les enfants apparaît similaire à celui connu chez les adultes, le plus souvent: troubles digestifs, céphalées, réactions cutanées [3,4,5,6]. De rares atteintes hématologiques et des réactions d'hypersensibilité graves ont aussi été rapportées [5].

- À long terme, les conséquences sur le développement des enfants ne sont pas connues. Une augmentation de certaines infections digestives et un risque accru de fractures ne sont pas exclus [3,5].

- L'oméprazole diminue la biodisponibilité de certains antirétroviraux et de médicaments dont l'absorption dépend du pH gastrique. Il exerce un faible effet inhibiteur sur les isoenzymes GYP 2G19 et GYP 3A4 du cytochrome P450 avec un risque de surdosages des médicaments métabolisés par ces isoenzymes [3,5].

 

   Au sujet de la galénique de l'oméprazole :

L’article note qu’en Europe il n’y a as encore de forme buvable, ce qui n’est pas le cas du Maroc. En France, pour les enfants qui ne peuvent avaler les gélules d'oméprazole, il est possible, et sans inconvénient notable, de les ouvrir et d'ingérer les microgranules sans les croquer avec un verre d'eau ou en les mélangeant à un aliment (jus de fruits, compote de pommes) [4,5].

   Les auteurs de l’article concluent :
L’oméprazole n'est pas un traitement des régurgitations des nourrissons. Mais, comme chez les adultes, chez quelques enfants trop gênés par un reflux gastro-œsophagien persistant malgré les mesures hygiénodiététiques et les antiacides, l'oméprazole est un recours; et associé à une antibiothérapie, il contribue à l'éradication d' H. pylori.

 

   Les posologies pédiatriques de l'oméprazole (selon le RCP de la spécialité Mopral 10 mg gélule in AFSSAPS consulté le 27/05/2010)

- 1 an et plus (10 à 20 kg)  10 mg une fois par jour. La posologie peut être augmentée à 20 mg une fois par jour si nécessaire.

- 2 ans et plus (+ 20 kg) 20 mg une fois par jour. La posologie peut être augmentée à 40 mg une fois par jour si nécessaire.

- Chez l’enfant de plus de 4 ans, dans le traitement de l'ulcère duodénal associé à une infection par Helicobacter pylori : (en association avec les antibiotiques appropriés aux doses adéquates) 

   - de 15 à 30 kg : 10 mg deux fois par jour 

   - au delà de 30 kg : 20 mg deux fois par jour 

 

L’avis du pharmacien :

D’abords il est important de signaler, afin d’éviter un effet de surprise pour l’officinal, que l’oméprazole est tout à fait indiqué chez l’enfant de plus d’un an (10 kg minimum).

Ce qui frappe dans cet article c’est la question de la galénique de l’oméprazole, en effet comme le souligne l’AFSSAPS « L'oméprazole étant détruit en milieu acide, il s'administre par voie orale sous forme de granules gastrorésistants.» d’où l’absence de formes buvables en Europe.

Oui mais en Europe seulement, car au Maroc depuis 2008, nous disposons d’un oméprazole sous forme de cp effervescents (IXOR) issu de la R & D d’un laboratoire marocain.

Dans une insertion publi-rédactionelle (cliquer sur le lien) dans la revue marocaine Espérance Médicale [7] le laboratoire explique :

« Plutôt que de protéger le principe actif du milieu agressif par microencapsulation, le Département de Recherche des Laboratoires LAPROPHAN a mis au point un procédé qui permet de neutraliser le milieu agressif (acidité gastrique).

Il s’agit d’une composition susceptible d’exercer un effet tampon diminuant l’acidité gastrique de sorte que l’oméprazole et son activité antisécrétoire soient conservés lors de son passage dans l’estomac »

NB : 

- C’est suite à ces améliorations que les laboratoires LAPROPHAN ont reçu le 1er prix national de l’innovation 2008.         

- Le 01/02/2009  les laboratoires LAPROPHAN ont obtenu le Certificat Européen d'agreement pour les bonnes pratiques de fabrication délivré par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).

 

Si chez l’adulte la forme Cp effervescent est importante surtout en cas de problèmes de déglutition, chez l’enfant les formes buvables sont une nécessité, d’où l’intérêt en pédiatrie de la formulation de la spécialité IXOR.

 

Réflexion de l’apothicaire :

             On est étonné (par méconnaissance certainement) de ne trouver, pour l’oméprazole, aucune formulation en sachet en Europe. Cette forme galénique classique a l’énorme avantage de la simplicité de la formulation (donc du coût) et d’une conservation respectable (sous réserve d’un bon sellage).

On peut imaginer donc une préparation à base de d’oméprazole en microgranules gastro-résistants classiques additionnée d’un produit permettant d’avoir une suspension rapide. On pense à :  

            - Un silicate d’aluminium, type kaolin : il a l’avantage d’être un excipent et un principe actif à la fois puisqu’il est lui-même un pansement gastro-intestinal. Sous réserve, bien entendu, que son effet pansement ne bloque pas l’absorption intestinale de l’oméprazole

            - Mais en première intention on peut penser à un alginate et en particulier l’alginate de Na (retrouver dans ALGICON, ALGINE, GAVISCON) : c’est une grosse molécule, qui en plus de donner une excellente suspension, a la propriété d’être légere, cette légèreté lui permet de flotter au-dessus du contenu gastrique au niveau de la jonction gastro-œsophagienne et en cas de reflux elle s’interpose en premier à l’agressivité du liquide gastrique sur l’œsophage. Là aussi l’alginate de Na sera utilisé comme excipent et comme principe actif avec l’avantage de ne pas avoir d’impacte sur l’absorption intestinale de l’ompéprazole puisqu’ils vont se séparer au niveau de l’estomac.

Honnêtement on est cidéré par l’absence de l’oméprazole sous forme de « poudre pour suspension buvable en sachet unidose » simple, pratique, et abordable !

                                        

Noter aussi qu’il existe une alternative de l’oméprazole dans ses indications pédiatriques c’est la cimétidine (Tagamet, Antagon, Ulcemat, Ulcestop) mais avec des effets secondaires beaucoup plus prononcés et des interaction médicamenteuses fort nombreuses.

Pour finir, étant donné le nombre pléthorique de copies d’oméprazole sur le marcher marocain, nous ne citons ici qu'une liste des produits réellement disponible dans notre officine. Elle n’est ni exhaustive, ni complète, c’est juste pour avoir un ordre d’idée. Et pour simplifier encore, nous n’avons considéré que la présentation 20 mg boite de 14 CP (Données présentées sauf changement de prix ultérieur, erreur ou omission)

 

BELMAZOL       49.00 DH

PRAZOL                    54.50 DH

OEDES             55.00 DH

OMEGEN                   60.00 DH         

IPP                   65.00 DH

PROGAST                 74.00 DH

OMEPRAL        95.00 DH

 

NB : Nous avons sciemment évité de mentionner les noms des laboratoires afin d’éviter toute stigmatisation générale, nous nous intéressons ici au produit et uniquement au produit. Le prix n’est qu’un paramètre parmi d’autres pour le choix par un prescripteur d’un produit donné        

 Bibliographie :  

1- Prescrire Rédaction" oméprazole et oesophagite de l'enfant. Un recours" RevPresm're2000; 20 (206): 323-326.

2- "Gastro-oesophageal reflux disease". ln : "BNF for children" The Pharrnaceutical Press, London. Site www.medicinescomplete.com consulté le 21 décembre 2009 : 2 pages.

3- Prescrire Rédaction" 6-1. Patients ayant un reflux gastro-oesophagien" Rev Prescrire 2009 ; 29 (314 suppl. interactions médicamenteuses).

4- Heads of Medicines Agency - CMD(h) "Paediatric Public Assessment Repon. EU Worksharing project. Losec/Losec MUPS (omeprazole)" 01 November 2007 : 36 pages.

5- Astra zeneca? "Demande de renouvellement d'inscription sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux. Dossier de transparence. Mopral-Zoltum (oméprazole)" Mars 2010 ; 45 pages.

6- Afssaps "Résumé des caractéristiques du produit -Mopral" 23 juin 2009 : 7 pages.

7- « Le groupe Laprophan lauréat du 1er prix de l’innovation 2008 » Espérance Médicale, Novembre 2008, Tome 15, N°152, Pages 475-476.

 

Post-scriptum du 07/06/10 :

Dans notre article on se demandait pourquoi il n’y avait de sachets unidose d’oméprazole. La réponse ne s’est pas fait attendre. En effet le n° de juin 2010 de la revue Prescrire nous apprend la commercialisation en France depuis ce mois d’avril de la spécialité :

INEXIUM 10 mg (DCI ésoméprazole)

Granulés gastrorésistants pour suspension buvable

L’ésoméprazole (INEXIUM) n’est autre que l’isomère actif de l’oméprazole (MOPRAL), INEXIUM & MOPRAL, qui ont tous les deux une pharmacodynamie similaire, appartiennent tous les deux au même laboratoire AstraZeneca. On peut se demander  pourquoi alors ces deux spécialités ?

Utilisé les spécificités stéréochimiques*  est un artifice tout à fait régulier pour relancer des spécialités en fin de carrière commerciale. C’est le cas de MOPRAL qui subit l’attaque de plein fouet des nombreux génériques. [un autre cas d’école c’est la loratadine et la desloratadine]

Pour compléter sa gamme d’IPP pédiatrique, le laboratoire a choisi logiquement son cheval de bataille l’ésoméprazole (INEXIUM)

Dans tous les cas le choix galénique du propriétaire de la molécule princeps confirme la justesse de l’analyse qu’on a proposé.       

Sources :

- La revue prescrire. Juin 2010 / Tome 30 N°320, Page 421

- AFSSAPS : RCP de la spécialité « INEXIUM 10 mg, granulés gastro-résistants pour suspension buvable en sachet-dose » Mis à jour 28/05/2010 consulté le 07/06/2010

 * L’isomérie au niveau des médicaments, est un sujet complexe sur lequel on travail depuis plus d’an et qui fera l’objet d’un article à la rentrée)

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:10

8éme CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA PHARMACIE

RABAT LES 21 & 22 MAI 2010

 

  10 05 25 Caducée

Source : L’ECONOMISTE, N° 3283, page 10, du 25/05/10

 

Les principales recommandations du congrès

-  Suppression de la TVA sur les médicaments.

- Renforcement du rôle du pharmacien dans la prise en charge notamment des malades cancéreux en garantissant un prix accessible et une distribution légale de proximité.

- Fermeture de la «pharmacie» de la CNOPS.

- Instauration du droit de substitution corrélée à l'encouragement du pharmacien pour une plus grande utilisation des génériques.

- Création de la Confédération des syndicats et des associations du médicament «CSAM».

- Instauration d'une formation continue obligatoire l'exigence d'un acte pharmaceutique de qualité.

 

Les déclarations de M  Kamal Belhaj Soulami président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens au Maroc FNSPM :

             - «Nous sommes entrain de revoir les marges du pharmacien*, de créer une fédération du médicament qui sera composée de fabricants, des distributeurs et des pharmaciens. Nous pensons aux moyens en mesure de faciliter l’accès du citoyen au médicament dans un cadre conciliant les intérêts de tous les acteurs», a souligné K. Belhaj Soulami, président de la Fédération.

* Pour les produits les plus onéreux type anticancéreux

             - Depuis plusieurs années, certains médicaments comme les anticancéreux, ne sont disponibles que dans les laboratoires des fabricants ou à la pharmacie de la Cnops. « Il faut fermer cette dernière et mettre tous ces produits aux officines. Nous ne demandons pas une marge spéciale. Nous allons les vendre au prix de l’hôpital », a plaidé le président de FNSPM. Une requête à laquelle le ministère de tutelle vient de répondre favorablement.

             - Selon K Belhaj, l’accès au médicament ne se fera qu’à travers une réelle baisse des prix. «Cela est possible si l’on supprime la TVA sur les médicaments et si on accorde aux pharmaciens le droit de substitution», a-t-il insité.

Le Maroc est le seul pays de la région à imposer encore une taxe sur les médicaments. La Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie et d’autres ne le font pas. Pourquoi le Maroc est le seul à laisser cet impôt ? Sur ce volet, les pharmaciens ne comptent pas lâcher prise. «Je pense que cette taxe sera abrogée lors de la prochaine loi de Finances, sinon nous allons mettre en œuvre tous les moyens de pression pour la faire disparaitre’’, a-t-il ajouté.

 

Les réactions de Mme Baddou Ministre de la Santé :

            - Selon Mme Baddou, le prix du médicament constitue également un frein à l’amélioration de l’accès au soin ce qui l’a amené à mettre en place une nouvelle procédure de calcul de prix du médicament  faisant appel   à un benchmarking  avec les prix pratiqués dans plusieurs pays.

           - Pour finir, elle a annoncé aux pharmaciens l’imminence de la publication d’un décret  qui va permettre la mise en place du numérus clausus en se basant sur les données de la carte sanitaire.

 

L’avis du pharmacien :

Il faut l’admettre les nouveaux arguments des officinaux sont mieux structurés et beaucoup plus objectifs.

           - En effet, la TVA qui est payée au final par le patient est une aberration monumentale, si l’Etat a besoin de ressources fiscales (ce qui est légitime), ce n’est pas dans la poche des plus vulnérables de nos concitoyens que sont les patients, mais dans les fruits de la croissance économique qu'il faut les cherchés. Oui, demander la suppression de la TVA, c’est mettre l’intérêt du patient au devant des autres considérations.

           - La pharmacie de la CNOPS : son existence, qui est illégale, est en soi la négation même du rôle du pharmacien. Sa suppression est une demande logique, l’associé à un effort financier important de la part de l’officinal est une excellente stratégie de communication vis-à-vis des hautes sphères de l’Etat (l’association Lalla Salma) et c'est beaucoup plus percutant que d’aller protester devant le siège des laboratoires.

           - Dans les recommandations on note avec beaucoup de satisfaction « l’instauration d'une formation continue obligatoire ». Cela reste une simple recommandation, mais rien que d’y penser est en soi un bon point. 

            - Contrairement à nos prévisions, on constate que les conclusions du rapport parlementaire sur les médicaments, notamment à travers les déclarations de Me la Ministre de la santé, font leur petit chemin et c’est tant mieux.

Au final, à travers nos lectures, on constate

- Une amélioration nette de l’argumentaire des officinaux,

- Une résistance honorable - pour le moment - de Me la Ministre de la santé et des parlementaires, aux attaques, parfois virulentes, du lobby des industriels (AMIP & MIS)                         

Mettre le patient au cœur de notre métier, on n’y est pas. Mais retourner la communication des officinaux en mettant l’intérêt de nos patients en avant, au lieu de nos seuls intérêts corporatistes (mêmes légitimes) c’est la garantie d’avoir une bonne partie de l’opinion publique avec les officinaux. Cela ne manquera pas d’être une aide inestimable à nos femmes et hommes politiques pour prendre des décisions courageuses et équitables.         

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:38

R E F L E X I O N

Maroc - Espagne

Entre la confrontation des populismes

&

La course géostratégique au progrès

 GIBRALATAR-copie.jpg

          Les récentes déclarations du Premier ministre devant le Parlement (18 & 19/05/2010) au sujet des deux présides occupés par l’Espagne au nord du Maroc ont provoqué des réactions attendues : Les nationalistes et autres extrémistes des deux rives ce sont donné à cœur joie, alors que pour les plus modérés c’est un « non-sens ».      

 La question de Sebta et Mellilia répond à des dogmes nationalo-conservateurs qui sont des classiques de littérature du parti de l’Istiqlal, comme l’arabisation de l’enseignement.

Ce sont des questions soulevées le plus souvent à des fins électoralistes. En effet le populisme permet, avec beaucoup de facilité et un brin d’hypocrisie intellectuelle, d’offrir aux peuples des rêves de gloires éternelles et de victoires sur des ennemis potentiels ou factices. L’important c’est de sublimer l’ego de la masse.      

 

         De puis le moyen âge, entre le Maroc et l’Espagne, c’est une longue histoire jalonnée de moments de violences et longues plages de progrès humain. De nos jours ce sont des soubresauts qu’on enregistre de temps à autre dont le dernier en date est l’épisode de l’île de Leïla  - Perejil en Espagnol - en juillet 2002.

Depuis 2002 on constate un changement discret mais perceptible dans la stratégie adoptée par l’institution monarchique. Cette nouvelle stratégie se base sur une approche « développementaliste » qui a commencée par le projet Tanger-Med et qui se poursuit avec l’autoroute du Nord, les projets de Nador et d’Alhoucima pour finir dans l’oriental avec de grands projets qui viennent d’être lancés ce mois-ci par le Roi.       

Cette approche vise clairement un changement du « repère économique » tenu jusque là par les deux présides vers leurs voisinages immédiat, transformant de facto ces deux présides en bourgades sans intérêt, mis à part leur intérêt militaire intrinsèque équivalent à celui de Gibraltar (GB).

Ce changement ne se faisant plus par « les bottes » mais par une émulation positive à la recherche du progrès économique. Celui-ci fait appel fondamentalement à l’investissement national et surtout international avec ce que cela implique comme mise à niveau de l’infrastructure et surtout des mentalités.           

 

          Et c'est une très sérieuse ONG espagnole qui donne raison à cette stratégie. En effet le rapport élaboré par la «Fondacion Altemativas» estime que les deux présides ne sont pas menacés par un conflit armé, mais par un étouffement économique. C’est un rapport suffisamment sérieux pour que le Département de la défense espagnol le prenne pour argument.

A défaut de constituer un enjeu stratégique, les deux villes seront plutôt un fardeau et deux foyers d'insécurité pour l'Espagne de 2020. Asphyxie économique, donc problèmes sociaux. Un cocktail accentué par une explosion démographique à la faveur de la population non-espagnole, marocaine principalement.

Face à cette situation possible La Fondation, réputée de tendance socialiste, propose un début de remède: le dialogue, entre autres. Mais un dialogue intelligent. Un débat ouvert avec les instances représentant la population musulmane pour commencer. Le Maroc y sera-t-il invité dans une deuxième phase? Ce serait souhaitable pour moult observateurs. Des voix de l'Espagne vont jusqu'à caresser un espoir de statut de co-souveraineté pour les deux villes. Une solution à deux à drapeaux, en somme.

 

           Sans verser dans un royalisme primaire, nous considérons sincèrement que la gestion de la problématique des provinces du nord du Maroc par l’institution monarchique marocaine est un cas d’école et un exemple du management intelligent d’une situation hautement conflictuelle. Cela rejoint en quelque sorte L’OPTION PRAGMATIQUE que nous avons développer dans le cas du Maghreb. Malheureusement derrière l’institution monarchique il y a un vide sidérale au niveau des analyses des partis politiques.    

L’analyse de la «Fondacion Altemativas» omet de dire que cette stratégie va bénéficier  aussi aux entreprises espagnoles, en particulier en cette période de crise qui dure, le Maroc est inéluctablement une base arrière pour la croissance espagnole. Plus la croissances marocaine est forte, plus les entreprises espagnoles, très présentes sur le sol marocain, en tirerons de substantiels dividendes.

Et on retombe finalement dans un rapport win-win classique dont les véritables perdants sont, les marchands d’armes, les extrémistes et les populistes des deux rives, et tout ceux qui s’extasient au moindre bruit de bottes.                   

          Au final, on est en droit de rêver que ce cas d’école pourrait s’adapter à d’autres situations conflictuelles dans le monde, à condition que les analyses cartésiennes puissent l’emporter sur les démagogies populistes électoralement très payantes.     

Rédigé de bonne foi sauf erreur ou omission

Sources :

1 – T. ABOU EL FARAH, LE SOIR ECHOS, n°497, page 1-2 et 3, du 01/02/10

2 – T. ABOU EL FARAH, LE SOIR ECHOS, n°575, page 3, du 20/05/10

 CARTE TANGER MED-2

 

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